Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix. Je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc de la vie de la personne. bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Dis-moi, combien de fois tu t'en es voulu le lendemain d'un apéro pour peut-être avoir bu plusieurs verres, enchaîné les poignées de chips, t'être jeté sur l'apéro, etc. Avec bien sûr cette petite voix critique dans ta tête qui te dit que tu as encore craqué, que tu n'as pas su t'arrêter, que tu n'as aucune volonté, et du coup que demain va falloir te reprendre en main, serrer la vis, etc. Et si je te disais que ce soir-là, en fait, Lors de cet apéro, tu n'as rien raté. Tu as simplement, si je puis dire, récolté ce qu'une journée entière de contrôle, de peur du jugement, avait semé sans que tu le vois venir. Et on est d'accord que tu n'as peut-être pas récolté que le fruit d'une journée entière de contrôle et de peur du jugement, mais peut-être plutôt des semaines, des mois, voire des années, voire des dizaines d'années. Commençons par un fait que personne ne dit jamais clairement. La nourriture n'est pas... pas le problème, le regard des autres. Oui, lui, il peut l'être. Ce n'est pas une intuition, c'est ce que montrent plusieurs recherches sur l'alimentation en contexte social depuis des décennies. On mange différemment quand on est observé. On mange différemment quand on croit être jugé. Le mécanisme s'appelle la comparaison sociale alimentaire. Elle s'active en quelques secondes, dès qu'on s'assoit à une table entourée d'autres personnes, qu'on arrive à un buffet, etc. Ton cerveau ne regarde donc pas seulement ce qu'il y a dans ton assiette ou sur le buffet, il va aussi regarder ce que prennent les autres. Et en fonction de ça, il va ajuster, il va se caler et il se protège. Ce mécanisme, c'est un mécanisme d'adaptation. Pendant très longs temps, quand on était en période chasseur-cueilleur, dans l'histoire humaine, du coup, être exclu du groupe, c'était une question de survie. On est bien d'accord en mode chasseur-cueilleur. Le cerveau a donc appris à cette époque-là à surveiller en priorité tout ce qui pourrait faire de nous quelqu'un de différent, de trop ou de pas assez raisonnable. La nourriture en société n'a donc jamais été que de la nourriture. Elle a toujours été un langage silencieux qui dit en partie qui on est, ce qu'on maîtrise, ce qu'on mérite. Et quand ? En plus à ça, on ajoute des années de discours sur le contrôle, la minceur, le mérite corporel, etc. On obtient exactement ce que tu vis chaque été sur cette terrasse, un barbecue, enfin un moment social qui est transformé en épreuve de contrôle. Ce n'est donc rien à voir avec toi et cette volonté que tu te dis peut-être. C'est le... contexte qui a été conçu culturellement pour te faire douter en fait. Autre point aussi, ce que tu ressens à l'apéro n'a souvent rien à voir avec ce que tu manges pendant l'apéro. Ça a à voir avec ce que tu as fait ou pas fait la journée d'avant, les semaines d'avant, etc. Comprenons ce qui se joue vraiment. Pour cela, je te propose une métaphore. Imagine une vague. Une vraie vague, celle que tu regardes arriver loin, tu la vois là, elle a l'air d'être pas mal. Et quand tu es sur le sable, en été justement, une vague, on est d'accord que tu la contrôles pas. Tu la vois venir, tu peux peut-être essayer, tenter de l'anticiper, mais tu ne peux pas décider de sa hauteur et ni de sa force. Ce que tu peux choisir en revanche, c'est ta posture face à cette grosse vague qui arrive. Tu peux te redire. Lui tourner le dos, essayer de la bloquer entre guillemets de toutes tes forces. Et dans ce cas-là, elle te submerge. Elle te fait perdre l'équilibre, elle t'emporte plus loin sur le rivage là. Alors que si tu l'avais laissé passer, est-ce que ça aurait pu être différent ? La deuxième option, ce serait, tu peux peut-être plonger avec elle, l'accompagner, la traverser. L'apéro, on peut comparer ça du coup à une vague sociale. Elle arrive chargée de tout ce qu'elle contient, la nourriture qui circule, les regards, les conversations, l'alcool, le bruit, l'excitation, l'euphorie du moment. et si tu arrives toi sur cette terrasse à cet apéro Déjà raide comme un piquet, intérieurement, extérieurement peut-être, déjà en train de résister depuis le matin, déjà appréhendée à paniquer, la vague, elle ne va pas te traverser doucement, là on est bien d'accord, elle va te submerger. Et tu vois, à quasi chaque consultation sur ce sujet, j'ai presque toujours la même phrase, les mêmes mots qui ressortent. Ouvrez les guillemets, je me garde la place pour l'apéro de ce