- Speaker #0
Je suis Marie-Oziel Lafontaine, activatrice du génie au féminin. Chaque jour, j'accompagne les femmes à révéler leurs trésors cachés pour vivre la vie qu'elles méritent. Dans ce podcast,
- Speaker #1
j'invite des femmes qui ont osé s'affranchir des dictates pour trouver leur juste place. Bienvenue dans le podcast « Ose là, les voix qui osent » . Bonne écoute !
- Speaker #0
Bonjour Rokhaya Diallo. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation. Je dois te l'avouer, je suis assez fan de toi, du personnage que tu représentes, de la personne que tu es, de tout ce que tu fais, notamment sur la place publique. J'imagine que ce n'est pas toujours simple, on va en parler. Tu es journaliste, autrice, réalisatrice, tu as été récompensée pour ton travail. Et tu es une femme engagée, une femme de conviction. Et tu t'engages contre le racisme systémique en France. Pour un féminisme qui englobe toutes les femmes, notamment celles qui sont marginalisées, invisibilisées. Tu interviens aussi sur les questions décoloniales. Tu interviens sur les plateaux télé, mais pas que, parce que tu écris des articles, mais aussi des livres. Tu interviens en tant que conférencière, qu'intervenante. Et tout ça depuis une dizaine d'années. Beaucoup de choses, un parcours très riche en dix ans, que tu n'avais peut-être pas envisagé au départ. Tu es née à Paris il y a une quarantaine d'années, de parents sénégalais et gambiens. Et depuis petite, tu as été une bonne élève. C'était important pour toi d'avoir de bonnes notes. Et finalement, tu étais une petite fille sage, discrète, mais déterminée. Ce que tu dis dans un de tes ouvrages ne reste pas à ta place. Et ce parcours t'a amenée à obtenir un bac économique et social, puis à t'investir dans des études de droit européen et international, pour ensuite bifurquer en école de commerce. Tu t'es ennuyée et tu as finalement bifurqué vers un master dans l'industrie audiovisuelle parce que c'est aussi ta passion. Les mangas, les séries télé, parce que tu lisais beaucoup petite mais tu passais aussi beaucoup de temps devant les mangas et les séries télé, c'est aussi ta passion. Et tu as démarré chez Disney, ça pourrait paraître être le poste idéal mais tu as déjà déchanté finalement en te disant que tu étais peut-être un poste interchangeable et que tu ne pouvais pas tellement être qui tu voulais être. En parallèle, tu crées une association, les Indivisibles, qui s'engage contre le racisme ordinaire et tu organises avec les membres de l'association les Yabon Awards qui récompensent notamment les phrases les plus racistes prononcées dans l'espace public et dans les médias. Et là, tu es repéré, tu es propulsé, on va dire, puisque tu vas à partir de ce moment-là être très sollicité dans les médias. Ça va être Canaplus, RTL, LCP, ça ne s'arrêtera jamais finalement. Et ça va te propulser en tant qu'experte sur toutes ces questions-là. Et une experte reconnue aujourd'hui, donc déjà bravo pour ce parcours.
- Speaker #1
Merci beaucoup, je dois avouer que je suis épatée par ta mémoire, c'est assez phénoménal. Oui, tout ce que tu as dit est absolument juste, sauf que j'ai commencé à une quinzaine d'années, tu m'as un petit peu rajeuni. Une quinzaine, pardon. Voilà, tu m'as un peu rajeuni. Mais oui, c'est exactement ça, c'est vraiment une trajectoire qui n'était pas vraiment pensée stratégiquement. J'imagine que si on m'avait posé la question il y a quelques années, je n'aurais pas imaginé que je serais là aujourd'hui à ton micro en Martinique en train de te parler de mon passé d'il y a quelques années.
- Speaker #0
Oui, et tu es en Martinique en ce moment d'ailleurs pour le festival En Pays Rêvé pour lequel tu étais invitée et tu vas nous présenter du coup dans le cadre de son festival ton dernier ouvrage, le dictionnaire amoureux du féminisme.
- Speaker #1
Oui, c'est un festival qui me fait l'honneur de me recevoir et surtout qui me donnera l'occasion. de rencontrer pas mal de jeunes en milieu scolaire, en lycée, en collège. Et c'est vraiment quelque chose que je trouve hyper riche et qui me permet d'être en prise avec des réalités locales un peu différemment par le biais de la jeunesse.
- Speaker #0
Alors pour démarrer notre entretien, Rokhaya, je vais te proposer le petit rituel des voix qui osent. Tu as des cartes disposées devant toi sur la table et tu vas fermer les yeux, inspirer et laisser parcourir la main de ton choix au-dessus des cartes et t'arrêter. Au moment où tu le sens, peut-être que ta main va chauffer ou picoter, bref, il y aura une intuition qui va te pousser à t'arrêter à choisir une carte.
- Speaker #1
Ok, je ne suis pas du tout dessus là.
