- Speaker #0
La pénurie, c'est en partie quand même nous qui la créons. Enfin, je ne m'acclue dedans parce que je pense qu'on est un petit peu tous pareils à ce niveau-là.
- Speaker #1
Tu achètes des dossiers sur lesquels tu ne vas pas, toi ? Tu ne fais pas ça ?
- Speaker #0
Non, je ne l'ai jamais fait, mais dans le sens de se précipiter aussi sur les inscriptions.
- Speaker #1
Et salut à toutes et à tous, je suis extrêmement heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro du Let's Try Podcast, le podcast 100% consacré à la pratique et à la communauté du trail running. Et pour cet épisode particulier sous un format que je n'avais jamais fait jusqu'à présent, j'ai souhaité inviter quelques-uns de mes soutiens participatifs pour faire sous format table ronde un échange ouvert, un débat d'idées sur le thème Et sur la question que l'on se pose toutes ces derniers temps dans notre microcosme bien aimé, est-ce que le trail a changé ? Et oui, on se pose souvent cette question, est-ce qu'il a changé ? Alors on imagine bien évidemment qu'il a changé, mais à quel point il a changé ? Et on va se poser cette question en s'appuyant sur différents thèmes, déjà sur l'aspect de définition. Qu'est-ce que le trail, initialement ? On va parler aussi des médias, on va parler des organisations de course, on va parler du niveau de performance. On va parler également de l'esprit du peloton et on va parler aussi de manière générale du business autour du trail. Donc vous allez entendre un échange assez ouvert avec 7 Patreons qui nous ont fait l'honneur de nous partager leur expérience puisque cet épisode s'appuie sur les arguments de trailers aguerris ou un peu moins aguerris mais qui constituent le peloton du trail d'aujourd'hui. et donc ça va être... hyper intéressant, vous allez l'entendre. J'espère que vous apprécierez ce nouveau format. N'hésitez pas à nous faire vos retours et je vous laisse profiter de cet échange avec les Patreons sur le sujet principal, le trial a-t-il changé ? Bon, écoute, je suis avec Anaïs, Claire, David, Romain, Nicolas, Julien et Olivier. Salut à tous les sept d'être là, je suis très très heureux de vous avoir avec eux. avec moi pour ce nouveau format d'épisode un peu particulier où je vais vous donner la parole, mes chers Patreons, c'est un plaisir. On a souvent l'occasion d'échanger ensemble, on a souvent l'occasion aussi de ne pas être d'accord, n'est-ce pas, on pourra en reparler plus tard. On est souvent d'accord aussi, c'est ça qui est bien. Mais j'ai voulu faire un nouveau format d'épisode un peu particulier pour vous donner la parole, les trailers, les trailers de niveau élite, de niveau moins élite. de niveau moins moins moins élite aussi, comme moi. Donc c'est un vrai plaisir de vous avoir pour parler d'un sujet qui m'intéresse particulièrement en ce moment, qui a fait beaucoup réagir sur les différents groupes, que ce soit WhatsApp au niveau de la communauté ou alors que ce soit sur les réseaux sociaux, notamment avec divers intervenants et divers acteurs du trail d'aujourd'hui. Et on se posait la question, il y a quelque chose qui tourne beaucoup en ce moment, c'est le trail Il a changé. Alors si on met déjà de côté l'affreuse faute de français de cette formule, on va vraiment se poser la question, est-ce que le trail a changé ? Donc le sujet du jour, c'est le trail a changé. Et donc, pour discuter de ce sujet, moi je tenais vraiment à ce que ce soit vous qui en parliez, ceux qui vivaient le trail, vous êtes la majorité des gens qui faites vivre ce sport. Mais dans un premier temps, avant de parler dans des considérations où on va aborder différents thèmes de cet échange, j'aimerais qu'on définisse un petit peu ce que c'est le trail. Puisque si on dit qu'il a changé, il faut quand même savoir ce que c'est. Et donc ça c'est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur. Je suis désolé d'ailleurs de vous bassiner avec ça tout au long de mes journées et de faire une fixation sur ce sujet. de ce qu'est le travail, est-ce qu'il y a une définition, pourquoi, comment, etc. Mais je vous dis souvent, c'est un peu comme si un jour on avait dit, on a inventé le football, et puis on avait dit, il y a un ballon, il y a des filets, et puis démerdez-vous, on va créer un sport et ça va être à peu près ça. Je pense que ça n'aurait pas trop bien marché. Donc je pense quand même, en introduction, que pour savoir où on va, pour savoir si un sport a changé, il faut avoir d'abord... clairement savoir ce que c'est. Je tenais à faire un petit rappel de ce qu'est le trail, selon la définition de l'ITRA, qui est l'association en charge de notre sport. Le trail est une course en sentier, c'est une compétition pédestre, ouverte à tous, qui se déroule en pleine nature, avec un minimum de routes goudronnées, 20% maximum. Le parcours peut varier de quelques kilomètres pour les courtes distances, jusqu'à 80 km, et plus pour les ultra trails. Montagne ou forêt, campagne ou désert, cette course d'endurance se déroule sur un terrain naturellement varié, avec souvent des ascensions et des descentes importantes, engendrant des dénivellés entre le départ et l'arrivée. La distance n'est pas le seul critère, les caractéristiques uniques du terrain et le rapport entre distance et dénivellé contribuent à définir le niveau de difficulté globale de la course. Donc c'est une association qui a pignon sur rue, c'est elle qui est en charge du développement, de la définition de cette pratique-là. Ce que je trouve un peu dommage, déjà, dans un premier temps pour aborder ce thème, c'est qu'on met un peu tout, tous les formats, tous les types de courses, etc. dans ce sport. Et ça me désole un peu. Je dis souvent, je le répète, mais quand on veut savoir où on va, il faut savoir d'où on vient et ce qu'on est. Sur cette définition du trail et sur ce que je viens de dire, on va faire ça sur tous les thèmes de cet échange. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Allez-y, prenez la parole. Romain ?
- Speaker #2
Oui, alors moi je suis plutôt d'accord avec cette définition. Je trouve qu'elle correspond bien à ce que ça représente pour moi. Après, je pense qu'il faut quand même mettre une petite notion de distance dans le trail. Parce qu'on en reparlera sûrement plus tard. Mais pour moi, il y a un gros distinguo à faire entre l'ultra et les distances plus courtes sur beaucoup d'aspects. Mais sinon sur la définition je suis plutôt d'accord. D'ailleurs on pourrait se demander si le cross n'était pas du trail déjà avant. Mais voilà, plutôt d'accord avec la définition. A partir du moment où on court pour moi sur des pampiers...
- Speaker #1
Mais sur le thème de se dire aujourd'hui le trail c'est un mot un peu fourre-tout dans lequel on met plein de choses, notamment des backyards, des tunnels, des trucs dans tous les sens. Est-ce que c'est quelque chose qui... Est-ce que c'est quelque chose qui vous dérange ? Est-ce que ça ne vous dérange que moi ? Est-ce que vous sentez quand même qu'il y a une petite dérive et qu'aujourd'hui, on ne sait plus réellement définir ce qu'est le trail ? Nico ?
- Speaker #3
Alors, moi, je vais mettre les pieds dans le plat. Moi, je ne suis pas d'accord avec toi, Nicolas.
- Speaker #1
Tu n'es pas d'accord avec la définition ?
- Speaker #3
Comment ça se fait ? En fait, je pense qu'à partir du moment où on décide de définir ce qu'est le trail, En fait... Déjà, il a changé en fait, si on commence à le définir. Parce que ça devient un sport comme les autres. Et au départ, c'est une activité de gens qui ont décidé d'aller courir sur les chemins, dans les montagnes, en disant tiens, on va aller le plus vite possible de tel endroit à tel autre. Ils ne se sont pas posé la question de la définition et c'était un peu une contre-culture. À partir du moment où on lui donne une définition sportive et qu'on commence à faire des compétitions normées, le trail, il a changé.
- Speaker #1
Ouais. Argument valable, entendable, ça me fait penser au surf encore une fois. Julien, vas-y.
- Speaker #3
J'ai commencé à courir en 1995 sur Dossard, dans la montagne. Et le trail n'avait pas de définition. C'était juste quelques personnes qui couraient ensemble pour aller le plus vite possible d'un endroit à un autre.
- Speaker #1
Bien sûr. Juste avant de te donner la parole, Julien, j'aimerais apporter une petite précision sur l'histoire de notre sport. Comme tu disais, Nico, c'est un sport qui n'a pas de date presque. On a des traces des premières courses en nature depuis des siècles et des siècles. Les vrais éléments marquants, ça a été l'apparition de la Western, notamment aux Etats-Unis. Et il faut savoir, pour ceux qui ne le savent pas quand même, pourquoi on utilise le terme trail aujourd'hui en France. Je vous invite à réécouter l'épisode avec Gilles Bertrand, qui est l'épisode numéro 20, que j'avais sorti en septembre 2020. Donc vous voyez, ça ne date pas d'hier. Et donc, où il explique clairement que le terme trail associé à la discipline de course en nature, C'est Gilles Bertrand et les équipes d'Adidas qui l'ont inventé, qui l'ont même déposé à l'Inpi pour l'événement des premiers tempillés. Je crois que les premiers tempillés ne s'appelaient pas le trail. C'est à la suite d'une réunion avec les équipes marketing d'Adidas qu'ils se sont posé la question de quel mot serait... serait bien pour l'accoler à cette discipline, sachant qu'à l'époque, aux Etats-Unis, le mot trail n'était pas utilisé, qu'on utilisait plutôt le terme ultra-endurance ou endurance running, et que ça a été même déposé à l'NPI par Gilbert Rang et ses équipes. Donc vous pouvez aller vérifier par vous-même, le terme trail vient de là. Donc voilà, petit élément de contexte en ce qui concerne la définition du mot trail en lien avec notre discipline. Julien, je te laisse la parole.
- Speaker #4
Je rejoins Nicolas, mais je pense dans l'autre sens. Je pense qu'on a dû mettre une définition, on a dû mettre un cadre, bien défini ou pas bien défini, parce que c'est devenu un sport, parce qu'on a commencé à organiser des compétitions. Je pense que c'est dans le sens là. On est obligé de mettre un cadre, parce qu'il y a un cadre juridique, tout ce que tu veux, il faut un classement à la fin. Donc il faut mettre un cadre, il faut mettre une définition, parce que je m'inscris à quelque chose. On a vécu ça dans d'autres sports et à un moment donné, tu es obligé de mettre des définitions, tu es obligé de mettre un cap, tu organises des choses pour des centaines de milliers de personnes.
- Speaker #1
Petite question, Nico, est-ce que tu penses que à partir du moment où on a organisé des compétitions de surf, le surf n'est plus devenu le surf ?
- Speaker #3
Je ne dis pas que le trail n'est plus le trail, mais ça fait partie de son évolution. En fait, déjà, en le normalisant, on le change par rapport au départ. Et comme dit Julien, à partir du moment où il y a de plus en plus de compétiteurs qui ont envie de participer à des courses sur ce type de parcours, notamment des gens qui viennent plus de l'athlétisme ou d'autres sports, forcément, il y a besoin de normer pour comparer les courses, comparer les distances. Le trail, au départ, c'est une contre-culture de gens qui ont décidé, en dehors de tout cadre sportif, d'aller courir le plus vite possible d'un endroit à un autre. Et c'était ça, cet aspect contre-culture, d'être en dehors des cadres compétitifs habituels. En le faisant rentrer dans le cadre normal, on le fait déjà changer.
- Speaker #1
Et toi qui l'as vécu, avant que ça ne devienne le trail ? Tu as connu, tu as interagi avec tes pères à l'époque, vous n'étiez pas nombreux. Tu confirmes que c'était vraiment un peu une communauté à part, vraiment, c'était quoi ?
- Speaker #3
En fait, moi, je ne suis pas du tout originaire des montagnes. Moi, je suis originaire de Nantes. J'y suis retourné, mais j'ai vécu 15 ans dans les Alpes, en gros, de mes 20 ans à mes 35 ans. Et je suis arrivé à Grenoble en 1995. Il y avait déjà une course qui montait dans Chert. au sommet de la Grande-Sûre depuis déjà très longtemps. Donc il y avait déjà des gens qui disaient tiens, on va l'essayer le plus vite possible au sommet de cette montagne et redescendre. Ça existait déjà. Et commençait à se créer la 6000D vers la Plagne. Voilà, tout ça, c'est ces années-là où ça s'est créé. Et c'était quoi ? Internet n'existait pas. C'était des alpinistes, des skieurs de fond, des gens d'ultra-endurance. qui à un moment donné se disait tiens on va faire un parcours parce qu'il est sympa et on va s'organiser entre nous c'était un réseau de gens qui se connaissaient qui s'organisaient entre eux en fait pour c'était le l'organisateur faisait fonctionner son réseau pour faire venir des copains pour courir et c'était c'était pas des gens qui étaient issus de l'athlétisme de sport L'alpinisme, ce n'est pas des sports où il y a un aspect de compétition toutes les semaines. Et c'était ces gens-là qui pratiquaient ça au départ. Et sont arrivés ensuite des gens plus issus sans doute de l'athlétisme, où on dit tiens c'est sympa, nous aussi on va aller essayer de se frotter à ces gens-là, de courir. Et à partir du moment où il y a eu un internet qui arrive, un début de massification avec des gens qui viennent d'autres sports, comme a dit Julien, au bout d'un moment... Il faut s'organiser, il faut créer un cadre, il faut structurer entre les différentes courses qui commencent à exister à droite à gauche et ça commence à se structurer et c'est normal. Mais au départ, c'est des gens de la montagne ou du ski de fond ou de l'ultra-endurance qui se sont dit, tiens, on s'organise entre nous pour faire un parcours le plus vite possible.
