- Speaker #0
Notre cerveau est utilisé à 10%. Ça ne repose sur rien. Et ce qu'on sait, c'est que notre cerveau est en activité tout le temps. On le voit grâce à l'imagerie cérébrale, par exemple, que même quand on dort, ou même quand on a l'impression de ne rien faire, qu'on est complètement immobile, ne pensant à rien, notre cerveau est actif. Et donc, finalement, il y a des concepts comme ça qui...
- Speaker #1
Aucune base solide. Donc les 10%, ce n'est pas vrai.
- Speaker #0
Non, je ne sais pas.
- Speaker #1
Les talents de la Terre, le podcast qui révèle les personnalités singulières pour lesquelles le mot engagement n'est pas un mot à la mode. Quel est leur parcours, leurs réussites, leurs échecs, leur acte de résilience pour faire tout ça à la fois, être au service des autres pour rendre heureux. Il y a une chose qu'on ne vous dit jamais sur votre cerveau. Quand un neurone meurt, il ne revient pas. Jamais. Il est perdu pour toujours. On perd des neurones en dormant mal, on en perd en vieillissant, on en perd quand Parkinson s'installe ou Alzheimer. Et ces neurones-là, on ne les récupère jamais. Alors pourquoi est-ce que je vous dis ça ? Parce que mon invité du jour a passé 40 ans à comprendre exactement comment et pourquoi ces neurones meurent. Il a trouvé des gènes. Il a décrypté des mécanismes, il a même remonté une mutation jusqu'à un ancêtre commun du XIIIe siècle. Un homme, quelque part autour de la Méditerranée. J'en descende aujourd'hui des milliers de familles malades. Malgré tout ça, Parkinson ne se soigne toujours pas à la racine. À Zellmer non plus. Et pourtant, il continue. Le professeur Alexis Brice est neurologue de formation, professeur de génétique médicale à Sorbonne. bonne université, membre de l'Académie des sciences. Il a dirigé pendant 12 ans l'Institut du cerveau, le plus grand centre de recherche sur le système nerveux en France et l'un des cinq meilleurs au monde. plus de 700 articles scientifiques à son actif. Mais aujourd'hui, je ne veux pas vous parler de lui comme d'un monument. Je ne veux vous parler de ce que c'est vraiment que de choisir une vie comme celle-là, de passer 40 ans dans un tunnel sans voir la lumière au bout, et de continuer quand même. Alors je veux aussi qu'on parle de vous, de votre cerveau, parce qu'on entend sur tout et partout des choses sur les neurosciences, la neuroplasticité, le burn-out cérébral. et la plupart du temps, ce qu'on entend n'est pas tout à fait juste. Est-ce que les écrans abîment vraiment le cerveau ? Est-ce qu'un cerveau peut s'améliorer ? Est-ce que prendre soin de son cerveau, c'est aussi prendre soin de ses émotions ? Et surtout, est-ce qu'on peut vraiment prévenir Alzheimer et Parkinson ou est-ce qu'on les subit ? Une grande commission scientifique internationale estime qu'on pourrait éviter 45% des cas de démence en changeant simplement nos habitudes. 45% ! Et ça nous concerne tous. Et enfin, dans ce podcast, on va parler d'innovation parce que l'Institut du Cerveau, ce n'est pas qu'un laboratoire, c'est aussi un incubateur qui a accompagné plus de 100 startups et un Living Lab où des designers en santé travaillent avec des patients pour inventer des soins de demain. C'est aussi un atelier de co-création avec des sociétés de gaming qui a produit des Je... vidéo capable de réduire de 50% les chutes chez les patients parkinsoniens. Bref, aujourd'hui, les talons de la terre, ce podcast va se tourner vers ça, aller chercher ceux qui changent le monde à leur échelle et le professeur Brice en fait partie. Les chercheurs, les praticiens, les innovateurs, les silencieux. Et l'idée, c'est de vous les ramener avec ce podcast chez vous, comme si on était tous autour d'une table. Bonjour, professeur Brice, et merci d'être là.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Au tout démarrage de ce podcast, et étant donné... la richesse du sujet que nous pouvons aborder aujourd'hui et j'ai déjà présenté en introduction le parcours qui est le vôtre mais nous allons y revenir j'aimerais que les auditeurs nous puissions déjà poser ensemble les enjeux de la recherche sur le cerveau. Donc une de mes premières questions va être de resituer la maladie de Parkinson, même si ce n'est pas le cerveau. au sens global que l'on va aborder, mais on va cibler sur votre spécialité qui est la maladie de Parkinson, à l'heure actuelle, 270 000 personnes vivent avec cette maladie-là et 1,4 million avec Alzheimer. Reprenez-moi si mes chiffres sont faux.
- Speaker #0
En France.
- Speaker #1
En France, merci. Dans le monde, Parkinson a quand même progressé de 274% depuis 1990. C'est toujours exact ?
- Speaker #0
C'est exact, ça dépend évidemment des pays.
- Speaker #1
D'accord, donc on considère que c'est la maladie neurologique avec la progression la plus rapide. Toujours exact ? Et pour l'une comme pour l'autre de ces maladies, en 2026, on ne guérit toujours pas. Là-dessus, vous êtes d'accord ?
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Donc on va commencer par là, si vous voulez bien. Donc en 2026, pourquoi le cerveau reste-t-il la frontière la plus difficile de la médecine et peut-être de la recherche ?
- Speaker #0
Alors la réponse est simple, c'est parce que le cerveau est l'organe le plus complexe de l'être humain. Le cerveau, c'est 100 milliards de neurones, chacun connecté à plus d'une dizaine de milliers d'autres, donc un système extrêmement complexe, et puis des neurones dont on se rend compte que chacun est différent d'un autre. Donc, complexité incroyable, et c'est pour ça que les maladies du cerveau sont difficiles à décrypter.
- Speaker #1
Très bien. Alors ces maladies explosent, et comment vous expliquez cette progression à quelqu'un qui n'est pas médecin ? Je ne le suis pas. Comment vous pourriez m'expliquer le chiffre de 276% ? On ne l'avait pas contredit, mais il paraît probable. Comment est-ce qu'on peut expliquer cette explosion ? Est-ce que c'est juste le fait qu'on pointe davantage, même si on suppose que c'est maladie ? était déjà, le volume de malades était déjà très conséquent avant et on arrive à les comptabiliser maintenant d'une manière différente, donc c'est plutôt le système comptable qui est différent et qui permet de dire qu'on en a plus ou est-ce qu'il y a vraiment une augmentation de ces malades là ?
- Speaker #0
Alors les deux sont vrais, d'abord dans des pays moins développés le diagnostic n'est pas fait de façon précoce ou... Donc il y a une part qui est due à l'amélioration des outils et du système de santé. La seconde part, c'est le vieillissement, simplement parce que le facteur de risque majeur de toutes ces maladies neurodégénétiques, c'est l'âge. Et donc plus on augmente notre âge et l'espérance de vie, plus on voit ces maladies apparaître. Donc c'est mathématique.
