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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Musique Hello et bienvenue dans Mama Bloom, le podcast qui célèbre la maternité dans toute sa profondeur. Je suis Marie, une jeune maman d'un petit garçon qui s'appelle Aaron. Ici, on parle du désir d'enfant, de la grossesse, de la naissance, du postpartum et de tous ces sujets qui parlent aux femmes. Ce qu'on murmure parfois, ce qu'on rit, qu'on pleure, et surtout, ce qu'on partage. Alors, si ces sujets t'intéressent, je t'invite à t'abonner à ma chaîne. J'ai envie de vous raconter mon histoire, mes tâtonnements, mes joies, mes doutes, et puis surtout, de tendre le micro à d'autres femmes, pour qu'ensemble, on crée un espace de liberté et de sororité. Mama Bloom, ce n'est pas un podcast de pro, je suis ni psy, ni experte, je suis juste une maman. Une maman qui a envie de parler vrai, et de créer un cocon, pour toutes celles qui cheminent vers la maternité ou qui sont déjà dedans, en plein dedans. Peur au ventre. La semaine dernière, je vous ai laissé à la fin de mon premier trimestre de grossesse, juste avant l'étape importante, l'échographie de la clarté nucale. Un rendez-vous clé qui, comme vous allez l'entendre, ne s'est pas déroulé exactement comme je l'imaginais. J'étais à 13 semaines d'aménorée. Pour cet examen, je devais me rendre dans un centre d'échographie spécialisé. Le but était de vérifier que la grossesse évoluait bien, confirmer le terme, observer une première fois l'anatomie du foetus, mais aussi de dépister d'éventuelles anomalies, chromosomiques et la préeclampsie aussi. Un rendez-vous important. J'étais à la fin de mon troisième mois, et je commençais enfin à me détendre un peu. Le stress de la fausse couche s'éloignait doucement. Ce rendez-vous, je ne l'appréhendais pas trop finalement. Après ma perte, j'avais eu un suivi plus poussé que pour une grossesse classique. C'était à la fois rassurant et parfois anxiogène. Mais après avoir vu notre bébé bouger, entendu son cœur battre, je me disais « ça y est, nous avons eu notre lot de galère, maintenant tout va bien se passer » . Le sage-femme qui nous a accueillis était adorable. Il nous a mis tout de suite à l'aise. Avant de commencer, il a pris le temps de nous expliquer le déroulement de l'examen. Je lui posais cette question un peu naïve. Est-ce qu'il arrive souvent qu'il y ait des problèmes à ce stade ? Il me rassura. Non, c'est assez rare. Ne vous inquiétez pas, tout ira bien. Instinctivement, en me levant pour rejoindre le fauteuil, j'ai posé ma main sur le bureau en bois, comme pour me donner du courage. L'examen commença. Un peu de gel froid sur le ventre, puis les images apparurent à l'écran. Le sage-femme commentait chaque détail, ce qui me rassurait énormément. Là, c'est son petit cœur. Je prends les mesures, c'est parfait. Ici, son ventre, ses pieds, ses orteils, tout est là. Il taisantait même, et l'ambiance était légère. Puis soudain, le silence. Je l'observais prendre les mesures de la tête. Son visage avait perdu son sourire. Je sentais son sérieux. « Tout va bien ? » demandai-je la voix un peu tremblante. Un temps, puis il répondit. « Oui, j'essaie de reprendre des images pour remesurer la clarté nucale. » Encore un silence lourd. Et là, j'ai eu la sensation de tomber dans le vide, comme une chute de trente étages. Au bout d'un moment, il posa l'appareil et il dit calmement. « Je reviens, je vais chercher le médecin. » Mon cœur s'emballait. Il y avait un problème avec mon bébé. Le médecin arriva. Ensemble, ils reprirent les mesures. Ils chuchotaient entre eux. « Vous voyez là ? Vous avez pris la mesure ici ? On va refaire. » Je ne comprenais rien. C'était horrible. Puis, enfin, ils m'expliquèrent. « L'épaisseur de la nuque de votre bébé est un peu plus importante que la moyenne. Normalement, elle doit être en dessous de 3 mm. Ici, nous avons mesuré 3,7. » Le sage-femme tenta de relativiser. En Suisse, la limite est fixée à 3 mm. En France, c'est 3,5. Selon les pays, le seuil est différent. Mais le médecin, elle, était plus directe. Dans votre cas, cela nous amène à un risque accru d'anomalie génétique. Nous vous recommandons la choriosynthèse. C'est un examen invasif, je dois vous prévenir qu'il comporte un risque de fausse couche. Mais pour vous, je pense que c'est nécessaire. J'étais perdue, complètement paniquée à l'intérieur. Heureusement, on en s'apprit la parole. Votre collègue disait qu'en France, la limite était à 3,5. Comme nous sommes français, est-ce que là-bas, on nous conseillerait aussi de faire cet examen invasif ? La médecin resta prudente. Je ne peux pas vous dire ce qu'un confrère français aurait décidé, mais sachez que 3,7... C'est suffisamment significatif pour que nous vous incitions à le faire. J'avais entendu parler du test DPNI, cette prise de sang capable de dépister la trisomie avec une grande fiabilité. Alors pourquoi un geste si risqué ? Elle répondit. Le DPNI s'est proposé quand il y a un facteur de risque. Mais là, entre votre âge et la mesure de la nuque, les résultats seraient de toute façon quasi positifs. Vous auriez quand même à passer la courriocynthèse ensuite. Et puis elle ajouta presque mécaniquement Je peux vous proposer l'examen dès lundi matin, si ça vous convient. Mon monde s'est figé. En sortant du rendez-vous, j'étais furieuse. Je pleurais de colère et de rage. Je n'arrivais pas à croire que ça nous arrivait encore. La peur, le stress, mais pourquoi moi ? Pourquoi je devais revivre ça ? En arrivant à la maison, j'ai appelé ma mère. J'étais anéantie. Elle essayait de me rassurer, elle m'a tout de suite proposé de monter en Suisse pour être là le jour de l'examen. Comme je devais rester tranquille après, elle voulait s'occuper de moi, me tenir compagnie, surtout en attendant les résultats. Mais au fond de moi, j'avais la haine. J'en voulais à la terre entière. Je lui ai dit entre mes sanglots, « Tu te rends compte maman ? Je fais quoi s'il testait positif ? Si mon bébé a une anomalie génétique ? » Pendant nos essais, on avait déjà eu cette discussion avec Nance. On s'était dit que si un tel risque se présentait, Nous ne souhaiterions pas poursuivre la grossesse. En théorie, c'était une décision claire. Mais en vrai, c'était une décision monstrueuse. Parce que là, ce n'était plus une idée abstraite. C'était mon bébé. Un bébé que j'avais vu vivre en moi. Un bébé dont j'avais entendu le cœur battre. Et je disais à ma mère la voix brisée. Je te préviens, maman, je ne pourrai jamais me remettre d'une telle épreuve. Et je pleurais. Je pleurais de tout mon corps Cette soirée-là, je l'ai passée à lire des articles sur le sujet, des forums, des témoignages d'autres mamans. Et franchement, c'était encore pire. Au lieu de me rassurer, ça m'a fait sombrer. Le lendemain, j'ai décidé d'appeler ma gynécologue pour avoir son avis sur la courriocynthèse. Mais pas de chance, elle était en plein accouchement. Moi, j'allais devenir folle. J'avais besoin d'un avis, et j'en avais besoin tout de suite. Alors j'ai rappelé le docteur spécialiste en fertilité. Et lui, il ne m'a pas du tout rassurée. Il m'a dit... Je connais bien le médecin que vous avez vu. Elle est reconnue à Genève dans son domaine. Vous pouvez lui faire confiance. Comprenez bien qu'on ne vous conseille pas de faire un examen pour rien. Le risque de trisomie est de l'ordre de 1 sur 10. 