- Speaker #0
Bienvenue sur les voies de Finare, le podcast qui donne la parole aux talents qui composent notre groupe. Derrière chaque projet, chaque réussite, il y a des femmes et des hommes engagés, passionnés et porteurs d'histoires inspirantes.
- Speaker #1
Ils souffrent, donc ils vont souffrir. Des bisounours. J'adore accoucher, j'accouche pas. Oser, oser, oser. Alléluia.
- Speaker #0
Topment 5.
- Speaker #1
Du fun, du fun, du fun, du fun. Voilà.
- Speaker #0
Vous êtes prêts ? Alors prenez une pause et plongez avec nous au cœur de leurs histoires. Aujourd'hui, à l'occasion de la semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées. Nous vous proposons un épisode spécial consacré à l'inclusion professionnelle. Comment se passe le recrutement, l'intégration, quels sont les défis, les réussites et les émotions ? Nous allons découvrir ensemble des parcours professionnels et personnels à travers le regard croisé de deux invités.
- Speaker #2
Donc moi je suis Mélina Legraud, la DRH Handicolle. Je suis dans l'entreprise depuis dix ans. Donc j'ai commencé en tant que chargée RH au site de Bordeaux. J'ai évolué en interne et aujourd'hui je manage une équipe de 13 personnes. qui va du recrutement, la formation, la paye, malheureusement le disciplinaire aussi, mais ça fait partie du poste de RH. Donc voilà pour ma présentation.
- Speaker #3
Moi c'est Laetitia Locherot, je suis téléconseillère sur la mission AMENTE. Je suis là depuis un peu plus d'un an, je suis arrivée en juillet 2024.
- Speaker #0
Mélina, qu'est-ce que l'inclusion représente pour toi en tant que DRH ?
- Speaker #2
L'inclusion, c'est un sujet qui est très important pour moi et c'est aussi pour ça que je travaille chez Handicol depuis dix ans. Ça va plus loin qu'une politique RH, comme on entend souvent sur les réseaux sociaux. C'est la conviction personnelle au fait que chaque personne, quel que soit son passé, ses origines, son parcours professionnel aussi, puisse apporter quelque chose de plus à l'entreprise. Et ça, c'est mon rôle en tant que DRH aujourd'hui, c'est de mettre des bonnes conditions pour que tout le monde puisse se sentir écouté. écoutée, légitime, puisse s'exprimer aussi et qu'on puisse découvrir de belles personnalités au sein de l'entreprise.
- Speaker #0
Vous mettez en place plein de choses, des pratiques, vous aidez vos collaborateurs. Est-ce que tu peux nous dire concrètement comment ça se traduit ?
- Speaker #2
Alors déjà, c'est sur tout notre processus de recrutement. Chez Handicol, on recrute sur des aptitudes. En France, on a un petit peu cette mauvaise habitude qui persiste à chercher le bon diplôme, la bonne expérience. Souvent on entend, bah oui super j'ai 25 ans, on me demande de l'expérience, mais au fait tant que j'ai pas commencé, j'en ai pas. Ou j'ai pas le bon diplôme, alors qu'au fait aujourd'hui je souhaite plutôt m'orienter sur tel périmètre. Chez Handicol on va vraiment chercher des aptitudes. Un bon savoir-être c'est plus important pour nous que le bon diplôme. Donc sur les aptitudes, c'est comment, quel est le parcours qu'a fait le collaborateur, qui peut être complètement différent que ce qu'on fait chez Handicol, une infirmière. typiquement rien à voir avec un poste de conseiller, on va trouver quand même des aptitudes, des compétences et également un bon savoir-être qui peut être intéressant dans l'entreprise au sein d'Handicoll. Ce processus de recrutement va sur tout ça. Il va sur des tests de recrutement différents et surtout des simulations téléphoniques pour voir ce que nous propose la personne. C'est dans le processus de recrutement qu'on se différencie principalement et après dans l'intégration. puisqu'on va faire une formation spécifique au métier. Et j'ai de très bons parcours en tête, où j'ai des personnes qui, encore une fois, n'avaient rien à voir avec le métier qu'on me propose, et qui sont d'excellents conseillers, qui ont pu évoluer en interne. Enfin voilà, ça c'est des beaux parcours au sein d'Handicol.
