- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Maquis Vivant, le podcast pour bâtir une entreprise durable et responsable. Je suis Maud, fondatrice de l'agence Morehati. Je m'engage à faire de vos rêves une stratégie pour votre entreprise. Aujourd'hui, je vous invite à découvrir une idée qui vient tout droit de la nature et qui finalement pourrait bien changer notre vision du business. L'interdépendance. Dans la nature, aucun être n'est une île. Pour survivre, grandir et atteindre la maturité, chaque organisme doit échanger de la matière, de l'énergie, de l'information avec son entourage. Mais comment ce transfert s'opère-t-il sans tomber dans la prédation ? Pourquoi la coopération est-elle souvent plus rentable que le chacun pour soi ? Pour éclairer ce sujet, J'ai le plaisir de recevoir Nicolas, fondateur de Sonu Dimar. Sonu Dimar propose des croisières catamaran en mode slow tourisme. Ce qui rend son expertise pertinente aujourd'hui, c'est son modèle totalement ancré dans son écosystème local. De la nourriture à bord jusqu'à la préservation de la mer. Dans les 20 prochaines minutes, on va explorer 3 dimensions. Tout d'abord, la coopération où tout le monde gagne. La communauté de destin, où la santé de l'entreprise est indissociable de celle de son environnement. Et enfin, l'action concrète, pour passer d'une logique de prédateur à une logique de partenaire. Partons à la découverte de la première dimension, la coopération. C'est un calcul stratégique où tout le monde gagne. Dans le vivant, on sort de la logique manger ou être mangé, pour entrer... dans celle du jeu à somme positive. Une action où l'ensemble des acteurs retirent un gain de la relation. Pour illustrer cette idée de grandir avec les autres, regardons Sous la surface de l'eau, avec le poisson perle. Ce petit poisson a trouvé une stratégie de survie fascinante. Pour se protéger des prédateurs durant la journée, il trouve refuge dans le tube digestif du concombre de mer. Pourquoi ? Parce que le concombre de mer est une véritable forteresse organique. Il peut durcir son corps ou libérer des toxines mortelles, offrant ainsi un abri imprenable aux poissons. Le poisson-perle retire un avantage immense, la protection sans nuire à son hôte le concombre de mer. Dans le business, c'est la... première étape de l'interdépendance. Savoir identifier chez l'autre une ressource ou une protection que l'on n'a pas soi-même. Mais pour que cela devienne une coopération durable, il faut aller plus loin et s'assurer que l'échange devient réciproque. Car si le partenaire n'y trouve aucun intérêt, il peut mettre fin à la relation d'un claquement de doigts. Nicolas ? Cette image du poisson-perle qui s'appuie sur les forces de son voisin pour survivre résonne fort avec ton modèle d'entreprise. Tu ne navigues pas en autarcie. Sur ton site, on découvre ainsi une liste impressionnante de partenaires locaux. Pourquoi tu as choisi de lier le succès de tes croisières à ces artisans locaux plutôt que de passer par une centrale d'achat classique ? Est-ce une manière pour toi de créer une forteresse de qualité ?
- Speaker #1
Bonjour Maud, et merci de m'inviter dans ton podcast Maquis Vivant. Alors, on me pose souvent cette question. Pour moi, c'est assez simple. Je n'avais pas envie de faire une croisière comme toutes les autres. Et je voulais quelque chose de vrai, de naturel, qui ressemble vraiment à la région où on navigue, donc la Corse. Et avec mes partenaires locaux, ce n'est pas juste une histoire de produits. En fait, certains fournisseurs que j'ai choisis font ça depuis toujours. Ils connaissent leur métier, ils respectent les saisons, et ils aiment ce qu'ils font. Et ça, ça change tout et ça me correspond. Et pour moi, c'est assez normal de choisir des produits de saison et de travailler avec des gens du coin. Parce que par principe, quand on voyage dans une région, il faut goûter ce qu'elle offre sur le moment. Et on ne mange pas la même chose au mois de mai qu'au mois de septembre. Et c'est ça qui rend chaque voyage unique. Et oui, également, on fait très attention à la qualité. Ce n'est pas quelque chose qui est... Quelque chose de fermé ou compliqué, c'est juste une question de confiance et de valeur commune. Et on ne cherche pas à faire du volume non plus. On veut faire les choses bien, simplement et surtout rester vrai. Et je pense que ça se ressent. Les passagers ne viennent pas seulement pour une croisière, ils viennent vraiment vivre une vraie expérience.
