Speaker #0Ce qu'on murmure parfois, ce qu'on rit, qu'on pleure, et surtout, ce qu'on partage. Alors, si ces sujets t'intéressent, je t'invite à t'abonner à ma chaîne. J'ai envie de vous raconter mon histoire, mes tâtonnements, mes joies, mes doutes, et puis surtout, de tendre le micro à d'autres femmes, pour qu'ensemble, on crée un espace de liberté et de sororité. Mama Bloom, ce n'est pas un podcast de pro. Je ne suis ni psy, ni experte. Je suis juste une maman. Une maman qui a envie de parler vrai et de créer un cocon pour toutes celles qui cheminent vers la maternité ou qui sont déjà dedans, en plein dedans. Journal d'un ventre qui s'arrondit Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de la grossesse. C'est drôle, parce que pour mes épisodes précédents, j'avais une idée très claire de ce que je voulais raconter. Mais pour celui-ci, ça n'est pas venu aussi facilement. Neuf mois, c'est long. Il y a tellement de changements, d'examens, de rendez-vous. Et en même temps, on a l'impression d'appuyer sur pause. On couve, on se met dans une bulle. Pour ma part, j'ai eu la sensation d'être en mode veille. J'étais là, mais ailleurs, comme suspendue dans le temps. Pour me replonger dans ces souvenirs, j'ai ressorti le journal de grossesse que j'avais rempli pendant cette période. Neuf mois à t'attendre. Dedans, il y a mes ressentis, des dates, des photos, des échos. Un jour, je pourrai l'offrir à Aaron, mon fils. Il a déjà un an. Et pourtant, en réalisant tout ça, j'ai eu l'impression que ma grossesse datait d'une autre vie. Alors pour cet épisode, j'ai envie de rester fidèle à moi-même, sans filtre, sans tabou. Tout a commencé le 12 décembre 2023. Depuis quelques jours, j'avais une intuition très forte. Pour plaisanter, je disais à Nance, ce mois-ci, je le sens, ça va marcher. Lui était convaincu que ce serait plutôt en début d'année. On s'amusait à faire des pronostics, mais moi, je le pensais vraiment. Décembre, je le sentais comme notre mois. C'était son anniversaire, Noël approché, et puis l'idée d'un bébé pour Noël, c'était magique. Ce matin-là, c'était censé être mon premier jour de règle. Donc techniquement, je n'étais même pas en retard. Mais entre mon intuition et ce fameux test de grossesse qui traînait dans un tiroir, à 6h30 du matin, dans ma salle de bain, je me suis lancée. Quelques minutes plus tard, une barre est apparue. Ou du moins j'avais l'impression d'en voir une. J'ai cru halluciner. Ni une, ni deux, j'ai pris mon téléphone et j'ai envoyé à Anne-Laure, mon amie, mon soutien pendant mes essais bébés et après ma fausse couche. Je lui ai écrit « Je rêve où il y a deux barres » . Elle me répond de suite. Oui, oui, avec plein d'émojis faites et de cœur. Oh punaise, mon cœur débordait de joie. J'avais envie de pleurer. Mais en même temps, ma tête me répétait de ne pas trop m'emballer. Je gardais ce secret pour moi. La barre était là, mais claire. Alors, en allant travailler, je me suis arrêtée à la pharmacie pour acheter un test plus précis, qui date la grossesse. Et le verdict est tombé. Deux à trois semaines. C'était confirmé. J'ai appelé mon spécialiste en fertilité. Après ma fausse couche, il avait incité pour me suivre de plus près si une nouvelle grossesse arrivait. Rendez-vous pris pour la semaine suivante. Quelques jours plus tard, c'était l'anniversaire de Nance. J'avais prévu une surprise, un week-end en amoureux à Rome, avec une suite et jacuzzi. Mais enceinte, c'était déconseillé. Et cette fois-ci, je ne voulais prendre aucun risque. Alors j'ai décidé de lui annoncer la grossesse avant le