Speaker #0Bienvenue dans Grandir Bilingue, le podcast des familles qui veulent transmettre leur langue à leurs enfants sans pression et sans culpabilité. Ici, on parle de vrais quotidiens, des enfants qui comprennent mais ne répondent pas, des mélanges de langues, des moments de doute et de découragement, mais aussi des petites victoires qui changent tout, et de cette merveilleuse aventure qu'est le bilinguisme. A travers des histoires de famille, des témoignages et des conseils concrets, Ce podcast vous accompagne pour aider votre enfant à grandir avec deux langues et deux identités, naturellement. Je suis Audrey, créatrice des Franco-Expat et moi-même maman de deux enfants franco-allemands et toutes les deux semaines, nous discutons des vraies solutions pour soutenir le bilinguisme. Si vous aussi, vous voulez que votre enfant garde votre langue et tout ce qu'elle représente, vous êtes au bon endroit. Bonne écoute ! Bonjour, on se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode de la mini-série de l'été. Et aujourd'hui, on va parler d'une situation qui n'est pas forcément agréable, que sûrement beaucoup de familles ont vécu. À savoir, mon enfant refuse de me parler en français. Il comprend, mais il n'a pas envie de répondre. Alors, il n'a pas envie ou des fois, il dit carrément non. Alors aujourd'hui, dans cet épisode, on va voir pourquoi ça arrive et comment réagir, quoi faire pour inverser la tendance, tout en bienveillance, bien sûr. Alors votre enfant qui refuse de parler français, c'est loin d'être une exception. C'est au contraire quelque chose d'extrêmement courant chez les enfants bilingues, le rejet à un moment ou un autre de la langue minoritaire. Je sais que sur les réseaux, on aime bien montrer le côté parfait, et moi j'ai déjà eu lu certains qui disent « il suffit de parler à un enfant pour qu'il soit bilingue, et si ton enfant ne répond pas en français, c'est que tu fais les choses mal. » Alors on va mettre les choses au clair, non, il ne suffit pas de parler, ça c'est un autre sujet, et oui, c'est tout à fait normal qu'un enfant rejette une langue. Donc, prendre la distance avec ces gens qui adorent culpabiliser les parents sur les réseaux sociaux et savoir que vous n'êtes pas seul du tout dans le fait que votre enfant rejette la langue. Alors, cette ou ces phases, il peut y avoir plusieurs phases de rejet du français. Elles arrivent souvent à des moments clés. Des fois, on ne les voit pas forcément venir, mais notamment l'entrée en collectivité où l'enfant va parler beaucoup plus l'autre langue ou la langue locale et il va se dire que le français, j'en ai plus besoin. J'ai mes copains à l'école qui... parle espagnol, je ne vois pas pourquoi je continuerai à parler français avec uniquement maman. Maman, elle parle espagnol aussi. Ça peut arriver aussi lors de l'affirmation de soi. Donc, tous les parents connaissent ces phases un peu plus difficiles avec nos chers enfants qui vont être d'un coup beaucoup moins agréables, qui vont nous rejeter, qui vont répondre, etc. Et ça peut aussi être pour l'enfant un moment où il va rentrer en conflit avec généralement ses parents. Mais du Du coup... Une de ses manières de s'affirmer et de montrer son refus, ça va être justement d'arrêter de parler français. Alors déjà, ce qu'il faut savoir, c'est que quand l'enfant refuse de parler en français ou dans sa langue minoritaire, c'est pas qu'il refuse la langue. Ça va être soit, alors on l'a vu, c'est une affirmation de soi, de dire non, j'ai envie de te tenir tête, donc je ne vais pas parler en français, mais je vais parler vraiment d'autres langues, parce que je sais, il y a aussi ça. Je sais que ça va te blesser, donc je vais le faire. C'est une réalité notamment des adolescents. Ça passe, c'est ce qu'il faut se dire. Mais aussi, l'enfant peut refuser de parler une langue parce que, alors soit, ça peut être plus facile de choisir la langue dans laquelle il est plus à l'aise. Il peut avoir un manque de confiance en lui, en français, et du coup, préférer s'exprimer dans l'autre