- Speaker #0
Bienvenue dans Grandir Bilingue, le podcast des familles qui veulent transmettre leur langue à leurs enfants sans pression et sans culpabilité. Ici, on parle de vrais quotidiens, des enfants qui comprennent mais ne répondent pas, des mélanges de langues, des moments de doute et de découragement, mais aussi des petites victoires qui changent tout, et de cette merveilleuse aventure qu'est le bilinguisme. A travers des histoires de famille, des témoignages et des conseils concrets, Ce podcast vous accompagne pour aider votre enfant à grandir avec deux langues et deux identités, naturellement. Je suis Audrey, créatrice des Franco-Expat et moi-même maman de deux enfants franco-allemands et toutes les deux semaines, nous discutons des vraies solutions pour soutenir le bilinguisme. Si vous aussi, vous voulez que votre enfant garde votre langue et tout ce qu'elle représente, vous êtes au bon endroit. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Cécilie, une maman qui nous vient de Nouvelle-Zélande. Bonjour Cécilie !
- Speaker #1
Bonjour !
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors je m'appelle Cécilie, je suis mariée à un Français. J'ai un petit garçon de deux ans et demi qui est né en Nouvelle-Zélande, donc qui est donc Kiwi, qui n'a pas encore la double nationalité. Et je suis en Nouvelle-Zélande. Je suis venue une première fois en 2018. Je suis partie deux ans à Vancouver et je suis revenue depuis 2021. Ça va faire cinq ans et demi. Six ans en tout.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu peux nous parler peut-être un peu plus en détail de ton parcours d'expatriée ? Qu'est-ce qui t'a amenée en Nouvelle-Zélande ?
- Speaker #1
Bien sûr. Je viens de Paris. J'ai travaillé une bonne quinzaine d'années à Paris. J'ai fait des études supérieures là-bas. Et j'ai rencontré mon mari et on est allé au collège ensemble. Et on s'est toujours dit qu'on allait partir vivre une aventure. Et à l'époque, les PVT étaient un petit peu nouveaux, pas encore super à la mode. Et on s'est dit qu'on allait partir en PVT en Nouvelle-Zélande. On s'ennuyait terriblement à Paris et on avait envie de vivre quelque chose d'extraordinaire. On est parti en Nouvelle-Zélande, on a fait un road trip sur les 12 mois de notre PVT. on a aussi travaillé dans des fermes, on a fait aussi des... Mon mari est ingénieur, moi je suis dans l'assurance. On a eu la chance de pouvoir travailler dans nos secteurs parce qu'on avait quand même un bon niveau d'anglais. Et ensuite, on a décidé d'aller faire PVT en Canada. Et entre le PVT Nouvelle-Zélande et Canada, on devait faire un tour du monde et aller au Laos, Cambodge, prendre le Transsibérien, etc. Malheureusement, le Covid est arrivé et on a dû annuler nos plans. Et donc, on s'est retrouvés deux semaines coincés en France et on s'est dit que ce n'était pas possible. Donc, on est partis. J'ai eu la chance d'être au sort pour le PVT. Et donc, on est partis tous les deux du jour au lendemain. Et heureusement, parce que deux jours après, ils fermaient les frontières françaises et canadiennes. Et on est restés deux ans à Vancouver. Et en fait, ça ne nous a pas plu du tout. Au bout de deux semaines, on savait déjà que ce n'était pas pour nous. Et en plus, pendant le Covid, on ne pouvait pas voyager, on ne pouvait pas sortir de la province. Donc on a travaillé, on a mis des sous de côté et le premier jour où ils ont réouvert les frontières en Nouvelle-Zélande, on est reparti en Nouvelle-Zélande en visa touriste et on a cherché difficilement du travail pendant tout le temps de notre visa et on a eu la chance, comme mon mari est ingénieur, de trouver un travail qualifié. On a été sponsorisés, il a été sponsorisé et puis moi comme j'étais avec lui je me suis rattachée au visa. Et voilà, et depuis, on est en Nouvelle-Zélande à Crash Search et on a eu notre petit garçon, on a acheté notre maison et on ne veut plus bouger.
- Speaker #0
Et est-ce que vous avez un droit de rester permanent, un visa permanent ou quelque chose comme ça ?
- Speaker #1
Oui, alors en fait, à l'époque, je crois que ça existe toujours, il y avait quelque chose qu'on appelait la Green List, qui n'était que des postes où ils recherchaient des gens. Et ingénieur mécanique, puisque c'est ce que me fait mon mari, était dans la liste. Et donc, il a trouvé, donc on a eu la résidence, donc on appelle ça une fast track residency, donc un process court pour avoir la résidence. Donc, on l'a eu en moins de deux mois. Et depuis, on est sur la résidence permanente. Donc, en fait, dans deux ans, on peut demander notre citoyenneté.
- Speaker #0
D'accord. Et est-ce que c'est le projet ?
- Speaker #1
C'est absolument le projet. Absolument.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux, je reviens sur le PVT, est-ce que tu peux nous... décrire un peu ce que c'est pour ceux qui, moi j'avoue, je ne connais pas vraiment ce système non plus, qu'est-ce que c'est et comment on peut l'avoir, etc.
