Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix, je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici on parlera donc bien évidemment de la vie, Ici, on parlera donc bien évidemment de la réaction de l'économie. évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans ce nouvel épisode. Je me permets de te prévenir en commençant par te dire que cet épisode est assez chargé, on va dire, émotionnellement, qu'il peut peut-être te bouleverser un petit peu. Donc si à un moment donné, tu sens que c'est trop pour le moment et que tu préfères arrêter, bien sûr, tu l'arrêtes. Tu t'écoutes, tu respectes tes besoins, c'est la priorité absolue. Le but de l'épisode d'aujourd'hui, c'est vraiment de pouvoir utiliser mon vécu, au final, mes expériences, ma relation avec la nourriture et son évolution comme un miroir. Comme peut-être une prise de conscience, de recul en fait, par rapport à ton comportement alimentaire, à toi, qu'il soit actuel ou ce qu'il a pu être dans ton passé. J'ai connu, pour ma part, ce besoin de me remplir avec la nourriture. Ça a commencé, je devais avoir à peu près 6 ou 7 ans. Il est parti, puis il est revenu. Il est revenu dès une fois un moment encore plus fort, puis il est reparti. Enfin voilà, ça a été... Un peu les montagnes russes, on va dire. Et quand maintenant, avec le recul, je regarde en arrière, je vois qu'à chaque fois, en fait, mon environnement changeait. Il y avait une charge mentale qui s'adlordissait, ou il y avait plein de choses qui s'accumulaient, ou il y avait un événement assez traumatique. Enfin voilà, il y avait toujours des choses, en fait, des trucs qui étaient vraiment liés. C'était pas juste mon comportement alimentaire, c'était un truc qui m'a pas des petites choses, c'était quand même plus grand, plus global. Et ce que je voudrais que tu vois avec moi aujourd'hui en fait, c'est que l'apparition ou la réapparition de compulsions ou d'un trouble du comportement alimentaire, il est très souvent lié à ce qui se passe dans ta vie en fait. Un environnement qui change, qui évolue, une charge mentale qui monte, une accumulation, des accumulations, des événements qui reviennent, qui arrivent. Et le but ici, c'est vraiment de regarder ta propre histoire sous cet angle plus large, avec du recul. pour peut-être avoir des prises de conscience et remarquer certaines choses que tu ne voyais peut-être pas ou que tu ne prenais pas en compte ou des liens que tu ne faisais pas. Donc maintenant, on est bien d'accord que si tu as choisi d'écouter cet épisode, c'est qu'il y a de fortes chances que tu connaisses ou aies connu des moments où tu as ce besoin irrépressible d'ouvrir tes placards, d'ouvrir ton frigo combler quelque chose que tu n'arrives pas à nommer en toi. Et c'est vraiment plus fort que toi, ce comportement, c'est vraiment une sensation que tu ressens dans ton corps qui est très pulsionnelle. Déjà, avant qu'on passe au fond de cet épisode, j'ai besoin de poser les bases. C'est essentiel, donc écoute bien. 80% des compulsions alimentaires viennent d'un manque d'apport calorique. 80% des compulsions, des pulsions alimentaires, des grignotages viennent D'accord ? qui n'a pas reçu ce dont il avait besoin, c'est-à-dire soit pas assez d'énergie, ou pas des choses qui rassasiaient sa fusée à moi, ou pas les bonnes choses au bon moment, ou pas dans les bonnes quantités, ou pas dans la bonne répartition, protéines, lipides, glucides, etc. La recherche va largement dans ce sens, ça a été prouvé, archi-prouvé, et j'ai même, je te propose du coup même de te ressortir une petite expérience des années 40, où des hommes en bonne santé ont été mis en restriction pendant plusieurs mois, bonne restriction pendant plusieurs mois, et en fait... À cause de cette restriction, ils sont devenus littéralement obsédés par la nourriture. Ils en parlaient sans arrêt, ils disaient des livres de cuisine. Et quand enfin ils ont pu manger de nouveau, plus de la moitié d'entre eux ont mangé de façon excessive. Certains ont eu des