- Speaker #0
Salut à tous, je suis Kevin Le Goff, fondateur de LOBBY et aujourd'hui je vous présente un podcast qui vise à explorer et faire parler l'univers de l'Hospitality, pour comprendre comment développer votre projet perso en faisant parler celles et ceux qui inventent des lieux hors du commun. Bienvenue à tous, vous écoutez LOBBY Talks Musique Dans cet épisode, je suis parti à la rencontre de Franck Deboutet, fondateur d'Embrun d'herbe, un slow camp où l'on peut séjourner sur plusieurs écologes et avec la particularité d'être dessiné sur les principes de la permaculture, le tout face à l'océan. Et Franck nous raconte dans cet épisode son parcours et comment son projet est né. Il nous explique les principes de la permaculture et comment l'architecture d'un lieu peut passer par le design à impact positif. Embrun d'herbe, c'est aujourd'hui 5000 m² face à l'océan, une quinzaine de couchages et une promesse qui demande qu'à être vécue. Franck est un réel passionné, aux expériences multiples, entrepreneur et porté par une réelle mission rendre l'habitat plus propre sans pour autant perdre en expérience. Bienvenue sur LOBBY Talks, vous écoutez l'épisode 3. Salut Franck, bienvenue sur LOBBY Talks, je suis très très heureux de t'avoir sur cet épisode et on est ici à Plogeoff.
- Speaker #1
On est à Plogoff, on est au bout de la pointe du Rhin. Toi tu vois la mer d'où tu es.
- Speaker #0
C'est ça, je prendrais une petite photo de tout à l'heure pour que les gens se rendent compte mais en fait moi j'ai pris le meilleur spot, j'allais te laisser cette chaise mais en fait je regrette pas du tout.
- Speaker #1
A côté du poêle à bois et vue sur mer, c'est pas mal.
- Speaker #0
C'est ça, c'est magique, c'est magique. On est jeudi, il est 9h49, il fait super beau. On a pas trop de vent aujourd'hui, on est pas mal.
- Speaker #1
On a même le petit train de houle qui nous attend pour après.
- Speaker #0
C'est ça, l'après interview elle se fera dans l'eau en fait. Donc on est dans le Finistère, tout à l'ouest en Bretagne, et toi tu es vraiment au bout du bout, parce que c'est les dernières terres qu'il y a devant chez toi, c'est avant de tomber dans l'eau.
- Speaker #1
C'est ça, c'est la petite anecdote du dernier supermarché avant l'Amérique, Camille, le supermarché de Primalin.
- Speaker #0
C'est ça, oui. En fait, il y a un petit supermarché, c'est un intermarché, je crois. Ils ont une grosse pancarte et sur cette pancarte, il y a genre tourné à gauche et en dessous, il y a écrit dernier supermarché avant l'Amérique. Voilà,
- Speaker #1
on est vraiment au bout du bout. Exactement. L'école s'appelle l'école du bout du monde.
- Speaker #0
Ouais, exact. C'est ça. Alors, tu es le fondateur d'Embrun d'herbe.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous expliquer ? Comment t'es arrivé sur ce projet ? On va rentrer en détail après, tu nous expliqueras ce qui est en brin d'air, mais peut-être juste avant de te présenter rapidement sur qui tu es et d'où tu viens, comment t'es atterri ici et comment ton parcours t'a emmené à créer ce lieu-là.
- Speaker #1
Alors moi je suis Franck de Boutet, je suis une formation d'archi à la base. Donc je me suis formé à l'école d'archi de Nantes et puis on a monté juste après les... études à Nantes, j'ai monté une boîte d'archi et d'imagerie de synthèse, on intervenait dans pas mal de domaines, une boîte qui montait jusqu'à 15 personnes, donc j'ai eu un premier aperçu un petit peu de ce que c'était. ce que c'est que l'entrepreneuriat et la gestion aussi de personnes et d'équipes. Et puis après, on a souhaité développer quelque chose à l'étranger. On est parti au Balear pendant cette année où tout s'est super bien passé. C'était chouette jusqu'à ce que je commence à tomber dans le domaine de l'éco-construction, de m'intéresser à C'est par la porte du patrimoine en fait, j'aimais beaucoup tout ce qui est comprendre le bâti du monde et pourquoi on construit d'une façon ou d'une autre, et ce qui faisait sens, et du coup au Balear c'est vrai qu'on était pas mal dans beaucoup de projets qui n'avaient pas forcément toujours... énormément de sens. Et du coup, retour en Bretagne pour décider de monter notre petite maison en paille. Donc ça, ça a été le tout début. J'avais un peu ce challenge perso de, est-ce que je suis cap ou pas, de mettre ma petite maison en paille de mes mains. Voilà. C'était le tout début.
- Speaker #0
Et là, on était en quelle année ?
- Speaker #1
Ça, c'était il y a 16 ans.
- Speaker #0
Et c'était ici, quand tu parles de cette maison ?
- Speaker #1
Oui, c'était ici. C'était il y a 16 ans ici. Avant, j'avais entamé un tour d'Europe accompagné de Athena et Bill Steen, qui étaient les deux pionniers de la construction paille aux Etats-Unis. C'est un peu eux qui m'ont formé aux enduits japonais, enfin toutes les techniques du monde, au travers de différents chantiers qu'on a pu faire en Europe. Par ailleurs, la permaculture aussi, c'était un autre domaine qui m'intéressait énormément. Et le côté design en permaculture qu'on retrouve dans le côté projet en archi, ça va bien au-delà de comment associer les carottes et les poireaux. C'est vraiment un côté design, donc un côté un peu très créatif, très chef d'orchestre. On manipule des éléments et on essaye de les associer, de créer des choses avec le plus de résilience possible. Et tout ça, ça prenait beaucoup de sens et en fait c'est vert. ce vers quoi j'avais envie d'aller, j'avais mis un peu de sous de côté, du coup je m'étais donné ce laps de temps et d'énergie pour créer le début de ce qui est maintenant Embrun d'herbe, avec la création du petit gîte. Et puis on a profité pour reproduire ce que moi-même j'avais vécu, c'est-à-dire organiser des chantiers internationaux ici, où les gens viennent, vraiment ils sont venus de Sibérie, Australie, Californie, Europe bien sûr. Et donc, je pense que c'était un moment un peu particulier à Plogeoff, il n'y avait pas dû y avoir 50 fois autant de personnes réunies de territoire très lointain.
- Speaker #0
Ouais, c'est bon ça. Et ça du coup, c'était... Donc en gros, comment ça s'est passé ? Comment vous êtes atterri ? Ce lieu ? Pourquoi ici ?
- Speaker #1
Pourquoi ici ? En fait, ça remonte à vraiment beaucoup plus loin. J'ai 52 ans, ça remonte à quand j'avais 15-16 ans et que je faisais beaucoup de windsurf en compète. Et du coup, j'ai été très copain avec un paquet de gens. Il y a un beau noyau ici qui est sorti beaucoup dans les compétitions. Et c'est un peu là que ma découverte du lieu s'est faite par ce moment-là. Et puis j'aimais ce côté authentique, un peu brut de décoffrage du bout du Finistère. Et si on est parti au baléar, il y a quand même un point commun, c'est le côté justement un peu isolé et un peu très lié à la nature. En fait, ces endroits-là, c'est comme ici, c'est tu aimes, si tu aimes toutes les activités outdoor, etc. Et donc en fait, on avait acheté de façon très, avec un raisonnement très paysan, mon... C'est mon grand-père qui m'avait dit, si tu as quelques sous de côté, t'achètes des terres. Alors j'avais acheté un terrain vue mer, mais sans savoir qu'un jour j'y habiterais. Donc ça, ça remonte à il y a longtemps. Et puis quand on a décidé de revenir en France, on a décidé de venir s'implanter sur ce terrain-là, qui réunissait le côté un peu justement, ce côté bout du monde qui nous plaît bien. Et puis pour moi, j'avoue que tout ce qui est, pour moi c'était évident que j'allais à U. habiter à côté d'un endroit où il y a des spots de surf, de windsurf. Et Karine, le côté rando équestre et tout, lui va très bien aussi. Donc voilà, c'est un petit peu ce qui nous a amenés ici. On connaissait, on avait des copains dans le coin. Et puis, on s'est toujours implantés dans des lieux qui nous inspiraient aussi par leur beauté. Et non pas, on n'a jamais fait le choix d'aller quelque part à cause d'un travail qui nous attendrait, mais plutôt... On a toujours fait la démarche d'être charmé par un endroit, puis d'y développer quelque chose. C'est un petit peu ce qu'on fait tout le temps.