1 sur 10. Je peux vous dire qu'après cet appel, j'étais fébrile. J'ai tout de suite appelé Nance pour lui raconter. Et ensemble, nous avons confirmé le rendez-vous pour l'examen la semaine suivante. Quelques heures plus tard... ma gynécologue m'a finalement rappelé. Et là, j'ai senti un vrai soutien. Elle m'a dit, 1 sur 10, c'est un peu juste. Mais dans tous les cas, faites-le. Et rassurez-vous, le médecin que vous avez vu, je la connais bien. Elle fait ce type d'intervention tous les jours, elle sait ce qu'elle fait. Un peu d'apaisement au milieu du chaos. Et puis rapidement, le jour de l'examen est arrivé. En temps normal, on pratique une amiosynthèse, c'est-à-dire qu'on prélève du liquide amniotique directement dans le ventre de la maman. Mais dans mon cas, à ce stade de la grossesse, on devait pratiquer une choriosynthèse. Ça veut dire qu'on vient prélever des cellules directement dans le placenta. Après une anesthésie locale, l'aiguille qui traverse la paroi abdominale, et avec une micro-pince chirurgicale, on prélève de minuscules fragments de placenta. Avec toutes les biopsies que j'avais subies plus jeune, la sensation n'était pas si différente. Comme si on venait gratter à l'intérieur. Ce n'est pas très agréable. Alors, j'ai fermé les yeux. Et j'ai essayé de respirer profondément. D'inspirer, d'expirer. En me répétant, ça va aller, ça va aller. Et surtout, je serrais très fort la main de Nance, qui était là à côté de moi, pour me soutenir. C'est parfait, m'a dit le médecin. J'envoie tout ça au laboratoire. Vous avez été parfaite. J'ai pu prélever suffisamment de matière pour faire un bon contrôle. Avec la clarté nucale, nous rentrions désormais dans ce qu'on appelle une grossesse à haut risque. Alors le médecin nous a conseillé de faire une prise de sang, à la fois pour moi, mais aussi pour Nance, afin d'être suivi ensuite par des spécialistes de la génétique. Honnêtement, on était sceptiques, ces examens coûtent une fortune, mais comme nous avions ce facteur à haut risque, tout était finalement pris en charge par nos assurances, alors on s'est dit autant le faire. Et puis, au milieu de toute cette lourdeur, il y eut une petite parenthèse drôle. Pour Nance, c'était sa toute première prise de sang, et elle a été faite par un sage-femme. On a éclaté de rire l'espèce d'un instant, ça nous a fait un bien fou de retrouver un peu de légèreté, parce que, depuis l'annonce de cette nuque trop épaisse, je n'avais vraiment plus le cœur à rire. Il fallait attendre deux jours, deux longs jours, pour connaître les résultats de trisomie 21, 13 et 18. Puis après 15 jours, pour d'autres résultats, mais il y avait moins de risques que ceux pour la trisomie. J'avais un arrêt de travail. Après l'intervention, je devais rester tranquille, éviter tout risque de fausse couche. Alors on passait le temps avec ma maman. On chillait devant des films, elle me préparait des petits plats que j'adore. J'étais chouchoutée, coucounée. Et ça me changeait vraiment les idées, la journée. Mais la nuit, c'était une autre histoire. Impossible de trouver le sommeil. J'avais cette impression que je ne pouvais plus me réjouir de ma grossesse. Comme si, à tout moment, tout pouvait s'arrêter. Alors je pleurais, en secret, dans le noir. En caressant mon ventre déjà bien arrondi à ce stade. Et je culpabilisais. Je me disais, est-ce que mon bébé ressent toute cette angoisse ? Est-ce qu'il perçoit mes peurs ? J'avais si peur de lui transmettre ce poids, cette tristesse, alors que je voulais juste l'inonder d'amour. Deux jours plus tard, enfin le téléphone a sonné. L'appel que j'attendais et que je redoutais tant. Croyez-moi, la première minute, j'ai littéralement arrêté de respirer. J'étais suspendue au combiné, prête à encaisser le verdict. Les examens sont revenus négatifs pour la trisomie. Cela réduit considérablement les facteurs d'anomalies génétiques. Vous devriez encore attendre 15 jours pour... pour le reste des résultats. C'est votre gynécologue qui vous les transmettra. En raccrochant, je me suis tournée vers ma mère. Et elle aussi, elle avait carrément arrêté de respirer. On s'est regardé et là, explosion de larmes. Mais cette fois, des larmes de soulagement. Et puis, je me suis mise à rire. Mince ! J'ai oublié de demander le sexe ! Parce que oui, le seul petit bonus de cet examen, c'est que nous pouvions connaître le sexe de notre bébé dès maintenant. Moi, j'avais oublié de demander. Comme quoi. Ce qui comptait vraiment, c'était juste que ce bébé aille bien. Dans la journée, ma gynéco m'a rappelé à son tour. Elle avait reçu les mêmes résultats. Alors j'en ai profité pour lui poser la fameuse question. « Et du coup, vous connaissez le sexe de notre bébé ? » « Oui, j'ai l'information sous les yeux. Vous voulez savoir ? » « Oui, oui, dites-moi ! » Un petit silence, et puis... « C'est un petit garçon ! » Le choc total. Moi qui étais persuadée à 200% que c'était une fille, Franchement, j'avoue j'ai été un peu déçue sur le moment surtout parce que je me disais mais quelle intuition pourrie j'ai moi alors ça fait des mois que je visualisais une fille et là tout s'effondrait mais très vite je me suis dit finalement je vais être la queen de la baraque et cette idée ça m'a beaucoup plu et puis honnêtement après ces jours d'angoisse le sexe de mon bébé c'était juste un détail Nance lui était aux anges, un petit gars il trouvait ça génial Quinze jours plus tard, nous avions rendez-vous chez Mediagenome, l'institut suisse spécialiste de la génétique. Les résultats de la prise de sang étaient bons, mais on nous a proposé d'aller plus loin, d'explorer d'éventuelles anomalies génétiques plus générales. Aujourd'hui, plus de 20 000 gènes peuvent être dépistés, des prédispositions à certains cancers, comme celui du cancer du sein, du côlon par exemple, et dans le fond, cette démarche, c'était aussi une manière de savoir si nous étions porteurs de certains gènes, et si oui, si nous pouvions les transmettre à notre bébé. De toute façon, nous avions déjà été embarqués dans tout ce processus, alors autant aller jusqu'au bout. Et finalement, les résultats étaient bons. Pour Aaron, tout allait bien. Pour Nance aussi, rien à signaler. Pour moi, un seul gène a été détecté. Une prédisposition à la rupture d'un névrisme aortique. Alors oui, c'est une information à garder en tête. Dans ma famille, il n'y a jamais eu de problème cardiaque. Et on peut très bien être porteur et ne jamais rien déclarer. Mais je sais maintenant que je dois surveiller mon cœur régulièrement. Rien d'alarmant, juste une vigilance. Je pouvais enfin souffler, reprendre le cours de ma grossesse. Bébé allait bien. Et concernant cette fameuse clarté nucale, les mesures allaient redevenir normales au fil de la grossesse. Tout ce stress, pour rien. Mais voilà, c'est notre histoire. Et si j'ai choisi de partager ici, c'est aussi pour sensibiliser sur le poids de tous ces examens. Parce que quand les médecins parlent de gros risques, on se sent... obligés d'aller au bout pour approfondir. Nous, nous avons eu de la chance, plus de peur que de mal. Mais pour d'autres familles, le résultat est bien plus douloureux. Et j'ai une tendre pensée pour toutes ces mamans, pour tous ces parents. Dans le prochain épisode, je vous raconterai la suite et fin de ma grossesse, avec des sujets un peu plus légers pour moi. Rendez-vous lundi prochain dans Mama Bloom. Sous-titrage Soci