départ. J'avais envie d'une annonce originale. En décembre, avec Noël qui approchait, les idées ne manquaient pas. Avec l'aide d'une amie, j'ai mis en scène un petit lutin farceur, tenant le test de grossesse sur une photo polaroïde, accompagnée d'une lettre au Père Noël. Quand Nance est rentré à la maison, il a trouvé la mise en scène. J'avoue, je ne suis pas certaine qu'il ait tout compris tout de suite. Mais son sourire m'a suffi. Il était heureux. Et c'était ça le plus important. Notre séjour à Rome était magique. Je ne suis pas croyante, mais devant toutes les crèches de Noël, je priais intérieurement pour que mon bébé reste bien au chaud, dans sa petite crèche à moi. Au retour, j'avais rendez-vous avec le spécialiste. J'y suis allée le cœur serré et la peur de revisse que j'avais traversée la dernière fois. L'échographie montrait bien quelque chose. Mais il a dit, c'est encore un peu tôt pour se réjouir, on reste prudent. Et là, douche froide. D'autant plus que nous avions un voyage prévu à New York fin décembre. Le médecin a été clair. En tant que médecin, je ne peux pas vous recommander un vol transatlantique. Si jamais il y a une urgence médicale là-bas, ça sera compliqué. Je me suis effondrée intérieurement. Je me disais, tu vois, tu fais bien de ne pas trop te réjouir, même ton médecin n'est pas optimiste. Avec le recul, je comprends qu'il était simplement prudent, mais finalement, il m'a conseillé de faire une écho de contrôle le 25 décembre, la veille de notre départ, simplement pour vérifier que la grossesse évoluait bien. C'était le minimum avant de partir. Trouver un rendez-vous le jour de Noël, mission impossible. Et pourtant, j'ai trouvé un gynéco de garde. Et là, miracle de Noël. Le petit embryon avait bien grandi. Alors c'est parti, New York, nous voilà ! Le vol s'est bien passé, et moi j'étais surexcitée, parce que c'était ma première fois à New York. Et il faut dire que j'ai grandi bercée par des séries comme Gossip Girl, Sex in the City, Friends, alors forcément, être dans la Grande Pomme, c'était un peu iconique. On est arrivés de nuit, et la première chose qu'on a faite, c'est s'arrêter à Times Square. C'était fou, encore plus avec l'ambiance des fêtes. Les lumières, les grands écrans, toute cette effervescence. La ville brillait de mille feux. Mais très vite, j'ai découvert le revers de la médaille. Les odeurs de la ville. Et bonjour les nausées. Malgré ça, ce voyage resta inoubliable. Oui, il y eut les insomnies, sûrement le jet lag, mais aussi le bruit de la ville. Oui, il y eut ces petits désagréments de début de grossesse, mais j'ai adoré la dynamique de New York. On a beaucoup marché, en écoutant mon rythme bien sûr. On a fait plein de visites, une comédie musicale à Broadway, on a même retrouvé des amis sur place. Franchement, j'ai bien fait de partir à ce moment-là, pendant que j'étais encore en forme. Le retour a été un peu plus compliqué. J'avais pris froid dans l'avion. Et entre ça, le jet lag et mon petit secret à garder au travail, j'étais au bout de ma vie. Heureusement, l'hiver était là pour me donner une bonne excuse. Je me reposais beaucoup. Le soir après le travail et les week-ends, je me mettais en mode coucouning. D'habitude, avec Nance, on adore faire du sport ensemble. Courses à pied, renforcement musculaire, rando. Mais là, avec le froid, l'hiver et la neige... clairement pas mon truc, et surtout avec la grossesse, j'ai tout arrêté. Je m'étais toujours dit que le jour où je serais enceinte, je serais une fit-mum, et que je garderais mon rythme, bla bla bla. Mais en réalité, c'était