Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix. Je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc de la vie de la personne. bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à... plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Manger en Paix. Aujourd'hui, j'ai eu envie de développer le sujet ou plutôt la croyance que j'entends très régulièrement en consultation et soit de forme très explicite à voix haute mais aussi parfois vraiment en sous-entendu qui va ressembler à cette phrase on va dire. Si j'arrive pas à maigrir, c'est que je ne vaux rien. Ou dans l'autre sens, depuis que j'ai pris du poids, je me sens moins bien, moins légitime, comme si j'avais perdu quelque chose d'important, comme si j'avais un peu perdu ma valeur. Et je veux vraiment qu'on passe un peu de temps aujourd'hui là ensemble sur ce sujet, sur cette croyance, parce qu'en fait je trouve qu'elle fait des dégâts considérables et qu'elle est vraiment ancrée hyper profondément en nous. Alors le truc c'est pas de dire que c'est stupide. Parce que c'est pas stupide du tout, elle est cohérente cette croyance avec ce qu'on nous a appris. Elle repose sur une confusion, une confusion sur ce qu'est vraiment une valeur. Et justement, là je te propose qu'on démêle ça ensemble. Parce qu'en fait on peut passer des années à courir après un corps différent en pensant qu'on court après autre chose. On va passer... des années, des dizaines d'années, je pense à énormément de mes patientes, des dizaines et des dizaines d'années à chercher à m'écrire et en fait, tu vois, rien que là, ça me fait penser à tout à l'heure, mais en fait, si je passerais plus mon temps à faire ça, je ferais quoi ? Ça fait vraiment partie de, ça peut faire partie de notre identité presque et j'utiliserais ce temps pour quoi ? En fait, c'est presque même pas imaginable. Donc, tout ça pour dire que c'est un vaste sujet et là, on va déjà commencer. Point numéro 1. à se demander, à clarifier c'est quoi une vraie valeur. Et je parle pas de valeur morale comme l'amour, la liberté, la bienveillance, mais vraiment une vraie valeur, une valeur profonde. C'est quelque chose en fait qui va se voir. Comment ça va se voir ? Parce qu'en fait, c'est un comportement observable. C'est là où toi, tu vas mettre ton temps, ton énergie et ton argent. C'est ça, une vraie valeur profonde, pas une valeur morale. Donc en fait, si tu te fais... ton flashback de la semaine dernière, pas forcément des dernières 48 heures, où c'est que tu as mis ton temps, ton énergie, ton argent ? Ce que je veux dire, pour aller un peu plus loin là, c'est que tes valeurs réelles, ce ne sont pas du coup les mots que tu vas utiliser pour te décrire, on est bien d'accord, mais c'est vraiment les choses que tu fais de manière répétitive, même quand c'est difficile, même quand tu es fatigué, ça va être vraiment là où tu passes ton temps, ton énergie et ton argent. Je te propose un premier exemple. Si quelqu'un te dit que sa valeur, l'une de ses valeurs fondamentales, son top 3, il y a l'argent dedans. Parce que pour cette personne, pour cette femme, l'argent représente la liberté. Tu vas le voir dans sa vie. Comment ? Elle va investir du temps à comprendre déjà le fonctionnement des finances. Elle va faire des choix qui vont avoir du sens dans ce sujet-là. Elle va du coup construire cette liberté en s'étant renseignée sur les investissements à faire, etc. Ce n'est pas juste un mot, c'est vraiment une direction de vie. Autre exemple, quelqu'un te dit que l'une de ses valeurs profondes, c'est la famille, l'éducation de ses enfants. Tu vas le voir partout dans sa vie, comment elle va choisir ses horaires de travail en fonction de l'école. Elle est là peut-être au moment des devoirs, même quand elle est épuisée. Elle va réfléchir, elle va passer énormément de temps à penser à ce qu'elle veut transmettre à ses enfants, à comment elle parle à ses enfants, à ce que ses enfants vont garder d'elle. Elle ne se dit pas forcément « ma valeur, c'est ma famille » . Elle n'a pas besoin de le formuler. Ça se voit dans chaque micro-décision de son quotidien. Ce n'est pas ce qu'elle prétend être, c'est ce qu'elle est. Les valeurs profondes, les