- Speaker #0
Au début, quand je compris que j'allais devenir écrivain, j'aurais aimé être janteuse ou un truc plus classe.
- Speaker #1
Il n'y a pas de gens simples et des gens compliqués, il y a des gens. Un métier sérieux, le métier d'écrivain. J'aime les boîtes de nuit, j'aime les gens qui y sont, j'aime boire, j'aime danser, j'aime faire des bêtises.
- Speaker #2
Parce que l'écriture est quoi ? FUNDAMENTAL ! Je me présente, je m'appelle Gonzague Gonzague Mahé des Portes et je suis rédacteur pop à mes heures perdues. J'appartiens à la secte des trop rares adorateurs de la géniale autrice croate Dubravka André Gide, mais aussi à celle bien plus grande des fans de Madonna.
- Speaker #0
Quel frimeur ! Quant à moi, je m'appelle Anaïs Savant. Amandine, influenceuse littéraire sur Instagram, et j'attends avec autant d'impatience la prochaine liste du Goncourt que celle des nommés de l'Astarac.
- Speaker #2
Philippe Jaenada, c'est toi qui repars au château ce soir ! Non, bon. Merci de nous suivre en tout cas pour ce troisième épisode, et d'ailleurs, ça tombe bien ce chiffre 3, parce qu'aujourd'hui, on est 3 !
- Speaker #0
Tout à fait, celle que nous avons l'honneur de recevoir aujourd'hui est une écrivaine dont Love explore avec une rare intensité la liberté des femmes, l'amour et la création.
- Speaker #2
Mais nous, nous allons plutôt explorer une autre facette d'elle aujourd'hui. Cet invité, c'est Julia...
- Speaker #0
Julia Kerninon ! Non. Bienvenue Julia, on est vraiment très heureux de te recevoir aujourd'hui dans Littérapop.
- Speaker #3
Merci, moi aussi.
- Speaker #2
Julia, ça fait plus de dix ans que les lectrices et les lecteurs te suivent depuis Buvard, ton premier roman, publié en 2014 et qui avait alors été récompensé par le prix François Sagan.
- Speaker #0
Parmi les sept romans que tu as publiés, citons notamment Ma dévotion, Liv Maria ou encore Sauvage, avec toujours un point commun, des héroïnes passionnées et insoumises.
- Speaker #2
Ton tout dernier roman, La dernière des Wilberforce, est paru en août chez l'Iconoclast. C'est l'histoire de deux familles qui se retrouvent lors d'une fête où des secrets très mystérieux vont être révélés. Mais attention, spoiler, on n'en dira pas plus. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'on l'a beaucoup aimé chez Littérapop.
- Speaker #0
Tout à fait. Et on a hâte de discuter avec toi de tes influences pop, mais pas que.
- Speaker #2
Avant de rentrer dans le vif du sujet, n'oubliez pas que vous pouvez nous suivre sur les médias sociaux. Littérapop sur Instagram, mais aussi Gonzague MDP.
- Speaker #0
Et Anaïs.Amandine, venez discuter avec nous de cette émission de littérature ou de pop. promis, on répondra à tous les messages sympas et encourageants Et Anaïs,
- Speaker #2
on n'oublie pas aussi qu'on est sur TikTok !
- Speaker #0
Mais oui c'est vrai, et pour donner plus de visibilité à Littérapop,
- Speaker #2
vous pouvez aussi vous abonner et laisser une note et un commentaire sur la plateforme de podcast sur laquelle vous nous écoutez en ce moment
- Speaker #0
Alors Julia, on a une question qui est désormais rituelle pour ouvrir l'émission avec nos invités, selon toi est-ce que la littérature et la pop culture sont compatibles ?
- Speaker #3
Bah oui évidemment on a le droit d'aimer toutes sortes de choses la lecture et donc la littérature doivent avoir une place dans nos vies quotidiennes. Et moi, je pense que ça devrait être là tout le temps pour un tas de raisons. Secret Story, c'est une façon de s'instruire, de se calmer, de s'épanouir, de savoir passer du temps tout seul. Donc, pour moi, la lecture, ça devrait idéalement être une constante. Enfin, il ne faut pas être trop, comment est-ce qu'on dirait, essentialiste. Secret Story, c'est très snob aussi de se dire, je lis des bouquins, donc je suis quelqu'un qui lit des bouquins. Ben non, tu peux aimer lire des livres et puis aimer plein d'autres choses. Tu peux aimer être très sérieux parfois. et déconner beaucoup plus, tu peux... Quand même, le principe dans la vie, c'est de... On n'a que le plaisir qu'on se donne. Donc si on commence à se refuser des choses qui nous font kiffer, à cause, au fond, ça serait quoi le regard des autres ? C'est complètement ridicule.
- Speaker #2
Mais est-ce que peut-être la littérature ne donne pas une place assez importante à la pop culture, dans ses lignes, dans ses écrits ? Parce que là, tu en parles comme de deux pratiques complémentaires.
- Speaker #3
La littérature, c'est pas une chose. La littérature, c'est quelque chose qui est produit par... par une multitude d'auteurs. Et les auteurs, ils choisissent leur sujet en fonction de leurs obsessions, de l'œuvre qu'ils poursuivent. Donc quand tu écris un bouquin, des fois ça appelle certaines choses, certains ingrédients, et ça peut être la pop culture qui peut être un ingrédient, et certains livres que tu écris, au contraire, ils ont besoin d'avoir très peu de rapports avec la vie réelle. Donc l'allusion à la pop culture peut servir de très bonnes œuvres littéraires, mais il faut qu'elles soient pertinentes à l'intérieur de ce Liv Maria. Mais par contre, c'est vrai que, tu vois, moi, je n'ai pas encore trouvé comment faire rentrer ce que j'adore dans la pop culture dans mon propre travail. Et ce n'est pas que je veux le cacher, ce n'est pas du tout ça. Mais le genre de livre que j'ai écrit ces derniers temps, les sujets qui étaient traités, le ton, tu vois, l'endroit où je me plaçais. Moi, mes livres, ils sont souvent complètement, ils ne sont pas très situés, parfois géographiquement, mais quasiment tout le temps historiquement. Et du coup, si tu commences à citer des trucs de pop culture, ça situe. Or, moi, j'essaye de ne pas situer. Mais quand je pense au temps que je passe à consommer, adorer, je regrette de ne pas encore avoir trouvé comment pas exploiter, mais plutôt sertir ça dans mon travail.
- Speaker #2
Alors tu dis que tu n'as pas inséré de référence très claire à la pop culture dans ton œuvre, mais surtout il y a cette question du snobisme qui apparaît plusieurs fois, notamment dans Buvard, où le personnage principal, qui est une écrivaine, Caroline N. Spacek, qui raconte l'histoire d'une petite fille de 11 ans qui... tombe enceinte. Et une fois que c'est publié, elle s'aperçoit que ce qui était pour elle une évidence pendant des années n'est pas du tout le quotidien, la réalité des lecteurs, des éditeurs, des critiques. Et en cela, on s'est posé la question, est-ce que finalement la littérature, ça ne serait pas une activité bourgeoise ? Est-ce qu'il ne faudrait pas avoir connu certaines réalités sociales, s'intéresser plus à la pop culture, comme toi tu le fais, pour toucher des lecteurs qui ne sont pas uniquement des critiques de Télérama ?
- Speaker #3
On peut défendre l'idée que la pratique de la littérature est nécessairement une pratique bourgeoise puisqu'elle nécessite d'avoir du temps pour le faire. Il y a des pages, par exemple, très claires à ce sujet de John Steinbeck quand il est jeune et qu'il bosse je ne sais plus où et que tu vois dans ses lettres et son journal, il dit « je vais être cet écrivain laborieux, je vais travailler, j'écrirai le soir » . Je ne crois même pas qu'il travaille, je crois qu'il est juste à la fac. Et au bout d'un moment, il dit « mais c'est impossible, je suis épuisée, je n'y arrive pas » . Il y a des gens qui travaillent et qui trouvent le temps d'écrire à côté. Mais bien sûr que pour produire, avoir plein d'espace, avoir du temps, c'est quand même un privilège de ouf. Or, avoir du temps, c'est le plus gros privilège en partie d'une classe bourgeoise. Ça fait sens. Après, si un écrivain arrive dans la course littéraire et qu'à la base, il ne vient pas d'un milieu bourgeois, son succès fera de lui un bourgeois petit à petit. Ça a été hyper souligné que les écrivains finissent par écrire des livres où il n'y a que des écrivains. Un reproche de moi-même, je ne suis pas complètement exempte d'une certaine façon. Et on pourrait dire, du coup les écrivains ils ne touchent plus terre, ils ne se rendent plus compte de la vie des autres gens. On peut espérer que ce n'est pas ça. Mais en même temps, tu vois, ça fait 10-15 ans que je fais ça, ça fait bien longtemps que je n'ai pas exercé un autre métier. Et j'en suis au stade où la réalité d'un certain monde du travail met aussi étrange que mon propre métier l'est pour les autres. Et pourtant nous travaillons tous. Et donc ça c'est tout un sujet de comment tu fais pour être un écrivain. et rester en contact avec une autre réalité qui a parfois cessé en partie d'être la tienne et continuer à représenter ça parce qu'on peut assigner toutes sortes de buts à la littérature et ils ne seront pas les mêmes pour tous les écrivains. Mais moi, je pense quand même qu'elle doit être inclusive, représentative. Le résultat peut finir par être snob peut-être, mais si d'emblée on voulait qu'il soit snob, franchement, ce n'est pas gentil. Non, mais je veux dire gentil au sens, ce n'est pas généreux, ce n'est pas... Peut-être, je pense que quand on est écrivain, on a une responsabilité. Et on ne l'exerce pas tous pareil. Moi, il y a des sujets que je trouve très importants sur lesquels je n'écris pas, parce que je ne me sens pas assez compétente. Mais j'essaye de travailler dans mon précaré, les sujets sur lesquels je sais que j'ai des trucs à apporter, ou en tout cas, j'ai l'impression. J'essaie de défendre ça. Je trouve qu'il y a une part de responsabilité. Il y a une énorme part de plaisir dans l'écriture. Mais peut-être plus le lectorat s'étend, plus tu as aussi des responsabilités.