- Speaker #1
Intéressant. Moi, je trouve que... C'est ce sport à la particularité d'être à la croisée des chemins entre un art de vivre, un sport d'un peu de compète, à la fois de la découverte, aussi un truc très communautaire et tout à la base, qui on ne va pas se le cacher quand tu regardes les premiers UTMB ou les premières courses en montagne, il n'y avait quasi que des alpinistes ou des gens qui étaient habitués à tout ça. C'est clair que si on se base à la définition telle qu'elle l'est aujourd'hui, on est effectivement comme le disait Julien obligé de cadrer un peu les choses mais moi ce qui me fait peur en fait dans tout ce que j'entends aujourd'hui on y reviendra après par rapport aux médias mais c'est que j'insiste bien moi souvent sur le Il faut savoir ce qu'on est. Et définir les choses, c'est quand même la base de connaître ton histoire, de connaître ton cadre, de connaître tes évolutions. Parce que si tu n'as pas... Encore une fois, je reviens toujours à l'exemple des sports co ou des sports majeurs que sont le basket. Si on n'avait pas cadré le basketball, le baseball ou le football américain ou le football... européen et qu'on avait dit bon ben les gars vous êtes 11 contre 11 et vous vous démerdez tu vois ça aurait eu moins de saveur quand même donc je pense que pour pour qu'on soit pour qu'on soit plus plus considéré en tant que sport il a fallu qu'on cadre les choses et aujourd'hui j'ai un peu la sensation quand même avec ce qu'on entend dans les réseaux sociaux notamment etc que j'ai envie de dire presque la transat Jacques Vabre elle va être considérée comme du travail quoi les trucs La Yukon arctique, c'est du travail. Et ça, ça me dérange. Il n'y a plus de repères. Et les gens qui, en plus, comme tu le disais tout à l'heure, ça s'est démocratisé. Donc les gens viennent de l'extérieur, ils ne savent plus réellement ce qui est du travail de ceux qui n'en ont pas. Et donc je pense que c'est aussi à nous de rappeler ce que c'est. Je vais réagir au livre et après David.
- Speaker #5
Oui, je voulais dire que je suis d'accord un peu avec tout ça. Mais en fait, c'est un peu comme l'escalade. Au début, l'escalade, elle vient de la montagne. C'est séparé. Mais aussi, maintenant, tu as des gens qui font de l'escalade qui n'ont jamais été en falaise. Et puis même en falaise, tu as plein de différents styles d'escalade. Donc, je ne sais pas. Oui, on peut...
- Speaker #1
Aujourd'hui, l'escalade, c'est un sport qui est structuré.
- Speaker #5
Oui, il y a une fédération, il y a plein de trucs, mais il y a des compétitions, mais les compétitions, elles ne sont que en salle, elles ne sont pas à l'extérieur. Il y a des gens qui ne font pas de compétition, ils ne font que des trucs à l'extérieur, ils font juste de l'escalade. Il y en a qui font juste de l'escalade traditionnelle, c'est-à-dire sans points déjà fixés. Enfin bon, il y a plein de variétés, il y en a qui ne font que du bloc, il y en a qui ne font que des trucs au-dessus de l'eau, en solo. Alain Robert. qui grimpe des buildings. Est-ce que c'est de l'escalade ou pas ? Voilà, je ne sais pas. J'ai l'impression que le trail, c'est un peu la même chose. L'escalade est peut-être un peu plus ancienne, mais le trail est quand même relativement récent aussi. Donc, il doit se trouver. Effectivement, on doit aussi définir ce qu'on veut que ce soit ou pas. Mais ce n'est pas évident, parce qu'il n'y a déjà pas de fédération de trails. C'est la fédération d'athlétisme. Donc le jour où il y aura une fédération de trail, déjà ça va peut-être un peu changer, bon, ou pas les choses, mais voilà, une fédération par la force des choses, c'est très inerte et toujours en retard, mais bon, voilà, c'est un peu ce que je voulais dire sur le trail. et puis moi je faisais du trail avant de faire du trail même si c'était en Belgique il n'y avait pas autant de dénivelé que dans le sud de la France que dans les Alpes On courait dans les bois, parfois sur des petits sentiers. C'était déjà une forme de trail, quelque part.
- Speaker #1
Intéressant ton point de vue sur l'escalade. David ?
- Speaker #5
C'était pour préparer des semis, des machins comme ça. On n'a pas du trail, effectivement, à l'époque.
- Speaker #6
Pour ma part, je voulais rebondir un petit peu sur le côté diversification du trail. Malheureusement, je n'ai pas 10 ans de recul sur l'évolution du trail, mais malgré ça, sur les quelques dernières années, je le vois quand même se modifier. Et je confirme que c'est vrai que maintenant, on voit du tunnel, on voit de la backyard, on voit tout un tas de courses qui apparaissent, mais je pense que ça répond avant tout à une demande. Le trail devient très recherché, très médiatisé. Il y a beaucoup de demandes. Alors, on montre aussi les belles images du trail, on montre les élites. les énormes courses, on ne montre pas l'envers du décor, donc tout le monde veut en faire, ce qui est normal. Maintenant, on se retrouve un petit peu comme dans un marché, on essaie de fournir un petit peu des différences à chacun. Après, on n'a pas forcément tous non plus la chance d'habiter dans les Alpes. Moi, je suis très montagne, même si je n'habite pas la montagne, mais je pense qu'on amène aussi les choses auprès de...
- Speaker #1
tout le monde si quelqu'un habite en plaine il ya peut-être pas loin une montagne on va faire le backyard quelqu'un veut déjà implicitement que la backyard c'est du travail moi je serai moi je suis pas d'accord avec toi
- Speaker #6
Je ne l'ai jamais considéré. Je dis qu'on propose.
- Speaker #1
Tu dis qu'on propose et qu'il y a une demande. C'est certes, il y a de la demande pour de la marche nordique. Il y a de la marche nordique, il n'y a pas de problème. Mais à un moment donné, est-ce qu'on a envie, moi personnellement, oui, mais est-ce qu'on a envie de définir clairement ce que c'est ? Moi, clairement, aller courir 24 heures dans un tunnel, ce n'est pas du trail. À un moment, il faut le dire aussi.
- Speaker #6
Pour moi non plus, comme l'Urban Trail, je ne le considère pas non plus comme du trail. Parce que... On est dedans. du trail sans montagne, sans nature, sans arbres sans tout ça, pour moi c'est pas du trail mais après c'est ma vision alors est-ce qu'elle est peut-être fermée parce que même si j'ai pas l'ancienneté j'ai quand même cet amour de la nature est-ce que je suis peut-être trop fermé je ne sais pas, est-ce que c'est le monde maintenant qui s'ouvre un petit peu à tout le monde et comme disent certains on parle de vieux sans dire de gros mots mais le vieux con, est-ce qu'il faut pas faire avec son temps, je ne sais pas, moi en tout cas je vais pas aller sur une backyard et je vais pas aller en urban trail parce que c'est pas mon truc
- Speaker #1
Moi, une chose que je sais, ce qui m'anime profondément, c'est que moi, ça me dérange, et ce n'est pas une histoire de vieux con, c'est une histoire de vision de la vie, ça me dérange qu'on ne définit pas les choses. Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup. A toi, Julien.
- Speaker #4
Non, en fait, je ne vais peut-être pas répondre, peut-être reposer un problème, mais est-ce que finalement, en fait, j'ai l'impression que c'est... Plein de sports qui ont tous une colonne vertébrale centrale. C'est finalement avancer avec ses deux jambes. La rando rapide, je sais que tu aimes bien ça, Nico. Est-ce que ce n'est pas ça et qu'après, il y a juste des petites variantes ? Aujourd'hui, il y a le paddle. On n'a pas appelé ça du tennis sur un petit terrain. On a appelé ça le paddle. Ce n'est pas un nom, finalement, à chaque course qui est créée.
- Speaker #1
Moi, je dis juste une backyard. Appelons-la une backyard et ne l'appelons pas du trail.
- Speaker #4
Oui, voilà.
- Speaker #1
La Yukon Arctic, ne mettons pas ça dans la catégorie ultra-tray, s'il vous plaît.
- Speaker #4
Non, pour entendre l'énergie.
- Speaker #1
Après, on a la Yukon, je ne sais pas quoi. On arrive à la fin des 15 premières minutes. On va passer au sujet suivant. Le premier thème qu'on va aborder, c'est l'esprit du peloton. L'esprit du peloton, j'appelle à la barre Vint, Olivier, Nicolas ou Harry, David, Timothéo, Claire, Xavier et Julien-Louis. Alors l'esprit du peloton me concernant, je me suis noté des petites réflexions, à chaque fois je vous lis mes réflexions au début puis après vous réagissez dessus, vous me sautez dessus à peu joint si vous voulez, ça vous fait plaisir. L'esprit du peloton pour moi il n'a pas réellement changé depuis que, pour rappel j'ai commencé en 2012, donc à une époque où le train n'était pas ce qu'il était mais il n'était quand même pas aux prémices de ce qu'a connu notamment Nico. Mais pour moi ça n'a pas réellement changé, il y a toujours une... Dans l'état d'esprit des trailers, il y a toujours une... De ce que je constate, j'ai fait presque 50 trails depuis que j'ai commencé. Je n'ai pas réellement constaté de mauvais esprit, ou très rarement, sur toutes les courses que j'ai faites, l'état d'esprit est plutôt positif. Il y a un truc qui m'insupporte, c'est quand on me dit que les trailers sont sales. Excusez-moi, mais quand vous avez 500 ou 1000 coureurs, et que vous avez à la fin de la course 3 paquets de gel qui sont par terre, On a quand même le droit de faire tomber un truc, excusez-nous, sans faire exprès. Donc je n'estime pas qu'on soit dans une communauté de gens qui s'en foutent complètement. J'estime que c'est un bon état d'esprit général, que ça se démocratise effectivement. Donc on voit des populations qui sont un peu plus diversifiées aussi, j'ai l'impression, d'un point de vue social. Et puis moi, je trouve que l'esprit du Polo-Temps... me concernant sur les courses, il n'a pas réellement changé. Voilà un petit peu mon point de vue. Tiens Anaïs, non ce n'est pas Anaïs qui est sur le coup, c'est clair qu'on n'a pas entendu encore pour le moment. Ton point de vue ?
- Speaker #0
Mon point de vue, je ne sais pas, peut-être qu'on pourra décliner avec les différents avis aussi, mais peut-être que ça dépend de l'endroit du peloton où est-ce qu'on se situe, ça change peut-être. Et puis, moi, justement, en tant que femme, je me pose aussi la question de savoir s'il n'y a pas... Est-ce qu'il peut y avoir une différence du fait d'être une femme, en fait ? Et je me pose la question parce que je l'ai vécu dans le bon sens du terme. Dès mes toutes premières courses, il y a un peu plus de huit ans, où j'étais plutôt bien positionnée dans le fameux peloton, et d'avoir un ou deux gars qui m'encouragent vachement. Mais quand je dis vachement, ça m'a marquée parce qu'à cette époque-là, justement, je ne savais pas à quoi m'attendre. C'était mes deux, trois premières courses et j'ai été surprise de recevoir des encouragements sur le parcours d'autres coureurs. qui voyaient que j'étais bien placée et qui m'encouragait en me disant « Allez, lâche pas ! » J'avais envie de dire, le mec se battait plus que moi, en fait. Donc, ça m'avait vachement surprise. Et je me disais que... Alors, avec le temps, je me suis dit... J'avais peut-être l'impression que je le voyais un petit peu moins. Je me suis posé la question de savoir si c'était une question de région parce que je n'étais pas dans la même région à cette époque-là. et puis finalement à bien y réfléchir et ça m'est arrivé il n'y a pas si longtemps que ça quand même d'un gars que j'avais doublé sur une portion et qui m'a rattrapé sur la fin qui avait vu que j'étais un peu en galère parce que je crampais et qui m'a dit allez c'est bientôt fini lâche pas et je me suis posé la question de savoir est-ce que c'est enfin je ne peux pas être sûre à 100% mais est-ce qu'il n'y a pas le fait que je sois une femme et en plus plutôt du coup un peu plus Merci. dans le premier tiers, voire premier quart de course à ces moments-là, comme si c'était un peu plus exceptionnel, entre guillemets, par rapport aux hommes qui sont présents à ce moment-là sur le parcours. Et voilà, je ne sais pas si c'est très clair ce que je dis, mais du coup, je me suis demandé s'il n'y avait pas cet effet-là.