vraies, on en a 3, 5, grand max. On n'en a pas 20, on n'en a pas 10 non plus. Parce qu'en fait, au-delà, on n'est plus dans les valeurs, on est plutôt dans des aspirations vagues. Ouais, je pense. on peut dire des aspirations vagues, qui restent dans ta tête, mais en fait, sans jamais descendre, devenir des actes. Donc, pose-toi cette question. Où est-ce que tu passes vraiment ton temps ? Si là, par exemple, on faisait un agenda détaillé de ta semaine quotidienne, où c'est que tu passes le plus de temps ? À quoi ? À faire quoi ? Concrètement, où est-ce que tu mets vraiment ton énergie ? Qu'est-ce qui t'inspire au point que tu y reviens, que tu vas y investir du temps, sans même en fait que personne te le demande ? Je pense que déjà, c'est intéressant d'être... Honnête avec soi-même et d'analyser ça avec bienveillance et non-jugement. Ensuite, sur quoi je veux revenir, c'est que souvent, beaucoup trop souvent maintenant, je crois que c'est même en fait, c'est même tout le monde, le corps est venu occuper cette place, la place d'une valeur, comme si en fait le poids était devenu un indicateur de ce que tu vaux. Alors, je comprends et je sais bien d'où ça vient, on nous l'a tellement dit directement, subtilement aussi, C'est un bourrage de crâne constant depuis des décennies, ça c'est sûr. Et du coup, on se dit que maîtriser son corps, c'est une question de volonté, de sérieux, de respect de soi. Qu'une femme qui, entre guillemets, on est bien d'accord, prend soin d'elle, et ce mot prendre soin de soi, il est détourné, on est bien d'accord, parce que quand on entend derrière, c'est souvent en fait qui contrôle son alimentation, qu'une femme qui prend soin d'elle, en fait ça doit se voir sur son corps. Donc si on suit cette logique absurde, Si ton corps ne répond pas à tes attentes, toi, du coup, tu conclus que tu ne prends pas assez soin de toi, que tu n'es pas assez disciplinée, que tu n'es pas assez sérieuse. Et puis, à un moment, tu arrives à en penser horriblement, mais je ne vaux pas grand-chose, parce qu'en fait, je ne suis pas capable de prendre soin de moi, je n'arrive pas à maigrir, parce que le poids, le corps, cette maigreur qui est souhaitée par la société, est devenue une valeur. Mais là, on est bien d'accord qu'on va s'arrêter une seconde, parce qu'il y a quelque chose de fondamental que je veux qu'on regarde ensemble, c'est du coup la souffrance là-dedans. On va en revenir à une question essentielle, est-ce que tu souffres vraiment dans ton corps, ou est-ce que tu souffres de l'écart entre ce que tu espérais et ce que tu vis ? C'est peut-être une question qui peut sembler un peu subtile, ou peut-être un peu floue, parce que si tu souffres du... corps, de ton corps lui-même, c'est une chose. Mais très souvent, en fait, ce que j'observe dans le fond du fond, c'est que la vraie souffrance, en fait, elle vient de là. Tu t'étais fait une idée de comment les choses allaient se passer. Il y avait un scénario dans ta perte de poids, dans ton corps idéal, dans peut-être même ta vie idéale, et en fait, la réalité ne semble pas au scénario. Et ça, en fait, à mes yeux, c'est un problème d'attente. Si je vais encore un peu plus loin, est-ce que les attentes que tu as sur toi-même autour de ça sont réalistes, autour de ta perte de poids ? Est-ce qu'elles tiennent compte de ta vie réelle, de ta fatigue, de ce que tu peux traverser en ce moment, de la complexité de ta vie, de ce que tu gères au quotidien, de ton travail, de ta vie familiale, etc. Ou est-ce que tu te juges par rapport à une version idéale de toi-même qui vivrait dans des conditions idéales qu'en fait tu n'as pas ? Et ça, je pense que c'est important de remettre l'église au centre du village. Je sais que c'est... Enfin, je suis en train de dire quelque chose de difficile, mais je crois que c'est profondément important. On ne peut pas changer ce qu'on juge. En tout cas, pas vraiment. Au mieux, on peut obtenir un changement un peu par soumission, par peur, par honte, mais ce type de changement, il coûte énormément et surtout, il ne se tient pas. et c'est ce qui fait que tu es sûrement en train de m'écouter là et que si je fais des stats, il y a 80% de chance que la