- Speaker #0
Et tu as souvent souligné à quel point la littérature, elle a été faite. par les hommes. Est-ce que tu penses que dans la pop culture, les femmes ont pu davantage prendre le pouvoir ?
- Speaker #3
Alors, je ne suis pas spécialiste, d'accord, mais mon intuition, ce serait de dire qu'il y a une possibilité de détournement. Secret Story que pour toutes les Courtney Love qui montent sur scène, il y a forcément un mec qui a signé un Shay à un moment. Mais après, il y en a beaucoup qui ont tiré parti de cette exposition pour faire passer des choses. Après, il y a aussi beaucoup de femmes dans la pop culture qui ont été détruites. Enfin, il y a évidemment Britney Spears qui est toujours... Mais cette Shay Hayden Pantier. Toutes ces femmes qui sont détruites avant 40 ans et on est là genre c'est la drogue. Mais en fait quand les gens prennent de la drogue, il y a une raison. Bien sûr. Et on voit bien à quelle pression elles sont exposées. Donc elles ont aussi été beaucoup à être ravagées. Ou quand elles n'ont pas été absolument ravagées, maintenant qu'elles peuvent parler après MeToo, elles sont beaucoup à parler des dangers qu'elles ont évité, des vêtements humiliants qu'on leur a fait porter. Je pense que c'est un endroit où les femmes se débattent et réussissent à creuser. En littérature, on dit souvent que les hommes lisent les hommes et ne lisent pas les femmes, alors que les femmes lisent les hommes et les femmes. Et je crois qu'il y avait eu des articles là-dessus sur est-ce qu'on a déjà vu un homme écrivain citer une femme écrivaine comme inspiration ? Ils le font de plus en plus parce qu'ils ont peur qu'on leur tire les oreilles, tu vois.
- Speaker #2
Récemment, c'était dans Combini, cet acteur qui écrit également et à qui on avait demandé de citer des livres qu'il appréciait, il n'avait cité aucune femme.
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #0
on ne citera pas son nom, mais oui, c'était une vidéo qui en est dans une librairie et il n'avait sélectionné que des hommes.
- Speaker #3
Bah ouais, tu vois.
- Speaker #0
Mais pour le coup, ça a fait parler en commentaire. Et peut-être que dix ans auparavant, ça serait passé complètement inapplicable. Ben oui, c'est que des auteurs. Bon, voilà, là, maintenant, les gens, ça y est, prennent conscience. Bon, bien sûr, c'était beaucoup de commentaires de femmes, mais ils étaient là, mais aucune autrice. Enfin, vraiment. Enfin, en 2026, c'était aucune autrice.
- Speaker #3
C'est chaud, hein ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #3
Voilà, je me dis dans la pop culture c'est pareil tu vois, est-ce que Justin Timberlake il va dire moi je trouve vraiment que Beyoncé c'est la meilleure ou est-ce qu'il va citer un autre homme ? Nous les femmes on est toujours obligés de se comparer aux hommes puisqu'ils sont everywhere donc on est toujours obligés de voir par rapport à ça et de nous mesurer aussi avec les chansons moins qu'on a, le plafond de verre qu'on a, bien sûr, mais les hommes ils peuvent passer toute leur vie sans se demander ce que c'est qu'être une femme. ça serait quoi ton plaisir pop culture ultime j'aime bien regarder de la télé réalité alors quel type de télé réalité c'est très chaotique parce que c'est pas une activité régulière genre quand j'étais quand j'étais enceinte de mes deux enfants c'était quand je les allaitais et tout c'est tellement de temps que tu passes assis sur ton canapé et tout je me suis revisionné la toute la star ac1 et la star ac2 ah oui les portraits les meilleures saisons ouais il ya pas Pas longtemps, je me suis revisionné tous les portraits du Loft 1. C'était incroyable, incroyable. Donc ça j'adore. J'ai passé aussi beaucoup de temps à Noël avec ma sœur dans le pieu de notre mère à regarder La Belle et ses princes.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #3
Première saison.
- Speaker #0
Avant Les Princes de l'Amour du coup.
- Speaker #3
Bien sûr. Avec Marine.
- Speaker #0
Avec Marine.
- Speaker #3
Incroyable.
- Speaker #0
Et ce grand basketteur blond, je me souviens de lui. Benjamin. Benjamin.
- Speaker #3
Qui est maintenant avec, j'ai plus le nom de la meuf. Avec une autre influenceuse. Pas Sarah Lopez mais un truc comme ça. Donc ça c'était génial. Ensuite évidemment La Belle et ses princes nous amène au Les Princes de l'Amour. Bien sûr. L'apparition télévisuelle de Sarah Fraisou pour la première fois. Autant de choses captivantes. Deuxième saison Les Princes de l'Amour, Benjamin Samat, qui maintenant s'est rangé avec Madison, Maddy, je pense.
- Speaker #2
Vous me perdez là.
- Speaker #0
J'ai l'impression qu'on parle de Beverly Hills version 2020. Non mais c'est ça, c'est le fond.
- Speaker #3
Grande passion aussi pour Vincent Queijo et Rym. Mais ça, c'était une putain d'histoire.
- Speaker #0
Mais qui sont ces gens ? Avec le triangle amoureux, avec Marwa.
- Speaker #3
Oui, après, bien sûr, c'est incroyable, incroyable. L'autre jour, j'ai retrouvé des photos de Vincent Pigeot quand il fait ses débuts dans la télé-réalité.
- Speaker #0
Avec Alexia Mori.
- Speaker #3
Il est incre. Il est incre. Tout est super. Oui, oui. Le mec a foutu le sbeul dans des émissions de télé pendant dix ans de sa vie, en fait. C'est ça qui s'est passé.
- Speaker #0
Mais c'est un sacré modèle de masculinité toxique. Ah oui,
- Speaker #3
oui. Non, mais je ne le regarde pas en me disant... Je le regarde en me disant... The fucking fuck !
- Speaker #2
Il y a beaucoup de choses qui sont trop chocs dans ma tête. Donc en fait, il y a les émissions de télé-réalité historiques. On va dire vraiment, quand on parle du Love, de la Star Act des années 2000, c'est les premières, on est en 2001. Et là, aujourd'hui, des émissions de télé très professionnalisées, c'est des gens qui passent d'une émission à une autre, des anges de la télé-réalité.
- Speaker #0
C'est la comédie humaine balzacienne. Avec Paga dans le Père Goriot.
- Speaker #3
Oh mon Dieu, Paga !
- Speaker #2
Et toi, tu préfères quoi là-dedans ? Ou pour toi, c'est complémentaire ? Tu apprécies quand il y a des émissions de télé-réalité de talent, Star Academy ? Surtout les dernières saisons,
- Speaker #4
on est loin de Georges-Alain.
- Speaker #3
C'est ce que j'allais dire. Star Academy, c'est stupéfiant. Parce que tu regardes les premiers. la une, la deux, t'as des gens qui sont sur scène je me rappelle une certaine Eva bien sûr, la saison 2 c'est incroyable c'était la
- Speaker #2
Jean-Pascaline de la saison 2 elle avait été recrutée pour ça ouais mais ils sont plusieurs à chanter faux ouais mais ce qui est intéressant c'est qu'Alexia Lange-Joubert elle voulait en tant que productrice de l'émission avoir un mauvais élève, un cancre pour que ça soit intéressant que tous les mauvais élèves de France se retrouvent dans ce personnage qui était par exemple Eva dans la saison 2 donc là aujourd'hui c'est terminé mais quand même Les émissions de télé-réalité de talent t'intéressent autant que celles de le talent d'être un bon candidat de télé-réalité ?
- Speaker #3
Ouais, alors je pense que ce qui m'intéresse, c'est regarder les gens, quoi. Et l'évolution du truc. Ça m'intéresse de voir des gens bouger, qu'est-ce qu'ils font, qu'est-ce qu'ils disent, leurs émotions. Je suis assez curieuse. Et puis, les gens de télé-réalité répondent à plein de questions que tu ne peux pas forcément poser dans la vraie vie, tu vois. La question de la célébrité m'intéresse beaucoup. Moi, dans mon travail de doctorat... Je bossais sur des écrivains qui avaient atteint de très hauts niveaux de reconnaissance et donc j'ai aussi lu des livres sur la célébrité. Qu'est-ce que c'est ? La célébrité, c'est quand les gens savent qui t'es et toi tu sais pas qui c'est. Donc ces gens-là qui sont entrés dans ces émissions, ensuite tout le monde les reconnaît. Quand tu vois une Emma Daumas qui dit « Non mais il faut se rendre compte de ce que c'était en fait, ma vie après. » Eh ben oui, il faut se rendre compte de ce que c'était. On dirait juste une petite phrase et on pourrait même la trouver un peu plaintive. Non, non, c'est un délire.