- Speaker #1
Mais est-ce que toi, tu as constaté un changement depuis que tu as commencé ?
- Speaker #0
Penser, et puis finalement, pas tant que ça. parce que je l'ai quand même vu, encore une fois, assez récemment. Mais je l'ai peut-être plus vécu au tout début que j'ai commencé, donc il y a un peu plus de 8 ans, un peu plus fréquemment, on va dire. Mais je pense que ça existe encore, je le vois encore.
- Speaker #1
Moi, c'est clair que je rejoins, quand j'ai commencé, j'étais bien plus loin dans le peloton. Et c'est clair que je pense que, alors je ne suis pas devant non plus, mais mine de rien, avec la progression, on a tendance un peu à monter dans le classement. Effectivement, vu que je suis plutôt dans le premier quart dans les courses, c'est moins funky devant, on ne va pas se mentir. Il y a moins d'ambiance. Mais je te rejoins, je pense que c'est aussi lié au positionnement dans la course. Quelqu'un veut réagir sur le sujet peloton ? David ?
- Speaker #6
Je voulais juste rebondir et confirmer ce que tu venais de dire. Je me suis posé la question quand on a lancé le sujet en me disant que c'est vrai, alors ma première réaction c'est que c'est vrai que ça a changé c'est beaucoup moins funky, y'a moins cet esprit de fête tout ça et après en y réfléchissant je me dis mais je pense que c'est là où je te rejoins quand j'ai commencé c'était le peloton mais plus derrière le peloton donc à ce moment là c'est juste la barrière horaire qu'on vise donc à ce moment là on court, on chante des fois, il n'y a pas d'objectif c'est juste de terminer Je n'oublie pas, il ne faut jamais oublier que quel que soit l'objectif, de toute façon, il faut le garder. Ça reste le premier objectif de finir une course, parce que tout peut arriver dans une course aussi longue ou aussi courte qu'elle puisse être. Mais je me suis dit qu'il fallait faire attention parce qu'en fonction de l'évolution qu'on a, quand on commence au tout début et au fur et à mesure des années, si on a 6 jours, on progresse quand même relativement vite et on n'a pas du tout le même point de vue. Et je pense que même nous, à l'endroit où on se retrouve dans le peloton, dans notre état d'esprit, on est aussi plus concentré sur notre objectif et on fait peut-être moins attention aussi à tous ces petits détails. Donc je pense que sur le fond, oui, en effet, l'esprit n'a pas changé. C'est juste qu'après, on est peut-être dans des zones un petit peu plus...
- Speaker #1
Et si je te pose la question sur un point de vue au départ, à l'arrivée, dans l'environnement général de tes courses, tu as constaté un changement ? Toi, on rappelle, mais tu as commencé relativement il y a 4 ans à peu près ? 3-4 ans ?
- Speaker #6
Oui, 4 ans. Il y a 4 ans et non je ne pense pas parce que même ma dernière course qui était plus longue, même en milieu de course, même sur la fin je discutais encore avec... Alors certes il y avait plusieurs courses qui se rejoignaient en fait, mais je discutais encore avec des participants. Par contre j'ai eu quelques petites anecdotes où j'ai peut-être moins apprécié on va dire, des petites choses que j'avais eu l'impression de ne pas avoir avant. Je n'ai peut-être pas forcément fait attention mais...
- Speaker #1
Donne-nous un petit exemple, vas-y.
- Speaker #6
De façon bonne. Et on était donc c'était du single, on pouvait pas forcément se dépasser comme on voulait. Et on a senti, donc j'étais en train de discuter avec cette personne, juste derrière nous on a senti qu'il y avait un petit jeune qui avait de l'énergie, qui voulait passer devant. Donc moi instinctivement je me mets sur le côté, je laisse passer. On est loin de faire la course à la première place quoi, donc on est tous dans le même état d'esprit justement. Donc je laisse passer et je lui dis voilà, je fais pas ce plaisir. Et la personne devant moi j'ai vu que lui il a gardé. pendant plusieurs kilomètres, il ne le laissait pas passer. Alors, il est derrière, quoi. Il ne pouvait pas ne pas le sentir. Donc, ça, c'est tout récent. Après, je n'ai peut-être pas forcément fait assez de courses avant pour voir ça, mais j'étais un petit peu perturbé en me disant, bon, ça reste un sport plaisir, on est là pour s'amuser, on a tous la même passion. Donc, c'est vraiment, on joue le podium, d'accord. Et encore, je ne suis même pas sûr que ça arrive pour les personnes qui jouent le podium.
- Speaker #0
Quand on est un peu plus loin derrière, je pense que ce n'est pas nécessaire. Il y a du temps, même s'il passe, tu le rattrapes après, on se redépasse. Un petit mot, un petit conjoint, un petit coucou, ça va mieux. Comme on l'a dit maintes et maintes fois, c'est le sport individuel le plus collectif. Et moi, je le prends comme ça. Il y a de la bienveillance entre chaque coureur. J'avoue que j'étais un petit peu perturbé quand j'ai vu ça.
- Speaker #1
Nico, je crois que tu voulais réagir.
- Speaker #2
Oui. Moi, je suis quelqu'un du milieu du peloton, voire des fois à la fin du peloton. Je trouve qu'il faut différencier les petites courses, ce qu'on appelle les trails à saucissons, et les gros événements, une TMB, ou les Templiers, ou la Diagonale des Fous. Parce que sur ces gros événements, les gens viennent là. pour faire une perf à leur niveau. Ils sont souvent, je trouve, dans une dynamique qui est beaucoup moins conviviale que sur des petits trails en tant qu'organisation. Parce que ça peut être des petits trails où il y a des très longues distances aussi. Mais où souvent, je trouve que l'ambiance n'est pas la même. Un exemple, moi j'ai fait le Bourbon sur l'île de la Réunion l'automne dernier. On arrive dans la dernière descente, je croise un gars qui n'avait plus de lampe frontale. Sa lampe frontale s'était allumée dans son sac, il n'avait plus de lampe frontale du tout, c'était la nuit. On était dans le premier tiers des coureurs, mais on n'était pas non plus. on n'est pas dans l'élite, pas du tout, et bien personne ne s'arrêtait pour continuer avec lui. Personne. Et donc moi, je me suis arrêté, on a terminé tous les deux, j'ai sans doute perdu une demi-heure, trois quarts d'heure sur mon temps que j'aurais pu faire, mais personne ne s'arrêtait. Alors qu'on ne visait pas du tout une performance. Et ça, c'est une chose. Et une deuxième chose, je trouve qu'aussi... on a quand même des profils de coureurs qui sont ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure qui sont moins montagnards moi je me suis retrouvé sur sur l'échappée belle à courir toute la nuit avec un gars parce que en fait il s'est courir la nuit dans la montagne il s'est rendu compte qu'il n'était pas du tout à l'aise et donc j'ai fait la nuit avec lui des choses comme ça qui montrent quand même que que euh... L'environnement, les gens avec qui on court et l'ambiance qu'il y a évoluent aussi dans le temps et suivant le type de course.
- Speaker #3
Oui, intéressant. Je partage assez. Après, je n'ai pas été confronté moi-même à des problématiques de ce type, de changements notables de l'état d'esprit. Je ne peux pas réellement dire que... Moi, ça a quelque chose qui m'est frappé. Ou alors, c'est vraiment de l'épiphénomène. Olive, je crois que tu voulais... Olive et après Julien, et après, on passe au sujet suivant.
- Speaker #1
Oui, je voulais... Je suis d'accord avec Nico parce que...
- Speaker #3
Lequel ?
- Speaker #1
Trop de Nico dans le travail.
- Speaker #3
Moi ou Nico Wary ?
- Speaker #1
Oh, il a changé. Nico,
- Speaker #3
il a changé.
- Speaker #1
Oui, c'est qu'effectivement, il y a de... Forcément, c'est normal, il y a de plus en plus de pratiquants du trail, donc il y a forcément des gens qui ne connaissent pas la montagne et qui viennent d'autres milieux, mais qui n'ont pas cette éducation à la montagne. Effectivement, j'étais sur une Sky Race, et il y a des gens qui étaient sur les crêtes et en train de se dire « Oh, mais c'est dangereux, attention, il n'y a pas de sécurité » . Oui, mais c'est une Sky Race. Tu regardes un peu, après, c'est un peu les images font rêver. Puis quand les gens s'y retrouvent dans des endroits, la Sky Race des Matheysins, sur une crête enneigée, ils sont un peu moins à l'aise. Et après, sinon, de toute manière, sur l'état d'esprit, je pense qu'il y a... De toute manière, toujours eu des cons et toujours, il y en aura toujours. Et la proportion grandira au fur et à mesure que le nombre de pratiquants va grandir. Mais il y a toujours des gens qui vont essayer, effectivement, soit de ne pas essayer de dépasser, soit de dépasser en te mettant dans le ravin. Mais ça, c'est un comportement qu'il y a toujours eu. Il y a aussi un peu toujours, un peu pour certains, du matu vu sur la ligne de départ. Moi, j'ai telle montre, j'ai tel sac, j'ai telle chaussure de Kylian, je ne sais pas, n'importe quoi. Mais bon, ça, il y a toujours eu, je pense. Il y avait peut-être moins avant, parce qu'il y avait très peu de matériel et tout le monde bricolait son truc. Mais je pense que maintenant, il y a un peu ce phénomène-là qui peut apparaître.
- Speaker #3
Ok. Julien, à toi, ton avis sur l'esprit du peloton ?
- Speaker #4
Je n'avais pas grand-chose à rajouter, mais je suis d'accord avec Nico. Je peux comprendre sur certaines compétitions, je comprends les gars qui se sont entraînés pendant un an et qui n'ont pas envie de s'arrêter 5-10 minutes et qui te rassent, ou qui te mettent un coup d'épaule. Moi, ça ne me choque pas ce côté compétition, parce qu'on s'inscrit à une compétition. Ce n'est pas une balade, on s'inscrit à une compétition. Et j'avoue que j'ai fait une fois le connard, mais tu sors d'un ravitaillement, et t'as un gars qui arrive et qui dit « Excuse-moi, mais t'as pas de l'eau, t'as pas de l'eau, j'ai plus d'eau, j'ai plus d'eau. » Mais on vient de sortir du ravitaillement, mec. Donc moi, je suis, entre guillemets, j'ai ce qu'il faut, j'ai assez. Mais je sais pas, t'es pas réticent, en fait. C'est une compétition, c'est pas une sortie du dimanche encadrée.
- Speaker #3
C'est beau, moi ça me plaît là Julien, ça me plaît ce que tu dis, t'assumes, c'est bien. Il est en faux là, sinon c'est trop bienveillant, c'est pas bon. Non, moi je suis assez d'accord, j'avoue. C'est une compète ou c'est pas une compète ? C'est ça que j'avais pensé quand j'avais fait un épisode où à l'époque il y avait Alex avec... Je sais pas si vous connaissez Casquette Verte, je sais pas si ça vous parle.
- Speaker #4
Vaguement.
- Speaker #3
Enfin, le lien avec le sujet d'après. Salut Alex, on t'embrasse. Quand on avait abordé le sujet des ravitaillements, de l'assistance, il avait dit on fait de l'ultra pour faire de la compète ou on fait de l'ultra pour faire de l'assistance ? C'est un vrai sujet. Il y a un moment, est-ce qu'on fait de l'ultra pour faire du partage ou est-ce qu'on fait de l'ultra pour faire une compète ? Mais ça revient un petit peu à ce qu'on disait tout à l'heure sur la croisée des chemins entre l'ADN de ce sport, de cette discipline. de ce mode de vie, je ne sais pas comment tu peux l'appeler, qui en fait a croisé des chemins entre plein de choses. Et du coup, tu te retrouves à avoir un esprit, enfin comment dire, un potentiel esprit trail du début qui n'a absolument rien à voir. D'ailleurs, sur les temps passants, je ne suis pas persuadé que tous les trailers et tous les ultra-trailers du début des années 2000 avaient tous l'esprit trail. Ils se reconnaîtront certains, mais je ne pense pas. Mais en tout cas, c'est assez frappant parce qu'on se rend compte que c'est beaucoup de choses qui se télescopent. Je te laisse finir, Julien. Et après, on passe au sujet des médias.
- Speaker #4
Ce que je disais, c'est juste peut-être que en mode compétition, mais avec moi-même. C'est pour ça que ça me fait chier de laisser une demi-flasque à un gars qui, juste, lui, n'a pas géré sa course. Il est venu là en tongs et en shirt. Dans les extrêmes exprès. Je vais se prendre les...