personne que tu es qui m'écoute là, tu... a fait des régimes restrictifs qui t'ont coûté énormément, on est bien d'accord, mais qui ne tiennent pas, qui créent un déséquilibre interne et qui finit toujours par te rattraper d'une façon ou d'une autre. Ce que je veux dire, c'est que si tu passes ta vie à te regarder avec les yeux du tribunal, tu ne vas pas t'en libérer en fait, tu vas juste t'épuiser. Donc, ton corps ne résume pas ta valeur. Ça, je pense que déjà, c'est une idée essentielle. Et ensuite, important de revoir aussi peut-être ses attentes. Est-ce que les attentes, le quotidien, le corps que tu aimerais, est-ce qu'au vu de la complexité de contenu de ta vie réelle, est-ce que c'est possible ? En toute honnêteté et sincérité, je pense qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, mais je pense que c'est, en tout cas à mes yeux, vraiment important. de se poser cette question et je vais même t'en poser encore un peu d'autres si tu es ok pour toi parce que le but c'est vraiment de t'amener à une réflexion, à une remise en question douce et à t'aider surtout à avancer, à débloquer ce qu'il y a besoin d'être débloqué chez toi. Si du coup, ça s'était passé exactement comme dans ton fantasme, si tu avais le corps que tu t'étais imaginé, si tu avais atteint l'objectif poids que tu rêves, qu'est-ce que tu aurais perdu de précieux ? Tout le monde parle de toujours ce qu'on gagne, mais personne ne regarde l'autre côté. Et pourtant, le jour où ton fantasme arrive, où tu as perdu tes 15 kilos, Si jamais il arrive exactement comme tu l'avais rêvé, c'est impossible qu'il n'y ait que des avantages. C'est obligé, ce n'est pas du pessimiste, c'est la réalité. Peut-être, encore une fois, c'est une possibilité, ce n'est pas une obligation. Peut-être une forme de protection, une façon d'éviter quelque chose d'autre, une raison de ne pas être exposée ou de rester dans une zone que tu connais, même si elle est inconfortable. Et ça, si je dis ça, c'est parce que je l'ai... On l'a analysé, étudié, on en a parlé avec plusieurs de mes patientes sur maintenant presque 10 années d'exercice. Et je ne dis pas ça pour minimiser ce que tu vis. Ce que tu vis, on est bien d'accord, il est réel. L'inconfort de ta situation dans ton corps actuel, il est réel. Il a des effets concrets dans ta vie. Je ne suis pas du tout là pour balayer ça. D'ailleurs, c'est en aucun cas le but du tout. Et en même temps, je veux qu'on regarde les choses d'une façon... un peu moins binaire. Tout n'est pas blanc ou noir, parce que la réalité, elle n'est jamais aussi simple que justement, tout avant, quand j'avais 15 kilos en plus, c'était nul, et le jour où j'aurais perdu mes 15 kilos, tout sera parfait. Ça, c'est une idée préconçue qu'on a, mais elle est fausse. Et en fait, ce sujet me vient vraiment de mon week-end de formation, de mon week-end dernier, où justement, il y avait quelque chose, une partie qui était très philosophique. que j'aurais envie de partager avec toi, c'est la différence justement entre l'hédonisme, donc la quête du plaisir, c'est-à-dire fuir ce qui est désagréable, et quelque chose de plus profond, qui à mes yeux est plus intéressant, vers lequel se tourner, qu'on appelle le démonisme. Ça, c'est plutôt la quête de sens. Et ce n'est pas parce que, du coup, quelque chose est désagréable que c'est mauvais pour toi. Et ce n'est pas à l'inverse, parce que quelque chose est agréable, que c'est forcément ce dont tu as besoin. Exemple, le sport. Ça peut être inconfortable, mais pourtant on est bien d'accord que c'est hyper bénéfique. Pour tout. Le sucre, en grande quantité, c'est sur le moment hyper confort, hyper comfy, hyper agréable. Mais on est d'accord que pour le corps et pour plein de choses, c'est pas forcément pour la santé, surtout. Pas hyper bénéfique. Donc c'est important de peut-être plus partir, non pas sur la quête du plaisir et sur ce qui est désagréable, mais plutôt être sur quelque chose qui a du sens pour nous, qui va nous permettre d'être alignés avec nos valeurs profondes. Et ce que ça veut dire, c'est que le chemin vers quelque chose qui te correspond vraiment n'est pas forcément le chemin qui évite la difficulté. Les choses qui