- Speaker #0
Pourquoi cette interdépendance avec des producteurs passionnés, comme tu nous l'as bien dit, garantit-elle une valeur d'authenticité ?
- Speaker #1
En fait, je pense que l'authenticité, ça ne se décide pas comme ça. Ça se construit vraiment avec du bon sens et surtout de la simplicité. Et moi, mon métier avant tout, c'est la navigation. Alors je sais gérer un bateau, la sécurité en mer, lire le vent, organiser une croisière qui se passe bien. Mais avant tout, pour proposer entre 16 et 26 repas frais et locaux à chaque voyage, je ne peux absolument pas tout faire tout seul et surtout je ne le veux pas. Et j'ai besoin de producteurs locaux. C'est pour ça que j'ai besoin de leur savoir-faire, surtout de leur passion et de leur connaissance du terrain. Et comme on dit, chacun son métier. Moi, je m'occupe de la mer. Eux, ils cultivent, ils élèvent, ils transforment leurs produits avec sérieux. Et c'est en travaillant justement ensemble qu'on arrive à faire quelque chose de vrai. Rien n'est artificiel et rien n'est standardisé. Et je peux le dire aussi également grâce à eux, notre idée de tourisme durable n'est pas juste des mots, ça devient vraiment du concret. Et on respecte, comme je le disais, les saisons, on travaille en circuit court, on fait vivre l'économie locale, et surtout on propose quelque chose qui a du sens. Alors ça nous permet d'aller encore plus loin qu'une simple croisière, on voyage beaucoup mieux, on mange des produits frais, qu'on connaît surtout, qui ont une histoire, et derrière surtout chaque assiette, en fait, il y a une personne qui a travaillé avec soin. Et au fond, tout repose, comme je le disais aussi également auparavant, sur la confiance. Ce n'est pas juste du marketing. En fait, ce sont des femmes et des hommes qui sont engagés et qui partagent la même envie de faire les choses bien et surtout les mêmes valeurs que moi. Ça, c'est la base.
- Speaker #0
Merci. Donc, si on résume, en fait, dans le vivant, la coopération demande une complémentarité de compétences. Et comme tu nous l'as bien dit, toi, tu apportes la navigation, l'expérience en mer, eux, les produits frais et les produits locaux. Comment tu t'assures au quotidien que cette coopération reste à somme positive ? Autrement dit, que gagne le boucher l'épicerie VRAC à travailler avec Sonodimar sur le long terme ?
- Speaker #1
Je pense vraiment qu'une coopération, si elle n'est pas équilibrée, ça ne marche pas bien longtemps. La relation tient seulement si chacun gagne quelque chose. Je pense que pour nos partenaires, ce n'est pas juste une question d'argent. Oui, ça leur fait du chiffre en plus, mais je pense que le plus important, c'est le travail sur la durée. Quand je prends leurs produits à bord, je parle d'eux, je raconte qui ils sont, comment ils travaillent, et les passagers, ils aiment bien savoir d'où ça vient. Ça leur apporte un peu de la visibilité, même parfois de nouveaux clients après la croisière. Comme je parle de leurs produits, automatiquement, je leur dis d'aller les retrouver au marché et vous pourrez les récupérer avant de partir et de retourner sur le continent. Et puis moi aussi, je fais attention à rester réglo, parce qu'on discute, on est clair, on avance dans le temps. Et surtout, je ne travaille pas avec eux seulement pendant la saison, je continue à acheter chez eux toute l'année. Je suis assez fidèle, parce que c'est bon. Et je ne cherche pas à négocier au maximum. En fait, ce n'est pas mon style. Je veux un juste prix, comme moi je peux appliquer un prix raisonné pour mes croisières. Je veux la même chose auprès d'eux et je respecte leur travail. Et en échange, j'ai des produits au top et il y a une vraie confiance entre nous. Au final, on grandit ensemble et si eux, ils avancent, moi aussi j'avance. Et si mon projet se développe, ça leur ouvre aussi des portes. Ce n'est pas seulement du chacun pour soi, on avance vraiment ensemble.