- Speaker #0
Quelles sont les étapes clés pour toi, pour garantir une bonne intégration justement, quand on vient de domaines complètement différents, et qu'on se retrouve chez Handicol ?
- Speaker #2
Alors il y a une base de formation, on va pas se mentir. maintenant Même si je fais une formation de cinq semaines sur des sujets spécifiques, la clé pour moi, c'est le manager. C'est l'accompagnement du manager sur le terrain. Parce que les formations restent quand même théoriques, même s'il y a un peu de pratique. Mais c'est comment le manager va accompagner le collaborateur, travailler les petits points spécifiques du collaborateur sur un appel, l'aider à se sentir à l'aise aussi. Parce qu'encore une fois, trois semaines de formation, premier appel, on panique. Ça, personne n'y échappe. Et donc, on a mis en place la formation, la pré-production. La pré-production, c'est je prends mes premiers appels, mais je suis accompagnée. J'ai un collègue, j'ai un manager, j'ai un animateur formation et qualité avec moi. Et je suis rassurée, en tout cas, un peu plus. Et après, je prends mes marques tout seul. Et là, c'est le rôle du manager qui va vraiment faire la différence.
- Speaker #0
Au niveau de toute la partie handicap, à quel moment tu l'intègres dans ton parcours d'intégration ?
- Speaker #2
Alors, c'est vrai que comme on est une entreprise adaptée, on a un accompagnement quand même particulier de France Travail. Le handicap chez nous n'est pas un sujet tabou. J'ai envie de te dire, presque 80% des collaborateurs nous parlent de leur handicap au moment du recrutement, ce qui aide à préparer l'intégration. parce que je vais te prendre cinq personnes. J'ai une personne qui va avoir besoin peut-être d'un outil spécifique sur les écrans pour pouvoir voir plus gros ou des choses comme ça. Une autre personne qui aura besoin de moyens mnémotechniques pendant la formation, ça peut être ça. Ou une personne où c'est plutôt physique avec un fauteuil adapté. Si tu ne le sais pas, tu ne peux pas le deviner. Et c'est ça qu'on essaie de mettre en place chez Handicoll. Entre guillemets, parler du handicap si la personne se sent suffisamment à l'aise. Parce que si on le sait, on travaille avec France Travail, avec la médecine du travail, avec l'ergonome et avec les équipes en place, les managers, les animateurs formation et qualité, pour essayer d'accompagner tout ça sur la prise de poste et la montée en compétence.
- Speaker #0
Tu disais que vous travaillez avec un ergonome, il est sur place ?
- Speaker #2
Non, il est extérieur à l'entreprise. Alors selon les sites, soit c'est un ergonome qui travaille directement avec la médecine du travail, soit c'est un ergonome que l'on paye en plus, mais qui est indispensable. Parce que le médecin du travail va faire une préconisation, un fauteuil, super. Moi, je peux te commander un fauteuil, mais il ne sera sûrement pas adapté à ta morphologie et à ton besoin. Et donc, quand l'ergonome intervient, il va prendre le temps d'échanger avec le salarié pour savoir exactement son besoin. Ils vont souvent même un petit peu plus sur le côté médical qui ne regarde pas forcément l'employeur. Et là, on a le bon fauteuil ou la bonne adaptation. Donc, c'est indispensable pour la prise de poste.
- Speaker #0
100% des collaborateurs ne sont pas atteints d'handicap chez Handicall ?
- Speaker #2
Non, tout à fait, on est plutôt à 65% aujourd'hui.