soir. Du coup, qu'est-ce qui se passe ? Ça veut dire que matin, midi, allége à mort, déjeuner sans féculents, vraiment pas riche, vu que ce soir, il y a apéro. Cette stratégie, elle peut sembler logique. Elle est même valorisée beaucoup trop culturellement comme une preuve de discipline et de contrôle et de sérieux. Sauf que, et oui, gros sauf que, le corps, lui, il ne fonctionne pas comme une calculatrice. Il fonctionne... Comme une réserve, plutôt. Du coup, quand tu le prives toute la journée, pour lui, tu prépares une urgence. Tu prépares exactement le moment où, du coup, arrivé devant les chips, les cacahuètes, le fromage, la charcuterie, ton corps va basculer en mode survie et te pousser à manger vite, beaucoup, avec cette sensation de perte de contrôle que tu redoutais depuis le matin. Encore une fois, je répète, ce n'est pas du tout un manque de volonté, c'est de la physiologie pure en fait. Tu ne t'es pas trahi ce soir-là si tu t'es jeté sur les chips. Tu as récolté, si j'ose le dire, ce que la restriction avait semé. Et la restriction, on est bien d'accord que tu peux l'avoir fait depuis le matin, mais tu peux aussi peut-être t'être restreint depuis une semaine, depuis des mois. Donc tu as peut-être récolté beaucoup. de mois, beaucoup même d'années, de restrictions. Donc ce n'est pas du tout un manque de volonté. Et en plus, une fois que cette pulsion arrive, c'est un cercle vicieux. Tu culpabilises d'avoir craqué, cette culpabilité te pousse à te mettre encore plus au régime le lendemain, et cette promesse fabrique à nouveau la prochaine vague qui va te submerger sous forme de pulsion. Et du coup, été après été, Noël après Noël, tu répètes le même cycle. en te reprochant à chaque fois un manque de contrôle qui n'est en fait pas du tout le vrai problème. Maintenant, soyons encore un peu plus précises. Parce que comprendre le mécanisme là qu'on vient d'évoquer, c'est bien, mais ça ne soulage pas et ça ne change rien en soi. C'est une étape, on est bien d'accord, c'est la première, mais maintenant on va essayer de transformer ça. Ce qui peut changer les choses, c'est ce qu'on va faire... de cette compréhension justement à partir du prochain apéro que tu as peut-être ce soir, ce week-end. Tu sais maintenant que si tu sautes un repas pour garder la place avant ton apéro de ce soir, tu ne te protèges pas. C'est l'inverse, tu es en train de fabriquer de tes propres mains la compulsion que tu redoutes. C'est donc toi qui allumes la mèche le matin, c'est toi qui t'en veux le soir d'avoir mis le feu aux poudres. Ce n'est pas un manque de volonté, c'est un fait physiologique, mécanique. Et tant que tu ne le regardes pas en face, tu vas continuer à te blâmer pour ce que ton corps a été forcé de produire, par cette restriction qui est peut-être là depuis très longtemps. Voilà donc ce que je te propose pour transformer concrètement ton prochain apéro. Premier point, mange normalement dans la journée. Y compris le jour de l'apéro, du gros repas, de la fiesta. Pas plus, pas moins que d'habitude. Ça va te sembler peut-être contre-intuitif, c'est sûrement pas la première fois que tu l'entends, surtout si c'est pas la première fois que tu écoutes mon podcast. Et j'entends, je comprends, les premières fois ça peut être difficile parce qu'en fait toute ta programmation culturelle t'a dit l'inverse. Mais un corps nourri correctement dans la journée arrive à l'apéro. apaisé parce qu'il ne sera pas en état d'alerte. Il peut donc goûter, apprécier. S'arrêter quand il est satisfait parce qu'il n'a plus rien à rattraper. PS. Si ça ne fait pas 15 jours que ton corps a besoin d'être nourri, si ça fait longtemps que tu es en mode restriction, si là tu tentes, tu testes en tout cas de t'accorder, de te lâcher un peu plus la grappe, mais que ça fait longtemps que ton corps a été restreint, laisse-lui au moins 15 jours. De repas suffisants, nourrissants, bons gustativement pour commencer à retrouver un équilibre intérieur. Deuxième point, avant d'entrer dans la soirée, prends 10 secondes pour te demander ce que tu ressens dans ton corps là maintenant, à cet instant précis avec le plus de curiosité et de bienveillance. Pas ce que tu penses, devoir ressentir ce que tu ressens vraiment. Est-ce une légère faim, une grosse faim, une envie déjà de goûter tel plat, un sentiment d'euphorie ou quoi que ce soit d'autre ? Et en fait, ce geste simple de te ramener à toi, va te ramener à toi avant que la vague sociale n'arrive et ne te recouvre de ses propres signaux. Et si c'est difficile pour toi, j'ai la solution, t'inquiète pas. Pour t'aider, j'ai créé un pack de 10 