- Speaker #0
C'est une violence. Ils étaient pas accompagnés en plus à l'époque. Ils avaient pas de suiveur psy comme maintenant il y a.
- Speaker #3
Le simple fait que tout d'un coup, soit t'as... plus de visage, tu ne peux plus te promener tu es vu sans savoir que tu es vu tu perds une énorme partie de ta liberté quand il t'arrive un truc comme ça je trouve ça très intéressant ça me rend très curieuse t'as raison sur il fallait des mauvais élèves dans l'Astarac mais je me dis aussi, après tu regardes The Voice t'es là mais comment ça se fait que tout d'un coup autant de gens en France se sont mis à chanter aussi bien parce que pardon une Jennifer saison 1 elles chantent moins bien que le premier venu à The Voice.
- Speaker #0
On voit la progression.
- Speaker #3
C'est quoi ? Le casting est meilleur, où il y a une professionnalisation des wannabe chanteurs en France. Je pense peut-être que c'est venu avec Internet aussi, des meilleurs outils pour se filmer, s'entraîner.
- Speaker #2
Il y a plus de travail dans les chambres des ados, il y a plus de cours de chant.
- Speaker #3
De danse !
- Speaker #2
Bien sûr !
- Speaker #3
Ils font des trucs complètement incroyables.
- Speaker #0
C'est vrai que quand tu regardes le premier prime de la Star Trek de la saison dernière, ils ont un niveau largement supérieur au dernier prime des premières saisons.
- Speaker #3
Mais bien sûr ! Et ils savent déjà ce qu'ils vont faire.
- Speaker #0
Ils ont enregistré des titres avant d'arriver, ils sont déjà rentrés dans un studio. Et à l'époque, ils ne savaient même pas chanter dans un micro pratiquement.
- Speaker #3
En fait, on peut avoir un avis dessus. Moi, je n'ai pas un avis, je regarde parce que je ne suis pas encore arrivée à une conclusion. Mais je trouve ça tout à fait intéressant.
- Speaker #2
mais quand tu dis qu'il n'y a pas partagent leurs sentiments dans les confessionnaux. D'ailleurs, c'est intéressant, le confessionnal, je ne sais pas si vous savez, c'est le seul point commun entre toutes les télé-réalités.
- Speaker #3
Ah, il y en a toujours un.
- Speaker #2
Ouais, c'est exactement.
- Speaker #0
Même dans Un dîner presque parfait, ils sont dans la salle de bain. Un dîner presque parfait.
- Speaker #2
Dans tout.
- Speaker #0
On a réveillé une nouvelle passion. Voilà.
- Speaker #2
Dans les premières saisons, les confessionnaux, ils étaient plus authentiques, on va dire. Même s'il y avait les journalistes, les... script, comment on les appelait, qui quand même motive, qui pousse à faire certaines réponses. Là, aujourd'hui, tu parlerais encore quand même d'authenticité parmi ces candidats de télé-réalité de NRJ12 et W9. Est-ce que tu crois qu'encore la télé-réalité est authentique, est réelle ? Elle montre quelque chose du réel ?
- Speaker #3
Non, non, non, non, je suis d'accord évidemment avec Anaïs qu'il y a une prof... Elle est dure à faire ce mot ! Une professionnalisation des gens qui sont dedans. Mais justement, ça aussi, je trouve ça intéressant. C'est qu'est-ce que c'est que cette catégorie de la population dont le job c'est de faire ça ? Les Marseillais, Dubaï, la Villa des Coeurs Brisés, gna ils ont l'air un petit peu éclatés psychiquement quand même, ça a l'air pas très très au point, et on leur a donné cette psy qui m'a l'air, bon, je sais pas trop, je sais pas si elle va résoudre tout ça.
- Speaker #0
Elle est plus coach que psy, je pense, oui.
- Speaker #3
Ouais, ouais, mais tu vois, il y a un côté, ils sont là, elle va vraiment, je sais plus comment elle s'appelle, Lucie, je crois. Oui, Lucie. Heureusement, Lucie va nous prendre en main et tout. Ou pas, enfin, je sais pas, tu vois. Mais allons-y, c'est déjà pas mal. mais c'est un peu une illusion mais en fait c'est toujours le même schéma de j'étais jeune, j'étais un peu foufou mais là c'est la femme de ma vie hop deux enfants, hop Dubaï, hop un mariage divorce, ouais mais en fait j'avais envie de retrouver ma vie d'avant ça va super vite et ils ont tous ces mêmes rêves de la maison, les enfants, le mariage c'est hyper normé ils sont très... fucking Nabilla quoi incroyable, Nabilla qui nous a retourné la télévision française pendant 3 ans et là ça fait 13 ans que finalement elle est avec ce type qu'elle a failli... tué, apparemment. Oui,
- Speaker #0
c'est bon, l'obligation.
- Speaker #3
Elle l'a poignardée. Ouais, et elle s'est complètement rachetée une conduite, une réputation.
- Speaker #0
Elle pose en photo avec Mario Cotillard, maintenant, mais c'est...
- Speaker #3
Mais elle fait des critiques de livres.
- Speaker #0
Mais oui, et elle a de très bons goûts.
- Speaker #3
Elle n'a pas conseillé Guérepay ou un truc ?
- Speaker #2
Une nouvelle Tolstoy.
- Speaker #0
C'est génial. Elle a conseillé aussi un roman que j'ai beaucoup aimé, Madame Hayat. Enfin, tu vois, c'est genre... Nabilla, allô ? Allô, quoi ? Mais c'est ça, Allô,
- Speaker #3
Nabilla fait des critiques littéraires et elle conseille... ça ? Allô ? Non mais allô quoi ? T'es une fille t'as pas de shampoing
- Speaker #2
Allô ? Nabilla si tu nous écoutes tu es la bienvenue chez Littérapop Ah oui on ferait vrai de l'accueillir pour le coup de la littérature
- Speaker #3
En fait peut-être ce qui m'excite c'est quasiment ce que c'était que la promesse du loft au début Moi je me rappelle quand ils ont lancé le loft ma mère elle m'a dit on va pouvoir voir des gens vivre ça va être trop intéressant tu vois et en fait cut l'émission a commencé depuis deux heures Qui c'est qui a pété ? Et on comprend que ça va pas être ça en fait l'ADA que va-t-il arriver à Loana et c'est vraiment le point de départ peut-être même ça a donné le là de tout ce que la télé-réalité de ce genre là est devenu ensuite, Secret Story une affaire de scandale, de trucs qui parfois sont allés vraiment très très loin il y a des morts dans certaines télé-réalités dans d'autres pays même en France,
- Speaker #0
je pense à François Xavier qui avait fait qui est mort tragiquement il y a évidemment
- Speaker #3
D'horribles histoires de VSS à mon avis, c'est une... Enfin quand tu regardes ce truc, mais qui veut épouser mon fils ? Y a-t-il une chose plus terrifiante que cette émission ? Si c'est... Tu vois ? Le concept même !
- Speaker #2
J'y pensais très fort. Et France Gall,
- Speaker #5
n'oublie pas sa mère. C'est une fille qui se néglige, qui se laisse aller, tu vois ?
- Speaker #0
Le mode d'ordre que je dirais, c'est « Sois belle et tais-toi » . Non mais ça me fait penser à, je sais pas si tu as lu, c'était « C'est excellent » de Constance Vilanova, derrière les écrans. Non. Et elle parle de ça et du fait que la télé-réalité banalise une vision très violente de l'amour. Déjà l'amour, le couple, c'est la quête à tout prix. Et puis maintenant t'as un circuit, comme tu le disais, tu te mets en couple, tu te maries, donc t'as une télé-réalité sur ton mariage. Ensuite tu fais des enfants, donc maintenant tu as aussi les stars de la terre-réalité. Mamans & Célèbres. Voilà, Mamans & Célèbres. Et ensuite quand ils divorcent, ils retournent à la villa des cœurs brisés pour se réparer. Donc il y a tout un circuit. Mais c'est assez effrayant en fait comment la terre-réalité appuie sur cette pression que la société met, surtout sur les femmes, de se mettre en couple, de déposer ce schéma hétéronormé.
- Speaker #3
Mais tu vois, je trouve ça plus effrayant de ce point de vue-là, ou plus significatif, marié au premier regard.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #3
ça j'ai jamais regardé vraiment en entier. Mais le concept même, ça s'est passé légalement. Il y a le droit de proposer aux gens de faire ça.
- Speaker #0
Je suis trop gênée pour regarder ça. C'est terrible. Quand tu vois la réaction de la personne quand elle arrive à la mairie, c'est assez violent. Mais même avant,
- Speaker #3
l'idée qu'il y a des gens qui sont OK pour rencontrer quelqu'un comme ça, on leur dit, à priori, vous êtes compatibles. Est-ce que l'amour, c'est de la compatibilité ? Compatible, c'est quand même un mot qui renverrait à... de la construction, de l'entrepreneuriat, enfin genre, voilà, tu vois, avec machin c'est compatible, donc ça va fonctionner, tu vois, on va réussir à faire ce schéma parce qu'on est compatibles. Wow. Mais peut-être ça, ça trahit justement ce besoin insufflé par la société d'être absolument en couple et donc de se dire, bon bah, il faut que je trouve quelqu'un avec qui ça fonctionne, mais ça marche pas très bien d'en marier au premier regard. Non.