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Musique Hello et bienvenue dans Mama Bloom, le podcast qui célèbre la maternité dans toute sa profondeur. Je suis Marie, une jeune maman d'un petit garçon qui s'appelle Aaron. Ici, on parle du désir d'enfant, de la grossesse, de la naissance, du postpartum et de tous ces sujets qui parlent aux femmes. Ce qu'on murmure parfois, ce qu'on rit, qu'on pleure, et surtout, ce qu'on partage. Alors, si ces sujets t'intéressent, je t'invite à t'abonner à ma chaîne. J'ai envie de vous raconter mon histoire, mes tâtonnements, mes joies, mes doutes, et puis surtout, de tendre le micro à d'autres femmes, pour qu'ensemble, on crée un espace de liberté et de sororité. Mama Bloom, ce n'est pas un podcast de pro, je suis ni psy, ni experte, je suis juste une maman. Une maman qui a envie de parler vrai, et de créer un cocon, pour toutes celles qui cheminent vers la maternité ou qui sont déjà dedans, en plein dedans. Peur au ventre. La semaine dernière, je vous ai laissé à la fin de mon premier trimestre de grossesse, juste avant l'étape importante, l'échographie de la clarté nucale. Un rendez-vous clé qui, comme vous allez l'entendre, ne s'est pas déroulé exactement comme je l'imaginais. J'étais à 13 semaines d'aménorée. Pour cet examen, je devais me rendre dans un centre d'échographie spécialisé. Le but était de vérifier que la grossesse évoluait bien, confirmer le terme, observer une première fois l'anatomie du foetus, mais aussi de dépister d'éventuelles anomalies, chromosomiques et la préeclampsie aussi. Un rendez-vous important. J'étais à la fin de mon troisième mois, et je commençais enfin à me détendre un peu. Le stress de la fausse couche s'éloignait doucement. Ce rendez-vous, je ne l'appréhendais pas trop finalement. Après ma perte, j'avais eu un suivi plus poussé que pour une grossesse classique. C'était à la fois rassurant et parfois anxiogène. Mais après avoir vu notre bébé bouger, entendu son cœur battre, je me disais « ça y est, nous avons eu notre lot de galère, maintenant tout va bien se passer » . Le sage-femme qui nous a accueillis était adorable. Il nous a mis tout de suite à l'aise. Avant de commencer, il a pris le temps de nous expliquer le déroulement de l'examen. Je lui posais cette question un peu naïve. Est-ce qu'il arrive souvent qu'il y ait des problèmes à ce stade ? Il me rassura. Non, c'est assez rare. Ne vous inquiétez pas, tout ira bien. Instinctivement, en me levant pour rejoindre le fauteuil, j'ai posé ma main sur le bureau en bois, comme pour me donner du courage. L'examen commença. Un peu de gel froid sur le ventre, puis les images apparurent à l'écran. Le sage-femme commentait chaque détail, ce qui me rassurait énormément. Là, c'est son petit cœur. Je prends les mesures, c'est parfait. Ici, son ventre, ses pieds, ses orteils, tout est là. Il taisantait même, et l'ambiance était légère. Puis soudain, le silence. Je l'observais prendre les mesures de la tête. Son visage avait perdu son sourire. Je sentais son sérieux. « Tout va bien ? » demandai-je la voix un peu tremblante. Un temps, puis il répondit. « Oui, j'essaie de reprendre des images pour remesurer la clarté nucale. » Encore un silence lourd. Et là, j'ai eu la sensation de tomber dans le vide, comme une chute de trente étages. Au bout d'un moment, il posa l'appareil et il dit calmement. « Je reviens, je vais chercher le médecin. » Mon cœur s'emballait. Il y avait un problème avec mon bébé. Le médecin arriva. Ensemble, ils reprirent les mesures. Ils chuchotaient entre eux. « Vous voyez là ? Vous avez pris la mesure ici ? On va refaire. » Je ne comprenais rien. C'était horrible. Puis, enfin, ils m'expliquèrent. « L'épaisseur de la nuque de votre bébé est un peu plus importante que la moyenne. Normalement, elle doit être en dessous de 3 mm. Ici, nous avons mesuré 3,7. » Le sage-femme tenta de relativiser. En Suisse, la limite est fixée à 3 mm. En France, c'est 3,5. Selon les pays, le seuil est différent. Mais le médecin, elle, était plus directe. Dans votre cas, cela nous amène à un risque accru d'anomalie génétique. Nous vous recommandons la choriosynthèse. C'est un examen invasif, je dois vous prévenir qu'il comporte un risque de fausse couche. Mais pour vous, je pense que c'est nécessaire. J'étais perdue, complètement paniquée à l'intérieur. Heureusement, on en s'apprit la parole. Votre collègue disait qu'en France, la limite était à 3,5. Comme nous sommes français, est-ce que là-bas, on nous conseillerait aussi de faire cet examen invasif ? La médecin resta prudente. Je ne peux pas vous dire ce qu'un confrère français aurait décidé, mais sachez que 3,7... C'est suffisamment significatif pour que nous vous incitions à le faire. J'avais entendu parler du test DPNI, cette prise de sang capable de dépister la trisomie avec une grande fiabilité. Alors pourquoi un geste si risqué ? Elle répondit. Le DPNI s'est proposé quand il y a un facteur de risque. Mais là, entre votre âge et la mesure de la nuque, les résultats seraient de toute façon quasi positifs. Vous auriez quand même à passer la courriocynthèse ensuite. Et puis elle ajouta presque mécaniquement Je peux vous proposer l'examen dès lundi matin, si ça vous convient. Mon monde s'est figé. En sortant du rendez-vous, j'étais furieuse. Je pleurais de colère et de rage. Je n'arrivais pas à croire que ça nous arrivait encore. La peur, le stress, mais pourquoi moi ? Pourquoi je devais revivre ça ? En arrivant à la maison, j'ai appelé ma mère. J'étais anéantie. Elle essayait de me rassurer, elle m'a tout de suite proposé de monter en Suisse pour être là le jour de l'examen. Comme je devais rester tranquille après, elle voulait s'occuper de moi, me tenir compagnie, surtout en attendant les résultats. Mais au fond de moi, j'avais la haine. J'en voulais à la terre entière. Je lui ai dit entre mes sanglots, « Tu te rends compte maman ? Je fais quoi s'il testait positif ? Si mon bébé a une anomalie génétique ? » Pendant nos essais, on avait déjà eu cette discussion avec Nance. On s'était dit que si un tel risque se présentait, Nous ne souhaiterions pas poursuivre la grossesse. En théorie, c'était une décision claire. Mais en vrai, c'était une décision monstrueuse. Parce que là, ce n'était plus une idée abstraite. C'était mon bébé. Un bébé que j'avais vu vivre en moi. Un bébé dont j'avais entendu le cœur battre. Et je disais à ma mère la voix brisée. Je te préviens, maman, je ne pourrai jamais me remettre d'une telle épreuve. Et je pleurais. Je pleurais de tout mon corps Cette soirée-là, je l'ai passée à lire des articles sur le sujet, des forums, des témoignages d'autres mamans. Et franchement, c'était encore pire. Au lieu de me rassurer, ça m'a fait sombrer. Le lendemain, j'ai décidé d'appeler ma gynécologue pour avoir son avis sur la courriocynthèse. Mais pas de chance, elle était en plein accouchement. Moi, j'allais devenir folle. J'avais besoin d'un avis, et j'en avais besoin tout de suite. Alors j'ai rappelé le docteur spécialiste en fertilité. Et lui, il ne m'a pas du tout rassurée. Il m'a dit... Je connais bien le médecin que vous avez vu. Elle est reconnue à Genève dans son domaine. Vous pouvez lui faire confiance. Comprenez bien qu'on ne vous conseille pas de faire un examen pour rien. Le risque de trisomie est de l'ordre de 1 sur 10. 