- Speaker #0
Bienvenue dans Grandir Bilingue, le podcast des familles qui veulent transmettre leur langue à leurs enfants sans pression et sans culpabilité. Ici, on parle de vrai quotidien. Des enfants qui comprennent mais ne répondent pas, des mélanges de langues, des moments de doute et de découragement, mais aussi des petites victoires qui changent tout et de cette merveilleuse aventure qui est le bilinguisme. À travers des histoires de famille, des témoignages et des conseils concrets, Ce podcast vous accompagne pour aider votre enfant à grandir avec deux langues et deux identités, naturellement. Je suis Audrey, créatrice des Franco-Expat et moi-même maman de deux enfants franco-allemands et toutes les deux semaines, nous discutons des vraies solutions pour soutenir le bilinguisme. Si vous aussi, vous voulez que votre enfant garde votre langue et tout ce qu'elle représente, vous êtes au bon endroit. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Aurélia, maman française en Allemagne. Bonjour Aurélia !
- Speaker #1
Bonjour !
- Speaker #0
Alors pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, volontiers. Je m'appelle Aurélia, j'ai 38 ans. J'habite à Nuremberg en Allemagne depuis maintenant 13 ans. Mon mari est allemand, je suis française comme tu l'as dit. Et on a deux enfants franco-allemands. Donc Emilia qui a 9 ans et demi et Eric. qui va avoir 5 ans cet été. Et il y a un petit troisième qui est en route et qui devrait arriver, si tout se passe bien, au début de l'automne.
- Speaker #0
Félicitations déjà pour le troisième petit bout de chou. Est-ce que tu peux nous parler d'abord de ton parcours d'expatriée ? Comment tu es arrivée en Allemagne ?
- Speaker #1
Oui, alors en fait, ça a commencé pendant mes études. J'ai fait des études en relations internationales, en sciences politiques, à Aix-en-Provence. Et on devait faire une année, c'était la troisième année, qui était obligatoire à l'étranger, obligatoirement à l'étranger. Et donc j'avais choisi l'Allemagne, Rambère, et c'est là que j'ai rencontré mon mari. Donc ça fait déjà un moment maintenant. J'avais fait un stage de neuf mois. à Nuremberg. Et ensuite, il m'a suivie en France. Donc j'étais retournée à Aix-en-Provence pour continuer mes études. Et la dernière année de mes études, on avait encore la possibilité de partir à l'étranger. Et on est partie en Suisse parce que c'était un bon compromis, parce que lui ne parlait pas allemand, il ne parlait pas français, pardon. Et moi, je voulais continuer mes études en français. C'était trop difficile pour moi de continuer les études en allemand. Donc on s'est installé à Berne, qui était un peu entre la partie romande et la partie suisse allemande. Et j'ai fini mes études à Lausanne et lui, il pouvait continuer de parler allemand. Ensuite, on a habité quelques années pas loin de Zurich pour finalement retourner à Nuremberg, où on s'était connus, où lui avait sa famille et il avait une entreprise, l'entreprise familiale qui était... sur place et il a dû retourner pour des raisons professionnelles.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, tes enfants, tu les as eus en Allemagne ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
en Allemagne. Est-ce que tu peux nous parler de la parentalité, de comment se passe la grossesse, l'accouchement, la parentalité en Allemagne ?
- Speaker #1
Oui. Alors, ma fille est née en 2016. Je n'avais pas trop de comparaisons par rapport à la France, du coup, vu que j'ai fait... deux grossesses en Allemagne. Pour le coup, j'ai une amie qui est enceinte en même temps que moi. On a un mois d'écart en date de terme et qui est suivie en France. Et c'est vrai que c'est assez marrant de voir les différences. Alors après, moi, c'est une grossesse qui est un peu plus à risque, donc elle est peut-être aussi plus suivie de ce côté-là. Mais même pour ma première grossesse où il n'y avait pas de risque particulier, j'avais l'impression que j'avais beaucoup plus de rendez-vous que les Les rendez-vous en France où il y a vraiment les trois échographies du premier trimestre, deuxième trimestre, troisième trimestre, c'est assez... Voilà, ça reste... J'ai l'impression qu'on est plus suivi en Allemagne, avec aussi plus la possibilité d'être suivi peut-être par une sage-femme, ce qui est quand même le cas en France, mais apparemment il y a quand même beaucoup de suivi un peu plus gynécologique.
- Speaker #0
Est-ce que tu as remarqué des différences ? Alors, tu nous as dit pour la grossesse. Est-ce que pour l'accouchement, justement, comme tu peux comparer avec cette copine, est-ce que tu as vu des différences ? Et ensuite, comment se passe le début de la maternité, le postpartum, etc. ?