- Speaker #2
Et tu regardes Top Chef, Master Chef ? Est-ce que ça a pu t'inspirer par exemple pour Sophage ou pas du tout ?
- Speaker #3
J'ai regardé un peu. J'ai regardé un peu Top Chef et Master Chef, mais il y a trop de blabla. T'es là, mais t'as envie qu'ils coupent et que l'émission fasse 20 minutes et juste que tu vois la boue. Mais j'ai regardé un peu, la boue ça m'intéresse. Et est-ce que ça m'a inspiré ? En tout cas ça m'a inspiré, non, mais ça faisait forcément partie des images que j'avais en tête quand j'écrivais sur la cuisine.
- Speaker #0
Et il n'y a pas longtemps, tu as écrit un texte pour expliquer que ton fils écoutait un chanteur mis en examen pour violences sexuelles. On ne peut pas citer son nom, on ne peut pas lui faire de la pub. Et du coup, pour le consoler, tu lui as fait écouter un titre culte d'une candidate iconique de la TRIT.
- Speaker #3
Bon, alors la situation est la suivante. Moi, je n'ai jamais écouté beaucoup de musique française. Mais avec le temps et avec le genre de teuf que tu fais entre 20 et 30 ans, en fait, j'ai commencé à connaître des chansons. Mais vraiment, voyage, voyage, c'est un truc que je le fixe. j'ai 32 ans tu vois je ne connaissais pas ah non non j'étais complètement fraise mais pourtant si t'as regardé la Star Academy du coup ils chantent que de la variété française donc t'avais quand même une petite remise à niveau oui mais bah oui mais non en fait je comprenais pas mais genre Emma Daumas qui pleure parce que chantait je suis malade avec Claude Sa Serge Lama non mais voilà voilà où j'en suis franchement avec Serge Lama c'est vraiment moi je suis là genre Merci. Qui Serge Lama ? C'est quoi cette chanson ? Qui est ce monsieur ? Elle n'est pas plutôt de l'autre, celle qui crie Lara Fabule ? Je ne comprends pas. Je les vois être hyper émues. Je me dis, personne d'important apparemment.
- Speaker #2
C'est à cause de toi qu'il est revenu chaque année après, pour qu'on comprenne bien qui était Serge Lama.
- Speaker #3
Il y a une meuf en Loire-Atlantique qui n'a pas compris, Serge. Reviens lui mettre un petit coup. Je ne veux pas exagérer ma naïveté, mais franchement, je nageais et je ne m'y retrouvais pas du tout. Comment France Gall peut être... être considérée comme une bonne chanteuse, c'est un mystère pour moi. La rencontre entre Michel Drucker et France Gall, pour moi, c'est la pire tragédie de l'histoire de la musique. Michel Berger,
- Speaker #2
peut-être. Michel Drucker.
- Speaker #3
Ils se sont rencontrés aussi. J'ai donc deux enfants.
- Speaker #2
C'est un Michel.
- Speaker #3
À un moment, je me dis, leur père et moi, on n'est pas du tout musiciens, mais je me dis, c'est cool d'écouter de la musique quand t'es enfant, c'est aussi un moyen d'apprendre des mots. Et je me suis donc retrouvée à offrir à mon enfant un best-of de ce chanteur français qui n'était à l'époque pas mis en examen. que moi-même, je n'avais jamais écouté de ma life. Je me suis juste dit, prononce bien les mots. Mon gamin est tombé dans une passion totale. Il faisait des karaokés d'une chanson très problématique à l'école maternelle. Personne ne réagissait. Moi non plus. Il disait, écoute, il chante, c'est cool. C'est toujours rigolo, un enfant qui chante un vieux tube. Et là, mise en examen. Et donc, ça m'occupe beaucoup, parce que cette question des violences faites aux femmes et tout. Puis à un moment, je me dis, mais dis donc, on n'aurait pas un petit problème avec la discographie du gamin ? Celui-là, il ne va pas rester avec nous. Non, celui-là, il est... Alors pourquoi ? Et donc, ça a été toute une discussion avec l'enfant. Donc du coup, je lui ai dit, en fait, il a touché les parties intimes des dames sans leur consentement. Mon gamin était là genre « Quoi ? Quoi ? » Il appelle son frère, tu sais ce qu'il a fait ? Il a touché les parties intimes des dames sans leur consentement. Donc les deux, ils étaient complètement fous. Et donc j'ai retiré ce truc-là, mais je me sentais un peu coupable parce que c'était son chanteur préféré Jul. Je suis vraiment une débile, j'aurais dû penser à tout ça. Donc en échange, en offrande, je lui ai fait découvrir Cindy Sander, Papillon de lumière. Et au fond, je pense que ça dit quelque chose du basculement du monde. Moins de ce gars et plus de Cindy Sander. qui fait une remontada, tu vois. Et donc j'ai mis les premières notes de Papillon de lumière, une chanson que je n'avais moi-même évidemment pas écoutée depuis 20 ans, tu vois.
- Speaker #0
Elle revient vite en tête, tu l'écoutes une fois, tu lâches un peu ce fait.
- Speaker #2
Le son n'a pas vieilli surtout.
- Speaker #3
Pas du tout, ça n'est pas daté.
- Speaker #2
Pas du tout.
- Speaker #3
Et alors c'était très drôle parce que, mais vraiment quelques notes de Cindy Sander, leur ont suffi à ce qu'ils me disent « C'est quoi ce banger ? » Tu vois ? Et ça, ça m'a quand même vachement... C'est allé très vite quoi. Et ils étaient là « C'est incroyable ! » Incroyable ! Et donc ils le chantent, et tu sais comme ils font les enfants quand ils sont à côté de toi et qu'ils chantent une chanson et ils te regardent et ils sont tellement heureux tu sais presque ils sourient modestement de plaisir tu vois.
- Speaker #2
Elle va revenir en traîne sur TikTok.
- Speaker #0
Juste tu l'avais vu Cindy Sander à l'époque de la nouvelle star ? Evidemment. Ah oui donc tu as vu son fameux casting c'est assez violent de revoir ses images en 2026.
- Speaker #3
Ouais je pense pas que je l'avais vu en live mais je pense que je l'ai vu quand le truc a pris de l'ampleur.
- Speaker #2
En fait, elle a été passée pendant les entretiens, les castings. Elle avait eu cette phrase, il y a Céline Dion et il y a... Cindy Sander et en fait c'était vraiment carrément foutu de sa gueule C'est pas ça qu'elle a dit,
- Speaker #3
elle a dit Céline Dion c'est Céline Dion et Cindy Sander c'est Cindy Sander Mais bien sûr, si je peux me permettre Bien sûr,
- Speaker #2
verbatim, tu as raison, tu as raison Mais le jugement est sans appel et le couperet tombe Je veux juste que vous arrêtiez de chanter Et après elle était revenue sur le prime pour chanter sa chanson C'était sa revanche Et après il y a Manfred Mugler C'est là qu'on a fait sa muse Elle chantait à Berlin dans son... cabaret cirque chaud. Pas à Berlin. C'était pas à Berlin.
- Speaker #3
C'est une autre ville d'Allemagne.
- Speaker #2
Ah ouais ?
- Speaker #3
C'est Munich ou Stuttgart. Elle y était. Je crois que c'est pas à Berlin.
- Speaker #2
Alors, scoop, je pense que Julia Kerninon va bientôt écrire la biographie romancée de Cindy Sander. Il y a quelque chose là qui se prépare.
- Speaker #3
Elle a complètement changé parce qu'évidemment, à l'époque, il y avait aussi des blagues sur son look, son poids, etc. Et quand elle a fait cette revue, parce que c'est une revue pour Thierry Mugler. donc Manfred, elle était rousse avec une queue de cheval haute, il en avait fait une créature tu vois.
- Speaker #0
Et elle avait même réenregistré Papillon de lumière dans une version un peu acoustique mais là on perdait tout le sel de la chanson.
- Speaker #3
Au fond l'histoire de Cindy Sander elle est très simple, sa mésaventure a duré un temps très court et très vite, elle a été le symbole de l'humiliation à la télé, de c'est pas parce que je suis un peu kitsch que j'ai pas le droit de, et ensuite franchement le truc de finir par être meneuse de revues... C'est presque trop gros, tu vois. Il y a quatre personnes, dont Manoukian, qui t'ont dit que c'était pas ouf. Et maintenant, t'as ton propre spectacle quelque part. En revanche, entendre résonner ce titre chez moi, avec deux gamins qui, 25 ans plus tard, vraiment considèrent que c'est une chose extraordinaire, ça, ça m'a vachement amusée.
- Speaker #0
Mais ce qu'il faut, c'est que Cindy Sander, c'est un peu ce type de personnage qu'on a dans la théorie réalité, cette cendrillon des temps modernes. Cindy Sander, je crois qu'elle venait pas d'un milieu social très...
- Speaker #3
Elle était prothésiste ongulaire en Alsace, dans Lorraine.