bien différent. Entre la fatigue, les nausées, et le stress de perdre encore une fois mon bébé, j'ai lâché prise. J'ai décidé de faire une pause, de prendre soin de moi et de mon petit oeuf. Le reste, on verrait plus tard. Puis est venu le jour de l'échographie, celle que j'attendais et que je redoutais à la fois. Si tout allait bien, ce serait la dernière avec le spécialiste en fertilité, avant de pouvoir retrouver ma gynéco pour un suivi de grossesse plus classique. J'étais à 9 semaines aménorées, la même période que lors de ma précédente grossesse. Alors autant vous dire que j'étais terrifiée. Dans la salle d'attente, mes mains étaient moites, mon cœur s'emballait à chaque bruit de pas dans le couloir. Et puis la porte s'est ouverte. « C'est à vous, lanceur docteur. » Tout est allé si vite, il m'a invité à m'installer pour le contrôle, et là, au moment où il a inséré la sonde, après quelques secondes de silence suspendu, On a entendu ce bruit. Ce battement rapide, régulier, un petit cœur. J'ai senti mes larmes couler toutes seules, des larmes de pur soulagement. Ça y est, notre bébé était bien là, nous venions de franchir une nouvelle étape. Et ce son là, ce son, c'était la plus belle musique que j'avais jamais entendue. Un petit cœur qui battait au creux de mon ventre. Après ce rendez-vous, j'ai commencé à souffler un peu. J'étais soulagée de savoir que mon bébé allait bien. Le docteur l'avait même surnommé le petit cosmonaute. À ce stade, avec sa grosse tête et son petit corps, c'est vrai qu'il avait l'air d'un petit astronaute. Et ça nous avait bien fait rire. Je ne sais pas pourquoi, mais je m'étais persuadée que c'était une petite fille. Bien sûr, il fallait encore attendre longtemps avant de connaître le sexe. Mais je faisais confiance à mon intuition. Je disais souvent à Nance, je suis sûre c'est une fille. Et lui, pour me taquiner, il me répondait « Oh non, pas deux comme toi ! » Mais au fond, je savais qu'il aurait adoré avoir une fille. Je crois que c'est aussi pour ça que j'espérais secrètement que ce soit le cas. À nos débuts, avec Nance, on avait fait une bucket list. On est deux grands rêveurs, et c'est d'ailleurs ce que j'aime le plus chez lui. Il m'a toujours dit qu'il faut rêver grand. Que même si on ne réalise pas tout, au moins, on l'aura rêvé. C'est ce jour-là que j'ai su. C'était le match parfait. Un poète en plus ! Dans ma liste à moi, il y avait bien sûr plein de voyages. La nomade en moi n'est jamais rassasiée d'aventures. Il y avait le mariage, le fait de devenir maman, ça vous le savez déjà. Apprendre à jouer d'un instrument, sauter en parachute, j'ai toujours mille idées à la seconde. Lui, c'était un peu différent. Sa liste ressemblait plus à une philosophie de vie. Vivre sans regret, se donner à fond dans tout ce qu'il entreprend. Quelques voyages aussi autour de ses passions, le vélo, la pêche, l'ouest américain, qu'on a d'ailleurs réalisé ensemble. Et puis, il y avait cette phrase, j'aimerais avoir une fille, juste pour ne pas risquer de faire de mon fils un cycliste. Alors oui, j'ai toujours gardé ça en tête. Et peut-être que mon intuition, c'était juste l'envie de lui offrir un de ses rêves. J'étais à 11 semaines aménorées. Jusque là, je n'avais encore rien acheté. Moi qui adore le shopping, là, aucune fièvre acheteuse. J'attendais. Il y avait toujours cette petite voix dans ma tête qui me disait « Attention, on ne sait jamais » . Même mon livre « 9 mois à t'attendre » , je n'osais pas le remplir. J'écrivais mes ressentis sur des bouts de papier que je glissais à l'intérieur en attendant