- Speaker #1
Oui. Alors là, justement, par rapport au suivi sage-femme, c'est qu'en Allemagne, moi, j'ai accouché dans une maternité, de manière classique. Mais c'est vrai qu'on m'avait parlé, par exemple, de... Maison de naissance, que c'était beaucoup plus courant en Allemagne et en France. Par exemple, mon ami qui habite à Nice, il n'y a pas de maison de naissance. Donc, ce n'est déjà pas possible. Il y en a, je crois, juste quelques-unes dans toute la France, alors qu'en Allemagne, c'est quand même beaucoup plus répandu. Ou alors le fait d'accoucher à la maternité, mais de rentrer très rapidement à la maison. D'ailleurs, en maison de naissance, je crois qu'ils accouchent et puis ils rentrent direct quelques heures après à la maison. Ce qui n'est quand même pas vraiment le cas en France. Moi, j'avais eu une césarienne. Donc de toute façon, je suis restée plusieurs jours à la maternité. Mais c'est vrai que la grosse différence, et je pense que ça, c'est un gros plus quand on est suivi en Allemagne, c'est le suivi de la sage-femme après à la maison. Parce qu'elle vient au début de tous les jours. Et c'est vrai que c'est quand même hyper rassurant, surtout pour un premier bébé où on a quand même beaucoup de questions. On n'est quand même pas super rassurés. et puis on va pas aller pour chaque question voir le pédiatre. Donc ça, c'est vrai que j'avais vraiment apprécié et que je me suis rendu compte que c'était un luxe et que c'était pas du tout comme ça dans tous les pays. D'avoir la sage-femme qui vient tous les jours au début et puis après même encore régulièrement et pendant une longue période. Après, elle peut même revenir pour la partie diversification alimentaire, pour tout ce qui est allaitement, dès qu'il y a un problème. Elles sont joignables. sur WhatsApp, donc à toute heure. Ça, c'est vrai que je m'étais rendu compte que c'était vraiment appréciable et que ce n'était pas partout pareil.
- Speaker #0
C'est vrai, en Amman, on a vraiment cette chance d'être bien accompagné après la naissance. C'est un très gros plus, surtout pour un premier enfant. Un deuxième enfant, souvent, sauf cas exceptionnel, on peut se dire, pas forcément besoin, mais elles sont quand même là et c'est un très gros avantage quand on entend d'autres pays, les expériences de d'autres pays.
- Speaker #1
Oui, et puis pour tout ce qui est aussi dépression postpartum, elles sont bien très à l'écoute. Je pense que ça fait une grosse différence quand il y a quelqu'un qui est là et qui peut écouter et répondre rapidement aux problèmes ou du moins aider un petit peu pour les premiers temps. Sinon après, le congé maternité ou du moins le congé parental est aussi beaucoup plus long. En France, ma fille est rentrée à la crèche à un an, tout pile, parce qu'elle est au début septembre. Elle a fêté son premier anniversaire à la crèche et c'était la plus jeune de tout le groupe, alors qu'elle avait un an. Pour moi, c'était déjà assez tard. Et en fait, elle a toujours été la plus jeune parce que du coup, quand elle est passée à l'école maternelle, l'équivalent de l'école maternelle était aussi la plus jeune vu qu'elle venait tout juste d'avoir trois ans. Et après, elle est rentrée à l'école à 6 ans, juste à ses 6 ans, et c'était aussi la plus jeune de toute la classe. Donc ça continue comme ça. Alors qu'en France, avoir des bébés à 3 mois, 4 mois, c'est beaucoup plus répandu. Et ici, c'est quasiment impossible. Alors, je parle pour le sud de la Bavière, après, je ne sais pas. C'est partout pareil, mais c'était impossible de trouver une place en crèche. Peut-être 11 mois, c'était faisable, mais des bébés, ils ne prenaient pas du tout. Après, c'est vrai qu'il n'y avait pas de... Nous, c'était aussi une petite crèche. Il y avait un seul groupe. Donc en fait, ils se sont mélangés jusqu'à leurs 3 ans et l'entrée à l'école maternelle. Donc un bébé de 6 mois, c'est vrai que ce n'est pas vraiment adapté pour être avec un enfant de 3 ans qui sont quand même beaucoup plus actifs. Mais même dans des plus grandes crèches où il pouvait avoir un groupe des petits et un groupe des grands, c'est très rare d'avoir des tout-petits.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu peux nous parler du parcours bilingue de tes enfants qui grandissent donc avec le français et l'allemand, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui. Nous, on a choisi le modèle un parent, une langue. Donc moi, je parle exclusivement français aux enfants. Mon mari parle allemand. Après, moi, je parle allemand avec mon mari. Du coup, les enfants savent que je parle et je comprends l'allemand. Donc, la petite astuce, je ne comprends pas, c'est difficile. Mais voilà, dès la naissance, en fait, moi, ça ne me venait pas naturellement déjà de leur parler dans une autre langue. C'était plus facile pour moi de leur parler en français. Ça m'est venu vraiment naturellement. Et je suis restée très conséquente là-dessus. D'ailleurs, je pense que c'est... Si j'avais un conseil à donner à des parents des familles bilingues, c'est de rester conséquente. Parce que c'est difficile, c'est un combat. Et il ne faut pas abandonner, il ne faut pas lâcher. Si on reste conséquent, ça fonctionne. Et c'est vrai que je connais pas mal de familles qui ont eu tendance à abandonner parce que ça devient plus compliqué ou parce que le parent francophone parle aussi très bien l'autre langue. Donc c'est vrai que c'est plus facile de switcher quand l'enfant répond tout le temps dans la langue du pays. Mais voilà, moi je suis restée hyper stricte, ce qui n'a pas empêché ma fille de me répondre en allemand pendant très longtemps. Mais elle comprenait