- Speaker #0
Alors tu peux la regarder, regarder l'illustration. De l'autre côté tu as une illustration.
- Speaker #1
Alors si tu veux une femme sur une barque, j'aime bien. Alors elle est sur une barque au milieu des flots, seule, donc il y a quelque chose d'assez, enfin qui semble assez insurmontable dans sa mission et en même temps elle est souriante et assez sûre d'elle donc j'aime bien, j'aime bien cette simplicité, elle est complètement nue avec des très longs cheveux donc il y a un peu voilà ce jeté halo. ou affronter les défis mais sans inquiétude. Et donc je vais lire. Les étapes, création, intériorité, soie, sérénité. Je lis l'amour que tu te portes, puis la sécurité intérieure que tu te crées et que tu t'apportes entraîne la confiance et la joie. Ainsi tu n'as plus peur de ce qui se passe autour de toi. Tu vis, navigues, au calme, malgré la tempête dehors. Ah oui, c'est ce que j'avais perçu.
- Speaker #0
Est-ce qu'elle te parle cette carte ? Elle fait écho à quelque chose chez toi ?
- Speaker #1
Oui, en tout cas, ce qui me parle, c'est la confiance dans ce que je fais, dans les raisons et dans les valeurs que je défends. Donc je pense que c'est ce qui me permet un peu de me confronter parfois à la notion de tempête, mais assez familière. Mais oui, le fait que je sois convaincue d'agir pour le bien, et vraiment au sens moral, mais aussi politique du terme, ça me permet d'avancer sans... Je dirais pas sans inquiétude parce que c'est humain l'inquiétude, mais en tout cas avec la conviction que les choses doivent se faire dans cette direction.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure du fait qu'il y a quelques années, tu ne savais pas forcément que tout ça était écrit pour toi. À quoi tu rêvais quand tu étais petite, Rokhaya ? Quand tu t'imaginais plus grande, tu te voyais comment ? Tu te voyais faire quoi ?
- Speaker #1
J'ai rêvé de plein de choses, mais ce qui me semble le plus vivace, en tout cas peut-être pas forcément petite, mais plutôt ado, c'est que j'aimais bien les mangas et que je voulais être mangaka. Donc, autrice de manga, j'avais une passion pour Rumiko Takahashi, qui est une des premières femmes qui se soit vraiment distinguée dans le domaine des mangas qui sont destinés aux jeunes hommes. Et j'ai dessiné énormément, j'aimais bien cette idée. C'était assez abstrait, mais en tout cas, c'est quelque chose qui me parlait pas mal, quelque chose d'assez artistique, finalement, quand j'étais jeune.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui reste aujourd'hui de la petite ou de la toute jeune Rokkaïa ?
- Speaker #1
En tout cas, en termes d'intérêt pour la fiction, c'est que je suis toujours une énorme dévoreuse de séries. Je l'ai toujours été, c'est quelque chose que je continue à faire. J'aime énormément me plonger dans l'imaginaire. Je vais très souvent au cinéma, souvent seule, et vraiment sur des coups de tête. Je me dis, tiens, il y a tel film, j'y vais. Et puis les séries, j'en regarde énormément. Et ça a toujours été le cas. Ce n'est pas lié à la dernière décennie, c'est quelque chose qui m'a toujours accompagnée depuis l'enfance. Et c'est pour moi souvent des miroirs hyper intéressants de l'endroit où on vit ou de l'endroit où on ne vit pas. puisque les séries viennent de partout. Quand j'étais petite, c'était le Japon, avec les animés japonais, mais aussi les Etats-Unis que je ne connaissais pas du tout. Donc oui, je pense que ce qu'il en reste, en tout cas, c'est une vraie appétence pour la fiction et parfois une envie de se réfugier dans l'imaginaire aussi.
- Speaker #0
Oui, j'imagine que c'est important quand on traverse des tempêtes, un petit peu dans l'imaginaire. Dans ton livre, Ne reste pas à ta place, tu expliques comment toi, tu t'es affirmée, comment tu as pu vivre de tes passions, mais aussi de tes convictions. sans vouloir donner de leçons à qui que ce soit. Est-ce que tu peux nous dire comment justement toi, tu as osé, parce que tu as eu beaucoup de premières fois, première télé, premier livre, etc. Donc des sollicitations qui sont quand même assez ambitieuses et peut-être impressionnantes, je ne sais pas. Mais en tous les cas, comment tu as fait pour oser y aller à chaque fois et justement à ne pas rester à ta place ?