1 sur 10. Je peux vous dire qu'après cet appel, j'étais fébrile. J'ai tout de suite appelé Nance pour lui raconter. Et ensemble, nous avons confirmé le rendez-vous pour l'examen la semaine suivante. Quelques heures plus tard... ma gynécologue m'a finalement rappelé. Et là, j'ai senti un vrai soutien. Elle m'a dit, 1 sur 10, c'est un peu juste. Mais dans tous les cas, faites-le. Et rassurez-vous, le médecin que vous avez vu, je la connais bien. Elle fait ce type d'intervention tous les jours, elle sait ce qu'elle fait. Un peu d'apaisement au milieu du chaos. Et puis rapidement, le jour de l'examen est arrivé. En temps normal, on pratique une amiosynthèse, c'est-à-dire qu'on prélève du liquide amniotique directement dans le ventre de la maman. Mais dans mon cas, à ce stade de la grossesse, on devait pratiquer une choriosynthèse. Ça veut dire qu'on vient prélever des cellules directement dans le placenta. Après une anesthésie locale, l'aiguille qui traverse la paroi abdominale, et avec une micro-pince chirurgicale, on prélève de minuscules fragments de placenta. Avec toutes les biopsies que j'avais subies plus jeune, la sensation n'était pas si différente. Comme si on venait gratter à l'intérieur. Ce n'est pas très agréable. Alors, j'ai fermé les yeux. Et j'ai essayé de respirer profondément. D'inspirer, d'expirer. En me répétant, ça va aller, ça va aller. Et surtout, je serrais très fort la main de Nance, qui était là à côté de moi, pour me soutenir. C'est parfait, m'a dit le médecin. J'envoie tout ça au laboratoire. Vous avez été parfaite. J'ai pu prélever suffisamment de matière pour faire un bon contrôle. Avec la clarté nucale, nous rentrions désormais dans ce qu'on appelle une grossesse à haut risque. Alors le médecin nous a conseillé de faire une prise de sang, à la fois pour moi, mais aussi pour Nance, afin d'être suivi ensuite par des spécialistes de la génétique. Honnêtement, on était sceptiques, ces examens coûtent une fortune, mais comme nous avions ce facteur à haut risque, tout était finalement pris en charge par nos assurances, alors on s'est dit autant le faire. Et puis, au milieu de toute cette lourdeur, il y eut une petite parenthèse drôle. Pour Nance, c'était sa toute première prise de sang, et elle a été faite par un sage-femme. On a éclaté de rire l'espèce d'un instant, ça nous a fait un bien fou de retrouver un peu de légèreté, parce que, depuis l'annonce de cette nuque trop épaisse, je n'avais vraiment plus le cœur à rire. Il fallait attendre deux jours, deux longs jours, pour connaître les résultats de trisomie 21, 13 et 18. Puis après 15 jours, pour d'autres résultats, mais il y avait moins de risques que ceux pour la trisomie. J'avais un arrêt de travail. Après l'intervention, je devais rester tranquille, éviter tout risque de fausse couche. Alors on passait le temps avec ma maman. On chillait devant des films, elle me préparait des petits plats que j'adore. J'étais chouchoutée, coucounée. Et ça me changeait vraiment les idées, la journée. Mais la nuit, c'était une autre histoire. Impossible de trouver le sommeil. J'avais cette impression que je ne pouvais plus me réjouir de ma grossesse. Comme si, à tout moment, tout pouvait s'arrêter. Alors je pleurais, en secret, dans le noir. En caressant mon ventre déjà bien arrondi à ce stade. Et je culpabilisais. Je me disais, est-ce que mon bébé ressent toute cette angoisse ? Est-ce qu'il perçoit mes peurs ? J'avais si peur de lui transmettre ce poids, cette tristesse, alors que je voulais juste l'inonder d'amour. Deux jours plus tard, enfin le téléphone a sonné. L'appel que j'attendais et que je redoutais tant. Croyez-moi, la première minute, j'ai littéralement arrêté de respirer. J'étais suspendue au combiné, prête à encaisser le verdict. Les examens sont revenus négatifs pour la trisomie. Cela réduit considérablement les facteurs d'anomalies génétiques. Vous devriez encore attendre 15 jours pour... pour le reste des résultats. C'est votre gynécologue qui vous les transmettra. En raccrochant, je me suis tournée vers ma mère. Et elle aussi, elle avait carrément arrêté de respirer. On s'est regardé et là, explosion de larmes. Mais cette fois, des larmes de soulagement. Et puis, je me suis mise à rire. Mince ! J'ai oublié de demander le sexe ! Parce que oui, le seul petit bonus de cet examen, c'est que nous pouvions connaître le sexe de notre bébé dès maintenant. Moi, j'avais oublié de demander. Comme quoi. Ce qui comptait vraiment, c'était juste que ce bébé aille bien. Dans la journée, ma gynéco m'a rappelé à son tour. Elle avait reçu les mêmes résultats. Alors j'en ai profité pour lui poser la fameuse question. « Et du coup, vous connaissez le sexe de notre bébé ? » « Oui, j'ai l'information sous les yeux. Vous voulez savoir ? » « Oui, oui, dites-moi ! » Un petit silence, et puis... « C'est un petit garçon ! » Le choc total. Moi qui étais persuadée à 200% que c'était une fille, Franchement, j'avoue j'ai été un peu déçue sur le moment surtout parce que je me disais mais quelle intuition pourrie j'ai moi alors ça fait des mois que je visualisais une fille et là tout s'effondrait mais très vite je me suis dit finalement je vais être la queen de la baraque et cette idée ça m'a beaucoup plu et puis honnêtement après ces jours d'angoisse le sexe de mon bébé c'était juste un détail Nance lui était aux anges, un petit gars il trouvait ça génial Quinze jours plus tard, nous avions rendez-vous chez Mediagenome, l'institut suisse spécialiste de la génétique. Les résultats de la prise de sang étaient bons, mais on nous a proposé d'aller plus loin, d'explorer d'éventuelles anomalies génétiques plus générales. Aujourd'hui, plus de 20 000 gènes peuvent être dépistés, des prédispositions à certains cancers, comme celui du cancer du sein, du côlon par exemple, et dans le fond, cette démarche, c'était aussi une manière de savoir si nous étions porteurs de certains gènes, et si oui, si nous pouvions les transmettre à notre bébé. De toute façon, nous avions déjà été embarqués dans tout ce processus, alors autant aller jusqu'au bout. Et finalement, les résultats étaient bons. Pour Aaron, tout allait bien. Pour Nance aussi, rien à signaler. Pour moi, un seul gène a été détecté. Une prédisposition à la rupture d'un névrisme aortique. Alors oui, c'est une information à garder en tête. Dans ma famille, il n'y a jamais eu de problème cardiaque. Et on peut très bien être porteur et ne jamais rien déclarer. Mais je sais maintenant que je dois surveiller mon cœur régulièrement. Rien d'alarmant, juste une vigilance. Je pouvais enfin souffler, reprendre le cours de ma grossesse. Bébé allait bien. Et concernant cette fameuse clarté nucale, les mesures allaient redevenir normales au fil de la grossesse. Tout ce stress, pour rien. Mais voilà, c'est notre histoire. Et si j'ai choisi de partager ici, c'est aussi pour sensibiliser sur le poids de tous ces examens. Parce que quand les médecins parlent de gros risques, on se sent... obligés d'aller au bout pour approfondir. Nous, nous avons eu de la chance, plus de peur que de mal. Mais pour d'autres familles, le résultat est bien plus douloureux. Et j'ai une tendre pensée pour toutes ces mamans, pour tous ces parents. Dans le prochain épisode, je vous raconterai la suite et fin de ma grossesse, avec des sujets un peu plus légers pour moi. Rendez-vous lundi prochain dans Mama Bloom. Sous-titrage Soci
