Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix. Je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc de la vie de la personne. bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi. Aujourd'hui, on va parler d'un mot en particulier, caché. Ce mot que tu connais. et je crois que tu utilises ou que tu penses surtout l'été. Se cacher, c'est le gilet que tu vas garder sur toi alors qu'il fait super chaud pour cacher tes bras. C'est la serviette que tu vas remonter le plus haut possible ou descendre le plus bas possible pour cacher tes cuisses, ton ventre. C'est le maillot que tu vas choisir en fonction de ce qui dissimule le plus afin de regarder en fait ce qu'il te plaît. Et puis il y a les fois où en fait tu ne te caches pas. parce qu'en fait, tu ne viens pas du tout. Tu ne vas pas au lac, tu ne vas pas à la piscine, tu ne vas pas à la mer, tu déclines l'invitation avec une bonne excuse alors que la vraie raison, tu la connais, on la connaît. C'est de ça que je veux te parler aujourd'hui, de tout ce que cette croyance te fait rater alors que toi, au fond, tu cherches à te mettre à l'abri et c'est une réaction très humaine. C'est ça qu'on s'est raconté. C'est ce que la société nous raconte depuis, je sais pas, très longtemps, depuis peut-être un siècle, que certains corps auraient le droit d'être dehors, d'être en maillot de bain, d'être dans l'eau, au soleil, à la vue de tous, et que d'autres devraient soi-disant rester en retrait et couverts. Comme si selon ta forme, ta corpulence, tu avais plus ou moins le droit d'occuper l'espace. Et t'y as cru tellement fort que tu te poses parfois même plus la question. te couvre en fait, avant même d'avoir pensé. Le geste part tout seul et est devenu automatique. Et c'est exactement là que je veux qu'on s'arrête, parce qu'en fait, ça, ce n'est plus possible. Parce que ce réflexe de te cacher, ça n'a jamais été, à mes yeux en tout cas, une réponse à ton corps. Il a été une réponse à la peur, à cette peur, à ce sentiment. Et cette peur, tu ne l'as pas inventée toute seule, on te l'a apprise. On te l'a apprise. C'est la société entière depuis ta tendre enfance qui te l'a répété que tel corps avait le droit de se montrer et lesquels devaient se faire discret, se camoufler et peut-être même se taire ou ne pas faire certaines choses. T'es pas né en te cachant, on t'a appris à le faire et ça c'est scandaleux, c'est horriblement scandaleux et ça doit changer. Ça doit continuer de changer et d'évoluer. Bon espoir pour ça. Je trouve qu'il y a une part, en tout cas moi, que je vois sur les réseaux sociaux par rapport à ça qui est très positive. Et avec cet épisode, j'espère t'aider à faire évoluer justement un peu cette croyance limitante. Et là maintenant, je te propose de te raconter quelque chose qui m'est propre puisque c'est mon expérience. C'est mon vécu, on va dire. C'est une part de mon histoire. C'était donc mes années lycées. je faisais de la dysmorphophobie même si à l'époque j'avais aucun mot pour nommer ça, on est bien d'accord et en fait il y avait mon ventre et ce minuscule bourrelet qui est apparu je pense à peu près en seconde et en fait mon regard sur moi a fait de ce petit bourrelet mais une montagne, mais je sais même pas si on pourrait dire une montagne c'était astronomique personne d'autre le remarquait mais moi je le voyais comme énorme il prenait mes... toute la place dans ma tête. Et même moi, quand j'y repense, je me dis, mais j'étais timbrée. Et donc cet été-là, je crois qu'il y a eu un ou deux étés max à cette époque. Je crois que c'était l'été entre la troisième et la seconde, et peut-être seconde première, surtout ces deux-là. Où en fait, parfois, on se retrouvait avec mes amis vers chez moi, au bord de la rivière, on va dire. Et je me souviens, je