Speaker #0Musique Hello et bienvenue dans Mama Bloom, le podcast qui célèbre la maternité dans toute sa profondeur. Je suis Marie, une jeune maman d'un petit garçon qui s'appelle Aaron. Ici, on parle du désir d'enfant, de la grossesse, de la naissance, du postpartum et de tous ces sujets qui parlent aux femmes. Ce qu'on murmure parfois, ce qu'on rit, qu'on pleure, et surtout, ce qu'on partage. Alors, si ces sujets t'intéressent, je t'invite à t'abonner à ma chaîne. J'ai envie de vous raconter mon histoire, mes tâtonnements, mes joies, mes doutes, et puis surtout, de tendre le micro à d'autres femmes, pour qu'ensemble, on crée un espace de liberté et de sororité. Mama Bloom, ce n'est pas un podcast de pro, je suis ni psy, ni experte, je suis juste une maman. Une maman qui a envie de parler vrai et de créer un cocon, pour toutes celles qui cheminent vers la maternité ou qui sont déjà dedans, en plein dedans. Grossesse Grossesse Dernière ligne droite. Dans cet épisode, j'ai envie de vous partager la suite de ma grossesse. Mais cette fois, avec un peu plus de légèreté. Après les résultats rassurants de tous les examens, je me suis enfin sentie dans un autre état d'esprit. À mi-chemin de ma grossesse, je me disais, ça y est, mon bébé est bien accroché, il est en pleine santé, et je sais que c'est un petit mec. Mon ventre s'était déjà bien arrondi, et c'est à ce moment-là que je l'ai senti bouger pour la première fois. Les premiers mouvements, je ne suis pas sûre de les avoir vraiment reconnus. C'est subtil, comme des petites bulles dans le ventre. Mais le premier vrai coup de pied, celui qui te surprend, celui qui vient te rappeler qu'un petit être est bel et bien locataire de ton bidou, ça, c'est la plus belle sensation de la grossesse. Et je dois avouer, c'est une des seules choses qui m'a vraiment manqué, et qui me manque encore aujourd'hui. Quel bonheur de sentir son bébé, de caresser son ventre et de le sentir répondre. Ce lien rien qu'à nous. C'est d'ailleurs le premier sens que bébé développe, le toucher. Dans le ventre, il flotte, il s'en contenue, percé. Lors de ma formation en massage périnatal, j'ai appris que le toucher est un besoin vital, au même titre que manger. Les bébés ont besoin d'être câlinés, enveloppés. Cela renforce le lien d'attachement avec les parents. On sait même qu'un bébé, à qui l'on ne donne pas de tendresse, pas d'amour, peut développer des troubles psychomoteurs ou émotionnels. Alors voilà, c'est une petite parenthèse pour partager ce que j'ai retenu de ma formation, et de ne surtout pas vous priver de Caline et vos bidoux. Je n'avais pas pris congé depuis New York. Bon, à part deux jours d'arrêt pour la courrieux synthèse, mais ça ne compte pas vraiment comme des vacances, n'est-ce pas ? Et là, entre les nausées qui ne m'avaient jamais lâchées et tous les examens en série, une fois l'adrénaline retombée, j'étais lessivée. Malgré ça, je m'étais mis un point d'honneur à ne pas poser de congé, à ne pas juste rester à la maison pour me reposer. Parce que les vacances, c'est précieux, et dans ma tête, c'était hors de question de les gaspiller. Mais voilà, je me sentais mieux, le printemps arrivait, et je me réjouissais rien qu'à l'idée de pouvoir souffler un peu. Avec tous ces rendez-vous médicaux, j'avais dû annoncer ma grossesse au travail. Et clairement, j'avais besoin d'une vraie pause. Ah, le bureau, parlons-en. Ces collègues qui te rappellent qu'être enceinte, ce n'est pas une maladie. Surtout quand la collègue en question n'a pas d'enfant. Ou ton chef qui te sort fièrement. Ma femme, elle, elle a travaillé jusqu'au dernier jour. Bravo à elle, mais moi, j'avais juste envie de lui dire, ah bah c'est cool. Heureusement, il y avait aussi des collègues bienveillantes, prêtes à partager leurs astuces et leurs sourires. Mais soyons honnêtes. La grossesse, ce n'est peut-être pas une maladie, mais c'est tout sauf une promenade de santé. J'ai tenu 5 mois à enchaîner sans pause, juste pour ne pas être jugée. Et aujourd'hui, je me dis, pourquoi au juste ? Personne ne vient te dire merci, personne ne t'offre une médaille ou une prime pour avoir serré les dents. Le plus drôle, une ancienne collègue, devenue amie, qui m'a dit récemment au début de sa grossesse, j'aurais dû faire comme toi prendre plus de vacances. Comme quoi, à la fin... Personne ne se souvient que tu as souffert en silence. Alors s'il vous plaît mesdames, écoutez-moi bien, reposez-vous. Votre corps, lui... Il s'en souviendra. Alors on est parti un peu par-ci, par-là, dans