- Speaker #0
C'est intéressant. Et pour le coup, ici, quand tu avais ce terrain, il n'y avait pas d'habitation, tu n'avais pas une maison existante, il n'y avait rien. C'était juste un terrain...
- Speaker #1
C'était un terrain qui était rempli de ronces et d'aubépines. Et en fait, il était assez difficile de se projeter sur ce terrain, puisqu'on voyait à peine la mer. Et un peu après, c'est notre... capacité de projection en tant qu'archi quand tu débarques sur un endroit tu vois un peu s'il ya un potentiel ou pas et et du coup je te dis ouais on a acheté ce terrain sans vraiment au début on n'était pas du tout parti pour y habiter un jour. Et le fait est que c'était le bon endroit pour faire ce qui est maintenant au brin d'herbe. Ça, c'est clair.
- Speaker #0
En termes de surface, pour que les gens se rendent compte, parce que nous, on est ici, on voit le...
- Speaker #1
Voilà. C'est 5 000 m² en dévers, les légers dévers sud-ouest face à la mer. Donc 5 000 m² avec une partie constructible qui est assez restreinte. Et là, ça y est, on est... On est arrivé au maximum. Mais voilà, avec surtout un grand vallon qui va jusqu'au port Loubous avec la lande qui se déroule devant les yeux. Et ça, c'est un peu imprenable. Enfin, c'est imprenable d'ailleurs, à moins qu'il y ait des grosses modifications de loi. Et puis voilà, on est à 7 minutes à pied de port Loubous, qui est notre petite plage privée pour se baigner l'été quand il y a plus de monde. Et puis après, on a les spots que tu connais bien aussi, de Saint-Hugin et de la Baie des Trépassés, qui ne sont pas loin du tout. Et puis on a le GR qui passe juste devant. Donc on a aussi... C'est vraiment... On voit passer un peu tous les amoureux des sports nature qui arrivent ici.
- Speaker #0
C'est chouette. Et après, je mettrais quelques photos quand même, et voir, je pense que... Je sais que tu as quelques vidéos où on peut voir un peu de dessus. ce que ça donne, je le mettrai en description du podcast histoire que les gens puissent vraiment se rendre compte et donc on est, vous débarquez ici vous avez cette première construction c'était quoi, c'était le bâtiment dans lequel on est ? ou c'était celui d'à côté ?
- Speaker #1
ouais celui d'à côté, le petit gîte ouais qu'on a fait en tout premier et avec un atelier à côté qui maintenant sert à toute autre chose Et puis après, moi je travaillais, j'organisais des chantiers participatifs un peu en Europe. Et du coup, je voyageais et entre deux, je construisais un bout de quelque chose ici. Et ce qui s'est passé, c'est que Karine avait son agence d'archi, où elle travaillait uniquement en éco-construction. Et elle s'est vue demander pas mal de questions de la part de ses clients sur l'architecture paille. Et du coup, c'est comme ça qu'on a proposé à ses clients de venir passer quelques jours dans le petit gîte, quand on avait déjà construit partiellement la maison où on est là actuellement. Et du coup, ce petit gîte qu'on estimait au début être plus destiné à nos copains et à la famille, finalement, c'est devenu un endroit où les gens pouvaient venir découvrir ce que c'était que la maison en paille. Et c'est là... En fait, c'est un peu fait le petit tilt de l'hébergement et faire vivre l'expérience de l'éco-construction, l'expérience de la permaculture et qui se dédie à toutes les personnes qui, comme nous, viennent par ici parce qu'elles sont passionnées de sport nature. Ça a pris sens, tout ça, cette petite mayonnaise, on a mis tous les ingrédients dedans et puis après, il n'y avait plus qu'à tourner. Beaucoup tourner, beaucoup travailler.
- Speaker #0
C'est important de préciser, quand vous êtes venu vous installer ici, il y avait zéro projection sur un brin d'herbe. Ça n'existait pas. Vous n'êtes pas venu ici, vous n'avez pas construit ce premier bâtiment dans l'optique de développer un projet ou un business. On en est loin. C'était vraiment pour vous.
- Speaker #1
C'était pour nous. Karine avait son agence. Moi, je continuais à avoir l'agence où je produisais des images de synthèse. Je faisais partie d'un groupe où on produisait des images de synthèse. J'étais par ailleurs directeur artistique d'un magazine, des choses que je pouvais faire à distance. Et puis je continuais mes deux passions, apprentissage de la permaculture et de l'éco-construction. Et puis progressivement, j'ai lâché l'un pour glisser vers l'autre, puisque d'un certain temps, quand tu apprends, finalement c'est toi qui deviens possiblement la personne qui va transmettre. Et du coup, on n'avait aucune projection d'embrun d'herbe. C'est exactement l'opposé de ce qu'on essaye de donner comme méthode pour les personnes qui viennent en formation, puisqu'évidemment, avoir aucune projection globale, ça amène à pas mal d'erreurs. Ça amène à des erreurs sur le plan du projet global, de son ergonomie, mais même Forcément sur un plan économique. Maintenant, il s'est fait un petit peu dans le désordre, celui-ci. C'est aussi ce qui, finalement, en fait un lieu vraiment authentique, puisqu'on l'a construit. au fil de nos évolutions de pensée, donc qui nous colle vraiment à nous, ça c'est clair. Après, nous ne sommes pas des personnes très très matérialistes, dans le sens où souvent les gens me disent « tu dois être super accroché » . Ouais, on aime beaucoup notre endroit, maintenant si demain je dois aller ailleurs, je vais ailleurs, ��a ne me pose pas de soucis. qu'on l'a construit de nos mains, qu'on n'est pas capable de laisser cet endroit-là. Ce qui me plaît bien, c'est l'idée que ce lieu-là permette de faire germer, et c'est ce qui s'est passé, faire germer des nouvelles idées. nouvelles implantations pour d'autres personnes et on a maintenant à Plogeoff et dans les environs il y a pas mal de personnes qui sont passées ici ou en tant que visiteurs ou en tant que bénévoles à l'époque et qui sont maintenant tout un groupe de 30-35 ans qui sont venus s'implanter maintenant et qui sont passées par ici donc ça c'est chouette c'était une petite partie de la mission parce que là on voit le résultat final,
- Speaker #0
tu vas nous détailler ce que ça représente parce que là on est encore visuellement je pense qu'on est On a capté, on a un terrain de 5000 m², on a le petit gîte qui est le premier bâtiment qui a été construit ici. Juste pour situer, ça représente combien de couchages aujourd'hui l'ensemble et combien de bâtiments ? Pour se faire un visu là-dessus.