parfaitement les deux langues. Et il y a eu un petit déclic. On est partis pendant le congé parental pour mon deuxième, pour Eric. Donc elle avait 5 ans. On est partis en France et on est restés presque un mois chez mes parents. Et là, il y a eu un déclic qui s'est fait dans le cerveau. Je pense que c'est un peu le fait de se rendre compte qu'il n'y avait pas juste la maman qui parlait français. Elle a pu jouer avec des enfants. en français. Et quand on est rentrés, c'est sûr qu'elle a quand même continué à me parler en allemand. Encore aujourd'hui, quand je la récupère de l'école, elle a passé toute sa journée à parler beaucoup plus allemand, même si elle parle aussi français à l'école. Je pourrais revenir là-dessus. Elle a quand même encore tendance à me répondre en allemand, mais il y a eu un déclic sur le fait où elle m'a à partir de ce moment-là, beaucoup plus répondu en français. Et je pense que c'était vraiment une bonne idée de passer plus de temps, parce que mes parents habitent en France, mes frères et sœurs aussi. Donc, on a encore le contact avec la langue française. Et d'ailleurs, c'est toujours marrant de voir, à partir du moment où les grands-parents sont là, où elle va parler avec ma sœur, mon frère, elle ne leur parle pas du tout en allemand. Même quand elle va un peu réfléchir, ne plus être trop sûre d'un mot. Moi... Si c'était avec moi, elle me dirait direct en allemand. Et là, elle va chercher ces mots en français. Il y a vraiment quelque chose qui se fait dans le cerveau, qui switch. OK, cette personne, c'est une personne qui parle français. Et du coup, il n'y a plus aucun problème avec la langue. Et mon fils, alors là, c'est un petit peu différent parce qu'il a une maladie génétique très, très rare. Il y avait juste 20 cas dans le monde entier. Donc, pour le coup, ultra rare. et il a un handicap moteur et un retard de développement. Et donc, au niveau du langage, c'est un petit peu plus difficile parce qu'il ne peut pas s'exprimer en faisant des phrases complètes. Par contre, ce qui est très intéressant, et c'était aussi l'idée du podcast, de parler de la transmission du français aussi avec un enfant handicap et une transmission des fois un peu plus passive. Puisque l'enfant n'a pas forcément la possibilité de répéter, mais il entend quand même le français au quotidien. Et là, pour le coup, il comprend les deux langues de la même manière. On avait fait des tests de compréhension et il comprend très bien les deux langues. Et après, pour le langage, il s'exprime avec des mots isolés. Et d'ailleurs, c'est aussi marrant parce qu'il utilise... à la fois des mots français ou des mots allemands en fonction de la difficulté du mot. Et il va choisir un mot qui est plus facile pour lui de prononcer dans la langue de son choix. Donc, il arrive quand même à l'utiliser à son avantage et à utiliser la langue qu'il préfère. Donc, je ne sais pas, par exemple, pour donner un exemple, il ne va pas dire « monsieur » , parce que c'est un mot qui est plus difficile pour lui à dire, parce qu'il y a deux syllabes. Il va dire « man » . qui est en allemand monsieur ou homme parce que c'est beaucoup plus facile et voilà donc il choisit sa langue mais il dit encore par exemple il dit en français il dit à boire en français donc voilà c'est intéressant de voir comment l'enfant malgré son handicap et malgré le fait qu'il a peu de possibilité de répéter les mots parce que je pense que les enfants apprennent beaucoup en entendant mais après aussi en répétant Mais même sans pouvoir répéter le mot, il a quand même pu apprendre le français comme sa sœur l'avait fait, en fait, sans handicap particulier.
- Speaker #0
Alors, je rebondis sur ça, sur le fait qu'il soit handicapé, qu'il ait cette maladie. ultra rare. Comment est-ce que toi, tu as géré ça ? Alors de manière, par rapport à la langue, est-ce que tu as tout compris ? Est-ce que tu as pu aussi t'exprimer pour discuter avec les médecins ? J'imagine que c'est un vocabulaire super spécifique. Comment on peut faire par rapport à cette barrière de la langue, entre guillemets, pour déjà apprendre cette nouvelle, l'accepter, vivre avec, et puis ensuite évoluer avec ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Alors moi, j'ai l'avantage de parler assez bien allemand, donc je pense que ça a aidé. Mais c'est vrai que ce n'est pas forcément le cas pour tout le monde. D'ailleurs, on connaît une famille qui a eu plus tard le même diagnostic qu'Eric, qui habitait en Allemagne. Mais les deux parents étaient étrangers et les deux parents ne parlaient pas très bien allemand. Et en fait, ils ont quitté le pays pour rentrer dans leur pays d'origine parce que c'était... C'était trop compliqué. Ça a déjà un parcours du combattant pour obtenir un diagnostic. Nous, Eric a été diagnostiqué juste avant ses trois ans. Pendant trois ans, on ne savait pas ce qu'il avait. On a été envoyé de médecin à médecin, de spécialiste en spécialiste. Donc c'est vrai que c'est quand même assez lourd. Et quand, en plus, on ne maîtrise pas bien la langue, c'est vraiment compliqué. Donc voilà, nous, on était généralement... Pour tous les rendez-vous médicaux importants, on y va à deux. Mon mari est allemand, donc il n'y avait pas de problème. Et puis moi, je comprends quand même très bien et j'arrive très bien à m'exprimer. Mais c'est vrai que ça peut être très difficile, je pense, quand on ne maîtrise pas bien la langue.
- Speaker #0
Et est-ce que tu as aussi remarqué des différences culturelles, je dirais, entre la prise en charge, la gestion d'une maladie, de manière générale, peut-être du handicap, alors toi, par rapport à la France ?
