- Speaker #0
Je suis Marie-Oziel Lafontaine, activatrice du génie au féminin. Chaque jour, j'accompagne les femmes à révéler leurs trésors cachés pour vivre la vie qu'elles méritent. Dans ce podcast,
- Speaker #1
j'invite des femmes qui ont osé s'affranchir des dictates pour trouver leur juste place. Bienvenue dans le podcast « Ose là, les voix qui osent » . Bonne écoute !
- Speaker #0
Bonjour Fanny, bienvenue dans le podcast Les Voix qui Osent, le podcast des femmes qui osent, de celles qui osent tracer leur propre voie de réussite et je crois que c'est ce que tu as fait.
- Speaker #1
J'ai fait de mon mieux.
- Speaker #0
Tu as fait de ton mieux,
- Speaker #1
c'est déjà pas mal.
- Speaker #0
Tout à fait. Fanny, pour ceux et celles qui ne te connaissent pas, tu es martiniquaise, tu es née loin de chez nous, tu es née en Franche-Comté, mais tu es arrivée en Martinique à l'âge de 6 ans lors du grand déménagement, marquant pour toi, puisque tu avais grandi en Franche-Comté donc et que tu es arrivé en Martinique petite fille à l'école. Et puis finalement, tu as continué ta scolarité, en grande partie en tout cas, en Martinique. Et puis tu t'es envolée pour Paris après ton bac et pour la France hexagonale pour suivre des études de journaliste. Parce que dès l'âge de 9 ans, tu t'étais dit « moi plus grande, je serai journaliste » .
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ce que tu as réussi, donc après tes études de journalisme, tu es officier à RFI à Paris, en Guyane, puis en Martinique à TV et RCI. Et puis aujourd'hui, tu es journaliste à Europe 1 où tu es en charge du journal de la matinale. Tu te lèves donc très très tôt le matin pour... La nuit, voilà ! Pour diffuser les informations en France hexagonale. Mais tu n'oublies pas ta Martinique chérie, tu reviens régulièrement. Et donc aujourd'hui, tu es là avec nous et je t'en remercie.
- Speaker #1
Merci à toi de m'inviter. Ça me fait plaisir. Merci à toi pour ce CV que tu connais sur le bout des doigts mieux que moi même. C'est génial.
- Speaker #0
Et je ne l'ai pas dit, tu es aussi maman d'un petit garçon qui aura 9 ans cette année et qui est très attaché lui aussi à Saint-Martinique-Chiric, si j'ai bien compris. Ça c'est sûr. Avant de commencer, on a un petit rituel dans le podcast Les Voix qui osent, c'est le rituel Descartes. et de laisser ta main parcourir le dessus des cartes et de t'arrêter simplement quand tu le sens.
- Speaker #1
Ah, je n'arrive pas à l'attraper. Là y est, j'en ai une.
- Speaker #0
Tu peux ouvrir les yeux et regarder l'illustration et nous dire un petit peu ce qu'elle te dit.
- Speaker #1
Elle a l'air de bien prendre la tête. Elle a l'air de s'arracher les cheveux. Elle a la main dans les cheveux. Elle a vraiment l'air de se dire « Je ne vais pas y arriver, ce n'est pas possible. Comment je vais sortir de là ? » Ça m'amuse bien ça. Il écrit un truc qui est écrit « Il était une fois » . il faut croire qu'elle est en train d'écrire quelque chose et qu'elle se gratte la tête pour essayer de savoir comment elle va écrire ce truc tu peux la retourner,
- Speaker #0
voilà et la lire du coup à te voir ta responsabilité,
- Speaker #1
être, ancrage, désillusion doute, une part de toi est en colère celle qui a mis sa vie sur les épaules de l'autre sans même le lui demander cette même partie de toi qui a été déçue humiliée car elle rêvait d'un beau conte de fées, mais les contes de fées n'existent que si chacun prend ses responsabilités
- Speaker #0
Est-ce qu'elle te parle, cette carte ? Est-ce qu'elle fait écho à quelque chose pour toi ? Qu'est-ce qu'elle te dit ?
