Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix. Je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc de la vie de la personne. bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Je commence par t'annoncer le fait que je suis extrêmement fière du... du contenu, des phrases choisies, la métaphore choisie dans cet épisode. Donc écoute-le vraiment jusqu'au bout et n'hésite pas à l'enregistrer pour le réécouter parce qu'à mes yeux, c'est un épisode qui peut t'accompagner pendant très très très longtemps. Aujourd'hui, on va donc ensemble aborder le sujet de comment apprendre l'indulgence envers soi quand on n'aime pas son corps et qu'on lutte avec la nourriture. Cet épisode est pour toi, pour... t'aider à traverser justement cette période qui est difficile. Déjà, il y a une phrase que j'aimerais te proposer pour commencer. Une phrase peut-être que tu vas ressentir comme inconfortable au début. C'est « tu n'as pas besoin d'être différent en différente pour prendre soin de toi » . Tu n'as pas besoin d'être différent pour prendre soin de toi. J'en suis convaincue et j'aimerais que tu le sois à la fin de cet épisode. Tu n'as pas besoin d'avoir perdu du poids, tu n'as pas besoin d'avoir arrêté tes compulsions, tu n'as pas besoin d'avoir enfin une relation apaisée avec la nourriture, tu n'as pas besoin d'aimer ton corps, tu n'as même pas besoin d'être satisfaite de là où tu en es. Tu peux commencer pour autant par reconnaître les faits, c'est-à-dire voilà où j'en suis aujourd'hui. Et c'est pas la même chose que dire ou sous-entendre dans cette phrase « je resterai comme ça » . Non, là on est sur un constat, sans ajouter immédiatement un jugement, sans transformer ce constat en condamnation ou en finalité, parce qu'il y a vraiment une différence immense entre « je vis une période difficile » et « je suis le problème » . Pendant que ça cogite un peu dans ton cerveau, je te propose l'image d'une plante, une métaphore. Imagine une plante dans un jardin. Une plante vivante, elle traverse des saisons forcément, et peut-être que là, celle-ci, elle est un petit peu rude. C'est l'automne. Certaines feuilles commencent déjà à tomber, peut-être que la plante, du coup, elle paraît moins belle, moins spectaculaire. Et si tu la regardais, toi, pour autant qu'aujourd'hui ? Tu pourrais, du coup, avoir l'impression qu'en fait, il ne se passe pas grand-chose, qu'au contraire, elle est peut-être un peu en train de dépérir. Pourtant, sous la terre... Il y a toujours les racines qui travaillent, il y a quand même des échanges, des petites transformations, des choses en fait qui se préparent pour ensuite survivre à l'hiver et ensuite rééclore, refleurir au printemps, l'été. C'est des choses qui se préparent, tout ça, c'est invisible, c'est silencieux et c'est lent. La plante n'a pas besoin de montrer qu'elle pousse pour être en train de vivre. Et surtout... Elle n'a pas besoin d'être au printemps pour mériter de l'eau. Cette phrase, j'aimerais vraiment que tu la gardes et que tu médites dessus. Elle n'a pas besoin d'être au printemps pour mériter de l'eau. Elle n'a pas besoin d'être en fleurs pour qu'on prenne soin d'elle. Elle n'a pas besoin d'être devenue ce qu'elle sera demain pour mériter de l'attention aujourd'hui. Et peut-être que nous pourrions nous traiter, peut-être pourrais-tu te traiter un peu plus. Comme cette plante. Parce que, parfois, quand on traverse une période compliquée avec son corps et ou avec sa relation à la nourriture, on se dit, quand j'aurai changé, je pourrai enfin être bien avec moi. Quand j'aurai perdu du poids, quand je ne ferai plus de compulsion, quand je mangerai correctement, quand je rentrerai dans ce vêtement, quand je serai plus mince, quand je serai plus disciplinée, quand j'aurai enfin réglé ce problème. Alors, seulement... je pourrais souffler. Mais qu'est-ce qui se passe entre aujourd'hui et ce fameux après ? Est-ce que du coup on met notre vie en pause ? Est-ce qu'on passe plusieurs mois, plusieurs années à attendre de devenir suffisamment acceptable pour commencer à vivre ? Et surtout, est-ce que la violence envers soi nous aide réellement à avancer ? Est-ce que toute cette pression, tout ce jugement, toute cette autocritique t'aide vraiment à avancer ? Pour t'aider à répondre à cette partie-là, imagine toujours cette plante. Imagine maintenant que tu veuilles du coup la faire pousser plus vite, que tu veuilles maigrir là maintenant parce que t'en as marre. que tu veux régler tes compulsions maintenant parce que c'est très inconfortable et très compliqué et très difficile. Tu fais quoi pour qu'elle puisse pousser un peu plus vite ? Tu vas peut-être tirer sur les branches, tu vas tirer sur les feuilles, tu vas creuser la terre