- Speaker #1
Bien sûr, c'est un permis vacances-travail, Working Holiday Visa. Il y en a dans beaucoup, beaucoup de pays. C'est un accord entre la France et certains pays. Donc, actuellement, la mode, il y a la Corée du Sud, il y a le Japon, il y a le Brésil, il y a plein, plein, plein de pays. Et celui qui a lancé vraiment bien cette mode-là, c'était le Canada et les deux pays, c'était le Canada et la Nouvelle-Zélande. Et quand nous, on est partis en 2018, ça commençait vraiment à... tout juste à devenir vraiment populaire. Aujourd'hui, c'est vraiment très populaire. Il y a beaucoup de jeunes qui l'utilisent. Et en gros, c'est en fonction des pays. Donc, ça peut être jusqu'à l'âge de 34 ans, 32 ans, 30 ans. Ça dépend des pays. On peut partir dans le pays, avoir des droits de travail. Donc, on a le droit de travailler. Donc, pas dans la petite enfance et pas dans certains secteurs, mais on a le droit de travailler. Et en même temps, c'est des vacances. Donc, voilà, on a le droit de visiter le pays comme on a envie.
- Speaker #0
Ça fait quand même un petit peu envie.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
On va revenir maintenant un peu à la vie parentale et la maternité. Donc, tu as dit que tu as accouché en Nouvelle-Zélande. Est-ce que tu peux nous parler de la grossesse, de l'accouchement, du post-partum en Nouvelle-Zélande ? Comment est-ce que ça se passe ?
- Speaker #1
Ça a été difficile pour moi d'accepter d'avoir mon enfant sans ma maman, sans la famille du tout. Donc, ça a été quelque chose qu'on a… C'est une décision qu'on a prise ensemble, mais ça n'a pas été très, très facile pour moi. Donc je suis tombée enceinte, avec un bonheur certain, et je ne m'étais absolument pas renseignée sur trouver une sage-femme, comment ça se passait en Nouvelle-Zélande. C'était inconnu pour moi. Et donc j'ai des amis qui m'ont dit « bon, il faut que tu contactes ta sage-femme, machin, tout ça » . Donc j'ai regardé sur Internet, et c'est très facile en fait. On contacte une sage-femme, on a une sage-femme dédiée, on a plusieurs rendez-vous sur plusieurs mois. Et puis, on peut décider d'accoucher à la maison, d'accoucher à l'hôpital ou dans un centre particulier qui n'est donc pas vraiment un hôpital, mais pas la maison, donc un entre-deux, qui sont des centres de maternité. Et moi, j'avais prévu d'accoucher là parce qu'on peut accoucher dans une baignoire, dans une piscine, pardon. Et j'avais prévu tout ça, mais malheureusement, j'ai eu un diabète gestationnel qui a fait que je nécessitais un accouchement à l'hôpital. Et heureusement d'ailleurs parce que mon fils est né avec une détresse respiratoire qui aurait pu provoquer la fin de sa vie et il a été aux urgences néonatales et voilà l'accouchement s'est bien passé c'est vrai que c'est quand même très particulier d'accoucher dans une autre langue que la sienne quand on est dans un moment si difficile j'ai eu la chance d'avoir un mari qui parlait français qui a pu quand même aider et un mari très aidant. Donc, il a fait la passerelle quand j'étais vraiment dans le mal et que je n'arrivais plus à parler anglais. Parce qu'à un moment, le cerveau n'arrive plus à switcher sur une autre langue. Et j'ai eu la chance de ça. J'ai trouvé que même si j'ai accouché à l'hôpital, c'était très doux, c'était très bienveillant comparé à toutes les histoires que j'ai eues sur la France. Ça a été... particulièrement bien passé vu la difficulté de l'accouchement. J'ai eu quand même 36 heures de travail. Et j'ai pu refuser une césarienne qu'on m'avait demandé. Donc ça, c'est quelque chose qui est rare en France. On refuse rarement la césarienne. Et voilà, ça s'est super bien passé. Le postpartum a été difficile. Disons que mon mari n'a pas tout de suite compris. qu'il était devenu papa en fait, et qu'il avait des nouvelles responsabilités. Et moi, je me suis sentie très seule en français parce que je n'avais pas ma mère, je n'avais pas ma famille avec moi. Et donc, je me suis sentie seule. Heureusement, j'ai trouvé un groupe de femmes françaises qui ont accouché à peu près au même moment et on s'est soutenues. Et ça fait énormément de bien parce que même si l'anglais, ce n'est pas un problème, parler dans sa langue humaine À soi, quand on est dans des moments si difficiles, c'est pire aussi. Et voilà. Aujourd'hui, je vis ma maternité avec bonheur. Tel bonheur que je suis devenue moi-même consultante en parentalité et en conseil en allaitement. Je conseille les mamans françaises et non françaises ici en Nouvelle-Zélande. Une chose que je n'ai pas mentionnée, mais qui est très différente de la France, c'est l'allaitement. Donc moi je milite pour un allaitement long et pour un allaitement naturel. Et ici en Nouvelle-Zélande, c'est exactement l'inverse de la France. C'est-à-dire qu'ici l'allaitement c'est plus courant que ne pas allaiter. Les mamans allaient partout, tout le temps. C'est très commun de voir une maman s'arrêter au supermarché, donner le sein à son enfant, sans aucun problème, sans jugement. C'est une société extrêmement bienveillante envers les enfants, contrairement à la France. Il n'y a aucun jugement sur un enfant qui va faire une crise à la bibliothèque. Pas de problème. jamais quelqu'un fera une remarque au contraire, c'est un peu comme le modèle suédois les gens sont extrêmement bienveillants et donc ça, ça aide beaucoup à vivre une belle parentalité moi j'allais encore mon fils qu'à deux ans et demi et ça m'arrive parfois à la bibliothèque de sortir mon sein, de nourrir mon fils mais j'ai aucun regard, j'ai aucun jugement c'est d'une fraîcheur incroyable et ça c'est super et d'ailleurs je connais même une maman ici française qui a décidé de ne pas allaiter Merci. et qui a vécu la situation que les mamans françaises vivent. C'est-à-dire qu'elle, quand elle a dit qu'elle ne voulait pas allaiter, elle s'est sentie jugée par le corps médical néo-zélandais, parce qu'ici, ils sont tellement allaitements, que quand on n'allaite pas, c'est bizarre pour le corps médical. Pour eux, c'est tellement normal que ça a été bizarre. Et donc, elle me disait qu'elle, elle avait mal vécu cette pression pour l'allaitement. Donc, c'est vraiment un modèle complètement différent.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que d'un pays à l'autre, surtout l'allaitement, c'est vraiment le sujet ou un des gros sujets de « discord » , j'ai envie de dire, alors que ça devrait être tout simplement simple. On allaite ou pas chacun son choix et ses possibilités aussi. Et je vais rebondir tout de suite sur ce que tu dis. Comment on gère la distance, justement, quand on est déjà un couple seul et quand on a un enfant, comment on gère la distance avec sa famille ? Est-ce que vous arrivez à rentrer en France ? Alors, je suppose que c'est compliqué. Et créer ce lien de ton fils avec ta famille, comment on gère tout ça ?