- Speaker #1
Elle me dit que dans la vie on n'a pas toujours ce qu'on veut. Qu'on peut rêver sa vie mais que parfois les rêves ne sont pas ce qu'on attendait ou parfois tout simplement ils n'arrivent pas. Elle me dit aussi qu'il faut se donner les moyens d'y arriver. Et que c'est vrai qu'on fait souvent face à des désillusions, qu'on fait souvent face à des déceptions. Mais moi, je crois que le tout, c'est de savoir se relever. Et que c'est ça le plus difficile. Parce qu'il faut savoir prendre suffisamment de recul pour se dire « bon ok, ça j'ai pas pu y arriver. J'en ai rêvé toute ma vie, je le voulais à fond, je l'ai espéré, ça marche pas. Tant pis, j'ai réussi d'autres choses dont je rêvais et que j'ai réussi à obtenir. J'ai réussi d'autres choses auxquelles je ne m'attendais pas et qui finalement sont un beau cadeau. Et donc j'arriverai aussi à faire d'autres choses auxquelles je ne m'attendais pas ou faire ce que je voulais mais différemment. » ou faire ce que je voulais, mais mieux que je l'espérais. Et qu'en fait, la vie est une surprise permanente. Et c'est vrai qu'on va faire face à des désillusions et des doutes, évidemment. Moi, j'en ai tous les jours des doutes. Mais je m'accroche à mes certitudes. Et au moins avec ça, je suis sûre d'avancer un petit peu.
- Speaker #0
En parlant de rêve, quand tu étais petite, tu rêvais d'être Sidney Fox, l'aventurière, l'archéologue, la recherche de trésors cachés. Est-ce qu'aujourd'hui, tu dirais que quelque part... tu as accompli quelque chose qui ressemblerait justement à cette quête de cette aventurière.
- Speaker #1
Quand j'ai compris que chercheuse de trésors, ce n'était pas tout à fait un métier. Ou en tout cas, peut-être pas fait pour moi parce que je ne savais pas me bastonner comme Sidney Fox. Elle, elle fait la bagarre et tout. Moi, je ne sais pas faire ça. Et quand j'ai compris tout ça, je me suis dit bon ben, peut-être que je peux être une Sidney Fox autrement. Donc mon idée de départ quand je voulais être journaliste, c'était d'être sur le terrain, d'aller avec un sac à dos partout. Je voulais bosser pour National Geographic, je voulais faire le tour du monde. Je voulais aller chercher des populations improbables qui sont... dans leur coin, qui ont eu peu de contact avec la civilisation. Je voulais vraiment voyager partout et c'était ce que j'espérais. Ce n'est pas du tout ce que je fais. Il y a plusieurs moments dans ma carrière où ça m'a manqué, où je me suis dit que j'aurais voulu vraiment renouer avec ce désir initial dans ce métier. Il s'avère que les opportunités ont fait qu'on m'a trouvée meilleure dans ce que je fais aujourd'hui, à savoir présenter des journaux, présenter des émissions, présenter des infos, plutôt que d'aller sur le terrain. Pas tant forcément que j'étais moins bonne sur le terrain, mais j'étais bonne à cet exercice-là. On avait besoin de monde là, donc j'étais là. Donc les choses se sont faites comme ça et parfois il faut aussi les accepter comme elles se font. Savoir se satisfaire des opportunités qu'on nous offre, des portes qu'on nous ouvre. Moi je suis très contente de ce que je fais au quotidien, donc quelque part c'est aussi mon aventure à moi. Et en dehors de ça, j'essaye de faire des choses qui me galvanisent. Et qui me font cet effet Sidney Fox d'avoir l'impression, à défaut de trouver des trésors, de créer des trésors, de faire des choses qui me parlent à moi, qui sont mes trésors à moi et dont je suis fière. J'ai fait un enfant, j'en suis fière. J'ai une vie de famille dont je suis fière. Je fais des choses qui me rendent fière et heureuse. Peut-être autant, je veux croire, que Sidney Fox quand elle trouve ses trésors.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, tu es journaliste, donc le rêve que tu avais formulé petite. Qu'est-ce que tu y trouves ? Pourquoi ça te... te plaît ? Pourquoi c'est important pour toi ? Qu'est-ce que tu aimes dans ce métier ?