me souviens avoir dit non. Je me souviens avoir trouvé des excuses plusieurs fois parce qu'en fait, l'idée de me montrer en maillot de bain m'était totalement insupportable. Je me vois aussi pleurer dans mon lit, toutes les larmes de mon corps chez moi, parce qu'en fait, je n'arrivais pas à y aller, je n'arrivais pas à dépasser cette peur, cette énorme fixette que je faisais sur mon corps. Et en même temps, je me vois aussi souffrir, et c'est pour ça aussi que je pleurais, de rester du coup chez moi seule certains après-midi. Parfois, j'ai heureusement réussi à me forcer grâce à certaines copines, parce que certaines fois, c'était... plus fort que moi, je voulais, heureusement, les retrouver. Mais je me vois aussi, je me souviens, me cacher derrière des vêtements et de me baigner, même parfois habillée. J'ai même moi du mal à comprendre ça. Donc, j'ai raté des journées, j'ai raté des rires, j'ai raté des souvenirs, c'est sûr, pour quelque chose qui n'existait que dans mon regard, en fait. Je me suis même, du coup, créé des souvenirs de souffrance, car vraiment, je me souviens. très très très bien de cette période. Et je pense d'ailleurs que ma mère aussi. Parce que je pense que, c'est même sûr, ça n'a pas été la période la plus facile pour elle en tant que mère. Je n'ai pas été extrêmement facile à gérer par rapport à ça. Je pense qu'elle s'est sentie totalement désarmée. Mais ce qui est fou, c'est que je me cachais d'un défaut que j'avais créé. Parce que mon corps, il était capable de se baigner. C'est juste mon corps qui a commencé à changer, qui a commencé à devenir un corps de femme. C'est la période où j'ai eu mes règles, donc je pense que ça a un petit peu joué. Mais je crois en fait que sans le vouloir, on nous a à toutes appris à nous regarder avec les yeux des autres, à traquer chez nous ce qui n'allait pas, et là je mets d'énormes guillemets, et à force. En fait, je ne voyais plus que ce mini changement corporel a créé une honte en moi, mais immense. Alors que pourtant, elle n'avait aucun lieu d'être. Cette honte, on me l'a posée en fait. Vous voyez dans ma tête, je l'ai portée comme si elle m'appartenait. Mais en fait, elle est venue progressivement. Depuis mon enfance, depuis les magazines. J'aime bien parce que parfois, je vois, c'est un peu moins le cas, mais beaucoup de réels sur justement, moi je suis de 93. Donc voilà, les enfants des années 90, vraiment la génération milléniale. C'est vrai que c'était, quand on était jeune enfant, la maigreur était extrêmement valorisée, mais vraiment, Et en fait, je pense que ça, sans qu'on s'en rende compte, sans que nos parents s'en rendent compte, parce qu'à l'époque, c'était beaucoup moins un sujet, ça joue, en fait, ça nous a matrixé le cerveau, clairement. Peut-être que toi, en m'écoutant, tu te dis que c'était pareil ou peut-être que c'était différent. je pense que pour Pas mal, vous avez eu la pensée, plusieurs fois peut-être même, que ton corps à toi, il a vraiment changé. Que ce que tu vois quand tu te regardes, ce n'est pas une illusion, comme entre guillemets la mienne, que c'est bien réel. Que ton corps n'est plus celui d'avant et que tu le sens dans tes vêtements, dans ta façon de bouger et tu le vois dans le miroir. Et tu sais quoi ? Il y a effectivement de grandes chances que ça soit vrai. Bien sûr, ton corps a réellement changé. Mais c'est exactement là, en fait, que je veux en venir et que je veux t'amener. Parce que dans mon histoire à moi, il y avait très peu de changements physiques et pourtant, je me suis cachée quand même. Toi, ton corps a beaucoup évolué et tu te caches aussi. Est-ce que tu vois ce que ça veut dire ? Qu'en fait, que le corps soit transformé ou non, le réflexe peut être totalement le même. Que le corps soit transformé