- Speaker #1
Alors, pour être tout à fait honnête, je pense qu'il y a une grande part d'inconscience. C'est-à-dire que je pense que j'ai fait des choses sans réaliser à quel point... Elles étaient exceptionnelles et à quel point je rentrais par la grande porte. J'ai commencé le journalisme vraiment à Canal+, à RTL, qui était à l'époque la première radio de France, autour d'une table d'une émission qui était extrêmement écoutée, avec des éditorialistes qui avaient une immense autorité. Et moi je me suis assise là sans réaliser ce que c'était, parce que je n'écoutais pas spécialement RTL à l'époque. Je ne me rendais pas vraiment compte de l'écho et du caractère. absolument inattendue de ma présence. Donc je pense que ça m'a beaucoup aidée à y aller sans me poser de questions et me dire, oh mon Dieu, t'es au micro d'une radio très écoutée avec des gens qui sont hyper connus. Après, il y en a plein que je connaissais, que j'avais déjà vu. J'ai croisé par exemple Christine Ockrent. Je me rendais bien compte que cette journaliste que j'ai vue à la télévision quand j'étais petite qui présentait le journal, elle était une journaliste absolument illustre. Mais en même temps, je pense que je n'ai pas été autant intimidée que j'aurais dû l'être parce qu'il y avait une partie de moi qui y allait. Un peu en fermant les yeux et en ne se confrontant pas vraiment à l'ampleur de la mission. Après, j'ai quand même eu évidemment des craintes et là où j'étais le plus, peut-être, et ça m'arrive régulièrement, dubitative ou le moins sûr de moi, c'est par exemple quand on m'a demandé d'écrire mon premier livre, où effectivement, j'écrivais, en tout cas j'ai toujours écrit sans être une passionnée d'écriture, mais en tout cas ça n'a jamais été un problème pour moi d'écrire, c'est plus comme ça qu'il faut que je le formule. Mais le livre, tout à coup, c'était pas tant le fait d'écrire que de me dire qu'est-ce que je vais bien pouvoir ajouter à tout ce qui était déjà dit sur le sujet. En l'occurrence, c'était le sujet du racisme, c'était pour Larousse, c'était un philosophe qui s'appelle Vincent Cespedes qui m'avait sollicité, qui m'avait demandé d'écrire en philosophie sur le racisme. Quand on pense philosophie et racisme, on pense à Angela Davis, on pense à Frantz Fanon, on pense à Jean-Paul Sartre, et on se dit qu'est-ce que Rokhaya Diallo va ajouter à tout ça, sachant que j'avais même pas 30 ans, pour moi c'était une mission d'envergure. Et finalement ce qui m'a convaincue c'est de me dire qu'il n'y a pas de raison que ce monsieur qui vient de te rencontrer sur un plateau de télévision, qui ne te connaît ni d'Avril ni d'Adam, soit convaincu que tu puisses accomplir cette mission, et que toi tu ne crois pas en toi, que tu crois moins en toi qu'un inconnu. Et finalement, c'est un peu ce qui m'a motivée. Et puis je me suis dit aussi que, certes, beaucoup avait été dit sur la question, mais rien n'avait été dit avec ma voix et mon expérience. Et finalement, mon vécu, il pouvait aussi être analysé à l'aune des travaux qui m'avaient précédés. Et ça, ça m'a un petit peu décomplexée. Mais régulièrement, il m'arrive... Tu as encore des peurs aujourd'hui ? Absolument.
- Speaker #0
De quoi tu peurs aujourd'hui, Roqueya ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Dernièrement, on m'a sollicité pour travailler sur un rapport international, pour une grande institution internationale. Donc j'étais en charge d'un chapitre que je devais rédiger de A à Z. Je me suis noyée dans le truc, c'est-à-dire que je me suis retrouvée à lire des graphiques, des rapports, en me disant que c'est une tâche d'envergure incroyable, je n'ai pas l'habitude de faire ça, est-ce que je suis la bonne personne pour cette mission ? Et j'ai mis un temps fou à canaliser ma volonté de tout lire et de rassembler. J'avais écrit des pages et des pages et je n'étais pas du tout censée écrire autant. Donc oui, c'était assez intimidant comme mission parce que c'était fastidieux, c'était un exercice nouveau. Je travaillais avec une institution internationale, donc ce rapport, je ne peux pas en parler encore parce qu'il n'est pas encore sorti, mais ça va être le rapport de référence sur le sujet pendant les cinq ans à venir. Donc évidemment, je me dis bon, là je suis solo, alors j'avais évidemment un éditeur qui coordonnait, mais il fallait quand même que je lui livre quelque chose. Et je me suis dit, en envoyant mon texte, je me suis dit bon, j'espère que... J'ai fait ce qu'il fallait parce que je ne suis pas si sûre de ça que c'était vraiment... Ouais, c'était exactement toutes les données dont on avait besoin étaient présentes dans le document. Oui,
- Speaker #0
donc ça t'arrive encore aujourd'hui de te poser la question de savoir si tu es la bonne personne pour faire telle chose ou si tu es légitime à t'exprimer sur tel ou tel sujet.