- Speaker #0
À quel moment on sensibilise tous les collaborateurs au handicap ? Est-ce qu'il y a un parcours particulier ?
- Speaker #2
Alors, ça peut parfois choquer quelques personnes. On a des modules de sensibilisation sur la discrimination, le handicap, on va dire des choses classiques, mais il n'y a pas une formation spécifique au handicap, et c'est un parti pris auquel j'y crois fortement. la personne qu'elle soit handicapée ou pas, elle peut faire les mêmes choses que tout le monde. La seule différence, c'est encore une fois dans l'accompagnement que l'on proposera. Donc on n'a pas voulu faire un parcours sur le handicap. Typiquement, certains managers, quand ils poussent le chien, nous disent « Est-ce qu'il y a des formations sur comment manager une personne en situation de handicap ? » Non, par contre, il y a une formation sur comment manager. Ça, oui. Mais pas « personne en situation de handicap » , parce qu'encore une fois, je prends cinq personnes en situation de handicap. Ce n'est pas cinq managements identiques, ce n'est pas cinq mêmes besoins. Ça peut être physique, ça peut être psychologique, ça peut être autre. Et ça, au fait, il n'y a pas de formation type. Donc c'est un parti pris qui étonne parfois, mais sur lequel je suis personnellement convaincue.
- Speaker #0
C'est une manière de voir les choses, mais c'est intéressant de voir comment ça fonctionne vraiment chez Handicall. Est-ce que tu as des exemples de parcours marquants ou de retours de collaborateurs ?
- Speaker #2
Oui, alors on en a plein en dix ans. Dans des exemples que je peux parler, j'ai une collaboratrice par exemple qui travaillait dans la restauration, rien à voir avec le métier de conseiller, qui était malheureusement, qui a passé trois ans à postuler à plusieurs offres et qui a été rejetée, si je peux le dire comme ça, sur certains processus de recrutement, donc qui arrive chez nous un petit peu dépité, en disant un énième entretien, est-ce que je vais être prise, voilà. Et finalement, elle fait tout le process de recrutement. Honnêtement, elle se foire la simulation téléphonique. Vraiment, c'était pas très bon. Mais avec une bonne volonté, avec une bonne analyse, une bonne autocritique, et on s'est dit au fait, ça se travaille. Ça se travaille, il y a quand même des choses qui sont intéressantes. On les a cherchées, pour être honnête. Mais il y a des choses qui sont intéressantes, et avec encore une fois une bonne formation et un bon accompagnement, on peut y arriver. Cette personne, elle est restée chez nous 4-5 ans à peu près de tête. Elle a évolué, elle est devenue référente sur le poste de conseillère. Ça, pour moi, ça montre que, encore une fois, le parcours n'avait rien à voir avec ce qu'on recherchait. L'entretien n'était peut-être pas parfait, mais elle avait envie. Et elle a vraiment mis en application, en fait, en continu, ce que les managers lui ont proposé. Et elle a fait 4-5 ans, elle a quitté l'entreprise parce qu'elle avait trouvé un poste mieux payé, plus près de chez elle, avec plus de responsabilités. J'estime qu'on a fait notre travail. C'est une sortie positive et c'est un très beau parcours.
- Speaker #0
Elle a pu évoluer aussi grâce à vous, grâce aux petits coups de pouce que vous lui avez donnés à une époque où personne ne le faisait.
- Speaker #2
C'est ça. Elle a même retrouvé la confiance de postuler. Parce que ce n'est pas nous qui lui avons trouvé un emploi demain. C'est qu'à un moment donné, elle avait aussi envie d'autre chose. Et ça se respecte aussi. Elle a postulé, elle a fait tout le processus de recrutement. Et elle a trouvé cet emploi qui lui correspondait mieux, avec plus de responsabilités et tout. Pour moi, c'est tout bénéfique.
- Speaker #0
C'est chouette.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #0
On parle d'exemples, mais on en a un avec nous aujourd'hui, donc Laetitia.