- Speaker #1
C'est très difficile. C'est l'aspect pour moi, pour mon mari aussi, le plus difficile dans l'expatriation. C'est super d'être expatrié quand on n'a pas d'enfant, mais quand on a un enfant, ça complique vachement les choses quand même. Nous, on n'a pas la possibilité de rentrer parce que financièrement, c'est beaucoup trop cher pour nous. Parce que moi, je suis maman à la maison, j'ai arrêté ma carrière pour m'occuper de mon fils. Donc, on n'a pas suffisamment d'argent pour payer les allers-retours en avion. Puis, c'est très loin. Même avec un enfant, faire les 32 heures d'avion, moi, je ne le sens pas, perso. Donc, voilà. Chacun ses choix. J'ai des amis qui le font. Moi, je ne peux pas. Et au quotidien, c'est quand même super dur de créer une relation stable avec la famille. Alors, moi, je fais un point d'honneur à créer une relation avec ma belle-mère et ma mère. Donc ma belle-mère, elle, elle a suffisamment d'argent pour venir régulièrement. Donc elle est venue depuis la naissance du petit, elle est venue tous les ans. Donc elle a passé tous les Noëls avec nous, donc ça s'est super bien passé. Ma mère est venue l'année dernière et ça s'est super bien passé aussi, mais elle a moins d'argent donc elle va pouvoir moins venir. Et donc ce qu'on a fait, c'est qu'on s'appelle une fois par semaine minimum, voire même, on s'appelait plus au début pour qu'elle puisse voir, parce qu'un enfant ça grandit très vite au début, après ça grandit quand même moins vite. Donc on s'est beaucoup appelé au début. Et ça, ça va, mais c'est vrai qu'il manque... Nous, on n'a malheureusement pas l'occasion de laisser notre enfant à quelqu'un. On n'a jamais l'occasion de laisser notre fils à... On a des amis et des proches, mais on n'est pas assez conscients encore. Ce n'est pas comme les grands-parents. Ce n'est pas comme les oncles, ce n'est pas comme les tantes, ce n'est pas pareil. Et du coup, on est tout le temps avec notre enfant. Et c'est vrai que pour le couple, parfois, ce n'est pas facile non plus. On aimerait bien pouvoir aller se faire une petite soirée au restaurant par exemple. Et notre fils est encore trop jeune pour être avec une baby-sitter. Et puis avec toutes les histoires qu'on entend, que ce soit en France ou en Nouvelle-Zélande, on n'a pas envie de laisser son enfant à quelqu'un. Et donc c'est vrai que ce n'est pas tous les jours facile. Heureusement, on a une amie ici, on l'appelle Nana. C'est une femme de la même âge que ma belle-mère, qu'on considère comme la grand-mère de notre fils, comme une des grands-mères de notre fils, une grand-mère de cœur. Elle parle anglais, mais elle est cette présence un peu plus âgée dont les enfants ont besoin, cette figure un peu plus âgée. Ça permet pour notre enfant d'avoir une figure un peu grand maternel qui comble un espèce de besoin qui n'est pas totalement rempli, mais on fait ce qu'on peut.
- Speaker #0
Oui, c'est, je pense, le cas de beaucoup de familles qui habitent, surtout quand on habite très loin de son pays d'origine, de sa famille. Alors, ton fils a deux ans et demi. Comment est le système de garde et ensuite des scolaires en Nouvelle-Zélande ?