- Speaker #0
Et voilà, ça fait penser aussi à une Loana, et d'un seul coup, dans la lumière, on se moque d'elle, parfois on les humilie, mais elles ont quand même une sacrée puissance, ces Moussa, même si malheureusement, Loana, ça s'est beaucoup retourné contre elles.
- Speaker #3
Mais est-ce que, oui, on pourrait dire, est-ce que la télé-réalité repose sur des personnages forts, de jeunes femmes issues des classes moyennes ou plus dures, et qui viennent là parce que c'est Une des peut-être rares rampes de lancement qu'elles ont pour changer leur vie. Il me semble que Loana a dit ça dans des interviews d'après. Au début, elle disait, moi, j'ai juste vu ce casting qui disait, vous avez 25 ans, et vous cherchez l'amour. Elle a dit, moi, je me suis dit ça. Et je crois qu'il y a une interview après où elle dit, les gars, arrêtez de faire semblant de ne pas comprendre. J'étais stripteaseuse, je n'avais pas une thune. Je m'occupais de ma mère. Donc elle a dit, visualisez ce que c'était. J'ai 25 ans, on m'a enlevé ma fille, je vis avec ma mère, on a 100 balles par mois, je fais ce Booba. J'ai évidemment pas de diplôme. Wake up ! Tout ça est très clair, tu vois.
- Speaker #0
Mais je crois que Gonzague aussi, toi, t'as fait beaucoup de lectures aussi sur le sujet, non ?
- Speaker #2
Ah oui, bah il y a, on peut conseiller aussi Valérie Rey-Robert, son essai La Fabrique du Sexisme, qui explique aussi que ces émissions de télé-réalité sont des ascenseurs sociaux.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
En effet, totalement. Mais quand c'est des émissions de télé-réalité, il me semble, quand même, quand c'est des émissions de talent, et on parle justement de la Star Academy, on dit... Là, aujourd'hui, tous les gamins, ils savent chanter, danser, etc. Il faut de l'argent pour ça. Il faut des cours. À l'Astarac, il y a quand même moins de différences sociales. C'est moins flagrant.
- Speaker #3
Ah oui, ça n'a rien à voir. Oui, ça n'a absolument rien à voir. Ou quand tu vois The Voice et tout. Tu vois, par exemple, j'ai regardé The Voice avec mes enfants pendant la canicule. Et j'étais stupéfaite d'à quel point ça a arrêté d'être malveillant. Mais Cindy Sander, ce moment d'énorme humiliation, parmi les quatre personnes en face d'elle, il y a Lio.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai. On y repense maintenant, c'est assez troublant.
- Speaker #3
Et je dis pas ça en mode en fait, Lio, elle a mauvais fond. Pas du tout. Lio, à cette époque-là, elle a 40 balais. C'est une émission qui lui permet de faire vivre tous ses enfants qu'elle a en mère célibataire. Et elle est prise dans un système où on lui demande d'être jolie, de faire... Nous-mêmes, les femmes, on a eu tout un moment de awakening, de se dire ouais, non, en fait, on n'a jamais trop aimé se comporter comme ça. On est encouragés par le patriarcat à le faire. C'est nul à chier, on le fera plus. Il y a Lio dans ce truc-là. Et on les voit se parler entre eux, genre, très mieux de...
- Speaker #0
Ah ouais, elle a regardé dans un air... méprisant, condescendant...
- Speaker #3
Mais il faisait ça avec tout le monde ! Et là, The Voice...
- Speaker #0
Ben, plus du tout. Il y avait des choses alors très jolies, après il y a quelques petits endroits où vous étiez toutefois pas... Ils le disent très gentiment. Et j'ai trouvé ça hyper nouveau. Enfin, je veux dire, avant, avant...
- Speaker #1
Il y aurait eu plein de remarques.
- Speaker #0
Ça aurait été, mais un massacre !
- Speaker #2
Alors maintenant, Julia, on te propose de revenir sur ton travail, tes livres, et sur la place qui occupe la pop culture.
- Speaker #1
Alors Julia, on sait que t'es une grande lectrice, et que pour préparer tes romans, tu fais toujours un gros travail de recherche, de lecture. pour Sauvage, tu avais raconté que tu avais lu une somme assez incroyable de livres autour de la cuisine, mais on se demandait si tu te nourrissais aussi de séries, de films dans ce travail de recherche et est-ce que par exemple ça a été le cas pour ton dernier roman, La dernière des Wilberforce ?
- Speaker #0
Moins, parce que c'est vraiment, c'est pas mon médium quoi, les trucs vidéo, mais quand même quand j'en vois du coup ça m'impressionne beaucoup, beaucoup tu vois par exemple J'ai écouté il y a quelques années un podcast en trois épisodes très longs dans lequel Carla Bruni était interviewée. Est-ce que Carla Bruni est une de mes héroïnes ? Non. Mais dans cette interview, l'intervieweuse, je ne sais plus qui c'était, lui parlait du fait que la famille de Carla Bruni a dû quitter l'Italie. Et donc l'intervieweuse commençait un peu à décrire la famille de Carla Bruni comme des réfugiés, tu vois. Et Carla Bruni, elle dit, dans mon souvenir bien sûr, elle dit non, non, non, mais non. Ça n'est pas ça la situation. Mes parents étaient des gens très puissants. Et en fait cette phrase, ça m'a beaucoup marquée, je ne m'en suis encore jamais servie. Mais il y a des choses comme ça que je chope dans la pop culture. Des phrases comme ça que je vais peut-être juste fantasmer, fermenter, déplacer, mettre complètement ailleurs.
- Speaker #2
Concernant ton dernier roman, la dernière des Wilberforce, il y a cette géographie, localisation qui est un peu floue. Alors que dans... D'autres de tes romans, même tous tes romans, c'est plutôt clair à chaque fois. On est à Amsterdam, Budapest, Paris, Rome. Et là, ce flou, ce côté un peu huis clos, nous a fait penser un peu à un cloué d'eau à taille humaine. Est-ce que l'œuvre d'Agatha Christie ou des films comme « À couteau tiré » t'ont inspiré un peu pour écrire ce roman ?
- Speaker #0
En fait, la vérité, c'est que dans mon travail, ça n'est flou que quand ça se passe en France. C'est la France que je veux pas dire. Tous les autres pays, je l'ai dit, des pays où j'ai vécu, des pays que je connais pas, sauf la Normandie en l'occurrence dans ma dévotion, parce que la Normandie c'est pas un territoire que je maîtrise, donc pour moi c'est quasiment un pays étranger, mais tu vois dans Buvard, le début de Buvard, là où grandit Caroline, moi dans ma tête c'est l'endroit d'où je viens, Secret Story c'est quelque part entre Nantes, Saint-Nazaire, c'est à ça que je pense, c'est inspiré par un endroit que je voyais quand je rentrais du travail à cet endroit-là. Mais j'ai refusé de le dire parce que moi je viens de la tradition américaine et donc dès que je place un truc en France, j'ai l'impression que ça n'est plus littéraire. Le charme cesse d'opérer pour moi si ça se passe en France, dans ce que j'écris pas, dans ce que je lis. Moi j'arrive pas à croire que je peux faire littérature avec des choses françaises. Liv Maria, tous les endroits sont déterminés sauf l'île de départ, qui est inspirée de l'île de Groix qui est dans le Morbihan. Et là, la presqu'île est inspirée de la presqu'île de Gavre, qui est dans le Morbihan, exactement au même endroit. Et pendant longtemps, j'ai pensé que ce livre, il allait se passer aux Etats-Unis, en Angleterre, en Grèce, à un moment, j'ai pensé. Et finalement, j'ai décidé que la question géographique était moins... Que j'allais juste me servir de gavre pour m'inspirer. Mais du coup, je refuse de dire où c'est.
- Speaker #2
Alors, il y a des prénoms qui sont flous aussi. C'est fait exprès. Oui, voilà. Diane, Annabelle. Puis, il y a des prénoms plus anglo-saxons. Waldo. OK. Donc, ça, c'est fait exprès. Et donc, Agatha Christie. Et voilà. Et donc,
- Speaker #0
Agatha Christie. Alors, à couteau tiré, je ne connais pas. Agatha Christie, énorme passion, Agatha Christie. Moi je lis Agatha Christie tout, plusieurs fois par an, souvent quand je suis un peu flagadaire. Mon mec quand il me voit prendre Agatha Christie, il est là genre « alors, qu'est-ce qu'il se passe ? » Mais Agatha Christie pour le coup c'est très très situé, c'est profondément anglais. C'est trop marrant, ils sont tous obsédés par les fleurs, ils n'arrêtent pas de bouffer des crumpets, des scones, des... Tu vois, ils ont leur truc genre « les oeufs étaient mous comme il les met et... » « Oh, mais pourquoi vous faites ça ? » Et c'est drôle, tu vois. La sauce à la menthe était bien tiède. Oh, super ! Quelle bonne journée ! Et ça m'a inspiré le truc que fait Agatha Christie, Secret Story, dans ses livres, de semer à la fois des indices qui te déroutent, Secret Story de te montrer que certains personnages sont très soupçonnables, mais en fait, ce n'est pas eux, mais aussi de te donner des indices qui mènent dans la bonne direction, mais elle te les donne, et juste après, elle continue à parler d'autres choses. Il remarqua qu'il manquait une allumette dans sa boîte. Elle continue. Et en fait à la fin du livre, t'as Hercule Poirot qui dit « Bien sûr, je ne veux pas pour que lui manquera une allumette, vu qu'on est mardi et que le facteur vient le samedi, j'ai peut-être genre... » Donc ça j'adore. Et donc ça, je m'en suis servi dans le bouquin pour servir un but assez différent au final, qui était de, pareil, de résoudre un mystère, mais de montrer que les VSS, en fait, c'est cette ellipse au milieu de nos vies, un truc dont on ne parle pas, mais qui est là tout le temps, qui se produit, enfin je veux dire, les statistiques sont très claires, c'est en train d'arriver tout le temps, On a probablement souvent été là au moment Moussa se passait. Évidemment que personne ne va faire ça sous nos yeux. Donc on ne pourra jamais en détecter que les signes extérieurs, la partie émergée. Et la partie émergée, on la voit. Et on a tout de suite envie de ne pas la voir, on passe à autre chose. On se dit, c'est marrant, ils ne sont pas partis un peu longtemps ensemble ? Après, je n'ai pas regardé l'heure, je dois me tromper. Et donc, c'était ça, de donner ce genre d'informations aux lecteurices. Ça, c'est un peu chelou, non ? Mais moi, ensuite, de profiter de mon autorité de narratrice pour continuer.