- Speaker #3
Oui, il y a des choses qui se recoupent.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux, toi, nous expliquer un peu ton parcours avant d'intégrer le groupe, peut-être ?
- Speaker #3
Alors, bon, rapidement, parce que moi, j'étais dans le secrétariat médical. Mais avant d'arriver, ça faisait quand même plusieurs mois que j'étais au chômage et que j'étais arrivée même à un point où je n'avais plus de droit aux indemnités. Donc, j'étais dans vraiment une situation d'urgence et de même désespoir. J'étais dans le secrétariat médical et j'ai vécu du harcèlement, vraiment de la maltraitance psychologique assez forte et violente, et des problèmes de santé qui n'ont rien à voir avec cette maltraitance, mais des problèmes de santé qui se sont rajoutés, une mise en invalidité et puis virée comme une malpropre, en plus dans le milieu médical, donc c'est un peu... Et donc, quand j'ai fait le processus de recrutement et que j'ai découvert Indycall, pour moi, c'était le monde des bisounours, en fait. Vraiment, je le disais sans arrêt d'ailleurs, c'est le monde des bisounours. À quel moment il va y avoir le revers de la médaille ? À quel moment je vais découvrir ? Mais non, je n'ai toujours pas découvert le revers.
- Speaker #2
Peut-être pas bisounours à 100% pour autant.
- Speaker #3
Peut-être pas à 100% bisounours, il faut être réaliste. Mais quand même, quand même, vraiment.
- Speaker #0
Mélina nous a expliqué un peu le parcours de recrutement, comment toi tu l'as vécu ?
- Speaker #3
Le parcours de recrutement, je l'ai trouvé quand même moi très long, mais parce que j'étais dans cette situation d'urgence et d'attente. J'ai commencé par une réunion d'information, c'était en février 2024, et j'ai embauché au 1er juillet 2024. Donc pour moi, c'était très long, toutes ces étapes. Et en plus, je n'y croyais pas. À chaque fois, je me disais, non, ils ne vont pas me choisir, ce n'est pas possible. Enfin, voilà. Donc pendant toute cette période, pour moi c'était long et quand même souffrant, difficile.
- Speaker #0
Après ta situation faisait que ça devenait encore plus difficile.
- Speaker #3
C'est ça, c'était surtout en rapport avec ma situation.
- Speaker #2
Juste en précision sur les sessions d'information, on fait ça régulièrement pour présenter l'entreprise parce que souvent les gens au bout d'un moment ne savent plus où postuler, ne connaissent pas le métier de conseiller ou ont une image aussi assez négative du poste de conseiller. Donc c'est un moyen de présenter l'entreprise et de compléter avec des stages qu'on appelle PMSMP, qui durent 2-3 jours pour faire de la double écoute et découvrir le métier. On pourrait en parler pendant des heures, mais au final, le meilleur moyen de savoir si on a envie de faire ce métier, c'est de le découvrir par soi-même. Et donc c'est vrai que si la session d'information était en février, dans ton cas Laetitia, mais qu'on a eu un besoin de recrutement en juillet, pour certains collaborateurs, c'est effectivement long. Mais nécessaire pour d'autres personnes, en tout cas, parce qu'ils découvrent un métier et se laissent le temps de réflexion aussi. Donc, ça dépend de chacun, mais c'est vrai que ça peut être long.
- Speaker #0
C'est vrai que si moi, je devais postuler, je ne sais pas exactement la fiche de poste. Je ne sais pas comment m'y prendre finalement.
- Speaker #2
Et puis, même si on t'explique le poste de conseiller, tu vas nous dire oui, par politesse. Maintenant, il faut être derrière un casque. Il faut voir aussi la typologie de client avec qui on travaille. Appel entrant, appel sortant, back office, et quoi les différences ? À un moment donné, il n'y a rien de mieux que de faire son propre avis et d'être sous le casque et de voir. Donc les PMSMP, c'est un impératif chez nous dans le processus de recrutement. Et pour le coup, on voit une belle différence sur le taux d'intégration.