- Speaker #1
Alors, le système de garde, c'est classique comme en France. On a des day care, donc ce sont des crèches qui s'occupent des enfants la journée. Et puis, il y a les... les assistantes maternelles, je crois que vous appelez ça en France. Voilà, mais c'est très fréquent, plus fréquent qu'en France, que les femmes s'arrêtent de travailler. Le congé maternité est d'un an. payer aux 75 ou 80% du salaire précédent avec un plafond, mais qui est quand même assez haut. Voilà. Donc, ça encourage vraiment une belle maternité. C'est renouvelable jusqu'à deux ans si l'employeur l'accepte. Moi, j'ai pu avoir un an et demi après mon employeur a dit non et j'ai eu le choix de démissionner ou pas. J'ai démissionné parce que je ne voulais pas revenir. Mais voilà. Donc, il y a quand même assez de flexibilité. C'est les mêmes problèmes qu'en France, il n'y a pas assez de crèche pour le nombre d'enfants aussi, donc il y a des mamans qui n'ont pas le choix que de s'arrêter. Et c'est vrai que des fois ça crée des problèmes financiers, mais je pense que nos sociétés ont encore du mal à comprendre qu'une maman c'est indispensable, d'après moi, au moins les trois premières années de vie. Mais bon, après voilà, chacun voit midi à sa porte, comme on dit. Les écoles, il y a la preschool de... je crois 4 à 6 ans, après il y a l'école à partir de 6 ans, et puis après c'est un peu comme en France, il y a l'école, et après il y a une espèce de lycée, et puis après il y a les études supérieures. Je ne connais pas encore trop bien les détails parce que mon fils a que 2 ans et demi, et je ne me suis pas encore bien renseignée. La grande différence, et c'est la raison qui nous motive à rester en Nouvelle-Zélande, au vu de la difficulté économique du pays, on est quand même resté ici. Parce qu'ici, on peut garder son enfant avec soi jusqu'à l'âge de 6 ans. Et après, on peut faire de l'école à la maison autant qu'on veut. Tant qu'on suit le programme scolaire, le curriculum, et qu'on prouve que l'enfant suit le niveau scolaire, on n'a pas besoin d'autorisation particulière. C'est un process assez facile, peu coûteux en plus. Il faut juste s'assurer du niveau d'anglais et de suivre le curriculum, ce que nous on compte faire. Donc ça, c'est vraiment un avantage pour nous, parce que le système scolaire est vraiment bien pour développer les compétences personnelles. On va dire que les enfants néo-zélandais, ils ont énormément de liberté, il n'y a pas la discipline comme en France. Les enfants sont particulièrement éduqués dans un environnement extrêmement bienveillant, où ils peuvent montrer leur qualité personnelle. Ils apprennent à se sociabiliser énormément. Ils sont largement meilleurs que les Français sur la sociabilisation, sur la communication, sur la solution des problèmes. Ils ne vont pas se rentrer dedans et gueuler comme nous on peut faire en France. Ici, c'est vraiment complètement différent. Les enfants ont énormément de liberté. Ils ont énormément d'heures de sport, d'activité physique. C'est très important dans le système éducatif néo-zélandais, le sport. et... Et c'est un très bon système, mais pour nous, je pense qu'il manque aussi un aspect très... pas disciplinaire, mais nous, on est deux personnes particulièrement éduquées, on a fait des études longues et on a besoin que nos enfants sachent correctement compter, sachent correctement parler français et anglais, et certaines disciplines qui ne sont pas encore assez précises, notamment dans les sciences, jusqu'à l'âge de 12-14 ans, on va dire que c'est un petit peu... petit problème pour nous en Nouvelle-Zélande sur le système éducatif. Au-delà de ça, il y a une différence majeure qu'on sous-estime quand on est expatrié, c'est la cantine. Ça paraît bête, mais ça peut amener des gros problèmes. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de cantine en Nouvelle-Zélande. Les enfants vont manger une gamelle. Le problème, c'est qu'ils n'ont pas de pause déjeuner, ils ont à peine 30 minutes pour déjeuner et ils n'ont pas de table ni de micro-ondes. Donc, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, ils vont manger dehors, assis par terre. Et ça, ça crée un problème, déjà, de base, pour nous, culturellement. Manger, c'est important. Pour eux, ce n'est pas important. Ils vont manger un petit sandwich avec du Vegemite, qui est une espèce de pâte à tartiner à la levure, qui est très difficile quand on est expatrié. Moi, je n'y arrive pas, mon mari non plus, mais chacun ses coups. Je veux bien le croire. Ils mangent très mal en Nouvelle-Zélande. Et les enfants, particulièrement, aussi, beaucoup de chips, beaucoup de soda, beaucoup de boissons énergétiques. Et du coup les enfants ne mangent pas à midi. Et donc ils vont sortir de l'école à 15h et ils vont aller s'acheter une frite au McDo, ils vont aller s'acheter des pizzas à 15h et ils ne vont pratiquement pas manger de dîner. Et il y a un gros problème d'après nous en tant qu'expatriés sur l'alimentation en Nouvelle-Zélande. Et nous c'est pour ça qu'on veut faire l'école à la maison aussi. Et du coup ça amène à un autre problème, c'est que c'est très fréquent en Nouvelle-Zélande que les enfants français se font... bullied, harcelés, pour la nourriture qu'ils ont dans leur lunchbox, dans leur boîte. Parce que nous, en tant que Français, on a appris à bien manger, et donc on va essayer de faire une boîte à déjeuner correcte à nos enfants, avec des légumes, avec des protéines, avec des fruits. Et ça, ce n'est pas classique en Nouvelle-Zélande. Et ce n'est pas la première fois que j'entends beaucoup, beaucoup de parents qui m'ont dit que leurs enfants se faisaient piquer leur nourriture, embêter, harceler. parce que le harcèlement est un problème en Nouvelle-Zélande dans le système scolaire. Ils savent très bien communiquer, un peu trop, et du coup, les enfants n'ont pas de filtre et ils s'embêtent les uns les autres. Et là, lunchbox est un vrai problème pour les expatriés français. Et donc, c'est vrai que c'est un point d'amélioration très important en Nouvelle-Zélande. Désolée, je parle beaucoup.
