Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix. Je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc de la vie de la personne. bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi, j'espère que tu vas au mieux aujourd'hui. Pour commencer cet épisode, je vais te mettre un peu de contexte et du coup on va revenir En 2021 plutôt, on va revenir en 2021, je crois, où il y a eu une grande période qui a duré plus de six mois, ça c'est sûr, où j'avais mis en place une morning routine. Franchement, ça avait vraiment, vraiment été très bénéfique à mon quotidien. Pourquoi ? Parce que je suis quelqu'un qui est du matin. Voilà, c'est mon chronotype. Je suis lion, je crois, si vous avez déjà fait ces tests de rythme, etc. Donc la morning routine. Moi, à titre très personnel, c'est quelque chose qui me convient. Je me rapproche de mon sujet d'aujourd'hui. Dans ma morning routine, j'avais mis en place, en tout cas il y avait 30 secondes, on va dire, qui étaient allouées aux affirmations positives. Pour autant, c'est la seule partie, on va dire, où je ne voyais pas vraiment de changement, où je ne voyais pas vraiment d'utilité, où je ne ressentais pas en tout cas un changement en particulier. Et c'est ce sujet qu'on va développer aujourd'hui. Parce qu'en fait, je trouve qu'avec le développement personnel qui s'est beaucoup, beaucoup, beaucoup démocratisé, et c'est une bonne chose, on est d'accord, c'est au moins, minimum, ces cinq bonnes dernières années, je trouve qu'à travers les affirmations positives, on nous a vraiment vendu l'idée qu'il suffirait justement de se répéter des phrases type, pour changer, là c'est ce qui nous a intéressé, le regard qu'on porte sur soi, sur son corps, sur ce qu'on mange. Tu l'as peut-être déjà essayé, debout devant la glace, à te dire que tu étais suffisante, que tu n'avais pas besoin de changer pour être heureuse. Et tu as peut-être du coup aussi senti ce petit ou gros décalage, cette voix qui te répond aussitôt « c'est pas vrai, tu le penses pas vraiment, c'est nul » et où tu peux même te sentir encore plus mal qu'avant d'avoir dit cette phrase positive. C'est pas du tout toi qui fait mal l'exercice, c'est surtout pas toi le souci, c'est vraiment plutôt... que l'exercice tel qu'on le présente, il ne peut pas marcher comme ça. Ce n'est pas possible, c'est dommage, on est bien d'accord, mais ce n'est pas possible. Et je vais t'expliquer déjà pourquoi ça ne peut pas marcher. Une pensée qui te dit que tu n'as aucune volonté ou que ton corps est un problème à régler, elle ne s'est pas installée du jour au lendemain et elle ne s'est pas installée en une phrase. On est bien d'accord, c'est une idée préconçue que tu t'es construite sur des années et des années. à coup de... plein et de nombreuses et de milliers, je pense, de petites scènes répétées. Une remarque que tu as pu entendre au repas de famille quand tu étais petite, qui a été répétée, entendue à table. Un regard que tu as cru deviner, ou en tout cas que tu as interprété de manière négative. Une émotion forte que tu as vécue, toi, seule, devant le placard, pendant que tes parents n'étaient pas là. Toi, ensuite, jeune adulte. En fait, c'est vraiment des centaines et des centaines de preuves accumulées. ressentis dans ton corps, qui ont fini, à force, par devenir une vérité pour toi. Ton corps l'a mémorisé, pas seulement la tête, c'est là où je veux vraiment nuancer. Donc, une seule phrase positive, même si tu te la répètes chaque matin, chaque semaine, en fait, elle ne peut pas avoir le même poids. Le cerveau ne compare pas les mots entre eux. Il compare ce qu'il a vraiment vécu, ce qu'il a vraiment ressenti. Et c'est ce qui fait... que dans plus des trois quarts des cas, l'affirmation positive n'est pas suffisante, n'est pas utile et peut même être trop négative si tu es trop loin de l'affirmation que tu dis. Parce qu'en fait, ton corps, lui, ressent complètement l'opposé. Il y a un trop gros gap et forcément, le ressenti corporel gagne sur les mots. Comme je viens de le dire, c'est pas parce que... Enfin, tu peux pas comparer tes mots. Entre eux, le