- Speaker #1
Alors actuellement, on a entre 15 et 17, 18 couchages. On a un ensemble de, donc le petit gîte qui est une petite maison de, on va dire de 50 m². On a l'ancien atelier qui devient la bulle, qui est un peu notre espace où on va pratiquer. Il va y avoir du yoga, il va y avoir des massages, mais il peut y avoir aussi un petit espace de coworking ou une projection ou des choses comme ça. Ça, c'est un espace qui doit faire 20 mètres carrés à peu près. On a construit ensuite le nid, qui est une chambre comme une chambre d'hôte, une chambre indépendante avec un atelier en dessous. avec une cave séchoir à légumes en dessous. Et puis, la maison où on se situe, ça a été construit assez rapidement, qui fait 120 mètres carrés, qui est la maison d'habitation. Et maintenant, on en parlera peut-être tout à l'heure, mais ça va évoluer. On a aussi l'Ecolodge, qui est le dernier en date qu'on ait construit il y a 6 ans, qui est une maison de 60, c'est un gîte. Donc chacun a sa spécificité en termes... d'éco-construction, je ne vais pas rentrer dans tous ces détails. Et on a aussi fait évoluer Embrun d'herbe là très récemment, depuis un an et demi, et depuis qu'on est passé en entreprise, et que surtout, il y a une personne qui est venue intégrer aussi Embrun d'herbe. Et donc, Alice étant là, on avait toutes les fonctions liées à la partie professionnelle qui était dans la maison d'habitation. Et il a fallu construire un nouveau bâtiment pour externaliser tout ce qui était fonctionnement. Donc ça va de la laverie à la cuisine pro à un petit espace d'accueil, boutique, etc. Stockage. Et donc ça, c'est le dernier bâtiment qu'on a fait.
- Speaker #0
Et le petit gîte qui était le premier bâtiment.
- Speaker #1
Et le petit gîte qui était le premier bâtiment, voilà. Et puis après, il y a tout le côté jardin qui nous a pris pas mal de temps puisqu'on a fait tout un design en permaculture. lui aussi avec une J'allais dire tout de suite trop grande part d'intuition. C'est vrai qu'on fonctionne un petit peu comme ça. Je pense que tu vois ce que je veux dire, mais je pense qu'on est pas mal à penser à fonctionner à l'intuition aussi. Parfois, on peut le regretter un petit peu. Il s'est passé un petit peu la même chose dans le design du jardin. C'est-à-dire que ce jardin, en permaculture, tu as vraiment besoin de faire un projet global. Avoir un plan directeur, c'est vraiment important. Ce qu'on n'a pas fait ici, encore une fois. Et donc la seule chose, c'est qu'on avait pour idée de... Il y a trois maisons, potentiellement trois familles, donc il doit y avoir trois zones de production privatives, trois potagers, pour nourrir ces trois familles et des parties collectives. Ça c'était un peu le cahier des charges de base. Et puis on avait les éléments importants à gérer qui étaient, il n'y a pas d'eau sur le terrain et il y a beaucoup de tempêtes, de vent salé. Donc ça, il a fallu développer tout le design du jardin en permaculture aussi. Et ce qu'il fait, si j'en parle, c'est parce qu'il joue beaucoup quand même dans le succès de...
- Speaker #0
Carrément, parce que c'est une grosse partie du spot quand même. C'est un peu la signature d'Embrun d'herbe. Il y a les maisons, il y a les habitations, mais le jardin a sa signature visuellement déjà. Et après, son intérêt dans le fonctionnement du lieu.
- Speaker #1
Tout à fait, et c'est un petit peu pour nous qui sommes archi, donc même si le lieu a été créé d'abord par les bâtiments, en fait ce qu'on a rapidement compris, tout l'intérêt de la permaculture, c'est d'arriver à voir comment tu vas créer vraiment une synergie entre le bâtiment et le jardin. Et tout ce qui est production, entre guillemets, de déchets à l'intérieur de la maison devient finalement quelque chose qui va être réexploité à l'extérieur dans le jardin. Et du coup ça aussi, ça apporte du sens, ça apporte de la résilience. Tu sais que quand tu prends une douche ici, ça sert à arroser les patates une semaine après. Bon, toutes ces petites choses-là, c'est...
- Speaker #0
Parce que, alors tu vois, moi qui ne suis pas du tout calé en permaculture, et pour les gens qui peuvent se poser des questions là-dessus, il faut savoir qu'en fait, et c'est pour ça qu'on parle de design, c'est que ton jardin est designé de manière à... Tu donnais l'exemple de la douche et sa fonction finale qui est d'arroser les... les pommes de terre, c'est qu'entre ces deux parties, tu as tout un design qui lui va servir à filtrer l'eau de ta douche, la faire passer dans un endroit à travers une typologie de plante qui va filtrer, qui va emmener une eau nettoyée, propre. Et tout ça, en fait, a un fonctionnement et est designé de manière à passer un peu partout dans le jardin. Et pareil, il faudrait que j'illustre avec des images parce que c'est assez important. Tu peux apporter plus de précision là-dessus, je pense. C'est assez cool.
- Speaker #1
Sur le circuit d'eau, c'est important parce qu'en fait, et là, ça va être même l'objet d'un prochain projet. C'est-à-dire que la fin du circuit d'eau va être la nourrice en besoin d'eau pour la partie sauna bain norvégien qui sera située. Là, on va essayer de faire un chouette truc qui va être à la vue de personne. Mais par contre, nous, on sera en... Open view à 180° sur la lande et la mer. Donc tu pourras venir te poser dans la tenue vestimentaire qui te va bien. Face à la lande et la mer, il n'y aura que les chevaux qui pourront te voir. Donc ça, ce sera le point final de notre circuit d'eau. Alors bien sûr filtré, c'est même plus que filtré, puisqu'on a, quand on a fait les résultats de notre sortie de filtre, on avait une meilleure qualité d'eau à la sortie de filtre que l'eau de notre ruinée. Ça ne veut pas dire que c'est de l'eau buvable, parce que ce n'est pas l'objectif. Tu sais que quand tu fais un test chimique, ce test est valable à un instant T. On ne va pas le reproduire tous les jours, donc il est hors de question de la boire. Mais c'est largement suffisant pour à la fois utiliser dans le potager, etc. Et donc oui, on a toutes les eaux qu'on va produire à l'intérieur. Les eaux usées vont passer dans ce qu'on appelle la phytoépuration. Ça va être un ensemble de six bacs plantés avec des plantes qui vont filtrer à leur façon chacune pour arriver à une qualité d'eau en sortie. Au bout d'une semaine, l'eau va sortir de ce système et partir dans un drainage qui va aller dans les fonds du potager. Ça va maintenir une humidité. En permanence, alors évidemment en hiver ici c'est pas forcément très intéressant, mais en été c'est quand même important, parce qu'on a une terre qui est très drainante et on a assez peu de terre ici à la pointe de Rha. On a vite le caillou en dessous, c'est pour ça qu'il y a une pointe. Et du coup on a besoin d'un apport assez régulier en humidité. Et ça nous permet d'avoir aussi un ensemble d'arbres et de légumes qui vont tirer des racines vers cette humidité, donc vers le bas. et donc être d'autant plus fort. Donc voilà pour la partie botanique de l'affaire. Mais c'est vrai que ça fait partie, quand on parle de design, c'est hyper important, parce qu'il n'y a pas un mètre carré qu'on n'a pas remué complètement ici. Donc tout a dû être pensé, dessiné, comme on le fait en archi. C'est vraiment, tout est dessiné, et tout est... Pour te donner un autre exemple, dans ce circuit d'eau, donc on se sert du dévers que tu vois devant toi, pour faire... passer l'eau d'un endroit à un autre et par exemple, elle va irriguer de façon automatique la serre qui est semi-enterrée. Semi-enterrée pour protéger des vents. Semi-enterrée pour être sous le niveau de l'eau et donc être irriguée automatiquement. Et puis pour des raisons esthétiques aussi, pour ne pas l'avoir trop et gêner le voisinage.
- Speaker #0
Ce que tu disais tout à l'heure, on a un terrain de 5000 m² qui est vallonné et pour le coup, tu as ces paliers. Donc si on part de la maison, la maison est située au plus haut. Les maisons, d'ailleurs, sont situées au plus haut de ce terrain.
- Speaker #1
Le stockage d'eau aussi.
- Speaker #0
Exactement et du coup en fait on a ces différents paliers qui vont chacun avoir une fonctionnalité et ce qui permet du coup grâce à ce terrain vallonné de faire passer l'eau dans ces différentes...