- Speaker #1
Quand j'ai commencé, je me suis très vite rendue compte que chaque jour serait différent. Il n'y a pas de vraie routine dans ce métier. Alors plus c'est plus encore vrai quand on est sur le terrain mais c'est aussi très vrai quand on est à l'antenne parce que les infos se réinventent tous les jours et parce que même si une info parfois dure dans le temps et devient presque une série avec des épisodes et des rebondissements, il y a tous les jours quelque chose de neuf à raconter, quelque chose de neuf à apporter. Il faut se réinventer dans l'écriture aussi. Moi, j'aime beaucoup écrire. Vraiment, ce qui me plaisait le plus dans ce métier, c'était écrire et parler. Et du coup, tous les matins, je raconte les infos aux gens, je les accompagne dans leur réveil. C'est un moment privilégié de la journée quand même d'accompagner les gens à leur réveil. On n'est pas dans le lit de tout le monde tous les jours. En tout cas, pas moi. Mais c'est vrai que c'est un moment important de la journée. C'est le moment décisif pour la suite de la journée. Je sais que parfois, j'apporte aux gens des nouvelles qu'ils n'avaient pas forcément envie d'entendre ou qui ne les rendent pas très heureux. Et c'est normal, c'est le jeu. Quand on allume les infos, on ne sait pas trop ce qui nous attend. On peut avoir des belles infos en fin de journal. J'aime beaucoup donner des infos plus légères, le sport, la culture, des choses qui font du bien au cœur et à l'âme. Mais c'est important aussi de savoir comment se construit le monde, ce qui se passe dedans au quotidien. Ça permet aux gens d'avoir une meilleure appréhension de ce qui les attend dans leur journée, dans leur avenir. On joue mine de rien un rôle important. quand j'étais à TV, je me souviens à la télévision, j'arrivais dans le salon des gens tous les soirs et quand j'en croisais ensuite en faisant les courses ou en me promenant dans la rue les retours qu'on a cette proximité qu'on a avec le public c'est chaleureux c'est des gens qui viennent vous dire j'ai l'impression de vous connaître et c'est rigolo parce que nous on n'a pas le même rapport, on est debout devant une boîte avec un prompteur c'est pas la même chose Mais c'est un rapport avec le public qui est sympa. Quand ils viennent nous saluer, c'est toujours agréable parce qu'on se rend compte de qui est de l'autre côté qu'on n'a pas vu. Et donc il y a cette proximité avec le public, il y a cette utilité publique qu'on a et qui est importante. Et moi j'aime ce métier pour me réinventer tous les jours, pour accompagner les gens, pour avoir le sentiment d'être utile. Je crois que être utile c'est vraiment un truc capital chez moi. Quand je suis là et que je fais rien et que j'ai l'impression de servir à rien, ça m'angoisse. Je ne suis pas bien. Donc là, ça va. J'ai trouvé un métier où je me sens efficace.
- Speaker #0
Et quand tu arrives à Europe 1, mais aussi à RCI ou à TV ou quand tu as démarré à RFI, tu avais ce sentiment ? D'être à la hauteur, est-ce que tu avais des craintes ? Comment ça se passait à chaque fois ces nouveaux challenges ? Et si tu avais des doutes, comment tu faisais pour relever les challenges ?
- Speaker #1
Je me suis toujours laissée porter par le vent. Tous mes boulots sont arrivés sans forcément que je les cherche, sauf peut-être en Guyane à TG où j'avais postulé et à partir de là, tout s'est enchaîné un peu tout seul. On est venu me proposer des trucs et j'ai dit ok. Moi-même, je ne sais pas trop comment ça s'est fait. Mais bon, il se passe des choses un peu mystiques parfois qui font que le vent souffle dans le bon sens et vous ouvre des portes sans que vous ayez essayé de frapper même l'espace d'un instant. Donc tant mieux. Mais bien sûr que j'étais terrifiée à chaque fois. Et je crois que je dis souvent à mon fils quand il a peur de quelque chose, je lui explique qu'avoir peur, ce n'est pas un problème. C'est surmonter sa peur qui est important. Le courage, ce n'est pas l'absence de peur. Le courage, c'est d'aller au devant de ce qui nous terrifie. Et donc, je suis allée au-devant. Ma foi, une fois qu'on y est, à part foncer ? On ne va pas dire « Ah, maintenant, je ne peux pas » . Quand je suis arrivée à Europe 1, j'avais bien le sentiment de passer un step supplémentaire, de monter une marche. Je craignais qu'elle soit trop haute pour moi. Je regardais la marche en me disant « C'est quand même vachement haut. Je n'ai pas fait alpinisme au bac. »
- Speaker #0
C'était ça comment tu t'es préparée ?