cerveau ne fonctionne pas comme ça, donc du coup c'est vraiment ce que tu as ressenti, ce que tu as vécu, c'est ça qui va prendre le dessus. Donc on est d'accord, ce qui peut faire bouger une pensée ancrée comme celle-là, négative, qui au final par contre on est bien d'accord a des conséquences négatives sur ton quotidien, sur ton comportement alimentaire, sur ton estime de toi, etc. Ce n'est pas un mot que tu vas te répéter ou des phrases, c'est plutôt des preuves que tu vas chercher, des vécus, une situation précise. que tu as pris le temps de ressentir pour noter ton ressenti ensuite dans un coin de ta tête et qui va être au fur et à mesure des accumulations, cette fois-ci de contre-exemples. Donc, si cette semaine, tu cherchais un moment, même tout petit, où justement cette pensée négative envers toi-même s'est révélée fausse, pour ton souvenir, je t'invite à fermer les yeux, là peut-être même essayer de le faire maintenant, même 5 secondes, juste le temps de chercher. Il y a forcément, au moins même un tout petit peu, c'est obligé. Il y a au moins une fois où tu l'as retrouvé. Replonge-toi dedans ensuite. Ressens-le. Et amplifie ce ressenti positif. C'est ça ton contre-exemple. Une fois où tu as réussi à t'arrêter alors que tu ne pensais ne jamais réussir à ne pas finir le paquet de Kit Kat bolleux. Et là, quand tu as ce contre-exemple, tu ne dois pas juste l'inscrire dans un coin de ta tête ou le noter. Tu prends vraiment le temps. Le temps, c'est quand même 30 secondes pour le laisser exister dans ton corps, dans ta poitrine, dans tes épaules, dans ta mâchoire, dans ton ventre. Et ensuite, à chaque fois, pour plein d'autres choses, tu répètes cette expérience, tu répètes ce contre-exemple, tu le revis à chaque fois. Et en fait, c'est cette répétition-là qui va construire un nouveau chemin. Pas celle des mots qu'on te force, que tu te forces toi-même de croire. C'est vraiment la répétition du ressenti, cette fois-ci, qui va être positive du contre-exemple. On est d'accord, un seul contre-exemple ne se fiera jamais à terre complètement une pensée que tu t'es ancrée dans la tête pendant 20 ans. La première fois que tu en trouveras, il y a de fortes chances qu'une petite voix réponde tout de suite « Oui, mais c'était un coup de chance. » « Oui, mais ce jour-là, c'était facile. » « Oui, mais ça ne compte pas vraiment là. » C'est normal. C'est même totalement prévisible. Parce qu'en fait, la pensée limitante, elle a des années d'avance. Elle a accumulé beaucoup, beaucoup plus et beaucoup trop de preuves que ton tout premier contre-exemple, c'est le tout premier. Donc, ce n'est pas la même chose. C'est pour ça qu'il en fait vraiment plusieurs, plusieurs, pas un seul. Et l'autre chose, c'est que souvent, malheureusement, on a tendance, et ça, je le vois tous les jours en consultation, à se focaliser sur l'aspect négatif. Et c'est là où je pense qu'un professionnel de santé ou un ami ou un parent, en tout cas discuter avec quelqu'un peut être vraiment utile parce que ça va t'enlever ton bien en fait, qui fait que tu te focalises uniquement sur le oui mais quoi et que non ça marche pas et gnagnagna. Donc tu accumules les contre-exemples dans des moments différents, dans des contextes différents et la pensée limiterante va au fur et à mesure, bah peut-être... Prendre un petit peu moins de place. Alors oui, les oui-mais peuvent revenir, mais à un moment, il y aura tellement de preuves du contraire que les oui ne tiendront plus. Et ce qui est aussi intéressant, c'est qu'en fait, plus tu vas avoir de contre-exemples, plus tu as de chances que ton comportement ne soit plus en mode pilotage automatique sur ta croyance. Donc sur, par exemple, tes pulsions. Parce qu'en fait, tu auras pris conscience de plus en plus qu'en fait, tu es capable. Tu as la capacité de ne pas faire que ça. Et du coup, tu as moins de chances aussi de faire ce comportement vis-à-vis de ça. Maintenant, ce que j'aimerais que tu gardes de cet épisode, ce n'est pas que tu as raté quelque chose avec les affirmations positives, c'est que ce n'était juste, je ne pense, pas un bon