d'être prête. Et je me suis posé cette question. Au bout de combien de temps on guérit vraiment d'un trauma ? Après ma fausse couche. J'avais pris soin de mes blessures invisibles. J'étais en paix avec le fait de vivre une nouvelle grossesse. Mais la peur, elle, la peur de perdre encore mon bébé, ne me quittait jamais. Je savais qu'il fallait lâcher prise, que la peur n'évite pas le danger. Mais comment faire taire ces petites voix qui murmurent ? Et si ? Imagine que ! C'est à ce moment-là que j'ai revu ma gynéco. J'étais tellement heureuse de la retrouver, et encore plus étant enceinte. Ce qui est drôle, c'est qu'elle aussi, elle attendait un bébé. Alors nos retrouvailles c'était un peu du genre félicitations, oh merci, félicitations à vous aussi, vous êtes à combien ? Et vous ? Pas trop fatigué ? Et vous ? Franchement c'était trop chou. Bon j'avoue, quand j'ai compris qu'elle ne serait pas là pour mon accouchement parce qu'elle allait partir en congé maternité, j'ai eu un petit moment de panique. Mais elle m'a vite rassurée, elle m'a promis de me confier à de très bonnes mains. Elle m'a refait une échographie, et comme à chaque fois, j'avais ce petit stress. Mais dès que j'ai entendu les battements de cœur, tout s'est envolé. Bébé allait bien. Et là sur l'écran, il sautait partout, comme un petit cabri, c'était trop drôle. J'étais fascinée par ces images. Fascinée de me dire, voilà, c'est ça qu'il y a dans mon ventre. J'ai profité de ce rendez-vous pour parler à ma gynéco de mes nausées. Parce que depuis New York, elle ne me laissait aucun répit. Franchement, c'était épuisant. Imaginez, une méchante gueule de bois qui dure des semaines et des semaines. Voilà, c'était ça tous les jours. La seule chose qui me soulageait un peu, c'était de manger. Alors oui, je savais très bien qu'on recommandait de grignoter des petites quantités, des choses saines. On m'avait même dit que les amandes, apparemment, c'était efficace contre les nausées. Mais soyons honnêtes, moi, j'avais envie de choses qui tiennent au corps. Des pâtes, des sandwiches, des kebabs et des frites, mon dieu ! Uniquement du salé ! Le sucre, aucun intérêt. Même mon petit chocolat noir à la fleur de sel du soir, je l'avais complètement laissé tomber. Évidemment, très vite, j'ai commencé à me sentir mal dans mon corps. Mon ventre était tendu sur tout le soir. Et puis, de petites rondeurs sont venues s'installer un peu partout, sur les poignées d'amour notamment. Résultat, ça ne se voyait pas vraiment que c'était une prise de poids pour la bonne cause. J'ai toujours eu un rapport compliqué avec mon corps. Alors forcément, quand j'ai commencé à m'épaissir, je ne me sentais pas très bien dans ma peau. Heureusement, ça n'avait pas l'air de perturber Nance. Lui, il me répétait sans cesse que j'étais belle. Et ça ? Ça m'a vraiment rassurée. Et puis là aussi, je me suis dit, lâche prise. Tu sais comment prendre soin de toi, tu verras après. C'est comme pour le sport, c'est qu'une pause. Le reste, ça reviendra. La fin du premier trimestre approchait enfin. Avec elle, la promesse de la fin des nausées. Et puis ce cap si important, celui où la grossesse devient un peu moins fragile, où le risque de fausse couche s'éloigne peu à peu. J'avais hâte de tourner la page, d'entrer dans ce deuxième trimestre. Mais avant cela, il restait une étape cruciale, l'échographie de la clarté nucale, celle qui permet de dépister certaines anomalies génétiques. Et encore une fois, rien ne va se passer comme prévu. Je vous raconte tout ça la semaine prochaine, dans le prochain épisode de Mama Bloom.