- Speaker #0
Retenez bien de cette première dimension la leçon du poisson-perle et des circuits courts de Nicolas. Seule, la recherche de ressources est aléatoire et coûteuse. Ensemble, on sécurise la valeur. La coopération n'est pas de la charité. C'est une stratégie évolutive où l'on investit un peu au profit de l'autre pour un bénéfice largement supérieur pour soi-même. Seul, on cherche. Ensemble, on trouve. Partons maintenant à la découverte de la deuxième dimension. La santé de son entreprise est indissociable de celle de son environnement. Dans le vivant, on appelle cela une communauté de destin. C'est l'idée que l'on ne peut pas prospérer durablement si le milieu dans lequel on évolue s'appauvrit. Pour bien comprendre la question, Prendre, regardons le cas du koala. C'est une espèce très spécialisée, parce qu'il se nourrit quasi exclusivement de feuilles d'eucalyptus, qui lui fournissent à la fois sa nourriture et son eau. Son sort est donc totalement lié à celui de la forêt. Si la forêt brûle ou disparaît, le koala n'a pas de plan B. Il ne peut pas changer de régime alimentaire du jour au lendemain. C'est ce qu'on appelle une vulnérabilité choisie. En se spécialisant ainsi, le koala est devenu le roi de sa niche, mais il a accepté un risque. Sa survie dépend de la sauvegarde de son habitat. En entreprise, c'est la même chose. Si vous dépendez d'un paysage ou d'une ressource naturelle pour vendre vos produits ou vos services, vous avez une responsabilité vitale envers eux. Nicolas, Sonudimar signifie le rêve de mer en Corse. Mais ce rêve ne peut exister que si la mer Méditerranée reste propre, sauvage, poissonneuse. Tu as fait le choix d'un modèle qui ne peut pas survivre sans un écosystème en bonne santé. N'est-ce pas risquer stratégiquement de lier aussi étroitement ton avenir à l'état de la mer alors que tu ne contrôles pas la pollution, le changement climatique ? Tout ce qui se passe en mer, la perte de la biodiversité, etc.
- Speaker #1
Oui, bien sûr que c'est un risque et je l'assume. En fait, on dépend vraiment directement de la mer. Si elle va mal, nous aussi, c'est aussi simple que ça. Mais au lieu de fermer les yeux, j'ai décidé tout simplement d'intégrer cette réalité dans ma manière de travailler. Et c'est pour ça que j'ai choisi le slow tourisme. Ce n'est pas juste un slogan pour moi, c'est une manière de faire, de prendre le temps, de respecter les lieux. De faire attention à chaque mouillage, à chaque escale, aux déchets qu'on peut engendrer aussi pendant une croisière. L'idée, ce n'est pas d'exploiter la Méditerranée, c'est vraiment de vivre avec elle. Et ça, c'est sûr que je ne peux pas arrêter le changement climatique, je ne peux pas régler la pollution mondiale, mais je peux choisir en tout cas comment j'agis de mon côté. Et je suis convaincu que les entreprises qui dureront seront celles qui assument leur impact, au lieu de faire semblant qu'ils n'existent pas. Et lier notre avenir à celui de la mer, ce n'est pas une faiblesse. Au contraire, c'est une ligne claire. Et si la mer va bien, on va bien. Et c'est exactement comme ça que j'ai envie d'entreprendre de mon côté.
- Speaker #0
Concrètement, comment se manifeste cette solidarité avec la mer Méditerranée ?
- Speaker #1
La mer, avant tout, pour moi, ce n'est pas juste un fond de carte postale. C'est vraiment mon quotidien. C'est là que je passe le maximum de temps, c'est aussi là que je travaille, et que je me sens vraiment à ma place. Alors forcément, je me sens un peu responsable de l'impact que je peux avoir sur elle. Et c'est pour ça que j'ai fait le choix simple de donner 1% de mon chiffre d'affaires à des associations locales qui protègent la mer. Alors pas pour faire bien, c'est juste parce que ça me paraît logique, tout simplement. Et il faut savoir qu'on vit grâce à cet environnement quand même. Donc il nous offre sa beauté, sa richesse. son équilibre. Alors soutenir ceux qui le défendent, c'est juste une façon de dire merci. Et ça veut dire aussi également pour les passagers qui ne font pas qu'une simple croisière. En fait, en venant avec nous, ils participent aussi à quelque chose de plus grand. Ce 1%, même s'il est minime, on ne le voit pas comme une dépense, on le voit comme un véritable engagement. Alors si on veut continuer à naviguer sur une mer vivante et surtout présente, il faut tout simplement faire notre part pour la... pour la protéger. Et c'est pour cette raison qu'on a mis en place ce 1% pour la protection.
