- Speaker #0
Salut à tous, bienvenue dans mon podcast. Je vous propose que nous rentrions ici dans l'intimité des acteurs du tourisme régional et de leurs magnifiques régions et territoires. Découvrons leur histoire, leurs sites touristiques, leur fonctionnement, mais aussi les coulisses de leur activité, les anecdotes, voire même les détails croustillants, car il y en a. Bienvenue dans les voies du tourisme !
- Speaker #1
On part de cette nacelle qui est sur une remorque avec un gros ballon qui est dans un sac, qu'on défile le long du champ, on met le ventilateur dans l'équipe, on met le ventilateur, ventilateur et petit à petit ce ballon se gonfle.
- Speaker #0
Il y a tout un cérémonial en fait.
- Speaker #1
C'est un côté cérémonial, je suis d'accord, il y a une espèce de cérémonie du décollage.
- Speaker #0
Ça se mérite en fait, on ne monte pas dans l'avion, on décolle.
- Speaker #1
Et puis ce ballon là qui est très gros, très gonflé, il est toujours à l'horizontale et On arrête le ventilateur et tu enchauffes et le ballon passe à la verticale, c'est juste magique. Dans le ciel, tu vois apparaître les tours crème-lait du château de Benoît. Quand j'étais petit garçon, j'ai toujours voulu voler.
- Speaker #0
Comme Saint-Exupéry.
- Speaker #1
Le décollage, c'est toujours une heure après le lever du soleil, le matin. Et le soir, c'est toujours deux heures avant le coucher. Il y a quelque chose de magique dans le Montgolfière, parce que tu enchauffes et le ballon passe à l'aise verticale, c'est juste magique.
- Speaker #0
Bonjour Fabrice.
- Speaker #1
Bonjour Frédéric.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Le voyage s'est bien passé jusqu'à Périlleux ?
- Speaker #1
Très très bien. Un peu de pluie, mais c'est bien.
- Speaker #0
D'ailleurs, on peut commencer par ça. si tu es là si tu es là C'est que la météo le permet, dans le mauvais sens du terme.
- Speaker #1
C'est parce que la météo n'est pas très très bonne en ce moment. Donc on a annulé les vols pour ce soir. C'est l'avis de tout aéronaute en fait. La météo, vous êtes très dépendant. La météo, très très dépendant de la météo.
- Speaker #0
Alors Fabrice, on s'est rencontré il y a deux ans, et ce qui est marrant c'est que j'y pensais en préparant cet épisode, et on en parlait tout à l'heure en off, quand on s'est rencontré, je suis venu te voir le matin, comme d'habitude j'allais dire pour faire un tour en montgolfière, tu m'avais gentiment invité pour faire des photos, des prises de vue, pour nos guides. et G et éclaté un pneu le matin où je suis venu te voir à 6h du matin, dans une zone en plus où le téléphone ne fonctionnait pas. Donc je suis redescendu à pied entre Saint-Cyprien et Le Bug pour t'appeler et essayer de capter un petit peu de réseau. Donc c'est un bon souvenir. Et la question que je voulais te poser justement, en préambule, c'est dans ton métier, ton nouveau métier, on va parler de tout ça tout à l'heure, la montgolfière, les gens viennent très tôt le matin ou tard le soir, mais beaucoup très tôt le matin. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, si... C'est toujours ça en fait. Les vols à Montgolfière se font soit le matin de bonne heure, et je dirais c'est quoi la bonne heure, et le soir. Pourquoi ? Parce que c'est le moment où il y a le moins de convection dans le ciel. La convection c'est quoi ? C'est le soleil qui chauffe la Terre, qui crée des courants ascensionnels par l'effet de la chaleur du soleil. Et ça pour une Montgolfière c'est pas très bon. Donc le matin, on vole de bonne heure parce que... la convection n'est pas établie.
- Speaker #0
Deux bonheurs, six heures ?
- Speaker #1
C'est toujours le décollage, c'est toujours une heure après le lever de soleil, le matin. Et le soir, c'est toujours deux heures avant le coucher. Voilà,
- Speaker #0
donc vous êtes élève tôt en fait.
- Speaker #1
On est dans le lève-tôt et des couches tard.
- Speaker #0
Et les clients, comment ça se passe ? Tu vois, par exemple, quand j'étais venu, je m'étais levé à 4h30 du matin, et pourtant ne venant que de Périgueux. Ça ne les gêne pas ? Ils apprécient ? Enfin, ils font l'effort, bien sûr.
- Speaker #1
Non, d'abord, pour eux, la plupart, c'est un moment de plaisir. Et c'est un moment de découverte. Donc, se lever tôt, il y a quelque chose. Et la montgolfière, tu l'as pratiquée, il y a quelque chose de magique. et c'est alors du rêve et donc on accepte, les passagers acceptent parce qu'ils vont rêver, parce qu'ils vont faire quelque chose d'extraordinaire qui n'est pas habituel même s'ils ne savent pas bien toujours ce qu'ils vont vivre comme expérience, ils acceptent de se lever tôt en fait.
- Speaker #0
Oui parce que c'est vrai qu'il y a quand même ce, je suis d'accord avec ce que tu viens de dire il y a ce moment un petit peu poétique et magique du calme du matin, on ne va pas faire de poésie de bas étage mais il y a vraiment moi je sais quand j'étais venu J'étais malheureusement, avec ces petits événements de crevaison, j'étais un petit peu sur les dents. J'avais surtout peur de rater le vol. Tu m'avais gentiment sauvé la vie, entre guillemets. Mais dès qu'on est sur l'ère de démarrage, dans le champ,
- Speaker #1
on oublie.
- Speaker #0
Ça passe très vite, en fait. On revient très vite au calme.
- Speaker #1
En fait, il y a quelque chose de magique dans la Montgolfière. Parce qu'on part de cette nacelle qui est sur une remorque, avec un 1-1. Un gros ballon qui est dans un sac, qu'on défile le long du champ. On met le ventilateur, enfin l'équipe, on met le ventilateur et petit à petit, ce ballon se gonfle.
- Speaker #0
Il y a tout un cérémonial en fait.
- Speaker #1
C'est un côté cérémonial, je suis d'accord. Il y a une espèce de cérémonie du décollage.
- Speaker #0
Ça se mérite en fait, on ne monte pas dans l'avion, on décolle.
- Speaker #1
Et puis ce ballon-là qui est très gros, très gonflé. Il est toujours à l'horizontale et... on arrête le ventilateur et puis on chauffe et le ballon passe à la verticale. C'est juste magique.
- Speaker #0
Oui, c'est le souvenir que j'ai, que j'étais très vite redescendu en température avec le contexte.
- Speaker #1
Et puis on s'élève après, dès qu'on s'élève, c'est encore plus magique.
- Speaker #0
Alors on va reparler de tout ça. C'est très intéressant parce que la Montgolfière, aujourd'hui, on parle beaucoup de slow tourisme, d'écologie. Dieu sait si là, on est vraiment dans cette thématique-là. On va parler donc. Je pense que nos auditeurs l'auront compris, on va parler de Montgolfière. On va parler de tourisme, bien entendu, puisque là, on est encore une fois, on va situer un petit peu les choses tout à l'heure, mais on va aller de la Dordogne, pour faire simple. Donc on va parler de tourisme en Périgord, de tourisme un peu plus en général, d'autant que ta vie passée, dont on va parler également, t'as toujours plus ou moins lié à l'activité touristique ou tourisme. Mais avant tout ça, Fabrice, ce que je te propose, très simplement, c'est de te présenter, de nous dire qui tu es.
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Fabrice Berbesou, j'ai 60 ans dans quelques semaines, je suis périgourdain, je dis bien périgourdain, c'est-à-dire que je suis né à Périgueux, d'une vieille famille périgourdine. J'ai fait mes études à Paris, j'ai fait ma prépa à Bordeaux, j'ai fait mes études à Paris et j'ai passé 37 ans de ma vie à Paris. Je suis marié, j'ai deux enfants.
- Speaker #0
Tu es originaire d'où en Périgueux ?
- Speaker #1
Périgueux.
- Speaker #0
Périgueux ? Ah Périgueux ! Donc là tu reviens, t'es chez toi là ?
- Speaker #1
Là je suis chez moi oui.
- Speaker #0
T'es chez toi, ok.
- Speaker #1
J'étais pas très loin d'ici quand je suis né en fait.
- Speaker #0
Ah d'accord ok. T'as fait tes études où ? A quel endroit ? A Périgueux aussi ?
- Speaker #1
Au lycée Lorgaté.
- Speaker #0
Ah comme moi. Et tu sais qu'on a à peu près le même âge, on n'a pas dû se rater de beaucoup parce que j'ai 59 ans. Et j'étais à Lorgaté.
- Speaker #1
T'étais après moi.
- Speaker #0
Ah oui ? C'est marrant ça. C'est dingue. On a un suivi commun oui. C'est très drôle oui. Je ne savais pas que t'avais fait tes études à Périgueux.
- Speaker #1
Bah ouais ouais, j'ai fait mes études. T'as fait quoi comme filière d'études ? Merci. À l'époque, D.
- Speaker #0
D ? Ouais, un peu scientifique. Ouais. Et ensuite ?
- Speaker #1
Une prépa HEC à Bordeaux, et puis j'ai passé le concours d'une école de commerce, et voilà, je suis arrivé à Paris.
- Speaker #0
Je suis là pour interroger sur la vie des autres, mais là, le parallèle, il est dingue, parce que j'ai fait aussi une prépa HEC à Toulouse, et j'ai fait une école de commerce.
- Speaker #1
Ça ?
- Speaker #0
À Toulouse.
- Speaker #1
Ah bah très bien.
- Speaker #0
À TBS.
- Speaker #1
J'ai été prof à Subdeco Toulouse pendant quelques temps. Voilà, donc voilà.
- Speaker #0
Ok. Et donc, cette prépa HEC, tu as mené à quoi ensuite ?
- Speaker #1
J'ai fait l'Institut supérieur de gestion à Paris, l'IAG, qui était une très bonne école à l'époque, très très bonne. Et puis, j'ai choisi un métier qui était peu connu dans le milieu des années 80, c'était ressources humaines. Je me suis orienté vers les ressources humaines. Et j'ai occupé plusieurs fonctions dans les ressources humaines. J'ai commencé, comme toujours, dans les ressources humaines, par du recrutement, de la formation. Et puis tout de suite, j'étais plus motivé par les affaires sociales. les négociations avec les organisations syndicales et les représentants du personnel.
- Speaker #0
Mais quelle idée !
- Speaker #1
Oui, parce que j'aime bien en fait.
- Speaker #0
Tu aimes bien les conflits du travail ? Pas forcément conflit d'ailleurs.
- Speaker #1
Non, en fait il y en a peu, contrairement à ce que l'on croit, en France on dit que c'est très conflictuel.
- Speaker #0
En façade peut-être ?
- Speaker #1
Non mais il y a des oppositions, il y a des divergences de vues sur beaucoup de choses, mais il n'y a pas forcément de conflit au sens où on l'entend. Et dans les entreprises où j'ai travaillé, je n'ai jamais eu de grève où c'était marginal.
- Speaker #0
Parce qu'en plus, tu as bossé. Donc là, au départ, tu es dans quelle boîte ?
- Speaker #1
J'ai commencé en 1991 dans une caisse de retraite à Gierc à l'époque. Donc, j'allais les retraites des cadres. Après, je suis parti chez France Télécom. Avant la crise qu'on connaît qui a touché France Télécom, les comportements managérieux qui n'étaient pas tout à fait adaptés. Mais c'était avant. Et moi, à l'époque, je m'intéressais à la rémunération.
- Speaker #0
C'est-à-dire la rémunération ?
- Speaker #1
Comment on rémunère les collaborateurs. C'est le combien et le comment, comme on disait à l'époque. Le combien, parce que c'est toujours important, quand on discute avec les syndicats, c'est la base. Et quand on fait des ressources humaines, le combien, ok, bien sûr, mais le comment compte beaucoup. Donc je me suis intéressé beaucoup au comment.
- Speaker #0
Le comment, c'est-à-dire encore un petit peu les modalités horaires, le temps de travail, les types de rémunération ?
- Speaker #1
Les types de rémunération, salaire fixe, variable, intéressement, participation. Comment, quand on... Alors ça, c'était plus tard. Quand on est dans des entreprises de retail, on motive les collaborateurs pour atteindre et dépasser les objectifs. Voilà, des trucs habituels directement dans les ressources humaines. Donc, j'ai fait ça pendant... Je ne suis pas passé très longtemps chez France Télécom. Et après, j'ai travaillé chez Etam.
- Speaker #0
Ah oui, t'as un parcours quand même qui est varié.
- Speaker #1
Chez Etam, j'y suis resté 7 ans. Où là, j'ai fait principalement des affaires sociales au début. Et puis après, j'ai été DRH. Et j'ai... quitté Etam en 2006 pour rejoindre le groupe Lagardère.
- Speaker #0
Donc il y a pile 20 ans. Oui, il y a pile 20 ans. Et chez Lagardère, tu as travaillé chez Lagardère Travel Retail, c'est ça ? Je regarde un petit peu.
- Speaker #1
Alors ça ne s'appelait pas comme ça au début. En fait, chez Lagardère, il y avait plusieurs filières et il y a une filière qui était le commerce, on appelait ça le commerce aux voyageurs, le travel retail en anglais.
- Speaker #0
On peut expliquer peut-être où il se...
- Speaker #1
Le travel retail, c'est tout ce qui est dans les zones de transport, gare, métro, aéroport.
- Speaker #0
Oui, donc les duty-free dans les aéroports, les points H dans les gares... Les points relais. Les points relais,
- Speaker #1
pardon. Avant, ça s'appelait relais H, mais les boutiques relais dans les gares, mais aussi un aéroport, les relais H dans les hôpitaux. Ce n'est pas du transport, mais c'est un lieu où il y a du passage, des flux. Et j'y ai passé 17 ans exactement, exceptionnel. Parce que j'avais été embauché dans la partie du Tifry, où là on a développé l'entreprise et on a développé l'international en même temps que la France. C'était une aventure passionnante.
- Speaker #0
Alors tu vois, je n'étais avant de préparer ce podcast pas du tout au fait que Lagardère, qu'on connaît pour... plein d'autres choses, hélicoptères je crois de mémoire ou non c'est pas ça voilà, Lagardère pour moi c'était pas du tout cette activité là.
- Speaker #1
Lagardère c'est Hachette c'est l'édition, donc on en parle beaucoup aujourd'hui parce que c'est piloté par un autre groupe qui est le groupe Vivendi et Bolloré donc il y a l'édition avec Hachette et toutes les maisons d'édition qui sont prestigieuses, on a toute la presse les médias, enfin presse et médias où on a, à l'époque, il y avait Paris Match, il y avait Elle. Ils ont toujours ça ? Elle, non. Paris Match, non, je ne crois plus. Voilà, Jour de Limanche, toujours.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis, il y avait une activité sport qui avait été développée, mais qui n'a pas été très successful. Et puis, il y avait... La branche armement,
- Speaker #0
mais qui est très ancienne.
- Speaker #1
Je suis ancien. Les matras à l'époque.
- Speaker #0
Oui, d'accord.
- Speaker #1
Et il y avait, pour les puristes, ceux qui se souviennent de l'histoire de Lagardère, du groupe Lagardère, il y a eu à l'époque, la grande époque, il y a eu la 5, la fameuse...
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai.
- Speaker #1
La 5. Oui, c'est vrai. Et puis il y a eu les matras, les voitures.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Bien sûr.
- Speaker #1
N'oublions pas que le groupe Lagardère a été créé par un périgourdin.
- Speaker #0
Ah bon ?
- Speaker #1
Eh oui. On a des personnages... Sylvain Flora. Ah,
- Speaker #0
mais Sylvain Flora, bien sûr.
- Speaker #1
C'est Sylvain Flora qui est à l'origine de ce groupe.
- Speaker #0
On a des personnalités célèbres en périgord, parce que je crois que c'est Antoine Eribou également, de chez Danone, qui est d'ici, qui a fait le lycée Bertrand de Borne. Enfin, fondateur de Danone, je crois. Non,
- Speaker #1
c'est The Place to Be, le Périgord.
- Speaker #0
Ah, c'est clair, c'est clair. Donc, là, on est à Paris. Tu as, dans les... Donc, il y a une trentaine d'années... Il y a 20 ans. Il y a 30 ans, j'ai 30 ans. Tu as entre 35 et 40 ans. Tu es... Ton épouse, elle est dans quoi, à ce moment-là ?
- Speaker #1
Mon épouse, elle est chef de groupe marketing au fromage Ribel. Donc, super. Voilà, donc, tout va bien.
- Speaker #0
Ok. Donc, chez Lagardère, moi, c'est cette partie-là, travel, donc tourisme qui m'intéresse, puisqu'on est dans un podcast touristique. Donc, ça a évolué comment ? C'est-à-dire qu'au départ, tu n'étais pas là-dedans et tu es ensuite venu plutôt là-dedans ? C'est ce qui t'intéressait le plus ?