audios de relaxation. à télécharger, que tu peux avoir tout le temps avec toi, l'audio 1 est justement fait pour t'aider à désamorcer cette angoisse et la possibilité d'une pulsion lors de l'apéro du pilotage automatique. Troisième point, autorise-toi à voix haute, si besoin, ou dans ta tête au minimum, à ne pas être raisonnable, au sens où la société l'entend. Le mot « raisonnable » dans ces moments-là ne veut jamais dire équilibré. Il veut dire petit, discret. contrôler aux yeux des autres. Ce que je te propose à la place, c'est d'être à l'écoute. Être à l'écoute, ce n'est pas la même chose qu'être raisonnable. Subtile peut-être. Être à l'écoute, ça veut dire manger ce dont tu as envie en te foutant la paix, t'arrêter quand t'es rassasié, reprendre si l'envie revient, sans que ces gestes aient à passer par le filtre du regard des autres. Et pour aider à fin, pour t'aider à réaliser, à expérimenter, à tenter ce troisième point, on a besoin que le point 1 et 2 soient ok. Quatrième point après l'apéro. Parce qu'il y a un dernier réflexe à désamorcer, c'est celui de la compensation. Pas de jeûne le lendemain matin pour rattraper. Après, si bien évidemment tu n'as pas du tout, faim le matin et que tu sens que t'es sereine avec ça, que c'est pas ta tête qui t'a dicté de te couper des sensations alimentaires, c'est ok. Pas de séance de sport punitive. Par contre, si tu as envie d'aller marcher et de te balader pour faire du bien à ton corps, bien évidemment. Je sais que c'est subtil ce que je te propose là et je serais ravie d'en discuter avec toi de ces subtilités. Mais en tout cas, tente de ne pas avoir un discours à ton intérieur du type te reprendre en moins. Plutôt, allez, là c'était un super moment, maintenant je vais prendre soin de mon corps en le mettant en mouvement. C'est subtil la différence, mais c'est important parce qu'en fait, ce discours punitif, c'est exactement ce qui a allumé la mèche la dernière fois. Ce que ton corps a besoin d'entendre le lendemain d'un perro, c'est tout, ça fait une punition. C'est la confirmation que rien de grave ne s'est passé, qu'il peut continuer à te faire confiance, qu'il a ses capacités d'autorégulation, et ça va le faire. Si jamais, pour le lendemain, tu as aussi toujours dans mon pack d'hypnose disponible, en lien là en bio et sur mon site, tu as l'audio 2 qui va être à écouter pour ce moment-là. Ce que je te propose donc d'essayer, c'est, je résume, manger ton repas le plus normalement possible tout au long de ta journée matin-midi-soir, pour arriver à cet apéro sur cette terrasse avec un corps nourri plutôt qu'un corps en état d'urgence. Ensuite, tente d'observer ce qui peut changer, comment c'est pour toi, pas pour te juger sur les résultats, mais pour voir quelles sont tes sensations, le goût peut-être, tenter de manger certaines choses en pleine conscience. tout en étant connecté avec la convivialité, l'euphorie, la gaieté du moment, afin de développer un petit peu plus de sérénité. Tente, expérimente par toi-même. Fais de chaque moment une nouvelle expérience à laquelle tu vas pouvoir retirer des apprentissages pour tenter autre chose si besoin la prochaine fois. Tu sais, pour terminer, j'ai envie de le répéter, l'apéro, ce n'est pas vraiment le problème. Le vrai problème, le fond du fond, C'est tout ce qui s'est passé avant dans ta journée, surtout dans ta tête, sans que tu l'aies forcément remarqué ou que tu le remarques, mais sans prendre conscience de l'énorme impact que ça a sur ton corps et donc sur ton poids. Parce que tous ces choix rigides envers toi-même, sauter un truc, te flageller mentalement, manger un peu moins, te dire que tu gardes la place pour plus tard, c'est exactement ce qui prépare la prochaine vague qui peut te tomber dessus le soir même. Alors, on est d'accord que si tu m'écoutes, tu as envie de tenter quelque chose d'autre cet été, même si c'est peut-être te faire sortir de ta zone de confort. Si tu écoutes cet épisode, c'est bien qu'il y a une part de toi qui a envie. Alors, si au lieu de te rédire face à cette vague, tu expérimentais de la laisser te traverser plutôt que de lui tourner de dos, de glisser dessus, de surfer dessus. Je suis très curieuse de savoir ce que ça va donner pour toi. En tout cas, faites ton mieux, chaque nouvelle expérience te rapproche d'un futur et nouveau comportement ressource. Alors, peu importe le résultat, tente, expérimente, faites ton mieux, partage cet épisode. à quelqu'un qui peut en avoir besoin, réécoute-le si besoin. Merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout et à lundi prochain pour un nouvel épisode.