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Musique Hello et bienvenue dans Mama Bloom, le podcast qui célèbre la maternité dans toute sa profondeur. Je suis Marie, une jeune maman d'un petit garçon qui s'appelle Aaron. Ici, on parle du désir d'enfant, de la grossesse, de la naissance, du postpartum et de tous ces sujets qui parlent aux femmes. Ce qu'on murmure parfois, ce qu'on rit, qu'on pleure, et surtout, ce qu'on partage. Alors, si ces sujets t'intéressent, je t'invite à t'abonner à ma chaîne. J'ai envie de vous raconter mon histoire, mes tâtonnements, mes joies, mes doutes, et puis surtout, de tendre le micro à d'autres femmes, pour qu'ensemble, on crée un espace de liberté et de sororité. Mama Bloom, ce n'est pas un podcast de pro, je suis ni psy, ni experte, je suis juste une maman. Une maman qui a envie de parler vrai, et de créer un cocon, pour toutes celles qui cheminent vers la maternité ou qui sont déjà dedans, en plein dedans. Peur au ventre. La semaine dernière, je vous ai laissé à la fin de mon premier trimestre de grossesse, juste avant l'étape importante, l'échographie de la clarté nucale. Un rendez-vous clé qui, comme vous allez l'entendre, ne s'est pas déroulé exactement comme je l'imaginais. J'étais à 13 semaines d'aménorée. Pour cet examen, je devais me rendre dans un centre d'échographie spécialisé. Le but était de vérifier que la grossesse évoluait bien, confirmer le terme, observer une première fois l'anatomie du foetus, mais aussi de dépister d'éventuelles anomalies, chromosomiques et la préeclampsie aussi. Un rendez-vous important. J'étais à la fin de mon troisième mois, et je commençais enfin à me détendre un peu. Le stress de la fausse couche s'éloignait doucement. Ce rendez-vous, je ne l'appréhendais pas trop finalement. Après ma perte, j'avais eu un suivi plus poussé que pour une grossesse classique. C'était à la fois rassurant et parfois anxiogène. Mais après avoir vu notre bébé bouger, entendu son cœur battre, je me disais « ça y est, nous avons eu notre lot de galère, maintenant tout va bien se passer » . Le sage-femme qui nous a accueillis était adorable. Il nous a mis tout de suite à l'aise. Avant de commencer, il a pris le temps de nous expliquer le déroulement de l'examen. Je lui posais cette question un peu naïve. Est-ce qu'il arrive souvent qu'il y ait des problèmes à ce stade ? Il me rassura. Non, c'est assez rare. Ne vous inquiétez pas, tout ira bien. Instinctivement, en me levant pour rejoindre le fauteuil, j'ai posé ma main sur le bureau en bois, comme pour me donner du courage. L'examen commença. Un peu de gel froid sur le ventre, puis les images apparurent à l'écran. Le sage-femme commentait chaque détail, ce qui me rassurait énormément. Là, c'est son petit cœur. Je prends les mesures, c'est parfait. Ici, son ventre, ses pieds, ses orteils, tout est là. Il taisantait même, et l'ambiance était légère. Puis soudain, le silence. Je l'observais prendre les mesures de la tête. Son visage avait perdu son sourire. Je sentais son sérieux. « Tout va bien ? » demandai-je la voix un peu tremblante. Un temps, puis il répondit. « Oui, j'essaie de reprendre des images pour remesurer la clarté nucale. » Encore un silence lourd. Et là, j'ai eu la sensation de tomber dans le vide, comme une chute de trente étages. Au bout d'un moment, il posa l'appareil et il dit calmement. « Je reviens, je vais chercher le médecin. » Mon cœur s'emballait. Il y avait un problème avec mon bébé. Le médecin arriva. Ensemble, ils reprirent les mesures. Ils chuchotaient entre eux. « Vous voyez là ? Vous avez pris la mesure ici ? On va refaire. » Je ne comprenais rien. C'était horrible. Puis, enfin, ils m'expliquèrent. « L'épaisseur de la nuque de votre bébé est un peu plus importante que la moyenne. Normalement, elle doit être en dessous de 3 mm. Ici, nous avons mesuré 3,7. » Le sage-femme tenta de relativiser. En Suisse, la limite est fixée à 3 mm. En France, c'est 3,5. Selon les pays, le seuil est différent. Mais le médecin, elle, était plus directe. Dans votre cas, cela nous amène à un risque accru d'anomalie génétique. Nous vous recommandons la choriosynthèse. C'est un examen invasif, je dois vous prévenir qu'il comporte un risque de fausse couche. Mais pour vous, je pense que c'est nécessaire. J'étais perdue, complètement paniquée à l'intérieur. Heureusement, on en s'apprit la parole. Votre collègue disait qu'en France, la limite était à 3,5. Comme nous sommes français, est-ce que là-bas, on nous conseillerait aussi de faire cet examen invasif ? La médecin resta prudente. Je ne peux pas vous dire ce qu'un confrère français aurait décidé, mais sachez que 3,7... C'est suffisamment significatif pour que nous vous incitions à le faire. J'avais entendu parler du test DPNI, cette prise de sang capable de dépister la trisomie avec une grande fiabilité. Alors pourquoi un geste si risqué ? Elle répondit. Le DPNI s'est proposé quand il y a un facteur de risque. Mais là, entre votre âge et la mesure de la nuque, les résultats seraient de toute façon quasi positifs. Vous auriez quand même à passer la courriocynthèse ensuite. Et puis elle ajouta presque mécaniquement Je peux vous proposer l'examen dès lundi matin, si ça vous convient. Mon monde s'est figé. En sortant du rendez-vous, j'étais furieuse. Je pleurais de colère et de rage. Je n'arrivais pas à croire que ça nous arrivait encore. La peur, le stress, mais pourquoi moi ? Pourquoi je devais revivre ça ? En arrivant à la maison, j'ai appelé ma mère. J'étais anéantie. Elle essayait de me rassurer, elle m'a tout de suite proposé de monter en Suisse pour être là le jour de l'examen. Comme je devais rester tranquille après, elle voulait s'occuper de moi, me tenir compagnie, surtout en attendant les résultats. Mais au fond de moi, j'avais la haine. J'en voulais à la terre entière. Je lui ai dit entre mes sanglots, « Tu te rends compte maman ? Je fais quoi s'il testait positif ? Si mon bébé a une anomalie génétique ? » Pendant nos essais, on avait déjà eu cette discussion avec Nance. On s'était dit que si un tel risque se présentait, Nous ne souhaiterions pas poursuivre la grossesse. En théorie, c'était une décision claire. Mais en vrai, c'était une décision monstrueuse. Parce que là, ce n'était plus une idée abstraite. C'était mon bébé. Un bébé que j'avais vu vivre en moi. Un bébé dont j'avais entendu le cœur battre. Et je disais à ma mère la voix brisée. Je te préviens, maman, je ne pourrai jamais me remettre d'une telle épreuve. Et je pleurais. Je pleurais de tout mon corps Cette soirée-là, je l'ai passée à lire des articles sur le sujet, des forums, des témoignages d'autres mamans. Et franchement, c'était encore pire. Au lieu de me rassurer, ça m'a fait sombrer. Le lendemain, j'ai décidé d'appeler ma gynécologue pour avoir son avis sur la courriocynthèse. Mais pas de chance, elle était en plein accouchement. Moi, j'allais devenir folle. J'avais besoin d'un avis, et j'en avais besoin tout de suite. Alors j'ai rappelé le docteur spécialiste en fertilité. Et lui, il ne m'a pas du tout rassurée. Il m'a dit... Je connais bien le médecin que vous avez vu. Elle est reconnue à Genève dans son domaine. Vous pouvez lui faire confiance. Comprenez bien qu'on ne vous conseille pas de faire un examen pour rien. Le risque de trisomie est de l'ordre de 1 sur 10. 