- Speaker #1
Alors, sur le quotidien, les rendez-vous médicaux, je n'ai pas trop de comparaisons, vu qu'il est né aussi en Allemagne. Par contre, sur le thème maladie rare, la France est beaucoup plus en avance que la Magne là-dessus. Tout le monde connaît, par exemple, le Téléthon, avec aussi après le Généthon pour les maladies génétiques. C'est quand même dans l'opinion publique, tout le monde le connaît. Chaque année, ils récoltent des millions de dons. Il y a des personnalités publiques qui participent. Et c'est aussi au niveau étatique. L'État subventionne aussi et donne beaucoup de subventions dans ce secteur, ce qui n'est pas du tout le cas en Allemagne, où il y a des fondations, des associations qui ont été créées, mais elles n'ont pas du tout le même budget. Et c'est... On a l'impression que la France est un petit peu plus en avance là-dessus.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, tu m'as dit que vous avez monté une association par rapport à la maladie de ton fils. Tu peux nous parler de ton association ?
- Speaker #1
Oui, volontiers. En fait, on nous a parlé de ce diagnostic. On s'est dit qu'on allait trouver le spécialiste de la maladie. On nous avait dit dès le départ que si c'était une... Une maladie rare, généralement, il n'y avait pas beaucoup de cas et il faudrait sûrement aller à l'étranger pour rencontrer le spécialiste de la maladie. Et en fait, nous, c'était une maladie tellement rare qu'il n'y a pas de spécialiste, il n'y avait pas d'organisation de patients, il n'y avait pas d'association, il n'y avait quasiment rien. En fait, la maladie avait été nommée, on va dire, pour la première fois en 2016. Donc ça faisait quand même déjà pas mal d'années que cette maladie avait un nom, mais il n'y avait quand même rien qui avait été fait. Il y avait très très peu d'articles scientifiques dessus. Et la seule chose qu'il y avait, c'était une page Facebook privée qui avait été créée par une fondation américaine, où là, il y avait quelques familles qui s'étaient rassemblées, mais il y avait peut-être une dizaine de familles. Et puis c'était à peu près tout ce qui existait. Donc voilà, on s'est dit, si on ne le fait pas, apparemment, il n'y a personne qui le fera. Sachant que les peu de cas qui existent, ils sont éparpillés un petit peu partout dans le monde. Et nous, on a quand même la chance d'habiter dans un pays développé, d'avoir accès à un système de santé. Relativement correct. Je ne vais pas non plus dire que le système de santé allemand est parfait parce qu'on a beaucoup de difficultés pour beaucoup de choses. Mais voilà, par rapport à d'autres familles qui devaient combattre d'autres problèmes. et qui n'avaient pas du tout la possibilité de faire ce genre de choses, on s'est dit que c'était peut-être à nous de le faire. Et donc, on s'est lancé dans la création d'une organisation à but non lucratif qui s'appelle la HADS Foundation. HADS, c'est le nom de la maladie. Pour hypotonia, ataxia, developmental delay, and tooth enamel defect syndrome. La lipotonie, c'est un faible tonus musculaire. La taxie, c'est le problème de balance, d'équilibre, de coordination. Et puis après, retard de développement et un problème sur les mailles dentaires. Et voilà, donc on a créé cette organisation qui a fêté hier, c'est un an. C'est encore tout récent. C'est une organisation qui est là à la fois pour soutenir les familles concernées et surtout pour faire avancer la recherche. Parce qu'en fait, cette maladie est due à une mutation sur un gène qui s'appelle le gène CTBP1. Et ce gène est particulièrement intéressant, il est assez fascinant d'ailleurs dans le corps humain. Ce qui n'est pas comme la plupart des gènes, il a une fonction quand même plus élargie. agit un petit peu comme un interrupteur sur nos cellules et donc décide de quels gènes sont actifs, sont activés et quels gènes ne le sont pas. Et en fait, quand ce système se dérégule, ça peut aussi mener à d'autres maladies et d'autres maladies qui touchent le grand public, comme le cancer, les maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson ou même l'autisme. C'est un gène qui est très intéressant parce qu'en faisant avancer la recherche sur ce gène, on ne va pas forcément aider seulement les 20 familles un peu éparpillées dans le monde entier, mais peut-être aussi faire des avancées plus intéressantes sur des maladies qui touchent un grand nombre de personnes. C'est un gène qui intéresse les chercheurs et on essaye de pousser un petit peu, de financer la recherche pour en apprendre plus sur le gène. Et du coup, en en apprenant plus sur le gène, on en apprendrait aussi plus sur la maladie, avec bien sûr un espoir de trouver un traitement, vu que ce n'est pas le cas actuellement, et que c'est une maladie neurodégénérative. Et rien que les deux dernières années, il y a déjà trois enfants qui sont décédés. Donc voilà, ça donne un petit peu de l'espoir, en espérant faire avancer les choses.
- Speaker #0
On croise les doigts pour que ça avance en tout cas. Et d'ailleurs, est-ce qu'il y a possibilité de vous soutenir ? Tu as dit qu'il y a une trentaine de cas dans le monde, donc c'est extrêmement rare, mais je pense qu'il y a plus de gens qui pourraient vous soutenir. Est-ce qu'on peut, je ne sais pas, vous faire des dons ou comment on peut vous soutenir ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, on peut faire un don. On a un site internet où on peut faire un don en ligne via une plateforme sécurisée, soit par Paypal, soit par carte de crédit, soit par virement. Et étant donné qu'on est une organisation à but non lucratif, on peut émettre des... des quittances, des reçus fiscaux, et pour déduire le don de ces impôts.
