- Spentia
Réunion interminable, validation en cascade, information introuvable. Et si ces irritants du quotidien n'étaient pas de simples désagréments, mais les symptômes d'un mal profond qui ronge la performance de votre entreprise ? après jour, épuisent vos équipes et grèvent votre rentabilité. Pour décrypter ce sujet, nos deux experts vont s'appuyer sur les travaux de chercheurs de Stanford, Harvard et les enquêtes de Gallup, ainsi que sur des cas concrets d'entreprises qui ont su inverser la tendance. Prêt à rendre visible l'invisible ?
- Expert
Bienvenue dans cette nouvelle analyse ! Aujourd'hui, on s'attaque à un ennemi invisible, mais vraiment redoutable. On a tous connu cette personne, vous savez, dans une équipe, quelqu'un de brillant, de super motivé, mais qui passe ses journées à se battre contre des process absurdes, des logiciels qui rament, des décisions qui n'arrivent jamais. C'est pour elle et pour nous tous qu'on va parler des frictions, ces forces qui freinent les organisations et qui épuisent les individus. Et attention, ce n'est pas juste une petite contrariété. Une étude de la société Spencia estime que ça coûte aux entreprises entre 20 et 30% de leur productivité.
- Animateur
C'est énorme !
- Expert
Oui, et de son côté, Bain & Company parle d'une résistance organisationnelle qui gaspille ce qu'on a de plus précieux, le temps, le talent, l'énergie. Notre mission du jour, c'est de rendre ces frictions bien visibles pour enfin pouvoir les combattre.
- Animateur
C'est une mission essentielle. Mais il y a un piège à éviter tout de suite, c'est de penser que toute friction est... est mauvaise par nature.
- Expert
Ah oui.
- Animateur
Oui, pour bien cadrer le sujet, j'aime beaucoup l'analogie de Robert Sutton, un chercheur de Stanford. Il compare une entreprise à une voiture de course. Pour gagner, une voiture de course, elle doit freiner dans les virages, elle doit s'arrêter au stand. Ce sont des frictions, mais des frictions utiles, intelligentes.
- Expert
D'accord, des frictions nécessaires.
- Animateur
Exactement. Vitales même. Le vrai problème, ce sont les mauvaises frictions. Celles qu'on appelle en anglais le sludge, la boue. administrative en quelque sorte. Ce sont tous ces obstacles inutiles, ces lourdeurs qui n'apportent aucune valeur. Et tout l'enjeu c'est de distinguer le bon du mauvais.
- Expert
D'accord donc on ne cherche pas à tout supprimer mais à éliminer la bêtise en fait. Alors par où on commence ? Comment on explique ce décalage immense entre les décisions prises en haut et la réalité du terrain ?
- Animateur
On met le doigt sur la cause racine. Et pour ça il faut remonter à une étude de 1989 un peu ancienne mais toujours aussi pertinente. C'est celle de Sidney Yoshida. Il a théorisé ce qu'il appelle l'iceberg de l'ignorance. L'image est simple, mais terrible. La direction d'une entreprise ne voit que la toute petite pointe de l'iceberg des problèmes quotidiens.
- Expert
Et j'imagine qu'il a mis des chiffres sur cette image.
- Animateur
Exactement, et il donne le vertige. Selon lui, si les employés de première ligne, ceux sur le terrain, connaissent 100% des problèmes. Leurs chefs d'équipe, juste au-dessus, n'en connaissent déjà plus que 74%.
- Expert
Déjà une perte de 26%.
- Animateur
Et ça se corse. Les cadres intermédiaires, eux, n'ont conscience que de 9% des problèmes.
- Expert
9% ?
- Animateur
9. Et tout en haut, la direction générale. A peine 4%.
- Expert
4%. C'est une déconnexion quasi totale. Mais ça explique tout en fait. Si vous ne connaissez que 4% des problèmes, les solutions que vous imaginez ont de fortes chances d'être à côté de la plaque.
- Animateur
Voir de créer encore plus de problèmes pour les 96% que vous ne voyez pas. C'est une friction informationnelle massive. C'est pour ça que tant de règles nous paraissent absurdes.
- Expert
Parce qu'elles le sont ?
- Animateur
Oui, elles sont conçues par des gens qui, sans mauvaise intention, n'ont tout simplement pas la bonne information. Ils naviguent avec une carte complètement fausse.
- Spentia
Retenons ce premier constat. Selon l'iceberg de Yoshida, la direction d'une entreprise ne perçoit que 4% des problèmes réels. Ce n'est pas de l'incompétence, c'est de la mécanique organisationnelle. L'information se dilue à chaque échelon hiérarchique. Cette déconnexion est la source de toutes les frictions. Mais lesquelles exactement ? Pour y voir plus clair, nos experts vont maintenant passer en revue les 5 grandes familles de frictions identifiées par Spentia qui paralysent les organisations.