crises d'hyperphagie qu'ils n'avaient jamais, qu'ils ne connaissaient pas, qu'ils ne pensaient même pas pouvoir avoir ce comportement, cette relation envers la nourriture. Donc c'est vraiment important pour moi de déjà poser cette base que Merci. Là, on va parler donc d'alimentation, de compulsion alimentaire, de troubles du comportement alimentaire, mais on part vraiment de 20% émotionnel. La première chose à toujours regarder, j'insiste toujours, c'est vraiment vérifier que tes apports soient suffisants. Avant de prendre soin des 20% émotionnels, parce qu'en fait, si tu manques d'apport, que tu ne traites pas ça, mais que tu vas chercher l'aspect émotionnel, que tu vas soigner ça sans régler ton problème d'apport, en fait, l'impulsion de tes grignotages, de tes crises, elle sera toujours là. Donc vraiment, c'est essentiel pour de l'efficacité sur tes pulsions, que même si c'est un tout petit quart de manque d'apport et trois quarts émotionnels, tu dois d'abord gérer la partie de manque d'apport pour... enlever cette impulsion. Et ensuite, ce sera beaucoup plus facile de t'attaquer à la charge émotionnelle, d'être efficace sur celle-ci quand il n'y a pas de manque physiologique. C'est vraiment important. Donc, maintenant que la base est faite, que ce rappel a été fait, on va parler des 20% qui restent. La part émotionnelle, celle qu'on met souvent beaucoup plus de temps à voir et aussi qui ne se règle pas d'un coup de baguette magique juste parce qu'on en a pris conscience. Donc, je vais... À travers mon histoire, même si à l'heure où je t'enregistre cet épisode, j'ai 33 ans, je ne suis pas non plus encore travaillée, on est bien d'accord. Mais mon rapport à l'alimentation, il a commencé à se troubler. J'avais à peu près 6-7 ans. Et en fait, quand ce vide en moi s'est manifesté, quand j'avais envie de manger pour tenter de m'apaiser, je ne voyais pas quoi faire d'autre. Et en fait, je ne savais pas trop aussi pourquoi c'est venu. Et en fait, à cet âge-là, il s'est passé quelque chose que je n'avais à ce moment-là, à cet âge-là. Pas le moyen de comprendre, parce que je pense que c'est même sûr, j'étais trop petite, et puis je n'étais pas non plus en capacité émotionnelle et intellectuelle de gérer cet événement que malheureusement trop d'enfants et aussi trop d'adultes ont subi, une agression sexuelle. Je crois que ça n'est arrivé qu'une fois. J'avoue n'avoir que des flashs à l'heure d'aujourd'hui qui me sont revenus plus de dix ans après. Pendant dix ans, je ne me souvenais pas du tout de cet événement, je l'ai complètement... occulté. J'ai mis ensuite 10 ans à en parler et là, on est le 22 octobre 2026. Mes parents, ma famille, mes amis, enfin voilà, tout le monde, mes proches, le sait que depuis cette année. J'ai commencé à en parler à ma mère en janvier, j'ai étalé les personnes et là voilà, toutes les personnes importantes pour moi, famille, amis, le savent et je ressens ce besoin d'en parler et je... Et en fait, c'est tellement lié à mon rapport à la nourriture que, en fait, ça fait un moment. que j'ai envie d'en parler, mais j'avais besoin d'en parler à tout le monde avant d'en parler ici. C'est plus du tout tabou. Je suis maintenant totalement en capacité de pouvoir en parler sans être en pleurs, on va dire, et pas moi-même. Et j'avais le besoin de te le dire, parce qu'en fait c'est tellement en lien et en rapport avec mon rapport à l'alimentation, je pense que t'as compris, que je pouvais pas garder cette info pour moi. Elle peut être très bouleversante. Pour moi, elle l'est pas. C'est vraiment pas un sujet tabou. Je peux en parler Je peux en parler, il n'y a aucun souci. J'en reviens donc forcément au lien, parce que quand ce genre d'événement nous arrive, surtout à cet âge-là, on ne sait pas forcément comment l'exprimer, on ne le comprend pas forcément. Mon corps, du coup, ma tête, pour me protéger, est là, totalement, totalement occultée, puisque je l'ai totalement occultée. Mais pour autant, mon mal-être intérieur, interne, il était