- Speaker #0
Merci pour ta réponse. Du coup, concernant cette solidarité et de protéger du coup cet écosystème qui est la mer, est-ce que toi, en tant que capitaine marin, est-ce que tu as des indicateurs, des réflexes pour justement surveiller l'état de cet écosystème ?
- Speaker #1
Mon premier indicateur de mon côté, c'est avant tout le changement climatique. qui est bien présent, on ne peut pas le nier aujourd'hui. On voit ces changements qui s'opèrent chaque année et qui évoluent assez rapidement. Et au-delà des préparations obligatoires que j'ai avant chaque croisière, comme vérifier la météo, contrôler le bateau, préparer le matériel de sécu ou planifier tout simplement l'itinéraire, je surveille de plus en plus la température de l'eau lorsque nous sommes au large. Alors pourquoi ? Parce qu'il n'est pas rare qu'elle atteigne des 28, voire même des 29 degrés. à partir du mois de fin juin, début juillet et au mois d'août. Et cette température élevée est un véritable signal qu'il faut suivre de près. Pourquoi ? Parce que chaque année, des phénomènes violents peuvent... se produire quelques jours après. Alors pourquoi ? On le sait un peu plus aujourd'hui, parce qu'on a un peu plus de recul. Quand l'eau est plus chaude, elle réchauffe aussi l'air qui est au-dessus. L'air devient chaud et humide, il devient vraiment instable. Et cet air monte rapidement, forme des nuages, et peut déclencher des tempêtes quelques jours plus tard. Et c'est pour ça qu'il faut une veille attentive pour anticiper justement ce phénomène lié au changement climatique. Et surtout pour assurer la sécurité des passagers. Ensuite, je fais attention aussi également pendant la navigation à la surpréquentation de certaines criques. Si je vois que trop de bateaux se regroupent au même endroit, j'avertis mes passagers qu'on va se positionner à un autre endroit, justement pour éviter tout simplement de perturber la biodiversité qui pourrait se trouver dans les fonds marins. Et je surveille aussi plus particulièrement pendant les mouillages les herbiers de possédonie. Si je vois qu'un herbier de possédonie est positionné... A tel endroit, dans une crique, je refuse tout simplement de jeter mon encre. Pourquoi ? Parce que, pour ceux qui connaissent moins, ces herbiers de Posédonie, qui sont souvent considérés comme une algue, ne sont pas des algues, ce sont des véritables plantes racinaires qui ont la faculté de pouvoir capter le carbone qui est dans l'air et qui sert également de nurserie pour la biodiversité qui se trouve dans les fonds marins. Et quand on sait qu'aujourd'hui, malheureusement, certains yachts l'arrachent de façon considérable pour se positionner, chaque mètre carré arraché met des décennies à repousser. Donc c'est autant de biodiversité et de captation de carbone en moins. Et moi, de mon côté, en tant que marin, je me refuse de jeter mon encre dans les endroits où il pourrait y avoir de la possédonie. Alors voilà, ce sont les réflexes de marin que j'ai de mon côté avec ce New Dimar et que je tiens à garder impérativement. Et pourquoi ? Tout simplement pour avoir un minimum d'impact sur... sur mon terrain de jeu parce que la côte tout autour, c'est vraiment mon terrain de jeu. Et si demain, je l'abîme, c'est mon métier que j'abîme sur le long terme.
