- Speaker #0
Félicitations Sylvie de Capferd. Merci. Signature du deuxième roman avec moi, le premier avec moi, mais ton deuxième. Oui. Sylvie, nous on se connaît depuis longtemps. On se connaît depuis… Depuis quelle même année ? C'est incroyable, ça fait…
- Speaker #1
Même pas, on se voisinait, j'avais 3 ans.
- Speaker #0
Absolument. Je le disais à Snaggère autrefois, c'est quasiment décourageant, parce que c'est quand même qu'on se connaît. C'est épouvantable. Sylvie ? C'est quoi ton parcours, tantôt, avant qu'on enregistre, je te demandais ça, j'ai dit, attends, attends, tu vas me le raconter. En quoi tu as étudié, parce qu'on s'est perdu de vue, disons, il faut le dire, nous, on s'est perdu de vue.
- Speaker #1
Moi, j'ai commencé par faire mon cégep en sciences humaines. Ok.
- Speaker #0
Avec une, une,
- Speaker #1
une, avec, en anthropologie, surtout.
- Speaker #0
Ah, ouais.
- Speaker #1
Et puis, après ça, je suis allée travailler à Toronto. Ah. à Toronto ? Oui, comme living nanny
- Speaker #0
Ah, oui !
- Speaker #1
Donc ensuite, je suis revenue. J'ai travaillé comme hôtesse dans les restaurants. J'ai fait des petits jobs bien. Ok,
- Speaker #0
un meilleur métier.
- Speaker #1
Un meilleur métier jusqu'à temps que je me rende au cinéma.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Cinéma Place Charest, autrefois. Ok. Là, j'ai été six ans comme chef de plancher. Ok. Donc, je sors de tous les problèmes qu'on avait sur le plancher avec la clientèle,
- Speaker #0
les emplois,
- Speaker #1
tout ce qui était... J'avais ça. C'est moi qui j'avais ça. J'ai rencontré mon mari. Et je suis retournée faire ma formation en éducatrice spécialisée.
- Speaker #0
Et là, c'est ce que tu fais ?
- Speaker #1
Et là, j'ai ouvert mes portes pour être famille d'accueil. Et c'est ce que je fais depuis 35 ans.
- Speaker #0
Mon Dieu, je te lève mon chapeau vraiment. Mais c'est des gens, est-ce que c'est des gens, tu sais, parce que vu que tu es éducatrice spécialiste, est-ce que c'est des gens qui ont des besoins particuliers ? Non,
- Speaker #1
là, c'est vraiment des jeunes en demande de protection.
- Speaker #0
OK. Et qu'est-ce qui fait que tu décides ça ?
- Speaker #1
C'est la famille d'accueil. Je pense qu'après avoir connu les centres d'accueil, tu te rends compte qu'il y a beaucoup d'enfants qui n'ont pas d'affaires. Tu as connu les centres d'accueil parce que tu as travaillé dans les centres d'accueil comme éducatrice spécialiste ? C'est ça, OK. J'ai travaillé dans les hôpitaux aussi. Mais quand tu mets les pieds dans un centre d'accueil, tu te rends compte que beaucoup de jeunes n'ont pas leur place là. Ils ne sont pas supposés être mêlés avec les gens qui ont des troubles de délinquance.
- Speaker #0
Il y a une clientèle pour ce genre d'institution-là, mais il y a une clientèle qui devrait être juste encadrée en famille. Angie, tu me parlais tantôt parce que tu as écrit ton premier livre qui a été édité en Europe. Oui. En quelle année tu as écrit ce livre-là ?
- Speaker #1
En 2016.
- Speaker #0
En 2016 ? C'est quand même assez récent. Et je t'avais demandé tantôt pourquoi l'Europe,
- Speaker #1
parce que c'est une maison… Parce que la maison d'édition avec qui j'ai communiqué, la première qui m'a répondu, c'était une maison d'édition française. OK.
- Speaker #0
Et là, ton deuxième livre qu'on est en train de travailler, parce qu'il faut qu'on dise aux gens, hein, t'existe pour vrai, qu'ils vivent, qu'il y a du vrai monde qui font appel à moi pour peaufiner leurs œuvres. Et toi, mon Dieu, t'es vraiment une bonne écrivaine. Écoute, on n'a pas eu tant d'ouvrages que ça à faire dedans. Ton livre était vraiment très bien écrit. Donc, on a juste... Travailler un peu le texte, tout ça. Donc, on s'est amené à jouer au ping-pong.
- Speaker #1
Il y a eu beaucoup de relectures.