- Speaker #1
Tout le temps, en fait. Moi, je suis très très régulièrement sollicitée pour participer à des conférences universitaires et parfois par des départements qui ne sont pas... les départements avec lesquels je suis en lien. Et donc, je sais que je parle à un public de spécialistes qui sont tous et toutes docteurs dans leur discipline. Et donc, je me dis, bon, OK, j'espère que ce que je vais leur dire, ça va leur apporter quelque chose par rapport à la somme de connaissances cumulées dans la pièce. Donc, évidemment, à chaque fois qu'on me sollicite, je me remets en question et je me pose la question de quelle sera ma contribution face à des gens qui connaissent le sujet. Ce n'est pas le même exercice que quand on parle au grand public. où les gens ont besoin d'être informés et ont besoin de nous pour comprendre l'actualité. Là, je suis passée à des gens qui n'ont pas besoin de mes connaissances pour connaître leur discipline, mais qui viennent chercher quelque chose chez moi, qui n'ont pas eu dans leur parcours universitaire. Donc évidemment, je pense que c'est important de se remettre en question. Si on ne se remet pas en question, on tourne en rond dans ce qu'on croit savoir. Et moi, à chaque fois que c'est le cas, j'apprends énormément. Pour ce rapport, j'ai beaucoup appris. Pour ces différentes conférences, j'en ai fait quelques-unes cette année, j'ai énormément appris. Et à chaque fois, c'est une fois que c'est terminé. On reste sûr, on se dit ok c'est bon j'ai fait quelque chose qui va servir aux gens mais bien sûr je me remets tout le temps en question.
- Speaker #0
Et dans quoi tu puisses pour justement ne pas être paralysé par cette remise en question et se doute sur ta légitimité ? Est-ce qu'il y a des choses peut-être dans ton éducation ou autre qui font que ça te pousse à chaque fois à y aller quand même même si tu doutes ?
- Speaker #1
Alors la première des choses c'est l'agenda. C'est-à-dire qu'à un moment donné la conférence va avoir lieu donc j'ai dit oui il faut y aller, il faut écrire le truc. L'action avant tout. En fait moi c'est vrai que des fois je me dis Ou je dis oui Comme ça, un peu en théorie, une fois que je me penche du pain, que je réfléchis vraiment à l'impact, je réalise l'ampleur de la mission. Et souvent, moi, je marche beaucoup aux deadlines. Et ce sont les deadlines qui me font me mobiliser en me disant qu'il faut y aller, il faut commencer à chercher, à étudier, à chercher des bouquins, à lire, à chercher des rapports et à explorer un peu les sujets. Donc souvent, ça va être ça. Oui, c'est beaucoup ça. Et puis après, dans mon éducation, je pense que ce qui me permet de faire ça, de me sentir quand même autorisée à dire oui, parce que j'ai bien conscience du fait qu'on est énormément de femmes à ne pas dire oui, dans des cas où on n'est pas sur notre expertise. C'est aussi mon éducation qui ne m'a jamais donné de limites dans ce que j'étais capable de faire, c'est-à-dire que j'ai jamais senti qu'il y a un métier qui m'était interdit, y compris étant petite, et malgré le fait que mes parents... Moi, je suis issue de la classe ouvrière, donc je n'avais pas des parents qui... Du fait... de leur trajectoire professionnelle, pouvaient m'offrir une perspective aussi vaste que ce que je pouvais voir à la télévision, voire dans les livres. Donc je pense qu'ils y sont pour beaucoup, dans le fait qu'ils m'ont toujours donné le sentiment que tout était possible.
- Speaker #0
De quoi tu es le plus fière aujourd'hui dans ce parcours ?
- Speaker #1
Ah, ce dont je suis fière vraiment, c'est d'avoir le sentiment que les gens de ma famille sont fiers. C'est vraiment dans la fierté des miens que je reconnais l'utilité de mon travail. Je trouve que c'est important d'honorer les siens, en fait. Et vraiment pour moi c'est important, quand j'obtiens de la reconnaissance de la part de personnes qui m'ont connue toute petite, qui viennent à mes événements. Je repense récemment, j'étais au Sénégal, dans mon pays d'origine, je participais à une conférence féministe, et j'ai vu un cousin de ma mère qui est venu me voir, qui m'a connue, enfin la première fois qu'il m'a vue, j'avais 3 ans, et il est venu avec ses amis, et j'étais hyper touchée, je me suis dit, c'est quand même un tonton qui est venu, qui a pris son dimanche après-midi pour venir me voir avec ses amis, et pour entendre ce que j'avais à dire, alors qu'on est dans des structures, en tout cas en Afrique de l'Ouest, très hiérarchisées par l'âge. et donc voilà, ça veut dire quelque chose donc ça évidemment ça me touche énormément
- Speaker #0
Et toi tu es l'aînée d'ailleurs, est-ce que ça a joué dans ton parcours le fait d'être l'aînée ?