nous comblent le plus, en général, ce sont celles qu'on a traversées, pas forcément, et même je ne pense pas, celles qu'on a évitées. Pour revenir un petit peu à cette possibilité qu'on idéalise notre perte de poids, c'est-à-dire que trop souvent on se dit quand j'aurais perdu 15 kilos, je pourrais faire ci, ça, Il y a des choses qui auront à changer parce que justement, comme j'en parlais au début, au niveau sociétal, on a trop mis en lien corps et valeur. Maigre, on est most valuable, on a plus de valeur. C'est faux, mais c'est totalement dans notre inconscient. Pour autant, même si tu réussis à perdre ces kilos, on est bien d'accord que toute ta vie ne sera pas rose pour autant. Et le but là, et ce que j'espère profondément réussir à te transmettre, c'est que oui, il y aura des choses qui iront mieux, peut-être avec 15 kilos ou moins, j'en doute pas, mais pas tout, pas 100%. Peut-être 50%, mais pas plus. Et du coup, je vais encore continuer avec trois questions. Je te propose trois questions à te poser, peut-être face à une difficulté justement, pour en tout cas essayer d'en sortir avec un regard différent. Pas forcément un regard optimiste à tout prix, mais en tout cas un regard honnête qui va autant voir les avantages que les inconvénients. Roule-main-tambour, première question. En quoi cette situation me rejoint dans mes valeurs profondes ? Pas les valeurs morales, les vraies, celles dont on parlait tout à l'heure. Qu'est-ce que cette difficulté, par exemple maigrir, mécompulsion alimentaire ? me force à développer, à creuser, à clarifier. Parce que parfois, une traversée difficile nous révèle des choses sur nous-mêmes qu'on n'aurait jamais vues autrement. Deuxième question, en quoi cette situation me rapproche ? De qui je veux devenir ? Pas de ce que je veux peser, de qui je veux être. Quelle femme ? Est-ce que je suis en train de construire dans cette difficulté, face à mes compulsions alimentaires, face à mon poids ? Troisième question, En quoi cette situation me sert en ce moment dans ma vie ? Je sais que ça peut faire beaucoup de résistance, mais c'est souvent là que se cachent les informations les plus précieuses. Et vraiment, c'est avec grand plaisir qu'on peut voir ça en consultation pour mes patients ou peut-être mes futurs patients. Je sais que ce ne sont pas des questions faciles, surtout la dernière. Donc voilà, elles peuvent prendre du temps. on peut avoir besoin d'aide c'est fait pour être posé pour qu'on puisse y revenir et laisser vraiment les réponses émerger il y a forcément des réponses qui peuvent être très intéressantes surtout pour la dernière en quoi cette situation me sert en ce moment dans ma vie car il y a toujours une réponse et je suis là aussi pour t'aider à la trouver dans toute situation Et si tu n'es pas d'accord avec moi, c'est complètement ok, il n'y a aucun problème, bien évidemment, comme toujours, tu prends ce qui te parle et tu laisses le reste. En tout cas, ce que j'aimerais, avant de clôturer cet épisode, c'est que tu emportes avec toi que ta valeur, elle n'est pas dans ton corps, elle n'a jamais été là, elle est dans ce que tu fais, dans ce à quoi tu consacres ton temps, ton énergie, dans la femme, dans l'homme que tu es, en dehors de la balancée du miroir et personne. Aucun chiffre, aucune taille de vêtement, aucun regard. ne peut t'enlever ça. Ce que tu vis autour de ton corps et de la nourriture, c'est souvent une souffrance très réelle, qui peut être vraiment même extrêmement, extrêmement forte, extrêmement douloureuse. Je la vois quotidiennement au cabinet. Cette souffrance mérite à mes yeux mieux qu'un énième régime. Elle mérite que tu tentes de la comprendre, qu'on aille voir ce qu'elle... porte, ce peut-être ce qu'elle protège et surtout ce qu'elle essaie de te dire. Ça, ça se fait en douceur, non pas avec jugement, jamais de la vie, mais en douceur, de manière respectueuse de toi-même. Donc si jamais tu veux aller plus loin, si quelque chose de ce que j'ai pu dire dans cet épisode a résonné, je suis là en visio ou à Calvire à côté de Lyon. Et pour en discuter... en dehors, c'est avec plaisir. Merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout et à lundi prochain !