- Speaker #1
En fait, ce qui m'intéressait beaucoup, c'est le retail. Donc, j'avais une expérience très forte chez Etam.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
et le retail c'est quand même fabuleux parce qu'on a la main le retail pour nos auditeurs,
- Speaker #0
le commerce de détails
- Speaker #1
Et là, c'est passionnant, le commerce ou le retail. Non, non, Périgord, on parle d'anglais. Mais si, il y a plein d'anglais. Non, mais si, il y a plein d'anglais. Et puis, je te rappelle qu'on a été anglais pendant la moitié du département. Donc, il y a très longtemps, mais on a été anglais. Le commerce a quelque chose de particulier pour les ressources humaines, c'est que ça bouge tout le temps, en fait. Et tu peux agir sur les choses plus vite que dans l'industrie, plus vite que dans d'autres activités. Et puis c'est très humain en fait. Le retail c'est essentiellement, oui il y a des marques, des produits, mais ceux et celles qui vendent les produits de la marque, ce sont des hommes et des femmes en fait. Et donc c'est très très intéressant à manager. Manager les ressources humaines dans le retail c'est très intéressant.
- Speaker #0
Tu étais dans les ressources humaines et j'ai vu aussi que tu as été dans la communication, non ?
- Speaker #1
Alors, chez Lagardère, oui, oui. Chez Lagardère, le DRH est patron de la communication.
- Speaker #0
Ah oui, un sacré gros poste, non ?
- Speaker #1
Parce que ça permet d'aligner à la fois la communication externe, mais il n'y en avait pas beaucoup, on devrait dire, et la communication interne. Donc ça permet, parce qu'il peut y avoir des dissonances entre ce qu'on dit à l'extérieur et ce qu'on dit à l'intérieur. Et quand on est RH, on n'aime pas beaucoup la dissonance.
- Speaker #0
Mais ça inclut également tout ce qui est publicité et tout ? Non, non, non. Ah non, non, du tout, ça c'est à part. Le marketing, c'est à part. C'est à part. D'accord, ok. Et donc, à cette époque-là, tu étais déjà quand même... liées à l'univers du tourisme. Vous étiez plutôt... Le travel retail, c'est plutôt... Quel est le pourcentage des aéroports, de la partie plus aéroports, trains et gares, dans cette activité ?
- Speaker #1
C'était l'activité gare, c'est Erolay qui était l'activité la plus importante, notamment au début. Ça s'est rééquilibré. Moi, je suis resté dix ans sur la filiale purement du Tifry. de 2006 à 2016. Là, on a développé, on est parti de 350 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et moi, quand j'ai quitté cette activité, c'était un milliard d'euros. Parce qu'on avait gagné beaucoup de contrats. D'abord, le duty-free s'est énormément développé avec le trafic aérien.
- Speaker #0
J'allais te demander comment tu as vu l'évolution au fil des années de ça.
- Speaker #1
C'est phénoménal. Et avec l'arrivée notamment en France des passagers, des touristes chinois et russes.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors là, il y en a...
- Speaker #0
Gros consommateurs ?
- Speaker #1
Ah oui, oui, c'était dingue.
- Speaker #0
Et vous faisiez du duty-free également ? Alors, le duty-free, bien sûr, on est d'accord, ce n'est pas que dans les aéroports français, c'est également dans les aéroports à l'étranger.
- Speaker #1
Et donc, effectivement, il y avait cette activité en France qui s'est fortement développée grâce à des partenariats avec l'aéroport de Paris. Et puis, en parallèle, on a fait des gains de marché à l'international. On était présent à Rome, on était présent à Londres sur certains aéroports. On a racheté des entreprises d'utifris, notamment dans la mode Amsterdam. On était présent notamment en Afrique,
- Speaker #0
à Schiphol.
- Speaker #1
On était présent en Pologne, en République tchèque. Je me suis occupé de l'ouverture de la Croatie, de l'aéroport.
- Speaker #0
Alors comment ça marche le duty-free ? Parce qu'un aéroport est propriétaire, je suppose, de ces murs. Il les loue à des entreprises comme cette entreprise Lagardère ? C'est des concessions en fait. C'est des concessions sur un certain nombre d'années ?
- Speaker #1
Tu réponds à un appel d'offres. D'accord. Vous avez, je dis n'importe quoi, 1500 m² de boutiques.
- Speaker #0
Et ensuite vous contactez les marques ?
- Speaker #1
Et après l'opérateur, effectivement. L'opérateur qui est vous en l'occurrence. L'opérateur qui est Lagardère contacte les marques, crée la boutique.
- Speaker #0
C'est un peu comme une galerie marchande d'hypermarché, mais en aéroport.
- Speaker #1
Aujourd'hui, oui.
- Speaker #0
On rencontre les marques et on swatch, par exemple, ou Omega, ou que sais-je encore. Et puis,
- Speaker #1
on négocie les surfaces au sol, tout ce qui est l'aménagement du point de vente. Moi, je me suis occupé pendant quelques temps. Mon patron m'a dit un jour, il faut que tu reprennes temporairement la cellule design boutique. Ah oui,
- Speaker #0
parce qu'il y a tout ça aussi.
- Speaker #1
Oui, j'ai dit, mais je ne connais rien en fait. Namur. Tu sais très bien qu'on a un sujet RH. Sources humaines, design boutique,
- Speaker #0
c'est deux choses différentes quand même.
- Speaker #1
Et puis j'ai besoin de toi parce que tu comprends, ça va entre le marketing et les achats, il peut y avoir des bisbilles et donc tu vas faire ton pont. J'ai dit super. Donc j'ai fait ça et surtout... Couteau de fiche. Et je me suis surtout occupé de qualité de service, d'expérience client.
- Speaker #0
On dirait utilisateur dans le web mais là c'est... Expérience client. D'expérience client. Le parcours dans la... Ouais.
- Speaker #1
Et ça, ça a été une super expérience. Et je trouve que lorsque je suis arrivé dans ce groupe, on avait lancé un programme de qualité de service, parce que c'est comme ça qu'on appelait ça à l'époque. Mais c'est devenu de l'expérience client et de travailler avec les vendeurs sur les compétences, parce que vendeur, c'est un métier. C'est des compétences.
- Speaker #0
À qui dis-tu ?
- Speaker #1
Il y a vraiment des compétences qu'il faut travailler, qu'il faut mettre en œuvre. Il faut faire preuve de discipline. De rigueur. De rigueur, mais de discipline aussi, parce qu'on oublie discipline, rigueur. Organisation, tout ça, ça va ensemble. Et quand on arrive à ça, on était arrivé à des niveaux de qualité de visite mystère qui étaient incroyables. Et donc, j'ai fait une expérience absolument dingue. Donc, moi, mon expérience de RH, quand on me dit que c'est l'enfer, RH, moi, non, pas du tout. J'ai vécu...
- Speaker #0
Oui, mais enfin, parce que tu as touché à plein de choses, en fait.
- Speaker #1
J'ai eu la chance, oui.
- Speaker #0
Quand on dit RH, écoute-moi, excuse-moi, pardon, pas écoute-moi, ça a un côté un peu... ça peut paraître rébarbatif, un peu comme comptable, tu vois, RH, gestion des ressources humaines, là, tu nous vends un peu plus du rêve. Tu vends du voyage, de la boutique, d'aéroports. C'est plus excitant, entre guillemets, quand même, que de la simple gestion des ressources humaines.
- Speaker #1
J'ai fait plein d'activités par ailleurs, mais il se trouve que quand tu es dans une entreprise qui est en fort développement, ce n'est pas du tout la même approche des ressources humaines. C'est vraiment très différent.
- Speaker #0
Et tu es amené justement à toucher un peu à des... Oui,
- Speaker #1
et on n'a pas de stress. J'ai des collègues qui étaient stressés parce que plan sociaux conflit avec les organisations syndicales.
- Speaker #0
Là, c'est la mer, c'est en croissance.
- Speaker #1
C'est en croissance.
- Speaker #0
Vous êtes sur des embauches ?
- Speaker #1
Sur des embauches. Je ne dis pas qu'on n'a pas fait de plan de réduction d'effectifs, mais c'était dans des moments très particuliers et ça a touché quelques activités. Mais ça avait un côté passionnant, en fait. Et quand on se revoit de temps en temps, on est très heureux parce qu'on a vécu une aventure.
- Speaker #0
Tu as gardé les contacts ? Oui,
- Speaker #1
et on a vécu une aventure, un peu d'aventurier, de défricheur, et on travaillait beaucoup. Mais pas dans le stress, puisqu'on développait, en fait. Et c'est très, très différent, en fait. Ça demande un état d'esprit très, très différent. Je veux dire, mindset, mais...
- Speaker #0
Alors, on n'est pas encore revenu en Périgord, on en est même un peu loin, là, mais c'est intéressant. J'ai tendance à dire, moi, comme ça, spontanément, tu vas me dire si je me trompe, mais quand on parle d'outil free, notamment à l'aéroport, ce qui marche le mieux, c'est quoi ? Ça va être les alcools, ça va être les parfums, ça va être la presse, ou je me trompe.
- Speaker #1
Parfum.
- Speaker #0
Oui. Moins peut-être maintenant, mais quoi que.
- Speaker #1
Non, en tous les cas, quand je suis arrivé, c'était moitié d'utiferie, moitié ce qu'on appelait alcool, tabac, confiserie d'astronomie.
- Speaker #0
Oui. À un moment donné,
- Speaker #1
il y avait un peu de mode, mais très peu. Là, ça s'est rééquilibré, en fait. Le parfum... parfum a pris quand même le pas sur ce qui est alcool, tabac, confiserie, gastronomie.
- Speaker #0
Oui, c'est une tendance en fait lourde.
- Speaker #1
Et la mode a fortement progressé. Là, je ne suis plus les chiffres, mais je suis moins sûr que... Avec la mode, c'est les grandes marques. C'est impressionnant. Moi, je pense que je n'ai plus les chiffres. Là, je ne suis plus du tout dans le coup, mais je pense que le parfum reste première catégorie vendue dans les duty-free. Chez Relais, ce qui s'est fortement développé, c'est tous les produits, tout ce qui est nourriture, tout ce qui est snacking, confiserie et puis les boissons. Ça s'est développé au détriment de la presse. et du livre.
- Speaker #0
Là, c'est pareil, c'est des tendances lourdes.
- Speaker #1
Quand tu regardes les surfaces occupées aujourd'hui dans les boutiques relais, que ce soit en gare ou en aéroport, les surfaces occupées par tout ce qui est boisson et alimentaire, ça prend les trois quarts de la place. Je suis sûr, les trois quarts des surfaces.
- Speaker #0
Quel est le lien entre, j'ai vu également en préparant l'épisode, entre Aélia, parce que moi, j'ai bossé avec Aélia quand je travaillais sur l'île de la Réunion. J'avais comme client à l'époque que Le groupe Cerver, qui est une filiale d'Air France. Je ne sais pas si ça l'est toujours. Ils avaient pris une indépendance, je crois. Aelia, c'est quoi ?
- Speaker #1
Aelia, c'était l'entreprise qui avait été créée par Lagardère Travel Retail pour faire du duty-free.
- Speaker #0
D'accord. Ils étaient à la Réunion, justement.
- Speaker #1
Moi, j'étais embauché par Aelia. Mon employeur, c'était Aelia. Mais après, c'est devenu Lagardère Duty-Free parce qu'il fallait... normer tout ça.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, dans les aéroports, c'est indiqué la gardière du Tifri ?
- Speaker #1
L'enseigne commerciale s'appelle toujours Aelia du Tifri.
- Speaker #0
Là,
- Speaker #1
à la maison d'hôte, ça c'était amusant. On a reçu, je crois que c'était une hôtesse de l'air polonaise, qui me disait, je connais bien l'aéroport de Varsovie, j'y ai travaillé, on s'occupait des boutiques du Tifri, elle me dit, oui, Aelia. Donc, Aelia reste un nom très fort. Donc, c'est devenu... Le nom de l'enseigne à Elia Dutifry.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu gardes aujourd'hui, donc on va dire à peu près une quinzaine, une vingtaine d'années après, de cette époque ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ? Quels sont les enseignements que tu en tires ? À titre personnel, bien sûr.
- Speaker #1
À titre personnel, c'est que les relations humaines sont très importantes, en fait. Et dans les entreprises, nous, c'est ce qu'on a essayé de faire. Parfois, on a réussi, parfois, on a moins bien réussi. Mais quand je rencontre mes... mes anciens collègues et qu'on se raconte le bon vieux temps d'une aventure qui était de défricher, d'aller à la conquête de l'Europe et puis de la planète entière. C'est des très très bons souvenirs, des souvenirs humains et pourtant on en a bavé.
- Speaker #0
Oui, et puis comme tu dis, en plus dans une entreprise en expansion, donc ça c'est super excitant. Il y a tout à faire.
- Speaker #1
Alors oui, tu as raison, en fait c'était un peu l'excitation. C'était à la fois excitation, d'être dans le mouvement, et puis un peu parfois, pas de burn-out, d'épuisement. C'est-à-dire qu'on avait bossé, on était...
- Speaker #0
Après, le mot burn-out, il est un peu à la mode aussi. Oui,
- Speaker #1
mais ce que je veux dire, c'est épuisement. Alors, on a fait le match, on a tout donné. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
C'est un bon épuisement. J'ai accompli ce que j'avais à faire. J'ai le sentiment du devoir accompli.
- Speaker #1
On a ouvert, par exemple, on a repris les Duty Free de Rome. Je me souviens... On n'avait rien, on n'avait pas de base, on n'avait aucune connaissance du marché italien. Et on gagne plutôt sous forme de rachat la concession des duty-free à Fiumicino, l'aéroport principal. Et puis l'autre,
- Speaker #0
j'y atterris, je ne sais plus comment il s'appelle. Il y en a deux, c'est ça ?
- Speaker #1
Qui est plutôt low cost, en fait.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et il fallait ouvrir un entrepôt. l'anthropo...
- Speaker #0
Il y a de la logistique et tout, c'est super intéressant.
- Speaker #1
C'est un entrepôt qui était ouvert il y avait de la démarque partout. C'est des super souvenirs. Les syndicats italiens, ils sont vachement durs. C'était dingue.
- Speaker #0
Oui, mais on dit souvent que les syndicats sont durs, notamment même en Allemagne, mais ils ne sont pas aussi... On dit souvent qu'ils ne sont pas aussi... politisés dans le mauvais sens du terme qu'en France ? Très politisés les Italiens. D'accord. Donc on se plaint mais en fait...
- Speaker #1
Et ça ne bosse pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est intéressant d'avoir cette vision. Je rencontre le DRH de l'aéroport de Fumicino puisque ça dépendait, les boutiques d'utiferie dépendaient de l'aéroport et il y avait 4 gars, des gars assez barraqués à la machine à café devant le bureau. Et je le vois une fois, je les vois deux fois, c'était l'après-midi, ce n'était pas le matin.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'ils font là ? Ils gardent la machine ?
- Speaker #1
Je dis mais c'est qui ces gars en fait ? C'est qui ? C'est des syndicalistes. Ah oui,
- Speaker #0
la caricature là.
- Speaker #1
Je pense qu'on se fait du mal les Français sur plein de choses.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
je suis d'accord. Il y a plein de choses sur lesquelles on doit bosser, c'est sûr, mais il y a plein de choses où on n'a pas à rougir. Et non, mais nos organisations syndicales, elles sont... Oui, elles sont politisées parce qu'elles ont chacune des doctrines. Après,
- Speaker #0
il y a différents types d'organisation syndicale. Il y en a des plus ou moins radicales. Oui,
- Speaker #1
la réunion, c'était un bon truc. Ils étaient plutôt bons, les gars. Ils m'ont beaucoup embêté. J'y allais souvent, les réunions, mais ils étaient plutôt sympas. Ça va,
- Speaker #0
il y a pire comme destination.
- Speaker #1
Oui, mais c'est crovant quand même.
- Speaker #0
Oui, c'est crovant. Je sais, je l'ai fait pendant 25 ans. Allez, retour.
- Speaker #1
Mais c'était sympa. J'ai passé des moments avec eux et pourtant, ils m'en ont fait baver. Je crois aussi, j'en ai fait baver aussi. Mais c'était important d'y aller. La vérité, c'est que c'est important de créer des contacts, d'être...
- Speaker #0
De défendre des positions, et c'est vrai pour eux, mais c'est aussi vrai pour l'entreprise. On doit défendre des positions et des principes et une stratégie, et assurer la pérennité de l'entreprise. On ne s'imagine pas comment c'est dur quand on est dirigeant. Et puis, à un moment donné, il faut trouver des compromis.
- Speaker #1
Tu avais un rôle de cadre, excuse-moi, je te coupe. Parce que j'ai l'impression, quand je t'écoute, que tu avais un job qui était... Très large, en fait, parce que tu parles d'implantation de duty-free dans un aéroport, d'ouverture de boutiques, de logistique. Tu parles de relations avec les syndicats, de ressources humaines. Wow !