- Speaker #2
Pour moi, c'est un vrai apprentissage dans ce bouquin, en tant que mec, de dire, bon, est-ce que ces filles qui ont beaucoup de relations sexuelles, des histoires sans lendemain, qui changent de partenaire. Est-ce qu'il n'y a pas un indice, il n'y a pas quelque chose à voir ?
- Speaker #0
Je pense que ça vaut aussi pour les hommes. Il y a des hommes aussi qui ont plein de relations sexuelles, qui sont dans ce chaos, et souvent ça mène au même endroit. Tu vois par exemple, dans le livre, il y a un homme qui propose à une jeune fille de venir l'aider, de venir dans son bureau.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
Bon bah y'a quand même beaucoup de femmes juste à cet endroit là qui disent...
- Speaker #1
Oui moi je l'avais compris tout de suite. En tant que femme tu... Toi tu l'avais compris ?
- Speaker #0
Oui je l'ai vu aussi. Mais ça va être... c'est un truc où les femmes elles réagissent tout de suite. C'est genre être seule avec un mec dans son bureau...
- Speaker #1
Moi j'ai rien dit de ça.
- Speaker #0
Shit is going to happen anyway tu vois. En tout cas la proportion, la probabilité est très forte. Mais moi j'ai mis très longtemps à comprendre que ça quoi ces gens qu'on a vu très agités, avec des comportements à risque... En fait on s'est tous dit des trucs genre il y a quand même un peu... Bien sûr que non, on devrait comprendre que ça mène dans cette direction-là. Je ne suis pas en train de dire que tous les gens qui ont une sexualité libérée, évidemment que je ne suis pas en train de dire ça, ont un problème. Je suis en train de dire que ça a aussi été ça, la fracture MeToo, de se dire des choses qui nous avaient semblé normales ne le sont pas. Et de replacer au bon endroit l'érotisme. De découvrir l'existence du consentement, ce qui permet l'éclosion du vrai érotisme. Et l'érotisme, ça peut... Je ne suis pas spécialiste, mais... Bien sûr que ça peut passer par de la transgression, par du jeu, par tout ce que tu veux. Mais ça ne passera pas par quelqu'un qui te maintient la tête, par exemple. À moins que ce soit tout un code et un scénario, mais je veux dire, randomly, sans Loana de trucs, pas sur... Mais peut-être que j'ai une grosse connerie. Non, non, tu ne peux pas me faire penser à un livre.
- Speaker #1
Je ne sais pas si tu l'as lu, Premier amour, de Emmanuel Richard, où elle redécortique tout son parcours amoureux et se rend compte que ces relations qu'elle avait idéalisées comme... passionnelle, mais en fait c'était très toxique et parfois le consommant était absent et là elle découvre non c'est découvrir,
- Speaker #0
vraiment pour la première fois ce que c'est un amour sain où la gentillesse est érotique oui mais après c'est vraiment ce truc j'ai lu ce livre bien sûr qui est extrêmement intéressant de ce point de vue là, c'est ce truc de la culture c'est à dire, pardon, on a grandi dans un kaléidoscope de films romantiques, mais en fait films de servitude patriarcale porno qui mériterait la prison pour un grand nombre. Il y a un moment, non, ça n'a pas... Et là, les procès qu'il y a eu, le procès de Mazan, évidemment, et aussi le procès de cette femme, je ne sais plus où, à Manosque, c'est genre « Non, Jean-Pierre, inviter cinq personnes chez toi pour leur présenter ta femme, ça n'est pas tout à fait... »
- Speaker #1
Ce n'est pas du libertinage.
- Speaker #0
Ce n'est pas... Non. En fait, non. Désolée, non. Ce n'est pas OK. Il y a eu ça dans les livres, il y a eu ça dans les... Moi, je me rappelle que je suis aussi grosse lectrice de magazines féminins. Dans Elle, quand on était jeune fille par exemple, astuce pour réussir à ce que votre mec s'engage avec vous parce que vous savez bien qu'il ne voudra pas s'engager avec vous donc il va falloir ruser. Comment baiser debout dans sa cuisine ? Voilà, on a grandi entouré de ce truc-là. Donc évidemment que c'est très compliqué de se repérer l'amour, l'amitié, le désir. Qu'est-ce qui est bon pour nous ? Qu'est-ce qui n'est pas bon pour nous ? Qu'est-ce qui est la norme ? Est-ce qu'on désire la norme parce qu'elle est la norme ou parce que vraiment on la désire ?
- Speaker #1
Il y a eu un essai hyper intéressant aussi de Chloé Thibaud, Désir et la violence. Bon, tous les trois, on a grandi à peu près à la même époque, on a les mêmes références. Et elle décortique des films, des comédies romantiques, pour moi, qui étaient inoffensives. En fait, on se rend compte que rien ne va. Je ne sais pas si vous voyez ce film, The Notebook, avec Ryan Gosling et Rachel McAdams. Il y a une scène où, en fait, c'est la grande scène de drague, où il escalade la grande roue sur laquelle elle est en train de faire un tour de manège. Et en fait... Elle prend peur parce qu'il risque de se tuer et lui dit en gros, je vais lâcher si tu n'acceptes pas un rendez-vous, je vais lâcher. Et là, c'est présenté comme un truc très romantique mais en fait, c'est très violent. C'est un chantage.
- Speaker #2
Mince, j'ai la main qui glisse !
- Speaker #1
Attrape cette barre, espèce d'idiot !
- Speaker #2
Avant qu'elle ait dit oui ! Oh dis-lui que t'acceptes, Ali !
- Speaker #1
D'accord, d'accord, très bien, je vais sortir avec toi !
- Speaker #2
Quoi ? Tu ne le fais pas par pitié !
- Speaker #1
Non, non, j'en ai envie !
- Speaker #2
T'en as envie ?
- Speaker #1
Oui !
- Speaker #2
T'en as envie ? Dis-le !
- Speaker #1
Je veux sortir avec toi !
- Speaker #2
Dis-le encore !
- Speaker #1
Je veux sor...
- Speaker #2
D'accord, d'accord, on va sortir ensemble.
- Speaker #1
Mais c'est un exemple parmi d'autres de cet essai qui montre à quel point on n'a jamais eu de lunettes pendant toute cette époque pour se dire que ce n'est pas normal.
- Speaker #2
D'ailleurs, alors que tes romans ont un potentiel cinématique, photographique énorme. Il n'y a aucun qui a été adapté à l'écran, c'est un scandale chez Littérapop, on trouve que c'est un scandale. Est-ce que c'est quelque chose qui te plairait ou au contraire tu te sentirais dépossédée de tes récits, de tes personnages ?
- Speaker #0
Non non je suis évidemment d'accord, il y a des discussions en cours. Voilà c'est très très long qu'un truc se fasse, qu'il y a tellement d'étapes.
- Speaker #1
Je peux te dire pour quel roman précisément ou c'est confidentiel ?
- Speaker #0
Plutôt Liv Maria.
- Speaker #1
Oui bah oui.
- Speaker #0
Mais tu vois ça fait six ans que c'est sorti donc c'est long. je sais pas du tout ce que ça va donner il y a eu différentes péripéties. C'est sûr que si un livre est adapté au cinéma, ne Secret Story que pour que le résultat soit bon, il faut l'adapter, il faut modifier des choses, et c'est OK. Donc de toute façon, ça fabriquerait un objet différent de celui que moi j'ai fabriqué. Mais en tout cas, de ce que j'en ai compris, il y aurait différents moments de vérification. Non pas pour vérifier que c'est fidèle au truc de départ, mais qu'à moi, ça me convient au moins en partie, en tout cas suffisamment pour que j'accepte qu'on associe mon nom.
- Speaker #1
En tout cas, on croise les doigts.