1 sur 10. Je peux vous dire qu'après cet appel, j'étais fébrile. J'ai tout de suite appelé Nance pour lui raconter. Et ensemble, nous avons confirmé le rendez-vous pour l'examen la semaine suivante. Quelques heures plus tard... ma gynécologue m'a finalement rappelé. Et là, j'ai senti un vrai soutien. Elle m'a dit, 1 sur 10, c'est un peu juste. Mais dans tous les cas, faites-le. Et rassurez-vous, le médecin que vous avez vu, je la connais bien. Elle fait ce type d'intervention tous les jours, elle sait ce qu'elle fait. Un peu d'apaisement au milieu du chaos. Et puis rapidement, le jour de l'examen est arrivé. En temps normal, on pratique une amiosynthèse, c'est-à-dire qu'on prélève du liquide amniotique directement dans le ventre de la maman. Mais dans mon cas, à ce stade de la grossesse, on devait pratiquer une choriosynthèse. Ça veut dire qu'on vient prélever des cellules directement dans le placenta. Après une anesthésie locale, l'aiguille qui traverse la paroi abdominale, et avec une micro-pince chirurgicale, on prélève de minuscules fragments de placenta. Avec toutes les biopsies que j'avais subies plus jeune, la sensation n'était pas si différente. Comme si on venait gratter à l'intérieur. Ce n'est pas très agréable. Alors, j'ai fermé les yeux. Et j'ai essayé de respirer profondément. D'inspirer, d'expirer. En me répétant, ça va aller, ça va aller. Et surtout, je serrais très fort la main de Nance, qui était là à côté de moi, pour me soutenir. C'est parfait, m'a dit le médecin. J'envoie tout ça au laboratoire. Vous avez été parfaite. J'ai pu prélever suffisamment de matière pour faire un bon contrôle. Avec la clarté nucale, nous rentrions désormais dans ce qu'on appelle une grossesse à haut risque. Alors le médecin nous a conseillé de faire une prise de sang, à la fois pour moi, mais aussi pour Nance, afin d'être suivi ensuite par des spécialistes de la génétique. Honnêtement, on était sceptiques, ces examens coûtent une fortune, mais comme nous avions ce facteur à haut risque, tout était finalement pris en charge par nos assurances, alors on s'est dit autant le faire. Et puis, au milieu de toute cette lourdeur, il y eut une petite parenthèse drôle. Pour Nance, c'était sa toute première prise de sang, et elle a été faite par un sage-femme. On a éclaté de rire l'espèce d'un instant, ça nous a fait un bien fou de retrouver un peu de légèreté, parce que, depuis l'annonce de cette nuque trop épaisse, je n'avais vraiment plus le cœur à rire. Il fallait attendre deux jours, deux longs jours, pour connaître les résultats de trisomie 21, 13 et 18. Puis après 15 jours, pour d'autres résultats, mais il y avait moins de risques que ceux pour la trisomie. J'avais un arrêt de travail. Après l'intervention, je devais rester tranquille, éviter tout risque de fausse couche. Alors on passait le temps avec ma maman. On chillait devant des films, elle me préparait des petits plats que j'adore. J'étais chouchoutée, coucounée. Et ça me changeait vraiment les idées, la journée. Mais la nuit, c'était une autre histoire. Impossible de trouver le sommeil. J'avais cette impression que je ne pouvais plus me réjouir de ma grossesse. Comme si, à tout moment, tout pouvait s'arrêter. Alors je pleurais, en secret, dans le noir. En caressant mon ventre déjà bien arrondi à ce stade. Et je culpabilisais. Je me disais, est-ce que mon bébé ressent toute cette angoisse ? Est-ce qu'il perçoit mes peurs ? J'avais si peur de lui transmettre ce poids, cette tristesse, alors que je voulais juste l'inonder d'amour. Deux jours plus tard, enfin le téléphone a sonné. L'appel que j'attendais et que je redoutais tant. Croyez-moi, la première minute, j'ai littéralement arrêté de respirer. J'étais suspendue au combiné, prête à encaisser le verdict. Les examens sont revenus négatifs pour la trisomie. Cela réduit considérablement les facteurs d'anomalies génétiques. Vous devriez encore attendre 15 jours pour... pour le reste des résultats. C'est votre gynécologue qui vous les transmettra. En raccrochant, je me suis tournée vers ma mère. Et elle aussi, elle avait carrément arrêté de respirer. On s'est regardé et là, explosion de larmes. Mais cette fois, des larmes de soulagement. Et puis, je me suis mise à rire. Mince ! J'ai oublié de demander le sexe ! Parce que oui, le seul petit bonus de cet examen, c'est que nous pouvions connaître le sexe de notre bébé dès maintenant. Moi, j'avais oublié de demander. Comme quoi. Ce qui comptait vraiment, c'était juste que ce bébé aille bien. Dans la journée, ma gynéco m'a rappelé à son tour. Elle avait reçu les mêmes résultats. Alors j'en ai profité pour lui poser la fameuse question. « Et du coup, vous connaissez le sexe de notre bébé ? » « Oui, j'ai l'information sous les yeux. Vous voulez savoir ? » « Oui, oui, dites-moi ! » Un petit silence, et puis... « C'est un petit garçon ! » Le choc total. Moi qui étais persuadée à 200% que c'était une fille, Franchement, j'avoue j'ai été un peu déçue sur le moment surtout parce que je me disais mais quelle intuition pourrie j'ai moi alors ça fait des mois que je visualisais une fille et là tout s'effondrait mais très vite je me suis dit finalement je vais être la queen de la baraque et cette idée ça m'a beaucoup plu et puis honnêtement après ces jours d'angoisse le sexe de mon bébé c'était juste un détail Nance lui était aux anges, un petit gars il trouvait ça génial Quinze jours plus tard, nous avions rendez-vous chez Mediagenome, l'institut suisse spécialiste de la génétique. Les résultats de la prise de sang étaient bons, mais on nous a proposé d'aller plus loin, d'explorer d'éventuelles anomalies génétiques plus générales. Aujourd'hui, plus de 20 000 gènes peuvent être dépistés, des prédispositions à certains cancers, comme celui du cancer du sein, du côlon par exemple, et dans le fond, cette démarche, c'était aussi une manière de savoir si nous étions porteurs de certains gènes, et si oui, si nous pouvions les transmettre à notre bébé. De toute façon, nous avions déjà été embarqués dans tout ce processus, alors autant aller jusqu'au bout. Et finalement, les résultats étaient bons. Pour Aaron, tout allait bien. Pour Nance aussi, rien à signaler. Pour moi, un seul gène a été détecté. Une prédisposition à la rupture d'un névrisme aortique. Alors oui, c'est une information à garder en tête. Dans ma famille, il n'y a jamais eu de problème cardiaque. Et on peut très bien être porteur et ne jamais rien déclarer. Mais je sais maintenant que je dois surveiller mon cœur régulièrement. Rien d'alarmant, juste une vigilance. Je pouvais enfin souffler, reprendre le cours de ma grossesse. Bébé allait bien. Et concernant cette fameuse clarté nucale, les mesures allaient redevenir normales au fil de la grossesse. Tout ce stress, pour rien. Mais voilà, c'est notre histoire. Et si j'ai choisi de partager ici, c'est aussi pour sensibiliser sur le poids de tous ces examens. Parce que quand les médecins parlent de gros risques, on se sent... obligés d'aller au bout pour approfondir. Nous, nous avons eu de la chance, plus de peur que de mal. Mais pour d'autres familles, le résultat est bien plus douloureux. Et j'ai une tendre pensée pour toutes ces mamans, pour tous ces parents. Dans le prochain épisode, je vous raconterai la suite et fin de ma grossesse, avec des sujets un peu plus légers pour moi. Rendez-vous lundi prochain dans Mama Bloom. Sous-titrage Soci