- Speaker #2
Mais depuis le début... Depuis le début, l'esprit de compétition, il est là. Les gars, dans les années 90-2000, le but, c'était de se dépouiller pour être le plus rapide et si possible, la meilleure place possible à la fin. Après, c'est dans quelle attitude tu as par rapport à tes concurrents. Est-ce que tu es dans ta bulle et tu montes les dents dès qu'il y en a un qui essaie de te doubler ? Il y avait un esprit un peu communautaire de petite communauté au début parce qu'il n'y avait pas beaucoup de monde à faire ce genre de discipline. Aujourd'hui, ça s'est massifié. Et forcément, parce que ça s'est massifié, il y a une forme de chacun est dans sa bulle. On se reconnaît moins dans cette espèce de petite communauté un peu particulière.
- Speaker #3
Complètement. Allez, David, je te laisse réagir une dernière fois et puis après, on passe au chute. Oui,
- Speaker #0
j'avais juste une petite anecdote. Je suis une nature bienveillante, en général j'ai peut-être moins l'esprit compétition comme il a été évoqué. Mais par contre j'ai quand même regretté une fois d'avoir été bienveillant. J'ai fait une course, c'était en Alsace, une des dernières montées où j'arrive, je dépasse quelqu'un, je l'encourage un petit peu, je dis c'est la dernière, je connais ces trucs, après ça descend, donc on continue, j'encourage un peu, on continue ensemble. Et ensuite, c'est la dernière descente, on descend ensemble, on arrive, on passe au-dessus du petit portier. La dernière ligne droite, je me dis, là je profite, je le vois qui accélère, moi je lui dis, là je profite, on va pas accélérer, là, c'est pas une place, je le laisse partir. Et puis, c'est la ligne d'arrivée, c'est les photos, et lui, il passe devant moi, et il prend une pancarte, et il reste une demi-heure devant la ligne d'arrivée avec sa pancarte. Donc moi, je n'ai jamais eu de photo finish, tout seul, j'ai même vu, je l'ai resté avec sa pancarte, en carton. qui l'a sorti. Je me suis dit, la prochaine fois, tu accélères un petit peu parce qu'en plus, j'avais encore un peu de jus et au moins, tu auras ta photo. Bon,
- Speaker #3
le peloton, il a changé ou pas ? Je ne sais pas. Je n'ai pas l'impression. Pas beaucoup. Pas beaucoup, beaucoup en tout cas. Allez, suivant.
- Speaker #2
Il s'est massifié.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. La communication et les médias. Alors ça, c'est un sujet qui me touche particulièrement parce que je suis un peu dedans. Communication et médias. Alors là, c'est pareil, je pense que c'est un des sujets qui a le plus, un des thèmes qui a le plus évolué dans cette pratique-là. Il y a de plus en plus de monde, de plus en plus de visibilité, de plus en plus de médias, de plus en plus de grandes chaînes qui diffusent certains événements, etc. c'est le top puisque c'est aussi pour l'évolution de notre sport mais aussi la contrepartie de ça c'est aussi que on se retrouve avec des médias, de mon point de vue, qui sont de moins en moins spécialisés, qui ont de moins en moins la connaissance de la pratique, que ce soit l'histoire, que ce soit les niveaux de performance. On mélange un peu tout sur certains aspects avec les influenceurs, les athlètes élites, etc. Je trouve que ça participe aussi du flou dans lequel on est aujourd'hui, à mon avis, dans notre pratique. Et je pense que les médias et les journalistes particulièrement ont un vrai rôle dans cette période pour faire le meilleur travail possible et pour essayer aussi de râper les bases de ce qu'est cette pratique parce qu'on se retrouve encore une fois dans un flou artistique au niveau des médias. Je crois qu'il y avait Romain, il y avait David aussi qui voulait réagir sur ce thème. Allez Romain, on ne t'a pas beaucoup entendu, ta réaction sur le thème ?
- Speaker #5
Oui, c'est exactement ce que tu as dit. Moi, c'est pareil, j'ai commencé le trail avant le Covid, donc je n'ai pas une expérience immense. Par contre, je m'y intéressais déjà un peu avant.
- Speaker #3
Et Romain, ça va faire presque 8-9 ans déjà.
- Speaker #5
Oui.
- Speaker #3
Ça fait un moment quand même.
- Speaker #5
Oui. Je trouve que ça a énormément évolué. En fait, surtout là, les deux dernières années, il y a eu une accélération énorme. Aujourd'hui tout le monde sait ce que c'est que le trail, tu parles à tes amis, tout le monde en a déjà entendu parler dans ta famille. Il y a un contenu énorme. Maintenant la qualité du contenu, je suis d'accord, elle a vraiment... Moi personnellement, j'aime beaucoup tout ce qui va être contenu de qualité dans le sens entraînement, course, expérience de trail. Ce qui se rapporte vraiment à la course et à l'expérience du running. Et aujourd'hui, ce qui me gêne un peu, c'est que c'est presque mis de côté. pour laisser la place au sensationnel, au buzz, au comique, à l'humour. Donc, je n'ai rien contre ça. Mais moi, ce n'est pas forcément ce qui m'intéresse. Et j'ai l'impression qu'on donne plus d'intérêt à ce genre de communication-là que à des communications vraiment axées sur la science du sport et le côté sportif. Et ça, je trouve que ces deux dernières années,
- Speaker #3
ça a vraiment... Alors, la question que je vais poser un peu plus dans le détail, mais tu n'arrives plus à trouver ce genre de contenu où tu as... tu as du mal à faire le tri ?
- Speaker #5
Si, je le trouve encore, mais il y en a moins. Et surtout, je trouve que ce n'est pas dans la masse. On va dire que ça représente de moins en moins. Aujourd'hui, si on regarde, si on parle justement des influenceurs, c'est quelque chose qu'il y a deux ou trois ans, il n'y avait pas dans le trade. Tu pouvais suivre des sportifs, des journalistes, des gens du milieu du trade, mais pas des gens qui allaient faire de l'influence dans le sens vraiment comme on l'entend aujourd'hui. Moi, j'en peux plus, sincèrement, sur Instagram, de voir toujours les mêmes communications, les mêmes trucs, les mêmes memes qui ressortent tout le temps. Tu suis 10 mecs, les 10, ils vont faire la même blague, la même story. Je trouve qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de ça. Il y a beaucoup de ça. Et en plus, ils sont vraiment mis en avant. Donc, pour moi, ça, ça me dérange un peu. C'est un avis perso, mais...
- Speaker #3
C'est plutôt les médias sur l'aspect réseau-sociaux ou les médias sur l'aspect...
- Speaker #5
Non, vraiment côté réseau-sociaux. Après, c'est vrai que moi je le consomme comme ça essentiellement, c'est-à-dire que moi ma consommation des médias d'entre elles c'est les réseaux et ensuite ça va être les podcasts. quasiment que ça. Ça m'arrive de regarder la chaîne cryptée à l'émission, pour pas la nommer, mais voilà. En dehors de ça, je lis très peu d'articles sur les sites internet, tout ce genre de choses.
- Speaker #3
Trail 360, c'est ça dont tu parles ? Moi, je trouve ça bien, moi, perso. Merci Romain. David, ton point de vue sur l'aspect média ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a vraiment deux axes au niveau des médias. On parle de Trail 360, mais on parle... Merci. Je parlerai aussi de toutes les vidéos qu'on peut avoir sur YouTube, les lives, les filets-là. Ça, par contre, je suis quand même très content. Maintenant, on en est un petit peu partout. On peut revivre ça un petit peu de partout. Même si on est à l'extérieur, importe, dans un coin ou autre chose, on peut quand même suivre certaines courses si on a envie. Par contre, je rejoins Romain sur l'aspect réseau. C'est là que le réseau, c'est un peu malsain, je dirais, parce que maintenant, je sais aussi que les marques sont derrière. Il y a des marques aussi qui veulent ça, qui veulent de la communication, ils veulent qu'on voit leur nom. C'est tout, ça se défend. Par contre, il y a un aspect malsain où il y a une... J'ai l'impression que chaque sportif épiait un petit peu son voisin maintenant et veut faire comme lui, alors qu'il ne se rend pas forcément compte que ce qu'on voit sur un réseau, c'est qu'une petite fenêtre, des fois, j'ai déjà vu en courant des influenceurs ou autres qui prennent une photo en habit de sport dans un endroit qui représente du trail, mais on voit très bien qu'ils ne sont pas venus courir. Donc, il y a une façade qui se crée, il y a quelque chose... de faux qui se créent et malheureusement ça a des conséquences. Moi j'essaie, par exemple, j'ai un collègue que j'avais sur Garmin, je ne l'utilise même plus sur Garmin parce que je n'ai pas le temps de rentrer de ma course, que j'ai des réactions, j'ai ci, j'ai là. Donc là on a fait un petit peu le vide en allant courir dehors, on se retrouve avec cette sensation d'être suivi, d'être, je ne vais pas dire repressé, le terme est peut-être dur, mais oui on perd un petit peu cette liberté, cette air qu'on va chercher dans la nature en fait. C'est la sensation que ça me donne en tout cas, ça devient un peu malsain.
- Speaker #3
Après, pour revenir sur les médias à proprement parler, est-ce que toi David, tu as la sensation qu'aujourd'hui, tu trouves en termes de contenu notamment, des choses qui sont intéressantes ? Moi, comme je le disais en introduction sur ce thème-là, c'est que j'ai vraiment la sensation aujourd'hui qu'on a de moins en moins de spécialistes et que la connaissance de la pratique, c'est pour ça que cet épisode aussi me tenait à cœur pour essayer de redéfinir un petit peu tout ça, mais la connaissance de la pratique est en train un peu d'échapper à tout le monde. Et que l'influence, que le buzz, etc. est en train de gommer un petit peu tout ce qui fait la définition de ce qu'est une bonne performance, une très bonne performance, une performance moyenne. Quand on voit que la majorité des gens qui suivent certains influenceurs qui ont des niveaux pas ouf, pas terribles. et que la majeure partie des gens considère que c'est des performances extraordinaires, moi ça me rend dingue. Et qu'il n'y ait personne qui soit capable de dire « Non mais ce mec-là, il a fait l'UTMB en 32 heures, c'est bien. » Mais on est loin, loin, loin d'une performance de haut niveau et de très haut niveau. Donc je pense qu'on a la sensation aussi aujourd'hui que cette... Comment dire ? état d'esprit dans lequel on est tous aujourd'hui à travers les réseaux sociaux et tout c'est en train de noyer complètement le vrai quoi le réel de ce qu'est de ce qu'est cette discipline c'est un peu en tout cas c'est mon c'est mon point de vue david ouais je dirais que un
- Speaker #0
petit peu la différence si on fait une métaphore au niveau restaurant la différence entre un restaurant étoilé et du fast food maintenant tout le monde veut du fast food donc ça se consomme vite faut que ça aille vite pour que ça touche beaucoup de monde et le contenu je suis pas sûr que ce soit encore au centre des de priorité pour ceux qui provoquent toutes ces communications. Donc, non, oui, je pense que malheureusement, c'est un phénomène de société.
- Speaker #3
Romain, je crois que tu voulais réagir à ce que vient de dire David.
- Speaker #5
Même sur ce que tu as dit juste avant, je ne pense pas qu'il y ait moins de personnes qualifiées, justement. Je pense qu'il y en a plus, justement, avec l'évolution du trail, avec la massification. Je pense qu'il y a vraiment pas mal de gens aujourd'hui qui ont des compétences à apporter, qui ont des vraies connaissances. Je pense juste qu'ils sont moins visibles et que ça intéresse peut-être moins de gens dans cette masse, justement. Comme je le disais tout à l'heure, moi, je m'intéresse vraiment à la partie sport, performance et tout, mais je ne pense pas être la majeure partie du public et surtout la cible des marques et de ceux qui ont justement un besoin de communiquer et qui payent pour cette communication. C'est tout. Je pense que des gens compétents, il y en a encore plein et qui ont plein de choses à dire.
- Speaker #3
Allez Nico, je crois que tu voulais réagir, avant qu'on passe au sujet suivant, qui seront les organisations de trahis. Ça, il va y avoir des choses à dire.
- Speaker #2
Je pense qu'il y a aussi, sans doute, un aspect générationnel. Ah, t'es… Je fais le vieux con, moi, mais…
- Speaker #3
Aïe,
- Speaker #2
aïe, aïe. En tout cas, les gens qui consomment du MediaTail par les réseaux sociaux uniquement vont aller sur le type de contenu que dénonce Romain, c'est clair. Par contre, quand on regarde les... les différents podcasts qui existent et le contenu des podcasts alors c'est des formats plus longs mais il y a des contenus qui sont à caractère beaucoup plus scientifique sur l'entraînement sur la physiologie on trouve des choses très poussées sur différents podcasts mais qu'on verra jamais sur les réseaux parce que le format n'est pas fait pour ça et donc effectivement si on consomme du Mediatrail que à partir des réseaux on ferait... et une vision du trail qui est complètement faussée.
