- Diane CANTAN
Bonjour et bienvenue sur Markoeur, votre podcast 100% marketing durable, car je suis convaincue que le marketing durable, c'est le marqueur de la bonne santé des entreprises. Le marketing, c'est le cœur de l'entreprise avec la proposition de valeur, les produits ou services. Et gérer des projets marketing avec le cœur nous emmène plus loin dans la formulation d'une offre qui fait sens aussi bien pour vos clients que pour vos collaborateurs. Je m'appelle Diane Cantan, et après plus de 20 ans en marketing et communication digitale, j'ai décidé de partager ces convictions en réalisant des épisodes en solo ou avec des invités, où j'aborde les différents sujets de marketing durable, communication responsable, numérique responsable, et plus largement, des enjeux liés à la RSE. J'en parle régulièrement dans mes épisodes, les entreprises doivent absolument prendre le temps de réfléchir, à challenger leur business model pour anticiper les conséquences des dérèglements climatiques et également les changements de mode de consommation. Certes, une fois que j'ai dit ça, les dirigeants vont me dire « oui mais alors, on fait comment ? » J'ai une boîte à faire tourner, j'ai des équipes à fond qui sont sur des opérationnels sujets quotidiens, j'ai des usines avec des machines. que je ne peux pas remplacer tout de suite parce que c'est beaucoup d'investissements financiers, etc. Et pour autant, il faut s'y mettre. Eh bien, mon invité aujourd'hui va vous apporter des pistes très concrètes, j'en suis persuadée. Bonjour Alan.
- Alan Fustec
Bonjour Diane.
- Diane CANTAN
Écoute, je suis ravie de t'avoir avec moi aujourd'hui.
- Alan Fustec
Le plaisir est partagé.
- Diane CANTAN
Depuis le temps qu'on attend ce moment-là, ou en tout cas depuis le temps qu'on se connaît, en fait c'était un peu ça, puisqu'on s'est connus, tu es intervenu à un de nos congrès clients pharmaciens, et je pense que c'était en 2010 ou quelque chose comme ça.
- Alan Fustec
C'est à peu près ça.
- Diane CANTAN
Tu ne parlais pas encore de RSE à l'époque, c'était pour parler du capital immatériel. Et déjà, les pharmaciens à l'époque étaient subjugués par ton discours. par cette façon de penser et d'y mettre autre chose que juste la partie financière pure, mais d'y apporter de l'extra financier. Et puis finalement, depuis le temps, on est en 2025, on tourne l'épisode, forcément, il s'est passé plein de choses depuis. On est toujours restés en contact et ça, du coup, je te remercie d'être mon invité aujourd'hui. J'en suis ravie. Alors, évidemment, il y en a plein qui te connaissent, qui se disent Alan Fustec. Oui, évidemment, on le connaît. Tous ceux qui gravitent dans notre univers du développement durable, de l'ISO 26000, des labels, du label Lucie, on en parlera forcément. Mais ceux qui ne te connaissent pas encore, est-ce que tu pourrais nous expliquer rapidement comment tu es passé d'ingénieur agronome à cofondateur de Goodwill Management, puis de l'agence Lucie avec la création du label Lucie ? Et en même temps, là, plus récemment, le cofondateur de Carlotech. Toute cette histoire, il y a un fil rouge, évidemment. Est-ce que tu veux nous en parler un peu ?
- Alan Fustec
Oui, bien sûr, avec plaisir. Donc, en fait, j'ai fait des études d'agronomie. Je suis ingénieur agro, mais je n'ai pas vraiment exercé ou très peu dans ce domaine-là. et j'ai fait une vingtaine d'années dans le monde des systèmes d'information. Et j'ai attrapé le virus du développement durable. C'est il y a très longtemps, c'était en 1993. Et j'ai commencé en 1993 à mettre en place une démarche, une politique de développement durable dans ma boîte d'informatique.
- Diane CANTAN
Hyper précurseur là pour le coup.