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Musique Hello et bienvenue dans Mama Bloom, le podcast qui célèbre la maternité dans toute sa profondeur. Je suis Marie, une jeune maman d'un petit garçon qui s'appelle Aaron. Ici, on parle du désir d'enfant, de la grossesse, de la naissance, du postpartum et de tous ces sujets qui parlent aux femmes. Ce qu'on murmure parfois, ce qu'on rit, qu'on pleure, et surtout, ce qu'on partage. Alors, si ces sujets t'intéressent, je t'invite à t'abonner à ma chaîne. J'ai envie de vous raconter mon histoire, mes tâtonnements, mes joies, mes doutes, et puis surtout, de tendre le micro à d'autres femmes, pour qu'ensemble, on crée un espace de liberté et de sororité. Mama Bloom, ce n'est pas un podcast de pro, je suis ni psy, ni experte, je suis juste une maman. Une maman qui a envie de parler vrai, et de créer un cocon, pour toutes celles qui cheminent vers la maternité ou qui sont déjà dedans, en plein dedans. Peur au ventre. La semaine dernière, je vous ai laissé à la fin de mon premier trimestre de grossesse, juste avant l'étape importante, l'échographie de la clarté nucale. Un rendez-vous clé qui, comme vous allez l'entendre, ne s'est pas déroulé exactement comme je l'imaginais. J'étais à 13 semaines d'aménorée. Pour cet examen, je devais me rendre dans un centre d'échographie spécialisé. Le but était de vérifier que la grossesse évoluait bien, confirmer le terme, observer une première fois l'anatomie du foetus, mais aussi de dépister d'éventuelles anomalies, chromosomiques et la préeclampsie aussi. Un rendez-vous important. J'étais à la fin de mon troisième mois, et je commençais enfin à me détendre un peu. Le stress de la fausse couche s'éloignait doucement. Ce rendez-vous, je ne l'appréhendais pas trop finalement. Après ma perte, j'avais eu un suivi plus poussé que pour une grossesse classique. C'était à la fois rassurant et parfois anxiogène. Mais après avoir vu notre bébé bouger, entendu son cœur battre, je me disais « ça y est, nous avons eu notre lot de galère, maintenant tout va bien se passer » . Le sage-femme qui nous a accueillis était adorable. Il nous a mis tout de suite à l'aise. Avant de commencer, il a pris le temps de nous expliquer le déroulement de l'examen. Je lui posais cette question un peu naïve. Est-ce qu'il arrive souvent qu'il y ait des problèmes à ce stade ? Il me rassura. Non, c'est assez rare. Ne vous inquiétez pas, tout ira bien. Instinctivement, en me levant pour rejoindre le fauteuil, j'ai posé ma main sur le bureau en bois, comme pour me donner du courage. L'examen commença. Un peu de gel froid sur le ventre, puis les images apparurent à l'écran. Le sage-femme commentait chaque détail, ce qui me rassurait énormément. Là, c'est son petit cœur. Je prends les mesures, c'est parfait. Ici, son ventre, ses pieds, ses orteils, tout est là. Il taisantait même, et l'ambiance était légère. Puis soudain, le silence. Je l'observais prendre les mesures de la tête. Son visage avait perdu son sourire. Je sentais son sérieux. « Tout va bien ? » demandai-je la voix un peu tremblante. Un temps, puis il répondit. « Oui, j'essaie de reprendre des images pour remesurer la clarté nucale. » Encore un silence lourd. Et là, j'ai eu la sensation de tomber dans le vide, comme une chute de trente étages. Au bout d'un moment, il posa l'appareil et il dit calmement. « Je reviens, je vais chercher le médecin. » Mon cœur s'emballait. Il y avait un problème avec mon bébé. Le médecin arriva. Ensemble, ils reprirent les mesures. Ils chuchotaient entre eux. « Vous voyez là ? Vous avez pris la mesure ici ? On va refaire. » Je ne comprenais rien. C'était horrible. Puis, enfin, ils m'expliquèrent. « L'épaisseur de la nuque de votre bébé est un peu plus importante que la moyenne. Normalement, elle doit être en dessous de 3 mm. Ici, nous avons mesuré 3,7. » Le sage-femme tenta de relativiser. En Suisse, la limite est fixée à 3 mm. En France, c'est 3,5. Selon les pays, le seuil est différent. Mais le médecin, elle, était plus directe. Dans votre cas, cela nous amène à un risque accru d'anomalie génétique. Nous vous recommandons la choriosynthèse. C'est un examen invasif, je dois vous prévenir qu'il comporte un risque de fausse couche. Mais pour vous, je pense que c'est nécessaire. J'étais perdue, complètement paniquée à l'intérieur. Heureusement, on en s'apprit la parole. Votre collègue disait qu'en France, la limite était à 3,5. Comme nous sommes français, est-ce que là-bas, on nous conseillerait aussi de faire cet examen invasif ? La médecin resta prudente. Je ne peux pas vous dire ce qu'un confrère français aurait décidé, mais sachez que 3,7... C'est suffisamment significatif pour que nous vous incitions à le faire. J'avais entendu parler du test DPNI, cette prise de sang capable de dépister la trisomie avec une grande fiabilité. Alors pourquoi un geste si risqué ? Elle répondit. Le DPNI s'est proposé quand il y a un facteur de risque. Mais là, entre votre âge et la mesure de la nuque, les résultats seraient de toute façon quasi positifs. Vous auriez quand même à passer la courriocynthèse ensuite. Et puis elle ajouta presque mécaniquement Je peux vous proposer l'examen dès lundi matin, si ça vous convient. Mon monde s'est figé. En sortant du rendez-vous, j'étais furieuse. Je pleurais de colère et de rage. Je n'arrivais pas à croire que ça nous arrivait encore. La peur, le stress, mais pourquoi moi ? Pourquoi je devais revivre ça ? En arrivant à la maison, j'ai appelé ma mère. J'étais anéantie. Elle essayait de me rassurer, elle m'a tout de suite proposé de monter en Suisse pour être là le jour de l'examen. Comme je devais rester tranquille après, elle voulait s'occuper de moi, me tenir compagnie, surtout en attendant les résultats. Mais au fond de moi, j'avais la haine. J'en voulais à la terre entière. Je lui ai dit entre mes sanglots, « Tu te rends compte maman ? Je fais quoi s'il testait positif ? Si mon bébé a une anomalie génétique ? » Pendant nos essais, on avait déjà eu cette discussion avec Nance. On s'était dit que si un tel risque se présentait, Nous ne souhaiterions pas poursuivre la grossesse. En théorie, c'était une décision claire. Mais en vrai, c'était une décision monstrueuse. Parce que là, ce n'était plus une idée abstraite. C'était mon bébé. Un bébé que j'avais vu vivre en moi. Un bébé dont j'avais entendu le cœur battre. Et je disais à ma mère la voix brisée. Je te préviens, maman, je ne pourrai jamais me remettre d'une telle épreuve. Et je pleurais. Je pleurais de tout mon corps Cette soirée-là, je l'ai passée à lire des articles sur le sujet, des forums, des témoignages d'autres mamans. Et franchement, c'était encore pire. Au lieu de me rassurer, ça m'a fait sombrer. Le lendemain, j'ai décidé d'appeler ma gynécologue pour avoir son avis sur la courriocynthèse. Mais pas de chance, elle était en plein accouchement. Moi, j'allais devenir folle. J'avais besoin d'un avis, et j'en avais besoin tout de suite. Alors j'ai rappelé le docteur spécialiste en fertilité. Et lui, il ne m'a pas du tout rassurée. Il m'a dit... Je connais bien le médecin que vous avez vu. Elle est reconnue à Genève dans son domaine. Vous pouvez lui faire confiance. Comprenez bien qu'on ne vous conseille pas de faire un examen pour rien. Le risque de trisomie est de l'ordre de 1 sur 10. 