- Speaker #3
Oui, je suis d'accord. On va dire que c'est un peu comme les courses, et justement ça va faire le lien avec le sujet suivant. C'est un peu comme les courses, on a un peu de tout. On a des médias mainstream, on a des gros influenceurs, etc. On a des podcasts de qualité, mais je pense quand même que la démocratisation du sport étant ce qu'elle est, et puis la société dans laquelle on vit aujourd'hui étant ce qu'elle est, J'ai l'impression que les contenus qui sont un peu médiocres noient un peu tout le reste. Voilà, c'est mon point de vue. On passe au sujet suivant, on va parler des organisations. Alors ça, je pense que c'est un... Alors j'appelle à la barre Olivier, Nico, Anaïs, David et Claire. Je vais passer la parole à Anaïs en premier, mais je vais donner mon point de vue. Dans un premier temps, comme il est de coutume. Je pense que c'est un sujet, l'organisation... J'ai souhaité aborder ce thème, les orgas, d'un point de vue inscription aux courses, les circuits, etc. Je pense que ça, c'est un des sujets qui est, à mon avis, le plus sensible dans notre discipline aujourd'hui. Et c'est ce que j'entends de plus en plus autour de moi quand je parle avec vous, quand je parle avec tous les gens qui m'entourent en club, etc. C'est un vrai sujet, c'est la frustration que ça crée aujourd'hui, les difficultés d'inscription aux courses. qui est en lien évidemment avec la démocratisation de notre sport, et aussi la frustration que crée notamment, pour moi, ce qui commence à ressembler à un échec, de ce point de vue-là en tout cas, sur ce qui concerne les UTMB World Series notamment, qui crée vraiment un sentiment de frustration de plus en plus important, et qui va à mon avis avoir des impacts et des conséquences sur la pratique, et qui peut à mon avis devenir un frein à la pratique. Je m'explique aujourd'hui, moi je le vois aujourd'hui avec les sportifs que j'accompagne tout au long de l'année, il faut être chef de projet pour réfléchir sur un an et demi à reculons pour savoir quelle course on va faire un an et demi plus tard. Et ça, aujourd'hui, je pense qu'on en est aux prémices. Ça fait à mon avis 2-3 ans que c'est vraiment le cas. Post-Covid à peu près, un peu plus tard. J'ai vraiment la sensation que ça peut être un énorme frein au développement de la pratique. Et donc, qu'on soit un peu victime de notre propre explosion de la discipline. Anaïs, je te laisse la parole. On ne t'a pas entendu encore depuis le début.
- Speaker #6
Oui, merci. Je te rejoins complètement sur ce sujet. Comme tu dis, ça fait deux, je ne dirais pas trois ans, mais vraiment... Un an et demi, deux ans, c'est quand même vraiment de plus en plus compliqué de s'inscrire aux courses. Moi, ça fait quasiment dix ans que je fais du trail, etc. Et je me souviens, il y a dix ans, on allait le jour J et on s'inscrivait sur un bout de papier. On faisait sa course et on se décidait quasiment la veille si on allait ou pas à la course. Et là, comme tu le dis, maintenant, c'est même plus... pensable de fonctionner comme ça. Tu dois, un an, un an et demi à l'avance, te dire, est-ce que j'ai envie d'aller à telle course, mais à quel moment sont les inscriptions, à quelle heure ? Il faut que je sois en ligne à telle heure, sinon je ne pourrais pas m'inscrire. Et encore, même si je suis en ligne à telle heure, peut-être qu'il y a plein de possibilités que je n'arrive toujours pas à m'inscrire. Et oui, ça crée une énorme frustration. de ne pas pouvoir participer à des courses qui nous font envie dans des environnements, qu'on a envie d'aller découvrir ou autre. Et je pense que ça va devenir, enfin ça devient et ça va être de plus en plus compliqué.
- Speaker #3
Alors, on va être tout à fait honnête et transparent. Toi, tu es quand même une élite, on va dire. Donc, tu as quand même la possibilité, ainsi que moi, je me mets aussi dans l'eau par moment, d'avoir un petit peu des... D'ailleurs, ça, c'est un sujet qu'il va falloir que j'aborde aussi honnêtement et en transparence. On a la possibilité, aussi bien toi que moi, d'être invité sur certains événements. Et moi, je commence sincèrement, vu la galère que c'est pour la majorité des trailers, voir la totalité des trailers, de s'inscrire sur des courses. on en avait parlé ensemble, on va être honnête, on commence à être un peu mal à l'aise par moment de se dire « Putain, il y a des gens, ils galèrent tellement que ça devient presque un peu gênant d'être invité sur certains événements. » Moi, je commence sérieusement à me poser la question si je ne vais pas complètement refuser toute invitation parce que ce n'est pas juste. Donc, nous, on est « favorisés » . Mais toi, est-ce que... Tu peux comprendre aussi, est-ce que tu entends ce que je dis dans le sens, ça peut être un vrai frein et que ça peut décourager certains sportifs de planifier des saisons à l'avance, de pratiquer son sport ?
- Speaker #6
Oui, je l'entends complètement. Moi aussi j'accompagne des sportifs, mais dans les sportifs que j'accompagne, c'est vraiment ça. à la période fin d'année, début d'année, au moment où tout le monde se pose un peu la question de qu'est-ce que je vais faire cette année comme course, etc. Mais en fait, ça prend un temps fou, ça prend une énergie mentale de fou. Et il y en a plusieurs qui commencent à se dire peut-être que je vais arrêter de faire des courses et que je vais aller faire, comme on l'appelle, des off. Et puis après, il y a aussi toutes ces... Je pense que c'est un petit peu un autre sujet, mais toutes ces organisations qui, aussi en lien avec le PPS, qui décident de ne plus avoir ce classement, de ne pas avoir besoin de PPS, de ne pas avoir besoin de chrométrages, etc. Et je pense qu'il va y avoir plus de tendances qui vont se prendre dans les mois et années à venir.
- Speaker #3
En tout cas, je te rejoins, je constate avec les sportifs que j'accompagne. De la vraie frustration. Alors, on pourrait se dire qu'il y a plus grave dans la vie, c'est sûr, il y a toujours plus grave. Mais en tout cas, c'est un vrai frein à la participation et à une pratique qui, jusqu'alors, était quand même beaucoup plus simple. Je vais passer la parole à Julien et ensuite Olive.
- Speaker #4
Je n'ai pas grand-chose à dire. C'est un truc que j'ai connu dans le sport avant. à prendre les soins. quand ça prend de l'essor en badminton. Badminton ? Ça a pris de l'essor il y a 15-20 ans. Au début, c'était exactement ce qu'Anaïs vient de dire. Je pouvais appeler la veille le club, « T'as encore de la place pour moi ? » « Ouais, pas de problème. » Et puis, à un moment donné, bon, après, je suis arrivé aussi en Ile-de-France, c'est encore différent, mais il y a un moment donné, c'était trois semaines avant, un mois, un mois et demi, deux mois, trois mois, et à un moment donné, la date n'était même pas encore sortie. Tu avais déjà désinscrit. Je pense que c'est la massification, c'est comme ça. Il y a beaucoup de monde, il y a plus de courses, mine de rien, proportionnellement, je veux dire. Et donc, peu d'élus, quoi. C'est le jeu. Après, moi, c'est un truc que je ne comprends toujours pas, et je sais que c'est des gens qui ne sont pas d'accord avec ça, mais c'est que tout le monde court en même temps. Tout le monde, personne au même niveau, mais tout le monde court en même temps. Et je ne sais pas s'il y a d'autres sports. où tout le monde est mélangé. Si je me noue au judo demain, est-ce que je vais combattre avec Teddy Riner ? Vous ne le pensez pas pour soi,
- Speaker #3
en tout cas.
- Speaker #4
Je pense qu'il ne me verra même pas tellement que je suis petit. Il va me bousculer. Mais je ne sais pas, est-ce qu'il faut arriver sur de la sectorisation ? Une même course, elle va se décliner sur le même lieu, mais juste par catégorie. Ça permettrait peut-être de faire venir plus de monde, j'en sais rien.
- Speaker #3
C'est un vrai sujet. Après, on dirait contre l'esprit initial dont on parlait au début aussi. Moi, il y a un truc que j'ai remarqué quand même sur ce thème organisation inscription, c'est qu'il y a beaucoup, beaucoup de gens, et c'est pas bien, ne faites pas ça, c'est vraiment mal, qui s'inscrivent à plein de courses différentes et puis qui choisissent un petit peu par anticipation et je pense que ça participe aussi au phénomène des no-show sur les courses. Et ça, il faut savoir quand même que pour les orgas, notamment les petites orgas, c'est catastrophique. Alors vous allez me dire, ils paient leurs dossards, donc c'est moins catastrophique. Mais en tout cas, ça ne participe pas, à mon avis, au bon fonctionnement du sport. Et je constate de plus en plus de gens qui font ça, qui s'inscrivent à plein de courses et qui choisissent un petit peu au dernier moment en laissant les dossards. Alors, grand bien leur en face, ils ont l'argent pour pouvoir le faire. Mais je trouve que ce n'est pas bien. Et je pense que ça ne participe pas à l'essor, à une pratique saine de notre discipline. Olive ?
- Speaker #0
Oui, mais effectivement, comment faire ? Ce n'est pas évident. Même si tu fais des catégories, il faut que ce soit des jours différents. Parce que sinon, si c'est le même jour, c'est comme des sas. Les sas existent déjà, les sas de départ. Donc finalement, je ne sais pas si c'est une vraie solution. C'était dans la vidéo, je crois. Comment il s'appelle ? Celui qui faisait parler du off, là. qui disait que... Loïc, voilà, c'est ça. Désolé Loïc. Qui disait que c'est la Western où il y a un autre système de tirage au sort.
- Speaker #1
0,01% de chance pour moi et l'année prochaine ce sera 0,02% de chance.
- Speaker #0
Voilà, mais je ne sais pas ce qui va apporter le plus de frustration au final. Je ne sais pas. Ce n'est pas Euh... évident parce que c'est bien de garder des jauges aussi, bon déjà de toute manière pour la sécurité et puis pour la montagne enfin les endroits un peu plus sensibles, c'est bien que il n'y ait pas un nombre impini de gens qui arrivent parce que malgré tout...
- Speaker #1
Moi j'ai une proposition à vous faire qui m'est venue là comme un pourquoi les organes ne font pas des slots réservés aux locaux ?
- Speaker #0
La MCC le fait, mais ça a été mis à mal l'année passée avec les influenceurs qui ont pris d'assaut les choses.
- Speaker #1
Olive, j'ai couru la MCC l'année dernière.
- Speaker #0
Non, ce n'était pas l'année dernière. Ah non, on l'a fait ensemble. On est partis ensemble.
- Speaker #1
Toi aussi tu es l'influenceur, Olive.
- Speaker #0
Effectivement, je n'ai pas payé mon dossard. Ce n'était pas l'influenceur, c'était presse.
- Speaker #1
non mais vraie question si les petites orgues avaient particulièrement réservé des dossards aux locaux ça réglerait plein de problèmes les locaux veulent courir c'est pas forcément toujours le cas d'accord mais ça supprimerait quand même le problème de l'impact carbone des courses en partie si disons imaginons que demain une course décide de réserver un quart des dossards officiellement pour les femmes ça c'est réglé un autre quart pour les locaux et puis la dernière moitié pour les gens qui viennent de l'extérieur ça serait pas une bonne solution ça ? moi je pense que ça serait bien pas certain mais bon essayer en même temps il faut essayer blague à part c'est un sujet très complexe qui c'est qui voulait intervenir ?
- Speaker #2
Nico à toi moi j'ai une autre idée c'est que sur un Pour un même événement, on met deux dates dans l'année. Ça multiplie la jauge par deux. Moi, je ne connaissais pas le principe de ce que t'as dit, Anaïs, sur des courses sans classement, sans chrono. Mais pourquoi pas ? On revient à un modèle qui revient un peu aux racines.
- Speaker #1
Julien n'est pas d'accord. Une course sans classement, sans chrono, il ne veut pas. T'empêches pas de faire le premier à la fin.
- Speaker #3
Il agit, non ? Oui.
- Speaker #1
Je vais avoir ma montre. Je parle de ta part. Chacun aura sa montre.
- Speaker #3
Parce que mes parents sont dans un petit club et ils organisent depuis quelques années une course en relais, en plus, qui était chronométrée, etc. Et là, pour cette année, ils sont en train de se poser la question parce que c'est très complexe avec le PPS, les... les assurances, le chronométrage, etc. Il se pose la question de est-ce qu'on continue cette course mais en fait sans chronométrage, donc sans PPS, sans entre guillemets toutes ces contraintes, garder quand même le même format en relais, etc. Et donc l'autre jour, mon père nous posait la question et moi j'ai eu un petit peu la même réaction que Julien, de lui dire mais dans ce cas-là, on n'appelle plus ça une course, c'est plus une compétition. S'il n'y a pas de... classement. Il y a une farandole. Pour moi, ce n'est plus une compétition.
- Speaker #1
La farandole de la queue du Bourget.