- Speaker #1
Est-ce qu'elles apparaissent plus tôt dans notre cycle de vie ? Vous me parlez d'âge, donc on va parler de dégénérescence des cellules, logiquement, biologiquement parlant, mais est-ce qu'on ne voit pas... Apparaissent ces maladies plus tôt dans une vie ? Si elles apparaissaient avant, peut-être en moyenne, aux alentours de quel âge ? 65 ans ? 60 ans ? 70 ans. 70 ans. Est-ce qu'on les voit apparaître beaucoup plus tôt ? Vers 40, vers 50 ans, aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, on voit des formes précoces de ces maladies, on en reparlera peut-être, mais ça existait depuis toujours. Je crois qu'il n'y a pas d'évidence aujourd'hui d'un rajusissement. Ça pourrait être dû évidemment à un diagnostic qui est fait précocement, mais il n'y a pas cette évidence. C'est plutôt l'espérance de vie qui, elle, on le sait, progresse régulièrement.
- Speaker #1
Donc le volume... nombre vient essentiellement du fait que la population générale vieillit, ou en tout cas vit plus longtemps. On va dire ça comme ça. Alors toujours sur le sujet des enjeux de la recherche sur le cerveau, on entend beaucoup parler de neurosciences, on en a déjà parlé tous les deux hors caméra, mais j'aimerais qu'on y revienne parce que j'aime bien poser au préalable des des défis. définition claire sur les mots qu'on va employer. Or je trouve qu'aujourd'hui on peut mettre un peu dans le même sac les neurosciences, la neuroplasticité, on parle aussi, on va parler de burn-out cérébral, bref il y a un certain nombre de terminologies qui... revêt certainement un caractère beaucoup plus scientifique que ce qu'on entend de manière un peu vulgarisante ou vulgarisatrice sur les ondes. Est-ce que ces mots sont utilisés, ça c'est mon point de vue, c'est une intuition, mais c'est aussi une exploration de ma part qui fait que je ne m'y retrouve pas forcément lorsque je recherche exactement des choses, des problématiques de neurosciences ou des problématiques de neuroplasticité ou des problématiques psychiatriques ou psychiques, Bref, ça devient complexe. aussi pour la Béotienne que je suis, est-ce que ces mots sont utilisés correctement, d'après vous, parmi les personnes qui sont complètement néophytes en sciences du cerveau ?
- Speaker #0
Probablement pas, parce qu'il y a toujours une différence entre le spécialiste et le grand public. Et puis il y a des concepts que le grand public s'approprie facilement. Je dirais par exemple, on entend toujours dire, notre cerveau est une... utilisé à 10%. Ça repose sur rien. Et ce qu'on sait, c'est que notre cerveau, il est en activité tout le temps. On le voit grâce à l'imagerie cérébrale, par exemple, que même quand on dort, ou même quand on a l'impression de ne rien faire, qu'on est complètement immobile, ne pensant à rien, notre cerveau est actif. Et donc, finalement, il y a des concepts comme ça qui...
- Speaker #1
aucune base solide donc les 10% c'est pas vrai non je ne veux pas nous le savoir non mais c'est intéressant parce que c'est vrai que c'est un lieu commun on n'utilise que 10% 10%, mais ces 10%, ça voudrait dire qu'on a 90% en jachère ou inexploité. Or, aujourd'hui, vous me dites en tant que scientifique, je ne sais même pas si on explore vraiment 10, 20, 30. En fait, c'est ça. On ne peut même pas dire si on explore la totalité ou un tout petit peu. On n'arrive même pas à quantifier la base parce que pour dire 10%, ça voudrait dire qu'on arrive déjà à poser ce que représentent les 100%.
- Speaker #0
Parfaitement. Or,
- Speaker #1
on ne sait même pas.
- Speaker #0
On ne sait pas quel est le pourcentage. Ce qu'on sait, c'est que notre cerveau est en activité permanente. et que si on fait travailler notre cerveau, on améliore nos capacités. Donc il y a effectivement une marge de progrès.
- Speaker #1
Très bien. Alors, quelle est la différence fondamentale ? C'est vraiment une question propre sur ces maladies neurodégénératives sur lesquelles vous avez travaillé. En tout cas, vous êtes un spécialiste de Parkinson, donc l'une d'entre elles. Quelle est la différence fondamentale entre une maladie neurodégénérative comme Parkinson, Charcot ou Alzheimer et un trouble psychique comme la dépression ou la schizophrénie par exemple ?
- Speaker #0
Alors, je crois qu'il y a d'une part quelque chose de commun à ces maladies, c'est qu'elles affectent le système nerveux. Donc, même si elles se manifestent de façon très différente, il se passe quelque chose, point de départ, et... un dysfonctionnement du système nerveux. Alors ce qui les différencie par contre, c'est le fait que dans les maladies neurodégénératives, comme nous on l'indique, il y a une dégénérescence. On peut observer des neurones... qui dégénèrent, sont dégénérés. Et donc, on a des éléments de mesure qui permettent de vérifier qu'il s'agit bien de telle ou telle maladie. Dans les maladies psychiatriques, comme la schizophrénie... troubles bipolaires ou autres, on n'a pas ces outils, on n'a pas ces marqueurs. Le diagnostic repose sur des éléments cliniques, sur les symptômes et les signes que présentent les patients, mais on n'a pas un dosage, une imagerie ou quelque chose qui va nous affirmer qu'il s'agit bien de cette maladie. Donc il n'y a pas le même substratum, qui est une dégénérescence dans un cas, un dysfonctionnement qui reste à élucider dans l'autre cas. Mais le point commun, c'est que c'est toujours notre système nerveux qui est touché.
- Speaker #1
et qui dysfonctionnent dans la logique de dégénérescence on estime qu'on va vers un vieillissement de la cellule par exemple de la cellule de la molécule et qu'elle est irratrapable alors que d'un autre autre côté, on va parler de dysfonctionnement, donc quelque part c'est encore réparable, en tout cas à l'heure actuelle la science peut-être considère les choses en l'état, peut-être que demain on pourra voir qu'on peut réhabiliter, on peut partir en arrière et éviter le vieillissement de la cellule, pour l'instant ce n'est pas le cas. C'est ce que je comprends de ce que vous me dites. Est-ce que c'est le cas ? Est-ce que c'est ça ou pas ? Quelquefois,
- Speaker #0
on voit les maladies neurodégénératives comme un vieillissement accéléré de certaines cellules. Ce n'est peut-être pas forcément le cas. Il peut y avoir des causes qui font que des cellules dégénèrent, mais pas par le mécanisme de vieillissement, parce qu'on sait qu'on perd tous des neurones à partir de l'âge adulte, très tôt et régulièrement mais plutôt Donc un processus actif qui fait que la cellule va dégénérer. Une fois qu'elle a dégénéré, évidemment c'est trop tard, elle n'est plus là. On ne peut pas la réhabiliter. On peut imaginer que dans d'autres troubles où il s'agit d'un dysfonctionnement, on pourrait le corriger et donc améliorer ou voir guérir. Donc on n'est pas dans les mêmes situations.
- Speaker #1
D'accord, très bien. Lors de la préparation de cette émission, lorsqu'on a... On avait échangé tous les deux. Je vous avais posé la question d'une possible corrélation, justement, entre les maladies psychiques et les maladies neurodégénératives. Et vous m'aviez expliqué qu'à l'heure actuelle, on pouvait, et vous allez me reprendre, mais c'est ce que j'ai retenu, qu'il pouvait y avoir une corrélation entre la dépression et la maladie d'Alzheimer. Est-ce que vous pouvez m'en dire davantage ?