la famille, en week-end entre potes, en amoureux. Nos dernières escapades à deux avant l'arrivée du bébé. On savourait chaque instant. Malgré les nausées, j'avais retrouvé un peu d'énergie et j'adorais pouvoir faire de grandes balades. Ça me faisait du bien de bouger, rien de tel pour relancer la circulation et soulager mon dos. Parce que soyons honnêtes... passer 8h à 6h au bureau, ça devenait un vrai calvaire. Le soir, je ne pouvais plus bouger. Alors, ces petites parenthèses, ces sorties, c'était comme une bouffée d'air, avant le grand chamboulement. À ma 26e semaine de grossesse, j'avais réservé une séance photo studio à Annecy. J'avoue, Nance n'était pas hyper motivée. Je sais qu'il s'est prêté au jeu surtout pour me faire plaisir. C'est vrai que l'ambiance studio, ce n'est pas vraiment nous. Nous, on est plutôt nature, balade. grands espaces, mais j'avais vu le résultat chez d'autres mamans et je l'ai trouvé sublime. Et puis, vous le savez, avec la prise de poids, ce nouveau reflet dans le miroir, j'avais un peu de mal à apprivoiser mon corps. Alors je voulais quelque chose d'intimiste, en noir et blanc, quelque chose qui mette en avant l'essentiel, notre amour et notre complicité. Et c'est exactement ce qui s'est passé, mieux encore. J'ai senti que Nance avait finalement apprécié ce petit moment hors du temps. Et le bonus... Je nous ai trouvés trop beaux, comme quoi ça valait le coup d'insister pour la séance photo. Puis, très vite est arrivé mon dernier rendez-vous avec ma gynécologue. Le prochain serait avec sa consoeur, celle qui m'accoucherait en août. Une dernière petite écho pour la route, pourquoi s'en priver ? J'adorais voir mon bébé. Avec l'imagerie 3D, on pouvait déjà distinguer ses traits. Bon, il bougeait tellement que ce n'était pas toujours évident, mais ça me permettait de l'imaginer encore plus. Et là, ma gynéco nous annonce, ça va être un gros bébé. Euh, pardon ? Ai-je répliqué un peu décontenancé ? La première pensée qui m'a traversé l'esprit, c'est que bébé, aussi costaud soit-il, il allait bien falloir qu'il trouve la sortie. Et tout à coup, l'excitation a laissé place à une petite boule d'angoisse. Nance, tout de suite curieux, comment vous faites pour estimer le poids d'un bébé ? Elle explique. On mesure la tête, le ventre et le fémur. On fait la moyenne et ça nous donne une estimation. Dans votre cas, vous êtes bien au-dessus de la moyenne. Mais attention, ce n'est pas une science exacte. Le bébé bouge, donc difficile d'avoir une mesure parfaite. C'est juste pour avoir une idée, un pronostic en vue de l'accouchement. Et moi évidemment, je me suis demandé, est-ce que mes petits écarts avaient quelque chose à voir avec la morphologie de ce bébé costaud ? Retour direct de la culpabilité. La maternité, c'est aussi ça. La culpabilité en abonnement illimité. Elle débarque dès la grossesse. et trouve toujours un moyen de nous dire qu'on pourrait mieux faire. J'ai pris une petite semaine de vacances en Provence chez ma maman. Je savais que ce seraient les dernières avant l'accouchement. Après ça, je resterai à Genève jusqu'à l'arrivée du bébé. C'était une vraie parenthèse mère-fille. Nance, lui, travaillait beaucoup à ce moment-là. Alors ce petit retour aux sources m'a fait un bien fou. J'ai retrouvé mes amis, J'ai profité des choses que j'adore dans le sud, flâner sur les marchés, me balader au soleil, me poser au bord de la piscine. Et puis, c'était encore cette période bénie, juste avant l'arrivée du tourisme de masse et des grosses chaleurs. Un luxe. Il ne manquait que le chant des cigales pour que l'expérience soit parfaitement authentique. À mon retour, c'était l'heure du rendez-vous avec ma gynéco remplaçante. J'avoue, j'avais un peu d'appréhension. Non, on se dirait sûrement que je suis routinière, que j'aime trop mes petites habitudes. Mais moi, je réponds toujours, non, c'est pas ça. J'adore l'imprévu. C'est juste qu'à 36 ans, j'ai appris une chose. Quand on aime un produit, un service, une personne, eh bien, il y a plus de risques d'être déçu si on change. Moi, j'appelle ça la fidélité. Mais cette fois, je n'avais pas le choix. Ma gynéco habituelle ne pouvait pas être là pour mon accouchement. Et c'était pour la meilleure des raisons. Finalement, toutes mes craintes se sont envolées. J'ai tout de suite trouvé sa remplaçante très compétente, naturelle, douce, à l'écoute, j'étais rassurée. Et puis, petit détail qui m'a touchée, elle avait un petit garçon elle aussi. Elle m'a dit en souriant, vous verrez, les