- Speaker #0
Vous avez commencé sans peut-être et vous l'avez intégré ? Oui,
- Speaker #2
au tout début, on ne faisait pas forcément de PMSMP ou c'était à la demande de quelques collaborateurs. Et puis au final, on se dit, les gens font tout le processus de recrutement, ça prend du temps quand même. Il y a de l'espoir derrière. Ils intègrent l'entreprise. Ils font trois semaines de formation et ils arrivent sur le plateau. Et pour certains collaborateurs, ça ne correspond pas à ce qu'ils veulent. Ce qui s'entend aussi, d'être en open space, de passer 7 heures en appel. D'autres se sont fait une image très négative de la réputation du métier de conseiller. Puis finalement, ils se disent, mais en fait, c'est plutôt sympa, il y a une bonne ambiance. Alors oui, tous les appels ne sont pas faciles. Il ne faut pas non plus croire que tout est beau, tout est merveilleux. Mais ils se font leur propre avis et vraiment, on voit notre taux d'intégration évoluer.
- Speaker #0
Et donc Laetitia, maintenant qu'on a vu un peu ton process de recrutement, est-ce que tu peux nous expliquer un peu ton intégration ? Est-ce que ça s'est bien passé ? Est-ce que celle-ci, elle, elle a duré longtemps ?
- Speaker #3
Non, là, tout de suite, moi, je me suis sentie vraiment accueillie. Comme je disais, j'avais l'impression d'être au monde des bison-ours. Même le premier jour, on avait les croissants. Toujours,
- Speaker #2
le petit déjeuner d'intégration, c'est important.
- Speaker #3
Et puis on commence avec la formation, donc la formation déjà sur le métier de téléconseiller de manière générale et après on est plus, voilà, vraiment la formation liée à la mission en elle-même. Donc la première semaine, elle se déroule assez... facilement. Cette intégration elle se fait même surtout je vais dire au niveau de l'environnement, au niveau des autres collaborateurs et vraiment je me suis sentie tout de suite accueillie. Je sentais que ma place pouvait être là et on discute, on rencontre les gens, il y a vraiment cette ouverture que j'avais très peu connue par le passé et pourtant je ne suis pas un bébé. Je l'avais très peu connue, vraiment, aucun jugement. On ne sent pas de jugement, on se sent tout de suite bien. Et puis après, on rentre dans le vif du sujet. C'est vrai que la formation, elle est quand même assez intense. Il faut s'accrocher. Il y a des moments de down et de doute, de grands doutes. On se dit qu'on ne va pas y arriver. Et quand on est mis sur le plateau, on transpire.
- Speaker #2
Petit coup de stress, toujours.
- Speaker #3
Petit coup de stress sous le casque. Mais comme Mélina le disait, on n'est pas seul. Et on est vraiment très, très, très bien accompagnés et encouragés. Il y a des choses qui sont mises en place. Et moi, j'ai vraiment été... Ça a été progressif. Et j'ai eu l'impression de partir de loin. J'avais très, très peu confiance en moi. Beaucoup, beaucoup de... peur. Et puis petit à petit, petit à petit, ça se détend. Et puis finalement, on se découvre et on développe ses capacités. On prend confiance en soi petit à petit.
- Speaker #0
On ne peut pas souhaiter mieux quand on arrive dans une entreprise. C'est vrai que rejoindre une entreprise bienveillante où on se sent à l'aise, ce n'est pas toujours facile. Ce n'est pas partout. C'est vrai que c'est fou. Quand on passe d'une situation très difficile à cet environnement-là.
- Speaker #3
C'est pour ça que je disais qu'au début, je n'y croyais pas trop. Je me disais, il est où le piège ?
- Speaker #0
Ça va retomber, on va retomber dessus à un moment.