- Speaker #1
Voilà puis l'eau elle a pris du sens aussi même esthétique puisqu'on a finalement le jardin il est composé autour d'une barre centrale. Et cette mare, en fait, c'est un peu notre point de stockage. Si on avait vraiment voulu le considérer comme point de stockage, on l'aurait mis dans une citerne. Mais là, en fait, puisqu'il n'y aurait pas eu d'évaporation, pas eu de venus d'insectes ou autres à l'extérieur, mais au contraire, on a voulu s'en servir pour développer la biodiversité, pour aussi créer un point où visuellement, en fait, une mare apporte énormément de lumière. Et en hiver, c'est super agréable. Et puis, il suffit de voir où vont les gens qui viennent visiter ici, qui viennent séjourner ici. En fait, ils viennent autour de la mare dès qu'il y a un rayon de soleil. Et en fait, on a cet alignement mare, lande, puis mer dans les yeux. Et c'est, voilà, déjà en soi, ça pose déjà. C'est ça.
- Speaker #0
Il ne faut pas grand-chose de plus. C'est pas mal. Et si on revient un petit peu sur le projet, sur la partie construction. On est sur un projet atypique, tu vois, pour le coin. Pour vous situer un petit peu, ceux qui nous écoutent, on est dans le Finistère, on a beaucoup de maisons des années 30-60, dans les constructions, qui sont visuellement... On ne porte pas de jugement, mais c'est une époque. Et du coup, d'un point de vue urbanisme, comment ça s'est passé, tu vois, au début, quand tu présentes un permis de construire sur... sur des bâtiments comme ceux-là, qui sont particuliers dans leur processus de construction, mais visuellement aussi. Parce que ce qu'on voit aujourd'hui, c'est pareil, on le valide, parce que c'est dans l'air du temps, ce que tu as construit il y a 15 ans, aujourd'hui c'est ce que tout le monde veut. Donc on est sur des maisons avec du bois, etc. Mais revenir 15 ans en arrière, ce n'est pas évident, je pense, de faire passer un projet comme ça. Non,
- Speaker #1
c'est clair. Après, c'est quand même le métier de... C'est le métier d'archi que de savoir communiquer avec les élus et voir où est-ce qu'on peut, quel est le cadre et comment on peut évoluer dans ce cadre. Donc ici on avait quelque part de la chance, c'est que les choses n'étaient pas bloquées il y a 16 ans, il n'y avait pas le PLU qui bloquait. Donc tout passait par des normes on va dire généralistes et il fallait surtout communiquer avec les élus du coin. Et finalement, ce qu'on a essayé de faire, c'était, si tu te balades dans la rue, quand tu vas longer, tu vas voir des murets en pierre qui longent le bord de route et de l'herbe sur un toit. C'est ça que tu vois en fait d'embrun d'herbe depuis la rue. Et il n'y a que depuis le chemin côtier où, avec des jumelles, tu pourras voir les façades d'embrun d'herbe. Exactement. Et du coup, finalement, ce langage... architectural qui est un muret en pierre qui borde la route. C'est ce qu'il y a partout dans les villages. Surtout que la pierre venait du terrain même. Et au-dessus, pour ajouter encore, on a rajouté le toit végétalisé. Et donc, comme les maisons sont semi-enterrées par rapport à cette route, finalement, ce que tu vois, c'est de la pierre. Au-dessus, tu vois de l'herbe et puis après, tu vois la mer. Donc finalement, on n'a pas changé grand-chose à ce qu'il y avait avant, qui est une construction. Et ça, c'était notre façon de nous intégrer, même si on n'était pas dans des géométries, des formes qui rappellent vraiment le bâti d'ici.
- Speaker #0
C'était plus par les matériaux, les textures. Et de la même manière, tu vois le bardeau de bois tel qu'on l'a posé, les petits bardeaux, les tuiles de bois. Donc ça vient, on les a placés de façon assez aléatoire et non pas linéaire. Et donc ça, ça permet, dès qu'il y a un petit peu d'eau au-dessus, ça va vibrer, ça va un peu bien fonctionner avec le granit parce qu'on va se retrouver avec des textures comme ça très... avec une sensation d'aléatoire de petits éléments et il n'y a pas de ligne de ligne est très très très défini et finalement c'est ce qui fait c'est ce qui participe à son intégration c'est donc on n'a pas eu trop de difficultés on a eu beaucoup de curiosité il ya une petite anecdote que je peux raconter qui était très sympa c'est quand on a donc évidemment quand tu auto construite T'as quand même toujours un petit peu peur de est-ce que j'ai mis assez de vis ? Et donc première grosse grosse tempête arrive. Et donc on avait une super voisine qui nous suivait, qui regardait, qui trouvait ça admirable, tous ces jeunes qui venaient bosser à la main. Et la tempête arrive, très très forte, et le lendemain elle est arrivée avec un gâteau avec écrit « La belle pointe du rat » sur le gâteau. Et donc, c'était un peu pour nous dire, voilà, OK, ce que vous avez construit, ça tient de beau. Donc, ce n'est pas la petite maison en paille telle que l'histoire la raconte.
- Speaker #1
C'est ça. Parce que je pense qu'on peut faire des parallèles assez rapides quand tu parles de construction paille. Mais on est dans une maison, on n'est pas dans une cabane. Oui,
- Speaker #0
on est dans une maison.
- Speaker #1
Ce ne sont pas les trois petits cochons, tu sais, avec le... Non, non,
- Speaker #0
ça tient.
- Speaker #1
Ça tient. Parce que là, en termes d'exposition, je pense qu'on n'est pas mal.
- Speaker #0
Oui, on a eu. Au prix du 185 km heure, il n'y a pas eu de dégâts, donc c'est à priori que ça fonctionne. Et après, il y a évidemment le confort thermique. Là, je t'avais mis un petit peu le poêle à bois, mais c'est vrai qu'on en a très peu besoin. Ce sont des maisons qui fonctionnent énormément. Et tu parlais tout à l'heure de comment ça a été perçu par les gens autour. Et c'est vrai que quand ils nous visitaient en plein hiver, ils étaient complètement stupéfaits par le fait qu'il n'y ait pas de chauffage autre que ce petit poêle au milieu de la maison, c'est tout, et qui fonctionne de temps en temps. Et c'est vrai que le confort fait que, voilà, je pense que toute cette intrigue, ça a suscité de l'intrigue en fait. On a essayé de ne pas choquer. Quand on a fait ce projet, on a essayé de faire attention à comment on communiquait. On a toujours essayé de vraiment ouvrir, de rester ouvert à la demande de savoir ce qui se passe ici par les locaux. Et le but, c'était vraiment pas de venir et de s'implanter avec notre projet sans tenir compte des... Voilà, on vient dans un tissu rural. avec des personnes qui habitent et qui sont d'ici. Et pour nous, c'était venir à petits pas et faire découvrir aussi ce qu'on avait envie de faire. Après, on sait très bien qu'on ne plaît pas forcément à tout le monde quand on fait un projet comme ça, multi, un peu atypique. Maintenant, le but était surtout, on a essayé vraiment de faire comprendre qu'on avait envie de gêner personne déjà. Ça, c'est un premier point. Et puis là, on est en train de faire quelque chose de très différent. C'est que depuis qu'on est en entreprise, on essaye d'ouvrir en brin d'herbe, de créer des événements pour ouvrir en brin d'herbe aux locaux. Et donc de favoriser la rencontre entre les gens qui viennent de façon de passage et les permanents qui habitent ici. Et ça s'est traduit par exemple, l'année dernière il y a eu un petit concert avec Harp et Saxo, et puis événements repas aussi après, et du coup c'est vrai que c'était vachement sympa que les locaux puissent rencontrer, à la fois découvrir le lieu, savoir ce qu'on fait ici, et rencontrer les touristes qui étaient ici dans les gîtes, et tout le monde a pu profiter de la même chose, et donc je crois que ça c'est le... C'est la deuxième étape d'embrun d'herbe, c'est trouver les moyens pour s'insérer à la fois économiquement, socialement, dans le tissu local.
- Speaker #1
Parce qu'aujourd'hui, embrun d'herbe, c'était... C'était la location, tu viens pour quelques jours, dormir uniquement. Tu avais commencé à ouvrir une partie restauration aussi sur le soir ?