- Speaker #1
Evidemment, quand on est aînée on ouvre des portes, de fait en étant l'aînée j'ai tout fait avant mon frère j'ai été dans les classes avant lui j'ai eu mes diplômes avant lui j'ai vécu des choses en France avant lui puisque c'est des choses que mes parents n'ont pas vécues parce qu'ils ne sont pas nés en France et donc dans ma famille j'ai expérimenté les aspects de la France avant tout le monde Merci. Parce que mes parents n'avaient pas été forcément dans ces espaces-là. Donc je te le dis là, je le formule comme ça et je le pense maintenant. Je n'ai pas forcément réfléchi de cette manière-là. Donc oui, je crois qu'être une aînée, c'est nécessairement apprendre à ouvrir soi-même les portes et à être la première. Je crois que c'est un peu dans notre conditionnement.
- Speaker #0
Ça me parle, je suis aînée aussi. D'accord, ok.
- Speaker #1
J'ai senti l'empathie.
- Speaker #0
Et donc tu parlais effectivement de ce regard que les tiens portent sur toi, mais aussi le regard de milliers de millions de Français et voire d'Américains, puisque tu interviens aussi aux Etats-Unis. Comment tu gères cette image publique ? Le fait en plus que tu interviennes sur des sujets qui sont très controversés, polémiques, qui ne plaisent pas forcément. Quand tu es sur le plateau, tu as à défendre tes opinions et tes convictions. Ce n'est pas toujours évident. Tu subis des violences, notamment cyberharcèlement. Donc comment tu fais pour faire face à... à cette image qui est effectivement valorisante, mais parfois aussi qui donne place à des actions de violence. Xavier, de toi ?
- Speaker #1
C'est complexe. Pour moi, ça va dans deux directions. Je dois dire que si je n'avais pas autant de soutien, de reconnaissance, de personnes qui me saluent, qui m'envoient des messages d'affection quotidiennement, je ne pense pas que j'aurais continué. Très honnêtement, je sais qu'à mes débuts, des fois, je sortais de certains débats, je me disais... Je ne suis même pas censée parler à cette personne dans ma vie, pourquoi je m'inflige ça ? Et je croisais quelqu'un dans la rue qui me disait « Ah super, je vous ai vu à la télé, voilà, ça fait du bien de se sentir représentée, etc. » Enfin, plein de personnes qui s'identifiaient à ce que je disais ou qui avaient le sentiment qu'un certain discours comblait peut-être un vide. Donc ça, ça m'a beaucoup motivée. Je me suis mise aussi à ma propre place. Moi, j'ai quelqu'un qui regardait beaucoup de débats à la télévision et avec beaucoup de frustration. Je regardais mon écran et je répondais aux gens sur le plateau en me disant « Mais pourquoi personne ne dit ça ? » Et donc, de me rentrer dans la position de pouvoir répondre, c'est aussi une manière un peu de soulager la jeune femme ou l'ado que j'étais à l'époque qui n'avait pas vraiment la possibilité d'intervenir directement. Donc, c'est presque mystique, en fait, parce qu'à l'époque, je n'aurais jamais imaginé être sur un plateau de télévision, répondre à des personnes qui défendaient ce type de position. Et pourtant, Dieu sait que j'ai été en colère face à des débats qui me semblaient absolument insupportables, qui nourrissaient une forme de racisme. Les personnes qui me ressemblaient ou qui partageaient mes opinions n'étaient jamais là. Donc il y a aussi cette réparation symbolique. Je me dis que maintenant que je suis là, je ne peux pas complètement démissionner. Mais oui, évidemment, il y a tout ce qui va derrière. Il y a le cyberharcèlement. Il y a... Le nombre de fois où j'ai été bannie d'institution, combien des débats, les débats ont été interdits par tel ou tel responsable institutionnel, local. Une censure concrètement. Oui, c'est ça, c'est arrivé plusieurs fois, ça m'est arrivé régulièrement. J'ai eu un conflit avec une maire d'arrondissement à Paris qui m'a même menacée physiquement. Je ne sais pas si c'est une menace physiquement, mais en tout cas, elle a dit que si je voulais venir débattre dans ses départements, que je vienne, elle me défoncerait. Ah oui, c'est quand même une élue de la ville de Paris. Ouais, donc elle n'est plus élue. Mais honnêtement, c'est incroyable de se dire qu'on a quand même une responsable de mairie qui s'en prend à une personne dans un discours. Puis après, par la suite, j'ai un peu réagi sur mes réseaux sociaux. Puis je me suis retrouvée au tribunal parce qu'elle a porté pas contre moi. J'étais relaxée, mais c'est beaucoup de temps. Oui, beaucoup de temps et d'énergie. D'énergie, ça occupe de l'espace mental. Et c'est vrai que j'ai... C'était il y a 10 ans, cette histoire avec cette femme. Mais depuis dix ans, j'ai été de nombreuses fois au tribunal, soit pour me défendre, et j'ai souvent perdu, soit pour me défendre contre les attaques. Donc là, à la fois que j'ai été attaquée, j'ai été relaxée, mais quand je me suis défendue d'agression verbale, la part des cas, j'ai perdu, en fait. D'accord. Donc voilà.