- Speaker #3
C'est ça.
- Speaker #0
Et est-ce que tu es à l'aise de parler de ta situation de handicap ou pas du tout ?
- Speaker #3
Si, maintenant justement, Handicol m'a permis de faire un travail même personnel en fait, par rapport à ça, parce que j'en avais... J'avais beaucoup de honte en fait par rapport à mes problèmes de santé, les problèmes de moteur suite à beaucoup d'interventions chirurgicales. Et puis un problème majeur pour le métier téléconseiller quand même, c'est que je souffre de migraines chroniques quasi quotidiennes. Ça c'est assez lourd et j'avoue que quand même ce n'est pas l'idéal comme métier. Mais en même temps comme il y a aussi les pathologies physiques motrices. Je suis un peu limitée dans ce qui est possible de faire pour trouver du travail. Mais ce qui est intéressant justement chez Handicol, c'est que j'ai appris moi à m'ouvrir un peu par rapport à ça, à en parler davantage, à ne pas me sentir jugée ou minable. à trouver des solutions. Déjà au niveau moteur, il y a le fauteuil. On ne me juge pas si je marche en boitant. Ça paraît idiot, mais j'ai connu ça. Peu importe, je n'ai plus honte de me déplacer devant les gens parce que mon boitement peut être léger et ne pas être perçu. Et à d'autres moments, oui. Et donc on va me dire, tu boites. tu t'es fait mal et avant c'était pour moi compliqué de devoir dire non j'ai un handicap et donc aujourd'hui c'est comme ça mais là maintenant j'ai plus cette gêne déjà d'un point de vue personnel et puis après je sais que par exemple si j'ai une grosse crise de migraine je peux aller voir ma responsable et puis je peux aller m'allonger un moment et il y a un lieu qui est prévu pour Et puis voilà, si besoin, je peux aller le dire. Je peux aller manifester le mal-être. Et quelque chose peut être fait.
- Speaker #0
Tu peux vraiment vivre pleinement ton activité professionnelle tout en restant bien dans ton corps.
- Speaker #3
C'est ça. Ça va mieux parce que je pars de très loin. Mais en même temps, j'en parle et je suis mal à l'aise quand même. Il faut laisser le temps. C'est pas fini, le boulot. Il y a encore du boulot.
- Speaker #0
Tu disais que tu étais là depuis un peu plus d'un an.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #0
C'est quand même déjà en un an, c'est énorme de réussir à faire ça.
- Speaker #2
En petite anecdote, quand je suis arrivée dans l'entreprise, donc pareil, j'avais une méconnaissance du handicap en général. Je pense que je devais avoir deux ou trois jours de poste. 26 ans, j'arrive, trois jours de poste, et puis je vais pour serrer la main à un collaborateur, du coup bonjour, et qui me dit non, en fait, ce collaborateur avait trois doigts et une main, il me dit non, non, mais moi je ne serre pas la main, mais tape-moi en cinq. Voilà, moi je n'ai pas osé rire au début, je me disais non, non, je ne me permettrais pas, j'étais très mal à l'aise, et au fait c'est là où je me suis rendue compte que ce n'est pas un tabou, parce que les gens se sentent suffisamment à l'aise. J'ai plein de petites histoires comme ça où je me dis, en fait, on en fait toute une histoire. Mais comme les gens se sentent à l'aise, c'est devenu presque une touche d'humour au sein d'Andy Cole, un collaborateur en fauteuil roulant, il y a quelques années de ça aussi. Mais je passe derrière, je fais attention, je vais te marcher dessus. Il me dit, ah non, ça ne risque pas, moi, je te roule dessus. Voilà, c'est des petites anecdotes, mais qui, moi, continuent de me faire sourire. Et je me dis, bravo et merci pour cette touche d'humour, parce qu'en fait, les gens se sentent libres d'en parler.