- Alan Fustec
Oui, c'était un an après Rio. Et puis j'étais, je suis fier de ça, j'étais le premier dirigeant français. à faire une demande d'évaluation de ma démarche RSE par une agence de notation. Et ça, c'était en 1999. Et j'ai quitté cette entreprise pour créer Goodwill en 2002. Et donc, Goodwill existe et Goodwill est un cabinet de conseil en développement durable. depuis 2002. Début assez difficile. Quand on s'est connus, je parlais de RSE déjà, mais on s'était connus sur un thème qui est... pas si éloigné que ça de la RSE, qui est la mesure et la valorisation du capital immatériel. Et puis, aujourd'hui, Goodwill est une grande fille, parce qu'il y a une petite soixantaine de collaborateurs. Les débuts de Goodwill ont été difficiles quand même. Vendre de la RSE en 2003, au 2002-2003,
- Diane CANTAN
c'était un poil trop tôt. Mais tu avais cette vision, déjà.
- Alan Fustec
Oui, c'était ma conviction qu'on allait dans le mur et qu'il fallait faire quelque chose. Donc dès cette période-là, j'ai pensé que c'était intéressant de lancer une activité dans ce domaine. Après, en 2009, j'ai cofondé l'agence Lucie. Et à nouveau, c'était un poil trop tôt. Parce que ça a été très, très difficile de faire démarrer cette activité. Tu penses ? En 2009, en pleine crise financière, tu commences à parler de labelliser des entreprises avec une démarche exigeante. Donc, il n'y avait pas beaucoup de candidats.
- Diane CANTAN
Il fallait vraiment être motivé là.
- Alan Fustec
Oui, c'était encore plus dur. Encore plus dur que Goodwill. Et puis, ça s'est bien terminé, puisque aujourd'hui, l'agence Lucie, c'est la première communauté d'entreprises engagées en France en RSE par voie de label. parce qu'on peut faire de la RSE sans être labellisé. Et donc, il y a à peu près 1400 boîtes dans la communauté. Et puis, pour terminer, j'ai lancé avec mon fils Kerlotec il y a six ans. Donc ça, c'est un écosystème d'entreprises qui ont pour ambition de respecter les limites planétaires en Bretagne. Et la raison de cette initiative, C'est tout simplement de montrer que c'est possible. Parce qu'avec une démarche RSE classique, on fait des efforts très importants et on obtient des résultats intéressants en matière de réduction de ces impacts. Mais en général, avec une démarche RSE classique, on n'arrive pas à rentrer dans les limites planétaires. Il faut vraiment mettre le paquet pour y parvenir. Et j'ai voulu démontrer que c'était possible. Et donc, Erlotech, c'est ça. C'est un petit noyau d'entreprises en Bretagne qui ont cette ambition, qui s'y emploient pour y être le plus vite possible. On n'y est pas encore tout à fait, mais on n'est plus très loin.
- Diane CANTAN
C'est pas mal, plutôt en 2025, de se dire qu'il y a déjà un certain nombre d'entreprises qui ont changé leur façon de faire et pas que ce qui est strictement demandé par l'ISO 26000, mais d'aller encore un peu plus loin. justement dans cette optique de limite planétaire. On va y venir, forcément, on parlera aussi de l'étude qui est parue fin 2024, justement sur l'ensemble de ces entreprises, avec ce côté RSE niveau 1 et RSE 2.0. Est-ce que toi, qui es depuis si longtemps dans le domaine, Quelles sont les évolutions que tu as pu constater depuis 15 ans ou peut-être depuis le Covid ? Comment les entreprises ou les dirigeants sont prêts à changer, sont prêts dans cette mentalité à se dire ça y est c'est bon ou est-ce qu'on en est encore assez loin ?