là. Ce qui était dur à l'époque, c'est que je ne le comprenais pas. J'avais vraiment ce vide à l'intérieur de moi, ce besoin de me remplir, que je ne comprenais pas. Mais bon, c'était là, c'était apparu. Et forcément, quand on est petite, on a les outils d'une petite fille. Et le grignotage, c'est quelque chose qu'on a sous la main, en fait. Et qui apporte quelque chose tout de suite. Donc maintenant, je m'en rappelle, je suis adulte, je suis diététicienne. Donc c'est l'analyse que j'en fais. Mais la petite fille, elle ne savait rien de tout ça. Elle savait seulement qu'elle avait une oppression à la poitrine. Elle ressentait un vide, un mal-être très profond, et du coup, j'ai trouvé la solution la plus efficace sur le moment. Pas la meilleure, pas la pire, mais c'est comme ça. Et ce que je veux te dire aujourd'hui, c'est que mon histoire, c'est pas du tout un cas isolé. Beaucoup de chercheurs ont regardé ce que devient justement à l'âge adulte le rapport au corps et à la nourriture des personnes qui ont vécu des violences pendant leur enfance. Et il y a eu notamment une grande synthèse de 23 études qui a rassemblé quand même 100... 12 000 personnes, ce qui est énorme. Et en fait, on a pu observer que les personnes qui ont subi des violences sexuelles, enfants, ont en moyenne 31% de risque en plus de vivre avec une obésité à l'âge adulte, notamment par le fait de manger plus, d'avoir des compulsions alimentaires. Et l'autre chose que je veux te dire, parce que c'est vraiment important pour moi, c'est que la part des personnes souffrant de TCA ayant un passé de violence sont quand même assez grandes, puisque que... Selon des travaux en psychotraumatologie, plus de 30% des personnes atteintes de DCA ont été victimes de violences sexuelles. Et cette proportion dépasse les 70% si l'on englobe toute forme de violences subies durant l'enfance, c'est-à-dire physiques, psychologiques et sexuelles. Pourquoi ? Parce qu'en fait, les TCA sont, donc les troubles du comportement alimentaire, les compulsions alimentaires, la boulimie, l'anorexie, deviennent une stratégie de survie. La littérature scientifique s'accorde largement à dire en fait que les traumatismes sexuels ne causent pas automatiquement ou uniquement un TCA, on est bien d'accord. S'il y a cette pathologie, c'est toujours multifactoriel, j'insiste, toujours multifactoriel, Miii ! en fait, ça agit comme un facteur de risque majeur. Les professionnels de santé analysent le TCA après un abus sexuel sous plusieurs angles. Déjà, ça peut être un mécanisme de dissociation et d'anesthésie. Parce qu'en fait, face à la mémoire traumatique et à l'anxiété extrême, induite par ce syndrome de stress post-traumatique, les conduites alimentaires, on est d'accord, des crises d'hyperphagie, de boulimie, la privation avec l'anorexie, ça agit comme des calmants ou des moyens de s'anesthésier psychologiquement. Ça peut être aussi, les TSA peuvent aussi apparaître après ce type d'événement pour contrôler et à l'inverse se réapproprier son corps. Modifier radicalement son apparence corporelle ou son poids peut servir de manière inconsciente à construire une barrière de défense. pour se protéger contre de futures agressions ou pour rejeter un corps qui a été objectifié. Ce qui peut faire que parfois on peut tomber dans la maigreur extrême ou au contraire partir, aller dans l'obésité pour changer son corps. Donc voilà, je t'explique le mécanisme, comme ça c'est un peu plus clair pour toi, tu comprends un peu plus le pourquoi du comment, ça arrive très fréquemment. Et ce que je veux te partager aussi, enfin je suis consciente que ce que je viens de te partager est quand même assez lourd, et que pour ma part, j'ai compris bien plus tard que ce vide en moi était beaucoup moins présent quand ma vie était remplie d'amour, quand elle était surtout remplie de relations saines, de liens forts. Il était rempli entre autres par des liens vraiment avec les autres, et en fait, très souvent au cabinet, J'entends, sans partir dans