- Speaker #0
Comment voyez-vous l'évolution de l'inclusion dans le monde du travail ? Qu'est-ce que vous pourriez y ajouter ou modifier si vous aviez tous les droits aujourd'hui ?
- Speaker #2
Pour ma part, je pense qu'on peut aller bien plus loin sur l'inclusion. C'est vrai que nous, on parle d'inclusion avec le handicap, mais il y a plein d'autres formes d'inclusion. Aujourd'hui, sur le marché du travail, on entend que les personnes qui cherchent une entreprise, ou notamment les jeunes générations, quelle que soit la lettre qu'on leur donne... cherche une entreprise qui a du sens, qui soit engagée, qui soit cohérente et tout. Et je pense que l'inclusion, c'est clairement un levier d'attractivité pour les entreprises. Et j'irais même plus loin en disant que ça peut être même un mode d'innovation. Là, nous, on parle du handicap. On a de plus en plus d'entreprises qui vont aussi sur les repris de justice. C'est aussi un autre parcours d'intégration ou autre. Également, tout ce qui est... Alors, je n'ai jamais toutes les lettres, malheureusement, mais LGBT... TQIA+, je pense que j'en oublie aucune. Enfin voilà, il y a plein de choses à faire de personnes qui se sentent malheureusement exclues aujourd'hui dans le monde du travail pour différentes raisons et qui ne trouvent pas leur place. Donc en tant qu'RH, en tout cas, chez Handicol ou dans d'autres structures, on a plein de choses à faire et je pense qu'on est attendus là-dessus.
- Speaker #3
Moi, je pense qu'il y a quand même du travail à faire dans ces sociétals. Je trouve que... Alors... C'est peut-être parce que c'est une bataille d'extrême actuellement. On a du très très beau, comme Anticole, et puis certains jeunes qui vont justement se battre pour l'égalité des chances, mais à tout point de vue, parce que je pensais même à la discrimination physique ou liée à l'âge. Parce que moi, dans ma peur de ne pas être embauchée, il y avait l'âge aussi. J'ai 50 ans, ça commence à se voir.
- Speaker #2
Tu es considérée comme senior sur le marché du travail, déjà.
- Speaker #3
Je suis considérée comme senior, ça fait mal. C'est ça. Et ça, c'est aussi discriminatoire. La couleur de peau, les problèmes de poids, plein de choses, plein, plein de choses. Les cheveux, ça peut être lié à plein de choses. Comment on s'habille. Et ce qu'on voit ici à Handicoll, c'est justement qu'il y a tout type de personnes et qu'on est tous... C'est vraiment inclusif, on est tous liés de la même manière. Il n'y a aucun jugement à tout point de vue. Et ça, ce serait magnifique que ça se développe dans la société. Mais je pense qu'il y a du travail.
- Speaker #2
Du travail de tous les côtés.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #3
il faut espérer pour les jeunes.
- Speaker #2
Surtout qu'ils recherchent ça.
- Speaker #3
Vraiment,
- Speaker #2
c'est très marqué aujourd'hui. Les entreprises ont tout intérêt à faire ce travail-là. Alors entreprises et d'autres personnes aussi dans la société, mais déjà au niveau de l'entreprise, ça pourrait aider.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez des souvenirs marquants à partager ou des anecdotes ?
- Speaker #2
Je retiens surtout des personnes qui ont fait un beau parcours chez nous et qui ont pu rebondir sur un autre métier ou en termes de responsabilité. Et là vraiment, c'est ce qui me satisfait le plus. Alors aussi étrange parce qu'on se dit, c'est bizarre, une RH qui veut déjà que les gens y partent. Alors, ce n'est pas mon but, rester chez nous, il n'y a pas de souci. Mais quand c'est pour trouver autre chose, voir une évolution, voir les gens qui ont retrouvé confiance en eux pour repostuler, rentrer dans un processus de recrutement, clairement, moi, c'est ce qui me satisfait au quotidien.