- Speaker #0
Alors la partie restauration, à la base il y a le slo... donc il y a Embrun d'herbe. En dessous, Embrun d'herbe, il y a plusieurs entités. Il y a le slo-camp qui est la partie hébergement. Donc ça c'est l'hébergement assez classique. à laquelle on a ajouté la possibilité de pouvoir manger le soir et donc pour les gîtes. De façon événementielle, j'insiste là-dessus, on n'ouvre pas un resto. C'est vraiment sur de l'événement, on va avoir la possibilité que des personnes de l'extérieur puissent venir. On ne souhaite pas, c'est un autre métier je crois la restauration. Donc ce n'est pas forcément ce qu'on souhaite développer. Et on ne souhaite pas non plus par rapport à l'image du lieu. C'est-à-dire que le lieu, c'est un lieu paisible, c'est un lieu où on ne peut pas avoir une activité permanente tous les soirs, ce n'est pas l'objectif. Ça va rejoindre ce qu'on disait juste avant aussi, ne pas perturber trop. Donc ça, c'est la première partie, le slow camp. Et puis après, il y a la partie oasis de bonheur qui, elle, est toute la partie création de lieu comme ça parce que nous, on a eu besoin de se faire épauler. à un moment donné. Moi, je suis arrivé à un moment où, en fait, j'étais trop, je travaillais trop, j'étais trop en train de m'investir. Cette partie hébergement, la gérer, gérer le développement, gérer la construction, etc., ça faisait beaucoup trop pour moi.
- Speaker #1
Parce que toi, tu fais tout. Tu fais tout.
- Speaker #0
Voilà. Et là, cette polyvalence, je l'aime, ça me plaît, mais là, c'était trop fort. Et à un moment donné, Et genre, je... Je ne savais plus trop comment m'y prendre et du coup j'ai fait appel à une coach en grande entreprise qui s'appelle Marine Lemoyne de Differentias 360 et cette personne, je la cite parce qu'elle m'a vraiment aidé. Déjà on a repris tout simplement le concept et on a essayé de voir comment est-ce qu'on peut le faire aboutir à la création aussi d'un emploi pour me faire aider. aborder tout l'aspect économique pour pouvoir avoir une rentabilité suffisante pour pouvoir intégrer une personne en plus. Et c'est là où finalement est ressorti de façon comme une évidence, en fait on a tout notre background qui est lié à l'archi, à l'éco-construction. Il y a plein de gens qui viennent ici parce qu'ils souhaitent développer, comme tu l'as dit tout à l'heure, des lieux comme ça. On l'a fait avec un certain nombre d'erreurs. Mais par contre, on en a tiré pas mal de leçons. Et on a cette vision de concepteur qui peut être transmise. Et c'est pour ça qu'on a développé cette formation-là avec Marine Lemoyne pour les personnes qui souhaitent créer des lieux comme ça où on apporte à la fois la vision entreprise, donc avec Marine Lemoyne, La vision Eco-construction, donc comment est-ce qu'on va construire de l'écotourisme ou rénover de l'écotourisme, dans un but d'écotourisme, et comment on va ajouter aussi les outils du design en permaculture pour pouvoir créer du lien dans tout ça. Et là-dessus, on ajoute notre pratique, ce qu'on a fait ici, et nos retours d'expérience, et on peut partager aussi toutes les erreurs qu'on a pu faire. Je pense que c'est intéressant pour toutes les personnes qui souhaitent s'investir dans ce genre de lieu où ce n'est pas simple, ça donne envie en fait. Il y a beaucoup de personnes qui viennent ici et qui ont super envie de faire ça, mais qui ne réalisent pas toujours la diversité de compétences qu'il faut avoir en fait.
- Speaker #1
Parce que là, comment t'expliquerais d'ailleurs le fait qu'il n'y ait pas plus d'endroits ? en éco-construction, même chez nous, ici en Bretagne ou ailleurs, quand tu vois les bénéfices que ça a, qu'est-ce qui fait qu'il n'y a pas tant de maisons de ce type ?
- Speaker #0
Alors...
- Speaker #1
Toi, tu citais l'exemple du chauffage, je pense qu'on est dans une période où ça va concerner tout le monde, malheureusement. Mais aujourd'hui, tu as un poêle à bois, on est dans une maison de 120 m².
- Speaker #0
Je peux situer pour donner... Il y a trois chiffres qui sont intéressants. La maison classique française c'est 375 kWh par mètre carré par an, on retient juste le chiffre 375. Une maison BBC c'est 75.
- Speaker #1
C'est quoi une maison BBC ?
- Speaker #0
BBC, bâtiment en basse consommation. Donc on passe de 375 à 75, c'est vachement mieux. Le label européen le plus strict c'est le Passive House, le label allemand c'est 15. Donc 375, ensuite 75 et 15. Et ici, le petit gîte, quand on a fait le calcul, on était à 7 kWh par mètre carré par an. Donc là, au niveau énergétique, c'est vrai que c'est un sujet un peu d'actualité. On peut se rendre compte qu'il y a vraiment, vraiment, vraiment des solutions qui existent. Maintenant, effectivement, tu te poses la question de pourquoi alors ce n'est pas plus développé. Là, je crois que ça va au-delà de ce que je pourrais... de ce que je peux dire, parce que je pense que c'est vraiment une volonté. C'est une volonté. Actuellement, il y a plus à gagner en continuant de fonctionner autrement, avec des bâtiments qui nécessitent plus d'énergie. Et on va essayer, par exemple, d'évincer toutes les idées low-tech pour les remplacer par des idées high-tech, qui peuvent être source aussi d'économie et d'industrialisation. Et donc, c'est ce qui fait que ça freine le développement de toutes ces techniques low-tech qui fonctionnent. Néanmoins, il y a un attrait. Il y a beaucoup de la jeune génération, elle est consciente, elle voit que ça fonctionne, elle essaye de faire ça, mais c'est vrai que le cadre, à la fois le cadre légal, et surtout le cadre légal, ne facilite pas ce genre de projet. Maintenant, ce n'est pas impossible. Avec de la volonté, on peut le faire. La preuve, on l'a fait. On l'a fait avec des clients, avec d'autres personnes. Donc, c'est possible de le faire, mais ça demande plus d'énergie. Et quelqu'un qui est un peu novice, ça peut être un frein, en fait.
- Speaker #1
Oui. Et ce que tu disais tout à l'heure, on en a discuté sur un autre épisode avec Robin Michel, le cofondateur d'Iconic. Mais on parlait de cette discussion qu'on essaie d'avoir quand tu crées un projet comme ça. Tu vois, je reprends l'exemple de Swenson à l'époque, ou ce que fait Robin avec Iconic, mais cette démarche de prendre les devants avec des collectivités, ou avec les communes, ou avec le maire, etc., sur les discussions et les échanges, ça c'est hyper important. On a beaucoup de gens aussi qui, au final, font ce qu'il faut faire, tant que tu ne l'as pas fait, tu ne le sais pas, mais vont se concentrer sur leur projet, donc bosser sur le développement, l'architecture, etc. en bout de route, aller dire il faut que j'aille déposer mon permis, il faut que j'aille voir les collectivités et là pour le coup on se retrouve face à un mur parce qu'on arrive nous avec notre vision sans avoir consulté comme tu parlais du tissu local qui est à prendre en considération et je pense que ça, cette démarche tu le citais très bien tout à l'heure, de communication et d'aller parler au maximum avec ces gens là mine de rien ça facilite aussi le développement de projet et c'est ce que peu de gens font Parce que ce n'est pas dans le manuel et généralement, on n'est pas au courant de cette partie-là, de la place que ça prend dans la réalisation d'un projet.