- Speaker #0
Vous avez une double injustice, quelque part.
- Speaker #1
Absolument. Quelqu'un qui va vous traiter de terroriste devant vous à la télé, il est relaxé sur la base de la bonne foi. Voilà, c'est un peu incroyable. Je veux dire, tout le monde dans le tribunal sait que je ne suis ni une terroriste et que je n'ai rien à voir avec les terroristes. Et lier ça avec le fait que je sois musulmane, c'est quand même complètement raciste.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà, mais je pense que... Ma situation de femme noire musulmane n'est pas questionnée en tant que telle, alors que c'est clairement ce qui me vaut aussi autant d'inimitié. Donc voilà, et en même temps, il y a une partie de moi qui est assez combative. Donc... Dans ces situations où j'oblige ces gens-là qui ont l'habitude de dire ce qu'ils veulent sans conséquence à venir au tribunal, à passer des heures à expliquer qu'ils pensent que... C'est aussi une forme de victoire parce que les tribunaux c'est aussi les endroits des archives. Donc il reste une archive de ça et je pense que la personne en question, même si elle a été relaxée, elle réfléchira deux fois avant de parler de moi.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui te fait tenir, j'ai envie de dire, qu'est-ce qui te motive, qu'est-ce qui te pousse à te lever le matin malgré tout ça justement ? Et tu te dis, oui, mais le jeu en vaut la chandelle.
- Speaker #1
Plein de choses déjà parce que ma vie c'est pas uniquement ça, j'ai une famille, j'ai un entourage, j'ai des loisirs donc j'ai une vie qui est remplie de plein de choses, plein de belles choses et puis après ce qui me fait me lever c'est que je suis pas seule dans cette lutte, je suis sans doute une personne très très visible dans ces engagements mais on est plein, il y a plein de journalistes engagés qui sont pas forcément sur les plateaux de télé, il y a plein de militants militantes qui sont sur le terrain et qui payent un prix autrement plus lourd que moi parce que... Ces gens-là n'ont pas le privilège de la visibilité, donc ne bénéficient pas des mêmes soutiens que moi, parce qu'en fait on ne voit pas ce qu'ils et elles subissent, que parce que moi j'ai aussi la possibilité de me défendre à plein de niveaux, j'ai eu l'occasion de parler plusieurs fois au micro des Nations Unies, j'écris pour la presse internationale, donc j'ai d'autres endroits d'expression qui peuvent aussi compenser un peu les défis que je peux rencontrer sur le plan national, donc ce qui me motive c'est aussi ça. Puis après ce qui me motive c'est vraiment une... Une vraie foi dans la justice, je pense qu'il y a plein de choses injustes qui se passent et je crois que j'ai du mal à laisser passer. Donc c'est ça qui me motive et puis après, effectivement, je suis très engagée mais j'ai aussi une partie de mon métier qui est très créatif. Donc je fais des documentaires, j'ai travaillé sur plusieurs bandes dessinées avec Blachette, avec Yves Consigny. Aujourd'hui, je travaille avec une jeune femme qui s'appelle Anise Némorin pour une bande dessinée qui est prévue en 2026. Et voilà, pour moi, c'est... C'est hyper précieux, cette partie créative, le fait que je puisse aussi être ici en Martinique dans le cadre d'un festival littéraire, que la semaine prochaine je vais rencontrer des personnes à Abidjan. Il y a quelques semaines j'étais en Suisse. C'est merveilleux, c'est vraiment formidable de pouvoir avoir la chance de rencontrer des gens dans leur contexte et d'apprendre de ce qu'ils vivent, ce qu'elles et ils vivent chez elles et chez eux. C'est une immense richesse. Et ça, quoi qu'on pense de moi localement en France, ça n'a pas vraiment d'incidence. Donc voilà, et en même temps je vis avec l'idée que tout ça peut être complètement éphémère, peut-être que ça sera balayé d'un verre de main et que je ferai autre chose. Voilà, moi ça fait 15 ans que je me dis, pour l'instant je suis visible, c'est super, peut-être qu'un jour je serai plus à la mode et puis je sais faire autre chose, donc c'est pas complètement, c'est pas grave quoi. Ce sera une période de ma vie hyper riche et je ferai autre chose si les choses se présentent différemment.
- Speaker #0
Oui, tu saisis les opportunités ici et maintenant.
- Speaker #1
Complètement. Ça, pour le coup, ça fait vraiment 15 ans. Je ne dirais pas que je vis au jour le jour, mais je vis d'une opportunité à l'autre. Et ça me convient. C'est plein de surprises. Alors évidemment, il faut avoir le cœur bien accroché, parce que les surprises ne sont pas toujours bonnes. Mais en même temps, c'est une vie que je trouve vraiment pleine de belles choses et de belles rencontres.
- Speaker #0
Tu as sorti en 2025 le Dictionnaire amoureux du féminisme et je voudrais te demander quel est ton mot préféré de dictionnaire ?