ou non, le réflexe est le même. La honte est la même. Donc le problème n'a jamais été la taille de ce qu'on a montré, la différence. C'est qu'on nous a appris à croire qu'il fallait d'abord avoir le « bon corps » pour avoir le droit de pleinement vivre dedans. Effectivement, ça peut être plus difficile à vivre parce que tu vois le changement dans ton corps, que tu as aussi bien évidemment des... Des gènes au quotidien peut-être, dans tes mouvements, dans plein de choses. Et c'est sûr que ça empire. J'imagine ces sensations de peur, de honte, et elles sont humaines, elles sont normales. Le problème, c'est que la société nous a dit qu'on doit d'abord avoir un bon corps pour avoir le droit de vivre pleinement dedans, de porter tel ou tel vêtement. Et ce droit, il ne doit pas dépendre. de la forme de ton corps que tu as aujourd'hui, que ton corps a changé ou non. Ça ne devrait pas dépendre du corps que tu avais avant, ni de celui que tu espères retrouver. La vraie question, ce n'est pas est-ce que mon corps mérite d'être montré, celui que j'avais il y a 20 ans ou celui maintenant. C'est est-ce que je vais continuer à attendre qu'il soit différent pour m'autoriser à plonger, à rire, à profiter de l'été, à être simplement là en fait avec les autres, avec ma famille, mes amis, vivante. Et c'est ça, c'est ça qui change absolument tout. Parce que si se cacher n'a jamais été proportionnel au corps qu'on a, alors changer ce corps n'a jamais été vraiment la solution. On peut passer sa vie à essayer de mériter le droit d'aller se pavaner à la plage, le jour où on l'aura mérité peut arriver dans 6 mois, dans 2 ans, mais il peut aussi peut-être ne jamais arriver. Et ça, je pense que c'est important à prendre conscience. Le verrou n'a jamais été sur ton corps. Le verrou, il est placé sur ton regard. Et je sais à quel point, j'imagine en tout cas, qu'il peut y avoir beaucoup de personnes, peut-être toi qui es en train de m'écouter, et qui est oui mais, Et c'est pour te dire que si tu es autant dans le oui mais, ça veut dire que tu es, comme moi j'étais à l'époque, complètement, mais matrixé, complètement. aveuglé par ce verrou. Ce verrou, il est vraiment dans ton regard. Maintenant là, j'ai envie de te montrer ce qui se passe dans ta tête pour que ça te déculpabilise et aussi parce que je pense que là, on commence à monter peut-être un petit peu haut en termes d'émotions. Donc on va redescendre avec des neurosciences. Ton cerveau, c'est une machine à anticiper le danger. Quand ? Très tôt. Très jeune, on a associé montrer son corps à peut-être une moquerie, à peut-être un regard très gênant, à une remarque, à un sentiment, une sensation de honte. Ton cerveau, il a fait son travail. Il a donc rangé et mis ton corps, peut-être surtout en maillot de bain, etc., dans la case danger. Et du coup, depuis, à chaque fois que la situation se représente, Il déclenche l'alerte avant même que tu réfléchisses. Il te fait remonter la douleur et du coup, il te fait remonter la serviette. Il te fait mettre un t-shirt au lieu d'un débarteur. Il te fait décliner l'invitation. Pour toi, ça ressemble à un choix, mais en réalité, c'est un réflexe de survie qui tourne en boucle dans ta tête. Tu te caches parce que ton cerveau croit sincèrement te protéger d'un danger. Je répète parce que c'est quand même hyper important. Tu te caches. Tu t'en sens si mal parce que ton cerveau croit sincèrement te protéger d'un danger en ne pas allant à cette putain de plage. Sauf que le danger, on est bien d'accord, la plupart du temps, il n'est plus là. Il n'est pas là en fait, il n'est pas dans la plage en elle-même. Il peut être aussi resté dans la cour du lycée, dans un commentaire d'une vieille tante il y a longtemps. Peut-être aussi dans le regard, dans des paroles