- Speaker #0
Parce que...
- Speaker #1
Ça tout va ensemble, tu vas me dire, mais...
- Speaker #0
Non, non, mais ça, c'était... Oui, mais parce que d'abord, on n'était pas un gros groupe. On n'était pas super staffés au début. Donc, il faut être un peu couteau suisse. C'est toi qui l'as dit, mais ce terme me va bien. Et puis, les ressources humaines, tu touches tout. Quand tu es dirigeant, tu as des responsabilités importantes, donc tu touches à tout. Et en tous les cas, nous, chez Lagardère, et c'est pour ça que c'était vraiment un groupe très... Moi, j'ai adoré travailler dans ce groupe, parce qu'on nous laissait une autonomie énorme dans la gestion de nos entités. Et on avait des comptes à rendre. Important, mais on nous faisait confiance. Et la confiance, on se faisait parfois féliciter, souvent sermonner, mais quand on réussissait bien, on savait nous le dire.
- Speaker #1
Je pense que c'est le propre aussi. Je ne vais pas faire de parallèle douteux, parce que mon entreprise, je ne vais pas me comparer, elle est toute petite par rapport, mais on retrouve quand même les mêmes... Les mêmes éléments, si tu veux, quand une entreprise est en croissance, on donne de la liberté d'action aux collaborateurs, justement parce que l'entreprise est en croissance et qu'on ne peut pas avoir à chaque poste quelqu'un de différent. Donc on arrive à avoir des collaborateurs qui font plusieurs choses et qui ensuite peut-être se spécialisent au fil des années, une fois que l'entreprise grandit et qu'on définit un petit peu mieux les postes de chacun. Mais je pense que c'est propre à beaucoup d'entreprises qui se développent. d'avoir cette liberté d'action qui est donnée aux collaborateurs, avec quand même beaucoup d'exigences demandées également, parce que justement, il y a une croissance, et donc ça exige énormément de, ce qu'on disait tout à l'heure, de qualité, quelle qu'elle soit, rigueur, travail. En fait,
- Speaker #0
la liberté, on te donne de la liberté dans la gestion de ton entreprise, ça suppose...
- Speaker #1
C'est une sorte de piège.
- Speaker #0
Non, ça suppose que tu es redevable, et que tu acceptes la redevabilité. Dans tous les cas, c'est comme ça que nous, on le vivait. Donc, quand on passait en comité de direction ou en business review, on en avait beaucoup. Je suis désolé, c'est des termes anglais, mais c'est comme ça qu'on le vivait. On était redevables. Donc, on était redevables de ce qui était bien, de ce qui était moins bien. Et on le sait. Et en fait, cette forme de responsabilisation...
- Speaker #1
Il faut assumer.
- Speaker #0
Non, mais oui, c'est ça, en fait, la liberté. Si je veux pouvoir faire ce que je dois faire, c'est important. Et je suis redevable sur mes résultats. Donc, ça, c'est super. Parce que ça, c'est moins cher, ça coûte moins cher à l'entreprise que mettre du contrôle.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et c'est plus gratifiant pour tout le monde. Non, mais c'était... En tous les cas, ce mode de management, moi... Te convenait parfaitement. Me convenait parfaitement. Et c'était super. Par contre, il fallait... Il y avait des explications à donner sur l'augmentation de la masse salariale, sur tel ou tel... Oui,
- Speaker #1
le côté rendre des comptes est précis. Oui, c'est ça. Alors, là, je vois ton souhait volant-ballon. On est loin du Périgord et du volant-ballon. On est dans les aéroports internationaux. Est-ce que dans cette époque-là, au cours de cette époque-là, tu avais toujours dans un coin de ta tête le Périgord ? Non, pas du tout. Tu étais loin, là ? Tu revenais de temps en temps ?
- Speaker #0
Alors, il se trouve que... Moi, je suis attaché au Périgord, bien sûr, mais j'aurais pu aller en Provence, parce que mon épouse est originaire de Marseille.
- Speaker #1
Elle est originaire de Marseille, d'accord.
- Speaker #0
Mais donc, il se trouve qu'on a acheté, on a restauré un séchoir à tabac. à côté de Saint-Cyprien, à Méral. Ça, c'est pour ceux qui connaissent vraiment le Périgord.
- Speaker #1
Améral est assez marrant parce que mon dernier invité, Cyril de la Grotte de Maxence, j'habite à Améral.
- Speaker #0
Très bien. On dit Mayral pour les puristes.
- Speaker #1
On prononce toutes les syllabes en Périgord.
- Speaker #0
Bien sûr. Et on a fait notre résidence secondaire. C'est comme ça qu'on est revenu finalement au Périgord.
- Speaker #1
Oui, donc vous reveniez avant de vous installer. Oui. En vacances.
- Speaker #0
Oui. Donc, j'ai redécouvert le Périgord. Il y a des endroits que je ne connaissais pas du tout. Tu pourrais parler de Méral à 20 ans, je ne connaissais pas. Je connaissais les Aïzés, mais Méral, je n'avais jamais mis les pieds. Parce que notre département est grand.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Et très divers.
- Speaker #1
Le fait qu'il ait une forme un petit peu arrondie fait qu'il y a beaucoup de distance entre nord et sud, entre l'est et l'ouest.
- Speaker #0
C'est le troisième département le plus important. On l'oublie ça souvent. Oui. C'est très divers. Mes grands-parents étaient originaux de Jumiak-le-Grand, mais c'est quand même très différent de Benac.
- Speaker #1
Ah oui, et puis le... Et il est au sud de l'Otégaronne, par rapport aux confins du Limousin. C'est très différent aussi.
- Speaker #0
Donc voilà, on est revenu en Périgueur. Alors pas par hasard. Non, parce qu'on voulait acheter une maison aussi, pour être très clair. On voulait acheter une maison de vacances en Provence, dans l'Uberon. Mais vu le prix, il y a plusieurs raisons qui nous ont le prix.
- Speaker #1
Ce n'est pas les mêmes prix, oui.
- Speaker #0
À l'époque, le vent, le mistral dans la vallée. Pour la bonne connaissance, c'est mort, d'ailleurs. C'est vraiment Laurent qui en fout. Et puis, l'ambiance était moins particulière, on va dire. Et puis, on s'est dit, tiens, de l'autre côté du Massif Central, qu'est-ce qu'il y a ? Ah, tiens, il y a la vallée de la Dordogne. Ah oui, c'est pas mal.
- Speaker #1
Donc, c'est quoi le... Le déclic, le moment où tu es dans un job, a priori, si j'ai très bien compris ce que tu m'as dit, qui t'éclate bien, tu es super bien dans ton job, donc il n'y a pas de problème, comme tu disais, d'épuisement, de burn-out ? Si, peut-être la vie parisienne ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Même pas ?
- Speaker #0
Non, je suis très parisien en fait.
- Speaker #1
Ah ouais, d'accord. Ok, donc tout va bien, pourquoi changer ? Tu m'as dit tout à l'heure, j'en sais rien.
- Speaker #0
Non, j'en sais rien en fait. Non mais pourquoi pas ?
- Speaker #1
Pourquoi pas ?
- Speaker #0
Non mais moi ce qui m'anime c'est le changement. Enfin oui, c'est le changement. Que les choses ne soient pas établies. Ça nous donne plus de liberté je trouve. Donc je ne sais pas rester soit sans rien faire, soit je suis là, donc c'est comme ça, je vais rester là. Ben non. Je suis là aujourd'hui, mais peut-être que je serai...
- Speaker #1
Donc un goût de challenge quand même, non ?
- Speaker #0
Oui, mais le challenge, pour qu'il soit réussi, il faut qu'il soit anticipé. C'est-à-dire que moi, je suis...
- Speaker #1
De temps en temps,
- Speaker #0
on me dit... On me trouve un peu désinvolte, parce que je ne prends pas beaucoup de choses... Enfin, les choses sérieusement, mais les choses sérieusement. Ce n'est pas vrai, mais c'est l'impression que ça donne. Je suis assez désinvolte, mais pour être désinvolte et improvisé...
- Speaker #1
Il faut avoir les moyens de le faire.
- Speaker #0
Il faut anticiper en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Se donner les moyens.
- Speaker #0
Oui, donc il faut anticiper en parlant, c'est-à-dire qu'il faut réfléchir aux choses un an, deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans avant. Commencer à organiser les choses. Moi, c'est peut-être pour ça que j'ai choisi la Montgolfière, j'y reviendrai après. C'est que je n'ai pas besoin d'un truc hyper carré.
- Speaker #1
Non, en gros, pour se permettre d'être libre et de faire un peu ce qu'on veut quand on veut, il faut s'en donner les moyens en termes d'organisation et de rigueur.
- Speaker #0
Il faut anticiper, oui.
- Speaker #1
Ça peut paraître antinomique, mais non.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non. Plus tu es organisé, plus tu es libre. C'est très intéressant ça. C'est une vérité absolue.
- Speaker #0
Moi je crois, d'abord parce que ton esprit travaille le sujet quand même. Et quand le problème arrive, tu es face au changement ou à une nouvelle opportunité, tu l'as préparé en fait.
- Speaker #1
Il faut se donner les moyens de sa liberté.
- Speaker #0
Ça ne veut pas dire que ça va marcher. Tu l'as préparé. Et dans l'exécution, ça va plus vite.
- Speaker #1
Intéressant. Très intéressant. Alors, le retour en Périgord, ça s'articule autour d'une maison. La montgolfière, elle est là à ce moment-là ? Pas encore ? Non, pas du tout. Pas du tout ?
- Speaker #0
Pas du tout.
- Speaker #1
D'accord. Ça commence par quoi, en fait ? D'abord,
- Speaker #0
un séchoir à tabac.
- Speaker #1
Un lieu, déjà ?
- Speaker #0
Méral. Un séchoir qui est... plus utilisé depuis plusieurs années, qui est à vendre. Et on cherche une maison en pierre, on se dit, on s'échouera là-bas, pourquoi pas. Donc tu vois, moi je ne suis pas tellement fixé sur les choses. Une maison en pierre, on s'échouera là-bas, il y a de beaux espaces, on va faire un truc super. Et on fait une résidence secondaire, notre résidence secondaire, pour nous, pour notre famille, pour nos amis.
- Speaker #1
Donc ça commence comme ça, vous êtes encore à Paris à ce moment-là ?
- Speaker #0
On est à Paris, puis on vient le plus souvent possible, on y passe beaucoup de temps, on y transpire aussi. Et puis on se dit, tiens, parce qu'une résidence secondaire ça coûte cher, et si on la louait sous forme de gîte ? Ah ouais, tiens, puis on essaye, puis ça marche. Et puis, de fil en aiguille, on s'aperçoit, mais je le savais, mais entre le savoir et puis avoir quelques chiffres et comprendre comment fonctionne le tourisme en Dordogne, il y a un pas. Et on commence à s'intéresser là aux chiffres. Parce que pour faire du business, il faut s'intéresser aux chiffres.
- Speaker #1
C'est là que je te disais tout à l'heure du modèle de vie. d'un choix résidence secondaire à un modèle économique, business plan, etc. Parce que là, au départ, tu reprends une maison, c'est une résidence secondaire, vacances. Mais de là à en faire un modèle économique qui ultérieurement va te faire vivre, ce sont deux choses totalement différentes.
- Speaker #0
À l'époque, on ne savait pas que ça allait...
- Speaker #1
C'est ça. Vous avez essayé.
- Speaker #0
On le louait quand on n'y était pas. Et puis, ça marchait bien. Je ne sais pas, on louait 16, 17 semaines.
- Speaker #1
Oui, donc il y a un truc là.
- Speaker #0
C'est quand même beaucoup. Et puis on... On commence de fil en aiguille à s'intéresser aux chiffres du tourisme. Il y a des gens qui parlent du tourisme mais qui ne maîtrisent pas les chiffres. Moi, ça m'insupporte.
- Speaker #1
À qui penses-tu ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. On ne peut pas parler de choses si on n'a pas trois chiffres clés. Ça, c'est super important.
- Speaker #1
Ton boulot d'avant, qui est encore en cours à ce moment-là, doit t'aider quand même aussi dans cette analyse chiffrée des choses.
- Speaker #0
Oui. C'est sûr que l'activité, on parlait de la façon dont Lagardère nous laissait gérer nos activités, ça reposait sur du chiffre.
- Speaker #1
Bien sûr, je pense que tu es influencé par ça dans ta... Totalement. Bien sûr.
- Speaker #0
Et ça, s'il y a quelque chose que je retiens aussi de mon parcours, notamment mon dernier parcours chez Lagardère Travel Retail, c'est l'exigence sur la maîtrise de ces chiffres. Là, ça donne une liberté de dingue. Liberté, ça c'est peut-être le mot... C'est un fil conducteur. Mais la liberté, c'est de dire, je maîtrise mes chiffres, je maîtrise l'argument que je vais développer auprès de mon actionnaire qui me demande des comptes. Et c'est vrai pour la finance, c'est vrai pour les ressources humaines, c'est vrai pour la logistique, c'est vrai pour les achats.
- Speaker #1
Maîtrise égale liberté, la montgolfière, on y reviendra après, on est pile dedans aussi. Il faut maîtriser pour être libre.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Intéressant.
- Speaker #0
Et donc, on s'intéresse et on se dit, tiens, on verra pour la fin de notre carrière si on arrêtait Paris, si on ouvrait une maison d'hôte.
- Speaker #1
Ok. Ça commence comme ça. Comme ça. L'idée germe.
- Speaker #0
Stéphanie dirait qu'elle n'avait pas du tout envie de faire ça. Elle faisait quoi,
- Speaker #1
elle ?
- Speaker #0
Elle était responsable du service client de Bell et de l'RSE qui débutait à l'époque. Oui, donc l'industrie. C'était super.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et donc, il n'y avait aucune raison, franchement. Mais je n'avais pas forcément, moi, le souhait de finir DRH à 64 ans.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
j'avais déjà anticipé la fin de ma carrière qui ne serait pas... D'accord. Oui,
- Speaker #1
donc, il y avait une envie quand même, à un moment donné, de passer un peu à autre chose.
- Speaker #0
Mais quand, je n'en savais rien. D'accord. Comment, je n'en savais rien.
- Speaker #1
Alors, c'est quoi qui fait le déclic, le moment où tu franchis le pas, que tu décides de passer à autre chose ?
- Speaker #0
Le premier pas, c'est quand on décide de vendre notre résidence secondaire pour acheter une grosse maison, qui est une grosse ferme, en fait. Oui. à Saint-Vincent-de-Cosse.
- Speaker #1
Donc c'est ces fameux Hauts-de-Saint-Vincent aujourd'hui.
- Speaker #0
Les Hauts-de-Saint-Vincent qu'on a transformés en Maisons d'Hôtes, mais on l'a transformé par anticipation, parce qu'on avait dit, tiens, on va acheter ça, puis on le restaurera au fur et à mesure. Ça ne s'est pas passé comme ça. Le coup, on avait anticipé, parce qu'on avait, avec Stéphanie, on avait anticipé le côté business. Bon, c'est quoi les chiffres ? C'est quoi le tourisme ? C'est quoi le truc ? Comment ? Combien de chambres ? Combien on peut développer de chiffre d'affaires ? On s'était déjà intéressé à ça. On s'est dit, OK, on va acheter cette maison, mais... On ne souhaitait pas tout de suite l'ouvrir.
- Speaker #1
Elle était en bon état ?
- Speaker #0
Non, elle était en ruine.
- Speaker #1
Parce que là, j'allais dire, l'investissement, il est monstrueux. Parce que je connais le lieu. D'ailleurs, on va en parler tout à l'heure. Parce qu'on va quand même vous faire un petit peu de plus. Pour ceux qui nous écouteront, on donnera les noms des sites internet, etc.
- Speaker #0
Non, non, nous avons tout refait.
- Speaker #1
C'est parce que c'est magnifique.
- Speaker #0
Nous avons tout refait. Mais on se dit, tiens, on fera ça et puis on verra bien. Moi, j'aime bien. Donc, on avait quand même toute la base du business model qui était là. des chiffres qu'on avait fait challenger par un spécialiste, un consultant qui accompagne des créateurs de maisons d'hôtes.
- Speaker #1
D'accord. Vous avez fait les choses bien.
- Speaker #0
C'est toujours pareil, si tu veux être désinvolte, c'est-à-dire dans la mise en œuvre, qui doit être efficace, tu peux être désinvolte tout en étant efficace.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Ce ne serait pas antinomique.
- Speaker #1
Désinvolture dans un cadre.
- Speaker #0
Voilà, toujours. Oui, ça te laisse plus de liberté. Et il faut que ce que tu racontes soit vérifié. Et Logan me dit que les chiffres du tourisme sont dingues. Donc, il ne connaissait pas spécialement l'île Périgord, mais on a des chiffres ici.