langue. C'est un cercle un peu vicieux parce que moins il parlera en français, moins il aura confiance en lui. Donc là, il faut essayer de lui redonner confiance en lui. Ensuite, son cerveau s'adapte à son environnement. Donc, quand il est dans un environnement de la langue locale, son cerveau s'adapte à cet environnement. Et comme on l'a vu, il se dit, je n'ai pas besoin de parler français. Il peut y avoir aussi la fatigue cognitive, donc du cerveau. Après une longue journée à l'école à parler la langue locale, ça peut être très fatigant pour l'enfant de revenir en français s'il a un peu de difficultés. et du coup de faire cet effort de parler français. Donc on revient aussi au fait de choisir la langue la plus facile, mais avoir conscience que parler français, même si c'est sa langue maternelle, ça peut représenter aussi beaucoup de fatigue pour lui. Et aussi, comme on l'a vu, c'est affirmer son indépendance. Parfois aussi, ce qu'il peut y avoir, et ça, c'est une situation que ma voisine a eue. Ma voisine est indienne et elle a parlé anglais à ses enfants, anglais et allemand donc. Et quand ils ont eu 4-5 ans, ils se sont fait moquer par d'autres enfants parce qu'ils parlaient anglais. Et pour s'intégrer, en fait, et avoir des copains, ils ont choisi d'arrêter de parler anglais, et donc de parler que allemand. Et ma voisine a culpabilisé parce qu'elle a vu que les autres enfants se moquaient de ses enfants parce qu'ils ne parlaient pas allemand. a arrêté, elle aussi, de parler anglais. Maintenant, déjà, ils sont adultes, donc évidemment, ils parlent anglais, mais c'est vrai qu'elle le dit elle-même, elle le regrette, elle n'aurait pas dû faire ça comme ça. Voilà, c'est quelque chose aussi qui peut arriver, la pression de la société. Notamment, on le voit aussi des fois dans les épisodes, il n'y a pas une équivalence égale de toutes les langues. C'est-à-dire que certaines langues sont bien vues et d'autres langues, notamment... Alors, en Allemagne, je sais que c'est les langues, beaucoup des pays arabs, qui sont rejetées. L'enfant va peut-être se dire, j'arrête de parler cette langue parce que je me fais moquer, parce que je me fais rejeter, etc. Il y a un piège à éviter dans ces cas-là, quand votre enfant refuse de parler le français, c'est de lui mettre la pression, dire si, tu le dis en français, tu me parles en français. Parce que, ben voilà, à nouveau, ça c'est un cercle vicieux, du coup, il va y avoir la pression. L'enfant, s'il n'a pas de confiance en lui, s'il a peur d'être rejeté, s'il a besoin de s'affirmer, ça va le confirmer dans cette position et il va encore moins parler, il va se braquer. Et ça peut devenir un vrai conflit familial. Alors, plutôt que de forcer, ce qui aide vraiment, c'est 1. Vous continuez à lui parler français, même s'il répond dans l'autre langue, c'est pas grave, vous maintenez le français, ça maintient une exposition à la langue. Lui, son cerveau continue à absorber cette langue et à l'entendre. Si votre enfant fait des erreurs, s'il a du mal à prononcer une phrase, etc., ce que vous faites, vous reformulez. Sans le corriger, sans dire « moi je dis ça comme ça » ou « tu dois dire ça comme ça » , mais reprendre tout simplement de manière correcte. Et ensuite, ce que vous pouvez faire pour créer... ou recréer un lien positif avec la langue, c'est créer justement des moments positifs en français. Donc lire une histoire, souvent les enfants aiment ça, jouer, faire des blagues, ça, ça marche toujours, ou faire un gâteau ensemble, faire une sortie ensemble, regarder la télé, etc. Donc de rendre la langue, de lui rendre un côté positif et apprendre la langue vivante. C'est pas seulement tu vas apprendre le français, je te dis ça, ça et ça, mais l'utilisation de la langue devient concrète et utile à l'enfant. Dans le même sens, il faut redonner du sens au français. Parce que si votre enfant refuse de parler français, on l'a vu pour différentes raisons, mais aussi parce que peut-être le français, il n'y a pas d'intérêt pour lui. Notamment si le français n'est parlé que par