d'un ex-copain. qui au final est un ex, donc il n'existe plus que dans tes souvenirs. Mais pour autant, le ressenti émotionnel, le raccourci mental, lui, est resté. La vraie bonne nouvelle, par contre, et tant mieux, c'est que ce circuit, ce n'est pas une condamnation. Ton cerveau se remodèle toute ta vie. Que tu aies 20, 30, 40, 50, 60, ton cerveau a la capacité magnifique et magique de se remodeler. à chaque expérience nouvelle. Donc, chaque fois que tu vis quelque chose qui contredit cette vieille peur, exemple, que tu vas te montrer un peu, mettre un maillot de bain deux pièces au lieu d'une pièce, et qu'il ne se passe strictement rien de grave, ton cerveau va enregistrer ça. Ah mais tiens, finalement, ce n'est pas dangereux. Et du coup, au fur et à mesure... il peut commencer doucement à débrancher la lame. Parce qu'en fait, il va avoir beaucoup plus de contre-exemples de « au final, il n'y a rien de dangereux, au final, il ne s'est rien passé, au final, ça a été et ça va permettre d'inverser la balance. » Lentement, on est d'accord, c'est un nouveau chemin qui se trace à côté de l'ancien. Et ça, je vous assure que ça marche. Ça marche, ça marche, ça marche. Et du coup, ce que j'aimerais vraiment que tu retiennes. C'est que cette envie de te cacher, cette honte, cette peur, ce n'est pas ton corps qui a un problème. C'est une vieille putain de peur qu'on t'a apprise et qui croit encore te protéger aujourd'hui. Mais elle a tort, elle n'a pas raison. Elle a juste l'habitude d'être là et d'avoir fait ce raccourci de fonctionner comme ça. Et une habitude comme celle-ci, ça ne s'arrache pas d'un coup. Ça se défait doucement, sans jamais forcer, progressivement. Pendant le temps nécessaire. Alors je te propose, dès aujourd'hui, peut-être dès cette semaine, une seule chose. La prochaine fois que tu sens peut-être... Eh ben ta main aller directement vers les t-shirts au lieu du débardeur alors qu'il fait 35 degrés. De prendre le pantalon au lieu du short. J'aimerais que tu remarques ton comportement automatique. Que tu te dises, tiens, ça c'est ma vieille putain de... peur qui essaie de me protéger d'un soi-disant danger qui n'existe plus ou qui devrait moins exister. Tu n'es pas obligé de faire autrement. Tu peux pour autant mettre ton t-shirt, mettre ton pantalon, mettre ta robe longue. Tu peux déjà dans un premier temps voir, prendre conscience parce qu'en fait, déjà le jour où tu vois le réflexe, il n'est déjà plus tout à fait le maître. Et ça, c'est la première étape. Donc tu peux dans un premier temps prendre conscience de ça, sans pour autant changer ton comportement. Et peut-être qu'au bout d'un certain temps, peut-être qu'un jour, quand tu te seras prête, tu mettrais un short ou un débardeur. Juste un jour, ou pour juste une petite sortie, parce que tu es avec telle personne, dans tel contexte. Et tu verras, tu peux voir, voir comment c'est de sentir... Le soleil sur du coup une partie de tes cuisses, de tes bras, que d'habitude tu gardes toujours à l'ombre. Tu peux découvrir que peut-être il ne se passe rien, sauf peut-être encore un peu de peur, de honte, de pensée automatique dans ta tête. Merci de m'avoir écouté jusqu'au bout. Ce serait un vrai plaisir de discuter avec toi de ce sujet qui est un vaste sujet. qui est un sujet très personnel. Donc vraiment, que ça soit en consultation, n'hésitez pas, n'hésite pas à m'aborder, à qu'on discute, même sur Instagram, sur mon compte charlen.mangerenpaix. Ce sera un vrai plaisir de discuter de ce sujet si important et d'échanger. On se retrouve lundi prochain pour continuer ce chemin ensemble. Si cet épisode t'a fait du bien, abonne-toi si ce n'est pas le cas. Partage-le à une amie qui pourrait en avoir besoin. 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