- Speaker #0
Je trouve que c'est très intéressant, en plus de se dire il y a une forme, je vais dire, entre guillemets, de racisme pour vraiment... caricaturés, mais c'est ça, voilà. Par rapport à la nourriture, c'est quand même incroyable. Souvent, on entend par rapport au physique, par rapport à la langue, enfin, je ne sais pas, des trucs un peu classiques, je veux dire, entre guillemets.
- Speaker #1
La nourriture est un aspect de discrimination, ouais. Même au-delà de l'accent, c'est vraiment... Nous, on va mettre un morceau de camembert à notre enfant dans la lunchbox et c'est vrai que c'est pas fréquent. Ils ne mangent pas trop mal. Donc, voilà. Un autre truc que j'ai pas dit qui n'existe pas en France et qui est exceptionnel et que j'utilise parce que mon fils a deux ans et demi, c'est le système de Play Center. En fait, ce sont des centres aérés dirigés par des parents. Donc en gros, ce sont des parents qui se retrouvent, qui ont un centre dédié avec plein de jeux dedans et qui s'organisent. C'est un peu comme une école mais sans être une école. C'est une école dirigée par les parents. Et c'est basé et centré sur le jeu et sur la parentalité positive. On ne peut pas rentrer si on n'est pas dans la parentalité positive. Et il y a des listes d'attente, etc. Et c'est vraiment bien parce que c'est comme une crèche. Donc les enfants ont l'occasion de se sociabiliser les uns avec les autres, mais ils sont avec leurs parents. Donc souvent c'est fait par des parents qui sont à la maison, donc les mamans à la maison, pratiquement tout le temps ce sont des mamans. Et donc c'est un lieu fermé, avec des jeux à l'intérieur, un extérieur. Et on peut venir autant de matinées qu'on veut dans la semaine. Il y en a partout en Nouvelle-Zélande. Il y en a des mieux que d'autres en fonction de où on est en Nouvelle-Zélande. C'est en partie financé par le gouvernement. Et ça permet aux parents qui ne veulent pas mettre leurs enfants à la crèche de pouvoir amener leurs enfants dans un lieu de sociabilisation particulier. Donc c'est jusqu'à 4 ans. Après ça, normalement l'enfant va à la preschool. Mais c'est de 0 à 4 ans. Donc c'est de la naissance à 4 ans. Certaines play centers ont même des lieux pour faire dormir l'enfant quand on a plusieurs enfants. C'est vraiment, vraiment bien. Moi, je l'utilise. Et si des expatriés français en Nouvelle-Zélande m'entendent, il faut vraiment utiliser ça parce que c'est vraiment super.
- Speaker #0
Alors, j'ai pour habitude de demander comment se passe la transmission du français aux enfants. Maintenant, tu as dit ton fils est encore à la maison. Vous êtes tous les deux français. Donc, je suppose que ça, ce n'est pas un problème. Mais je vais poser la question à peu près inverse. Comment ça se passe avec l'anglais pour lui ?
- Speaker #1
C'est dur. Alors, nous, on ne suit pas de règles particulières. J'ai vu plein de méthodes, machin. Nous, on fait au feeling. C'est important pour nous qu'ils parlent français, qu'ils sachent écrire le français plus tard parce que c'est la seule langue que parlent nos familles. Donc, il faut qu'ils connaissent aussi son patrimoine. Donc ça, ce n'est pas une difficulté parce qu'on est tous les deux français. L'anglais, il le parle en société. Donc, ce qu'on fait, c'est que quand on va... assez placenteur ou quand on va dehors et qu'on est avec des gens qui parlent anglais il doit parler anglais le problème c'est qu'à 2 ans et demi son cerveau est pas encore capable de bien choisir la langue et donc comme le français c'est la langue qu'il entend le plus, il choisit le français seulement maintenant à 29 mois il décide enfin d'essayer d'utiliser quelques mots en anglais donc il est capable de dire good morning, thank you, good afternoon et il commence à s'exprimer en anglais Et c'est beau de voir qu'il arrive maintenant à débloquer cette partie du cerveau pour choisir la langue. Il comprend par contre parfaitement l'anglais. La compréhension est sans problème. Mais c'est vrai qu'à l'extérieur, quand je suis dans des lieux publics comme ça, avec des gens qui parlent anglais, j'essaye moi-même de parler anglais pour qu'ils comprennent qu'ils doivent choisir la langue en fonction de où il est. On parle aussi une troisième langue. On essaie d'ajouter le maori. Puisque la Nouvelle-Zélande est un pays bilingue, où ils parlent anglais et maori. Et le maori est très présent dans le système scolaire et dans la société, aux infos, dans les documents administratifs, etc. Et donc, moi, j'ai passé mon niveau 1 de téréo maori. donc c'est les bases du maori. Bonjour, au revoir, merci, comment ça va ? Les couleurs, les formes, etc. Et donc, en fait, j'essaye d'inclure ça au maximum. Et mon fils adore parler maori parce que c'est une langue qui est très proche du français dans la prononciation. Et donc, c'est incroyable qu'à deux ans et demi aujourd'hui, il sache sélectionner, pas tous les mots, mais beaucoup de mots en trois langues. C'est-à-dire qu'il sait qu'avec maman et papa, il va parler français. Dans le play center, il va parler anglais. Et quand on lit des livres en maori, il va essayer d'utiliser les mots en maori qu'il connaît. Et ça, je trouve ça formidable.
- Speaker #0
C'est chouette. Et alors, tu as dit tout à l'heure, il y a cette discrimination par rapport à la nourriture française. Mais de manière générale, comment est vu le français et comment sont vus les Français en Nouvelle-Zélande ?