des traumatismes ou des expériences comme j'ai pu vivre, et comme malheureusement je vois beaucoup de personnes à mon cabinet qui ont reçu les mêmes choses, ou bien plus, bien pire que moi, on n'est pas un concours d'apitoiement ou de qui a vécu la pire chose, c'est pas le but. Chacun a son histoire, et toute cette histoire est totalement légitime, et doit être prise au sérieux et peut-être à prendre en compte. Mais ce que je veux dire, c'est que très souvent, le sentiment de solitude peut faire manger. peut donner envie de manger. Et donc à mes yeux, j'avais envie par rapport à ça de te faire remarquer que se nourrir socialement à mes yeux est très important. Par exemple, justement, suite à cette période-là, quand j'avais 6, 7, 8 ans, je ne sais pas trop, ces pulsions sont arrivées, ces besoins de grignotage, en fait, ça s'est apaisé. avec de bonnes relations amicales, avec une bonne relation avec ma maman par exemple. Et je trouve que surtout avec les amis en fait, à cet âge-là, quand on est enfant, quand on est en pré-adolescence, etc., les amitiés ont une très haute valeur, sont vraiment très importantes. C'est pas quand on est tout petit où c'est papa, maman et c'est tout. Là après, c'est les amis. Et je trouve qu'à cette période-là, avoir justement de bons amis, on va dire des amis sains et qui nous soutiennent et qui ont rigole, enfin voilà, des relations vraiment nourrissantes. peuvent vraiment nous aider à nous nourrir du coup autrement et peut-être limiter les envies de manger. Par exemple, ça a été mon cas. Et puis ensuite, j'ai été au lycée, pas dans mon lycée de secteur. Et entre le fait que je n'avais pas trop d'amis au lycée, ma première rupture amoureuse, et bien de nouveau, j'ai eu des pulsions plus fortes. Et j'ai fait de la dysmorphophobie aussi à cet âge-là. Et qu'ensuite, l'année d'après, quand j'ai eu mon bac, Que j'ai fait une année à Dijon, ou par contre au niveau études, j'ai pas fait grand chose. Ça a été à l'inverse, donc une année extrêmement riche au niveau amoureux, parce que j'avais un petit copain à l'époque, et puis surtout que j'avais mon appartement d'indépendance et de super super amis. Donc ça a été des relations très nourrissantes avec des personnes très très très très très présentes dans mon quotidien. Un petit boulot au McDo où ça se passait aussi très bien, où c'était super sympa. Enfin en fait, mes journées étaient... très rempli, j'avais pas de pulsions cette année-là. Cette année-là, j'en ai pas eu du tout. Je me suis éclatée dans ma vie, socialement c'était génial, et du coup, nickel. Et c'est pour ça qu'à mes yeux, et c'est pour ça qu'en fait, j'avais envie et le besoin de te faire ce rappel, parce que pour ma part, encore une fois, je parle de mon histoire, et tu verras d'autres cas là juste ensuite, différents. Mais en tout cas, à cette période de ma vie, les relations nourrissantes ont vraiment eu un gros impact sur mon comportement alimentaire. Maintenant, je continue avec mes études de BTS. J'ai mis trois années, pas deux. J'aurais dû en mettre deux, mais j'en ai mis trois pour avoir mon BTS diététique. Et au niveau de mon comportement alimentaire, je pense que ça a été la période la plus sombre, puisque elles sont revenues, du coup. Après mon année à Dijon, j'ai été à Lyon. Donc là, ça a été sous forme vraiment de crise d'hyperphagie. Et là, en fait, ce que je vois d'abord quand je regarde, quand je fais le point sur cette période, c'est que là, déjà, il y avait beaucoup de solitude. Parce que j'avais plus tous mes amis, parce que là maintenant j'étais à Lyon, j'avais quitté tout le Dijonais on va dire, tous mes amis du collège d'avant, pareil, ils étaient tous à Dijon, je me suis retrouvée seule à Lyon, je me suis mis une pression énorme parce que mes études coûtaient quand même cher à mes parents, plus l'appart, tout ça, donc je me suis dit bon allez, faut que tu réussisses. Et au final, pour ne pas ressentir, et au final, cette pression m'a totalement paralysée, au point que je n'arrivais pas