petits garçons c'est trop chou. Et je dois dire que ça m'a réchauffé le cœur. J'ai décidé de me lancer dans le pilates, spéciale femme enceinte. J'avais envie de soulager mes maux de dos et surtout cette sciatique terrible qui me faisait souffrir au travail. Mais en réalité, à 29 semaines de grossesse, c'était pas franchement l'idée du siècle. Sur les 6 futures mamans présentes, j'étais la seule à être déjà dans mon dernier trimestre. Autant vous dire que pour faire les mouvements, j'étais pas mal handicapée, impossible de me plier en deux. Les 3 quarts du temps, la coach me disait « Non, ça vous, vous ne le faites pas » . Alors sincèrement, je pense que le pilates enceinte, c'est génial, mais à condition de s'y prendre dès le premier trimestre. quand on a encore un peu d'énergie. et pas les nausées qui retournent l'estomac bien sûr. Mais pour celles qui se sentent en forme, je pense que c'est un bon exercice pour la mobilité. Nous avons aussi participé au cours de préparation à l'accouchement. J'avoue, j'ai un peu traîné Nance avec moi. Le pauvre, il devait bosser en même temps. Mais moi ça me rassurait qu'il soit là. Et puis c'était l'occasion aussi de rencontrer d'autres couples qui allaient bientôt devenir parents, comme nous. On a fait ça à la Clinique Générale Beaulieu, là où j'avais choisi d'accoucher. Moi qui aime bien me projeter, visualiser, cette préparation... était plus que bienvenue. En vrai, j'étais déjà bien renseignée, parce que c'est un sujet qui me passionne. Mais là, ça devenait concret. Je me disais, la prochaine fois qu'on viendra ici, ça sera pour la grande rencontre. À partir de ma 35e semaine, j'ai arrêté de travailler. Cela faisait déjà trois semaines que j'étais à 50%. Et j'ai ressenti un immense soulagement. Enfin le temps pour moi, avant cette nouvelle vie à trois. Je pouvais me reposer, m'écouter, et avec l'été et la chaleur, c'était précieux de pouvoir vivre à mon rythme. Le matin, j'adorais marcher jusqu'au lac pour me baigner, puis je rentrais me reposer. En fin de journée, si j'avais l'énergie, je repartais plonger dans l'eau fraîche, ou savourer une glace de chez Gelato Mania, un petit rituel qui rendait cette parenthèse encore plus douce. Même si je me reposais beaucoup, je sentais ce lien unique avec mon bébé, ses coups. C'est ok. Nous étions connectés. Caresser mon ventre, tapoter du bout des doigts pour qu'il me réponde, c'était devenu un geste naturel. Il y avait nous, et puis le reste du monde. C'était fort. Je l'aimais déjà tellement, ce petit inconnu. Au rendez-vous suivant, ma gynéco m'a demandé si j'avais pensé à un projet de naissance. Instinctivement, j'ai rigolé. Ne pas mourir ? Bon. C'était ma façon de mettre un peu d'humour. Mais dans le fond, c'était exactement ça. Mon feed Instagram était inondé de témoignages sur les accouchements naturels, physiologiques. Et j'avoue, ça m'a un peu perdue. À ce stade de ma grossesse, je n'avais vraiment pas le courage. J'essayais de masser mon col comme mon ostéome l'avait recommandé, pour limiter le risque de déchirure. Mais sérieusement, avec mes 20 kilos en plus, ce ventre énorme, gros comme une pastèque, ce n'était pas super confortable. Alors j'ai un peu séché les bons conseils et je me suis dit, ça va bien se passer, point final. Ma plus grande peur ? Que Nance manque l'accouchement. Avant ma grossesse, nous avions réservé des places pour les JO à Paris. Déjà qu'on avait dû renoncer à Tokyo en 2020 à cause du Covid, alors pour Paris, je ne voulais pas que Nance renonce encore. Moi je m'étais faite à l'idée que je ne serais pas très opérationnelle à quelques semaines de l'accouchement, mais intérieurement, je priais pour que notre bébé reste bien au chaud le temps que son papa revienne. Puis le terme approchait, et je commençais vraiment à sentir le poids de la grossesse. Entre les nausées, les remontées acides, la chaleur, et mille autres petites excuses, je voulais juste rencontrer notre bébé et que Nance soit à 100% avec nous. Quand la gynéco m'a parlé de la possibilité d'un déclenchement, après que je lui ai expliqué mes appréhensions concernant le gabarit du bébé, elle m'a proposé le samedi 16 août, juste trois jours avant le terme. Non, c'était du 16 décembre. Je me suis dit, super, c'est un signe. Mais en réalité, c'était la pire décision que nous allions prendre, choisir la date d'anniversaire de notre bébé. Je ne le savais pas, mais j'allais en payer le prix fort. Je vous raconterai comment mon accouchement s'est déroulé lors du prochain épisode.