- Expert
Pour essayer de mettre un peu d'ordre là-dedans, les sources, notamment le livre blanc de Spentia, proposent de classer ces frictions en cinq grandes familles. La première, elle découle directement de cet iceberg, ce sont les frictions...
- Animateur
Informationnelles.
- Expert
Oui, c'est la manifestation la plus directe de l'iceberg. La friction informationnelle, c'est tout ce temps qu'on passe à chercher la bonne info, le bon document ou la bonne personne qui sait.
- Animateur
Le fameux « qui s'occupe de ça déjà » .
- Expert
Exactement. Où est la dernière version du fichier ? Attends, je vais te transférer quelqu'un d'autre. On a tous vécu ça. Une étude de McKinsey est sans appel. Les employés de bureaux passent en moyenne une journée complète par semaine juste à chercher de l'information. Une journée par semaine ! C'est 20% de notre temps de travail qui part en fumée, c'est dingue. Mais au moins, là on finit par trouver l'info. J'ai l'impression que la frustration monte encore d'un cran quand on a l'info mais qu'on se heurte à un mur.
- Animateur
Et on arrive pile sur la deuxième catégorie : les frictions décisionnelles. Les processus d'approbation sans fin, les décisions qui doivent remonter à des niveaux hiérarchiques qui n'ont rien à voir. L'exemple de Spentia est chi presque une caricature. Un commercial a besoin de faire une remise de plus 5% pour signer un contrat. La règle dit que ça doit être validé par la direction générale.
- Expert
Ah oui, classique.
- Animateur
Le temps que la demande fasse trois allers-retours, ça prend 48 heures. Entre-temps, le client, lui, a signé avec le concurrent.
- Expert
Et c'est là qu'intervient ce que Robert Sutton appelle la maladie de l'addition, c'est ça ? Cette tendance qu'on a à toujours vouloir ajouter une étape de contrôle, une règle, un formulaire.
- Animateur
C'est exactement ça. Face à une erreur passée... Notre réflexe est d'ajouter une couche de sécurité, de validation. On pense bien faire, on se protège. Mais en empilant ces couches, on finit par créer un monstre bureaucratique qui paralyse tout.
- Expert
Et cette maladie, on la voit partout, surtout dans les outils qu'on utilise tous les jours. Ce qui nous amène, je pense, à la troisième famille, les frictions technologiques.
- Animateur
Ah, les frictions technologiques ! Les logiciels qui sont censés nous faire gagner du temps, mais qui deviennent des prisons numériques ?
- Expert
Oui.
- Animateur
Les mots de passe à changer tous les deux mois avec des règles incontournables. impossible. Les deux logiciels qui ne communiquent pas et qui nous obligent à faire de la double saisie. C'est l'impact est colossal et souvent sous-estimé. Il y a une étude de cas dans les sources qui est absolument édifiante. Ça se passe dans un groupe hospitalier à Hawaï. Ils ont lancé un programme au nom très direct. Débarrassons-nous des trucs stupides.
- Expert
J'adore le nom. Et alors, ils en ont trouvé des trucs stupides ?
- Animateur
Oh que oui ! Un en particulier. Le personnel infirmier s'est plaint d'un clic de souris. Un seul clic, obligatoire dans leur logiciel, mais qui ne servait à rien.
- Expert
D'accord.
- Animateur
La direction a fait le calcul. En supprimant ce seul et unique clic inutile, ils ont économisé sur l'ensemble de leurs hôpitaux 1 700 heures de travail infirmier par mois.
- Expert
Attendez une seconde, 1 700 heures par mois pour un clic de souris. C'est absolument délirant.
- Animateur
C'est fou.
- Expert
Mais comment c'est possible qu'un truc aussi inefficace ait pu rester en place ? Personne ne s'est jamais plaint.
- Animateur
Et c'est ça qui est fascinant. Bien sûr que les gens s'en plaignent entre heures à la machine à café. Mais c'est le cœur du problème. Soit les canaux pour faire remonter ces irritants n'existent pas.
- Expert
Soit les gens ont baissé les bras.
- Animateur
Exactement. Ils se disent « c'est comme ça, on n'y peut rien » . C'est le système. Une sorte d'impuissance apprise s'installe. Personne ne se sent responsable de la fluidité globale.
- Expert
C'est terrible. Donc on a l'info qui circule mal, les décisions qui sont bloquées, les outils qui nous ralentissent. Et j'imagine que c'est encore pire quand la structure même de l'entreprise est... est un problème.