- Speaker #2
Liv Maria à l'écran ce serait vraiment mais Liv Maria c'est compliqué à réaliser précisément parce qu'il y a plusieurs pays c'est très cher presque tout est livre sauf le dernier le dernier oui et Buvar tu les fous dans un bungalow est-ce que tu écris en écoutant de la musique ça nous a interpellé dans Sauvage tu cites notamment 50 Cent est-ce que tu écoutes du rap j'écris
- Speaker #0
en écoutant de la musique j'ai une espèce de playlist avec soin de soi ou je. Je pense qu'il y a genre 15 heures de musique dessus. Dès que j'aime bien un truc, je la rajoute sur la même playlist. Je pense que ce n'est pas le principe des playlists.
- Speaker #1
Tu n'as pas une playlist par roman, tu as une playlist d'écriture.
- Speaker #0
Ah non, j'ai la même playlist depuis 5 ans et c'est un dawa de l'espace. Et je saute quand je tombe sur une chanson française parce que je ne peux pas écrire en écoutant du français.
- Speaker #2
Est-ce que tu trouves que c'est une musique, le rap, qui est déconsidérée en France ? Merci.
- Speaker #0
Il y a du bon rap et du mauvais rap, il y a des bons rappeurs et des mauvais rappeurs, il y a des bons morceaux de rap faits par des mauvais rappeurs et des mauvais morceaux de rap faits par des bons rappeurs. Il y a des morceaux de Jul qui sont incres, il y a des morceaux de Jul qui sont indispensables. Mais moi par exemple quand Booba il s'est mis à faire de l'autotune comme un bourrin, moi j'adore l'autotune. Après quand Tal question de est-ce que c'est en français, enfin tu vois les paroles quoi, déformation qu'ils imposent à la langue. Bah tu vois, même Booba, c'est pas le quartier qui me quitte, c'est moi je quitte le quartier. Mais c'est un coup de gym. Ça veut pas dire qu'il faut parler comme ça dans la vie. Mais dans le morceau, c'est un coup de gym. Même Ayana Moussa. Mais le fait de pas exactement comprendre ce qu'elle raconte, c'est intéressant qu'il y ait des portes qui me restent fermées. Ça veut dire qu'il y a tout un endroit...
- Speaker #1
Des jeux sur le langage.
- Speaker #0
Il y a des gens qui doivent comprendre ce qu'elle est en train de dire et pas moi. C'est bien que je pense pas, que je maîtrise l'intégralité de la communication. Oui, tout à fait. Le gars qui est mort il y a pas longtemps, la Wai-Renoa. qui fait une chanson qui s'appelle Petunia. On n'associe pas ces jeunes rappeurs, ne Secret Story qu'au mot Petunia. Je les trouve très inventifs, très... Fun fact, je conduisais une voiture, je pense, de New York à Nantes. J'en suis là dans ma vie. Et j'écoutais Skyrock, et mon mec s'endort. Et quand il se réveille, je lui dis, j'ai une idée de ouf. Il me dit, ah ouais, c'est quoi ? Je dis, je crois que je vais écrire un album de rap. Et il me dit, Jul, vraiment, fais une sieste, mange du sucre, redescends, tu vois. Je pense pas du tout. Et attention, c'est écrire qui serait drôle, évidemment, pas chanter, puisque je ne peux même pas chanter juste Carglass répare, Carglass remplace. Moi, je faisais du slam avant, tu vois. Et quand même, ils font toujours des punchlines, les rappeurs. Et moi, dans mon travail, j'en fais de moins en moins, mais c'est un bel exercice, la punchline. Donc, qu'est-ce que ça ferait si je réussissais à écrire, tu vois, c'est quoi un album ? C'est 10 textes, 8 textes de punchline, mais sur les sujets qui m'intéressent. Parce que moi, je ne vais pas commencer à écrire, je suis en train de cruiser. Tu vois, j'aimerais bien. C'est évidemment l'histoire que je me raconte au volant de ma Kangoo, tu vois. Mais bon, personne ne va acheter cette histoire. Et en fait, le défi qui m'intéresserait, outre la question poétique de refaire...
- Speaker #1
La chute du 44 !
- Speaker #0
Oui, c'est ça ! J'arrive en masse, à l'ombre du livre de Nancy... Rien ne va, rien ne va dans ce que je suis en train de faire. Mais en fait, le défi qui m'intéresse, outre le fait de revenir à une écriture orale que je n'ai pas faite depuis longtemps, c'est est-ce que c'est possible ? d'écrire sur les sujets qui m'intéressent, Secret Story, disons, la féminité féministe, en gros, pour le dire rapidement, mais de réussir à y mettre le même aplomb que les rappeurs mettent. Moi, c'est une question que je me pose souvent, la question de l'amour propre des femmes, de la superbe des femmes. On n'est pas encouragé à faire ça. On est toujours encouragé à... Est-ce que j'arriverais à écrire sur mes sujets habituels, mais en parlant un peu de haut, comme ça, tu vois ? Est-ce que c'est chimiquement conciliable de faire ça ? aucune idée de si je vais le faire, aucune idée de si c'est possible.
- Speaker #1
Mais tu trouverais du coup une voix féminine pour les interpréter ? Une rappeuse ?
- Speaker #0
Ouais, je sais que j'aime de ouf. Il y a une rappeuse qui est... c'est Chai.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Tellement vénère. Il y a un gars qui est de Nantes en l'occurrence, enfin d'à côté de Nantes, qui s'appelle Moussa, et c'est incroyable ce qu'il fait. Mais il écrit des textes que moi je trouve super littéraires, qu'il n'y a pas beaucoup de mots nécessairement, et il fait des rimes ou des semi-rimes, mais incroyables. Moi je rêve, mais ça n'arrivera jamais, je rêverais de pouvoir passer... une semaine avec les rappeurs, une écrivaine, et pouvoir entrer dans le monde de la musique et les regarder. Et moi j'ai tellement de questions à poser. Comment vous faites ça ? À quel moment vous avez commencé ? Comment vous avez appris à chanter ? Comment vous... La musique, comment vous avez capté ? Enfin, ils ne sont pas allés au conservatoire les gars, donc comment vous décidez ce que vous allez rajouter ? Comment vous vous dites, il monte un petit... Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Mais il y a le documentaire sur DJ Mehdi qui est très fascinant là-dessus. Oui mais il rentre un peu dans les arcanes de la création.
- Speaker #0
Je veux beaucoup plus.
- Speaker #2
T'aimerais bien écrire sur une autre personnalité du monde de l'art ou de la pop culture ?
- Speaker #0
C'est Lady Diana.
- Speaker #1
Ah, alors ça, mais...
- Speaker #0
Lady Diana, il y a un truc de... Il y a un truc dans son physique... Il y a plein de choses qui m'intéressent, quoi. À quel point cette femme était photogénique, et à quel point ça a eu un effet sur son destin, alors que ça n'est pas nécessairement la femme la plus physiquement spectaculaire. Ça, il y a un truc intéressant, elle a un physique très modeste, en réalité. Modeste, athlétique, mais... Ce n'est pas l'interview qu'elle a donnée, celle dans laquelle elle dit que c'était un peu compliqué dans ce mariage parce qu'on était trois. Toute cette séquence est complètement hypnotisante. C'est vraiment ce qu'elle dit, ce qu'elle dit avec cet accent anglaise. I was daunted. Puis en même temps, elle ne fait que chuchoter tout le temps. Et en même temps, elle est vénère. Elle est vraiment vénère contre tout ce système, contre son mec. Ça, c'est vachement intéressant. Et puis, il y a cette séquence, une fois qu'elle est morte et il y a l'enterrement. Il y a son frère, il monte sur scène, il fait un discours et qui commence par « Quelle ironie que quelqu'un portant le nom de la déesse de la chasse ait été la personne la plus poursuivie de notre monde moderne. » Et il fait son discours et tout d'un coup il y a un bruit comme de la pluie. T'as l'impression qu'il pleut dans l'église. Et en fait la caméra sort et tu vois que c'est tous les gens qui sont amassés à l'extérieur de l'église et qui regardent la retransmission et qui applaudissent.
- Speaker #1
Les défris sont... Tu vois ?
- Speaker #0
Il y a un truc à faire avec Lady Diana. Alors après, comment tu fais pour écrire là-dessus et être sûre que moralement, tu ne fais pas un truc... Comment tu fais pour la raconter sans raconter les scandales ? Comment tu fais pour la raconter ? C'est ça qui m'a bloquée Jul.
- Speaker #1
Surtout quand tu as beaucoup de biographes anglais qui se sont fait beaucoup de thunes sur son dos avec des biographies non autorisées. Mais pour autant, si tu le fais avec un tel respect, une langue poétique...
- Speaker #0
Ouais, mais comment tu le fais ? C'est ça le... Je pense que ça appelle un petit livre.
- Speaker #2
Vous l'avez adoré, vous avez réclamé son retour, vos voeux sont exaucés.
- Speaker #1
Et oui, c'est le grand retour de notre quiz Littérapop.
- Speaker #2
Ou pop !
- Speaker #1
Alors Julia, le principe est très simple.
- Speaker #2
On te donne une citation et tu dois nous dire si elle est Littérapop.
- Speaker #1
Ou pop ! On est parti ?
- Speaker #2
Quelle angoisse, ouais. Non, ça va bien se passer. Le difficile, ce n'est pas de donner, c'est de ne pas tout donner.
- Speaker #0
Ça c'est pop, non ?
- Speaker #2
Ah oui, ça serait qui ?
- Speaker #0
Oh bah typiquement ça pourrait être Giuseppe quoi mais...