- Speaker #1
Parce que vraiment, je vais réussir à monter cette marche. Ce n'était pas simple, d'autant que vous arrivez dans un univers qui est complètement différent. Quand on passe d'ATV à RCI, par exemple, On est sur le même territoire, sur les mêmes infos, on est sur du local, on connaît tout ça. Moi quand j'arrive à Paris, déjà j'ai fait le grand écart de 8000 kilomètres et puis ensuite voilà j'ai cette marche à monter qui est énorme, je sais pas trop ce qui m'attend et puis dès le départ on se retrouve avec une équipe qui elle-même est neuve où tout le monde a besoin aussi de trouver sa place, donc il faut exister. C'est un défi à la fois de femmes, c'est un défi d'ultramarine parce qu'on a fait du chemin. C'est un défi professionnel de journaliste parce qu'il faut prouver ce qu'on vaut. Ça n'a pas toujours été simple. J'avais des collègues très exigeants. J'avais une direction qui attendait aussi beaucoup de moi et qui a été très bienveillante, mais qui attendait beaucoup de moi. Donc il y avait un challenge qui était quand même énorme pour moi. Et je me suis dit, je ne suis pas venue là pour ni me faire ridiculiser, ni repartir la queue entre les jambes. Je ne peux pas. Je n'ai pas droit à l'erreur. Donc de toute façon, on y va. Maintenant qu'on est là, on ne va pas leur dire finalement non. je rentre chez moi, c'est mieux. Maintenant que je suis là, boipounou allez ! Et donc j'y suis allée et en fait j'ai probablement fait des erreurs mais on m'a accompagnée on m'a dit ça t'as fait comme si c'était peut-être mieux comme ça et puis petit à petit au fur et à mesure on progresse, on comprend ce qu'on nous dit on comprend les reproches qu'on nous formule il faut accepter d'ailleurs d'entendre qu'on ne sait pas tout qu'on n'a pas tout appris et que même si ça fait 10 ans que je fais ce métier, qu'on vient de m'expliquer que je ne le fais pas tout à fait bien bon ben ok... Ça demande une vraie question. Il faut encaisser parce que c'est nous dire, tu n'es pas si génial que ça. Oui, bon, je savais que je n'étais pas extraordinaire, mais j'avais quand même l'impression de faire mon travail correctement. Et on vient nous expliquer que ce que tu penses être correct, tu peux faire mieux que ça. Ce n'est pas que tu es mauvaise, mais c'est que tu peux faire mieux que ça. Donc fais mieux. Et tous les jours, c'est fais mieux, Et j'ai appris énormément. Donc je suis contente d'être allée faire ce challenge parce que ça m'a permis de vraiment ne pas faire... mieux, tout simplement. Évoluer encore dans mon métier, c'est la preuve qu'on n'a jamais fini d'apprendre. C'est la preuve qu'il faut savoir se remettre en question, qu'il faut accepter les critiques quand elles sont constructives et tout en ne se léchant pas marcher sur les pieds parce qu'il faut quand même toujours imposer son respect. Ça demande un petit peu de bagarre, mais c'était important, c'était utile et je me sens moins grandie de cette expérience-là. Donc ce sera à refaire, je recommencerai.
- Speaker #0
Et au cours de ta carrière, tu as souvent dû justement t'imposer en tant que femme, te dire tiens là on va soit me freiner ou pas forcément me prendre au sérieux, il va falloir que je m'affirme, que je m'impose ?