- Speaker #0
D'accord. Le lien, je le mettrai dans la description, et voilà, qui veut aider pourra vous soutenir dans ce combat.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors, on va revenir un peu à la transmission de la langue et de la culture. Tu as dit que ça se passe quand même bien, mais est-ce que vous avez, par rapport à ton fils, est-ce que toi, tu as quand même fait... des choses différemment que ce que tu as fait avec ta fille pour lui permettre d'apprendre le français ?
- Speaker #1
Alors, pour le coup, c'est peut-être... Je suis peut-être un peu moins stricte parce que vu qu'il y a des mots qu'il arrive... Il a des problèmes d'élocution. Et donc, il y a des mots qu'il n'arrive pas à prononcer. Et donc, il choisit son mot en français ou en allemand. Et donc... Je suis déjà contente quand il arrive à prononcer un mot, donc je vais soutenir, même si c'est un mot allemand, je vais quand même le soutenir et le répéter en allemand pour l'aider à développer le langage, ce que je ne faisais pas du tout avec ma fille quand elle me parlait en allemand, même si elle savait très bien que je comprenais le mot, je répétais toujours en français. Donc c'est vrai que là, pour Eric, je suis un petit peu moins stricte parce que voilà, tant qu'il y a un mot qui sort, c'est déjà très très bien. Et je vais le supporter. Par contre, j'ai fait pareil que pour ma fille à l'époque, la lecture du soir, le livre du soir, que en français. Peu importe si le livre était en français ou en allemand. Moi, je le... traduisait dans ma tête. Je le lisais en français. Ma fille, on a lu un livre tous les soirs pendant des années et des années. Maintenant, elle lit très bien. Elle lit toute seule. Mais ça, j'ai continué à le faire aussi pour mon fils. Ou la télé. À partir du moment où ils ont eu le droit de regarder la télé, c'était aussi que la télé en français. Petit ours brun, je connais le générique par cœur. Allez, attention, voilà quelqu'un ! En plus, on regardait sur YouTube, donc il n'y avait pas non plus, comme maintenant, avec d'autres plateformes de streaming où on a de nombreux, nombreux épisodes qui sont généralement toujours les mêmes. Mais voilà, ou les pattes patrouilles qui ont été aussi regardées en français. Donc voilà, je pense que c'est des petites astuces qui reviennent régulièrement. Les choses qui sont associées au plaisir. Les enfants, ils veulent regarder la télé, de le laisser... En français, ça serait que ça a bien fonctionné aussi pour les deux.
- Speaker #0
Je crois que je pourrais aussi répéter les épisodes de Petit Ours Brun par cœur. Ça a été très, très aimé ici. Alors, tout à l'heure, tu nous disais que ta fille, elle a un parcours un peu français avec son école. C'est ça qu'elle a plus de français ? Est-ce que tu peux nous expliquer exactement ce que c'est ?
- Speaker #1
Oui. Alors, à Nuremberg, il n'y avait pas de crèche. ou d'école maternelle bilingue, ce qui a un petit peu changé depuis, parce qu'il y a deux ans, il y a une crèche école maternelle bilingue qui a ouvert à Stein, qui est d'ailleurs à cinq minutes de Genoux. Ça aurait été, mais c'était trop tard pour les deux premiers, peut-être pour le troisième. Donc, ce n'est pas Nuremberg, c'est un village qui est à côté, mais qui est vraiment collé à la ville de Nuremberg. Et à Erlangen aussi, qui est la grande ville plus au nord, si je ne me trompe pas, de Nuremberg. Là aussi, il y a une crèche-école maternelle qui a ouvert, je crois, l'année dernière. Donc, c'est aussi assez récent. Mais bon, moi, à l'époque, il n'y avait rien du tout. Donc, elle est allée dans un système scolaire allemand classique avec crèche et ensuite école maternelle. Et par contre, il y avait une classe bilingue franco-allemande. Donc, c'est une école allemande de la ville classique. mais avec un programme de la Bavière, où il y a 11 écoles maintenant dans toute la Bavière qui participent. Et donc cette classe, il y a d'ailleurs le même système avec l'anglais, ils ont aussi allemand-anglais. Après, ça dépend un petit peu de l'école et puis surtout de l'instituteur. Donc nous, pour Emilia, elle a eu la première et deuxième année, donc qui correspond au CP et au CE1. avec une maîtresse qui était vraiment bilingue. Donc, elle utilisait le français et l'allemand au quotidien, en switchant dans les deux langues. D'ailleurs, au début, c'est marrant, parce qu'elle était nouvelle dans cette école. C'était la première année qu'elle prenait la classe bilingue. Et elle disait qu'au tout début de l'année, elle traduisait tout. Elle parlait en allemand, et après, elle traduisait en français, ou le contraire. Et qu'elle s'était rendue compte rapidement que ça n'allait pas être faisable, parce qu'elle perdait beaucoup trop de temps. Mais après, il faut aussi s'adapter au profil des élèves. Nous, c'est vrai que la première année, il y avait à peu près la moitié des enfants qui parlaient français et allemand. La moitié qui parlaient que allemand, puisque c'est ouvert à tous les enfants. Et il y avait un enfant qui ne parlait que français. Donc, c'est vrai que pour l'institutaire, il fallait aussi s'adapter au profil un petit peu particulier des élèves. Mais bon, ça, c'est vrai que c'était l'idéal. Parce qu'elle pouvait switcher dans les deux langues au quotidien. Donc elle faisait par exemple le Morgenkreis. Je ne sais pas comment ils traduisent ça en français. L'accueil au début quand ils disent bonjour. Quel temps il fait ? Quel jour on est ? Ça elle faisait par exemple tout le temps en français. Après elle allait faire une matière. Par exemple les mathématiques en allemand. Après elle faisait du français. Donc ça, ça a été pendant les deux premières années. Parce que la différence aussi... En Allemagne, c'est que généralement, le CP et le CE1 sont avec le même instituteur ou même institutrice. Et ensuite, la troisième et quatrième année, ils changent et ils restent aussi deux ans avec la même personne, ce qui a été le cas pour nous. Et ensuite, quand elle est passée en troisième année, donc en CE2, là, c'était une maîtresse allemande et une maîtresse française. Donc, c'était un petit peu différent. Il y avait certaines matières, par exemple la musique qui était enseignée en français, plus le français en tant que matière. Après, ils avaient régulièrement aussi des stagiaires qui venaient de France et qui allaient faire des exercices particuliers en français. Donc ça, c'est vrai que ça a été quand même un... Un changement, je pense, pour elle de se rendre compte que voilà, il y avait aussi d'autres enfants qui étaient dans la même situation qu'elle et qui étaient aussi bilingues, avec aussi un des deux parents ou parfois les deux parents français.