- Speaker #0
Oui. En tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que dans des maladies neurodégératives, Alzheimer, Parkinson, on peut avoir une dépression. Ça peut survenir avant, pendant... la maladie, donc on a une association entre les deux mais ça ne veut pas dire que c'est la dépression qui cause la maladie neurodégénérative on sait que les maladies neurodégénératives commencent bien avant les manifestations par contre ce qu'on sait aussi c'est que l'isolement social comme quand on a perte d'audition, qu'on a du mal à communiquer, le repli sur soi, tout ça sont des facteurs de risque par rapport à une démence d'Alzheimer. Et donc, la dépression posant... un isolement du fait de ces manifestations pourrait être associé à la survenue plus tardive de maladies d'Alzheimer mais il ne s'agit pas d'un mécanisme qui fait que la dépression par elle-même cause la maladie d'Alzheimer, ce n'est pas le cas. C'est à travers les symptômes de la dépression que se crée cet isolement et ces facteurs de risque éventuels pour la maladie d'Alzheimer.
- Speaker #1
D'accord. C'est quand même très séparé. D'accord. Merci pour cette explication. On va en venir à l'Institut du cerveau. On va repartir sur votre parcours. Il y a même un parcours exceptionnel. Vous avez été dernièrement le directeur, pendant plus d'une dizaine d'années, de l'Institut du cerveau. Et si je vais résumer cet institut en chiffres clés, c'est quand même important de le souligner. L'Institut du cerveau, c'est 1000 personnes, c'est 50 nationalités, c'est 29 équipes de recherche, 29 c'est beaucoup, au cœur de la pitié salpitrière à Paris. C'est le plus grand pôle de neurologie en Europe. mais l'Institut du cerveau c'est bien plus qu'un grand labo, c'est ce que vous m'aviez dit, c'est aussi un modèle qu'on a. ne trouve nulle part ailleurs. Alors pourquoi est-ce que c'est un modèle qu'on ne trouve nulle part ailleurs ? Là, j'ai la réponse moi, mais j'aimerais vous entendre l'expliquer s'il vous plaît.
- Speaker #0
Alors nulle part ailleurs, c'est un peu exagéré, mais en tout cas c'est un modèle assez original, et en particulier à l'échelle nationale. Et le modèle, c'est un partenariat public-privé entre les hôpitaux, l'assistance publique Hôpitaux de Paris, des organismes de recherche, l'INSERM, le CNRS, une université. Il a été créé en... L'Institut du cerveau en 2010. En
- Speaker #1
2010, oui. Il est encore très récent.
- Speaker #0
C'est très récent. J'ai eu la chance assez tôt de pouvoir m'y impliquer. Et ce partenariat entre ces organismes publics et une fondation privée, la Fondation Institut du cerveau, qui a permis de prendre un peu le meilleur de chaque côté. Et l'idée originale des fondateurs de l'Institut du cerveau, c'était d'aller du patient à l'entrepreneur, en passant évidemment par la recherche, une recherche à la fois clinique... un peu appliquée, orientée vers les maladies, mais aussi une très forte recherche fondamentale. Donc c'est cette association, ce partenariat, qui fait la force.
- Speaker #1
Pour l'instant, vous êtes les seuls par l'Institut du cerveau et le seul à fonctionner sur ce modèle-là ?
- Speaker #0
En France, oui.
- Speaker #1
Vous avez des interrelations avec d'autres systèmes en France, en Europe, et quel est le lien entre l'Institut du cerveau et les grands centres de recherche européens, asiatiques ? cerveau dans le monde, vous travaillez tous dans la main dans la main avec une vision un peu bisounours, excusez-moi, et puis il peut y avoir une compétition, j'allais dire, de stimulation entre les uns et les autres pour être le premier. à trouver quelque chose, mais il y a une vraie solidarité, confraternité sur ces sujets-là,
- Speaker #0
au niveau international ? Le métier de chercheur, c'est un métier d'échange, d'échange intellectuel qui se produit dans le cadre de collaborations, lors de congrès, où toutes les communautés se retrouvent. Donc à l'Institut du cerveau, comme ailleurs, les chercheurs ne travaillent pas du tout de façon isolée, ils ont des nationale, européenne, internationale. Et puis, le plus peut-être de l'Institut du cerveau, c'est d'avoir créé une sorte d'alliance scientifique, en particulier avec des instituts réputés à l'international. Par exemple, à l'échelle européenne, on a un réseau avec l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Belgique autour des maladies neurodégénératives. On a des alliances avec des... des instituts américains prestigieux. Ces alliances maintenant s'étendent aussi vers l'Asie. Donc il y a une partie institutionnelle qui permet d'animer, de favoriser des coopérations, d'échanger du personnel, de mener des projets en commun. Et puis ce que fait individuellement chaque chercheur selon ses besoins spécifiques.
- Speaker #1
Très bien, merci beaucoup pour cette précision concernant le fonctionnement. J'entends bien qu'il n'y a pas une compétition autour de la recherche, on ne peut pas dire au niveau international, où il y a une mise en commun des... des travaux pour essayer de faire progresser la recherche au sens large et trouver des traitements adéquats. Mais vous mettez ça dans un pot commun, en fait. On ne peut pas dire que les Américains sont plus avancés que les Français sur la recherche. sur le cerveau et qui garde pour eux je fais exprès de poser peut-être des questions qui apparaissent mais en fait ça peut être un univers qui est l'univers de la recherche scientifique et médicale et quand même un univers réservé à quand on rentre à l'intérieur évidemment à une élite en tout cas des personnes qui peuvent comprendre et peuvent appréhender peut-être de manière assez plus facile pour elles ce que ça veut dire la jeunesse. c'est de parler au tout un chacun est-ce que le monde de la recherche est aussi un lieu de compétition comme peut l'être le milieu industriel le milieu des énergies est-ce qu'il y a une compétition entre pays ?
- Speaker #0
Alors il y a une compétition entre chercheurs aussi bien qu'une collaboration, c'est-à-dire que les chercheurs ont besoin les uns des autres pour avancer plus vite et en même temps certains chercheurs qui travaillent sur des sujets très proches. proches peuvent être à un moment donné en compétition. Mais je crois que c'est quelque chose que les chercheurs gèrent très bien.
- Speaker #1
La stimulation et en même temps on ne va rien garder pour soi, on va quand même partager. Ça c'est quand même propre au domaine de la recherche.
- Speaker #0
Alors je pense que le domaine de la recherche est assez ouvert. Les chercheurs partagent de plus en plus leurs données et c'est ce qui permet effectivement d'avancer et d'exploiter au mieux tout ce qu'il fait dans le domaine de la recherche, tous les résultats qui sont généreux.
- Speaker #1
Au sein de l'Institut du cerveau, on cherche quoi exactement ? On passe de l'institution, de son système de fonctionnement à qu'est-ce qu'elle recherche spécifiquement ? Parkinson, Alzheimer ? ça on l'aura bien compris, mais est-ce qu'on travaille aussi sur le sommeil, la motivation, l'épilepsie, l'axe intestin-cerveau dont tout le monde parle depuis pas mal de temps, enfin beaucoup de gens sont au courant quand même du lien intestin-cerveau, les tumeurs cérébrales également, donc le champ est vaste, mais est-ce que vous pouvez me donner précisément les axes de travail ? aujourd'hui ? Même si vous êtes partie de la direction.