- Speaker #1
Ça dépend où tu es en Nouvelle-Zélande. Il y a une énorme différence entre l'île du Nord et l'île du Sud. Plus tu descends, plus les gens sont racistes. On va le dire comme ça. Plus tu descends, plus il y aura de la discrimination. Les Néo-Zélandais les plus anciens vont parler de la Rainbow War, ou je ne sais plus quoi, où les Français auraient détruit un bateau sur les larges des côtes néo-zélandaises. Je ne sais plus c'est quoi l'histoire. En gros, les gens de plus de 60 ans vont systématiquement sortir ça et ils ont une espèce de méfiance envers les Français. Les jeunes, pas de problème. Moi, j'ai travaillé à Auckland. J'ai eu pratiquement aucun problème sur le fait d'être français, à part que mon accent est parfois un peu difficile pour certains mots. À part ça, ça va. À Christchurch, là où je vis actuellement, j'ai connu des épisodes de racisme, personnellement, dans le monde du travail. Ça n'a pas été toujours évident. Souvent, les gens vont t'arrêter dans la rue et te dire « Mais vous venez d'où, de France ? » « Ah bon ? Mais vous ne voulez pas rester en France ? » « Non, mais je veux bien ici. » Voilà. Mais ce n'est pas forcément dire avec de la méchanceté. Il y en a beaucoup, c'est de la curiosité. Ils se demandent pourquoi on est là. Ils idéalisent tellement la France qu'ils pensent pourquoi on est venu. Je leur explique que Paris, ce n'était pas là où je voulais développer ma vie. Il y a eu pas mal de discriminations comme ça. Ça fait longtemps que ça ne m'est pas arrivé. Parce que plus on fait l'effort d'intégrer la communauté et la culture, et moins ça nous arrive. Alors après, c'est vrai qu'on se sentira toujours, je pense, étrangers. Mais notre objectif à nous, c'est pas de ne pas nous sentir étrangers, c'est que notre fils ne se sente pas étranger. Parce que nous, on est étrangers. On est des expatriés. Et c'est ok, on pourra jamais, même si on est dans la citoyenneté, on pourra jamais dire qu'on est néo-zélandais, parce qu'on reste français quand même. On est français en Nouvelle-Zélande, c'est pas la même chose. Notre fils, il est kiwi, et pour nous, c'est important qu'il soit à l'aise dans sa culture et dans la culture dans laquelle ses parents viennent. Donc, c'est vraiment toute une façon de voir les choses. Je pense qu'ici, en tout cas à Crash Search, il y a beaucoup de Français qui refusent d'accepter ça et qui veulent rester entre Français, qui veulent rester dans la culture française. Et en fait, du coup, il n'y a pas d'effort d'intégration. Et ça donne une très mauvaise image des Français qui ne veulent pas s'intégrer, qui veulent rester entre eux, etc. Une chose qu'on a de la chance, c'est que la plupart des Français que j'ai vu ici sont blancs de peau. Et ici, il y a du racisme sur la couleur de peau. Et quand on est marron ou noir, on va rencontrer énormément de difficultés. Les Néo-Zélandais ne sont pas très accueillants. Ils ont une énorme immigration des gens d'Asie, de l'Inde et de Chine. Et les gens qui y sont d'origine asiatique. ou indiennes vont avoir du mal à créer des relations stables parce qu'il y a énormément de préjugés. Nous, ça va, on est blancs. On ne connaît pas de Français de couleur de peau autre que blanche ici. Mais on connaît des Indiens, on connaît des Asiatiques, etc. Et pour eux, c'est très difficile.
- Speaker #0
C'est intéressant parce que... Moi, je ne connais pas la Nouvelle-Zélande, mais on l'idéalise quand même, je trouve. C'est le pays des seigneurs des anneaux, c'est le pays des traditions et tout. Et c'est intéressant de voir cette autre facette qui n'est vraiment pas jolie à entendre, clairement. Et de dire, voilà, personne n'est idéal.
- Speaker #1
Il faut l'exprimer parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens en France qui voient la Nouvelle-Zélande, c'est le pays des seigneurs des anneaux, c'est le pays des montagnes et des espaces verts. Et c'est un pays écologique. Pourquoi ? Parce que depuis les années 80, il existe une compagnie de marketing du gouvernement néo-zélandais qui s'appelle Positive New Zealand, je crois, qui a pour objectif de promouvoir un aspect green de la Nouvelle-Zélande qui est totalement faux. Ici ? Oui, on a des montagnes, on a des espaces verts. Oui, c'est vrai que les néo-zélandais bombardent au Monsanto, aux fertilisants, aux produits chimiques.