- Alan Fustec
Alors en fait il y a une évolution là depuis quelques années qui est très forte. Si je refais un peu le chemin en arrière, ce qu'on vient de se dire à l'instant sur mon parcours, entre 2000 et 2020, on va dire, les sujets de RSE ont évolué positivement. Il y en avait quand même beaucoup plus en 2020 qu'en 2002, des entreprises qui s'étaient engagées en RSE, mais quand même très très lentement. très très lentement et avec des niveaux d'engagement qui étaient plus ou moins approfondis. Par voie de conséquence, la thématique de la RSE était, pour des professionnels comme moi, un sujet un petit peu difficile pour développer des activités dans ce domaine-là, il fallait y croire, comme on l'a dit tout à l'heure. Il y a eu un changement radical aux alentours de 2020 qui n'est pas lié... à la crise sanitaire. C'est juste un peu une coïncidence. La crise sanitaire a eu un effet d'accélération sur les questions de RSE, je vais y venir, mais ce n'est pas le facteur principal. Le facteur principal, c'est l'arrivée de la CSRD. Voilà. Et donc, avec l'arrivée de la CSRD, le monde des entreprises s'est mis en mouvement, j'ai envie de dire enfin, autour C'est parti. de ces questions de responsabilité sociétale. Donc, ce n'est pas si vieux. Et puis, on ne s'en est pas trop rendu compte en 2020 parce qu'on était plus ou moins confinés. Mais ensuite, à partir de 2021, on a commencé à sentir que les choses n'étaient plus tout à fait comme en 2019, c'est-à-dire qu'il y avait de la demande, qu'on voyait de plus en plus d'entreprises motivées pour s'engager. dans des démarches liées à la RSE, partielle ou totale, peu importe. Et ce mouvement-là, en fait, il ne s'est pas ralenti depuis. Et donc, on a, depuis 2020-2021, on a un engagement des entreprises en France autour de ces questions que je vais qualifier de forts, alors qu'avant 2020, franchement, il était faible. Et vraiment, ce qui a changé la donne, c'est l'arrivée de la CSRD.
- Diane CANTAN
C'est marrant parce que je ne l'avais pas sous cet angle-là. Pour moi, dans mon esprit, c'est vraiment 2024 qui est l'année de la CSRD, parce que tout le monde se réveille en mode « Ah, ça va arriver là sur 2025, il va falloir montrer pas de blanche d'ici la fin de l'année. Comment on fait ? » Donc, je n'avais pas forcément cette vision plus tôt.
- Alan Fustec
Ça a commencé avant, c'est-à-dire que depuis à peu près 2019-2020, on a tout l'écosystème des entreprises qui se bouge autour de ces questions. Les banques, les compagnies d'assurance, les partenaires financiers des entreprises leur disent « vous n'allez pas pouvoir rester indéfiniment à l'écart de ces questions » . qui leur disent même « mais si vous voulez qu'on vous finance, il faudrait peut-être faire un effort » , tu vois, etc. Et donc, même si la CSRD ne concerne à date que les entreprises, pour faire simple, de plus que 250 personnes, ça a eu un effet d'entraînement sur tout le tissu des entreprises. Et donc, pour moi, c'est le facteur principal. Après, il y en a deux autres quand même. Bien ! Bien sûr, la crise sanitaire, c'est-à-dire que pendant deux mois, la première fois, enfin je ne sais plus si c'était deux ou trois mois.
- Diane CANTAN
On oublie vite.
- Alan Fustec
Oui, mais c'était quoi ? Ça a duré trois mois peut-être. Enfin bon, peu importe. Les gens se trouvent confinés chez eux et puis se disent, mais attends, rappelle-moi pourquoi on court. Bon, ça a fait beaucoup réfléchir, mais tu as raison.
- Diane CANTAN
C'était plus un changement sociologique. finalement, de donner du sens.