- Speaker #0
Au début, on est dans sa passion, donc on est un peu dans son petit monde. Donc en fait, on fonce dans son petit monde tout seul ou un petit groupe, un petit collectif. Et puis finalement, on ne va pas forcément chercher à tout de suite lier l'entourage parce qu'aussi on peut le voir comme un frein et on n'a pas forcément envie de voir les freins au début. donc on va foncer ce qui est bien aussi vivre sur créer je pense un projet au départ en faisant attention de préserver cet enthousiasme c'est important mais très vite c'est vrai qu'il va falloir le confronter à la réalité à son environnement que ce soit économique que ce soit politique que ce soit tout simplement le voisinage proche c'est important très très vite d'aller se confronter quand je dis se confronter, c'est peut-être pas le bon mot, mais d'aller présenter et communiquer pour que les personnes, quelque part, s'approprient aussi un peu le projet. Et ça, c'est vraiment ce qu'on a essayé de faire dès le départ. Comme je te disais, on invitait souvent, on a organisé des visites avec les écoles du coin qui sont venues visiter. Qu'est-ce que ça veut dire, les écoles ? On a organisé un petit truc, les gamins viennent, ils participent, ils mettent un peu la main dans la terre et tout, c'est chouette. Mais derrière, le soir, ils vont parler de ça à leurs parents, etc. Et du coup, quelque part, tu deviens partie du tissu local. Et ça, c'est important. Et au niveau des élus, c'est évident qu'il faut ne pas les voir comme un frein, mais plutôt voir comment est-ce qu'eux, à terme, vont pouvoir te permettre d'aller un peu plus loin, au contraire. Donc c'est important de ne pas... D'être directement dans la communication dès le départ avec eux, ça c'est un petit peu avec tous les projets d'archi, c'est comme ça.
- Speaker #1
Ouais, mais c'est vrai que sur ces parties de création de l'œuvre, c'est une partie assez importante.
- Speaker #0
C'est une partie importante et surtout quand tu vas avoir un rôle... Tu vas faire partie des éléments économiques locaux. Donc en fait, il faut vraiment s'insérer et voir. Là, par exemple, on a vachement de chance avec un nouveau petit projet qui se monte au bout de la rue, avec l'épicerie générale. Toute petite boutique, mais avec un joli petit concept. Et là, on se réunit assez régulièrement pour voir comment travailler en synergie. Et même si nous aussi on va avoir une petite partie boutique, etc. Mais travailler en synergie et justement à travers d'événements, si elle organise des événements, qu'on crée des événements qui soient décalés et pouvoir faire en sorte que tous ces éléments économiques... juxtaposer, créer quelque chose de plus beau, plus grand et plus sympa, plus sympa à vivre pour les locaux aussi.
- Speaker #1
Carrément, aussi parce qu'on est dans une phase où on est sur des territoires qui ont besoin aussi de ça. Alors là, on connaît plus le Finistère tous les deux, mais je pense qu'il y en a plein d'autres. Et pour celles et ceux qui portent des projets, il faut... potentiellement voir la place que laisse le territoire à un nouveau projet et s'il vient contribuer à sa revalorisation ou à son développement. Et ça, c'est un point important aussi.
- Speaker #0
Je pense que ça fait partie... Là, on l'a vu avec le Covid, il y a eu un espèce d'exode vers les campagnes. Et effectivement, comment est-ce qu'on se réapproprie ces campagnes ? Ça ne veut pas dire justement revenir en conquérant. C'est important à nouveau de retisser du lien avec les gens qui sont sur place et qui continuent à vivre sur place. Et toi, comment est-ce que tu viens et comment tu vas dynamiser ton... ton village ou ta petite ville. Parce que c'est aussi les projets qui peuvent être imaginés dans un cadre plus urbain. Il n'y a pas de souci. C'est simplement, nous, on a participé à différents projets dans toute la France. Et ce n'est pas du tout... À chaque fois, tu commences par voir vraiment le territoire. Dans quel territoire j'arrive ? Et moi, quelle envie j'ai ? Et comment je vais arriver à... Quels sont les points où il y a des liens entre le territoire et ce que j'ai envie de faire ? Cette vision préalable, c'est peut-être justement celle qu'on a faite, on l'a faite nous, ici, en brin d'herbe, sans s'en rendre compte en fait. Au début, je te dis, on venait, on a mis nos gamins à l'école, etc. Mais en fait, on a créé du lien et on a développé cette idée d'embrun d'herbe à chaque fois avec le lien qui était déjà créé. Et du coup, il s'est construit en tenant compte des valeurs locales. Et ça, c'est ce qui fait que, je ne te dis pas qu'on a une adhésion de 100% de la population de Plogoff sur notre projet, mais je crois que... Voilà, ce qu'on fait, c'est quelque chose qui est quand même plutôt apprécié. Là, tu vois, on a créé un emploi, il y a une personne qui vient habiter sur place. Ça fait partie des petites choses qui, en campagne, sont importantes. Carrément. Mais ça reste assez. à petite échelle.
- Speaker #1
Parce que, donc aujourd'hui, sur le projet, toi, tu n'as plus d'agence à côté, enfin, c'est en brin d'herbe à 100%.
- Speaker #0
Voilà, Karine a son agence d'archi, elle.
- Speaker #1
Et toi, par contre, c'est devenu ton job.
- Speaker #0
c'est mon job, ouais.
- Speaker #1
Et, vous êtes ouvert toute l'année ?
- Speaker #0
On est ouvert toute l'année, non, il y a le mois de janvier où on est fermé. Ouais. Et, autrement, on est ouvert toute l'année et c'est quelque chose qui qui est appelé à évoluer parce qu'on a justement il va y avoir une augmentation de l'hébergement avec la maison qui va être aussi en location puis il ya aussi les la partie justement événementiel et la partie formation qui qui est en train d'être développé et ça c'est c'est quelque chose sur lequel je compte m'investir parce que c'est c'est une partie voilà c'est une partie créative un petit peu toute neuve à faire et à inventer et ça ça me plaît bien ouais top est-ce que
- Speaker #1
ça va donner en brin d'herbe dans 10 ans ?
- Speaker #0
Il y a deux pistes. En brin d'herbe dans 10 ans, ça peut être simplement arriver, et ça pour moi, ça serait un challenge. Toute ma vie, j'ai pensé à création, développement, et puis recréation, redéveloppement, et puis recréation, redéveloppement, sans être dans la partie peaufiner les détails. Donc, ça pourrait être un challenge pour moi. simplement voir comment avec le potentiel qu'on a ici comment on peut le pousser jusqu'au mieux dans ses moindres détails. Ça c'est une possibilité. Donc en brin d'herbe, rester en brin d'herbe sur ce territoire de 5000 m² intégré à Plogeuf, au bout du Finistère. Mais ça pourrait être aussi ce concept-là, tel qu'on l'a développé, tel qu'on l'a pensé, essayer d'aider des personnes à recréer à partir de ce concept-là, à créer des lieux. Et nous, simplement, nous placer en tant qu'accompagnateurs de ces créations de lieux, puisque je n'ai pas forcément envie de développer des mini-embrins d'herbe. Pour moi, tout seul, les multiplier, ce n'est pas du tout l'objectif. Mais par contre, accompagner des gens, je pense qu'on a un profil qui est assez atypique, à la fois de concepteur et de réalisateur. On a cette expérience du vécu de ce lieu-là et on a déjà reproduit des lieux pour différentes personnes. Il y a eu une cinquantaine en tout, on a participé à une cinquantaine de lieux, on va dire un peu multifonctions. comme celui-ci et c'est ça ça peut être ça dans 10 ans ça peut être Embrun d'herbe reste Embrun d'herbe à ce niveau-là au niveau physique mais ça peut être aussi tout un accompagnement pour les gens qui créent des lieux de ce type-là avec des multicompétences parce que finalement nous je dirais qu'on a pu on a évité ça aurait pu assez mal se passer finalement si on n'avait pas quelque part notre A la fois, on a été chef d'entreprise avant, à la fois, on est archi, donc on a cette vision assez globale. Ça nous a pas mal aidé et je pense que quand tu débarques dans ce milieu-là, que tu as une idée de projet et que tu n'as pas cette vision globale, que tu n'as jamais été entrepreneur. Je pense qu'il y a pas mal de risques. Et c'est bien, je pense, l'idée de se faire accompagner, c'est quelque chose qui est quand même super important. Et c'est comme se former, c'est un truc qui... C'est jamais de l'argent perdu, au contraire, c'est un booster, donc c'est important.