- Speaker #2
Donc Giuseppe qui veut épouser mon fils versus à priori Colette. Mais non ! Oh non !
- Speaker #0
Oh mon dieu !
- Speaker #2
Elle était pas bien.
- Speaker #0
Elle est pas chelou cette phrase en vrai.
- Speaker #2
Elle était pas en forme.
- Speaker #1
Donne à la vie... Le sens que tu lui donnes.
- Speaker #0
Hole là, mais non, mais ça va être un cauchemar, ça va être un cauchemar. Je sens que je vais pouvoir en avoir une ou deux bonnes. Donne à la vie le sens que tu lui donnes. Bah ça pareil, on espère que c'est pop et qu'ils ont fait cette répétition juste pour que ça rime, quoi.
- Speaker #1
Donc tu dirais pop ?
- Speaker #0
Mais vas-y, ça va être Ernest Hemingway et je...
- Speaker #1
Alors c'est pop.
- Speaker #0
Ouais. Y'a pas une horrible chanson des 2Be3 qui s'appelle Donne ?
- Speaker #1
Alors là on est plutôt sur la nouvelle star, une gagnante de la nouvelle star.
- Speaker #0
Ah non, ça je suis pas assez au point.
- Speaker #1
Eh ben c'est Myriam Abel, de la chanson Donne.
- Speaker #0
« Fais le sens que tu lui donnes » Alors, j'ai aucun son de Myriam Abel, mais très joli, très bon, oui, niche.
- Speaker #2
Écrit par Lara Fabian, il me semble, et oui !
- Speaker #1
Ah là là !
- Speaker #2
« Ne crains pas d'étonner ni de déplaire, mais ne cherche jamais à étonner ou à déplaire. »
- Speaker #0
Ça, je pense, c'est littérature, quand même.
- Speaker #2
C'est un prix Nobel !
- Speaker #0
Ah oui, ils sont 260, t'es gentil.
- Speaker #1
Un prix Nobel français.
- Speaker #0
Un prix Nobel français.
- Speaker #2
Pour la rime.
- Speaker #1
Un homme.
- Speaker #0
Un Malraux. Souvent,
- Speaker #2
hein.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
un Annie maintenant.
- Speaker #0
Oui, un Annie, merci beaucoup. Non, je sais pas.
- Speaker #2
André. Très discutable, mais bon, voilà.
- Speaker #1
Tendre les mains à son destin, vouloir plus fort encore demain.
- Speaker #0
Oui, ça c'est pop, on espère quand même. Mais alors qui sait, tendre les mains... Ça sonne très To Be Free. Bravo ! C'est laquelle ?
- Speaker #2
Le classique Tuba Free, Partir un jour.
- Speaker #0
Partir un jour.
- Speaker #2
Tendre les mains à son destin. Tu chantes très bien. Le doigt fort en colère de main.
- Speaker #0
Partir un jour. Ça, on se la passe en boucle avec les enfants et c'était l'occasion d'apprendre des règles clés du vivre ensemble qui sont on ne porte pas des chemises sans manches ouvertes sur le torse. C'est non.
- Speaker #2
On ne fait pas des triple accel salto dans la rue.
- Speaker #0
Ça, c'est oui.
- Speaker #2
Passage bradis.
- Speaker #0
Ça, c'est OK.
- Speaker #2
J'ai trouvé le sens de la raison qui m'entraîne.
- Speaker #0
Ça, c'est pop. C'est un Jennifer ?
- Speaker #2
J'ai trouvé le sens de la raison qui m'entraîne. C'est une chanteuse, oui.
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #2
Elle a un prénom en trois lettres.
- Speaker #0
Ça arrive à des gens très bien.
- Speaker #2
C'est Tal.
- Speaker #0
Tal,
- Speaker #2
le sens de la vie.
- Speaker #0
J'ai trouvé le sens de la raison qui m'entraîne. Mais je ne connais pas assez bien Tal. Pour moi, elle a apparu, disparu, celle-là.
- Speaker #2
Maintenant, c'est Tal. Voilà. Elle a changé de nom.
- Speaker #0
Mais Tal... j'ai cligné des yeux et il n'y avait plus personne ce qui est dommage il ne sert à rien d'éprouver les plus beaux sentiments si l'on ne parvient pas à les communiquer ça c'est littérature aussi quand même déjà c'est des conneries on peut très bien pas les communiquer je suis pas du tout d'accord avec cette phrase je suis nulle, j'arrive plus ou moins à les classer je n'en ai aucune idée c'est Stéphane Zweig
- Speaker #1
Ah on est niche, on va chercher des citations.
- Speaker #0
Joli, joli.
- Speaker #2
Je vis dans la confusion des sentiments.
- Speaker #0
Peut-être littérature quand même, parce que ça sonne pas très bien pour une phrase de chanson ça.
- Speaker #2
Peut-être Stéphane Zweig à nouveau ?
- Speaker #0
Vraiment ?
- Speaker #2
Ou pas ?
- Speaker #0
Vous feriez des choses comme ça ? Deux fois de suite ? Je vis dans la confusion des sentiments. Oh, tu m'énerves. Moi, je dis Littérapop.
- Speaker #2
C'est pop.
- Speaker #0
Et voilà, c'est Alizé en 2012. Ah, c'est quoi ? Lorie ? Oui, bravo !
- Speaker #2
Ah ouais ? J'arrête plus facile avec « je bouge mon hum » . Je conduis la voiture, c'est sûr.
- Speaker #0
Je connais pas Je bouge mon... Non, Je conduis la voiture.
- Speaker #2
Bah, je vais vite.
- Speaker #0
Ah non, mais moi, j'ai pas ça dans mes trucs. J'ai jamais été vraiment dedans. Donc, moi, Lorie, c'est... J'aime beaucoup un coup de soleil, un coup de jetem. Je sais qu'elle est pas d'elle. Résiste. Prouve que tu existes. Bon bah ça oui, ça c'est France Gall, c'est pop.
- Speaker #1
On sent que tu n'aimes pas beaucoup France Gall.
- Speaker #0
Je déteste France Gall.
- Speaker #1
Ah mais comment je sais.
- Speaker #0
En tant que personne, je ne lui veux aucun mal.
- Speaker #1
Oui ? C'est la musique, sa voix ?
- Speaker #0
Ah bah oui, l'idée que quelqu'un qui a cette voix-là se soit dit chanteuse. Enfin, tu vois, comme job, tu vois. C'est un univers.
- Speaker #2
La chanson, ça peut être un souffle, ça peut être Vanessa Paradis, ça peut être Birkin. Une chanson,
- Speaker #0
c'est d'abord un son. Et là, c'est un son qui fait très mal à la tête. Ouais, Résiste prouve que tu existes.
- Speaker #2
France Gall, qui n'est pas un match de rugby. On ne peut pas exister sans être aimé.
- Speaker #0
Ah, Littérapop, mais qui dit des choses comme ça, on peut pas hésiter sans être aimé. Sojenistine.
- Speaker #1
Un prix Goncourt,
- Speaker #0
encore ? On peut pas hésiter, qui n'est plus des nôtres.
- Speaker #2
Après, il y a un petit lien avec la Russie, quand même.
- Speaker #0
Le Chloé Thibaud ? Non.
- Speaker #2
Il a eu deux plus de cours.
- Speaker #0
Ah, Romain Garry.
- Speaker #2
Voilà, Romain Garry dans Gros Calin.
- Speaker #1
J'adore le titre de ce truc.
- Speaker #2
On termine sur un gros câlin. C'est la fin. Comme le chante Juliette Armanet. Merci infiniment, Julia, d'avoir passé cette émission avec nous à désacraliser un peu la littérature avec un grand L et à sacraliser la pop avec un gros L.
- Speaker #1
grand P. On espère que tu as passé un beau moment.
- Speaker #2
Grave.
- Speaker #1
Et on rappelle que ton roman, La dernière des Weebill Force, est sorti chez l'Econoclast et qu'il faut le lire à tout prix.
- Speaker #2
Oui, enfin, à tout prix, à tout prix, à un prix unique plutôt. Courez l'acheter dans votre librairie de quartier.
- Speaker #1
Car rappelons qu'acheter en librairie ne coûte pas... Pas plus cher que de commander en ligne sur certains sites dont on taira le nom.
- Speaker #2
Chut chut, pas de marque.
- Speaker #1
Merci à vous de nous avoir suivis et continuez à suivre Littérapop sur Instagram pour notre regard sur la littérature et la pop,
- Speaker #2
mais aussi Anaïs.amandine et Gonzague MDP et d'ailleurs, on rappelle qu'on est toujours sur TikTok.
- Speaker #1
Merci de nous avoir écoutés, on vous souhaite de très belles lectures, qu'elles soient pop ou pas.
- Speaker #2
Et l'on remercie toujours Ludovic Huvier pour ses génériques Jingle et Nabilla Sonore qui sont magnifiques.
- Speaker #1
Mais aussi Daz pour le logo du podcast et l'identité graphique.
- Speaker #2
Et Big Up à Benoît qui nous aide beaucoup.
- Speaker #1
Oui, merci Benoît.
- Speaker #2
À très bientôt pour d'autres aventures au croisement de la littérature et de la pop culture.
- Speaker #1
Et à bientôt sur Littérapop
- Speaker #2
Pop !