1 sur 10. Je peux vous dire qu'après cet appel, j'étais fébrile. J'ai tout de suite appelé Nance pour lui raconter. Et ensemble, nous avons confirmé le rendez-vous pour l'examen la semaine suivante. Quelques heures plus tard... ma gynécologue m'a finalement rappelé. Et là, j'ai senti un vrai soutien. Elle m'a dit, 1 sur 10, c'est un peu juste. Mais dans tous les cas, faites-le. Et rassurez-vous, le médecin que vous avez vu, je la connais bien. Elle fait ce type d'intervention tous les jours, elle sait ce qu'elle fait. Un peu d'apaisement au milieu du chaos. Et puis rapidement, le jour de l'examen est arrivé. En temps normal, on pratique une amiosynthèse, c'est-à-dire qu'on prélève du liquide amniotique directement dans le ventre de la maman. Mais dans mon cas, à ce stade de la grossesse, on devait pratiquer une choriosynthèse. Ça veut dire qu'on vient prélever des cellules directement dans le placenta. Après une anesthésie locale, l'aiguille qui traverse la paroi abdominale, et avec une micro-pince chirurgicale, on prélève de minuscules fragments de placenta. Avec toutes les biopsies que j'avais subies plus jeune, la sensation n'était pas si différente. Comme si on venait gratter à l'intérieur. Ce n'est pas très agréable. Alors, j'ai fermé les yeux. Et j'ai essayé de respirer profondément. D'inspirer, d'expirer. En me répétant, ça va aller, ça va aller. Et surtout, je serrais très fort la main de Nance, qui était là à côté de moi, pour me soutenir. C'est parfait, m'a dit le médecin. J'envoie tout ça au laboratoire. Vous avez été parfaite. J'ai pu prélever suffisamment de matière pour faire un bon contrôle. Avec la clarté nucale, nous rentrions désormais dans ce qu'on appelle une grossesse à haut risque. Alors le médecin nous a conseillé de faire une prise de sang, à la fois pour moi, mais aussi pour Nance, afin d'être suivi ensuite par des spécialistes de la génétique. Honnêtement, on était sceptiques, ces examens coûtent une fortune, mais comme nous avions ce facteur à haut risque, tout était finalement pris en charge par nos assurances, alors on s'est dit autant le faire. Et puis, au milieu de toute cette lourdeur, il y eut une petite parenthèse drôle. Pour Nance, c'était sa toute première prise de sang, et elle a été faite par un sage-femme. On a éclaté de rire l'espèce d'un instant, ça nous a fait un bien fou de retrouver un peu de légèreté, parce que, depuis l'annonce de cette nuque trop épaisse, je n'avais vraiment plus le cœur à rire. Il fallait attendre deux jours, deux longs jours, pour connaître les résultats de trisomie 21, 13 et 18. Puis après 15 jours, pour d'autres résultats, mais il y avait moins de risques que ceux pour la trisomie. J'avais un arrêt de travail. Après l'intervention, je devais rester tranquille, éviter tout risque de fausse couche. Alors on passait le temps avec ma maman. On chillait devant des films, elle me préparait des petits plats que j'adore. J'étais chouchoutée, coucounée. Et ça me changeait vraiment les idées, la journée. Mais la nuit, c'était une autre histoire. Impossible de trouver le sommeil. J'avais cette impression que je ne pouvais plus me réjouir de ma grossesse. Comme si, à tout moment, tout pouvait s'arrêter. Alors je pleurais, en secret, dans le noir. En caressant mon ventre déjà bien arrondi à ce stade. Et je culpabilisais. Je me disais, est-ce que mon bébé ressent toute cette angoisse ? Est-ce qu'il perçoit mes peurs ? J'avais si peur de lui transmettre ce poids, cette tristesse, alors que je voulais juste l'inonder d'amour. Deux jours plus tard, enfin le téléphone a sonné. L'appel que j'attendais et que je redoutais tant. Croyez-moi, la première minute, j'ai littéralement arrêté de respirer. J'étais suspendue au combiné, prête à encaisser le verdict. Les examens sont revenus négatifs pour la trisomie. Cela réduit considérablement les facteurs d'anomalies génétiques. Vous devriez encore attendre 15 jours pour... pour le reste des résultats. C'est votre gynécologue qui vous les transmettra. En raccrochant, je me suis tournée vers ma mère. Et elle aussi, elle avait carrément arrêté de respirer. On s'est regardé et là, explosion de larmes. Mais cette fois, des larmes de soulagement. Et puis, je me suis mise à rire. Mince ! J'ai oublié de demander le sexe ! Parce que oui, le seul petit bonus de cet examen, c'est que nous pouvions connaître le sexe de notre bébé dès maintenant. Moi, j'avais oublié de demander. Comme quoi. Ce qui comptait vraiment, c'était juste que ce bébé aille bien. Dans la journée, ma gynéco m'a rappelé à son tour. Elle avait reçu les mêmes résultats. Alors j'en ai profité pour lui poser la fameuse question. « Et du coup, vous connaissez le sexe de notre bébé ? » « Oui, j'ai l'information sous les yeux. Vous voulez savoir ? » « Oui, oui, dites-moi ! » Un petit silence, et puis... « C'est un petit garçon ! » Le choc total. Moi qui étais persuadée à 200% que c'était une fille, Franchement, j'avoue j'ai été un peu déçue sur le moment surtout parce que je me disais mais quelle intuition pourrie j'ai moi alors ça fait des mois que je visualisais une fille et là tout s'effondrait mais très vite je me suis dit finalement je vais être la queen de la baraque et cette idée ça m'a beaucoup plu et puis honnêtement après ces jours d'angoisse le sexe de mon bébé c'était juste un détail Nance lui était aux anges, un petit gars il trouvait ça génial Quinze jours plus tard, nous avions rendez-vous chez Mediagenome, l'institut suisse spécialiste de la génétique. Les résultats de la prise de sang étaient bons, mais on nous a proposé d'aller plus loin, d'explorer d'éventuelles anomalies génétiques plus générales. Aujourd'hui, plus de 20 000 gènes peuvent être dépistés, des prédispositions à certains cancers, comme celui du cancer du sein, du côlon par exemple, et dans le fond, cette démarche, c'était aussi une manière de savoir si nous étions porteurs de certains gènes, et si oui, si nous pouvions les transmettre à notre bébé. De toute façon, nous avions déjà été embarqués dans tout ce processus, alors autant aller jusqu'au bout. Et finalement, les résultats étaient bons. Pour Aaron, tout allait bien. Pour Nance aussi, rien à signaler. Pour moi, un seul gène a été détecté. Une prédisposition à la rupture d'un névrisme aortique. Alors oui, c'est une information à garder en tête. Dans ma famille, il n'y a jamais eu de problème cardiaque. Et on peut très bien être porteur et ne jamais rien déclarer. Mais je sais maintenant que je dois surveiller mon cœur régulièrement. Rien d'alarmant, juste une vigilance. Je pouvais enfin souffler, reprendre le cours de ma grossesse. Bébé allait bien. Et concernant cette fameuse clarté nucale, les mesures allaient redevenir normales au fil de la grossesse. Tout ce stress, pour rien. Mais voilà, c'est notre histoire. Et si j'ai choisi de partager ici, c'est aussi pour sensibiliser sur le poids de tous ces examens. Parce que quand les médecins parlent de gros risques, on se sent... obligés d'aller au bout pour approfondir. Nous, nous avons eu de la chance, plus de peur que de mal. Mais pour d'autres familles, le résultat est bien plus douloureux. Et j'ai une tendre pensée pour toutes ces mamans, pour tous ces parents. Dans le prochain épisode, je vous raconterai la suite et fin de ma grossesse, avec des sujets un peu plus légers pour moi. Rendez-vous lundi prochain dans Mama Bloom. Sous-titrage Soci
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