- Speaker #1
Et tu soulèves un sujet assez intéressant, parce que je pense que d'un point de vue, alors pas que dans l'entrepreneuriat, mais on a tendance à investir... Tu vois, on peut investir sur son équipe, former son équipe, former des gens qui nous entourent, développer des outils, etc. Et ce qui arrive en bout de fil, généralement, c'est nous. Là où on investit le moins d'argent et de temps, c'est sur nous. Sous prétexte qu'on apprend et qu'on vit des expériences. Mais on passe très peu de temps à... à se poser, à se faire accompagner et à faire ce qu'on appelle, tu vois, tu parlais de ton coach du développement personnel, tu vois, et ça, c'est une phase, je pense, qui est plus qu'indispensable pour l'avoir faite aussi, tu vois, post-Swenson et conseillée par plusieurs entrepreneurs aussi. Et en fait, tu te demandes pourquoi on ne fait pas plus d'heures sur nous,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
Et c'est un truc de dingue parce que... Tu peux passer une vie sans parler de toi. Je trouve ça dommage parce qu'on cherche à développer, on cherche à former et à faire en sorte que les gens soient meilleurs autour de nous. Mais ce n'est pas une évidence de le faire sur soi-même.
- Speaker #0
Et là, ton concept de présenter des lieux un peu atypiques, justement, comment tu crées un lieu atypique si toi, tu n'existes pas pleinement ? Et en fait, le côté développement personnel, il est hyper important du coup, parce que c'est bien dans toi qu'il faut investir pour créer un lieu authentique. Et sinon, tu vas juste reproduire quelque chose que tu as déjà vu quelque part. On le fait toujours plus ou moins, mais tu as besoin d'aller chercher un petit peu dans toi pour le réaliser. C'est pour ça que, par exemple, dans les formations qu'on fait ici, Alice qui travaille donc ici, qui est masseuse et prof de yoga. tu vois on va Coller dans la formation, même si on parle d'entrepreneuriat par exemple, dans cette même journée, il va peut-être y avoir des massages, il va peut-être y avoir un atelier en permaculture, les mains dans la terre, il va peut-être y avoir des cours de yoga, il va peut-être y avoir une méditation. Tout ça, c'est créer un contexte où tu vas pouvoir aller vraiment un peu creuser de qui je suis, de quoi j'ai envie. Mon idée, c'est pourquoi je la veux et comment je peux aller au plus loin pour qu'elle colle au mieux à moi. Et après, évidemment, ça n'empêche pas d'avoir ce regard pragmatique sur la faisabilité économique, etc. Mais c'est important, ce que tu dis, c'est investir dans soi. C'est aussi pour ça qu'on voit aujourd'hui se développer beaucoup de choses autour du bien-être. Les gens, je pense, aussi avec ces phases un petit peu qu'on peut ressentir comme chaotiques, on a besoin aussi de se centrer pour être bien clair dans nos envies de créativité. Et c'est pour ça que ce genre de lieu est appelé à se développer aussi. C'est ce qui fait leur succès. On a beaucoup de gens qui viennent. On a des entreprises qui viennent bosser ici. On a des gens qui viennent écrire leurs bouquins. On a des gens qui, quelque part, ne sont pas uniquement en mode touristique, mais sont en mode création.
- Speaker #1
À titre d'exemple, tu as des boîtes comme Ocaran qui sont venues passer du temps ici. T'as des artistes,
- Speaker #0
t'as tous les profils. On a aussi des familles qui viennent juste passer du bon temps. Mais c'est vrai qu'on est intéressé de voir que finalement, cet ensemble où on travaille sur le lieu, mais aussi sur ce qu'on propose à travers une nourriture saine, à travers le soin des gens, c'est ce qu'apporte Alice. Vraiment, quand je vois ressortir les personnes sur un petit tapis volant de la salle de massage, je suis contemporain quelque part. Je me dis, c'est bien, on apporte, c'est assez noble finalement en ces temps-ci d'apporter du bonheur aux gens.
- Speaker #1
Carrément, et je reviens là-dessus, mais tu le citais, mais tu vois, dans la création de lieu, tout le monde peut le faire, tu vois, pour le coup, créer un lieu. en s'entourant des bonnes personnes, que ce soit des architectes, différents corps de métier et tout. Créer un lieu de vie, c'est différent. Et cette phase de ce qu'on veut y faire, pourquoi on veut le faire, elle est indispensable parce que sinon il y a une grosse déception qui peut nous attendre à l'issue de l'ouverture des portes. Et c'est ce que tu dis très bien à travers votre formation et ce qu'on peut conseiller aussi aux gens qui veulent créer des lieux, c'est de bien comprendre pourquoi ils le font. et quelle valeur ils vont apporter à celui-là et jusqu'où ils sont prêts à aller pour l'incarner. Parce qu'il n'y a pas de secret, tu dois être la dixième ou la douzième personne qui participe à ce podcast. Et globalement, il y a un point commun, c'est l'investissement, la passion. Et ça, ce n'est pas à négliger. Parce que c'est ce qui fait, alors à différents... Peu importe l'unité sur laquelle on va travailler ou développer. Toi, tu étais sur la construction. Au départ, tu as été aussi... sur toute la gestion de la boîte et le développement de la marque. Donc, tu as touché un peu à tout. Il y a d'autres gens qui seront concentrés sur d'autres domaines, mais cet investissement, il est nécessaire et il est primordial pour créer un vrai lieu de vie authentique.
- Speaker #0
C'est vrai ce que tu dis entre créer le lieu et créer un lieu de vie. Ce sont bien deux choses distinctes. C'est clair. Et on n'a pas toujours le... Quand tu parlais, ça m'a fait penser à quelque chose, c'est le côté l'investissement qu'on doit mettre. Il faut vraiment, je pense, faire attention à dans quelle mesure moi je garde ma part pour aller m'enrichir moi-même, pour pouvoir continuer à m'investir vraiment dans ce projet-là. Moi par exemple, ma solution c'est que j'ai besoin de voyager l'hiver, j'ai besoin d'aller me ressourcer. d'autres personnes vont... pas avoir ce même besoin-là. Moi, j'ai besoin d'aller me prendre des moments de pause où j'écris, où je me pose.
- Speaker #1
Tu as mis du temps aussi à l'identifier. C'est pareil. Je ne veux pas du tout qu'on soit en mode donneur de leçons ou quoi. Attention, cette étape de développement personnel, je pense qu'elle intervient souvent quand on a un peu un élément déclencheur ou qu'on touche le fond et qu'il y a quelque chose où effectivement, il faut se reprendre un peu en main et comprendre. Comment on peut gérer au mieux les années qui arrivent et qui viennent ?
- Speaker #0
Voilà, clairement il y a deux ans et demi j'ai failli y passer, donc ça a certainement joué. Ça a été le moment déclencheur où je me suis dit attention, là tu prends un message fort. Donc qu'est-ce que tu fais de ce message-là ? Effectivement, ce n'est pas le tout d'avancer, mais il faut savoir pourquoi j'avance. Et donc là, tu as besoin d'aller faire ton petit chemin et voir qui tu es et ce que tu attends de la vie et du coup, ce que vraiment tu es crédible à transmettre. et pas juste coller à une image que tu voudrais. Cette recherche d'authenticité, ça passe par un chemin perso, ça c'est clair. Et tu ne peux pas le faire en n'étant que dans l'idée entreprise à l'ancienne où je prends un concept et je le développe. Je crois qu'aujourd'hui, on a vraiment besoin dans les entreprises qui fonctionnent, ça peut être qu'à la source en fait pour avoir une idée claire il faut vraiment avoir vraiment fait ce chemin intervient après jeudi entreprises à l'ancienne mais finalement quand tu regardes des mecs comme sylvio bz ils ont quand même faire des sacrés des sacrés passage aussi en genre chemin chemin perso donc c'est intéressant de voir toutes ces histoires de tous ces gens là qui sont passés par des phases vraiment pas conventionnel non c'est clair mais c'est en tout cas c'est...