- Speaker #1
Ça m'est arrivé. Je me souviens d'un directeur dans une des entreprises où j'ai travaillé qui avait tendance à tantôt me faire des avances, tantôt me regarder de travers, tantôt mal me parler. et qui adorait qu'on lui tienne tête. C'était très bizarre. Il a fallu que moi, j'apprenne à la fois à lui tenir tête, mais sans lui faire plaisir. Parce que c'était quand même particulier. Et il fallait trouver le bon équilibre. Et aussi désagréable soit cette expérience, quelque part elle m'a servi après à progresser et à être plus en capacité de m'affirmer. Mais je n'ai pas eu énormément ce genre de difficultés. J'ai eu quand même cette chance. Après, je suis quelqu'un aussi, moi, peut-être... Je ne suis pas extrêmement rigide comme femme. Je suis assez flex. Donc du coup, je peux m'adapter à mon interlocuteur. Mais c'est surtout que j'accepte la blague, j'accepte le second degré. J'ai eu des collègues qui étaient beaucoup plus rigides que ça et qui ne toléraient rien, qui ne toléraient aucune blague déplacée, etc. Je sais quand j'évolue dans un milieu avec peut-être beaucoup d'hommes autour de moi qu'il faut être plutôt flexible et presque masculine parfois dans le rapport. Donc je suis assez ouverte dans la discussion. Mais par contre, il y a toujours un cadre respectueux qu'il faut imposer. Ça c'est essentiel. Et je crois que jusque là, j'ai plutôt bien réussi. Enfin en tout cas, moi ça me va. L'essentiel c'est toujours que chacune trouve une place qui lui convient. Moi j'ai trouvé une place qui me convient, j'ai créé un espace qui me convient et quand ça ne me convient pas, je le fais savoir. Et jusqu'ici, tout va bien. Pourvu que ça dure.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure des trésors que toi-même tu crées parce qu'effectivement, tu es journaliste, mais pas que.
- Speaker #1
Pas que, non.
- Speaker #0
Puisque tu es aussi écrivaine. Tu vas peut-être nous parler de l'ouvrage que tu vas bientôt sortir. Tu es aussi chanteuse. Donc, tu fais beaucoup d'autres choses à côté. Est-ce que tu peux nous parler justement de ces trésors que toi, tu crées de tes propres mains, de tes passions qui sont autres que le journalisme ?
- Speaker #1
Je dois être un peu hyperactive peut-être. Mais je crois surtout qu'il ne faut pas se satisfaire d'une seule chose. Tu aimes bien avoir plein de paires de chaussures dans ton placard, moi aussi. Et donc j'aime bien de temps en temps mettre une paire de talons. Et puis des fois, j'aime bien mettre des baskets. Et puis d'autres fois, j'aime bien mettre des chaussures plates, des sandales, des avaïanas. Je pense qu'il faut aussi avoir plusieurs cordes à son arc, s'autoriser, plein de choses. On veut toujours nous mettre dans des cases. Et moi, je crois qu'aucune case ne me convient véritablement. Je suis journaliste, c'est ma passion, mais c'est mon métier. J'aime écrire, c'est ma passion. Et pour le moment, jusqu'ici, c'était juste une passion. Et effectivement, je vais publier bientôt mon premier ouvrage. Il y a encore quelques mois, j'y aurais jamais cru, mais c'est rigolo. C'est encore la preuve qu'il faut oser se lancer des challenges et aller au bout et se dire « Bon, on verra bien. » Si je n'essaie pas, de toute façon, personne ne serra à ma place. On doit aller. Et puis ça a marché, tant mieux. Après j'ai aussi su m'entourer des bonnes personnes. J'ai aussi eu des bons conseils pour ce qui est de l'écriture de mon ouvrage par exemple. C'est que c'est un travail de longue haleine, ça ne m'a pris plus de dix ans. C'est une histoire familiale, donc c'est une histoire qui me tenait à cœur. Et je me suis entourée de ma famille qui a relu chaque chose que j'ai écrite, de mon oncle qui a participé aussi, qui m'a donné son ressenti, qui m'a encouragée. Et surtout de mon compagnon Guillaume qui a relu chacun de mes textes, qui a vraiment pris le temps avec moi de relire, de corriger, de réfléchir au bon mode. Quand on est bien entouré comme ça, j'avais un comité de lecture fabuleux avec des amis exceptionnels qui prenaient le temps sur leur propre vie de relire alors que ça ne leur rapportait rien. C'était de l'amitié pure et dure. Il faut savoir s'entourer des bonnes personnes, faire confiance aux personnes qui nous sont chères. Et c'est cet exercice-là, cette équipe-là qui m'a permis aujourd'hui d'effectivement pouvoir publier mon ouvrage. Il sortira en début d'année prochaine dans une grande maison d'édition, ce dont je ne suis pas peu fière.
- Speaker #0
Oui, tu peux.
- Speaker #1
C'est quand même pas mal. Donc, je suis assez contente. Et en dehors de ça, c'est vrai que la musique aussi, c'est quelque chose qui est important pour moi. La musique, c'est vraiment mon rythme. Je marche.