- Speaker #1
Bon, alors, il faut reconnaître que le lieu Saint-Vincent-de-Cosse est un lieu assez... exceptionnel en termes d'emplacement. Vous n'avez pas choisi le plus mauvais. Enfin, je pense que c'est un choix. Mais c'est vrai qu'on est, juste pour situer un petit peu pour nos auditeurs, on est donc au cœur de la vallée d'Adordogne, on est à côté du château des Milandes, on n'est pas loin du château de Beynac, enfin à quelques kilomètres, à quelques kilomètres de Saint-Cyprien, tout près de Sarla, auprès des plus gros sites du Périgord, la Rogajate, les Canouées, enfin voilà, je situe un peu. C'est pas mal.
- Speaker #0
C'est pas mal, oui. Non mais c'était pas un c'était pas un hasard, deux il se trouvait que quand on allait quand on était à Merhal et qu'on allait dîner au restaurant à Beynac on passait devant la maison chaque fois et qu'elle était en ruine très abandonnée Vous alliez dîner où à Beynac au restaurant ?
- Speaker #1
La Petite Tonnelle
- Speaker #0
Et puis voilà Donc vous voyiez cette maison à chaque fois Donc on s'est dit tiens elle est pas mal cette maison
- Speaker #1
Donc, vous achetez cette maison ?
- Speaker #0
Donc, on achète cette maison.
- Speaker #1
Et dès le départ, là, par contre, c'est pour y faire un investissement professionnel ?
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Vous gardez l'autre ?
- Speaker #0
On s'est dit, on garde... Non, On devait vendre l'autre, mais on n'avait pas décidé de partir de Paris.
- Speaker #1
Ah oui, là, vous étiez encore sur Paris. C'est quand le...
- Speaker #0
C'est deux ans après. Donc, on a acheté en 2014.
- Speaker #1
J'allais te demander en quelle année.
- Speaker #0
Même deux mois après avoir acheté cette maison, Stéphanie, on lui dit que son poste est supprimé.
- Speaker #1
Ah oui, donc il y a quand même ce déclencheur-là, peut-être aussi.
- Speaker #0
C'est-à-dire que ce qui était prévu peut-être deux ans plus tard, ça s'est exécuté deux mois après.
- Speaker #1
Ça a été le coup de pouce du destin.
- Speaker #0
Mais si tu n'as pas préparé les choses, tu ne peux pas le faire.
- Speaker #1
Tu es mal.
- Speaker #0
Cette organisation, cette rigueur, cette désinvolture organisée.
- Speaker #1
Elle s'est créée les moyens aussi de pouvoir dire, ce n'est pas grave, je m'en vais.
- Speaker #0
Exactement. On a accéléré la réflexion autour du projet. Finaliser tout ce qui était aménagement. Et puis voilà. Et en 2016, nous avons ouvert la maison d'hôte. et Stéphanie s'est installée à Saint-Maçon, définitivement.
- Speaker #1
Donc là, vous fêtez vos dix ans.
- Speaker #0
Oui, on fête nos dix ans.
- Speaker #1
C'est parfait, ce podcast tombe parfaitement bien. La répartition des rôles, à ce moment-là, elle est naturelle, c'est-à-dire, c'est Stéphanie, parce que là, on ne parle pas encore de Montgolfière, Stéphanie, donc, la maison d'hôtes, l'accueil des hôtes, ça, on va en reparler aussi, de l'accueil des hôtes. Oui, alors, pas totalement. Comment les rôles se répartissent ?
- Speaker #0
Ça se répartit de la façon la plus simple. Stéphanie, ouvre la maison d'hôte, moi je reste à Paris.
- Speaker #1
D'accord, toi tu es encore là-bas.
- Speaker #0
Et je suis resté à Paris 7 ans. J'ai fait les navettes.
- Speaker #1
Mais t'as quitté quand Paris ?
- Speaker #0
J'ai quitté Paris en 2023.
- Speaker #1
Ah mais c'est super récent !
- Speaker #0
Et donc j'ai fait la navette, Sarla, Paris, tous les week-ends.
- Speaker #1
Ah oui ok, je pensais que c'était plus ancien que ça.
- Speaker #0
Et donc ça c'était très bien, là c'était liberté totale. C'était épuisant comme...
- Speaker #1
Au niveau transport ?
- Speaker #0
Au niveau transport. Mais c'était pour moi une espèce d'échappatoire énorme à la vie parisienne.
- Speaker #1
Donc c'était quoi ? Tu rentrais le week-end ? Oui,
- Speaker #0
je partais de Paris.
- Speaker #1
Ah oui, donc c'est très récent.
- Speaker #0
Et je volais. La Montgolfière s'est faite au moment où on a ouvert, puisque j'ai pris mes premières leçons de pilotage de Montgolfière en 2015. Donc on avait déjà acheté la maison.
- Speaker #1
Alors attends, comment ça vient les premières leçons de Montgolfière ? Pourquoi la Montgolfière ? Je pense que le commun est mortel, le matin ne se lève pas en se disant « Tiens, je vais devenir pilote de Montgolfière » . Non. C'est quand même particulier quand même.
- Speaker #0
Comment dire ? Quand tu es petit garçon et que tu aimes l'aventure, mais que tu n'es pas de... Plutôt quand j'étais petit garçon, j'ai toujours voulu voler.
- Speaker #1
Comme Saint-Exupéry.
- Speaker #0
Voilà. Je ne sais pas. J'ai peut-être eu le petit prince, mais j'ai toujours voulu voler. Mais je ne suis pas de culture... Ma famille n'est pas de culture aérienne. Il n'y a rien qui me prédisposait. Et puis, je voulais piloter des avions, en fait. Pas une montgolfière.
- Speaker #1
Oui, c'est l'opposé un petit peu en termes de...
- Speaker #0
Exactement. Donc, comme tout le monde, je me paye un baptême en montgolfière. Et le moment qui était le plus magique pour moi, c'est quand le ballon s'est mis un mètre au-dessus du sol et qu'il s'est mis à flotter.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est dingue ce truc.
- Speaker #0
Et moi, ce moment-là, il était pour moi incroyable parce que c'était la première fois que je... Enfin, pas le premier que je fournais l'avion, mais la première fois que je flottais dans l'air, en fait.
- Speaker #1
Tu l'as fait où, ce baptême ?
- Speaker #0
À côté de maintenant.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que la sensation, ce que tu viens de dire, est totalement différente. L'avion, ça pousse. Là, tu es en lévitation.
- Speaker #0
tu es extrait du sol et donc c'est magique donc ce baptême c'est un vrai déclencheur c'est chouette parallèlement je prenais des cours de pilotage d'avion de petit avion mais ça ne me plaisait pas voler me plaisait bien atterrir me plaisait bien mais je n'aime pas tellement l'esprit aérodrome c'est une autre culture et puis quand on a acheté la maison donc des Hauts-de-Saint-Vincent, j'ai regardé, qu'est-ce que je pourrais faire, moi ? Qu'est-ce que je peux faire ? Ah bah tiens, si... Je pourrais peut-être faire de la mongolfière. Il y avait déjà des mongolfières.
- Speaker #1
Alors, c'est ce que j'allais te dire. Dans le coin, il y en a quelques-uns, quand même, des concurrents. Confrères, concurrents, je sais pas.
- Speaker #0
Oui, mais moi, je faisais ça les week-ends.
- Speaker #1
Ouais, tu les dérangeais pas.
- Speaker #0
C'était un hobby.
- Speaker #1
Tu es arrivé par la petite porte.
- Speaker #0
Oui, je suis allé me présenter, quand même. Et puis... Et puis voilà, j'ai pris des leçons de pilotage et j'ai adoré.
- Speaker #1
Ça se passe comment ? En tant que novice, je pense qu'il y a une grosse partie navigation, météorologie, connaissance des courants d'air. Il y a une grosse partie météo, je pense. Après, au niveau technique, il y a des accréditations. Explique-moi un petit peu comment ça marche, parce que c'est intéressant, c'est vraiment un milieu très spécifique.
- Speaker #0
Mais ce qui est très intéressant, c'est que probablement que l'aérien, et peut-être avec la marine, des endroits où on apprend à l'ancienne. Et que celui qui apprend...
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu appelles l'ancienne cartographie ? Je vais te dire.
- Speaker #0
Et il y a une forme d'humilité quand tu apprends. Parce que tu n'es pas dans ton élément. Spontanément, tiens, je suis dans l'air. Ce n'est pas l'endroit où tu peux dire, je l'ai vu sur Internet, ou je te montre... Tu montres à ton instructeur comment faire. Tu ne la ramènes pas.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Parce que tu ne sais pas. En fait, la vérité, c'est que tu ne sais pas. Et en fait, pourquoi j'ai l'ancienne ? Il y a un maître et un élève. Le maître te demande. Le maître te montre. Donc le maître, c'est le pilote instructeur. Je te montre le geste. Tu le reproduis. S'il est bien fait, tu vas le reproduire une deuxième fois, une troisième fois. Et si c'est bien fait, je ne corrige pas. Ça veut dire que c'est acquis.
- Speaker #1
C'est rigolo, je te coupe dans notre précédent épisode avec Stéphanie, la couleuvrine. Elle dit, moi avec ma mère, quand je suis arrivé dans l'hôtellerie, j'étais un petit soldat. J'étais à son écoute, humilité, je faisais ce qu'elle me disait, j'apprenais. Comme quoi les valeurs, on parle de valeurs là, c'est un peu similaire.
- Speaker #0
Mais oui, parce que je pense que c'est la base. Qu'on a perdue, mais je pense que c'est la base. Et comme tu es dans l'air et tu ne la ramènes pas, parce que tu veux revenir... C'est clair. Une fois que tu es en haut,
- Speaker #1
il faut que ça redescende.
- Speaker #0
Et puis voilà. Tu apprends et ça s'est bien passé. Moi, j'avais un instructeur absolument...
- Speaker #1
Combien de temps ?
- Speaker #0
Je crois que j'ai eu ma licence au bout de 22h ou 23h.
- Speaker #1
D'accord, ça se fait en plusieurs fois.
- Speaker #0
Tu as une partie théorique, ce que tu évoquais. Tout ce qui est... espacés aériens, cartographie, réglementation. Pour la Mongolfière, un peu moins. Parce que la cartographie, tes déplacements... Oui,
- Speaker #1
tu ne fais pas 200 km.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Sauf s'il y a un problème.
- Speaker #0
Sauf s'il y a un problème. Mais tu ne feras pas 200 km. Tu feras... Bon. Sauf si tu l'as prévu de le faire. Parce qu'il faut que tu aies suffisamment de gaz. Oui, bien sûr. Après, tu apprends à piloter. Et au fur et à mesure, tu acquiers de la compétence, de l'assurance. Et puis après, on te dit que tu vas atterrir tout seul.
- Speaker #1
OK. Ça, c'est l'étape suivante.
- Speaker #0
Ça, c'est la fin de l'apprentissage.
- Speaker #1
C'est la fin de l'apprentissage.
- Speaker #0
Et puis après, on te dit que pour passer ta licence, tu vas te retrouver tout seul. Tu vas faire un vol en solo. Et là, tu as l'instructeur qui te... prête son ballon et débrouille-toi maintenant. T'as un vol à faire.
- Speaker #1
Quel est le... Si ça se passe pas bien, comment il maîtrise ?
- Speaker #0
Il maîtrise pas, il est au sol.
- Speaker #1
D'accord. Y'a pas de plan B ?
- Speaker #0
Non. Et on te dit, et moi j'y croyais pas parce que j'ai cru que c'était une histoire un peu de mec, tu vas voir, atterrir, ça va te changer la vie, tout seul. Quand tu vas atterrir la première fois, ça va te changer la vie. C'est une histoire. L'histoire de mec, ça ne existe pas. Si, si.
- Speaker #1
Mais donc ?
- Speaker #0
Si, si, parce qu'en fait, ce n'est pas naturel d'atterrir. Tu reviens sur Terre, tu reviens sur Terre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En bonne santé, il n'y a pas de casse et machin. Et c'est juste magique, le premier vol. Oui,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #0
En règle générale, il n'est pas très bon, en fait. Il est compliqué. Le challenge, il est là. Il est là. Mais c'est super.
- Speaker #1
En fait, tu es aidé à l'atterrissage. Enfin, moi, j'ai vu quand je suis allé avec toi, tu étais tout seul. Parce qu'il y a quand même des gars qui te récupèrent en bas quand même, non ? Comment tu fais à stabiliser ta montgolfière tout seul ?
- Speaker #0
Tu stabilises tout seul. Tu peux stabiliser tout seul. Et les gars...
- Speaker #1
Ce que j'ai fait avec toi, ce n'était pas si simple.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple, mais... Surtout s'il y a du vent. S'il n'y a pas de vent, ce n'est pas très compliqué. Il faut trouver le bon endroit. Si, ça peut être très compliqué quand il n'y a pas de vent, parce que tu n'as pas de direction et tu n'as pas de moteur. C'est pénible. Mais il faut un peu de vent.
- Speaker #1
Il faut un peu de vent. Ça, c'est l'idéal. Donc, tu as ton brevet ?
- Speaker #0
J'ai ma licence. Tu as ta licence ? J'obtiens ma licence en 2016. Pardon, en 2016. En 2006. Non, en 2016, oui. Oui, en 2016. En 2016, oui, pardon. En 2016, voilà.
- Speaker #1
Malgré tout, donc, tu restes sur Paris. Il y a 7 ans qui suivent.
- Speaker #0
Je suis sur Paris. Mais entre-temps, je dis à mon instructeur, tiens, je vais... Comme je voulais créer ma société de Montgolfière, je voulais quand même vendre... des vols pendant que j'étais à Paris. Je volais les week-ends. Donc là,
- Speaker #1
tu avais quand même, bien sûr, on est d'accord, mon golfière, ce n'était pas pour en faire pour le plaisir pour toi et ta famille. Tu avais vraiment l'idée d'en faire un modèle économique.
- Speaker #0
C'est toujours pareil. Je suis désinvolte, mais j'anticipe. Oui,
- Speaker #1
voilà, c'est ça. Tu avais ton idée en tête.
- Speaker #0
Donc du coup, avant de pouvoir acheter ma montgolfière, parce que ça coûte un petit billet, on va en parler. Je décide, avec mon instructeur, de faire euh... de prendre des cours particuliers, en fait, parce que c'est la seule façon de voler, parce que ce n'est pas donné. Et je lui ai dit, ce que je souhaite, c'est faire des atterrissages dans les endroits les plus petits possibles. Parce que j'avais bien conscience qu'ici, en Dordogne, en tous les cas, là où on est dans le sud du département, il y a beaucoup de bois.
- Speaker #1
C'est le challenge, quoi, de pouvoir se poser sur... Oui,
- Speaker #0
et donc du coup... Et j'avais besoin, en fait, pour faire du commercial, de 50 heures supplémentaires de vol, en fait.
- Speaker #1
Pour te spécialiser un peu ?
- Speaker #0
Oui, pour avoir...
- Speaker #1
C'est un peu comme le parachutiste qui se pose sur un point précis.
- Speaker #0
Pour avoir ma qualification de commercial.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et donc, du coup, je passe mes cours particuliers. On était dans le lot. On se posait du côté de mon geste. Et on se posait les endroits les plus petits possibles, les champs les plus petits possibles. Et on se mariait, en fait.
- Speaker #1
Oui, parce que plus tu arrives à être précis, plus ça veut dire que tu maîtrises ton outil. Oui. OK. D'accord.
- Speaker #0
Et puis après, j'ai acheté un ballon.
- Speaker #1
Ça coûte combien un ballon ? C'est indiscret, non ?
- Speaker #0
Le ballon dans lequel tu es monté, il y avait six places. Aujourd'hui, ça coûte 100 000 euros.
- Speaker #1
Ah ouais, quand même. Alors après, un vol à Montgolfière, ça ne s'est pas donné, j'allais dire, pour le grand public.
- Speaker #0
En ce moment, le prix du gaz qui a augmenté, ce n'est pas donné.
- Speaker #1
C'est combien d'ailleurs un vol à Montgolfière ? On peut le dire maintenant ? Pourquoi pas maintenant ?
- Speaker #0
Un vol en solo, c'est 250 euros. Un vol pour un couple, donc deux personnes, c'est 200... 35 par personne. Donc ça fait 470 pour deux.
- Speaker #1
Alors j'ai plein de questions. J'ai envie que tu me dises déjà, parce que je pense que ça, ça intéresse tout le monde, comment s'envole une montgolfière ? C'est un côté magique, on en parlait au tout début de l'épisode. J'ai cette question à te poser. Ensuite, je te poserai aussi d'autres questions sur le côté magique de la montgolfière pour découvrir les paysages autrement. Parce que c'est vraiment, moi, je trouve que ça, c'est fantastique. Moi qui suis un passionné de photos, Voilà, ça c'est quelque chose de magique que j'ai expérimenté avec toi. Donc d'abord, cet aspect sur lequel on a commencé l'épisode, ce côté on est au petit matin ou le soir au coucher du soleil, ou avant le coucher du soleil quand même, puisqu'il faut quand même se poser avant qu'il fasse nuit je suppose. Comment ça fonctionne ? Est-ce que tu peux nous raconter comment on prépare une montgolfière et comment se passe, parce que les gens qui vont venir, et j'espère qu'il y en aura de nombreux... Même si le but de cet épisode, c'est plus l'expérience, mais c'est quand même intéressant aussi de communiquer sur ton activité. Comment donner envie aux gens ? Parce que je pense qu'en plus, il y a des gens qui ont peur. Je pense qu'il y a pas mal de gens qui doivent avoir une appréhension à faire de la montgolfière et qui n'en feront pas à cause de ça. Comment ça marche, une montgolfière ?