- Speaker #2
Tu peux avoir un classement, mais pas de chrono. Chacun pour un ex à un autre. Et puis sinon, je pense qu'une difficulté aussi, quand même, même si la massification fait que ça touche toutes les courses, il y a quand même le désir pour beaucoup de courir les événements qui rassemblent le plus de monde. Donc ça fait un effet entonnoir. on veut tous courir les mêmes courses parce que c'est celles qui ont le plus de réputation et où tout le monde veut s'inscrire donc à un moment donné ça devient compliqué et puis généralise là mon cher Nico non mais après quand même je pense qu'il y a énormément de coureurs de trailer qui ont envie de faire une des courses de l'UTMB une fois et qui s'y prennent plusieurs années à l'avance et puis euh... Et puis sur le fait de devoir s'y prendre un an à l'avance, je pense que ça ne touche pas pareil pour des gens qui ont choisi de faire des formats ultra que des gens qui font des formats courts. Parce que quand on fait des formats ultra et qu'on se donne deux objectifs dans l'année, de toute façon, il faut prévoir que les deux événements soient à distance raisonnable. Donc on regarde, il faut prévoir à l'avance en termes de préparation, donc il faut anticiper. et donc ça demande de se projeter longtemps à l'avance. Par contre, quand on aime bien faire des formats plus courts, où il n'y a pas besoin de se projeter autant en avance, c'est vrai que ça peut être pénible et coûter de l'énergie mentale de devoir se projeter sur des formats 20 ou 30 bornes, ou même 40 bornes, plus de 6 mois à l'avance.
- Speaker #4
c'est un peu périmique Romain je crois que tu veux intervenir ouais vu qu'on parlait de l'UTMB je pense qu'il y a un autre facteur aussi qui frustre les gens sur l'UTMB plus précisément sur ce groupe là c'est qu'en fait on va aller dire à des gens qui ont fait 4 courses qui ont récolté des running stones qui ont dépensé quand même pas mal d'argent parce que c'est quand même un gros budget et on va leur dire au final t'as fait tout ça pour rien et tu vas pas être pris et j'ai vu dans beaucoup de commentaires de gens ça revenait très très souvent Merci. Il y a aussi cet aspect-là qui n'est pas négligeable, c'est l'investissement aussi bien en temps qu'en argent.
- Speaker #1
Moi j'ai une solution, j'ai encore une solution, parce que c'est vous en critique mais on ne donne pas de solution. A 10 Rolling Stones, vous avez la place garantie.
- Speaker #4
Oui, pourquoi pas.
- Speaker #1
Ou 15, allez. Au début, à 20 Rolling Stones, tu es pris, après tu es à 15, après tu es à 10, comme ça tu fais un roulement, après j'ai dit ça comme ça au hasard. effectivement, je partage assez l'idée. Tu peux pas demander à des gens de faire des UTMB World Series dans tous les sens, dépenser de l'argent pour aller sur la course, pour aller sur l'événement, s'inscrire à des événements qui sont chers et tout, et puis avoir 20 Rolling Stones et pas être pris. Pour moi, c'est pas possible, en fait. On touche du doigt la limite du système et je comprends, moi, qui en ai 9 aujourd'hui, je comprends comprends que quelqu'un qui a 15 ou 20 running stone et qui sont pas pris c'est pas possible c'est juste pas possible je trouve ça pas normal voilà donc moi je milite pour une sélection sur les courses de l'utmb world series final à partir de aller je suis gentil 15 voilà et
- Speaker #4
on va faire une pétition après la barrière tu la mets voilà c'est un curseur à placer mais je suis d'accord et après juste un dernier point aussi je crois que le sujet aussi c'était ça parlait des circuits Vous n'avez pas du tout abordé le sujet des circuits.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #4
Aujourd'hui, il y a une multitude de circuits. Il y en a beaucoup. Je pense que les gens s'y perdent. Franchement,
- Speaker #1
je vais te mettre très à l'aise. Les circuits, à mon avis, je ne vais pas dire des bêtises, mais les gens s'en foutent. Ligue majeure, majeure ultra, ligue ultra, ils ne savent pas ce que c'est. Et 95% des gens n'ont jamais entendu parler. Je ne pense pas que ce soit un sujet. Je ne pense pas. Je peux me tromper.
- Speaker #4
C'est un intérêt que pour les élites, en fait.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #4
Oui, mais qu'on crée un circuit élite à part entière, mais voilà, basta. Après, le reste...
- Speaker #1
Tu en as un, le circuit élite. Tu gagnes des courses et tu vas à Tahiti. C'est un circuit élite, ça. Non, mais il y en a plein, les circuits élites. Il y a le World Trade Major, la Ligue Ultra. Mais ce n'est pas, comme disait Nico, ce n'est pas des circuits qui intéressent les gens du milieu de peloton. Ils n'en ont rien à cogner. Il ne faut pas se mentir. Et ils ont raison, en plus. Allez, on va passer au sujet suivant. Le business du travail. Claire,
- Speaker #2
je vais parler très longtemps. C'est vrai ? J'ai hâte d'entendre.
- Speaker #1
C'est vrai, Claire ?
- Speaker #5
La pauvre. La pauvre, ça fait 10 minutes qu'elle a...
- Speaker #1
Elle a une mauvaise qualité d'image, du coup, je n'arrivais pas à voir sa main. Vas-y, dis. Parle, dis-nous, Claire. Désolé.
- Speaker #6
Merci. Merci, les copains. Norme, pour réagir à des choses qui ont été dites.
- Speaker #1
si c'est pour ça c'est pas la peine allez on passe au suivi
- Speaker #6
Non, mais justement, je pense qu'il y a des choses importantes qui ont été soulevées, notamment le fait que la pénurie, c'est en partie quand même nous qui la créons. Enfin, je m'acclus dedans parce que je pense qu'on est un petit peu tous pareils à ce niveau-là.
- Speaker #1
T'achètes des dossards sur lesquels tu ne vas pas, toi ? Tu ne fais pas ça ?
- Speaker #6
Non, je ne les avais faits, mais dans le sens de se précipiter aussi sur les inscriptions. Tu sais comment ça s'appelle ?
- Speaker #1
Ça s'appelle le FOMO.
- Speaker #6
Le faux mot, oui, la peur de manquer en français.
- Speaker #1
Fear of missing out, le faux mot.
- Speaker #6
Exactement. Et qu'on retrouve dans énormément de domaines, en fait. Qu'on retrouve dans, en fait, c'est l'offre et la demande, quoi. C'est l'offre et la demande. Il n'y a plus de sens.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #6
Je lis dans mes pensées. Mais donc, du coup, clairement, je pense que ça pose un questionnement. Enfin, c'est vraiment individuel, un questionnement qu'il faudrait avoir individuellement. parce que voilà, on a beaucoup de choses à faire. on contribue tous à alimenter ça et du coup derrière justement par rapport notamment les courses les plus prestigieuses qui font envie etc on peut aussi se questionner pourquoi finalement elles nous font envie parce que les voir partout voir des belles images etc oui ça fait envie mais est-ce pareil est-ce qu'on est obligé de suivre le mouvement il faut un canapé confortable il faut un canapé confortable pour passer du temps dans le mouvement pas débattre de tout ça maintenant, mais je pense que ça fait partie des questions qu'il faut soulever et que ce n'est pas juste le problème du système. En fait, c'est que encore une fois, on a créé ça. Mais tout comme on peut ne pas cautionner le système UTMB et finalement choisir de course, on peut aussi choisir des courses plus confidentielles parce qu'il en reste encore où ça reste possible de s'inscrire pas forcément au premier jour. Je pense que ça peut poser ses questions. Et puis après, est-ce qu'il n'y a pas aussi les organisations, finalement, qui, indirectement, ont créé aussi cet engouement autour de leurs événements ? Parce que quand on fait des teasers à fond, des mois avant, en disant J-X pour dire les inscriptions vont bientôt se lancer, etc., je pense que ça contribue encore une fois à l'innovation.
- Speaker #1
Avant, ils avaient du mal à remplir, maintenant, ce n'est plus le cas.
- Speaker #6
Voilà, c'est ça. Mais du coup, le juste milieu, il est toujours difficile à trouver. Mais je pense que, en tout cas, ça fait partie, sans doute, toutes les choses qui ont contribué à ça.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Un coach en programmation de trail.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Un coach plein air. Un coach plein air, il disait Régis. Moi, je tenais juste pour clôturer ce sujet-là, à dire qu'effectivement, c'est un truc que tu as dit clair à l'instant, on n'est obligé de rien, n'est-ce pas ? Donc, si vous cautionnez pas un système, vous n'allez pas financer ce système. Je dis ça, je dis rien. Allez, on passe au sujet suivant, le business du travail. Justement, c'est un peu en lien d'ailleurs. Business du travail, on va essayer de ne pas passer trop de temps là-dessus parce que ça regroupe un petit peu tous les éléments qu'on a dit juste avant. Mon point de vue, il est assez clair et net. C'est une explosion de la discipline, une explosion des propositions. On ne va pas se mentir, moi je vis aujourd'hui en tant que... coach professionnel de ce business là donc je serais bien mal placé pour donner des leçons à qui que ce soit puisque c'est le trail qui me fait vivre aujourd'hui particulièrement mais voilà je trouve qu'aujourd'hui on a beaucoup d'événements beaucoup de chalets de villages avec des marques tout azimuts etc avant je pense qu'on avait des marques qui étaient très euh euh estampillé trail où on y voyait assez clair mine de rien et puis aujourd'hui quand on va sur dans des salons etc on a des marques de partout c'est assez impressionnant je trouve que ça s'est vraiment diversifié et que ce soit d'un point de vue des sociétés qui viennent aussi beaucoup d'Asie aujourd'hui notamment pour le textile et tout on a de plus en plus de sollicitations au niveau des marques bien ou pas bien, ça je n'ai pas réellement d'avis en tout cas c'est le business qui veut ça je ne sais pas qui veut réagir sur ce sujet on va essayer de ne pas y passer trop de temps non plus allez Nico business du travail, qu'est-ce que tu as apporté comme pierre à l'édifice ?
- Speaker #2
moi je ne suis pas un gros consommateur mais par contre tu évoquais le fait que toi tu étais coach sur... Je pense qu'il y a aussi un modèle qui est arrivé avec le trail, c'est l'individualisation du coaching aussi. C'est-à-dire que quand on faisait de l'athlétisme, on s'inscrivait dans un club, on allait toutes les semaines rejoindre les copains du club pour s'entraîner. Aujourd'hui, il y a un des modèles du business de l'autre aide qui est le coaching individuel, qui n'existe pas dans beaucoup de sports en fait. Je ne sais pas si c'est bien ou si c'est mal. Je n'ai pas dit dans beaucoup de sports. Et puis, après, c'est aussi parce que c'est une pratique individuelle dans un monde qui est de plus en plus individuel. Voilà, ça fait partie de… Et puis, après, je pense que si le business autour des techniques, matériel, puis des courses dont on a parlé avant se développe, c'est parce qu'il y a un marché qui s'ouvre. Et je ne sais pas comment le trade peut y échapper. À partir du moment où il y a de plus en plus de gens qui pratiquent, Allez. les marques, elles ont envie de leur vendre des trucs, les courses, elles auront envie de faire de la pub pour que les gens viennent faire leurs courses et que les vendeurs de chaussures et de textiles achètent leur matériel pour faire ces courses-là. On vit dans un monde comme ça et je ne vois pas comment le trade y échapperait.
- Speaker #1
Olive, toi qui es aussi un de ceux qui vivent, il me semble bien, de ce...
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
C'est sport outdoor, on essaye. Ton avis là-dessus, sur le business ? Toi, comment tu vis le business du trail aujourd'hui ?
- Speaker #0
Effectivement, pareil que toi, mais de mon côté, je suis très content qu'il y ait de plus en plus de trails, de plus en plus de marques, de plus en plus d'événements, de plus en plus d'intervenants, parce que ça multiplie les possibilités pour moi de travailler.
- Speaker #1
Tu es photographe, on le rappelle. Tu es intervenu dans un épisode.
- Speaker #0
C'est grave. Je fais... particulièrement pour les organisateurs d'événements, de trails et autres. Je suis content qu'il y ait de plus en plus de marques. Le fait qu'il y ait de plus en plus de marques apporte aussi une diversité de choses. Des fois, elle est discutable, c'est vrai. Il y a des choses où... Voilà. Et puis après, il y a le problème, moi, je trouve, des prix qui deviennent complètement délirants. alors que justement quelque part ça devrait se démocratiser puisque puisqu'il ya de plus en plus de monde.
- Speaker #1
Théoriquement la concurrence est faite pour faire...