- Speaker #0
Il y a énormément de produits chimiques, ils utilisent leur voiture, mais ce n'est pas des petites voitures, ils ont tous des 4x4, ils ont des bateaux qu'ils utilisent constamment, ils utilisent leur voiture pour faire 5 minutes en voiture. Je parle des gens de ville, évidemment quand on habite à la campagne, il y a des lieux qui sont extrêmement isolés en Nouvelle-Zélande, évidemment on utilise sa voiture, mais quand on vit dans la ville à Crash Church, on n'a pas besoin de prendre sa voiture pour aller chercher du pain, prendre le bus ou le vélo. Et ça, ce n'est pas le cas des Néo-Zélandais. Clairement, la plupart des Néo-Zélandais se... sans balance totale de l'écologie. Et donc les beaux espaces verts, oui, mais pas partout et très pollués, malheureusement. C'est un des pays qui propose les vols d'hélicoptères les moins chers au monde pour visiter les montagnes, les belles montagnes dont ils parlent que la fente des glaciers et la pollution détruisent, alors qu'ils proposent des tours en hélicoptère, des tours en bateau pour aller voir les otaries, les dauphins, les baleines. C'est un pays que j'adore, mais qui est extrêmement dans la dichotomie, c'est-à-dire qu'on vend du green qu'on détruit pour vendre du green. Et c'est très difficile à réaliser quand on vit en France, parce que c'est le pays du Seigneur des Anneaux, c'est très beau. C'est effectivement le pays du Seigneur des Anneaux sur une ville qui s'appelle Matamata. En dehors de ça... C'est un pays à part entière. C'est un pays jeune qui est encore en train d'apprendre, qui a des années de retard sur plein de choses, sur la technologie, sur l'administration, sur la politique, et qui en même temps de l'autre côté est extrêmement en avance sur le droit des femmes, sur la parentalité, sur les droits du travail. Donc voilà, c'est vraiment un pays paradoxal, extrêmement paradoxal.
- Speaker #1
C'est intéressant et on voit que la pub fonctionne donc très bien.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'il y a plein de jeunes qui viennent en PVT et qui font de la randonnée et qui sont super contents. Mais au bout de six mois, ils se disent qu'il y a quand même un problème.
- Speaker #1
Est-ce que tu aurais des conseils pour les familles qui, comme vous, habitent extrêmement loin de leur famille d'origine pour surmonter ça et gérer ça au quotidien quand, comme tu dis, on ne peut pas voir sa famille, même pas tous les ans d'ailleurs ?
- Speaker #0
Ouais, conseils ? Réfléchissez bien avant de partir. Pour les femmes, réfléchissez bien. Est-ce que vous êtes prêtes à avoir votre enfant seul, à l'éduquer seul ? Même si vous êtes entouré d'amis, ce n'est pas pareil. Ce n'est pas comme une maman, ce n'est pas comme un frère ou une sœur. Est-ce que vous êtes prêts à ça ? Pour les papas, est-ce que vous êtes prêts à devenir papa sans le soutien de vos amis français, de vos parents ? Réfléchissez bien avant de partir. Il y a énormément de Français. que je rencontre ici. Je les fréquente un, deux ans. Au bout de deux, trois ans, ils s'en vont parce que c'est trop dur. La séparation avec la famille, c'est l'aspect le plus difficile. La nourriture à côté, c'est cutie. On s'habitue au manque de saucisson, on s'habitue au pain, à la manque de brioche et à tout ça. On s'habitue. Moi, ça m'a mis deux ans, mais on s'habitue. Par contre, la famille, c'est très dur. Réfléchissez aussi, est-ce que vous êtes prêts ? Avoir vieillir vos parents, vos proches, vos neveux, vos nièces sans vous. A pas avoir de relation particulière avec vos neveux, vos nièces, les enfants de votre famille, vos cousins, vos cousines. Ça c'est quelque chose qu'il faut réfléchir en amont. Si on veut partir, c'est-à-dire vraiment s'expatrier plusieurs années, il faut être vraiment bien à y réfléchir. Si la décision est faite, accrochez-vous parce que c'est super dur. le cycle de l'expatrié est très difficile. Au début, c'est tout gros, c'est tout nouveau. Et puis au bout d'un moment, il y a une espèce de pic. On a atteint le pic et ça redescend. Et la descente, elle est brutale. La descente, quand il y a 32 heures d'avion et une séparation de plusieurs heures, parce que pour s'appeler, ce n'est pas facile. Quand nous, c'est le soir et que vous, c'est le matin, ce n'est pas évident, évident d'un point de vue organisation. Quand on est sur place, en fait, nous, nous, On essaie de ne pas y penser. C'est-à-dire que moi, si je me focus sur tout ce que je loupe, tout ce que je manque, je ne vais pas être bien. Donc, j'essaie de penser différemment et de me dire qu'est-ce que je récupère, qu'est-ce que je gagne, qu'est-ce que j'ai, pourquoi j'ai fait ce choix-là pour mes enfants. Clairement, je ne voulais pas les éduquer à Paris ni en France, pour plein d'autres raisons qui ne sont pas le sujet de ce podcast. Mais il faut bien réfléchir parce que parfois, en fait, on croit que l'herbe, elle est mieux, elle est plus verte ailleurs, mais en fait, pas du tout. Et parfois le sacrifice de se séparer de sa famille, ça ne vaut pas le coup. Et moi personnellement, je n'ai pas encore perdu de parents, mon mari non plus. Mais c'est vrai que le jour où on va perdre une de nos mamans ou une de nos papas, où nos frères et nos sœurs vont être malades, où nos neveux et nos nièces risquent d'avoir des problèmes, des accidents et qu'on n'est pas là pour soutenir nos familles. ça sera encore plus dur. Et dans l'autre sens aussi, c'est-à-dire que si nous, il nous arrive un drame, on n'a pas le soutien de nos parents ou de nos familles proches. Donc, le seul conseil que j'ai à donner, c'est vraiment réfléchir super longtemps en avance, avant de partir.