- Speaker #0
Tu en écoutes tous les jours.
- Speaker #1
Je suis vraiment à fond dedans. On est nombreux comme ça, mais c'est vrai que ça me... parle particulièrement. Et aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours écrit soit des chansons, soit des poèmes. Donc, la musique, ça fait un moment. Il y a une dizaine, presque une dizaine d'années, c'était juste avant mon fils. Il a neuf ans bientôt. J'avais rencontré Jimmy Felvia. C'est une histoire assez rigolote. Je l'avais sollicité. Bon voilà, tu joues du piano, j'aime bien ce que tu fais. Moi, j'écris des chansons, tu sais pas ce que je fais. Je vais te présenter ce que je fais. Enfin, j'aimerais te présenter ce que je fais. Donc, je suis allée le voir. On se retrouvait en studio. Et il me dit « Vas-y, chante-moi ce que tu fais » . Et j'avais l'impression d'être à The Voice. J'étais vraiment… Je tremblais comme une feuille. J'étais pas bien. J'avais chaud.
- Speaker #0
C'est la première fois que vous chantez devant un professionnel ?
- Speaker #1
Mais non, en plus. J'avais déjà chanté devant d'autres professionnels. D'accord. J'avais déjà travaillé un petit peu avec nos amis, les frères Bernard. Juste avec Nicole Bernard, je lui avais présenté une de mes chansons. Ce n'était pas quelque chose qui était inédit. J'avais déjà été en studio, je connaissais un petit peu. Mais je ne sais pas, Jimmy me stressait. Pourtant, c'est vraiment le mec, c'est une crème, il est gentil comme tout. Il me dit « mais vas-y ! » Non,
- Speaker #0
c'est toi !
- Speaker #1
Je n'étais pas tout à fait… Parce que j'avais l'impression vraiment de passer quelque chose de… Si ça lui plaît, il acceptera. Si ça ne lui plaît pas, comment il va me le dire ?
- Speaker #0
Oui, comme une audition.
- Speaker #1
Oui, c'est un peu ça. Donc, j'ai passé cette audition entre guillemets avec Jimmy. Et il m'a dit « Mais c'est super sympa ce que tu fais ! » j'étais soulagée. Et donc, on a commencé à travailler ensemble sur des morceaux. Certains a cappella qu'ils mettaient en musique, certains, ils me passaient la musique et moi j'écrivais dessus. Et puis il a déménagé, puis je suis tombée enceinte. Et puis tous ces goupillés en même temps, on avait tous les deux des vies qui basculaient chacun de notre côté. Et puis on s'est perdu de vue. Et le temps est passé et on s'est retrouvé il y a deux ou trois ans. À chaque fois, on se voit, on se dit ça ne va pas du tout, Et puis à chaque fois, on se repère de vue. Et là, on s'est dit cette année, ça suffit maintenant.
- Speaker #0
On crée le rendez-vous.
- Speaker #1
On y va. Donc, on a travaillé à distance. On a été en studio il y a quelques mois, en début d'année. Et puis, on a enregistré notre premier morceau dont on n'est pas mécontente. Tu parles de quoi ce morceau ?
- Speaker #0
Tu parles de quoi dans tes chansons ?
- Speaker #1
Je ne suis pas très originale. Je parle beaucoup d'amour. Mais je crois qu'en même temps, c'est le sujet qu'on n'aura jamais épuisé.
- Speaker #0
Amour joyeux, amour contrarié, amour passionné ?
- Speaker #1
On en a enregistré deux pour le moment. L'une qu'on a enregistrée parle d'un réveil d'amour, un réveil en amoureux. C'est un truc avec le réveil des gens. Et la deuxième parle d'un amour espéré, d'un amour désiré. Mais quand j'écrivais mon bouquin, j'avais lu une phrase qui disait que toutes les histoires ont déjà été racontées mais pas par vous. Et donc, pour la musique, c'est pareil. Tout a déjà été chanté, interprété, écrit, mais pas par moi. Alors je me dis pourquoi pas ? On aime ce qu'on fait, on le fait pour le plaisir. Que ça marche ou que ça ne marche pas, ce n'est pas la question. C'est vraiment faire quelque chose qui nous fait du bien, avoir le sentiment qu'on a été au bout de quelque chose. On ne sait pas si ça rapportera quelque chose, si ça fonctionnera, si ça sera écouté par quelqu'un. Au moins nous-mêmes, ce sera déjà pas mal.