- Speaker #0
Et en plus, l'avantage, c'est qu'en plus de ce programme de la Bavière, il y avait aussi un programme de la ville de Nuremberg où les Français de langue maternelle française pouvaient avoir, une fois par semaine, dans les locaux de la même école, deux heures de français avec un professeur langue maternelle. Et ça, c'était vraiment en tout petit groupe, parce que c'était que pour les francophones. Et ça, ça a aussi été un gros plus parce que c'est là, en fait, où ils ont appris à lire et à écrire. Donc, en Allemagne, ils avaient décidé de faire l'apprentissage de la lecture à partir de la deuxième année pour ne pas le mélanger avec l'apprentissage de la lecture en allemand, qui est très, très, très différent de l'apprentissage français, ce qui n'a pas du tout les mêmes sons. ça écoute au début, quand elle avait commencé à apprendre à lire en allemand, moi j'avais aussi mes livres en français, j'essayais un petit peu de lire avec elle, et je me rendais compte que ça fonctionnait pas du tout, parce que le O et le I ça fait OUA, le O et le U ça fait OU, ça existe pas du tout en allemand. Donc c'était compliqué, donc je pense que c'était une bonne idée de vraiment dire, bon, la première année on se concentre sur l'apprentissage en allemand, de la lecture. Et à partir de la deuxième année, ils ont commencé l'apprentissage en français. Et pour les parents, c'était quand même un gros avantage de ne pas avoir à faire ça à la maison. Parce que c'est vrai que j'aurais quand même bien aimé qu'elles apprennent à lire en français. Mais c'est quand même... Voilà, il faut s'y mettre, il faut se poser après l'école. Il faut avoir une méthode. Donc voilà, j'ai délégué cette partie. Et je pense que c'était très bien. Et après, ils ont commencé aussi tout doucement l'apprentissage de l'écriture. Alors là, on voit maintenant, elle arrive à lire aussi en français, pas avec le même niveau, c'est sûr que l'allemand. En allemand, elle peut lire déjà des gros romans. En français, elle lit des livres qui sont un peu plus faciles. Mais ça fonctionne quand même très bien. L'écriture, c'est un petit peu plus difficile. Quand elle écrit, il y a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup de fautes d'orthographe. Mais voilà, là, elle va passer à l'équivalent du... collège-lycée l'année prochaine et elle va avoir le parcours classique du français à l'école. Je pense que la première année, ça va être très facile pour elle. Mais à ce que j'ai entendu, c'est que le niveau montait quand même très rapidement et donc là, elle va continuer à apprendre à lire et à écrire dans le système scolaire allemand. C'est vrai qu'on était très contents. On a quand même longtemps réfléchi parce que c'était une école qui était beaucoup plus loin que l'école du quartier. On devait faire les allers-retours tous les jours. Mais finalement, on ne le regrette pas parce que je pense que ça l'a vraiment aidé. Et puis même au niveau culturel aussi, je pense que c'est toujours bien aussi de voir qu'on n'est pas les seuls à parler plusieurs langues. L'école est très impliquée aussi dans les fêtes franco-allemandes. Une fois par an, ils font une grande fête pour l'amitié franco-allemande où les enfants ont des croissants, où il y a des crêpes. Ils font des activités dans chaque classe sur la France, sur des petits workshops, ce genre de choses. Il y a une journée où ils font des lectures. pour les enfants où les parents peuvent venir et lire un livre. On pouvait aussi lire des livres en français. Donc l'école était déjà très ouverte à ça. Donc ça devenait une... C'était pas quelque chose de particulier, ça devenait la normalité. Et en plus de tout ça, elle était déjà bien dans le bain français, il y a une association de francophones à Nuremberg qui est très active, qui s'appelle l'UFF, l'Union des Français de Franconie. et qui propose beaucoup de choses pour les francophones de la région. L'activité phare s'appelle la petite école française, qui est tous les vendredis après-midi de 15h à 17h, où les enfants peuvent aller. J'avais noté le nombre de classes actuellement, parce que c'est quand même assez impressionnant. Elle est très... classe avec 180 enfants inscrits. C'est déjà quand même pas mal. Avec plein de nationalités différentes. Du coup, c'est pas que des Français, c'est vraiment francophone au sens large. Et mes deux enfants, ils sont allés dès leur plus jeune âge, puisqu'il y a un groupe pour le mini-club, pour les 0-2 ans. Et puis après, il y a toutes les classes, en fait, de la toute petite section, où c'est encore avec les parents. Et après, la petite section, sur le système français, petite section, moyenne section, grande section, et ça jusqu'à la fin du primaire. Et puis après, les enfants ont même la possibilité de devenir assistants dans les classes pour les plus grands, où ils viennent assister. la maîtresse ou le maître et continuer encore dans la petite école française. Donc ça, c'est vrai que c'est vraiment super sympa. Au début, c'est aussi bien entendu sur des groupes ludiques où il y a beaucoup de chansons, de lecture de livres en français, des fêtes françaises, la galette, les crêpes, ce genre de choses. Et puis, il commence aussi