- Speaker #0
Je vais juste revenir un tout petit peu sur l'Institut du cerveau et ce partenariat public-privé, ce qu'il a permis. Parce qu'en réalité, c'est ça la base de l'Institut du cerveau. C'est d'avoir voulu un institut continuum entre le patient et la start-up, mais qui contient un potentiel de recherche énorme. Pourquoi ? Parce que... Parce qu'il a permis ce partenariat et les moyens qui sont associés de recruter des chercheurs extrêmement brillants, souvent très jeunes, de leur donner les moyens de travailler efficacement et de produire le plus vite possible. Il a permis aussi d'équiper l'Institut. Parce qu'aujourd'hui, la technologie, c'est vraiment... À chaque fois qu'on recule la frontière en microscopie, en imagerie, IRM, etc., on découvre de nouvelles choses. Donc on a besoin des meilleures technologies et l'Institut a pu équiper 12 ou 13 plateformes technologiques avec des équipements de pointe et des personnels qui connaissent parfaitement ces techniques. Et ça, c'est très important pour les chercheurs parce que non seulement ils sont bons, mais ils ont les outils dont ils ont besoin. Et en plus, je crois que l'Institut du cerveau a su insuffler un esprit de collaboration, de synergie entre les équipes. Et il a été possible de créer des programmes transversaux qui ajoutent de la valeur. Ce n'est pas simplement d'être les uns à côté des autres, mais c'est aussi... les échanges et les collaborations qui peuvent naître
- Speaker #1
Oui alors là on est dans le design thinking c'est à dire qu'effectivement l'Institut du Cerveau est très fort dans cette façon de travailler également, de la collaboration entre entrepreneurs, chercheurs médecins autour d'un même sujet et ça c'est quand même spécifique aussi du fonctionnement de l'Institut du Cerveau de ce que j'ai compris, n'est-ce pas ?
- Speaker #0
Alors justement je crois que c'est cet environnement créé par l'Institut du Cerveau qui permet ensuite de... de voir quels sont les axes de recherche. Et ces axes de recherche, ils sont dictés, ils sont complètement ouverts, mais ils sont dictés sur l'intérêt premier des chercheurs qui choisissent leur thématique de recherche et qui ont toute liberté.
- Speaker #1
La particularité de l'Institut,
- Speaker #0
c'est de permettre les choses.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on est sur de la recherche fondamentale.
- Speaker #0
De la recherche plus orientée aussi. Mais je crois que ce qui est important, c'est que le chercheur à l'Institut du cerveau, comme ailleurs, a une très grande liberté. Mais les possibles sont beaucoup plus larges, puisqu'il va côtoyer à la fois d'autres chercheurs, des cliniciens-chercheurs qui vont apporter encore quelque chose de différent. Et ça, ça va créer des liens et des collaborations nouvelles pour ces chercheurs qui... au départ, travaillent sur leur propre sujet de façon autosuffisante, en quelque sorte.
- Speaker #1
J'ai envie de faire un aparté. On est un peu dans la logique de la serendipity, c'est-à-dire que, quelque part, on peut aussi trouver ce qu'on n'était pas venu chercher. Et par hasard, il y a un peu de ça ou pas ?
- Speaker #0
Il y a tout à fait de ça. Ça, c'est le quotidien. chercheurs, mais là c'est surtout essayer de multiplier les possibles, et évidemment ce sont les chercheurs qui s'emparent, c'est eux qui sont à l'origine de nouvelles collaborations ou de nouveaux projets, mais c'est rendu possible par l'environnement. Facilité.
- Speaker #1
Quand vous parlez de l'environnement, là vous parlez bien sûr de l'institution et de ses outils et de toute cette technologie, j'ai bien sûr envie de rebondir immédiatement sur l'IA au service de la recherche. vous me permettez je garderai cette question un tout petit peu plus loin dans notre échange parce que je voudrais qu'on continue à poser les bases autour de ce qu'est l'Institut du cerveau en termes de modèles. quand on cherche un petit peu sur le net l'institut du cerveau l'innovation on découvre il y a un onglet innovation sur votre site internet sur le site internet de l'institut du cerveau où là on découvre le care lab les produits les innovations sleeping beauties
- Speaker #0
le Living Lab également qui sont des unités qui réunissent le design la santé, les médecins, ce que je disais tout à l'heure les patients, les soignants autour d'une problématique donc on voit bien que l'innovation est aussi au centre l'innovation et l'entrepreneuriat juste après, est au centre du fonctionnement de l'Institut du cerveau
- Speaker #1
Oui, parce que je crois qu'il faut bien se rendre compte que dans une équipe de recherche, on fait de la recherche. Et il y a un moment où cette recherche nous a permis de comprendre des choses, d'identifier des potentiels traitements, etc. Et le métier de chercheur, c'est de continuer à creuser pour passer à l'innovation et pour faire en sorte que les fruits de cette recherche soient ensuite...
- Speaker #0
modéliser
- Speaker #1
Utiliser de façon à valider des résultats, à tester de nouvelles thérapeutiques, c'est différent, c'est une autre approche. Elle n'est pas faite directement par les chercheurs. mais par des unités qui sont là plus pour justement valider les résultats des chercheurs, les étendre dans d'autres modèles, dans d'autres systèmes. Et c'est comme ça que vous avez les Sleeping Beauties. que vous avez Génov pour la thérapie génétique et Neurotrials qui vient encore un petit peu après, au moment où ces innovations sont prêtes, prêtes à être testées chez les patients parce qu'une série d'étapes avant a permis de les valider. Et cette dernière étape chez les patients, elle est préparée par
- Speaker #0
Neurotrials. Donc ça c'est passionnant. Donc, pour continuer sur ces notions d'innovation, j'avais plutôt envie d'axer quand même sur quelque chose qui, moi, m'avait frappé lorsque j'ai visité l'Institut du cerveau. Et vous le savez, je vous en avais parlé, c'est les fameux Serious Games. C'est-à-dire que l'Institut du cerveau, en 2013, a créé une société de gaming au sein même du laboratoire qui produit des jeux vidéo qui sont thérapeutiques. Alors, apparemment, certains de ces jeux permettaient de réduire... de 50% les chutes, par exemple, des patients parkinsoniens. Aujourd'hui, on en est où ? Est-ce qu'on continue à aller dans cette logique du serious game pour soigner ? Est-ce qu'on va aller encore un peu plus loin sur cette logique de serious game, tout simplement ? Ou est-ce qu'on a un peu rétro-pédalé et on a laissé ça de côté ?
- Speaker #1
Alors, la société, c'est une société qui a travaillé avec des équipes de l'ICM, mais qui n'émane pas de... de l'ICM, en revanche qui était installée dans l'incubateur de l'Institut du cerveau et qui, en collaborant avec les équipes, a développé un jeu, un jeu sérieux qui permettait... de rééduquer des patients et de développer leur capacité motrice en particulier d'équilibre et l'efficacité de ce jeu a été testée en grandeur réelle et effectivement a montré qu'il y avait une amélioration par rapport à la prise en charge classique de la maladie donc ça montre le potentiel de de ces jeux comme appui à la rééducation dans la maladie de Parkinson, mais il y a plein d'autres approches qui peuvent être développées pour améliorer la vie des patients au quotidien, et c'est un peu le travail du Living Lab.