- Speaker #3
Pas d'anecdotes particulières, mais par contre, ce que je trouvais important de dire aussi, c'est tout bête, mais quand on arrive le matin... On a sur Teams la page du jour où on nous annonce un peu la directivité, l'ordre du jour, on va dire. Il y a toujours des mots positifs, encourageants de la part des managers. Ils sont vraiment impliqués, mais c'est de manière positive. Je ne sais pas comment expliquer, mais il y a de l'encouragement, il y a de la motivation, il y a beaucoup d'empathie. Si on a un souci, en fait, c'est ça, c'est que si on a un souci, on peut aller en parler, quel qu'il soit. Et il y a des solutions, on cherche des solutions. On ne va pas nous dire, tant pis pour toi, fais ton boulot. Je ne sais pas comment dire les choses. Mais il y a une recherche de solutions. Et c'est toujours positif et bienveillant. Et on a des super managers. C'est ça que je voulais dire surtout.
- Speaker #2
Mais tu as raison, c'est ce que je disais au début. La clé de la bonne intégration et du succès de tout ça, ce sont les managers. Alors, ils ont un parcours de formation sur le management, comme je disais, au sens large. Mais après, ils sont recrutés aussi sur ce savoir-être. Alors, ils ne peuvent pas traiter tous les sujets. Ils ne sont pas psychologues du travail, ils ne sont pas assistantes sociales. À un moment donné, même s'ils voudraient aider, ils ne peuvent pas. Par contre, à côté de ça, ils ont cette volonté de vraiment fournir des bonnes conditions de travail à tous les collaborateurs et de faire en sorte au fait que les gens évoluent et se sentent bien. C'est vraiment la clé. Sinon, tu peux faire toutes les formations que tu veux. Toutes les animations que tu veux, si le manager à un moment donné au quotidien n'applique pas tout ça, on n'en serait pas là aujourd'hui. Donc je suis assez d'accord avec toi, les managers, par des petits mots, par de l'accompagnement, sont la différence.
- Speaker #3
En fait, ça motive, ça donne confiance en soi. Et puis bien sûr que c'est plus productif. C'est-à-dire que plus j'ai confiance en moi, plus je vais réussir à tenir mes chiffres et puis à faire bien mon travail de téléconseillère. Ça va vers le haut.
- Speaker #0
Vous êtes une équipe, donc c'est une vraie collaboration.
- Speaker #3
Et en fait, ça devrait être partout pareil. Mais malheureusement, ce n'est pas le cas.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez un dernier mot pour les entreprises qui hésitent à recruter autrement ?
- Speaker #2
Dans ce cas-là, pour moi, ce serait de dire oser. Parce qu'on passe à côté de beaux parcours. Encore une fois, le bon diplôme, la bonne expérience sur le CV, c'est parfait. Mais au final, si on est tous formatés de la même manière, on n'a pas des équipes aussi enrichissantes ou de belles surprises parfois derrière. Donc, oser, oser recruter différemment, ouvrir un petit peu le champ des possibles sur les critères idéaux, j'ai envie de dire, dans le processus de recrutement. Parce qu'il y a plein d'autres choses à découvrir et je trouve qu'au sein d'une équipe, encore une fois, je prends dix personnes, dix parcours différents, dix savoir-être différents, dix topissimes à gérer au quotidien. Donc oser.
- Speaker #0
Laetitia, tu as peut-être un mot à dire aux personnes qui hésitent à postuler chez Handicall ou chez des entreprises qui recrutent autrement ?
- Speaker #3
Oui, qu'il faut oser aussi. Et puis, en fait, se laisser peut-être surprendre positivement. Continuer d'y croire.
- Speaker #0
Merci Mélina, Laetitia pour ce moment. Finalement, vous nous rappelez que l'inclusion, ce n'est pas une case à cocher, c'est une dynamique humaine portée par des convictions et des actions concrètes. Merci à vous qui nous écoutez. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode des Voix de Finari.