- Speaker #0
Comment ça marche, une montgolfière ? Une montgolfière, c'est composé de plusieurs éléments. Le ballon, l'enveloppe, une aisselle, schématiquement, des brumeurs.
- Speaker #1
Simple, finalement.
- Speaker #0
Voilà. Puis quelques câbles qui tiennent la nacelle et qui relient le ballon et la nacelle. Et c'est tout.
- Speaker #1
Plusieurs formats de nacelle ?
- Speaker #0
Ah oui. Plus... Alors, si tu veux... Comment dire ? Plus la nacelle est importante, plus elle va, du coup, emporter du poids, plus le ballon sera volumineux.
- Speaker #1
Donc la taille de l'enveloppe est liée à la taille de la nacelle.
- Speaker #0
Exactement. Parce que, en fait, le vol à Montgolfier est régi par les lois de la physique. Et il y a deux...
- Speaker #1
Le bac D, il revient.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Il y a deux gars qui sont très importants. Alors pour ceux qui ont vu Gottlieb, ils vont se souvenir d'un qui voyait tomber une pomme de l'arbre, c'est Newton. Et l'autre... je pense aussi, il devait être dans Gottlieb, c'est Archimède. Donc, la force qui extrait le ballon de l'attraction terrestre, du sol, c'est la poussée d'Archimède. Et celle qui nous ramène au sol, c'est la gravité, c'est Newton.
- Speaker #1
Le poids, poum.
- Speaker #0
Parce que ce qui est sûr, c'est que de toute façon, on revient sur Terre, quoi qu'il arrive. Faire à moins que tu dépasses les... Même le record de saut en parachute, c'est 32 000 mètres, je crois.
- Speaker #1
32 000 ?
- Speaker #0
Non, ça fait 32 kilomètres de chute. Donc voilà, tu reviens sur Terre.
- Speaker #1
Oui, avec un masque à oxygène.
- Speaker #0
Et donc, tu reviens sur Terre. Mais cette poussée d'Archimède, elle est incroyable, parce qu'elle va extraire du sol. Ce ballon qui est chaud.
- Speaker #1
Et qui pèse ?
- Speaker #0
Le petit doit peser une tonne 4. Il fait 3400 m3, le petit. Il peut emporter au maximum 4 passagers. Et ce que j'appelle le gros pour moi, qui est un moyen, il fait 5100 m3 et il peut emporter 6 personnes, 6 passagers.
- Speaker #1
Ça, c'est le max ?
- Speaker #0
Ça, c'est le max. Et puis, plus il fait froid... Plus le ballon peut emporter de poids.
- Speaker #1
Ah d'accord.
- Speaker #0
Il faut qu'il y ait une différence de température.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce que s'il fait 30 degrés à l'extérieur du ballon, donc un soir d'été comme on va en avoir de plus en plus au mois d'août, il faut chauffer à 105-110 degrés à l'intérieur.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est beaucoup.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est pour ça d'ailleurs qu'au mois d'août, l'année dernière, on n'a pas volé parce qu'il a fait...
- Speaker #1
Trop chaud. Ah ouais, ok. Donc c'est la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur qui fait cette différence, qui fait que ça s'envole de pression. C'est ça, je m'exprime peut-être pas bien.
- Speaker #0
Et donc, la Montgolfière a été créée. C'est le premier engin aéronautique que l'homme a créé.
- Speaker #1
Ça date de quand d'ailleurs, la Montgolfière ? Le 17ème ?
- Speaker #0
Le 18ème. Le 18ème ? Premier vol, 1783, à Annonay. Les frères Mangolfier.
- Speaker #1
Oui, d'où le nom.
- Speaker #0
Le roi Louis XVI, avant qu'il soit décapité, qui était très intéressé par tout ce qui était technotechnique, dit « moi ça m'intéresse, venez me faire une démonstration » . Le deuxième vol a lieu à Paris. Je ne sais jamais si c'est dans la plaine d'ici les Molinos ou si c'est près des Tuileries. On va dire que c'est à Paris. Et puis le premier vol, c'est Pilote de Rosiers qui le fait dans la foulée. Après qu'on ait fait monter une poule ou un canard et un agneau pour voir ce qui se passait.
- Speaker #1
Montgolfière, on pense toujours à Jules Verne également.
- Speaker #0
Alors oui, mais c'est marrant. C'est l'image que j'ai. C'est à la fois une bonne et une mauvaise image. Parce qu'en même temps qu'on a fait le ballon à air chaud, la Montgolfière c'est un ballon à air chaud. Il y avait un scientifique français, je crois que c'est Charles. qui travaillaient sur les ballons à gaz. Les ballons qui sont plus légers que l'air. Qui sont gonflés à un gaz qui est plus léger que l'air. Et donc, ces deux techniques, ou ces deux approches, sont apparues en même temps. Je crois que le premier vol d'un ballon à gaz, alors je ne sais pas si c'est de l'hydrogène, c'est pas de l'hélium, ou du méthane, bref, c'est un gaz qui était plus léger que l'air, c'est 1783 aussi.
- Speaker #1
Ah oui, c'est juste avant la Révolution.
- Speaker #0
Il a une chose particulière, c'est qu'un ballon qui est plus léger et clair, qu'est-ce qu'il fait s'il n'est pas lesté ? Il va monter. Dans l'imaginaire de tout le monde, une montgolfière, c'est un ballon qui est lesté. Mais une montgolfière n'a jamais été lestée.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai qu'on a ces trucs-là sur les côtés en image.
- Speaker #0
C'est des sacs de sable.
- Speaker #1
C'est des sacs de sable, oui. On a ça en vision, c'est ça.
- Speaker #0
Qu'on enlève petit à petit. Et on enlève le sable.
- Speaker #1
Alors qu'il n'y a pas du tout ça.
- Speaker #0
Pour enlever du poids. Et le ballon monte. Le ballon à gaz monte. Et les mongolfières ont été très vite abandonnées, en fait, parce qu'on chauffait ça à l'époque avec de la paille, du bois, de la laine imbibée de gras, de poivre, bref, des trucs pas très faciles. Et dangereux,
- Speaker #1
non ?
- Speaker #0
Et donc, on a abandonné très vite le ballon à air chaud pour le ballon à gaz. Et d'ailleurs, l'emploi le plus illustre, c'est pendant la guerre... face aux Prussiens, donc en 1870, où on a évacué Gambetta avec un ballon à gaz. On a évacué Gambetta qui était à Paris, en fait. Et Paris était encerclé.
- Speaker #1
Parce que sinon, le mongolien n'a jamais été un outil militaire, je ne pense pas. Si, si. Enfin, reprisez.
- Speaker #0
Ben si, parce que ça permettait, tu es en l'air, ça permettait de donner des informations aux artilleurs.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. D'accord, ok. Le renseignement.
- Speaker #0
Très... Ah oui.
- Speaker #1
Et très discret en plus. Pas par le volume, mais par le calme.
- Speaker #0
Oui, parce que là, il n'y a pas de bruit. Et ça a été utilisé au tout début de la guerre de 14-18, mais ça a été abandonné parce que les avions sont venus très vite et c'était des cibles faciles.
- Speaker #1
Il y a un lien entre montgolfière et dirigeable ?
- Speaker #0
Je crois qu'il y a des dirigeables à air chaud, en fait. Mais c'est très particulier. C'est plutôt avec le ballon à gaz, en fait.
- Speaker #1
D'accord. Parce que ça a complètement disparu, les dirigeables, c'est vrai que c'est...
- Speaker #0
Il y a une start-up géandine qui essaie de développer ça, parce que pour transporter des matériaux, c'est un engin idéal. L'hélium a une force d'extraction cette fois plus forte, plus importante que l'air chaud. Donc quand un ballon air chaud extrait un kilo, un ballon à hélium, peut extraire 7 kilos. Donc c'est très intéressant pour tout ce qui est logistique et transport de marchandises.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, la montgolfière, pour les gens, ce qui est le plus magique, effectivement, comme tu le disais au début, c'est quand on commence à s'élever du sol. Et ce qui est le plus magique, la deuxième chose la plus magique que je trouve, moi aussi, c'est ce calme. Ça, c'est unique.
- Speaker #0
Oui, d'ailleurs, c'est ce que disent les passagers. Quand il n'y a pas le bruit du brûleur, parce que de temps en temps, il faut quand même chauffer le ballon pour le maintenir à la bonne température. Mais il n'y a pas de bruit. Et en fait, ce qui surprend toujours les passagers, ce qui les émerveille, c'est le fait qu'on se déplace au rythme naturel. C'est-à-dire qu'on se déplace dans le vent, au rythme, à la vitesse du vent. Et donc, ce n'est pas un transport, ce n'est pas l'avion en fait. On n'est pas enfermé et on va vite. on se déplace à la vitesse du vent.
- Speaker #1
Donc ça paraît simple, mais en fait, ça reste quand même quelque chose d'assez technique.
- Speaker #0
Ce qui est sûr, c'est qu'il faut beaucoup d'organisation et beaucoup de méthodes.
- Speaker #1
On en revient toujours au même.
- Speaker #0
Et que si tu ne fais pas preuve de méthode et d'une forme de discipline, ça ne se passe en règle générale pas bien. Et puis, l'aérien t'apprend ce que j'appelle le double check. C'est-à-dire que tu check en permanence.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que j'ai bien... Tout fonctionne et tu fais au moins deux fois. Moi, je fais au moins deux fois toutes les tâches. Alors, je ne les exécute pas deux fois, mais je les regarde... Enfin, je... Voilà. Et donc, c'est très important de le faire.
- Speaker #1
Mais je pense que ce qui est vraiment un luxe assez rare, c'est quand même ce silence. Vraiment. Je pense qu'on est dans une vie, tous, où on a... pas assez de moments de silence. Tous ces gens, notamment, qui viennent en Périgord pour rechercher ça, la nature, le calme, et qui en plus vont avoir la chance, parce qu'ils peuvent se le permettre aussi peut-être, de faire un vol au Montgolfière.
- Speaker #0
Mais on est suspendu en fait. On est suspendu en l'air. Et c'est ça qui est là aussi, c'est ça qui imagine que quand t'es un peu stressé, que t'es suspendu là, rien te retient.
- Speaker #1
C'est le cas de le dire.
- Speaker #0
D'une certaine manière, j'allais dire, je réfléchissais si c'était le bon terme, mais rien te retient en fait. Rien ne te retient.
- Speaker #1
Non, et puis, pardon.
- Speaker #0
Tu atterris après. Alors, je sais qu'aujourd'hui... Oui,
- Speaker #1
alors voilà, il faut parler de ça aussi. Parce que c'est sportif un peu, quand même.
- Speaker #0
Il peut y avoir quelques atterrissages sportifs, mais dans nos régions, non, parce qu'on voit là peu de vent, parce que les terrains ne sont pas très grands. Et puis,
- Speaker #1
tu ne voles pas s'il y a une tempête, quoi.
- Speaker #0
Non, hier soir, ce n'était pas possible. Il y a plein de soirs ou plein de jours. Il faisait orage, donc ce n'est pas possible. Tu dois voler dans des conditions qui sont optimales. Des conditions météo, pardon, optimales. Mais bon, l'atterrissage, l'atterrissage, il est... Là aussi, c'est de la liberté, puisqu'on peut atterrir...
- Speaker #1
Pas forcément là où tu as souhaité.
- Speaker #0
Mais où on veut. Enfin, où on peut. Ça a été arrêté si on dit où on veut, mais en fait, ce n'est pas vrai. Là où on peut.
- Speaker #1
Alors tu disais que tu avais une spécialisation pour atterrir de façon la plus précise possible.
- Speaker #0
Ce n'est pas une spécialisation, mais j'ai demandé...
- Speaker #1
Enfin, une formation.
- Speaker #0
Je me suis entraîné pour...
- Speaker #1
Mais malgré tout, il y a quand même des... Pas des accidents, mais des incidents de parcours. Moi, j'ai souvent vu dans des émissions d'une montgolfière qui atterrit dans un endroit un peu improbable. Ça arrive quand même, non ?
- Speaker #0
Oui, ça arrive. Ça arrive, oui. Dans un jardin.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tiens, il m'est arrivé une anecdote pas très vieille, ça date d'une semaine. On a pris ma montgolfière en photo. Ça c'est intéressant. On prend ma montgolfière en photo derrière un arbre. Et là, on dit qu'il y a eu un atterrissage en catastrophe d'une montgolfière dans un jardin. Le journaliste m'appelle, mais il me dit « ça va bien ? » « Juste que vous me parlez ? »
- Speaker #1
« Vous êtes encore là ? »
- Speaker #0
« Oui, je suis là. » « Il faut bien aussi. » « Je ne sais pas de quoi vous parlez. » « Parce que j'ai une photo qui montre que votre montgolfière s'est atterrie dans un arbre. »
- Speaker #1
« Avec la nacelle accrochée. »
- Speaker #0
« J'y dois. Montrez-moi la photo. » Il ne m'a pas montré. On voit le ballon. Le ballon, on n'a atterri pas dans un jardin d'abord, on a atterri dans un pré. Et le ballon se trouve à 50 mètres de l'arbre.
- Speaker #1
C'est un effet d'optique ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà. Et puis, il se trouve qu'effectivement, ce matin-là, il y avait un peu de vent en altitude, pas tellement au sol. Mais quand on atterrit comme ça, parfois, on atterrit avec une pente relativement aiguë.
- Speaker #1
De façon un peu plus brutale, quoi.
- Speaker #0
Même pas. Même pas ? On a rebondi une fois. Voilà. Et on... On était proche d'un petit taillis, mais rien de ce qui était dit. Donc l'image qu'on peut avoir, elle peut être tronquée. Parce que c'est rare. Par exemple, souvent les passagers nous disent, on va traîner. J'ai dit, on va traîner. Oui, vous allez traîner si on a beaucoup de vent.
- Speaker #1
Traîner, ce qu'on appelle traîner, c'est quand ça glisse pendant un moment.
- Speaker #0
Non, parce que ça, on traîne quand il y a beaucoup de vent. Donc ça, c'est des pratiques qui sont dans les régions où il y a des grands champs. Dans le nord, par exemple, il y a beaucoup de vent et il y a des grands champs. Donc ils peuvent traîner. Nous, on ne peut pas traîner parce que si on traîne, on finit dans un arbre. Donc on ne peut pas traîner, en fait, ou très peu.
- Speaker #1
Alors, c'est peut-être le moment, quand on parle, parce que moi, j'ai ce souvenir, quand j'ai fait avec toi, de la préparation et, alors, bien sûr, tout le souvenir du vol avec les photos, etc. On va en reparler tout à l'heure, parce qu'on va reparler surtout des endroits où tu voles, qui sont quand même des endroits un petit peu magiques, même si je n'ai pas encore fait le château de Beynac. Non, parce qu'on est parti de l'autre côté. Il va falloir qu'on rectifie ça, parce que... Mais, oui, ce dont on peut parler, c'est le moment. J'étais équipier, là, sous Sous les yeux, là, sur ton site internet. Pour information, volenballon.fr, tout attaché. Voilà, on le dit, on le redira à la fin. Mais c'est important de le dire. Donc, tu as des équipiers, au départ et à l'arrivée, qui participent au départ et qui aident à l'arrivée. Oui. Tu en as combien, d'abord ?
- Speaker #0
Alors là, j'en ai, cette année, j'en ai... L'année dernière, j'en avais trois. Là, j'en ai quatre. C'est des jobs complémentaires.
- Speaker #1
Qui demandent une formation, quand même.
- Speaker #0
Bien sûr. Il y a deux vols d'entraînement avec nous, d'abord. Et on leur montre les gestes. Ils font des vols d'entraînement avec nous, où on leur apprend à déplier un ballon, à tenir le ballon au gonflage, à sortir le ventilo de la remorque, etc. Donc, il y a de l'apprentissage qui est important et qui est nécessaire. Et aussi, on les forme à la sécurité. Sécurité incendie, très importante, ça peut arriver. Ça arrive.
- Speaker #1
Ça arrive ou pas ?
- Speaker #0
Parfois, quand il y a du trop de vent, c'est compliqué de tenir un ballon. C'est comme un ballon de baudruche, un ballon.
- Speaker #1
Oui, donc c'est le mouvement qui peut faire que la flamme va toucher et qu'un ballon s'enflamme.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est rarissime.
- Speaker #0
Ça peut arriver. Et comment ça se passe dans ces cas-là ?