- Speaker #0
En théorie ouais après voilà je sais pas c'est pas encore vraiment le cas bon il y a de nouvelles technologies soit disant etc il y a beaucoup de marketing donc il faut payer le marketing c'est sûr mais ouais donc c'est bien en même temps qui est de plus en plus... De choses, il faut voir, forcément, tant qu'il y a des gens, comme disait Coluche, je ne vais pas dire la même chose que Coluche, mais tant qu'il y a des gens qui les achètent, il y a des gens qui font les ventres, c'est sûr. Donc voilà, c'est un peu ça. Mais effectivement, il y a une grosse explosion de marques et d'intervenants comme toi. qui sont là dans le milieu du trail. Et effectivement, il y a des marques par contre aussi, quelques grosses marques de chaussures, enfin entre autres de chaussures, qui font par contre quand même entre 70 et 80 % de leurs ventes avec du streetwear qui est dérivé du trail. Donc il y a un peu de la fashion qui est dérivée des chaussures de trail, pour ne pas citer deux ou trois marques qui le font. qui font à peu près 80% de leurs ventes de chaussures avec des collaborations avec des artistes etc une marque française qui commence par ça et qui finit par mon par exemple ou des
- Speaker #1
chaussures de trail qui sont au pied de jeunes qui n'ont jamais vu un gravier de leur vie c'est assez rigolo c'est assez succulent Romain à toi
- Speaker #4
Moi je voudrais revenir aussi sur l'offre. Effectivement le business du trail est énorme. Si on compare à d'autres sports, je trouve que c'est très vaste. On a des applications, on a du coaching, on a de l'équipement, on a des voyages. Aujourd'hui il y a plein de boîtes qui proposent des voyages de trail, des stages de trail, qui vous proposent de faire plein de choses. Donc c'est super large et moi je trouve qu'on en profite quand même pas mal en tant qu'amateur et fan. Je trouve que c'est un bon point. Après au niveau des prix, effectivement c'est cher mais on a aussi quand même une marque, un groupe français qui fait quand même du super matos pour pas très cher, c'est des 4. Aujourd'hui ils ont vraiment une gamme qui est top moi je trouve et qui permet à tout le monde de super bien s'équiper pour pas très cher. Et puis ça aussi encore une fois preuve que le business du trail a énormément évolué et augmenté. C'est à dire qu'à 10 ans chez les piathelons le rayon trail il n'existait pas. Aujourd'hui le rayon trail il est énorme, enfin il est quasiment aussi gros que le rayon running selon où vous vous trouvez. Moi je trouve que c'est vraiment une bonne chose que, enfin oui il y a du business mais comme Vous avez dit tout à l'heure, dès qu'il y a du monde, dès qu'il y a un attrait, forcément. Mais bon, je trouve qu'on en profite et je ne vois pas vraiment de côté négatif à ça pour l'instant. À part si on part sur des... on va dire, tout ce qui va être environnemental, écologie. Là, effectivement, il va y avoir à redire, mais là, pareil, on va repasser trois heures, mais sinon...
- Speaker #1
Justement, ça tombe bien, en préparation, j'ai un épisode sur le travail écologie. Je ne vais pas vous donner de date de sortie, mais c'est en préparation. Hyper intéressant. un point positif ça c'est cool voilà ça c'est bien Julien allez contrebalance moi tout ça s'il te plaît vas-y allez l'heure à l'heure allez l'heure à l'heure vas-y en plus je te jure
- Speaker #5
je suis d'accord il y a plus de monde donc forcément il y a du business mais ça c'est comme n'importe quelle entreprise capitaliste c'est évident maintenant moi ce qui me saoule c'est quand tu achètes une paire de pompes et que tu fais 100 bornes avec et que tu as un trou tu peux passer l'orteil dedans tu n'as pas les bonnes paires il faut changer de marque je n'aime pas de marque je pense qu'à un moment donné j'ai l'impression qu'il y a eu quand même une surenchère de Il faut sortir de la nouveauté tous les trois mois.
- Speaker #1
Ah oui, ça c'est clair.
- Speaker #5
En fait, ça va juste changer de couleur, si tu regardes bien. Il y a une petite épaisseur au talon un peu plus grande, donc l'avant comme la meilleure. Je ne suis pas un gros consommateur, mais quand je mets plus de 100 balles, je veux un truc qui tienne. Et effectivement, des fois, je ne me retourne plus comme Romain. vers D4 finalement, parce qu'ils ont un R&D qui est meilleur que certaines grosses boîtes en fait. Ils sont un peu plus à l'écoute que certaines grosses boîtes. Et tout n'est pas parfait. Après, sur le coaching par contre, et je me mets à la place des gens qui n'ont pas un passif de sportif, qui arrivent là aujourd'hui, qui veulent se lancer, je pense que tu ne sais pas où donner de la tête au niveau du matériel, ni au niveau du coaching. Tu ne sais pas qui écouter, tu ne sais pas pas où partir, est-ce que je vais dans un club d'athlètes à côté de chez moi, est-ce que je prends quelqu'un en indiv et moi ça a été mon problème au début à un moment donné je me suis dit il faut quand même que je me structure un peu et où je vais le club d'athlètes, il n'y a pas vraiment de section trail, normal donc voilà tu te retournes sur du coaching individuel mais après il faut le choisir c'est pas simple aussi d'accord C'était cool.
- Speaker #2
Oui, je... C'est intéressant ce que dit Julien sur les chaussures qui sont trouvées au bout de trois sorties. Mais je pense aussi que c'est…
- Speaker #1
Il veut aller trop vite aussi Julien, c'est pour ça. C'est ça,
- Speaker #2
après je ne sais pas ce que c'est acheté comme chaussure, je ne veux pas savoir. Mais on a quand même aussi, comme dans plein d'autres sports, des amateurs de milieu de peloton ou de fin de peloton qui ont envie de s'acheter… Le dernier modèle Elite est fait pour être très léger et il n'est pas fait pour durer super longtemps. Il est fait pour être efficace, pour être respirant.
- Speaker #1
Tu es en train de nous dire que des chaussures avec pack carbone pour d'ultra, ce n'est pas une bonne idée quand on passe 120 km ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si elle est pack carbone. Et si on veut une chaussure qui, notamment au niveau du mesh, que c'est souvent ce qui est lâché en premier, effectivement, qui dure longtemps, qui a les protections, ça va augmenter en quoi ? Ça sera moins respirant. Et ça ne ressemblera pas à la chaussure de casquette verte ou de kilian ou de ludo. On préfère avoir la même chaussure que ludo, kilian ou casquette verte.
- Speaker #1
Ouais, encore un sujet vaste et intéressant. Allez, on passe au dernier sujet qui est les élites et la performance en trail. Je voulais bien parler de ça. Alors, je ne sais pas sous quel... Quel angle l'aborder ? Je vais te laisser parler Romain, sujet des élites et de la performance en travail. Quand j'ai présenté le thème, c'est quoi qui te vient en premier ?
- Speaker #4
Alors moi j'ai deux aspects. Il y a le fait qu'aujourd'hui, je trouve que c'est presque un des seuls sports où tu as des élites qui deviennent influenceurs et qui doivent communiquer, qui sont obligés de communiquer pour pouvoir exister en tant qu'élite justement. Ça, ça me gêne un peu. Il y a plein d'autres sports où les athlètes sont focus sur leur vie d'athlète, pas sur leur vie de communicant sur Insta ou autre. Ou alors s'ils le font, c'est à la marge parce qu'ils ont envie de le faire. Après,
- Speaker #1
tu as plein de sports qui ne sont pas forcément majeurs. On l'a vu avec les JO d'un armement, où il y a des gens qui ont du mal aussi à vivre de leur sport et qui sont obligés d'activer ces levées-là.
- Speaker #4
Et ça justement, c'était le deuxième aspect, c'est sur les gains en fait. On parle d'élite, mais aujourd'hui les élites, il n'y en a quasiment aucun qui vit de ce sport. Et on parlait juste avant du business, ça génère beaucoup d'argent, mais aujourd'hui l'argent est très très mal redistribué j'ai l'impression. Il y a quand même énormément d'argent qui circule dans le trade aujourd'hui, ce n'est pas normal qu'il y ait 10 mecs en Europe qui vivent du trade, qui puissent vraiment en vivre, je parle de là, nourrir sa famille, pouvoir avoir une perspective d'évolution et pas se dire juste... ok je paye mon loyer et puis après je m'en fais des pattes mais je suis content, j'ai un sponsor et moi pour le coup j'ai un ami à moi qui fait des super pertes quand même, il a fait 4ème au ventre l'année dernière il fait 30 je crois à l'UTMB cette année et c'est pas son job et il galère et il arrive pas à trouver de contrat et tu te dis parce qu'il est pas communicant il aime pas ça, c'est pas son truc et tu te dis quand même je sais pas s'il y a beaucoup de sports comme ça ou sur la course le phare du... Du sport, le mec qui finit 30e, il n'a pas de sponsor, il n'en vit pas.
- Speaker #1
Après, quand tu regardes encore une fois les sports que tu as au JO notamment, tu as quand même une belle proportion de sportifs de très haut niveau, au niveau international, qui n'arrivent pas à vivre de leur sport. Je suis d'accord,
- Speaker #4
mais il n'y a pas autant de pratiquants, il n'y a pas autant de moyens autour. Si on parle du kayak, de l'aviron, il y a plein de sports. Ou le décathlon, moi j'adore ça. Mais il n'y a pas de pratiquants, il n'y a pas de moyens, il n'y a rien autour. alors que dans le trail, il y a quand même de l'argent aujourd'hui qui circule. Donc cet argent, il devrait quand même être mieux redistribué vers les athlètes. C'est quand même eux qui perdent le sport. Ce sont les ambassadeurs, les tendards.
- Speaker #1
Petite anecdote sur le Semi de Paris sur lequel je suis allé récemment. Ne faites surtout pas le calcul de ce que ça rapporte, le Semi de Paris. Les vainqueurs du Semi de Paris gagnent 10 000 euros, je crois. Donc là, en termes de redistribution, là, on peut dire qu'on est proche du néant. Là, c'est absolument incroyable. Donc, ça ne se limite pas qu'au travail. Je peux vous le dire de suite. Nico ?
- Speaker #2
C'est intéressant parce qu'effectivement, il y a des marques qui ont des teams, même s'il y a de plus en plus de marques, il n'y en a pas non plus. Ça fait un nombre d'athlètes qui est assez réduit, l'ensemble des marques et des teams qu'il y a derrière. Et peut-être ce qui manque, et ça rejoint une des choses qu'on a dit dans le premier sujet, c'est une organisation fédérale.
- Speaker #0
D'abord une fédé du trail qui organise l'évolution des élites et la structuration des élites. Et qui pourrait avoir, comme dans d'autres sports, des accords avec l'armée, la police, l'administration, pour que les élites puissent avoir des parcours qui leur permettent de vivre leur carrière d'élite dans des conditions financières acceptables. Moi je pense... Comme il n'y a pas de fédération, ce n'est pas structuré.
- Speaker #1
Il y a une fédération. La FFA fait quand même, entre guillemets, en ce qui concerne les compétitions internationales, fait ce qu'il faut pour faire des regroupements. C'est clair qu'au niveau moyen, ce n'est pas terrible. Mais la grosse problématique, à mon avis, à laquelle on est confronté, nous, dans ce sport-là, c'est que la... L'importance pour les élites, notamment des circuits privés, et notamment l'importance du circuit UTME particulièrement, est telle que c'est en complète contradiction avec une organisation structurée, fédérale, etc., et que ça vient en opposition. On ne peut pas à la fois être hyper performant sur l'événement majeur, sur le circuit majeur de la discipline, à la fois être performant sur... sur des événements internationaux ou fédéraux. Donc, à un moment donné, on va être obligé de choisir entre l'un ou l'autre. On ne peut pas faire les deux dans la même année. Moi, c'est un peu ma vision. Je pense que structurer une discipline qui est en complet paradoxe fédéral et sur un circuit privé, c'est quasiment impossible à faire. Donc, tu ne peux pas structurer ça. Tu vois ce que je veux dire ? C'est ma vision.
- Speaker #0
Mais ça limite encore plus le nombre de personnes qui peuvent en vivre, en fait. La structuration fédérale permet d'organiser une assurance financière pour des élites à une échelle plus grande qu'aujourd'hui, en tout cas, que peut faire l'ensemble des marques.
- Speaker #1
Encore une fois, il y a un nombre...
- Speaker #0
Et la FFA, elle a inclus le trail. mais c'est en plus de ce qu'elle fait à côté donc à un moment donné c'est compliqué aussi
- Speaker #1
Après je pense qu'il y a des exemples innombrables de sportifs qui dépendent de la FFA et qui sont pas dans le travail et qui ont des niveaux internationaux et qui ont du mal aussi à vivre de leur sport c'est une técotraille je pense pas que ce soit qu'un problème de FED de considération du travail dans la FED c'est un problème à mon avis beaucoup plus global de la place dans le sport dans notre pays Oui. des moyens qu'on met, des moyens qu'on a aussi, pas sur quelque chose de politique, mais c'est quand même complexe. Et je pense aussi qu'on est dans un espèce de système à mi-chemin entre du privé avec des circuits très puissants, un en particulier, et la FED qui là-dedans essaie de ne pas se noyer, de se surnager, d'essayer de vendre des championnats nationaux et internationaux et qui ont du mal à trouver leur place. Ça c'est ma lecture maintenant. On peut toujours évoluer, mais tant que ce sera comme ça et qu'il n'y aura pas d'accord particulier entre les circuits privés et la FEDE, on sera entre deux, je pense. Romain, je te passe la parole juste après. On n'a pas entendu parler à Anaïs qui voulait partager son point de vue sur le sujet des élites et de la performance en travail. Ça t'a inspiré quoi, toi, ce thème ?