à me concentrer, que j'avais... énormément de mal à travailler et pour ne pas ressentir cette peur de l'échec la honte de ne pas travailler de ne pas y arriver, je faisais quoi ? je mangeais, je me suis mise à manger, à me remplir à m'anesthésier je ne suis jamais allée au stade de la boulimie de la boulimie vomitive mais voilà c'était vraiment des craises d'hyperphagie et pareil psychologiquement on se sent vraiment comme une merde, c'est horrible comme on se flagelle on est extrêmement dur avec avec soi pendant ces années là, en tout cas c'est l'analyse que j'en fais avec le recul ça te perlera peut-être, peut-être que ce contexte te parlera plus ou moins que le précédent, peut-être que tu es entouré de monde et pourtant tu te sens seul, peut-être que toi tu portes une pression énorme parce que quelqu'un doit accru en toi ou tu dois le rembourser ou peut-être que tout le monde compte sur toi dans ton quotidien, peut-être que plus cette pression elle monte, moins t'arrives à avancer, plus elle te paralyse et en même temps plus t'as honte et c'est un peu un cercle vicieux, peut-être que le placard c'est le seul endroit au final où cette peur... Et cette honte que tu peux ressentir, elle se tait un petit peu. Si jamais, en tout cas, ce contexte te parle, voilà ce que je te propose de regarder. Qu'est-ce que tu évites de ressentir quand tu ouvres le placard ? Est-ce que c'est la peur de ne pas y arriver ? Est-ce que c'est la honte de ne pas avoir ce que tu devrais peut-être avoir ? Est-ce que c'est un grand sentiment de solitude ? Observe, sois curieux, vois ce qui peut peut-être venir. Regarde si nommer peut-être, en tout cas tenter de nommer ce que tu ressens, peut peut-être commencer un... tout petit peu à changer quelque chose en toi, à ouvrir un scénario, à ouvrir une prise de conscience, une possibilité et donc potentiellement un changement de comportement. Pour ma part, ce qui l'a fait partir, c'est que j'ai eu mon diplôme, un an en retard, mais je l'ai eu, et j'ai déménagé loin en fait, j'ai trouvé un boulot super loin, j'ai déménagé dans le sud, j'ai tout quitté, j'ai changé d'air, nouveau départ, alors je me suis retrouvée toute seule, de nouveau on est bien d'accord, mais par contre, mon nouveau lieu de vie, Il me nourrissait vraiment. Habiter proche de la mer, j'ai adoré. C'était génial. J'avais aussi un environnement de travail qui était très sain. Je me sentais utile. J'aimais mon job et ça aussi, ça m'a nourrie. J'avais une super salle de sport. J'avais une super routine. Vraiment, je n'ai jamais eu une aussi bonne routine. Je pense que ça, c'était vraiment important. Tous les week-ends, j'allais au Leclerc, au Grand Fré, au Picard. J'avais mes cours de sport lundi, mardi. tous les jours, toute la semaine, c'était calé comme du papier à musique. Et en fait, j'étais en mode automatique et mes habitudes étaient globalement très saines, ce qui m'a fait aussi beaucoup de bien à mon corps et à mon esprit, forcément, entre le sentiment d'utilité au boulot, le sport et la mer. Franchement, vivre au bord de la mer, voir la mer tous les week-ends, moi, ça, ça m'a fait du bien de fou. Donc, si jamais pour toi, maintenant, des questions à te poser. Est-ce que tu te sens utile, vraiment, pour quelque chose qui peut-être compte à tes yeux et pas seulement aux yeux des autres ? Est-ce que tu te nourris suffisamment intellectuellement ? Est-ce que tu te sens utile ? Est-ce que tu as ce besoin-là ? Est-ce que tu sens qu'il y a peut-être une sphère dans ta vie qui serait à développer ? Maintenant, ce que ces trois moments ont en commun. Trois fois, le besoin de me remplir a été là, et trois fois, la nourriture a été la réponse que j'avais sous la main, la réponse facile. Pendant que ce qui me manquait au final par contre changeait un peu de nom, le besoin était parfois différent. De la compréhension, des liens quand j'étais petite, des liens et de la sécurité peut-être face un peu à la difficulté et l'échec pendant mes études, du sommeil, du repos et