- Speaker #0
C'est ça. Mais tu sais, il faut juste des ajustements. Et parce que ma job d'éditrice, c'est de faire en sorte que ces livres-là se vendent et qu'ils soient accessibles au public québécois.
- Speaker #1
J'écris beaucoup à l'Europe.
- Speaker #0
J'écris énormément. Donne-moi une expression que je t'ai faite enlever. J'ai fait non, non, ça, il n'y a pas.
- Speaker #1
Tu réponds de ta tête.
- Speaker #0
purée de poids. Purée de poids. Purée de poids. Comme une purée de poids. Moi, j'étais comme purée de poids, purée de poids. Qu'est-ce qu'elle veut dire ? Qu'est-ce qu'elle veut dire ? Là, j'ai fait... Non, on ne peut pas. On ne peut pas. Si ça prend du temps dans les livres, ça ne marche pas, OK ? Donc, c'est ça. Mais ce n'est pas parce que ce n'est pas bien écrit, c'est juste parce que nous autres, le petit peuple québécois, sans être péjoratif, bien, c'est ça. Il y a des expressions qu'on connaît moins. Bref, cette histoire-là, une histoire d'amour avec plein d'intrigues et tout ça, on n'en dira pas trop. On n'a pas déterminé le titre définitif, mais on pense bien être capable de sortir la version numérique le 1er décembre. On va vous revenir avec ça. Et donc, là, on vient de signer le contrat officiel. Donc, pour les cinq prochaines années, Sylvie me donne l'exclusivité, en fait, à ma maison d'édition Saint-Laurent de vendre cette... cette œuvre-là, à travers le monde, en fait. Et donc, là, on travaille sur la version numérique, mais éventuellement, on travaillera sur la version papier. Et comment ça t'a pris le temps d'écrire cette vie-là ?
- Speaker #1
Le premier jet ? Oui, trois jours.
- Speaker #0
Wow ! Ah, wow ! Où tu trouves tes idées ?
- Speaker #1
Trois jours. J'en ai aucune idée. Très sincèrement, dans le sens que je fais partie d'un atelier d'écriture.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et il faut écrire à tous les mois sur des sujets différents, sur des thématiques différentes. Et à un moment donné, cette histoire-là a germé. A popé.
- Speaker #0
A popé.
- Speaker #1
Puis j'ai fait... Je me suis installée avec mon crayon, ok, et là, les personnages se sont mis à vivre dans ma tête, se sont mis à prendre chacun leur caractère, chacun leur potentiel, et j'écrivais, j'écrivais, j'écrivais, non-stop, j'étais pas capable de lâcher. Je m'endormais en y pensant, je me levais en écrivant.
- Speaker #0
C'est ce qu'on appelle une passion.
- Speaker #1
Oui, et c'est ça, ça m'a pris trois jours pour écrire les premières 150 pages.
- Speaker #0
Ok, wow ! Parce que normalement, un livre, ça ne s'écrit pas de cette façon-là.
- Speaker #1
Non, ça s'écrit de façon très rigoureuse, dans le style qu'on s'est à sa table de travail une heure par jour.
- Speaker #0
Même plus que ça, parce que moi, je ne sais pas pour toi, mais moi, dans mes formations d'écriture, on commence par déterminer les personnages, leur caractère, physiquement, ce qu'ils ont de l'air, qu'est-ce qu'ils font dans la vie, blablabla.
- Speaker #1
On se fait un plan.
- Speaker #0
On se fait un plan, on parle des personnes. Quand on écrit une websérie, c'est la même chose, c'est ce que je suis en train de faire. Ensuite, on détermine, bon, parce qu'il y a cinq phases dans un livre, on détermine la situation initiale versus la situation finale. Je l'oublie. Voyons, parce que je veux le dire. En milieu, c'est les péripéties. Tu as le dénouement, puis tu as le... Voyons, pas le chambardement, mais là,
- Speaker #1
ce qui vient transformer...
- Speaker #0
Le coup de grâce, là. En tout cas, bref, ça. Normalement, il va avec ce plan-là, mais ça n'a pas été ça par-dessus.
- Speaker #1
Non, moi, il vient tout seul, là. Je te dirais que je suis une dévoreuse de livres.
- Speaker #0
Tu lis des livres par, mettons, par semaine.
- Speaker #1
Par semaine, 3-4.
- Speaker #0
Tu me bats. Tu me bats. Moi j'en lis un par semaine. Mais combien de livres en même temps que tu lis ?