un seul ou les deux parents. Et tous les copains et copines parlent la langue locale. Les parents des copains et copines, tout le monde parle la langue locale. Il veut se dire, le français, je n'en ai pas besoin. Donc, ce que vous pouvez faire pour redonner du sens au français. Déjà, c'est avoir un contact peut-être plus régulier avec votre famille, qui parle français en tout cas. Donc en organisant des visios, visiter évidemment, ça c'est toujours compliqué, ça dépend de l'éloignement, du temps et des ressources financières aussi. Mais voilà, faire des visios, des appels, etc. Donc renforcer aussi ce lien parents-grands-parents notamment. Ensuite, vous pouvez trouver d'autres familles francophones là où vous habitez, pour faire que les enfants se rencontrent entre eux. Alors souvent, ils vont quand même parler la langue locale, mais ils vont voir que leurs parents parlent en français, donc ils vont voir quand même qu'il y a le français, c'est pas qu'eux à la maison, mais il y a d'autres personnes qui parlent français. Donc ça, c'est aussi quelque chose de très important. Et ce que vous pouvez faire, c'est créer des situations où le français devient nécessaire. Donc si, par exemple, vous l'inscrivez à des cours de français langue maternelle, il sera obligé de parler français parce que l'autre langue n'est pas parlée dans ses cours. Donc dans tous les cas, ce qu'il faut montrer, c'est que le français, ce n'est pas seulement à la maison, mais qu'il y a tout un écosystème français qui n'est peut-être pas forcément visible au premier coup d'œil puisque vous n'habitez pas dans un pays francophone, mais qui est là et que le français sert vraiment à votre enfant. Alors, on en parle régulièrement, le bilinguisme, de toute façon, c'est comme la mer. Il y a des vagues hautes et des vagues basses. Il faut les accepter. Il y a des phases, en effet, où le français va être moins présent ou même votre enfant va le rejeter. C'est normal, ça évolue. Si vous continuez ces différentes expositions avec le français, ça va revenir. Et comme on le dit, je crois, à chaque épisode, il faut tenir bon. Quant à vous, en tant que parents ou famille, Ces phases creuses, elles peuvent être difficiles à vivre pour nous adultes. Quand on a à cœur de transmettre sa langue maternelle, on peut se sentir triste, frustré. On peut avoir envie d'abandonner parce qu'on se dit « tout ce que je fais, ça ne marche pas, ça ne sert à rien » . Mais finalement, quand on transmet une langue maternelle, généralement c'est qu'on transmet une partie de notre identité. On a quand même une très bonne raison de cœur de faire ça. Donc ces phases, c'est normal de se sentir comme ça, ce n'est pas agréable, ça fait aussi partie de la vie. Et ce qu'il faut toujours garder en tête, c'est que ça passe et il faut garder le cap. Continuez à maintenir la langue. Un jour, ça reviendra et puis vous pourrez être fiers de dire c'est moi qui ai fait tout ça. Donc, on arrive à la fin de cet épisode. N'hésitez pas à me partager en commentaire si vous aussi, vous avez connu ces phases. Comment ça s'est passé ? Comment ça s'est réglé ? Est-ce que vous avez des astuces qui pourraient servir à d'autres familles ? Et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain épisode. Bonne semaine ! Merci d'avoir écouté cet épisode de Grandir Bilingue. Si cet épisode vous a parlé, pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochains, à laisser 5 étoiles et à le partager autour de vous. N'hésitez pas non plus à partager en commentaire ou en message privé votre expérience. Transmettre une langue à son enfant est une incroyable aventure qui génère aussi beaucoup de questions et vous n'êtes pas seul à vivre cette expérience. Retrouvez en description différentes ressources pour vous accompagner au quotidien. Un groupe Facebook pour parents d'enfants bilingues, une newsletter sur le bilinguisme et le site des Franco-Expat avec d'autres ressources et des offres concrètes pour soutenir le français chez vos enfants. A bientôt pour un nouvel épisode de Grandir Bilingue !