- Speaker #0
Ce qu'il faut retenir de cette deuxième dimension, c'est que la dépendance n'est pas une faiblesse, c'est un engagement. En acceptant que votre entreprise partage le même destin que son territoire, vous sortez de la consommation. pour entrer dans la régénération. Partons maintenant à la découverte de la troisième dimension et passer d'une logique de prédateur à une logique de partenaire. Pour que tout le monde grandisse, il faut arrêter de penser seulement à son propre profit. Dans la nature, comme dans les affaires, si l'on se contente de prendre sans rien donner, on finit par détruire ce qui nous fait vivre. Prenons l'exemple du poisson nettoyeur. Ce petit poisson qui mange les petites bêtes sur la peau des gros poissons, c'est un échange parfait. Mais parfois, le petit nettoyeur triche et mord un morceau de peau saine parce que c'est plus nourrissant pour lui. C'est ce qu'on appelle un comportement de tricheur ou de parasite. Le résultat, c'est que le gros poisson s'en va tout de suite et les autres poissons qui ont vu la scène ne reviennent plus jamais. C'est exactement ce que l'on voit dans le tourisme de masse. On consomme un paysage jusqu'à l'épuiser et quand le client se rend compte que la promesse était fausse, il ne revient plus. Le vivant nous apprend que la confiance est le ciment de la relation. Et cette confiance repose sur des signaux honnêtes, souvent coûteux à produire mais qui prouvent que vous ne trichez pas. Nicolas, avec Sonia Oudimar, tu refuses ce modèle du tourisme de masse et c'est... C'est pour ça que tu as choisi le slow tourisme. Aujourd'hui, si une entreprise veut arrêter de ne pas penser qu'à elle pour devenir un bon partenaire, pour toi, par quoi doit-elle commencer ?
- Speaker #1
Je pense que la première chose à faire, et c'est celle qui est la moins évidente, parce qu'on a tous un rythme assez élevé qui est imposé, en fait c'est de se poser. poser pour justement prendre en compte les bonnes questions que l'on doit avoir pour l'avenir. Et la première, ce serait surtout, est-ce que ce que je propose est vraiment utile ? Est-ce que ça a du sens pour mes clients et surtout pour la région dans laquelle je travaille ? En fait, ce n'est pas seulement une question d'argent, je pense que c'est une question de cohérence. Par exemple, nous, chez Sogneau-Dumas, on a choisi le slow tourisme parce qu'on veut proposer des expériences plus saines, plus humaines. Chaque itinéraire, chaque décision, chaque partenaire qui sont choisis ont presque les mêmes idées en tête. On veut créer quelque chose de bon pour tout le monde. Et la vraie question, au fond, elle est assez simple. Est-ce que ce que je fais aide les autres à aller mieux ? Ou est-ce que je participe à les épuiser, à abîmer le territoire, à tirer trop fort sur la carte ? En bref. Et quand on se pose vraiment cette question, beaucoup de décisions deviennent évidentes. Mais il faut juste prendre le temps de se les poser. Et je pense aussi, pour devenir un bon partenaire... Il faut sortir du chacun pour soi. Il faut se demander, est-ce que je contribue au bien-être de mes clients, de mon territoire, de mon écosystème ? C'est simple à dire, mais le jour où on transforme cette prise de conscience en action concrète, c'est là que tout commence.
- Speaker #0
Et au niveau de tes clients, comment peuvent-ils être sûrs que tes engagements sont vrais et que ce n'est pas juste du marketing ?
- Speaker #1
Je suis d'accord aujourd'hui, on trouve beaucoup d'engagements qui ressemblent souvent à du marketing. De notre côté, chez Songudimar, on ne parle pas seulement, on montre concrètement ce qu'on fait. Quand je dis que je travaille avec 11 producteurs locaux, ce n'est pas juste pour faire joli, c'est vraiment 11 partenaires différents. C'est 11 façons de travailler, c'est 11 organisations à coordonner pendant les départs. Et c'est beaucoup plus compliqué que d'aller tout acheter au même endroit, ça c'est sûr. mais c'est un choix assumé. Dans un exemple, on travaille avec Anareda pour l'épicerie en vrac, Astrada Compagnol pour les produits corse, La Boucherie Peretti au HAL pour une viande qui est quand même extraordinaire, Grazia Dolce Amor pour les desserts et les glaces artisanales, la fromagerie chez Bernard, le chemin des vignobles pour les vins. à Mogliade ou Pescador pour le poisson frais. C'est autant de partenaires que je peux te citer, et pardon d'ailleurs pour ceux que j'oublie. Mais concrètement, nos passagers le voient vraiment dans leur assiette. C'est entre 13 et 26 repas qui sont servis à bord et préparés avec des produits frais, locaux et de saison. Et chaque ingrédient a vraiment une origine, chaque produit a une histoire. Et c'est ça la preuve en fait, c'est pas un discours, c'est vraiment du réel. Et travailler avec tous ces partenaires, chacun avec ses contraintes et son rythme, c'est plus exigeant, ça c'est sûr, mais c'est justement ce qui rend une démarche sincère et transparente.