- Speaker #0
Vous voulez en parler du Living Lab ?
- Speaker #1
C'est quelque chose...
- Speaker #0
Est-ce que je l'ai dans mes tablettes ? Est-ce que j'ai cette question-là ? Est-ce que le Living Lab, c'est l'incubateur ? Pas forcément l'incubateur. Moi, j'avais envie de vous interroger sur l'incubateur, parce que c'est quand même aussi un sujet, ça.
- Speaker #1
Le Living Lab travaille avec... des équipes de recherche de l'Institut, mais aussi avec des start-up pour développer leurs produits aussi quand ils ont besoin d'améliorer, de le tester avec les patients, parce que le principe du Living Lab, c'est la co-construction.
- Speaker #0
Là, on reste encore dans la logique de la co-construction. L'incubateur en tant que tel qui abrite plus d'une centaine de start-up, on est bien d'accord, et qui a permis de lever les 450 millions d'euros, ce n'est pas rien quand même. C'est une histoire fantastique quand même d'innovation, de création. L'Institut du cerveau va bien au-delà de la recherche, c'est-à-dire que vous avez réussi à travers, en tout cas cet institut, vous étiez à l'origine en termes de directeur, puisqu'il a été créé en 2010, donc vous avez été son directeur pendant plus d'une dizaine d'années, donc vous étiez au début de cette formidable aventure. C'est une vision extraordinaire que de se dire... On n'est pas qu'un simple laboratoire, on va tout de suite, par capillarité, développer des unités de mise en application différentes, un par le jeu, l'autre le living. Ce modèle hybride a permis effectivement de créer un certain nombre d'unités qui travaillent toutes différemment, dont ce fameux incubateur. qui à lui tout seul a levé 450 millions d'euros, a développé une centaine de start-up, on en est où de cette partie-là de l'Institut du cerveau ? elle est aussi complexe que le cerveau lui-même.
- Speaker #1
Le modèle initial est effectivement un incubateur, ce qui veut dire l'accueil de start-up qui se sont créés à l'extérieur. Ils sont venus travailler dans l'environnement de l'Institut du cerveau parce qu'ils apportaient à ces startups le bac à sable nécessaire pour développer et tester leurs produits. Donc c'est dans ce cadre-là que cet incubateur a accueilli dans le temps, en une douze ou quinze ans, une centaine d'entreprises. Donc ce n'est pas 100 en même temps quand même. On n'en est pas là. Aujourd'hui... L'incubateur a un peu changé d'orientation et sert surtout pour accueillir des startups qui sont créées par des chercheurs de l'Institut du cerveau. Donc directement en lien avec la recherche de l'Institut du cerveau. Je pense que la... Les projets ont suffisamment avancé, certains d'entre eux, ils sont suffisamment mûrs pour arriver à la création d'entreprises, de spin-off, en quelque sorte, de l'institut du cerveau. Et c'est sur ce sujet-là que l'incubateur maintenant est... focalisé. Donc c'est tous les produits qui vont passer par Genove ou d'autres de ces unités, Neurotrials, qui vont alimenter finalement, lorsque il y a une possibilité de créer... créer une entreprise, un chercheur qui souhaite s'y impliquer, pouvoir être incubé à l'ICM pour essayer de bénéficier de l'avantage compétitif de cet environnement qui rend les choses possibles.
- Speaker #0
Neuro-trials ? Je vois que vous le dites régulièrement, donc je pense qu'il y a quelque chose de spécifique autour de neuro-trials. Vous pouvez m'en dire quelques mots ?
- Speaker #1
Oui, une neuro-trial, c'est une expertise.
- Speaker #0
D'accord. Merci.
- Speaker #1
Une expertise autour de la recherche clinique et en particulier du passage de la préclinique à la clinique, c'est-à-dire les essais thérapeutiques précoces. Et donc, c'est une équipe avec toutes les compétences, aussi bien médicales, statistiques, par rapport à l'éthique, aux aspects réglementaires, capable de fournir clé en main tous les outils pour passer. à la clinique, pour faire la preuve de concept chez l'homme d'un médicament, d'un dispositif.
- Speaker #0
D'accord. Et ça, ça a existé dès le départ ? Ou c'est venu avec le temps ?
- Speaker #1
C'est venu avec le temps. Ça a été créé au fur et à mesure de la construction de l'ICM, auquel on a ajouté, brique par brique, ce qui nous manquait pour créer cet écosystème des possibles.
- Speaker #0
Aujourd'hui, l'Institut du cerveau, puisqu'on disait l'ICM, mais en fait, non on dit l'institut du cerveau et de la moelle épinière. Les grands enjeux ? Bien sûr la recherche, il y a peut-être des points particuliers, peut-être deux, trois, un objectif précis avec une date précise, est-ce que d'ici 2030, il faudrait avoir trouvé telle ou telle chose, ou alors est-ce que c'est gris ou vert ?
- Speaker #1
Alors je crois que vous avez parlé de ça en DPD, donc il y a quand même beaucoup de choses qui sont imprévisibles et qui peuvent se révéler très importantes, donc celles-là on ne peut pas les planifier. En revanche, je crois que l'Institut du cerveau aujourd'hui peut vraiment avancer dans le domaine de la science des données. de l'intelligence artificielle et a créé pour cela un nouveau centre qui d'ailleurs commence à recruter de nouvelles équipes pour renforcer le potentiel de recherche dans ce domaine.
- Speaker #0
Alors justement l'IA je voulais en venir un peu plus tard mais parlons-en dès maintenant. L'intelligence artificielle aujourd'hui c'est aussi un marché visible aux yeux de tous, parce que c'est un marché qui se développe depuis des années et des années, mais de manière plus cachée, plus dédiée à certains domaines qu'à d'autres. Et aujourd'hui, il est ouvert au grand public et il a son lot de détracteurs et son lot d'admirateurs. Bien sûr, la vérité est toujours au milieu de tout ça. Mais dans le monde de la recherche médicale et scientifique, et en tout cas vis-à-vis du cerveau... comment est-ce que l'IA peut améliorer la recherche, même si j'ai bien compris, on l'a dit tout à l'heure, que les bons outils permettaient aux chercheurs de faire des bons dans leur trouvaille. Excusez-moi pour le mot trouvaille. en tout cas dans ce qu'ils arrivent à obtenir comme résultat. L'IA, elle a cette double particularité aussi, où ça n'est qu'un outil éminemment précieux pour l'instant, pour un jeune chercheur ou pour un chercheur tout court.
- Speaker #1
C'est un outil qui prend de plus en plus de place. Il faut se rendre compte que, justement, la technologie et les avancées technologiques font qu'on est de plus en plus précis. Et ça, la traduction de ça, c'est la quantité de données. données qui sont géniales. Et donc, il y a une explosion de la quantité de données qu'il faut savoir organiser, réduire, analyser. Et là, il y a vraiment... la place pour cette science des données qui va s'appuyer sur l'intelligence artificielle pour essayer de donner du sens à des quantités énormes de données. individuellement on peut à peine appréhender tellement.
- Speaker #0
Donc là on en est encore au début. L'IA pour l'Institut du cerveau par exemple, c'est quelque chose que vous utilisez déjà depuis longtemps ? Ou alors est-ce que c'est assez récent encore ? Et vous êtes en train de brasser ces données, excusez-moi pour le mot brasser, mais vous êtes en train de contenir, de les rassembler, de les trier grâce à l'IA. et... Et on ne sait pas encore quel type de résultat on peut obtenir après ce travail.