du soin après ma deuxième grossesse. A chaque fois, ce qui a fait partir au final ce besoin de me remplir, c'est de donner à mon corps et à ma tête ce qui manquait vraiment. Et c'est pour ça que beaucoup de personnes, que beaucoup de femmes cherchent la raison, le problème, c'est mon enfance, c'est mon trauma, c'est mon stress ou c'est mon caractère. Et au final, ne trouvent pas forcément, ne trouvent vraiment jamais le pourquoi du comment et la solution. Et en fait, et si ce vide changeait de visage aussi selon la période de ta vie ? Et si ce qui te comblait peut-être quand tu étais enfant n'était pas ce qui... te comblent aujourd'hui, si tes besoins changent, si t'es problématique, si ton besoin profond était différent. Alors peut-être que là, la prochaine fois ou en ce moment, si c'est le cas, tu as envie de manger, si tu tentais d'essayer de peut-être te poser ces trois questions dans cet ordre précis pour regarder ce que ça peut peut-être te faire et les pistes que ça peut te donner. Déjà la question sur le corps. Qu'est-ce que j'ai mangé aujourd'hui et toute cette dernière semaine ? Est-ce que c'était suffisant ? À quelle heure ? Est-ce que ça m'a tenu en termes de besoin de corps ? Est-ce que j'ai aussi dormi suffisamment ces derniers jours ? Est-ce qu'en fait, tes besoins physiologiques de base ont été remplis, assouvis totalement ou pas ? La question du vide, qu'est-ce qui me manque en ce moment ? Est-ce que c'est plutôt du lien ? Est-ce que c'est du repos physique, mental, émotionnel, un besoin de sécurité ? De me sentir utile, d'être stimulée intellectuellement ? De me sentir... exister. Tu n'as pas besoin de trouver la bonne réponse, mais peut-être qu'une intuition peut suffire. On va dire des petites pistes. Note, écris. Je t'invite vraiment à écrire, pas à que penser. Écris ce qui te vient, comme ça. Sans trop que tu réfléchisses, écris les mots qui te viennent. Je t'assure que c'est déjà des pistes solides. Et la dernière question, celle du petit pas. Si je donnais un tout petit morceau de temps à ton besoin actuel, avant ou après avoir mangé, Ça, c'est entre guillemets pas le problème tout de suite, mais qu'est-ce que ce serait si tu donnais un peu de temps à ce besoin que tu as ? Qu'est-ce que tu ferais ? Quelles actions aurais-tu envie de tester ? Qu'est-ce que tu pourrais faire différemment ? Est-ce que ce serait un appel à une amie ? Un besoin de câlin avec ton amoureux ? Des caresses avec ton animal ? Une sieste ? Une douche ? Un massage ? Une balade en nature ? Un week-end entre copines ? Un week-end seul, toi, là, toute seule pour te ressourcer ? Et j'en passe, et j'en passe, et j'en passe. Et si jamais c'est des choses qui en termes de budget ou de temps ne sont pas atteignables, vois comment tu peux peut-être déjà en partie le combler là maintenant avec un plus petit budget et avec moins de temps. Ce sera déjà ça en fait, ce sera déjà un début, un premier pas. Et avant que je termine, c'est important pour moi de te dire que si ce que je t'ai partagé dans cet épisode aujourd'hui a réveillé quelque chose en toi ou t'as peut-être un peu déstabilisé ou déboussolé, N'hésite pas, tu sais que tout professionnel de santé, moi y compris, est là pour toi. Il y a aussi le 3114 qui est un numéro d'écoute pour les détresses psychologiques. Il est là pour ça. Et ensuite, tout autre professionnel de santé, de médecine douce, sont là pour t'aider à traverser ce que tu vis en ce moment. Si tu en ressens le besoin, ne reste pas seul. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. C'est déjà à mes yeux un grand pas pour toi. Mais n'oublie pas que ce qui changera vraiment ta vie, ton comportement alimentaire, ce sont les choses que tu vas oser tester, rater, recommencer, apprendre, réapprendre, retester. Parce que c'est en faisant que ta tête et ton corps apprennent autre chose. Maintenant, ce podcast est terminé. Donc, va faire quelque chose pour prendre soin de toi et avancer sur ton chemin. À bientôt, à lundi prochain. Au revoir.