- Speaker #0
Et j'ai une dernière question au niveau de tes partenaires locaux, donc on a bien identifié que tu en avais 11. Comment tu fais pour que tes relations avec ces partenaires locaux, elles restent honnêtes sur le long terme ?
- Speaker #1
Je crois qu'il faut surtout rester simple et sincère, c'est la base. Et il faut jouer la carte de la transparence. On affiche vraiment clairement avec qui nous travaillons, il n'y a rien de caché. Tout le monde sait qui sont nos partenaires et je pense que ça crée naturellement de la confiance. Ensuite, il y a notre engagement de reverser 1% pour protéger la mer. Et ce n'est pas symbolique, c'est vraiment du concret. Et on en parle avec nos partenaires et nos passagers, et ça montre que notre démarche ne sert pas uniquement à notre entreprise, mais qu'elle a du sens pour le territoire et pour l'environnement. Et surtout, on communique beaucoup. On échange, on écoute, on a juste si besoin. Et on veille à ce que chacun se sente vraiment respecté et que la relation soit toujours équilibrée. Et pour moi, c'est un peu comme une famille. Quand on prend soin les uns des autres, Et qu'on reste honnête, la relation dure.
- Speaker #0
Retenez bien de cette troisième dimension, que la confiance est le ciment de votre écosystème. Pour grandir avec les autres, vous devez prouver votre sincérité par des actes concrets qui montrent que vous ne cherchez pas seulement à vendre, mais à répondre à un besoin réel de manière équitable. Et pour vous aussi, grandir par et avec les autres... Je vous propose un petit exercice de sincérité. Regardez vos partenaires de travail, fournisseurs, clients, collaborateurs, et posez-vous la question, si je gagne quelque chose dans cette relation, est-ce que l'autre gagne vraiment quelque chose lui aussi ? Si vous vous rendez compte que vous prenez plus que ce que vous donnez, essayez de trouver une petite action pour rééquilibrer les choses. Par exemple, donner une information utile, faire une recommandation ou simplement payer au juste prix. On arrive au bout de cet épisode. Nicolas, si on veut en savoir plus sur Sonudimar, où est-ce qu'on peut te trouver ?
- Speaker #1
Pour nous trouver, c'est simple. Le premier réflexe, c'est d'aller sur notre site internet www.sonudimar.com Et donc là, vous y trouverez toutes les informations concernant nos croisières, nos partenaires locaux et également notre façon de travailler. Et vous pouvez également nous trouver sur tous les réseaux sociaux comme Instagram, Facebook et également YouTube pour voir des photos et des vidéos. Et aussi, la grande nouveauté en 2026, on lance une nouvelle application sur App Store qui s'appellera également Souvenirs du Mar. et qui va mettre en avant l'ensemble des croisières, mais aussi... Le club des voyageurs, c'est un système qu'on a mis en place pour 2026 qui est limité à 50 passagers par an. Je vous laisse le découvrir.
- Speaker #0
Je fais un petit teasing pour la suite. Merci en tout cas pour l'invitation. La recherche de ressources est aléatoire et coûteuse alors qu'ensemble on sécurise la valeur. La deuxième dimension, c'est la santé de son entreprise qui est indissociable de celle de son environnement. Nous avons compris que l'entreprise qui accepte de partager le même destin que son territoire sort de la consommation pour entrer dans la régénération. Et troisième dimension, c'est le passage d'une logique de prédateur à une logique de partenaire. Nous avons décidé de prouver notre sincérité par des actes concrets pour apporter une réponse à un besoin réel de manière équitable. N'oubliez pas de réaliser le petit exercice de sincérité avec l'un de vos partenaires de travail, fournisseurs, clients, collaborateurs, et de vous poser la question « si je gagne quelque chose, est-ce que lui aussi gagne quelque chose dans cette relation ? » Dans notre prochain épisode, nous apprendrons à perdurer dans le temps. D'ici là, restez curieuses, curieux et continuez à écouter ce que la nature a à vous dire. Et encore, merci Nicolas d'avoir partagé toutes ces belles choses dans cet épisode.
- Speaker #1
Merci à toi Maud et à très bientôt.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. S'il vous a plu, partagez-le autour de vous. Pour soutenir Maquis Vivant, abonnez-vous et laissez 5 étoiles sur Spotify et Apple Podcast. Et je vous donne rendez-vous le dernier mardi de chaque mois pour faire de vos rêves une stratégie d'entreprise vivante.