- Speaker #1
Alors il y a les deux d'abord. Il faut savoir que depuis la création de l'Institut du cerveau, on a eu la chance d'avoir des équipes venant d'un institut qui s'appelle l'INRIA. C'est l'Institut de recherche en informatique qui évidemment ont implémenté du machine learning, beaucoup de... technique et développer des algorithmes qui sont à la base finalement de l'IA et qui depuis des années ont créé des nouveaux outils par exemple pour modéliser la trajectoire. de patients,
- Speaker #0
de pouvoir la prédire et ces modèles on est carrément sur la prédiction c'est à dire qu'il y a des patients qui arrivent et vous pouvez prédire on peut prédire par rapport à certaines données le devenir du patient
- Speaker #1
dans un an, dans deux ans, dans trois ans. Et ça menait à la création de ce qu'on appelle des jumeaux numériques. Finalement, le patient in silico, dans lequel on peut moduler des paramètres pour voir l'effet, par exemple, d'une drogue, etc. Donc, on a eu la chance d'être imprégnés et d'échanger avec des chercheurs de ces domaines depuis longtemps. et ce qu'on a fait... Récemment, ce qui a été fait par Stéphanie Debet, la nouvelle directrice, c'est de créer un centre de neuroinformatique, d'intelligence artificielle, dans lequel sont rassemblés tous ces chercheurs et qui va en attirer encore d'autres pour créer vraiment une masse critique de recherche dans ce domaine.
- Speaker #0
Wow ! Parce que le fait de concrétiser par une structure, une unité qui va permettre à tous ces chercheurs, en tout cas, de savoir travailler sur toutes ces données-là, alors que déjà vous arrivez... c'est ce que j'ai compris, à faire une prévisionnelle, une prédiction sur l'avenir d'un malade. Ça veut dire qu'on va aller encore plus loin sur les résultats que l'on peut obtenir après avoir brassé ces données. Ça, j'entends bien, mais j'ai déjà envie de m'arrêter sur cette histoire de prédiction, excusez-moi. Vous arrivez aujourd'hui à prédire l'avenir d'un malade. Vous êtes sûr à 100% de cette prédiction ou vous avez en marge de manœuvre un droit à l'erreur ?
- Speaker #1
Un droit à l'erreur ? Ça, c'est fondé sur des statistiques, c'est des outils qui s'affinent. Aujourd'hui, ce sont des outils qui sont utilisés purement dans la recherche.
- Speaker #0
Après, c'était ma question suivante. Est-ce que ce dit malade est au courant de la prévision qui lui a été faite ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, il s'agit purement de recherche. Mais je vous donne un exemple. Par exemple, pour des essais thérapeutiques, on compare des groupes de patients. Un groupe à qui on donne un traitement et un groupe qui n'a pas le traitement, puis on regarde à l'arrivée. Si on est capable de savoir quelle est la trajectoire d'un patient avant du administré de médicaments, on peut sélectionner des patients dont on sait qu'ils vont évoluer lentement, d'autres plus rapidement. Et donc, on augmente la puissance de ces études cliniques. Donc ces outils... ils ont des applications en recherche aujourd'hui très nombreuses qui ne sont pas encore utilisées du tout dans la pratique il me vient quand même une question par rapport à ces données que vous faites j'entends bien la recherche évolue
- Speaker #0
et donc on imagine la trajectoire et vous par rapport au traitement avec un placebo peut-être sur une équipe 1 ou pas où il n'y a pas du tout de traitement pour le premier groupe et... traitement pour le second, j'ai quand même envie de vous dire, à partir du moment où vous avez entre les mains, à partir du moment où le chercheur a entre les mains la prévision de la trajectoire, en tout cas la trajectoire prévisionnelle d'un malade sur ce qui va, comment rentre l'éthique dans cette logique-là, est-ce qu'on se doit de le lui dire, on ne lui dit pas, je sais que ce n'est pas le cas pour l'instant puisque c'est le domaine de la recherche donc vous avez des éléments et vous les gardez pour vous je pense que le patient n'est pas du tout au courant le patient est au courant de la recherche mais pas des résultats individuels
- Speaker #1
Et puis, je vous le dis, il s'agit d'une prédiction à l'échelle d'une population de malades. À l'échelle individuelle, c'est quand même beaucoup moins précis. Alors, tout ça, on sait que la recherche d'aujourd'hui sera la médecine de demain, quand même, pour certaines choses.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
ces informations pourront être utilisées à partir du moment où elles apporteront un bénéfice aux patients. Le bénéfice, il peut être de... de se dire, il faut plutôt tel traitement que tel autre, parce qu'il appartient à cette catégorie de patients. Ça peut être des choses comme ça. Et ça, du coup, à partir du moment où il y a un bénéfice avéré, ça pose beaucoup moins de problèmes éthiques.
- Speaker #0
Bon. J'entends. C'est juste qu'on a 13 minutes et ça serait encore un autre sujet. Je pense que vous allez revenir professeur si vous êtes d'accord. Moi je trouve ça passionnant. Je ne suis pas sûre qu'on ait le temps de parler de tout. mais quand on met un doigt dans l'Institut du Cerveau vraiment, vraiment je trouve ce sujet passionnant et ce qui fait du bien surtout c'est qu'on arrive avec l'Institut du Cerveau on repose l'église au centre du village, je pense. C'est-à-dire, il y a ce qui existe vraiment, il y a ce que fondamentalement on sait, il y a ce qu'on ne sait pas encore. Vous l'avez dit tout à l'heure, avec les 10%, c'est basé sur rien et Dieu sait qu'on est tous un peu avec cette idée-là, puis avec d'autres qui ont germé depuis sur cette base-là. Donc, on sait un certain nombre de choses. En tout cas, c'est la certitude du moment, parce qu'on sait bien que la science remet en cause quand même ces certitudes pour voir si ça tient toujours dans le temps et heureusement Et puis il y a tous ces champs de découverte qui restent encore à explorer. Et ça redonne, je trouve, beaucoup de sens et beaucoup de rigueur. Une rigueur dont on peut manquer justement sur ces questions-là. Autour du cerveau, beaucoup de choses peuvent se mélanger, on entend tout, c'est vraiment passionnant de savoir où en est la recherche sur le cerveau, et merci d'être venu, même si on n'arrive pas encore complètement à la fin, mais je me permets de dire encore merci d'être venu à ce micro. Donc la recherche... Pour le cerveau aujourd'hui, ça concerne combien de chercheurs dans le monde ? Enfin, combien de chercheurs dans le monde sont sur le sujet du cerveau, tel que l'Institut du cerveau et de la moelle épinière le travaillent ?
- Speaker #1
Je suis incapable de vous répondre, mais je peux juste dire que... Ah,
- Speaker #0
je suis contente, j'ai réussi !
- Speaker #1
Je n'ai pas fait le calcul, mais ce que je peux dire, c'est que dans le... du grand congrès de neurosciences mondiales, je crois qu'il y a à peu près 40 000 personnes.
- Speaker #0
Bon,
- Speaker #1
c'est rassurant. Et donc, ce n'est pas les labos entiers qui y vont, c'est les représentants. Donc, il y en a probablement 10 fois plus.