l'apprentissage de... de la lecture à partir de la deuxième année. Et puis l'association fait aussi beaucoup de choses. Il y a par exemple un groupe qui s'est créé qui s'appelle les Papoteurs, où c'est des familles francophones qui se rencontrent un dimanche par mois et font des activités en famille. Et puis il y a des activités aussi pour les adultes, avec des... des restaurants, des cours de yoga, des soirées karaoké. Il y a même un groupe pour les seniors, un groupe de lecture, un cercle littéraire. Donc, pour avoir écouté plusieurs de tes podcasts, c'est vrai que je me suis rendu compte qu'on avait la chance de ne pas être isolé. Et que c'est vrai qu'on peut se retrouver dans un pays, même quand on est éloigné de la capitale. Des fois, dans la capitale, il y a un lycée français. Mais quand on se retrouve dans un petit village assez éloigné, on peut être les seuls Français. En fait, tout repose sur le parent francophone pour garder ce maintien de la langue. Et nous, on a quand même été bien aidés de ce côté-là.
- Speaker #1
Oui, visiblement, il y a l'air d'y avoir du monde à Nuremberg. Est-ce que tu as une idée à peu près de combien de familles francophones il y a ? Ou de francophones de manière générale à Nuremberg ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, je n'ai pas de chiffres. Je crois qu'à un moment, mais c'était il y a quelques années, j'avais entendu 1500 Français à Nuremberg. Mais après, ça ne prenait en compte que Nuremberg, je crois, parce qu'après, il y a aussi Fürth, Erlangen, où ça fait un peu une métropole. Et à Erlangen, il y a aussi beaucoup de Français, parce qu'il y a aussi des grandes entreprises internationales, Adidas, Puma, où il y a aussi pas mal de Français. Donc, ils sont plus dans le nord. Et l'Institut à Erlangen, un institut français qui est aussi très actif et propose aussi beaucoup de choses pour les francophones.
- Speaker #1
D'accord. Et donc à Nuremberg, il y a aussi beaucoup d'entreprises internationales, ce qui explique la forte communauté francophone ?
- Speaker #0
Moins, je pense, que les grandes entreprises au nord. Apparemment, il y a quand même une bonne communauté de Français.
- Speaker #1
Bon, ils sont là parce que c'est une jolie ville, on va dire. Ou la ville est belle. Alors, est-ce que tu aurais des conseils pour les... Alors déjà, dans la transmission du français, et on va revenir spécifiquement à ton fils qui a cette maladie en plus, pour accompagner ses enfants, pour quand même transmettre sa langue, sa culture, qu'il ait quand même cette multiculturalité en lui.
- Speaker #0
Je pense que quand on a de la famille encore en France, ça aide aussi beaucoup. Parce que je sais que moi, mes enfants sont très attachés à mes parents en France. On téléphone régulièrement. Maintenant, avec la vidéo, c'est encore plus facile. Donc c'est vrai que ça permet de garder un lien. Et ce n'est pas à nouveau juste un parent qui parle français. Et je l'ai dit tout à l'heure aussi, mais de rester vraiment conséquent. On sait qu'il y a des enfants qui vont à un moment refuser la langue, qui vont peut-être plus vouloir du tout la parler, mais ils continuent à l'entendre et ça s'enregistre quand même quelque part et ça finit un jour ou l'autre par ressortir. Je pense que quand ils sont petits, ils... Ils ne le voient pas forcément comme un avantage, mais bon, après, ils s'en rendent compte quand même assez rapidement en grandissant. Moi, ça a été le cas pour moi parce qu'en fait, ma mère était déjà bilingue. Donc, sa mère, elle, était française et son père était allemand. Elle est née en Allemagne, mais elle est venue rapidement. Ils sont venus rapidement s'installer en France, je crois qu'elle avait dans les 13 ans. Et en Allemagne, elle était aussi dans une école française. Donc, le français était quand même plus présent. Et quand je suis née, j'ai aussi un frère et une sœur, elles ne nous ont jamais parlé en allemand. Et en fait, moi, je me suis dit, pour mes enfants, je ne veux pas ça. Je veux qu'ils aient les deux langues parce que je trouve que c'est un avantage. Et moi, il y avait en plus le fait que ça ne me venait pas naturellement. Elle, c'était le contraire. Ça ne lui venait pas vraiment naturellement de nous parler en allemand parce qu'elle habitait depuis longtemps en France. Mon père ne parlait pas du tout l'allemand, donc elle ne voulait pas non plus l'isoler. Mais c'est vrai que je l'ai toujours un peu regretté. Après, ça a peut-être aidé quand même parce que je l'entendais à nouveau de manière passive quand elle parlait avec sa mère, donc ma grand-mère, mais je ne le parlais pas du tout. Et quand je suis arrivée en Allemagne, je ne parlais pas allemand. Je l'ai appris à l'école et puis après sur place. Mais peut-être que ça a quand même aidé au fait que j'ai pu... plus facilement apprendre la langue, le fait de l'avoir entendue quand j'étais petite. Et voilà, c'est vraiment un conseil que je donnerais, c'est de continuer et de ne pas abandonner, même si des fois, on peut avoir l'impression que c'est un combat ou que les enfants n'ont pas envie. Ça finit, il y a toujours un moment où ça finit par se débloquer et on est content de ne pas avoir abandonné finalement à la fin.