- Animateur
Et voilà la quatrième catégorie, les frictions organisationnelles, les fameux silos. Le marketing qui lance une campagne sans prévenir les ventes. La R&D qui développe un produit génial mais que la production ne s'est pas fabriquée.
- Expert
Ça génère une complexité épuisante.
- Animateur
Oui, et un article de la Harvard Business Review met un nom là-dessus. La surcharge collaborative.
- Expert
La surcharge collaborative. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Animateur
Leur recherche montre qu'au sein des entreprises... la collaboration n'est pas répartie équitablement. En fait, un tout petit groupe de personnes, entre 3 et 5 % des employés, absorbe une part énorme du travail collaboratif, entre 20 et 35 %. Ces gens deviennent des connecteurs indispensables, mais aussi des goulots d'étranglement. Tout le monde les sollicite, leur agenda explose, ils finissent par s'épuiser.
- Expert
Et ça mène au burn-out, j'imagine ?
- Animateur
Directement. Le rapport Gallup 2025 le confirme. Charge de travail ingérable et manque de soutien, Ce sont les causes principales du burn-out. C'est l'illustration parfaite de cette surcharge.
- Expert
Et j'imagine que ces 3 à 5 % de personnes sursollicitées, ce sont souvent les mêmes qui détiennent un savoir-faire unique, ce qui doit créer un dernier type de friction.
- Animateur
On y est. La cinquième et dernière famille, les frictions de compétences. C'est la dépendance excessive envers quelques experts. L'exemple de Spenitia est un classique. Seul Jean sait faire la clôture comptable. Quand Jean est en vacances, tout est bloqué.
- Expert
C'est un risque énorme pour l'entreprise.
- Animateur
Immense. Ça crée des retards, de la frustration et ça rend l'organisation extrêmement vulnérable. Si Jean s'en va, une partie du savoir de l'entreprise part avec lui.
- Expert
On Récapitule.
- Spentia
Cinq familles de frictions minent silencieusement la performance. Les frictions informationnelles, où l'on perd une journée par semaine à chercher la bonne information, les frictions décisionnelles, où les validations s'empilent jusqu'à la paralysie, les frictions technologiques, où un simple clic inutile peut coûter 1700 heures par mois, les frictions organisationnelles, où les silos épuisent les collaborateurs, et enfin les frictions de compétences, où la dépendance à quelques experts fragilise toute l'organisation. Le diagnostic est posé. Reste la question essentielle. Comment s'en sortir ? Nos experts vont maintenant explorer les pistes d'action.
- Expert
Ok, le tableau est assez noir, l'iceberg, les 5 frictions, on a bien disséqué le problème. La question qui tue maintenant, on fait quoi concrètement ? On se résigne à ramer dans la boue ou il y a des pistes ?
- Animateur
Heureusement, il y a des pistes. Et ça commence par un changement de mentalité. Il faut arrêter de voir la friction comme un problème orphelin, une fatalité. Robert Sutton parle de devenir un chasseur de frictions.
- Expert
Un friction fixeur ?
- Animateur
Voilà. Ça demande de s'approprier le problème. Il raconte une anecdote géniale. Il va au service des immatriculations en Californie, le temple de la friction. Il s'attend au pire. Et son expérience est hyper fluide.
- Expert
Un miracle ?
- Animateur
Presque. En fait, un employé, de sa propre initiative, sortait un quart d'heure avant l'ouverture, il passait dans la file, vérifiait que les gens avaient les bons formulaires, les orientait…
- Expert
Il faisait le tri en amont ?
- Animateur
Il fluidifiait l'expérience. C'est ça, un chasseur de friction. C'est aussi une question d'humilité des dirigeants. L'autre exemple, c'est le chef Massimo Bottuara, triplement étoilé. Chaque matin, il balaie lui-même la rue devant son restaurant.
- Expert
Pour l'image ?
- Animateur
Non. Pas seulement. C'est pour montrer qu'aucune tâche n'est indigne et surtout pour rester connecté à la réalité. C'est l'antidote parfait au manager enfermé dans sa tour d'ivoire qui ne voit que 4% des problèmes.
- Expert
Ce sont des postures très inspirantes, c'est vrai. Mais ça repose sur des individus. Est-ce qu'il existe des outils, des méthodes plus structurées que les entreprises peuvent déployer ?
- Animateur
Absolument. Un des plus simples et plus efficaces et popularisés par Lisa Baudel, c'est l'exercice « tuer une règle stupide » .
- Expert
Tout un programme.