- Speaker #1
C'est très difficile à dire, on me pose souvent la question et je ne sais pas si j'ai un mot préféré. Il y a une notion qui me plaît, c'est la notion d'adélphité, qui est le deuxième mot puisque le premier mot c'est 8 mars. Et c'est une manière de penser la fraternité républicaine de manière inclusive. justement en incluant toutes les personnes qui n'étaient pas des frères. Et c'est une notion qui a été forgée notamment par une politologue qui s'appelle Réjeanne Sénac. C'est un mot que j'aime bien. Qu'est-ce que j'aime bien ? Il y a des gens que j'aime bien. J'aime bien Christiane Taubira. J'ai parlé de Rumiko Takahashi, la mangaka, dont je parle aussi dans Lictionnaire amoureux.
- Speaker #0
Et parce qu'il y a des qualificatifs, mais il y a aussi des portraits.
- Speaker #1
c'est très riche
- Speaker #0
C'est varié.
- Speaker #1
C'est varié, effectivement. Moi, j'ai vraiment voulu composer ma galaxie féministe, avec tout ce qui m'avait influencée, et tout ce qui semble compter aujourd'hui. Ça va évidemment de la pop culture, ça parle de musique, de musicienne notamment, mais aussi bien de pop que de hip-hop, de séries, séries américaines, irlandaises, japonaises, sénégalaises, de livres, de littérature, de notions, comme l'intersectionnalité, comme le genre, de... Oui, de personnalités fictives, mais des personnalités réelles, des personnalités actuelles, des personnalités du passé historique. L'idée, c'est vraiment de faire un peu un mélange de tout ce que veut dire le féminisme aujourd'hui, en 2025, à mes yeux. Et je pense que ça parle évidemment à des gens qui traversent la même époque que moi et qui ont pu vivre des influences identiques. Mais moi, l'idée, c'était justement de ne pas hiérarchiser entre ce qui vient de l'université et ce qui vient de la culture populaire.
- Speaker #0
Et j'ai vu aussi que dans ton dictionnaire, tu as le mot arrogante qui revient dans Ne reste pas à ta place aussi. Donc sur le fait qu'une femme qui s'exprime serait forcément arrogante.
- Speaker #1
Oui, je pense que l'arrogance, c'est souvent une manière de disqualifier un comportement assuré, notamment d'une femme, mais de toutes les personnes qui appartiennent à des groupes minoritaires. Il y a aussi insolence dans le dictionnaire amoureux, c'est un peu dans le même ordre d'esprit. À partir du moment où on a soi sa dignité et on s'exprime avec une certaine assurance, voire une certaine fermeté, on est considéré comme arrogante, comme insolente. Et moi, ce que je voulais dire avec ces définitions, c'est qu'il ne faut pas le prendre comme une insulte. C'est justement la preuve qu'on dérange un peu le système, un système qui nous conditionne à la discrétion. Et cette discrétion-là, c'est une forme de domination, cette injonction à la discrétion. Et je ne dis pas qu'il faut forcément être exubérante. Simplement, il faut être... Je pense que quand on est capable d'asseoir sa dignité d'une manière qui déplait à la majorité, c'est pas forcément un mauvais signe. Alors ça veut dire qu'il faut aussi apprendre à accepter à déplaire, ce qui n'est pas agréable, mais je pense que ça fait partie du féminisme.
- Speaker #0
Donc mesdames, quand vous entendez que vous êtes arrogantes, c'est peut-être un compliment.
- Speaker #1
C'est souvent un compliment, oui.
- Speaker #0
Et tu vas plus loin, parce que tu as créé une école justement sur la prise de parole en public. Et on vient d'en parler, c'est important que les femmes puissent prendre la parole, prendre leur propre parole et prendre leur juste place. Et donc cette école s'appelle Word. Quelle est la méthode Word du coup pour prendre la parole au public aussi bien que Rokhaya Diallo ?