- Speaker #1
Tu tombes ?
- Speaker #0
Non, parce qu'en règle générale, c'est en bas. Tu fais un trou, tu vas là. J'expliquerai, parce que tous ces ballons sont entretenus correctement. La réglementation nous impose d'avoir une visite annuelle du ballon. Ça paraît normal. D'une part, et d'avoir une visite tous les 100 heures de vol. Et puis, quand on a... On a fait un trou, ça arrive. On a fait un trou, soit parce qu'il y a une petite brûlure, soit on a fait une petite édition parce qu'on a été touché à une branche à l'atterrissage. Ça peut être que ça, en fait.
- Speaker #1
C'est quelque chose, pas de banal, mais qui peut arriver.
- Speaker #0
Ça arrive. On essaie de caner le moins possible dans la saison, mais ça arrive. On va à l'atelier de maintenance où le ballon est entretenu régulièrement et on change le panneau qui est abîmé. Parce qu'une montgolfière ne peut pas se déchirer, là aussi. C'est comme une orange avec des quartiers et avec des panneaux. Chaque panneau sont cousus entre eux. Ils sont indépendants.
- Speaker #1
Ça se voit d'ailleurs quand on la voit.
- Speaker #0
C'est une sorte de patchwork.
- Speaker #1
Exactement. Il y a un morceau qui se déchire, mais tout ne peut pas se déchirer de haut en bas.
- Speaker #0
C'est impossible. Il y a des coutures partout.
- Speaker #1
Rappelle-moi, tu as combien de montgolfières ? Deux. Une petite et une grande, pour faire simple. Combien de vols par an ?
- Speaker #0
L'année dernière,
- Speaker #1
170. Ah ouais ? Tu m'aurais demandé, je ne t'aurais pas dit autant.
- Speaker #0
170. Moi, je suis petit par rapport aux autres. Mais mes collègues de la vallée, ils font beaucoup plus de vols que ça.
- Speaker #1
Ça se passe comment la concurrence dans la vallée ? Ça se passe bien. Ça se passe bien ? Les relations sont bonnes ?
- Speaker #0
Oui, les relations sont bonnes.
- Speaker #1
Et au niveau plus large de confrères dans le tourisme, je parle ici touristique, château, etc., pour vendre ton produit, les relations là aussi sont sympathiques ? Oui.
- Speaker #0
Parce que... la montgolfière, elle est mise à toutes les sauces. Je n'ai pas vu une photo de tourisme où il n'y a pas une montgolfière.
- Speaker #1
C'est très photogénique.
- Speaker #0
Oui. Je discutais avec le sous-préfet de Sarlat qui considère que c'est aussi...
- Speaker #1
un facteur de réflectivité parce que c'est juste très beau c'est très photogénique encore une fois moi sur mon téléphone en photo j'ai une photo de Rocamadour avec les Mongolfiades je crois que ça s'appelle comme ça d'ailleurs à quand les Mongolfiades en Périgord ?
- Speaker #0
je sais pas parce que ça, ça serait génial si j'osais, je dirais que nous on a la chance l'été de les avoir toute l'année et donc on est quand même l'été il peut y avoir 15 ballons qui volent Dans un endroit qui est relativement restreint.
- Speaker #1
Vers l'Aroga Jacques Beynac.
- Speaker #0
L'Aroga Jacques Beynac, Castelnau. L'été, parfois, c'est un peu de chance,
- Speaker #1
tu en vois plusieurs en même temps.
- Speaker #0
15.
- Speaker #1
Il y en a 15 maxi, c'est ça ?
- Speaker #0
Moi, j'en ai déjà eu 16 une fois. C'est déjà beaucoup. Donc en fait, nous, on a les monts golfiers tous les jours.
- Speaker #1
Donc l'été, il y a un embouteillage des canouées sur la Dordogne. Avec les gabards, il y a un embouteillage dans le ciel. Non, il n'y a pas d'embouteillage. Non, mais je plaisante.
- Speaker #0
Mais c'est juste magique. Mais c'est beau, c'est des couleurs en plus. Oui, c'est magnifique. Et quand tu es touriste et que tu vois le soir passer des monts golfiers...
- Speaker #1
Presque au Radlo. Oui,
- Speaker #0
Jacques. Pas très haut, c'est super.
- Speaker #1
J'ai un ami comme ça un soir qui était au restaurant à la Rocajac et il m'a envoyé une photo, il était en train de dîner, je ne sais plus dans quel restaurant, et tu vois la montgolfière qui passe en fait le long de la Dordogne, c'est étonnant.
- Speaker #0
Et donc ça c'est la meilleure pub. Ça, c'est la meilleure pub. On reçoit souvent des appels après.
- Speaker #1
Donc, c'est ça, en fait, qu'il faut que je te négocie. C'est une pub du guide du Périgord sur ta montgolfière. C'est une pub de fou, ça.
- Speaker #0
Ah bah oui, c'est sûr.
- Speaker #1
On peut en parler,
- Speaker #0
si tu veux. J'ai le tarif.
- Speaker #1
Ok. Les vols, donc, matin et soir.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Le mieux, c'est quoi ?
- Speaker #0
C'est différent. Moi, je suis incapable de dire c'est mieux. Un pilote va te dire, un pilote, pour des raisons d'aérologie, va te dire le matin, c'est super. Parce que l'air est plus stable. Après la nuit, l'air est plus stable. Mais le soir, on a fait de très, très beaux vols au mois d'avril, le soir. Très beau. C'est super.
- Speaker #1
Et au niveau de la lumière, j'allais dire, au niveau de la lumière, c'est quoi ? Parce que moi, j'ai fait le matin.
- Speaker #0
Non, c'est le matin, la lumière.
- Speaker #1
Oui. Peut-être que c'est la lumière la plus pure. Alors, ça dépend du jour aussi. Il y a des jours brumeux, il y a des jours...
- Speaker #0
Après, quelques collaboratrices de GoCom sont venues le soir, c'était super.
- Speaker #1
Alors, parlons du lieu. Donc, toi, tu décolles de Saint-Vincent-de-Côze. Donc, selon... Tu vas me corriger, mais je pense que je suis à peu près dans le vrai. Selon le vent, tu vas te diriger plutôt vers la zone de Beynac ou plutôt vers le Saint-Cyprien, c'est ça ? Oui. Moi, je rêve de me diriger vers Bainac. Et là, on a des choses magiques parce que le château de Bainac, c'est mon château préféré en Périgord. Pour moi, c'est un château magique. C'est ça, un petit peu. Tu as des vues sur les châteaux qui sont faisant un peu rêver les gens.
- Speaker #0
T'imagines, prenons un vol du matin. Le soleil est en train de se lever. Il fait un peu frais encore. Il fait frais. Tu décolles et... Imaginons qu'on aille en direction de l'Est, en direction de Benac, puis on se lève, et au fur et à mesure qu'on se lève dans le ciel, tu vois apparaître les tours crénelées du château de Benac, au pied de la rivière. S'il y a de brume, pas de bruit, très peu. Tu voles ? Et là, tu prends la direction de Benac, et là, tu dis, on va faire un travelling sur Benac. C'est super.
- Speaker #1
C'est incroyable. J'ai vu des photos où il y a... Tu voles quand il y a des nuages vraiment où il faut vraiment qu'il fasse très beau ? Parce que j'ai vu des photos où on voit le château et on voit une sorte de mer de nuages quasiment en dessous. Tu as déjà fait ça ?
- Speaker #0
Oui. Nous, on peut voler ce qu'on appelle en top, c'est au-dessus de la couche. Mais il faut qu'au décollage, on puisse être visible quand même. Donc quand il y a trop de... Oui, d'accord.
- Speaker #1
Il y a un minimum. Un vol la nuit, c'est impossible.
- Speaker #0
Alors, les vols la nuit, c'est... Alors, moi, j'ai pas la... Si, je la qualifie, mais... Je vois pas trop l'intérêt, après,
- Speaker #1
peut-être, mais...
- Speaker #0
Bah, ici, parce que tu fais le lever de soleil.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est ce qu'ils appellent le point du jour. Tu fais le lever de soleil, c'est pas mal. Mais c'est le matin, en fait. Mais c'est le matin, et le soleil va réapparaître au fur et à mesure. Donc, tu vas atterrir, le jour sera levé.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
En fait, tu peux pas atterrir la nuit.
- Speaker #1
Tu vois rien. Tu peux l'inverse.
- Speaker #0
C'est l'inverse.
- Speaker #1
Tu peux l'inverse. OK. Aujourd'hui, tu vis de cette activité ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est rentable ?
- Speaker #0
Oui, on n'est pas millionnaire en faisant de la montgolfière.
- Speaker #1
Alors, justement, pour revenir à l'activité, on a la montgolfière, on a aussi les chambres d'hôtes avec ton épouse. J'ai vu que ton épouse, pareil, elle est extrêmement créative dans la gestion de son... Enfin, tu dois y participer un petit peu aussi. Non, pas du tout. Non, pas du tout. Plus du tout, peut-être. J'ai vu qu'elle faisait... Alors, il faut que tu me racontes un peu, parce que c'est pareil, c'est un très joli lieu. Alors, je n'ai pas bien vu, mais la prochaine fois que je viens, il faut que je fasse beynac et il faut que je prenne un petit déj chez vous. Voilà, c'est ça qu'il faut que je fasse. Mais j'ai vu que vous aviez quand même un lieu exceptionnel. J'ai vu qu'elle faisait également, tu vas me raconter un petit peu ça, des cours de cuisine. Vous faites table d'hôtes. Vous faites de l'initiation à la cuisine et à la truffe, marchez au truffe de Sarlat.
- Speaker #0
T'as bien regardé, oui.
- Speaker #1
Ah oui, non, non, j'ai regardé ça, oui. Attends, en plus, il y a pire à regarder que ce genre de choses.
- Speaker #0
Non, mais on ne s'imagine pas...
- Speaker #1
Expérience globale, c'est ça que je veux qu'on voit ensemble. Non,
- Speaker #0
mais on ne s'imagine pas la chance que nous avons de vivre dans le périlleur.
- Speaker #1
J'imagine quelqu'un qui vient chez toi. Ils vont séjourner chez toi, ils vont faire un tour en montgolfière, ils vont manger des truffes.
- Speaker #0
On est béni des lieux. On a le soleil, des beaux paysages, un beau patrimoine. On a de la gastronomie. Tout ça, ça intéresse les touristes, les visiteurs. La truffe, les week-end truffes font cartonnes. C'est incroyable. Et on va chez un trufficulteur qui s'appelle Philippe Hamelin, qui est un garçon extraordinaire.
- Speaker #1
Péchalifour ? C'est lui ? Non, c'est Edouard ça.
- Speaker #0
Ah c'est Edouard ça.
- Speaker #1
Je connaissais lui, c'est pour ça que je te parle de lui.
- Speaker #0
Non, c'est Edouard. On a été initié à la truffe par
- Speaker #1
Edouard. J'étais allé chez lui, moi.
- Speaker #0
C'est un garçon extraordinaire, lui aussi extraordinaire.
- Speaker #1
Ça paraît, il recherche les truffes, on peut en parler, mais c'est extraordinaire.
- Speaker #0
Mais donc, il a arrêté en tous les cas une partie de son activité. Et donc, on a trouvé un autre trufficulteur qui est un garçon extraordinaire qui a une trufficulture. Je ne vais pas dire où c'est, mais c'est magique. C'est un gars passionné, mais c'est une aventure. Chercher, caver, comme on dit, c'est extraordinaire. Avec le chien, c'est formidable. C'est effectivement une des expériences très particulières qui intéresse beaucoup les Français. beaucoup de Français. Oui,
- Speaker #1
alors typologie de touriste, oui.
- Speaker #0
Pour les week-end truffes, c'est plutôt français. De temps en temps, on a quelques étrangers.
- Speaker #1
Et en global ?
- Speaker #0
Nous, on a une moitié clientèle étrangère et moitié clientèle française.
- Speaker #1
Donc les gens, ils viennent chercher une expérience globale, ils ne viennent pas chercher uniquement de dormir dans une chambre d'hôte. Ça, c'est la façon limite, maintenant presque par le petit bout de la lorgnette, de le voir.
- Speaker #0
Parce qu'on a tiré l'expérience maison d'hôte jusqu'au bout. C'est-à-dire que nous, on habite notre maison. Donc c'est une maison d'hôte où il n'y a pas une boîte à clés. C'est une maison d'hôtes où on reçoit... Oui, c'est ça,
- Speaker #1
on ne cherche pas une nuitée, on cherche une expérience.
- Speaker #0
Voilà, donc les gens viennent, mais ça ne se passe pas. Une découverte. Et là, on a passé, c'était il y a 5-6 jours, on n'était avec que des Américains à table. Il y avait trois couples d'Américains, un couple polonais, on n'a parlé qu'anglais. Et c'était passionnant, en fait. C'était passionnant. Et les visiteurs, ils ne savent pas ce qu'ils vont trouver. Et nous, on ne sait pas ce qu'on va vivre non plus avec eux. Et c'est juste magique, en fait.
- Speaker #1
Là, c'est génial ce que tu dis, parce qu'on est vraiment dans l'expérience touristique ultime. C'est-à-dire, tu racontes un territoire, tu es acteur d'un territoire. Et puis, en plus, j'en reviens à ce que tu disais tout à l'heure sur les ressources humaines. Là, tu n'es pas dans la ressource, mais tu es dans l'humain. C'est ça la question. Est-ce que cette vie que tu as aujourd'hui... C'est un moyen de garder ce relationnel avec les gens. Beaucoup de gens qui ont des chambres d'hôtes ou des gîtes m'ont souvent dit qu'on ne fait pas forcément ça pour gagner beaucoup d'argent, mais on fait ça parce qu'on approche peut-être d'un certain âge et on a envie de garder cette relation humaine, cette relation culturelle, intellectuelle aussi avec les gens.
- Speaker #0
Oui, clairement. C'est dans un moment où il y a une forme d'individualisme qui... qui se crée, où tout le monde est sur les réseaux beaucoup trop, où chacun vit un peu dans sa bulle, partager un repas à 5, 6, 8, 10, parfois 12, avec des gens qu'on ne connaît pas spécialement, mais c'est juste exceptionnel. On avait des Américains qui venaient de... Ils étaient du Wisconsin ou de l'Ohio ? en Wisconsin. C'était magique. Par rapport à ce qu'ils vivent aux Etats-Unis, ils étaient super contents. Et tout de suite, ils m'ont dit est-ce qu'on peut faire un vol à Montgolfière ? Et en plus,
- Speaker #1
souvent, ils ont quand même les budgets que n'ont pas forcément les Européens. Ils ont un peu plus d'aisance financière.
- Speaker #0
Mais bon, voilà. C'est une expérience qui est vraiment complète. on pousse le curseur jusqu'au bout et ça c'est chouette mais on est aussi ce que je disais tout à l'heure on a une chance énorme dans le Périgord Noir
- Speaker #1
Vous avez combien de chambres d'hôtes ? 5 ça fait une dizaine de personnes Les vols en montgolfière sur 100 personnes qui font de la montgolfière chez toi c'est essentiellement des gens captifs qui sont chez toi en chambre d'hôtes ou c'est beaucoup de gens de l'extérieur ?
- Speaker #0
Au début c'était ça quand je faisais les week-ends. Donc, c'était beaucoup des gens qui étaient clients de la maison d'hôte. Aujourd'hui, c'est un quart, peut-être, la maison d'hôte. Un quart de ma clientèle.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Je n'ai pas vraiment regardé, mais je pense que c'est ça.
- Speaker #1
Alors, sur les chambres d'hôtes et volants montgolfières, les deux ou l'un sans l'autre, est-ce que tu as des anecdotes de clients ? Je te pose cette question à chaque fois, parce qu'il y a parfois des choses marrantes. Est-ce qu'il vous arrive des choses ? Sur Montgolfière, ça doit arriver, il doit t'arriver des choses drôles quand même, de clients qui ont peur, j'en sais rien. Est-ce que tu as des choses drôles à raconter ? Voir même des gens connus qui ont fait de la montgolfière chez toi ?
- Speaker #0
Des gens connus, non. Donc on évacue cette question. Des anecdotes. J'ai eu beaucoup de demandes en mariage.
- Speaker #1
En l'air ?
- Speaker #0
En l'air, oui. Ça, c'était top.
- Speaker #1
Ok, c'est bon ça.
- Speaker #0
Il y a plusieurs types de demandes en mariage. C'est marrant. Et j'étais prévenu. Non, la dernière demande en mariage... Il ne m'a pas prévenu, il en était dans un ballon à 6. Et donc, le garçon a fait sa demande en mariage devant les autres.
- Speaker #1
Oui, parce qu'il s'est promiscuité quand même un petit peu.
- Speaker #0
Et donc, c'était magique. Parce que d'habitude, ils privatisent le ballon. Mais c'était juste ultra sympa. Tout le monde était content. Parce que dans le ballon, il y a aussi les gens se rencontrent. Et il venait pas de se rencontrer avant d'en monter dans l'avion. Dans la montgolfière, pardon. Il y a ça. Qu'est-ce que j'ai eu ? J'ai eu de... Qu'est-ce que j'ai eu de...