- Speaker #1
C'est ce qu'on retient toujours, c'est en effet ne pas lâcher. Je crois que c'est ce qu'on dit dans tous les épisodes, mais c'est bien de faire une piqûre de rappel à chaque fois, en effet. Alors, pour finir, est-ce que tu as une anecdote du bilinguisme ou multiculturelle de tes deux enfants ?
- Speaker #0
Oui, j'avais un petit peu réfléchi, essayé de retrouver les petites expressions rigolotes. Je me suis rappelé qu'une fois, ma fille, elle devait avoir 4 ans. Elle avait traduit une expression française en allemand. Elle avait dit « Es ist kalt wie ein Canard » . Il fait froid comme un canard. Il fait un froid de canard. J'avais trouvé ça trop mignon. Ou alors, elle change le mot. Une fois, elle avait trouvé une coquille d'escargot dans le jardin. Et puis, elle m'avait regardée en disant « Oh, c'est une bonne trouvation ! » où elle avait dit aussi une fois ça Ça picole au lieu de ça picote. Il y avait quelque chose qui lui picotait le bras. Elle disait ça picole. Non, ce n'est peut-être pas le bon mot pour le coup. Elle m'avait sortie aussi une fois. Et ça, je trouvais que c'était très culturel aussi. Parce que la France est quand même connue dans le monde entier pour ses baguettes. Pour son bon... Bonne baguette française. Et en Allemagne, il y a beaucoup de bon pain. Mais c'est plus... Des pains noirs, du pain complet, la baguette. En tout cas, à Nuremberg, on ne trouve pas de très, très bonnes baguettes. Et on était en France et elle m'a sorti. Maman, est-ce qu'on pourra acheter le long bâton comme hier ? En fait, elle parlait de la baguette. C'est pas le mot baguette. J'étais un petit peu choquée pour une Française. Le long bâton, ça m'avait fait rigoler. Sinon, j'ai une dernière petite anecdote qui est toute récente de la semaine dernière. Je ne sais pas si c'était très podcast friendly, mais elle était en train de ranger ses affaires dans sa chambre, les habits qui traînaient. Et elle prend une robe et elle me dit « Maman, cette robe, elle pue la mort ! » Du coup, j'étais juste choquée. Je me suis mise à rigoler. Et là, elle me regarde, toute étonnée. Elle me dit « Bah quoi ? C'est toi qui as dit ça la dernière fois ? » Et là, pour reprendre le fait que les enfants apprennent de manière passive, je n'ai certainement pas appris cette expression, mais j'ai dû le dire une fois comme ça, et elle a retenu. C'est vrai que c'est rigolo, ça montre bien que les enfants, ils écoutent tout le temps, même quand on a l'impression qu'ils n'écoutent pas, les oreilles sont partout, et ils retiennent beaucoup plus de choses qu'on ne le pense.
- Speaker #1
C'est là qu'on voit en effet qu'ils sont des miroirs. Et quand c'est en français notamment, on ne peut vraiment pas rejeter la faute sur quelqu'un d'autre. C'est qu'a priori, on a nous-mêmes dit ça. Donc je pense que ça, ça parle à beaucoup de parents en effet. Parce qu'il y a en effet beaucoup de choses qui peuvent échapper par hasard et qui sont tout de suite retenues. Il n'y a jamais de problème pour être retenue.
- Speaker #0
C'est ça. C'était sûr que ça venait forcément de moi.
- Speaker #1
Je te dis merci pour tout ce que tu nous as raconté déjà ces années d'autres rigolotes c'est toujours très rigolo à entendre et aussi tout ce que tu nous as dit sur ton fils comment les soutenir et comment gérer ça au quotidien parce que j'imagine que c'est loin d'être facile surtout quand on n'est pas dans son pays à soi, loin de sa famille, loin de ses repères donc merci pour tout ça Merci de m'avoir invité,
- Speaker #0
c'était très sympa
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de Grandir Bilingue. Si cet épisode vous a parlé, pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochains, à laisser 5 étoiles et à le partager autour de vous. N'hésitez pas non plus à partager en commentaire ou en message privé votre expérience. Transmettre une langue à son enfant est une incroyable aventure qui génère aussi beaucoup de questions et vous n'êtes pas seul à vivre cette expérience. Retrouvez en description différentes ressources pour vous accompagner au quotidien. Un groupe Facebook pour parents d'enfants bilingues, une newsletter sur le bilinguisme et le site des franco-expats avec d'autres ressources et des offres concrètes pour soutenir le français chez vos enfants. A bientôt pour un nouvel épisode de Grandir Bilingue !