- Speaker #1
Jusqu'à deux, trois des fois.
- Speaker #0
Moi aussi, moi je lis trois livres. Une biographie, un roman, puis un livre de développement personnel.
- Speaker #1
Mais moi quand je suis tombée dans l'univers de la lecture, je suis carrément tombée dans l'amour, dans la lecture.
- Speaker #0
C'est un monde. Tu peux faire ça au-dessus de moi aussi. Là on sort ton livre numérique. Moi j'aime bien la version papier, honnêtement. Si je suis avec un livre numérique, je l'imprime.
- Speaker #1
Ah, OK.
- Speaker #0
Pour le lire. Parce que moi, j'ai un crayon marqueur, que ce soit un roman, que ce soit n'importe quelle sorte de livre. J'ai mon stylo, puis j'ai mon crayon marqueur sous ma table de chevet, parce que je lis avant de me coucher. Puis je souligne des phrases. Moi, il y a des phrases qui me popent, puis je fais, ah, une belle phrase, je la souligne. Que ce soit n'importe quelle sorte de livre. Des fois, je corrige des livres aussi. Ça, je trouve ça désolant. Moi,
- Speaker #1
comme toi, j'ai commencé à écrire à peu près vers l'âge de 12 ans.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
J'ai commencé à créer des pièces de théâtre pour les scouts.
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
Pour l'école. J'ai commencé à m'inspirer de bande dessinée. Après ça, je me suis inspirée d'émissions télé. Moi, j'avais vu Clairou, puis ça, Outre-mer. Donc, j'ai réécrit le scénario d'un film. Et à un moment donné, j'en suis venue à créer mes propres personnages. Ça, ça m'est arrivé à peu près vers l'âge de 16 ans. Là où j'ai commencé à développer. et mes personnages.
- Speaker #0
Je vais garder ces textes-là.
- Speaker #1
J'en ai gardé quelques-uns. J'en ai perdu d'autres au fil des derniers jours.
- Speaker #0
Mais oui, mais il y aurait moyen peut-être de faire quelque chose avec ça éventuellement.
- Speaker #1
Oh, mon Dieu !
- Speaker #0
Ou de t'inspirer de ces choses-là.
- Speaker #1
Peut-être ce que j'ai écrit dans les dernières années parce que j'ai essayé de toucher le style. J'ai touché la romance. J'ai touché vraiment la romance. J'ai touché la science-fiction. J'ai touché le policier.
- Speaker #0
Oh, bon.
- Speaker #1
Mais j'ai touché l'aventure, le jeunesse.
- Speaker #0
Là, tu me dis, tu as ça en l'écrivant ou en le lisant ?
- Speaker #1
En l'écrivant.
- Speaker #0
Mais oui, mais il faut que tu sortes ça, ces textos.
- Speaker #1
Eh, Seigneur,
- Speaker #0
il faut d'abord les retravailler.
- Speaker #1
Oui, je comprends.
- Speaker #0
Mais il y a des richesses à la barre. Il y a des richesses dans ça. En tout cas, on va travailler sur celui qu'on tente de travailler. Oui, on va commencer par celui-là. Mais moi, ça me fascine bien. Écoute, je suis contente, Sylvie, qu'on fasse ça ensemble. Écoute, moi, je termine toute la mise en forme, mise en page. Je finalise l'enrichissement du texte. Quand on dit enrichissement du texte, ce n'est pas que le texte n'est pas bon.
- Speaker #1
Non, mais les verbes reviennent souvent.
- Speaker #0
Oui, c'est des répétitions. Il y a des verbes pauvres, il y a des verbes riches. Donc, on en passe les verbes pauvres par les verbes riches. C'est parce que quand on l'écrit, on se vante pas de ça dans le monde québécois. Non, non. Fait que ma job c'est justement de voir à ce que ça coule, pis que ça... que ça coule...
- Speaker #1
Moi j'écris en crayon, pis après ça je réécris à l'ordinaire.
- Speaker #0
Ça m'arrive souvent de faire ça.
- Speaker #1
Pour justement là, un peu plus de vocabulaire, pis essayer de me retrouver dans mes pattes de mouche aussi. Pis ajouter des choses au fur et à mesure.
- Speaker #0
Ah non, on fait une belle équipe. Moi, je suis bien contente déjà du résultat. Donc, 1er décembre, mon Dieu, surveillez, je vais faire un événement avec ça et on va faire un beau lancement virtuel. Donc, mon Dieu, d'ici là, bien, attendez, c'est pas prêt. Bye-bye !