outil pour ce que tu traverses et qu'il existe une autre voie plus solide. Le petit pas donc que je te propose... pour les prochaines 48 heures maximum. Mets en place ça. Repère un moment, même minuscule, où une pensée qui te limite s'est trompée. Pas besoin d'en trouver 10 tout de suite, déjà une. Pas besoin que ça soit spectaculaire non plus, juste un pour commencer. Que tu prends le temps de ressentir avant de passer à autre chose. Je sais que cette pensée-là a des chances d'arriver tout de suite, là maintenant, dès que je te propose cet exercice. Oui, mais moi, ça ne marchera pas. Oui, mais moi, ça ne sert à rien dans mon cas. C'est exactement la même pensée limitante, enfin c'est une pensée limitante, c'est exactement de ça que je parle. Il n'y a pas de oui mais. Le oui mais, c'est une pensée limitante, c'est une croyance limitante, c'est un truc qui te bloque. C'est juste dit sous une nouvelle forme et c'est tout à fait normal d'ailleurs qu'elle se manifeste aussi avant même que tu aies essayé quoi que ce soit. Pour autant, la première chose à faire... Ce n'est pas de faire taire cette voix, c'est juste de la remarquer. Maintenant, tu te dis, ok, elle est là, ça c'est une pensée automatique, mais j'ose tester. Ose tester l'exercice malgré ce oui-mais. Ose pour une fois. Ose pour voir. Histoire de commencer à fissurer cette croyance qui te pourrit la vie. Et si tu veux, on peut vraiment discuter ensemble parce que là, tu vois, c'est exactement ce travail-là que je suis en train de faire moi de mon côté à titre perso sur un sujet. J'aimerais lancer un nouveau projet, on va dire, pour t'aider, pour t'accompagner d'une autre manière, sous une autre forme. Et j'ai peur. il y a une parole de moi qui ne se sent pas légitime et je suis clairement en train de démonter cette peur, cette croyance limitante qui en plus je vois en fond parce que je suis vraiment en train de bosser dessus qu'elle n'est pas si justifiée que ça que mon esprit se focalise enfin bon voilà tout ça pour dire que c'est humain donc on peut échanger sur ce sujet se soutenir sur ce sujet je travaille dessus on va dire un jour sur deux, un jour sur trois je me fais vraiment une petite session d'un quart d'heure, ça ne me prend pas beaucoup, où en fait, je fais un récap et je note tous les contre-exemples que j'ai. Et en fait, j'en ai, ça me demande un effort cognitif, on est bien d'accord de les trouver, mais il y en a. Il faut juste que j'arrive à m'ouvrir. Et des fois, je demande un peu d'aide aux autres pour me dire, ah oui, c'est vrai. Donc, n'hésite pas. Ose cet exercice pour commencer à fissurer cette croyance qui te pourrit la vie sans être trop dramatique. Et oui, même le jour où tu auras réussi à casser cette énorme croissance, il t'en restera sans doute d'autres à démonter. Et le jour où tu auras ensuite démonté ces autres, tu auras tellement évolué que tu te retrouveras face à de nouvelles croyances limitantes que tu ne voyais même pas avant parce qu'en fait, tu n'étais pas encore arrivé jusque-là, jusqu'à ce point-là. Il dit comme ça, peut-être que ça peut sembler sans fin, mais en fait, en un sens, je pense que ça l'est déjà. Mais c'est surtout qu'en tout cas, à mes yeux, c'est ma vision, c'est... beau, parce qu'en fait, c'est le chemin, c'est la vie, c'est le chemin de l'évolution. Et à mes yeux, c'est hyper important d'évoluer et je suis là, en tout cas, l'un de mes rôles, c'est de vous aider à évoluer, de vous épanouir, on est bien d'accord, mais je trouve que ça passe par l'évolution. Et si tu ne trouves pas de contre-exemple cette semaine, c'est pas grave, c'est ok, t'en trouveras la semaine prochaine, j'en suis sûre. Je te remercie et je te félicite de m'avoir écouté jusqu'au bout. On se retrouve maintenant lundi prochain pour continuer ce magnifique chemin ensemble, même s'il y a des embûches et qu'on trébuche parfois. Si cet épisode t'a fait du bien, n'hésite pas à t'abonner si ce n'est pas le cas. Partage-le à une amie, à de la famille qui pourrait en avoir besoin. Et enregistre-le si tu peux en avoir besoin certains jours. Merci et à lundi prochain !