- Speaker #1
Et c'est là où ça valorise énormément, tu vois, que ce soit l'échec, que ce soit l'erreur, que ce soit des étapes un peu très fortes à passer, tu vois, difficiles à passer. Et en fait, c'est à ce moment-là où tu peux valoriser ces moments-là. Généralement, c'est une fois que tu les as passés, tu vois, tu ne les attends pas les bras ouverts. Mais en tout cas, ça permet de relativiser un peu et justement de se dire quoi. ça aura au moins servi à ça.
- Speaker #0
Heureusement, tout le monde n'a pas besoin de passer par une phase hard pour aller faire ce petit chemin.
- Speaker #1
C'est clair. Maintenant, c'est vrai que c'est quand même généralement un élément déclencheur. Donc on a beau dire ce qu'on veut, c'est ce qui nous pousse à se remettre en question à un moment donné.
- Speaker #0
C'est un peu le point entre guillemets, c'est un peu le point positif de l'époque dans laquelle on est actuellement, c'est qu'avoir un peu toutes ces espèces de petits bouts de choses qui s'effondrent à droite à gauche C'est une forme de toucher le fond à un certain niveau et du coup, ça nous amène certainement à réagir et à réagir intelligemment et on sent bien qu'il faut faire de la place pour l'intelligence et l'authenticité. Carrément.
- Speaker #1
Complètement. Écoute, merci beaucoup Franck. On a fait notre petite heure. On en est pas mal.
- Speaker #0
Le feu s'éteint, mais en même temps, le soleil prend la relève. C'est ça.
- Speaker #1
Et là, on arrive sur une... Elle est basse à 15h je crois. Non c'est nickel. Le temps d'aller chercher les planches et puis aller se faire une petite session. Où est-ce qu'on peut te suivre ? On a Instagram avec Ambrin d'herbe.
- Speaker #0
Oui il y a Ambrin d'herbe.com donc le site qui va être complètement refait, ça c'est un projet de cette année. Et puis évidemment les médias classiques, Facebook,
- Speaker #1
Insta, je mettrai les petits liens pareil en... en description du podcast. Écoute, merci beaucoup, Franck.
- Speaker #0
Merci à toi, parce que c'est une idée qui est assez top, je trouve, de faire un espèce de condensat, de voir toutes ces petites graines qui ont germé et qui ont créé des lieux un peu forts. Et c'est important, parce que ça... C'est une source d'inspiration pour toutes les personnes qu'on voit nous arriver. Donc moi, je n'hésiterai pas aussi à partager ton lien parce qu'on a une évidence. Les gens sont en recherche un peu de ça. Et c'est important ce que tu fais pour donner la parole un petit peu à ces créateurs de lieux.
- Speaker #1
Carrément. Et puis, c'est vous qui faites le taf. pose des questions, vous racontez l'histoire et c'est vous qui inspirez.
- Speaker #0
Il me semble que tu as fait un peu de taf aussi, que tu as fait aussi des beaux lieux et des belles choses.
- Speaker #1
C'est surtout que je trouve l'écosystème un petit peu opaque et autant pour avoir été pas mal dans l'univers tech, digital où on a beaucoup de ressources, dans cet univers-là qui est plus physique, qui ne... est bourré de fausses idées ça nécessite un peu de transparence et ça passe par vos parcours à tous et je pense que j'espère en tout cas que ça fera écho et que ça permettra à certains et certaines de développer leur projet avec des clés qu'on n'a pas forcément tu vois sur le web ou après ça passe par des formations tu vois mais ça ça se met en place petit à petit je trouve ça avant les formations il faut déjà voir
- Speaker #0
Avoir toutes ces sources d'inspiration qui vont te permettre d'affûter un peu toi qui t'es, quelle est ton idée, vers quoi tu veux aller, c'est ce que tu fais. Avec la diversité des personnes que tu interviews, c'est intéressant pour les personnes de se sentir un peu à quel... vers quoi je me dirige.
- Speaker #1
Et une des difficultés de cet univers, c'est la diversité et la différence de modèles économiques, de moyens d'y arriver. Et donc l'idée, c'est de présenter un maximum de schémas. Et en fait, ce qui est assez fou, c'est que sur toutes les interviews, tu n'as pas une personne qui a le même modèle pour arriver à la création d'un lieu. peut acheter qui va acheter tout de suite celui qui a pas acheté celui qui a acheté il ya 15 ans ou 20 ans et puis qui monte ça tu vois trente ans plus tard enfin voilà il n'y a pas de ya pas de règles mais en tout cas ça donnera un max d'exemples c'est vrai que le modèle économique on n'a pas détaillé tout ça c'est vrai que nous
- Speaker #0
on est ça a été un des principes ici c'est on a fait tout sans emprunt mais c'est voilà c'était un choix on a on aurait pu l'aborder de façon complètement différentes et c'est vrai que ça Cette diversité d'approches, elle fait référence à justement qui je suis et de quoi j'ai envie et pourquoi je vais mettre l'accent sur telle ou telle chose. Ce qu'on a créé ici, ce n'est pas forcément à reproduire exactement, c'est simplement à voir en quoi ça peut inspirer et effectivement aussi quelles erreurs ont été faites. Et comment moi je peux rebondir avec mon projet par rapport à ces erreurs-là et ce que ça résonne en moi, ce que ça fait résonner en moi. Et là, tu parles de toute cette diversité. Je trouve que c'est vraiment chouette que tu arrives à réunir sur une plateforme la possibilité d'avoir un peu toutes ces sources-là. Parce que quand on est un peu en recherche sur le web, tu peux être assez paumé. En fait, c'est assez difficile. Il y en a beaucoup de lieux comme ça, mais quels sont les... lieux authentiques, quels sont les faux, entre guillemets, lieux où il n'y a pas de faux lieux, mais il n'y a pas toujours une passion derrière.
- Speaker #1
Et après, ça se respecte. Il y en a pour tout le monde. Maintenant, c'est... L'intérêt de ce podcast, une fois de plus, ça a été créé parce qu'on a eu ces échanges avec des personnes qui avaient vraiment cette... Tu vois, tu sens que c'est tout ce qui s'est passé les deux dernières années qui les a poussés à se remettre en question. Et du coup, de bien comprendre que ce qu'on doit regarder en premier, ce n'est pas vraiment les murs. Et ça, c'est un élément fort. Et du coup, ça passe par vos expériences et vos histoires. Et comme tu le disais, tu as des lieux qui sont peut-être plus monotones, mais à la limite, c'est un autre secteur, c'est un autre domaine. C'est de l'immobilier. Il y a des gens qui en parlent très bien. Et aujourd'hui, il y a plein de concepts comme les nôtres qui alimentent. tu vois d'un point de vue vitrine des projets plus tournés sur du foncier et très bien et c'est vrai qu'il y en a qui en parlent mieux que moi sur des sujets de structuration tout ça mais en tout cas l'idée est pas là avec ce podcast et au moins on peut mettre en avant ces histoires merci beaucoup à bientôt Merci beaucoup d'avoir écouté jusqu'au bout n'hésitez pas à m'envoyer vos retours d'expérience j'adore recevoir vos commentaires et si cet épisode vous a plu n'oubliez pas de le partager autour de vous vous abonner sur votre plateforme préférée si vous avez un peu de temps devant vous d'y laisser une note 5 étoiles et un petit commentaire ça m'aidera à remonter dans les classements. LOBBY Talks c'est produit par The Crafted Hospitality Garage une plateforme de professionnels dédiés à celles et ceux qui créent des lieux hors du commun un espace pour échanger, se former, partager et obtenir des réponses à ces questions. Vous pouvez retrouver la plateforme sur https://ciao-lobby.com Encore merci à vous et à mercredi prochain pour un nouvel épisode.