- Speaker #1
Des gens pénibles, des gens qui râlent, même si c'est très détendant la Mongol Fierce, mais je pense qu'il y en a, il en faut peu.
- Speaker #0
Oui, oui, j'en ai eu, oui. Oui, je... Mais je vais rester sur... Parce que c'est des gens qui consomment ça comme ils consommeraient autre chose. Donc, c'est pas très intéressant de raconter. En revanche, il y a une... Une dame assez âgée, elle devait avoir 83 ans, qui me dit, c'était l'année dernière, vous vous en avez pas compte monsieur, ce que je viens de vivre, vous venez d'accomplir le rêve d'une petite fille.
- Speaker #1
C'est beau ça.
- Speaker #0
On est en train de prendre le café, on a fini de voler, c'est juste magique.
- Speaker #1
Oui parce qu'il faut dire, c'est vrai qu'on n'en a pas parlé de ça, quand on finit la séance, j'appelle ça la séance de Montgolfière, qu'on se repose, tu offres un café, un croissant. à l'endroit où on s'est posé.
- Speaker #0
Et le champagne le soir.
- Speaker #1
Et le soir, le champagne. Ça permet de clôturer l'expérience avec les gens qui étaient avec toi de façon très sympathique avant de repartir.
- Speaker #0
Voilà, donc ça, c'est... Après, il y a des expériences un peu compliquées. C'est que... Donc, on atterrit toujours chez quelqu'un. Une propriété privée. Et donc, parfois, il y a des gens qui nous accueillent bien. d'autres fois...
- Speaker #1
Avec le fusil.
- Speaker #0
Non, pas avec le fusil, mais pas de façon très aimable. Donc nous, on essaye de faire très attention de là où on va atterrir. On essaie de faire attention... Et puis tu sais,
- Speaker #1
peut-être au fur et à mesure, maintenant... Non, mais tu sais quels sont ceux qui sont aimables et au moins, non ?
- Speaker #0
Oui, mais je veux pas savoir parce que... Enfin, c'est pas que ça m'a... Je le sais, mais je veux pas prendre ça en compte parce que c'est une contrainte supplémentaire et si je dois atterrir en toute sécurité, je... J'ai pas besoin... Cette information ne m'aide pas.
- Speaker #1
Tu privilégies la sécurité avant de savoir si le voisin est sympa plus que l'autre.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est ça qui doit nous guider, atterrir en toute sécurité. Et après, je gérerai la personne qui n'est pas contente. Les agriculteurs, certains ne sont pas très contents, en fait. Mais on essaie de leur expliquer. Ils font un travail formidable parce qu'on a parlé des paysages, mais les paysages que l'on a, qui sont très beaux...
- Speaker #1
Ils sont liés à l'agriculture aussi.
- Speaker #0
Entre autres. On a une topographie, on a des beaux villages. Mais moi, ce que je leur dis, le boulot que vous faites, les champs...
- Speaker #1
C'est marrant ce que tu dis, parce que j'ai fait de belles photos de champs cultivés quand on était dans ta montgolfière. Et c'est très beau. Ça fait de très beaux graphismes.
- Speaker #0
Bah oui.
- Speaker #1
Donc c'est très beau, en fait. Tout à fait. La vallée de la Dordogne est très belle. Très belle.
- Speaker #0
Et ce mix entre des champs très géométriques, en fait, et colorés... Et la forêt. Et la forêt, et des arbres détaillés, et de peupliers. Et la dornine qui serpente un peu n'importe comment. C'est très beau. Et donc, moi, je leur dis, on respecte votre travail, mais quand on doit atterrir, il faut qu'on atterrisse. Alors, bien sûr qu'on fera le plus attention possible. On n'hésite pas à toucher les cultures. Souvent, on atterrit dans des prés, en fait, où il y a de l'herbe, et parfois on couche un peu. le coucher de l'herbe.
- Speaker #1
C'est pas dingue quand même, ça va.
- Speaker #0
Non, mais parfois, certains peuvent se comporter un peu en terrain conquis. Donc, on essaie de faire attention et on essaie d'avoir de bonnes relations avec les agriculteurs. Mais en règle générale, une fois qu'on a discuté avec eux, au début, ça peut parfois être difficile, mais au final, on trouve un terrain d'entente. Mais moi, je tiens quand même à dire que c'est... Le paysage de la vallée d'Ordogne, il est beau aussi. Parce que les réculteurs sont là.
- Speaker #1
C'est une excellente transition sur une partie que je voulais qu'on évoque également. C'est cette partie, le tourisme aujourd'hui en Dordogne, le surtourisme potentiel. Les interlocuteurs que j'ai eu jusqu'à présent sur ce podcast m'ont tous dit qu'il n'y avait pas de surtourisme. D'autant plus que le tourisme, finalement, le gros de la saison, est très court en Dordogne. Le moment où il y a le plus de monde, c'est à peu près un mois. C'est 15 juillet, 15 août toujours. Mais malgré tout, c'est vrai que c'est une question intéressante parce que le tourisme évolue. On va vers un tourisme d'authenticité, d'émotion. Alors là, j'ai presque envie de dire, la Montgolfière, tu es à fond dedans. Je pense que là, tu peux surfer sur les petites brises qui vont mener ta Montgolfière encore un petit moment. Et on est sur cette lenteur de tourisme recherchée avec les transports doux. Et là, on est en pile dedans aussi. Qu'est-ce que tu penses de tout ça, sur cette évolution du tourisme en Périgord et sur les attentes du touriste aujourd'hui ?
- Speaker #0
D'abord, on... On doit dire que le tourisme que nous avons en Dordogne, et en particulier à Périgord-Noir, c'est une chance. C'est une chance énorme. Parce qu'il y a beaucoup de départements...
- Speaker #1
Il ne faut pas l'oublier.
- Speaker #0
Non, mais là encore, comme on est français et aussi on est périgourdain, donc on se plaint. On aime bien, en fait, dire... De regarder plutôt ce qui ne va pas bien que ce qui va très bien. En fait, on a la chance d'avoir du tourisme à la fois. Un tourisme... populaire et du tourisme un peu plus culturel.
- Speaker #1
Ça peut être populaire et culturel.
- Speaker #0
Oui. On a la chance d'avoir ce tourisme-là et avoir une clientèle étrangère très importante. C'est une chance énorme. Il y a beaucoup d'épartements en centre-France qui aimeraient avoir ça. C'est juste exceptionnel.
- Speaker #1
La Dordogne est quand même très jalousée, ne serait-ce que des départements voisins. Hormis le Lot, qui a un peu la même tendance touristique.
- Speaker #0
Oui, mais ils font trois fois moins que la DOR. Oui,
- Speaker #1
quand tu vas en Corrèze, ils disent « Waouh, le Périgord, c'est le luxe ! »
- Speaker #0
Oui, c'est quatre fois moins la Corrèze, en termes de retombées économiques. Donc, nous, c'est énorme. Donc, on devrait être content. Mais ce qui pose problème aujourd'hui, c'est les infrastructures routières, les infrastructures de transport, de manière générale. Bon, il se trouve qu'à Bénac, on a un problème.
- Speaker #1
J'allais t'en parler.
- Speaker #0
Bien sûr, mais comme je suis président de l'association J'aime Bénac et Savalais, j'ai vu. Il faut que j'assume mon rôle. Alors,
- Speaker #1
on va parler, messieurs, dames, d'un sujet légèrement polémique en Périgord. Vas-y.
- Speaker #0
Non, mais je crois qu'on a tort d'en faire un sujet polémique, parce que, bien sûr, quand on fait une infrastructure routière, on va embêter des personnes, parce qu'on va acheter leur terrain. Là où il n'y avait pas de route, il va y avoir une route. Moi, je le comprends très très bien. Mais il faut regarder l'intérêt général. Et on a besoin d'avoir des infrastructures de transport qui soient dignes de ce nom et qui nous permettent d'accueillir dans les meilleures conditions ces visiteurs.
- Speaker #1
Et sans danger aussi.
- Speaker #0
Et sans danger, tu as raison. Et sans danger, dans les meilleures conditions. Et pour les habitants, ça sera un gage de... De facilité pour eux, parce que les désagréments qu'on peut avoir, notamment à Bénac, où il y a pas mal d'embouteillages et où il y a une circulation très importante dans un endroit qui n'est pas fait pour ça.
- Speaker #1
Et qui est dangereux, je reviens là-dessus, qui peut potentiellement l'être.
- Speaker #0
Oui, oui. Donc ça, c'est un sujet qui est à prendre en considération. Les mobilités douces sont quelque chose qui vont se développer. Le vélo électrique permet de développer le cyclotourisme en Dordogne comme jamais. Avant, on ne venait pas en Dordogne pour faire du vélo parce que c'était trop dur. Pour passer d'une vallée à l'autre, il faut transpirer. Il y avait plein de gens qui ne pouvaient pas le faire. Là, c'est possible avec des familles, des enfants. Mais il faut que les infrastructures routières soient adaptées. On ne peut pas faire du vélo sur la D703, la départementale qui va de Saint-Cyprien à Beynac. C'est impossible.
- Speaker #1
Pour préciser pour nos auditeurs le contexte de ce qu'on est en train d'évoquer, c'est cette fameuse déviation de Beynac dont les travaux ont commencé il y a 8-10 ans. Je n'ai plus en tête exactement. Mais bref, qui permettrait de ne plus passer par le... Le bourg, enfin le bourg, j'appelle ça le bourg de Beynac, le bourg central, c'est-à-dire en bas de la falaise et du château, mais par une déviation, donc deux ponts ont commencé à être construits il y a quelques années de ça, les piles sont en place, on a parlé beaucoup de problématiques d'écosystème à préserver, etc. sur la rivière, ça c'est un sujet aussi, et ça a été donc arrêté, je crois, par le conseil des... C'est ça. Donc aujourd'hui, pour faire simple, pour les auditeurs, on a des piles de ponts en béton dans la Dordogne, des deux côtés, qui ne servent à rien puisque ça a été arrêté. On demande de les détruire, ça coûterait des millions.
- Speaker #0
Et qui seront détruites.
- Speaker #1
Et qui seront détruites. Voilà. Alors je ne sais pas où ça en est tout ça d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est en cours d'être détruit.
- Speaker #1
Ah c'est en cours d'être détruit ? Ah d'accord, parce que moi j'y suis passé en canoë il y a deux ans. D'accord, donc c'est fini ce projet ?
- Speaker #0
Oui, on parlait de Mobilité 12, c'est le deuxième projet qui a été présenté par le département, qui est beaucoup plus complet que le premier, permettait à la fois de développer la véloroute qui va de Bordeaux, pour faire simple, jusqu'à le massif central qui passerait dans Bénac, et qui ne peut pas aujourd'hui passer par Bénac parce que...
- Speaker #1
Déjà c'est compliqué en voiture. Voilà.
- Speaker #0
Donc c'est dangereux.
- Speaker #1
On se croise difficilement.
- Speaker #0
Et donc là, il fallait faire ce contournement routier. Et puis il y avait surtout la réouverture de la gare de Castelnofera, qui est en face du château de Benin, qui était un truc absolument génial.
- Speaker #1
Donc ce projet, il est abandonné totalement, la déviation ?
- Speaker #0
Pour l'instant,
- Speaker #1
il... J'ai cru en entendre parler récemment,
- Speaker #0
pourtant. Le département est en train de faire détruire ce qui a été construit.
- Speaker #1
Ce qui coûte un petit peu d'argent en plus.
- Speaker #0
Pour rien. Donc on va garder tous les embêtements et on n'aura pas les avantages. Et pour la mobilité douce, franchement, la réouverture de la guerre de Ferrac était un truc absolument génial. Parce que tu arrivais au cœur de la vallée des cinq châteaux.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu pouvais prendre...
- Speaker #1
Depuis Bergerac, Sarlat.
- Speaker #0
Bergerac, Sarlat, Bordeaux.
- Speaker #1
Oui, voire Agen même peut-être.
- Speaker #0
Agen pour ceux qui... Oui, bien sûr. de périglossie. Tu pouvais arriver ton vélo, tu le mettais dans le train et tu visitais...
- Speaker #1
Et ça, c'est pareil, c'est quelque chose qui ne fonctionnera pas ?
- Speaker #0
Parce qu'il y a un problème de route, en fait. Les routes qui existent, elles ont été créées il y a plus de 70 ans.
- Speaker #1
Mais c'est paradoxal avec cette volonté qu'on a... affiché, d'ailleurs à juste titre, du comité régional de tourisme de Nouvelle-Aquitaine, de beaucoup d'institutionnels, de parler, j'ai encore vu une carte verte de la Dordogne l'autre jour, avec tous les déplacements d'où, etc. Et cette incapacité, par ailleurs, à parfois construire des infrastructures qui correspondraient à ça, en fait. Il y a une sorte de paradoxe.
- Speaker #0
C'est le paradoxe de la France, en fait, où faire des projets... On est bloqué,
- Speaker #1
quoi.
- Speaker #0
On est bloqué, parce que moi je comprends très bien ce que je dis toujours. qu'on a envie de préserver à la fois la biodiversité, le comportement... Bien sûr, mais personne n'est contre. Mais personne n'est contre. Bien sûr. On ne peut pas non plus... Mais pas dans l'excès, quoi. Mais on ne peut pas être dans l'excès et nier la réalité.
- Speaker #1
Ça, on manque quand même, au niveau des enjeux écologiques, je trouve qu'on manque énormément de nuances, globalement, dans les enjeux.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de dogmatisme, oui. Oui. Et de politique. Et il y a beaucoup de militantisme, en fait.
- Speaker #1
Et de politique, oui.
- Speaker #0
Oui. Il y a beaucoup de militantisme qui n'est pas de bon à la loi. Voilà. En l'occurrence, oui, il faut préserver ce patrimoine, cette vallée de la Dordogne, sa biodiversité, ses paysages, ses châteaux, tout ça. Personne ne dira le contraire, bien évidemment. Je pense. En revanche, il faut aménager absolument les infrastructures.
- Speaker #1
Comment tu vois justement, toi, l'évolution du tourisme en tant qu'ancien et nouveau périgordin dans les années qui viennent ? En plus, toi, tu es vraiment à un endroit clé, tu es placé à un endroit stratégique. T'es optimiste, pessimiste ? Comment tu vois les choses ?
- Speaker #0
Moi, je suis très optimiste, en fait. Très optimiste parce qu'en fait, on a en Dordogne, et c'est le cas de Périgueux, Périgueux devrait davantage d'ailleurs travailler sur ce sujet-là parce que c'est une super ville, Périgueux.
- Speaker #1
Qui mérite, mais ça fait 25 ans qu'on le dit, qui mériterait d'être plus connu et plus une escale plus longue.
- Speaker #0
Oui, et je pense que là, c'est une très très belle ville, Périgueux. Et donc là, il y a des choses qui ne sont pas assez mises en valeur parce qu'il faut retenir les gens.
- Speaker #1
Et c'est des périgourdins, tous les deux, on est périgourdins qui le disent.
- Speaker #0
Bon. Mais je pense que ça n'intéresse pas les gens qui dirigent, parce qu'ils ne connaissent pas, parce qu'ils n'ont pas envie. Donc ça, c'est un vrai sujet, et moi je veux bien en parler, parce que franchement, Périgueux, c'est vraiment une très très belle ville, qui mériterait d'être très visitée.
- Speaker #1
Mais Sarlat est un joyau, mais Périgueux a un quartier historique notamment beaucoup plus grand que Sarlat, avec plusieurs époques. qui mériterait d'être encore beaucoup plus mise en valeur. Ça, je suis d'accord. Alors après, je n'ai pas forcément toutes les solutions, là, comme ça. Mais c'est vrai que les gens passent à Périgueux, pour faire simple, et ils passent uniquement. Et ils devraient rester à Périgueux. Périgueux mérite au moins 48 heures de villégiature.
- Speaker #0
Mais pour ça, il faut travailler à la fois avec les offices du tourisme, avec le CDT, il faut travailler aussi avec les professionnels. Si tu as une offre hôtelière, une offre de restauration qui n'est pas à la hauteur, ça ne marchera pas. Mais pour que l'offre soit à la hauteur, il faut que le département, la municipalité de Périgueux s'engage sur des choses claires et décide d'investir et donne de la visibilité.
- Speaker #1
Ne serait-ce que les restaurants fermés. J'en discutais avec un restaurateur l'autre jour, il y a 15 jours à peine, un restaurateur de Périgueux. Je lui ai dit, mais comment se fait-il que vous soyez tous... fermé le dimanche, même en été. Je dis, ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas une association de restaurateurs à Périgueux qui crée une sorte de coordination, qui fasse qu'un certain nombre soient ouverts. Tu veux aller au restaurant à Périgueux le week-end en été, alors hors saison encore, ça peut se comprendre éventuellement, mais tu ne trouves aucun restaurant ouvert. Enfin si, toujours à peu près les mêmes, une ou deux brasseries qu'on ne citera pas, mais c'est un truc de fou. Il y a 40 restaurants, 45 je ne sais pas, à Périgueux, tu en as un ouvert le dimanche. Ou deux, c'est tout. Ça, c'est quand même d'une tristesse absolue, si tu veux retenir des touristes, de ne pas avoir un minimum de coordination, de volonté, qui passe peut-être par une volonté aussi, oui, publique.