- Speaker #2
C'est pas évident et je vous rejoins un petit peu dans tout ce que vous venez de dire. Mais déjà, en fait, qu'est-ce qu'est un élite dans le trail ?
- Speaker #1
Ça, c'est très bien défini.
- Speaker #2
À partir de quand ? Par les traits. Ouais, ouais, ouais. Mais après, moi, je fais une grosse différence entre un élite et un sportif professionnel. Et en fait, là, il y en a très peu. Dans le trail, il y en a très, très peu. Donc, après, oui, les élites peuvent avoir accès à certains dossards, certaines courses sous certaines conditions. Mais sinon, on est un peu logé à la même ancienne que tout le monde. Et moi, je trouve ça très bien. Enfin, je dis « on » parce que du coup, je suis dans la catégorie élite de par mon index ITRA, même si je ne me considère absolument pas comme élite parce que j'ai une vie comme vous tous. Elite,
- Speaker #1
c'est un niveau de performance. Ce n'est pas un mode de vie. Professionnel, c'est un mode de vie. Elite, c'est un niveau de performance. Donc, tu as un niveau de performance elite. Moi aussi, ce thème, il me parlait bien. Je n'avais pas fait de petits éléments introductifs. Encore une fois, ça revient un petit peu sur ce qu'on disait sur les médias et la communication tout à l'heure aussi. C'est que j'ai la sensation, encore une fois, que... les niveaux de performance aujourd'hui, notamment des élites et des pros, est un peu noyé dans une espèce de gloubiboulga d'influence, de machin, de truc. Et toi, tu ne ressens pas ça aujourd'hui, Anaïs, en tant qu'élite, de se dire qu'on n'a plus réellement conscience de ce qu'est une bonne performance, de ce qui n'en est pas une, etc. C'est quoi ton positionnement là-dessus ?
- Speaker #2
Si, clairement, et ça va aussi avec toute la massification. En fait, il y a énormément de coureurs et de trailers maintenant, mais qui ne s'intéressent même pas forcément à l'élite, en l'occurrence, et à qui a gagné la course. Ça n'intéresse pas forcément tout le monde. Et c'est vrai que ça rejoint vraiment le thème de tout à l'heure, ou maintenant, notamment sur les réseaux. Quand une course se termine, oui, on va voir l'influenceur A, l'influenceur B qui a fini la course, etc. Et qui a gagné la course, ça, on va tout peine le retrouver. Qui a fait telle performance, ça va passer un peu à la trappe au milieu de toutes ces publications sur les influenceurs, etc. Je pense que oui, ça cache vraiment. La performance sur certaines courses, oui.
- Speaker #1
Romain, ton point de vue ?
- Speaker #3
Justement, je voulais aussi rebondir sur, vu que le thème du podcast, c'est ce que le trail a changé, du côté élite et performance, je trouve que ça a beaucoup changé, justement. Il y a dix ans, j'ai l'impression qu'un amateur qui s'entraînait quand même beaucoup, il pouvait aller flirter avec les élites, justement, de cette époque-là. Aujourd'hui, en termes de matériel, en termes de staff, d'organisation, de tout ce qu'il fait autour, Sauf que là... pour le coup on a vraiment évolué et aujourd'hui c'est quasiment impensable de voir une grosse course qui va être emportée par un mec qui n'est pas élite ou en tout cas qui n'a pas autour de lui on va dire le staff qui va bien la nutrition qui va bien et l'accompagnement et qu'on ne me dise pas Vincent Bouillard parce que Vincent Bouillard c'est pas un amateur et ça dans ce sens là je trouve qu'on s'est rapproché un peu du vélo ou même de la course sur route où aujourd'hui on a vraiment des vraies élites qui ont là. qui ont cette culture du perfectionnement et qui ont tout ce qui va autour et tout l'encadrement qui va bien pour performer. Et en ce sens, je trouve qu'il y a un écart qui est créé entre les top edits, les tops à tête et le reste du peloton.
- Speaker #1
Donc le haut niveau s'est densifié ?
- Speaker #3
Oui, je pense qu'il s'est densifié et professionnalisé. Aujourd'hui, il y a vraiment un... Peut-être que je me trompe, mais pour le coup, Nicolas pourra peut-être en parler un peu mieux que moi, parce que moi, ça fait que 10 ans que je suis ça, mais je ne pense pas qu'il y a 20 ans, je pense que ceux qui allaient gagner l'UTMB ou des grandes courses, je ne suis pas sûr qu'ils avaient l'hygiène de vie et le STAP et tout ce qui allait autour.
- Speaker #0
Il y avait quand même des sportifs de haut niveau d'autres sports, en fait. Il y avait des fondeurs, des skieurs de fond qui se sont mis au trail. parce qu'ils couraient dans la nature de toute façon pour leur entraînement l'été donc les premières courses, tu avais pas mal de fondeurs donc ils avaient la caisse et ils étaient entraînés mais par contre et puis les montagnards, les alpénistes les guides, Vincent Delbarre il était guide haute montagne donc c'est des gens qui avaient une pratique sportive pas forcément de compétition par contre ce que tu dis Romain est aussi en contradiction avec ce qu'on a dit au tout début sur le fait que que c'est dur d'être professionnel en fait dans le trail, c'est dur d'en vivre et à la fois en même temps ceux qui arrivent à en vivre font monter le niveau parce qu'ils ont les moyens de s'entraîner beaucoup et donc je pense que ça crée aussi de la tension chez ceux qui sont élites mais pas pros pour garder le niveau moi je ne le suis pas du tout en ce cas là mais ça ne doit pas être facile parce que t'as ceux qui sont professionnels qui eux ont les moyens de s'entraîner et qui font augmenter les paires Merci. Et pour pouvoir être à leur niveau, émerger et éventuellement être professionnel, j'imagine que ça ne doit pas être simple.
- Speaker #1
Donc c'est plutôt positif de votre point de vue tout ça, dans le sens où on est en train d'aller vers de la vraie professionnalisation, de l'amélioration des performances des athlètes, des sportifs de très haut niveau, donc ça c'est plutôt cool. Moi je voudrais juste dire aussi, et on va arriver gentiment à la fin de notre échange, mais je voudrais juste dire que comparaison n'est pas raison. C'est important aussi de ne pas tout mettre sur le même point de réflexion, de ne pas tout aligner. Il faut savoir différencier les niveaux de performance, il faut savoir l'histoire d'où on vient, comment a été construit notre sport pour avoir des bases solides, un ADN solide et pour faire en sorte que notre sport se développe correctement. Je prends toujours l'exemple des fondations de la maison. Si on a des fondations dégueulasses sur une maison, ça ne montera pas bien haut, ça ne restera pas bien longtemps debout. C'est un peu ce que je ressens aujourd'hui dans le trail. C'est-à-dire que si on ne sait pas réellement quelles sont nos fondations et quels sont vraiment les piliers de notre discipline, ça pourra en faire rire certains sur ma fixation, sur la définition du trail. Mais je pense qu'au fur et à mesure des années, on va de plus en plus s'en rendre compte. Je ne dis pas que j'ai raison avant les ors, mais je pense quand même. Je pense que c'est bien aussi d'avoir ce type d'échange pour prendre un petit peu de recul sur notre discipline. Et souvent, on donne un peu des définitions où justement on n'en donne pas. Et c'est un peu notre défaut aujourd'hui dans notre monde actuel, je pense. J'espère qu'en tout cas, ça n'a pas été trop négatif, trop rébarbatif. J'espère que ce format d'échange vous a plu. Maintenant, ce que je vais faire, c'est que je vais laisser la parole individuellement à chacun d'entre vous pour que vous me disiez en quelques mots, est-ce que le trail a changé ? Anaïs, le trail a changé ou pas ? Non, je répète, le trail a-t-il changé ? Le trail a évolué.
- Speaker #2
Il a évolué positivement, je trouve.
- Speaker #1
Il a évolué positivement. Claire, le trail, as-tu changé le trail ?
- Speaker #0
C'est dur de résumer, en fait. Oui, mais...
- Speaker #1
Tu n'es pas obligée de dire oui ou non, tu peux donner une phrase de conclusion. Non,
- Speaker #2
je suis quelqu'un de plutôt nuancé, mais je trouve le mot d'analyse, évolution, bien trouvé, parce qu'en fait, ce n'est pas forcément des changements radicaux. Il y a de l'écoute,
- Speaker #3
nécessairement.
- Speaker #1
Très bien. David, ton mot de conclusion ?
- Speaker #4
Ce serait aussi que le trail, c'est fait sa place. Il a montré qu'il était présent maintenant et chacun y trouve son compte, tout simplement. On va y trouver son compte, on va le faire différemment, potentiellement à certains moments, mais il s'est imposé.
- Speaker #5
Romain ?
- Speaker #3
Oui, pareil. Je pense qu'il a changé, il a vraiment évolué. Après, on parlait d'esprit trail, je pense qu'aujourd'hui, il n'y a pas qu'un seul esprit trail. Il y a beaucoup de gens qui le pratiquent et il y a plusieurs esprits trails. Je trouve ça bien,
- Speaker #0
ça se démocratise à chacun à choisir l'esprit qui lui correspond et ce qu'il a envie d'en faire. Je trouve ça bien. Nico ? Je pense que c'est les trailers qui ont changé.
- Speaker #1
Excellent !
- Speaker #0
je pense qu'il y a encore des trailers du début qui continuent à courir et qui trouvent leur compte il y en a d'autres qui viennent avec d'autres attentes d'autres démarches et puis après chacun se met sur les courses avec son état d'esprit et on essaye d'y trouver et d'y prendre du plaisir tous ensemble quand même magnifique,
- Speaker #1
Julien
- Speaker #5
Pour moi, il a évolué, forcément, parce que la société évolue, donc ça évolue. Après, le côté positif, quand même, c'est que je n'ai jamais vu autant de gens faire du sport.
- Speaker #0
Ça, c'est beau.
- Speaker #5
Et ça, franchement, si je peux finir sur cette note, c'est beau.
- Speaker #1
C'est beau. Olive, à toi.
- Speaker #5
Oui, il n'y a jamais autant de gens qui se blessent aussi.
- Speaker #1
Pour une fois que Julien était positif.
- Speaker #5
Non, non, mais c'est bien. Mais je vais t'arrêter au monde.
- Speaker #0
Il y a des belles photos, une chelue qui tourne.
- Speaker #5
Il y a beaucoup de gens qui font des conneries avec leurs doigts aussi, mais bon. Non, mais ouais, on pourrait dire aussi que forcément, il évolue, il grandit. Donc, s'il grandit, il est peut-être un peu dans une crise d'adolescence et puis ça va aller mieux après.
- Speaker #1
Il veut un scooter, c'est ça que tu veux dire ?
- Speaker #5
Ouais, il veut un scooter, il a des gros moutons. mais... Oui, ça grandit, donc forcément ça passe par un peu de turbulences jusqu'à ce qu'à un moment ça va se calmer un peu, se stabiliser un peu dans la pratique, dans les réglementations, dans tout, les circuits, tout ça. Je ne suis pas sûr, mais bon. On y croit.
- Speaker #1
On croise nos doigts, Olivier, rien que pour toi.
- Speaker #5
C'est ça.
- Speaker #1
En tout cas, je vous remercie. C'était top. J'ai adoré ce moment. J'espère que les auditrices et les auditeurs aussi ont apprécié. J'espère que vous aussi, en tant qu'intervenant, vous avez apprécié ce format. C'était constructif, intéressant, je trouve. Faites-nous vos retours à letstrail08 à gmail.com. On essaiera de trouver un autre thème avec ce même format pour, pourquoi pas, vous proposer ces échanges qui sont toujours intéressants. Je vous... souhaite de passer une bonne soirée et merci pour vos partages d'expérience et vos retours à très bientôt et voilà cet épisode est à présent terminé j'espère que vous avez apprécié ce nouveau format et le sujet de la discussion et que ça vous aura peut-être permis de réfléchir, de vous poser certaines questions de ne pas forcément être d'accord parce que c'est ça aussi l'essence de notre beau pays. C'est la discussion, l'ouverture sur le débat. Et j'espère vraiment de tout cœur que ce format vous a plu. Si tu souhaites, toi qui es auditeur ou auditeur fidèle du LTP, si tu souhaites nous rejoindre sur les réseaux sociaux, rendez-vous sur Facebook ou Instagram. Tu peux également me suivre sur LinkedIn ou Strava, etc. Tu peux, si tu veux, donner un petit commentaire et 5 petites étoiles sur les plateformes Apple Podcasts. ou Spotify et puis tu peux intégrer cette belle communauté pour prolonger la discussion avec cette belle communauté de gens qui ont la même passion, le même point d'intérêt et donc nous rejoindre sur Patreon, P-A-T-R-E-O-N .com slash Let's Try le podcast. J'espère te retrouver pour un prochain numéro du LTP et d'ici là n'oublie pas, si tu penses que c'est impossible fais-le pour te prouver que tu avais tort. Salut salut !