- Animateur
Vous réunissez une équipe et vous leur posez une seule question. Si vous pouviez tuer une règle, un processus ou une réunion inutile sans conséquence, lequel choisiriez-vous ? Elle a fait ça chez Pfizer avec 800 managers. En moins d'une heure, ils ont identifié des milliers d'heures perdues et des économies potentielles estimées à 4 millions de dollars.
- Expert
C'est fou ! Juste en posant la question ? Et pour ceux qui voudraient aller encore plus loin, de manière plus radicale ?
- Animateur
Alors là, il y a le modèle de Netflix... décrit dans le livre No Rules Rules. C'est la soustraction radicale. Ils ont supprimé la plupart des contrôles, plus de politique de congés. Les gens prennent autant de vacances qu'ils le veulent.
- Expert
D'accord.
- Animateur
Plus de validation des notes de frais. La seule règle, c'est agir dans le meilleur intérêt de Netflix.
- Expert
C'est fascinant, mais soyons honnêtes, ça sonne un peu comme une utopie de la Silicon Valley, non ? C'est vraiment applicable partout ?
- Animateur
C'est une excellente question et c'est le point crucial. Le modèle Netflix appartient n'est pas une recette miracle. Il ne fonctionne que si deux conditions extrêmes sont réunies.
- Expert
Lesquelles ?
- Animateur
Premièrement, une densité de talent exceptionnelle. Ils ne gardent que les meilleurs des meilleurs. Et deuxièmement, une culture de la franchise absolue où le feedback est constant et transparent.
- Expert
Donc, ce n'est pas pour tout le monde ?
- Animateur
Non. Le but n'est pas de copier Netflix. C'est un cas extrême qui montre une direction. Remplacer le contrôle par le contexte et la confiance. On peut s'en inspirer. On ne supprime peut-être pas toutes les validations, mais on peut passer de 5 niveaux à un seul.
- Expert
D'accord, je vois. Donc, si je résume, le message principal, c'est qu'il est temps d'inverser notre réflexe. Arrêtez de se demander « qu'est-ce qu'on peut ajouter ? » et commencez à se demander « qu'est-ce qu'on peut enlever ? » .
- Animateur
C'est exactement ça. Il s'agit de rendre visible le coût de la complexité. Et ces coûts sont bien réels. On a parlé de productivité, mais le rapport Gallup chiffre à 438 milliards de dollars la perte de productivité mondiale dû au désengagement.
- Expert
438 milliards.
- Animateur
Et ce désengagement est une conséquence directe de ces frictions quotidiennes. Mais au-delà des milliards, l'impact profondément humain, c'est le stress, le burn-out. La première étape la plus simple, c'est d'arrêter d'imaginer des solutions depuis sa tour d'ivoire. C'est d'aller sur le terrain et de poser une question simple aux gens. Concrètement, qu'est-ce qui vous ralentit et vous exaspère tous les jours ? La liste des réponses, c'est souvent le meilleur plan d'action.
- Expert
Une discussion qui donne envie de prendre un sécateur et de commencer à tailler dans le superflu. Pour conclure, une dernière pensée à méditer.
- Animateur
Oui, on a beaucoup parlé de cette maladie de l'addition comme d'une tendance presque instinctive. Face à un problème, notre réflexe c'est « que peut-on ajouter ? » . L'invitation ce serait de se forcer, à partir de maintenant, à poser systématiquement la question inverse en premier. Que peut-on enlever pour l'améliorer ? Enlever une réunion, une étape de validation, un champ dans un formulaire ? Cette approche par la soustraction pourrait être la solution la plus simple et, au final, la plus puissante. Alors la question est ouverte. Quelle est la première chose qui pourrait être supprimée dès demain matin ?
- Spentia
Que peut-on enlever pour améliorer ? Cette question simple pourrait transformer votre organisation. Mais avant de soustraire, encore faut-il savoir… où se cachent vos frictions. Combien vous coûtent-elles réellement ? Quelles sont vos priorités d'action ? C'est exactement ce que propose Spentia avec le diagnostic des frictions invisibles. Avec l'IA, on donne la parole à tous vos collaborateurs pour cartographier 50 irritants. Ces derniers infigent une perte de productivité de 20 à 30 % dans une ETI. En analysant 50 signaux de friction dans 5 catégories, non seulement nous en identifions les causes et les symptômes, mais nous calculons le coût induit pour chacune de ces inefficacités. Résultat, une cartographie particulièrement parlante pour vos équipes. On priorise ensuite avec vous ce qui coûte le plus cher, la récurrence des freins, les facteurs de démotivation. En trois semaines, nous établissons un plan d'action précis. Rendez-vous sur spentia.com pour découvrir notre approche et transformer enfin ces irritants quotidiens en gains de performance concrets. Merci de nous avoir écoutés. A très bientôt pour un nouvel épisode.