- Speaker #0
Il y a une volonté publique qui est, à mon avis, un des liens où, ce que je disais un jour à quelqu'un du CDT, si on ne comprend pas la stratégie, ce que vous voulez faire, on ne peut pas, les investisseurs privés ne peuvent pas s'engager, en fait. si on a un problème, On veut faire de Périgueux une ville touristique au même titre que Sarla, par exemple, ce qui est tout à fait possible, parce qu'elle a des choses à raconter, cette ville. Je parle de Périgueux.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Il faut y aller, en fait.
- Speaker #1
Le galop romain, la Renaissance. Exactement.
- Speaker #0
Donc, il faut y aller. Mais il faut y aller, travailler, travailler, travailler avec les professionnels pour que ça soit possible, en fait. Parce que c'est les professionnels qui vont faire vivre la stratégie.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc ça c'est important et je pense qu'on a de la chance d'avoir la possibilité d'attirer une clientèle à la fois populaire mais aussi un peu plus premium qui va pouvoir rester dans des hôtels. Ce qu'il faut augmenter le panier moyen, enfin ce qui fait vivre un commerçant, enfin ils le savent, c'est augmenter le panier moyen. Donc le panier moyen c'est du resto, c'est du vin pour le restaurant, donc il faut aller le chercher.
- Speaker #1
La clientèle en Dordogne, on a la chance de la voir. Les gens viennent en Dordogne, ils viennent à Bergerac, ils viennent à Brantôme, à Bourdeille, en Périgord Vert, ils viennent bien sûr en Périgord Noir, ils vont à Hautefort. En plus, on a un tourisme qui est peut-être, à part la plus grosse difficulté, ça va être le nord d'Ordogne, et encore, il y a plein de choses à faire. Mais Périgueux, je reviens à mon Périgueux, moi, Périgueux est au centre de tout ça, donc c'est pas très cohérent que Périgueux ait toujours eu cette... à palir, entre guillemets, de Sarlat, à être jaloux même, souvent. Il y a toujours cette jalousie du Périgord noir. C'est surprenant.
- Speaker #0
Moi qui suis périgourdin, donc natif de Périgueux et maintenant habitant du Périgord noir, je ne me fais pas faire des copains, mais on ne matche pas dans la même cour. Donc, le Périgord noir, c'est juste exceptionnel. Ce coin est juste exceptionnel.
- Speaker #1
Il y a des choses qu'on n'enlèvera pas. Les châteaux, ils sont là-bas.
- Speaker #0
Les deux rivières, la Vézère, la Dordogne. La vallée de la Vézère est exceptionnelle. Les châteaux, il y en a partout. Comarque est un endroit merveilleux. Le château de Loss, pareil.
- Speaker #1
C'est une réalité.
- Speaker #0
Il y a les grottes. L'Esco, qui est un aspirateur à tourisme. C'est juste magique. C'est un joyau. Au lieu de dire, je l'ai jalouse, je devrais dire, il faut absolument... les mettre encore plus haut pour qu'ils attirent encore plus.
- Speaker #1
Oui, parce que ça peut diffuser sur toutes les autres zones du Périgord aussi.
- Speaker #0
Exactement. Donc ça, on devrait, je pense...
- Speaker #1
L'OVZR, on parle de l'OVZR, mais l'OVZR, c'est magnifique. Oui, mais le Cideuil,
- Speaker #0
c'est très bon. Bref, il y a plein de choses très beaux, en fait. Mais bon, ce joyau-là, on devrait le mettre en premier et ne pas dire, c'est un joyau, il y en a marre.
- Speaker #1
Oui. Ça, c'est français, ça, on aime bien.
- Speaker #0
Oui, d'accord, mais il y a un marbre. Donc non, on devrait continuer à faire ça. Et Périgueux devrait travailler, j'ai bien travaillé, pour valoriser, parce que c'est une ville... La cathédrale est juste exceptionnelle, cette cathédrale. Il n'y en a pas deux comme ça dans le monde.
- Speaker #1
Avec le Sacré-Cœur à Paris.
- Speaker #0
Oui, donc il n'y en a pas deux. Donc il faut...
- Speaker #1
Mais ce que tu dis est intéressant, on aime bien critiquer ce qui marche. Plutôt que de l'encenser et de dire voilà, il faut qu'on s'en serve.
- Speaker #0
Oui, mais ça suppose qu'on accepte de travailler en fait. Je ne dis pas qu'on ne travaille pas. parce que quand on dit ça en France maintenant on se fait alors c'est un ancien DRH qui dit donc ça ressort, je peux pas m'en empêcher mais franchement et je dis pas qu'il y a pas des gens qui travaillent c'est pas ça quand on met toutes nos énergies ensemble et qu'on travaille tous ensemble c'est quand même juste ça serait magique ça serait magique et Perigueux mérite ça en fait
- Speaker #1
Quelles sont tes relations en tant qu'acteur du tourisme, donc montgolfière, chambre d'hôte, table d'hôte, etc. ? Quelles sont tes relations avec les professionnels du tourisme, justement, au fils de tourisme, au comité de tourisme ? Elles sont très bonnes, en fait,
- Speaker #0
parce qu'on a une activité qui se voit, qui est, on l'a dit, qui est valorisante, qui valorise notre territoire. Donc, elles sont très bonnes. Les hôteliers ont des clients qui ont... qui voient des montgolfères et qui se demandent où est-ce qu'on peut voler, où est-ce qu'il y en a. Vous connaissez les adresses, donc elles sont très bonnes. Donc non, non, c'est plutôt très positif.
- Speaker #1
Et dans la communication, à titre totalement anecdotique, d'ailleurs j'espère qu'ils l'entendront, parce que j'ai trouvé ça super sympa, la communication que vient de faire la veille de la Vézère, mieux qu'une story, ce rapport entre la story éphémère et les réseaux sociaux, et puis la vraie histoire. des sites touristiques en vallée de la Vézère, j'ai trouvé que cette campagne de communication était pour le moins réussie. Je l'ai trouvé vraiment génial. Je ne sais pas qui est à l'origine de ce visuel, mais c'est vraiment super bien fait. S'ils entendent, c'est toujours bien de faire des compliments.
- Speaker #0
Mais on a des images à faire, des photos, des films qui sont exceptionnels. Quand on valorise notre département à l'étranger, c'est juste magique. Donc, on a... Le département, les offices du tourisme, les différentes communes doivent continuer à investir dans cette activité qui est clé pour nous et qui ramène des gens qui sont, quand on voit le nombre d'Américains qu'on a à nous en Dordogne,
- Speaker #1
qui sont juste ébahis. C'est marrant parce qu'on entend depuis 30 ans que je suis, comme on le disait en début, on a tous les deux beaucoup bougé. mais j'ai toujours gardé nos fameuses racines en Périgord. Et depuis 30 ans, j'entends « il ne faut pas tuer la poule aux œufs d'or » parlant du Périgord noir, mais j'entends ça depuis très longtemps. Et je pense que cet aspect qui est très français, de critiquer ce qu'on a plutôt que de l'encenser, de le mettre en avant et de le mettre en valeur, et c'est vrai que c'est vrai en Périgord, mais c'est vrai à peu près partout. On est souvent dans la critique, dans ce qui va mal, alors qu'on pourrait aussi parler, le Périgord notamment... On parle du Périgord, mais on pourrait parler du Pays Basque, on a une richesse culturelle, historique, patrimoniale, gastronomique, fantastique en France. Et je pense qu'il y a encore beaucoup à faire. Pardon ?
- Speaker #0
Non, mais moi je suis d'accord, c'est quelque chose qui est essentiel, qui n'est pas assez... Dans nos gènes, on est très critiques, je pense que ça nous porte tort. Moi, ce que j'ai... Ce que tu veux dire, c'est que tout le monde trouve notre pays, je parle de la France, imagine qu'il n'y a que nous qui pensons qu'on vient d'en faire. Mais pourtant, on a tout pour réussir. Il y avait une phrase comme ça,
- Speaker #1
je ne sais plus laquelle, qui avait dit ça.
- Speaker #0
C'est Henri Miller qui a parlé du Périgord comme un lieu qui restera éternel. On peut travailler ça, on peut valoriser ça. Les bonnes volontés sont là. Par contre, il faut mettre tout ça en musique. Il faut des professionnels du tourisme qui nous tirent vers le haut. Il faut qu'on aille chercher une clientèle, je suis peut-être un peu élitiste, mais plus internationale encore. C'est la clientèle internationale, en tous les cas pour nous, qui nous fait vivre en dehors des fortes... de période, c'est la clientèle étrangère.
- Speaker #1
Alors vous, les Hauts-de-Saint-Vincent, vol en ballon, vous avez des projets ? Autres encore ou pas ? Des idées ? Des choses que vous voulez tester ?
- Speaker #0
Là, on a fait pas mal de choses depuis qu'on a ouvert. On travaille toujours sur l'accueil. Toujours sur quelques aménagements, droite et à gauche, mais on est plutôt sur du fine tuning.
- Speaker #1
Sur la montgolfière, pas de troisième montgolfière en vue ?
- Speaker #0
Si j'ai deux ou trois idées, deux ou trois idées.
- Speaker #1
Ok, très bien. Une question que je pose traditionnellement vers la fin de cet épisode en général, si tu croisais aujourd'hui le Fabrice d'il y a 30 ans, qu'est-ce que tu lui dirais ? De faire pareil ?
- Speaker #0
Ouais, à fond.
- Speaker #1
Ouais ?
- Speaker #0
À fond.
- Speaker #1
Pas de regrets ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'est génial ?
- Speaker #0
Non, mais... Non, non. Moi, je sais d'où je viens. J'ai pris beaucoup de plaisir à faire ce que je fais. Enfin, j'ai pris beaucoup de plaisir à faire ce que je fais. J'ai pris beaucoup de plaisir à faire ce que je fais. J'ai eu de la chance. Il faut se créer aussi. Il faut se créer de la chance. Il faut se créer les conditions de... Et puis, il faut essayer... On peut avoir des convictions. On doit avoir des convictions. Pas d'idéalité.
- Speaker #1
Les deux peuvent aller. C'est marrant parce que je me suis heurté avec quelqu'un il n'y a pas longtemps là-dessus. On peut avoir des convictions. On me dit, c'est pas bien d'avoir des convictions. Ben si, tu peux avoir des convictions tout en étant nuancé et en n'ayant pas forcément le désir d'arrêter. C'est pas incompatible.
- Speaker #0
Pas de dogme surtout, d'être ouvert.
- Speaker #1
Et se créer son destin aussi. Je pense que c'est ouvert, c'est possible pour tout le monde à peu près.
- Speaker #0
Oui, moi je suis effaré quand j'entends. Moi je suis là, je pourrais pas, non. Tu ne peux pas évoluer parce que tu n'as pas envie. Il faut que tu bosses.
- Speaker #1
C'est plus ou moins facile, évidemment.
- Speaker #0
Et puis, moi, j'ai beaucoup de chance. Mais globalement, c'est vrai. J'ai beaucoup de chance parce que j'ai pu être libre.
- Speaker #1
On en revient à cette notion de liberté.
- Speaker #0
Moi, qui m'est très très cher.
- Speaker #1
Alors, quand tu es libre en Dordogne, que tu ne travailles pas, c'est quoi tes coins secrets ? Tu pourrais nous donner deux, trois...
- Speaker #0
Je ne trahis pas. Alors, tu es tout le temps libre. Donc, je dis quand tu es libre,
- Speaker #1
c'est un pléonasme.
- Speaker #0
Mais peut-être. Non, non, mais je n'ai pas beaucoup de moments où je ne fais pas grand-chose. Je voyage, en fait.
- Speaker #1
Alors, en parlant du Périgord, d'abord, avant de parler de partir ailleurs.
- Speaker #0
Je suis, alors, si je suis très, très complet, j'aime l'art, en fait.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'ai pas mal acheté d'art, en fait.
- Speaker #1
Et les coins secrets, tu en as ? Il y a des endroits en Périgord qui te marquent ? Certains vont me dire les coins secrets, j'ai pas envie de les lire, il y a des coins secrets. Des endroits en Périgord que tu adores, tu dirais tiens, allez voir ça, c'est fantastique, c'est pas super connu.
- Speaker #0
Les coins de mon enfance en fait, Jumiak-le-Grand, les sources de la vallée de Lille, entre Jumiak et le Chalard.
- Speaker #1
Le sceau du Chalard,
- Speaker #0
très beau. Sa serpente là aussi est vraiment sauvage. Où j'allais pêcher la truite quand j'étais ado. Ouais, ça, c'est pas mal.
- Speaker #1
Et à l'étranger, un endroit ? Tu parlais de voyager.
- Speaker #0
À l'étranger, un endroit...
- Speaker #1
Un endroit qui t'a marqué plus qu'un autre, ou un ou deux endroits.
- Speaker #0
Deux endroits. Rome magique.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Rome magique. Et qu'est-ce qui m'a... Je suis allé à Cuba.
- Speaker #1
Ah, j'ai très envie de faire Cuba, moi.
- Speaker #0
Cuba, c'est super.
- Speaker #1
Et puis, il y a une culture fantastique.
- Speaker #0
C'est super. J'y suis allé en 2015. Ils étaient un peu moins embêtés qu'ils le sont aujourd'hui avec les États-Unis. Il y avait un peu d'ouverture.
- Speaker #1
C'est un peu compliqué en ce moment-là.
- Speaker #0
Il y avait quelques bateaux de croisière qui arrivaient d'Amérique du Nord à l'époque, plutôt du Canada. Là, c'est fini. Cuba, c'est Trinidad. Magnifique. OK. Rome. J'ai un souvenir culinaire à Rome de dingue. Il faut aller à Rome au 15 août.
- Speaker #1
Pourquoi au 15 août ?
- Speaker #0
Il n'y a personne.
- Speaker #1
Ok, c'est une bonne raison. Parce que c'est vrai que moi, j'y suis allé, il y a du monde.
- Speaker #0
Les Romains ne sont pas là. Il y a des touristes, mais les Romains ne sont pas là.
- Speaker #1
Le surtourisme font peut-être de Tréville, etc. Alors, on peut en parler un peu. Quoi qu'ils ont régulé, je crois.
- Speaker #0
J'ai mangé... Nous, alors, tiens, ça permet de faire un pan avec le Périgord. J'ai mangé des cèpes le 15 août à Rome. Enfin, le 14 août, exactement, à Rome. à se danner. C'était à côté de l'hôtel Raphaël, sur une petite placette. Il n'y avait que nous. Il n'avait plus dans les montagnes au nord de Rome. Ils avaient trouvé des cèpes. C'était à se danner.
- Speaker #1
On va rester sur cette impression-là. Avant de nous quitter, je voulais qu'on rappelle tous les endroits où on peut vous retrouver sur les réseaux. Je peux citer volamballon.fr, tout attaché, volamballon.fr au singulier. Léo de Saint-Vincent.fr ? .com Instagram. Facebook également. Toi, à titre personnel, non, de LinkedIn, tout ça ? Tu y es sur LinkedIn, j'ai vu. Je suis,
- Speaker #0
mais je ne le mets pas.
- Speaker #1
J'ai vu que tu n'étais pas trop présent sur ça.
- Speaker #0
Trop actif dessus. Non, je ne suis pas trop présent.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Insta, oui.
- Speaker #1
Insta, bien sûr.
- Speaker #0
Je n'ai plus qui s'occupe de moi. Moi non plus.
- Speaker #1
Merci Fabrice. Merci à toi. Merci pour ce moment. Je rappelle à tous nos auditeurs Alors que s'ils ont écouté cet épisode, ils ont eu le courage de l'écouter jusqu'à la fin. Et s'ils l'ont aimé, s'ils sont allés jusqu'à la fin, c'est que théoriquement ils l'ont aimé ou alors ils sont un peu maso. Ce qu'ils le partagent à une ou deux personnes de leur choix et c'est comme ça qu'on avance, qu'on progresse. Voilà, on va essayer dans les mois qui viennent de continuer à... à rencontrer des belles personnalités comme toi, des belles personnes comme toi, de partager des expériences touristiques et surtout des expériences humaines. Voilà, je te remercie.
- Speaker #0
Merci à toi Frédéric, ce fut un plaisir.
- Speaker #1
Merci. Vous êtes arrivé à la fin de cet épisode. Je vous invite, si vous l'avez apprécié, à le partager à vos amis. Je vous propose également de vous abonner sur les plateformes Spotify, Apple, Deezer et de nous laisser un commentaire afin que nous remontions dans l'algorithme. A très vite dans les voies du tourisme.