- Speaker #0
Je posais cette question parce que, est-ce que vous trouvez qu'il y a suffisamment de chercheurs ? Est-ce qu'il faut recruter encore davantage de chercheurs ? Est-ce qu'il faut que la jeunesse s'intéresse de près ? Est-ce qu'il y a beaucoup de jeunes chercheurs déjà ? en tout cas aux portes de l'Institut du cerveau, vous les voyez, vous voyez qu'il y a des cohortes de jeunes chercheurs qui vont bientôt arriver, ou alors au contraire, vous vous désespérez en disant, mince, la recherche ne paie plus autant qu'avant.
- Speaker #1
Alors, il y a toujours des chercheurs qui sont attirés par le cerveau, fort heureusement, je les encourage, parce que c'est vraiment passionnant. C'est vrai qu'en plus, l'Institut du cerveau offre un environnement qui est très favorable. C'est pour ça qu'on a recruté beaucoup de nouvelles équipes à l'international pour avoir le choix parmi les meilleurs et on s'en félicite. Donc aujourd'hui, bien sûr, ce qu'il faut espérer c'est qu'on continue à avoir les moyens de... de rester dans la course, parce que la France, en recherche, voit sa place rétrogradée quand même régulièrement. Il y a des études récentes qui montrent qu'en termes de publication, par exemple, on a un peu... dégringolé ces dernières années.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est un peu dû, enfin, c'est dû en partie à des problèmes de financement qu'il faudrait améliorer parce que l'effort de la nation... en recherche est beaucoup plus faible que dans d'autres pays développés, deux fois moins qu'en Corée, par exemple. Et donc, il est guère étonnant que ça se manifeste.
- Speaker #0
La recherche au sens large ou la recherche juste scientifique ?
- Speaker #1
La recherche au sens large, mais c'est vrai dans toutes les disciplines, et en particulier dans les sciences de la vie, les neurosciences en font partie, la recherche biomédicale. Clairement, il y a un effet dû au progrès qui sont faits dans les pays asiatiques, en particulier la Chine, mais il y a aussi des pays européens qui nous ont rattrapés.
- Speaker #0
Alors, moi je pense qu'on va finir les 10 minutes là-dessus, parce que c'est quand même un point très important, la recherche de fonds, parce que pour continuer à faire de la recherche, il faut qu'il y ait les moyens. Donc aujourd'hui, quelles sont les structures ? qui subventionnent ou en tout cas soutiennent l'institut du cerveau je ne veux pas aller forcément en les noms c'est très bien vous et moi mais je pense que c'est important pour que le grand public comprenne quelle est la part de l'état je suppose que l'état donne quand même même quelque chose, même si ça s'est réduit comme peau de chagrin, et la part peut-être d'autres types de mécènes, de sponsors ou de parrains, je ne sais pas comment vous les appelez.
- Speaker #1
La chance de l'Institut du cerveau, c'est cette dualité, c'est le socle de financement et en particulier le salaire des chercheurs ou des cliniques. Ce n'est pas fantastique,
- Speaker #0
contrairement à ce qu'on peut croire, en début de carrière, on n'est pas sur des sommes.
- Speaker #1
On ne peut pas le dire. Merci.
- Speaker #0
Ah bon, pardon, excusez-moi, je me suis dit peut-être que j'en ferais un tabou. Je vais du coup créer un recul parmi les vocations, mais il faut le dire, le centre de la recherche, ce n'est pas très bien payé, je crois.
- Speaker #1
Non, non, ce n'est pas très bien payé et c'est pour ça qu'on peut parler de vocation, effectivement. Voilà, mais disons que la chance de l'Institut du cerveau, c'est que les partenaires publics apportent une partie du financement. et en particulier des salaires des chercheurs. Et la partie privée, qui est une fondation reconnue du public, va collecter des fonds auprès de grands mécènes, mais aussi auprès du grand public et auprès d'entreprises. Je crois que ça, ça joue un rôle essentiel parce que cet argent supplémentaire qui représente quand même de l'ordre de 40% du budget, c'est énorme.
- Speaker #0
Oui, c'est énorme.
- Speaker #1
C'est ça qui donne la possibilité de structurer, d'avoir une ambition, d'être toujours à la pointe du progrès, de recruter de nouvelles équipes, de créer ces dynamiques qui sont essentielles pour la qualité de la recherche. Je crois que... Ce qui est vraiment important, c'est d'arriver à conserver en France des instituts de recherche qui sont à la pointe, plutôt que d'uniformiser par une sorte de saupoudrage la recherche.
- Speaker #0
D'uniformiser par une forme de saupoudrage, vous voulez dire quoi par là ?
- Speaker #1
Je veux dire que... En France, on a souvent tendance à répartir les moyens de façon égalitaire sans forcément tenir compte de la qualité.
- Speaker #0
Là, vous parlez des pouvoirs publics, pas forcément des...
- Speaker #1
Oui, de la partie publique, même si on a une agence nationale de la recherche qui évalue les projets, qui...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors, finance, il est clair qu'on est à un stade de sélection maintenant. qui est un peu aléatoire. Évidemment, les très bons projets vont être reconnus, mais il y a d'excellents projets qui ne vont pas pouvoir être financés.
- Speaker #0
Parce que c'est cette structure-là, étatique, qui va décider quels sont les projets qui vont être subventionnés ?
- Speaker #1
Attention, c'est une structure, une agence de l'État, Mais les choix sont proposés. par des comités scientifiques de pairs français et étrangers qui évaluent les projets. Donc c'est pas clairement l'agence et des fonctionnaires qui choisissent ça. C'est rassurant.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Par contre le niveau de financement par rapport au nombre de projets fait que beaucoup d'excellents projets ne vont pas pouvoir être financés. Ça c'est un des problèmes.
- Speaker #0
Et alors Vous... Vous l'avez dit, et je vais saisir ce bâton au vol, et je ne le fais jamais dans ce podcast, mais vraiment jamais, pour parler des mécènes. Parce que dans votre façon d'en parler, je suis rassurée sur un point pour travailler dans ce domaine-là depuis pas mal de temps. A chaque fois que je parle de mécénat d'entreprise, la plupart du temps, le public en face de moi répond « Ah, c'est pour se racheter une âme. A, c'est pour se donner bonne conscience. bon, on ne sait pas trop quoi dire c'est vrai qu'il y a un avantage fiscal mais si ça n'est que pour ça ça ne va pas très loin votre façon d'avancer et ce que je comprends à travers la répartition des fonds la provenance des fonds de soutien c'est qu'effectivement la partie mécène d'entreprise permet quand même d'avoir cette liberté de continuer des travaux de recherche qui sont quand même fondamentaux, on voit bien qu'ils sont d'intérêt général, et qui vont bien au-delà de, pour une entreprise quelconque, de se racheter une âme ou de se donner bonne conscience. C'est très important, le fait que les entreprises participent avec une donation régulière d'année en année, Ça veut dire aussi qu'elles ont conscience. de l'intérêt public, de l'intérêt général que cela apporte de soutenir une organisation comme la vôtre et d'autres institutions également. Mais en tout cas, est-ce que vous corroborez ça ou pas trop ? C'est-à-dire qu'en fait, les entreprises vous donnent parce qu'elles ne savent pas pourquoi elles donnent ou elles sont largement appliquées ?