- Speaker #1
Je pense que déjà chacune, chacun a une prise de parole qui est liée à son histoire, à ses préférences. Et je pense que l'idée c'est justement de ne pas formater les gens et de leur permettre de tirer le meilleur de ça. qu'elles ont déjà en eux. Alors moi, j'ai essayé d'identifier tout ce que j'aurais adoré savoir avant de prendre la parole. Évidemment, j'ai commis des erreurs et l'idée, c'est de me servir de ces erreurs pour dispenser des cours en différentes disciplines. Alors moi, je ne donne pas tous les cours. On a une super équipe de formateurs et de formatrices et on a des cours qui vont du souffle à la voix en passant par le stylisme, le langage verbal, non-verbal. C'est... beaucoup articulés aussi autour de la pop culture, donc des battles inspirés du hip-hop, du catwalking, donc plutôt inspiré du monde de la mode. On a un cours d'écriture des discours, de communication sur les réseaux sociaux. C'est vraiment l'idée de faire un panorama assez complet de tout ce qu'implique la prise de parole, considérant que quand on est une femme, parce qu'on a une très grande majorité de femmes qui viennent nous solliciter, et quand on est une femme non-blanche, il y a d'autres enjeux, c'est-à-dire que notre apparence dit des choses. Et donc il faut en avoir conscience et réussir à composer avec ça. Donc la méthode, c'est une méthode qui est ancrée dans le réel. C'est une méthode qui ne nie pas les particularités de chacun et chacune et qui ne propose pas une forme de prise de parole un petit peu stéréotypée, un peu rigide. On travaille vraiment avec des êtres humains, avec des formateurs et des formatrices qui sont sensibles, qui sont avocats, qui sont journalistes, qui sont profs de théâtre, musiciens, musiciennes, de tous ordres, stylistes évidemment, rappeurs, humoristes. et qui travaillent avec de l'humain. Cette méthode-là a été développée notamment par le directeur de l'école qui s'appelle Benjamin Gourmel. Il a vraiment identifié à la fois les cours, les formateurs et les formatrices. L'école existe depuis trois ans et c'est formidable. Même pour moi, c'est un tel bonheur de voir à chaque fois comment on est vraiment sur de la transformation. Sur de la transformation et c'est spectaculaire. Derrière ça, il y a aussi la volonté pour moi de permettre à... La démocratisation de l'espace public, moi ce qui me peine un petit peu dans mes prises de parole, notamment dans les médias, c'est un peu le sentiment de solitude que je peux avoir. Des femmes noires, éditorialistes, à la télé, il n'y en a pas des masses en fait. Non,
- Speaker #0
vraiment pas.
- Speaker #1
Et quand j'ai commencé, j'étais souvent la seule femme, j'étais systématiquement la seule personne non blanche. J'imaginais que ça changerait avec le temps, et je suis un peu désolée de voir qu'aujourd'hui c'est encore compliqué.
- Speaker #0
Tu es toujours toute seule finalement.
- Speaker #1
Oui, parfois il y a une autre personne de gauche, on est deux, trois, mais on n'est pas beaucoup à défendre certaines positions que je peux défendre sur le féminisme, sur l'antiracisme, sur la question du racisme systémique. C'est une question qui en tout cas sur les plateaux télé fait consensus contre, c'est-à-dire que tout le monde considère, la plupart des gens, qu'il n'y a pas de racisme systémique. Donc j'aimerais aussi que des jeunes personnes prennent la relève et occupent cet espace-là, et tous les espaces publics, pour prendre la parole sur ces sujets qui sont extrêmement importants.
- Speaker #0
Et quelle est la prochaine étape alors, Rocaïa ? Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ?
- Speaker #1
Merci beaucoup déjà de me souhaiter des choses positives. J'aimerais bien en tout cas que l'école se déploie au-delà de l'Hélisagone. On a formé des personnes en Suisse récemment, à Neuchâtel, à l'initiative de l'association Mélanie Suisse. et c'était vraiment... Génial, on a formé 42 femmes, c'était incroyable. Et j'aimerais bien qu'on se déploie dans d'autres régions de France. Là pour l'instant on est très centré sur Paris, on a commencé à avoir des contacts en Martinique, mais on aimerait bien que ça s'ancre, aller en Guadeloupe, aller à la Réunion, en Guyane, enfin vraiment aller partout en France, dans notre pays et dans toutes ces contrées, et puis travailler aussi peut-être davantage avec le continent, avec l'Afrique. On commence un peu avec des masterclass, des choses peut-être moins longues que la formation complète, mais voilà, moi j'aimerais vraiment que ça se déploie en ce sens. et davantage effectivement me connecter avec les autres régions et bien on te le souhaite, vraiment merci beaucoup,
- Speaker #0
merci ça me fait chaud au coeur alors dernière question avant de te libérer Rokhaya, c'est la question du morceau qui te motive, qui te fait du bien notamment quand tu as peut-être des moments down ou alors peut-être où tu es moins motivée qu'est-ce que tu écoutes en ce moment pour te redonner la pêche ?
- Speaker #1
alors en ce moment j'écoute en boucle l'album d'Imani elle a sorti un album qui s'appelle Women Deserve Rage et elle a un morceau qui s'appelle I am who I am Merci. qui est hyper bien. Je trouve qu'il y a quelque chose de l'ordre de l'exutoire dans cette chanson. L'album, c'est un peu un cri de rage féminin, mais extrêmement fructueux et fécond. Et cette chanson-là, de s'affirmer telle qu'on est, de dire que je suis qui je suis, je suis la personne que je suis, ne vous en déplaise, ça me parle énormément. Et je trouve que c'est un hymne à la féminité décomplexée qui me fait beaucoup de bien.
- Speaker #0
On va l'écouter de ce pas. Merci beaucoup, Rokhaya.
- Speaker #1
Merci à toi, c'était un plaisir.
- Speaker #0
Ose là, les voix qui osent.
- Speaker #2
Rax Studio. Par Agence Proposite.