- Speaker #0
Et la famille.
- Speaker #1
Mais voilà, les gens qui nous aiment bien, qui vont au moins nous dire, on leur donne un like, une écoute, de faire genre. Non, je pense vraiment que ça peut parler à pas mal de gens et c'est deux morceaux que j'aime beaucoup qui sont les premiers consorts mais pas les derniers, j'espère. En tout cas, on en a d'autres sous le coude et c'est un plaisir. C'est vraiment pour le plaisir d'aller au bout des choses, de se dire j'ai fait ça, ça a pris du temps, mais je l'ai fait, j'ai osé le faire, je suis allée au bout. je l'ai mené à terme et après il ne m'appartiendra plus. Quelque part, on fait un don, aussi modeste soit-il, au reste du monde. On dit au monde, voilà, moi j'ai participé, j'ai mis ma pire à l'édifice, voilà ma chanson, voilà mon bouquin, si ça vous plaît, lisez-les, si ça ne vous plaît pas, ce n'est pas grave. Mais moi, je suis allée au bout et ça m'a fait du bien et ça n'a pas fait du bien qu'à moi. À mon bouquin par exemple, je sais qu'il fait du bien à mes proches, C'est surtout pour elle que je l'ai écrit.
- Speaker #0
C'est son histoire, à l'enfance.
- Speaker #1
Voilà. Et si ça lui fait du bien à elle, je suis déjà satisfaite. Voilà. C'est très modeste, mais je suis contente de faire ça. Il faut savoir faire des choses qui nous font du bien.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Aussi.
- Speaker #0
Ce serait ton leitmotiv, c'est ça ? Parce que tu vas au bout des choses, au bout de tes défis, des challenges que tu te lances toi-même. Et ce serait ça ton leitmotiv d'aller au bout de ce qui nous fait du bien, au bout de ce qu'on est capable de faire parce qu'on peut avoir des rêves et je pense qu'il y a des femmes qui nous écoutent et qui ont des rêves, des envies etc. et qui n'osent peut-être pas passer le pas. Qu'est-ce qui fait que toi tu passes le pas ?
- Speaker #1
Pendant longtemps j'ai cru que j'y arriverais pas. Quand on a un bouquin qui nous prend plus de 10 ans et quand on a une opération chanson qui nous prend plus de 10 ans, on se dit bon enfin... Pendant longtemps, j'ai pensé que j'étais incapable d'aller au bout des choses. Je me suis dit « Mais vraiment, t'es trop nulle. Pourquoi tu finis pas ce que t'entames ? Tu commences des trucs bien, tu les termines pas, t'es pas fiable. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » L'auto-flagellation. Ah oui, toujours. Je suis la reine de l'auto-flagellation. Vraiment, je sais même pas comment j'arrive à aller de l'avant. Des fois, je me dis « Mais arrête de te mettre toute seule des bâtons dans les roues. C'est pas possible. C'est pas la peine d'avoir des ennemis. Je me suis moi-même. Ça me suffit largement. » Mais c'est vrai qu'il y a des moments où je me suis dit, pourquoi tu ne vas pas au bout des choses ? Tu es trop nue, quoi ton problème ? Et quelque part ça m'a servi aussi à me mettre un coup de pied aux fesses toute seule. C'est quand même un peu compliqué de se mettre des coups de pied aux fesses soi-même, mais talons-fesses, ça marche bien. Parce que ça permet de le mûrir. On ira au bout quand on sera prêt. Il y a peut-être des steps pour chaque chose. Mon bouquin, il fallait que je le commence à un instant T et puis peut-être qu'il fallait que je l'arrête pour le reprendre mieux. Typiquement, je l'ai écrit une première fois. Enfin, j'ai commencé à l'écrire. Je me suis dit que ce n'était pas comme ça qu'il fallait faire. Il y avait quelque chose qui ne me plaisait pas. C'était trop facile, trop simple. pas assez recherchée, pas assez poussée, à mon goût. Je ne parle que de mon goût parce qu'après chacun se fera son idée. Chacun a ses propres attentes. Mais les miennes, ce n'était pas ça. Et il y a l'année dernière ou il y a deux ans, quand j'ai décidé de m'y remettre, je réfléchissais à la bonne manière. Et en réfléchissant, à ce moment-là, j'étais en capacité de voir quelque chose que je ne voyais pas avant parce que j'avais plus de maturité, plus d'ouverture d'esprit, parce que j'avais... vieillie ou grandie, on appelle ça comme on veut. Et qu'aujourd'hui, j'étais capable d'imaginer une autre façon d'amener les choses qui était plus intéressante, je trouve, que celle que j'avais à l'époque. Et donc, j'ai repris mon texte de l'époque, que j'ai amélioré et que j'ai mis à la façon dont j'estimais meilleure. Et aujourd'hui, je suis plutôt contente de ce que j'ai fait. Mais il fallait juste le temps de...