tous les matins pour vérifier si les racines elles ont grandi. Tu lui reproches de ne pas fleurir, tu lui répètes qu'elles devraient être différentes déjà. Tu la compares aux autres plantes autour d'elle. Tu lui dis mais regarde cette plante là, elle pousse mieux que toi, tu devrais être plus verte, tu devrais avoir plus de fleurs. Fais un effort ! Est-ce que ça ne te paraîtrait pas absurde, pas utile, pas productif de dire et d'avoir tous ces comportements envers ta fleur ? Est-ce qu'à ton avis ça va l'aider à pousser ? Non, on est bien d'accord. Et pourtant, c'est exactement ce que tu te fais à toi-même. Tu te surveilles, tu te contrôles, tu te compares, tu te critiques H24. Tu cherches constamment ce qui ne va pas. Et tu penses que cette pression va finir par te faire changer. Alors, est-ce que tu penses que c'est toujours le bon chemin ? Peut-être pourrais-tu essayer quelque chose d'autre, non ? D'ailleurs, je pense que si tu es en train d'écouter cet épisode, mon podcast, c'est déjà le signe, en fait, qu'une part de toi sait. Que c'est grâce à un autre chemin que celui-ci que tu vas te sentir mieux dans ton corps et dans ta relation à la nourriture. Donc voilà ce que je te propose. Je ne te propose pas déjà ni d'abandonner, ni de redoncer, ni de te dire non je reste comme ça. Non, c'est pas ça. Mais plutôt d'arrêter de te faire la guerre pendant que tu avances. Parce que l'indulgence envers soi, ce n'est pas un abandon. La douceur. n'est pas une absence d'ambition. Prendre soin de soi, n'est pas renoncer à évoluer. Tu peux vouloir que certaines choses changent sans considérer que la personne que tu es aujourd'hui est un échec. Tu peux vouloir sortir des compulsions sans passer tes journées à te détester parce que t'en as encore. Tu peux vouloir retrouver une relation plus sereine avec ton corps, sans attendre d'aimer ton corps pour commencer à vivre dedans. Tu peux vouloir évoluer sans te haïr, en attendant. Je t'ai dit beaucoup de phrases hyper puissantes, n'hésite pas à les réécouter. Et c'est là que je crois que quelque chose devient vraiment intéressant, parce qu'en fait, on parle beaucoup d'acceptation, il y a sûrement ce mot qui est venu dans ta tête, mais en fait, parfois je crois que le mot accepter, il fait peur. Parce que par le mot accepter, beaucoup entendent « si j'accepte mon corps comme il est, alors je ne changerai plus jamais » . Comme si accepter signifiait abandonner toute possibilité d'évolution. C'est pas ça ! En tout cas, pas pour moi, pas dans ma vision des choses. Pour moi, accepter, ça veut dire « je reconnais la réalité du moment » . Mon corps est comme ça aujourd'hui. Ma relation à la nourriture est comme ça aujourd'hui. J'en suis là aujourd'hui et à partir de cette réalité, je peux décider de prendre soin de moi, pas contre moi, avec moi. Tu as éclairci le point A, éclair, et comme ça c'est plus facile maintenant d'aller vers le point B parce que tu es pleinement consciente de ton point A. Tu as visualisé peut-être, clarifié ton point B et ensuite tu te fais aider par moi par exemple, on est bien d'accord, pour... Faire le chemin pour faire le trajet entre A et B. Bien sûr, ça ne sera pas juste une ligne droite, ça c'est clair. Mais au moins, ton poids est clair. Tu sais que c'est la réalité dans ce moment. Ça te permet de décider de prendre soin de toi quand même en ce moment, tout en choisissant d'avancer. Il y a une autre phrase aussi que j'aime beaucoup. C'est cette idée qu'en fait, tu n'es pas cette période. Tu es celle qui l'a... traverse. Et ça, je trouve que c'est une phrase super forte, donc j'ai envie de te la redire. Tu n'es pas cette période, tu es celle qui la traverse. On en revient à un autre épisode de podcast que j'ai fait là il n'y a pas longtemps. Une compulsion n'est pas ton identité. Une période de mal-être n'est pas ton identité. Ton poids actuel n'est pas une identité. Ton rapport à ton corps aujourd'hui n'est pas ton identité. Ce que tu traverses est quelque chose que tu traverses. Et une période, par définition, ça évolue. Une émotion passe. Une habitude passe. peut évoluer, une relation peut évoluer, un corps évolue, une manière de se parler peut évoluer, une période de vie évolue. Tu n'as pas besoin de savoir exactement quand, tu n'as pas besoin de savoir exactement comment, tu peux simplement laisser une petite place déjà à cette possibilité. Ce que je vis aujourd'hui n'est peut-être pas ce que je vivrai toujours. Et ça m'amène... Là, dans mon raisonnement, à ensuite te proposer de peut-être arrêter de te demander comment faire pour changer le plus vite possible. Et si, plutôt, tu commençais par te demander comment prendre soin de moi pendant que je suis encore en chemin, là, maintenant. Pour