- Speaker #1
Je pense que c'est quelque chose que tu disais juste au fil, même moi qui suis en Allemagne, j'ai perdu en effet des personnes de ma famille pour des raisons d'éloignement. C'est rien par rapport à vous, je n'ai pas pu aller aux enterrements. Et c'est en effet quelque chose que, évidemment, on n'a pas envie d'y penser parce que ce n'est pas drôle, mais c'est la vie de se dire on est loin des parents qui vieillissent, on est loin des grands-parents qui disparaissent un jour, etc. Donc aussi, en effet, pensez à tous ces aspects. Il n'y a pas que le positif, mais en effet le négatif.
- Speaker #0
Et puis même si on a de l'argent et qu'on part en Nouvelle-Zélande et qu'on a l'argent de se payer des billets d'avion, Est-ce qu'on est prêt à faire subir 35 heures d'avion et de trajet à ses enfants ? Et même pour soi-même, moi, mon dos, il est dans un éclat de ciment. Et puis, est-ce qu'on est prêt à... Même si on a de l'argent, il faut se rappeler juste, pendant le Covid, ils ont fermé les frontières. Il y a des gens qui se sont retrouvés à l'extérieur, coincés, qui ne pouvaient plus revenir en Nouvelle-Zélande. Et l'autre sens, il y a des gens qui étaient en Nouvelle-Zélande, coincés, qui ne pouvaient plus aller voir leur famille en France. Et ça, c'est des choses qu'on se dit, c'est bon, j'ai de l'argent, je peux payer mes billets d'avion, mais en fait, il faut aussi penser à ça. C'est que parfois, la vie fait que les frontières vont être... Parce que c'est une île, la Nouvelle-Zélande, c'est deux îles, même plus que deux îles, mais c'est un système insulaire. C'est-à-dire qu'ils peuvent fermer les frontières comme ils veulent et qu'on ne peut plus sortir ou rentrer. Et donc ça, il faut vraiment le prendre en compte avant de partir en Nouvelle-Zélande parce qu'ils sont très chatouilleux, ils ferment leurs frontières très facilement. Donc voilà, il faut bien l'anticiper.
- Speaker #1
Alors, on va finir sur une note un peu plus légère. Est-ce que tu as des anecdotes ? Alors, bilingüiste, peut-être pas encore. Ton fils ne parle peut-être pas encore les trois langues, mais sinon multiculturelles que ton fils a eues ou fait.
- Speaker #0
J'en ai plusieurs. Tu choisiras celle que tu veux mettre dans le podcast.
- Speaker #1
Tu peux nous en dire plusieurs aussi.
- Speaker #0
Ouais. Bon, il y a le fameux, mais je pense que ça, c'est dans tous les pays anglophones, quand on apprend les animaux et qu'il y a le coq. « coq » en anglais, ça ne veut pas dire le coq. Donc, nous, on essaie de lui apprendre à dire « rooster » à la place que « coq » . Parce que quand on est dans la librairie qui dit « oh maman, un coq ! » , le mot « coq » , ça résonne énormément dans la langue anglaise. Ceux qui ne savent pas regarderont sur Internet. Et ça, c'était assez rigolo parce qu'il nous l'a fait. Sinon, il y a aussi la différence entre… En français, on a le féminin et le masculin. En anglais, on n'a pas. En maori non plus d'ailleurs. Et du coup, c'est assez rigolo de le voir essayer de dire « she » ou « he » sur des objets. Pour dire la cuillère ou le manteau. Et du coup, il l'utilise en anglais. Et c'est assez mignon. Je trouve ça assez mignon. Il y a aussi le fait qu'en français, à part « bonjour, bonsoir » , on fait la différence. En anglais, il y a good morning, good afternoon, good evening, good night. Il y en a pas mal. Et c'est vrai que les enfants, avant un certain âge, ils n'ont pas vraiment la notion du temps. Et donc, du coup, c'est assez difficile pour lui de choisir le bon mot. En plus, la plupart des Néo-Zélandais vont dire kia ora, qui veut dire bonjour en maori, mais qui est assez très fréquemment utilisé ici. Donc, du coup, c'est un peu difficile pour lui de savoir ce que je dois dire. Good morning, good afternoon, kia ora. Même « aeremaï » qui est parfois utilisé de façon formelle, qui veut dire « bienvenue » mais aussi « bonjour » . Donc, c'est beaucoup de mots et c'est assez rigolo de le voir quand quelqu'un vient lui dire « good morning » . Il est là « good morning » . Ce n'est pas trop le cas de chez eux, c'est assez mignon.
- Speaker #1
Je te dis merci pour tout ce que tu nous as raconté, pour cet éclairage sur la Nouvelle-Zélande et cet autre point de vue pas si vert qu'on a en effet à travers les publicités qui sont très efficaces comme on a vu.
- Speaker #0
Avec plaisir. J'espère qu'on aura de nouveaux Français qui viennent en Nouvelle-Zélande et qui partageront nos vies parce qu'on n'est pas tant que ça. Et c'est toujours bien de se retrouver entre nous, pas tout le temps, mais c'est toujours bien de se retrouver entre nous aussi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de Grandir Bilingue. Si cet épisode vous a parlé, pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochains, à laisser 5 étoiles et à le partager autour de vous. N'hésitez pas non plus à partager en commentaire ou en message privé votre expérience. Transmettre une langue à son enfant est une incroyable aventure qui génère aussi beaucoup de questions et vous n'êtes pas seul à vivre cette expérience. Retrouvez en description différentes ressources pour vous accompagner au quotidien. Un groupe Facebook pour parents d'enfants bilingues, une newsletter sur le bilinguis et le site des franco-expat avec d'autres ressources et des offres concrètes pour soutenir le français chez vos enfants. A bientôt pour un nouvel épisode de Grandir Bilingue !