- Speaker #0
C'est ça, un post-héroïne, tu dis que c'est une question aussi de timing.
- Speaker #1
Je pense que je n'étais pas prête à aller au bout de ce projet. Parfois, on a des idées un peu comme des comètes. Ça ne reste pas parce que ce n'est pas le moment. Elle restera, elle reviendra, elle fera le tour de la planète. Elle reviendra quand ce sera le moment. Et là, on sera en capacité de l'analyser parce qu'on aura la technologie qui va bien pour la regarder plus précisément, pour être plus sûr de ce qu'on voit, pour la mesurer.
- Speaker #0
Oui, elle reviendra si elle doit revenir en fait. C'est ça. Si le projet doit se faire, l'idée reviendra de toute façon.
- Speaker #1
Donc, il ne faut jamais désespérer. Je ne dirais pas croire en soi parce que je ne crois pas énormément en moi tous les jours. Mais il faut juste parfois accepter que les choses passent et qu'elles reviendront. Tout est cyclique de toute façon. Mais quand le cycle revient, il revient avec plus de maturité et dans un contexte différent.
- Speaker #0
Et justement, on arrive à la fin de l'entretien. Je voulais te poser la question de savoir, le morceau que tu écoutes, comment tu as envie de te rebooster ou de te remotiver peut-être dans les moments où tu doutes ou tu crois moins en toi ? Un morceau qui te fait du bien, qui te donne de la motivation pour avancer ?
- Speaker #1
Il y en a deux vraiment qui me donnent de la force. C'est un morceau de Goldie que j'aime beaucoup, qui s'appelle « Un rêve, une idée » . Je crois qu'il correspond plutôt pas mal au sujet.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Que j'écoutais encore récemment. Je suis allée au concert de Goldie cet été. Enfin on ne dit pas cet été, on dit cet été dans l'Hexagone, mais nous on ne dit pas cet été. J'étais au concert de Goldie, c'était le 2 août, à la poterie des Trois-Iles. C'était génial, je n'avais jamais vu Goldie sur scène, elle était fabuleuse, j'étais trop contente. Donc, elle a chanté ce morceau et je crois que tout le monde était ému pareil. Un rêve, une idée, c'est une chanson qui est fort bien écrite et qui permet de réfléchir à l'idée de se dépasser soi-même, d'aller au-delà de ce qu'on pense possible, parfois tout lâcher pour tout recommencer. Et moi, elle me donne du courage. Et puis l'autre chanson qui me parle beaucoup, c'est un morceau des Ikenanga, je reste un peu dans le même registre, et c'est un morceau qui s'appelle Mantra, qui dit « Donne-toi les moyens et pas les excuses » . Et c'est mon grand truc. Je dis ça à toutes mes copines dès qu'elles sont en doute, dès qu'elles sont machin. Donne-toi les moyens et pas les excuses. Moi, ça me parle énormément parce que je passe mon temps à me chercher des excuses, à me dire oui mais c'est parce que j'ai pas le temps pour telle ou telle raison. Non, c'est pas vrai. En vrai, si t'aurais le temps si tu le voulais, pose-toi, donne-toi les moyens et avance. Arrête de faire genre t'as pas le temps, n'importe quoi. Donc je m'auto-sermonne régulièrement et ma foi force est de constater que ça marche plutôt pas mal.
- Speaker #0
On va terminer sur cette note. Fanny, merci beaucoup.
- Speaker #1
Donne-toi les moyens et avance tout droit. Sans escale.
- Speaker #0
Merci Fanny pour ce petit moment partagé.
- Speaker #1
Merci beaucoup.