avancer, en fait, petit pas par petit pas. La question, pour moi, ça change tout complètement parce qu'en fait... Comment prendre soin de moi pendant que je suis encore en chemin ? Cette question, elle ne te demande plus d'attendre. Elle te remet dans ta vie, maintenant, aujourd'hui, avec ton corps actuel, tes difficultés actuelles, avec les repas que tu n'as pas, qui ne sont peut-être pas toujours simples en ce moment, avec des compulsions, avec les jours où tu te sens bien, avec les jours où c'est l'horreur, tu te sens horriblement mal. Et je trouve ça hyper... important d'être dans aujourd'hui, dans le maintenant, dans ton maintenant. Tu n'as pas besoin d'avoir définitivement réglé tes compulsions alimentaires pour recommencer à avoir une vie sociable, à peut-être oser aller manger dehors. Tu n'as pas besoin d'attendre d'être assez bien pour prendre soin de toi, pour peut-être oser porter tête de l'nue, pour peut-être aller te faire masser. Tu peux manger, tu peux rire. Tu peux faire du sport, tu peux avoir du plaisir, tu peux te reposer, tu peux rencontrer quelqu'un, tu peux prendre des selfies, tu peux habiter ton corps, même si actuellement il n'est pas comme tu veux, et surtout pendant que le reste que tu es en train d'évoluer. Et peut-être qu'aujourd'hui, là maintenant, pendant que tu m'écoutes, c'est peut-être le moment, si tu le sens bien évidemment, de déposer quelques « il faudrait » . Il faudrait que je sois différente, il faudrait que je contrôle davantage, il faudrait que je mange mieux, il faudrait que je sois plus mince, il faudrait que j'aie déjà réussi. Et simplement observer ces phrases, sans forcément les combattre, mais plutôt les voir comme des feuilles qui vont tomber de l'arbre là à l'automne. T'as pas besoin de les arracher avec violence, tu peux peut-être les laisser tomber et ciao bye. Au lieu de fusionner avec et de la prendre. pour toi et de la faire être comme ton identité. À la place, peut-être, pour t'aider, peux-tu trouver une phrase plus simple, une phrase qui ne promet rien, une phrase qui ne te demande pas de te convaincre que tout va bien, une phrase qui va ouvrir un peu d'espace, comme par exemple « Aujourd'hui, je fais avec ce qui est là » ou bien « Je peux être avec moi comme je suis aujourd'hui » ou peut-être des mots tout simples comme « doucement » , persévérance douce comme ça va aller, comme je crois en moi, je suis capable. Parce que parfois en fait, contrairement à ce qu'on peut croire, on n'a pas besoin d'une grande révolution. On a besoin d'arrêter d'ajouter de la violence à quelque chose qui est déjà difficile. Alors si tu traverses en ce moment une période où ton corps te dérange, où la nourriture prend beaucoup trop de place, où tu as l'impression de ne pas être là où tu voudrais être, de peut-être tourner en rond, j'aimerais que tu te rappelles de cette plante. Elle n'est pas en retard. Elle traverse une saison. Et une saison n'est pas une identité. L'hiver n'est pas la plante. L'automne n'est pas la plante. La période difficile n'est pas toi, n'est pas la personne. Et sous terre, même lorsque tu ne vois rien, Il peut y avoir du mouvement, des racines qui s'étendent, des choses qui se transforment, une vie qui continue. Alors peut-être que tu peux arrêter de te demander pourquoi je ne suis pas encore devenue celle que je voudrais être, parce qu'au final, est-ce que ça t'aide cette pensée-là depuis un an, trois ans, dix ans ? Je ne suis pas sûre. Et plutôt, commencer à te demander de quoi ai-je vraiment besoin pour prendre soin de celle que je suis aujourd'hui et avancer. Pas celle de demain, pas celle qui aura perdu 5 ou 20 kilos, pas celle qui ne fera plus jamais de compulsion, pas celle qui aimerait enfin son corps. Celle d'aujourd'hui. De quoi ai-je besoin pour prendre soin de celle que je suis maintenant ? Parce qu'elle aussi, elle mérite de l'eau. Elle aussi, elle mérite de la lumière, du repos, de la douceur. Pas parce qu'elle sera toujours comme ça, mais parce qu'elle est vivante. Et parce que le vivant évolue, toujours, même lorsqu'on ne le voit pas encore. Alors peut-être que finalement... L'indulgence envers soi, est-ce que ce ne serait pas apprendre à ne plus se pousser avec violence pendant qu'on avance ? Tu peux changer, tu peux évoluer, tu peux aller ailleurs, oser un nouveau chemin, mais tu n'as pas besoin de te détester pour y arriver. Tu peux vouloir autre chose pour toi pour demain tout en prenant soin de toi aujourd'hui. Je termine sur ça. Si cet épisode t'a été utile, partage-le à une amie, enregistre-le, parce que vraiment, c'est le genre d'épisode pépite qui est très très très utile à réécouter. Merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout et à lundi prochain !