- Speaker #1
Je crois que les entreprises, elles sont sollicitées de toutes parts.
- Speaker #0
Je vous confirme.
- Speaker #1
Ce que je vois avec beaucoup de plaisir, c'est que le mécénat s'étend. de la culture où il était très fort traditionnellement jusque maintenant dans les sciences, dans l'éducation et ça je crois que c'est très important que d'autres domaines puissent être soutenus je me félicite que l'Institut du Cerveau ait pu attirer tant de mécènes je crois qu'on en a parce que la thématique est importante mais aussi parce que l'Institut du Cerveau donne confiance et que nous donnons à voir aux mécènes ce qui se passe réellement dans l'Institut du Cerveau et qu'ils ont la possibilité de le visiter c'est de rencontrer des chercheurs.
- Speaker #0
Et de voir la qualité de la recherche, de toucher du doigt l'enthousiasme de tous nos jeunes chercheurs, c'est tout ça qui fait que le mécénat... C'est pas donné à une cause dont on voit pas exactement après comment elle se sert de cet argent. Là c'est très bien défini, mesurable et visible. Et puis je crois que la qualité des gens qui travaillent à l'Institut fait que... Voilà, ça rassure.
- Speaker #1
Parmi les mécènes, il y a les entreprises, il y a peut-être d'autres institutions aussi, il y a également le grand public. Je me permets de le dire parce que puisqu'on est sur un podcast... ouvert à toute audience possible c'est peut-être le moment aussi de faire un appel au don, je crois que si on comprend bien ce que vous faites le domaine dans lequel vous travaillez, la façon dont l'Institut du cerveau, excusez-moi j'emploie encore le présent alors que vous n'êtes plus à la tête de l'Institut mais vous êtes parmi les monuments de cette institution et je pense que vous le resterez même au-delà de votre statut d'ancien directeur euh L'appel au don et la générosité du public peut se faire également. Vous avez beaucoup de personnes, de particuliers qui donnent à l'Institut du cerveau. C'est quelle partie ?
- Speaker #0
Je crois qu'il y a plus de 100 000 donateurs, ce qui est une base assez large. Effectivement, j'en profite pour les remercier parce que je crois que sans eux, l'Institut serait... ne serait pas du tout ce qu'il est. Cette contribution supplémentaire au budget de l'Institut, elle est essentielle. Et je pense qu'aussi, il faut comprendre que la recherche a un temps long. Et donc, c'est un engagement des donateurs aussi dans le temps, que ce soit des mécènes d'entreprise ou autres, parce que, voilà, la recherche est... Et la bonne recherche en particulier qui pose des questions difficiles, elle nécessite pas mal de temps pour faire le tour d'un sujet.
- Speaker #1
En tout cas, c'est un sujet, comme je l'ai dit plusieurs fois... passionnant c'est un sujet qui peut effectivement je l'espère en tout cas déclencher ou créer des vocations parmi les jeunes qui peuvent nous écouter ou en tout cas pour on voit des parents qui souhaiteraient que leurs enfants s'y tentaient et que les parents puissent avoir encore le droit de donner leur avis sur la future vie d'un jeune mais c'est vrai que la recherche telle que vous l'avez exprimée donne très envie et surtout ce thème là qui reste encore complètement peut-être que je vais reprendre l'histoire des 10% peut-être qu'on ne sait pas combien on a exploré pour l'instant mais On a encore... porte tout un champ, et peut-être plus que 90%, sur le thème lui-même, pas sur le cerveau, puisqu'on ne sait pas exactement quel est le potentiel exact du cerveau. En tout cas, on a encore un terrain d'exploration qui mérite que beaucoup de jeunes s'y intéressent. Ma question finale, parce qu'on n'a pas eu le temps de parler de votre parcours, et je le regrette, et je vais vous inviter, si vous voulez bien, à un autre moment pour revenir dessus, parce que je pense que... C'est passionnant. Si vous deviez parler au jeune chercheur, si vous rencontriez le jeune chercheur que vous étiez il y a plusieurs dizaines d'années, qu'est-ce que vous lui diriez ?
- Speaker #0
Je lui dirais qu'on a besoin de lui, on a besoin de jeunes chercheurs, on a besoin de leurs idées, on a besoin de leur motivation. Clairement, on a beaucoup avancé ces dernières années, mais il y a encore des obstacles dont on n'a pas parlé. C'est quand même, comment est-ce qu'on traduit cette recherche en des applications pour les patients ? Là, il y a vraiment un gap. On n'arrive pas encore à combler efficacement. Je pense que toute la nouvelle génération va grâce à des idées nouvelles, à une autre façon de voir les problèmes, aux outils qui se développent. va réussir à lever certains des verrous. Donc je pense que pour eux, ça va être vraiment enthousiasmant. Donc venez.
- Speaker #1
Venez. Je n'ai pas envie de finir tout de suite. C'est difficile. J'ai quand même envie de ne pas vous laisser partir sans qu'on revienne sur vos 40 ans de vocation. De vous avoir en face de moi comme ça, c'est quand même extrêmement touchant. C'est très respectable, plus que respectable, d'avoir donné autant de temps à la recherche. Vous avez d'abord commencé en tant que médecin, et puis après vous vous êtes dirigé sur la recherche. Alors si on ne peut pas passer tout votre parcours en revue, comment est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Quelle est la bascule entre le moment où vous étiez médecin pour passer à la recherche ? Il y a quelque chose qui s'est passé quand même.
- Speaker #0
Ça s'est fait en même temps, et puis je ne suis pas du tout un cas isolé. Il faut se rendre compte que... je suis entouré de cliniciens chercheurs qui ont eu une formation médicale d'un côté et scientifique de l'autre, le plus souvent médecin d'abord et chercheur ensuite ou en parallèle quelquefois l'inverse d'ailleurs et non je trouve que ça n'a rien d'extraordinaire, par contre c'est quelque chose, c'est un modèle qui devrait se développer parce que je crois que les hôpitaux universitaires ont besoin de médecins chercheurs C'est essentiel. Donc je crois qu'il faut arriver à susciter de nouvelles vocations aussi, pas seulement de chercheurs, mais de médecins-chercheurs. De neurologues, en fait.
- Speaker #1
Vous avez commencé comme neurologue.
- Speaker #0
J'ai commencé comme neurologue. Et c'est quand même difficile parce que quand on est enseignant-chercheur, il faut faire de l'enseignement, il faut faire du soin, enfin quand on est médecin, et de la recherche. ça peut être trois plein temps.
- Speaker #1
Trois plein temps ?
- Speaker #0
Non, pas trois plein temps, mais en tout cas, il y a une compétition entre les différentes activités. Et je crois que pouvoir permettre à ces profils de ne pas être complètement inondés par la partie soins ou enseignement est très important pour la recherche. Et le clinicien-chercheur est un profil extra... extraordinairement nécessaire au développement des applications et de la recherche à l'interface donc ne perdons pas ça de vue et essayons de faire en sorte que la nouvelle génération soit aussi attirée par la recherche très bien,
- Speaker #1
écoutez professeur Royce, merci beaucoup d'être venu à ce micro, je vous dis à très bientôt parce que j'aimerais qu'on puisse aller un peu plus loin encore, regardez les gens. J'ai encore plein de questions à vous poser.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Maintenant que je connais le chemin, je reviendrai.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Merci.