- Alan Fustec
Ce dont je me rappelle, je ne me rappelle pas bien de la durée du confinement, mais en tout cas, je me rappelle très bien de toute cette époque où les gens disaient, ah oui, le monde d'après, rien ne sera plus comme avant, tu parles. Le lendemain du confinement, il n'y avait que chez Zara. Donc, ça... Mais ça a quand même, pour une partie de la population, Ça a généré une réflexion approfondie sur, tiens au fait, cette crise sanitaire, on ne l'a pas vu venir. Pour l'instant, la science n'a pas réglé le problème. C'est une catastrophe économique mondiale sans précédent. Qu'est-ce qui nous permet de dire que... problèmes de cette nature-là ne vont pas se reproduire dans d'autres domaines, comme par exemple le réchauffement climatique ou d'autres domaines encore. Donc ça fait beaucoup réfléchir. Puis il y a un autre phénomène qui a, à mon avis, accéléré le mouvement. Il y a cette période propice à l'introspection de la crise sanitaire. Et puis, il y a une autre chose qui fait beaucoup réfléchir, et à mon avis encore plus, c'est le fait qu'avant, quand on présentait tous les risques environnementaux. Tout le monde voyait ça comme une réalité future. Sauf que maintenant, c'est une réalité du présent. Voilà, parce qu'on a vu ce qui s'est passé dans le Loir-et-Cher, on a vu ce qui s'est passé avec les inondations à Valence, on a vu ce qui s'est passé, comme je suis breton, à l'été 2022, les milliers d'hectares qui sont partis en fumée dans les monts d'Arrée. On voit bien que les événements climatiques sont de plus en plus violents et de plus en plus fréquents. Et donc quand un dirigeant se retrouve avec un problème d'inondation... ou un problème de sécheresse, ou bien un incendie pas très loin de son usine, etc. Il se dit, bon, il va peut-être falloir penser à faire quelque chose quand même. Donc il y a cette conjonction finalement de trois facteurs, la crise sanitaire, le fait que les problèmes deviennent palpables est présent, mais pour moi le facteur principal c'est la CSRD.
- Diane CANTAN
Et il y a encore pas mal d'entreprises qui ne sont pas... pas prêtes. Je ne parle pas forcément des grandes entreprises parce qu'elles ont les moyens de faire appel à des cabinets extérieurs pour les aider et les accompagner. Et puis elles sont obligées. De toute façon, elles sont obligées dès cette année. Mais après, l'effet domino va arriver assez vite et il y a encore plein de dirigeants qui ne sont pas prêts parce que tu es dans le quotidien de tes chiffres, de tes clients, de ton approvisionnement, de tes charges. des problématiques managériales classiques qui fait qu'on n'arrive pas à se projeter suffisamment.
- Alan Fustec
En fait, on va parler de l'étude qu'on a sortie au début du mois de novembre. Donc ça, c'est une étude qui nous a pris un bon moment. Elle a été faite vraiment de façon très... participative au sein de mon petit écosystème. C'est-à-dire que ça a vraiment été une collaboration Goodwill, CarloTech et Agence Lucie. Ça nous a pris un an. Et la première chose, puisqu'on en parle, qui ressort de cette étude, c'est que si on prend les boîtes de plus que 10 salariés en France, il y en a la moitié qui ne savent pas de quoi on parle quand on parle de RSE. Il y en a 50%. Et il n'y en a que 8%. qui font de la RSE de façon réelle et sérieuse. Réelle et sérieuse, ça veut dire qu'on met en place une démarche avec des moyens, avec une personne qui en a la responsabilité, avec des indicateurs, avec des résultats qui couvrent tout le sujet. Donc on a ratissé très large pour considérer les démarches qui pouvaient rentrer dans ce cahier des charges. Alors on a pris bien sûr les... Les entreprises de la communauté Lucie, c'est une évidence, mais on a pris les bicorps, on a pris les engagés RSE de l'AFNOR, on a pris les entreprises à mission, on a pris les entreprises du mouvement Impact, on a pris les entreprises qui publiaient l'ambulance carbone sur le site de l'ADEME. Enfin, on a ratissé très, très, très large et le résultat des courses, c'est
- Diane CANTAN
8%. Ce qui est encore très, très faible.
- Alan Fustec
Voilà. Et donc, effectivement, on voit qu'on a encore un chemin. Quand je disais tout à l'heure, ça y est, c'est parti, etc., cette accélération qui est très importante nous amène à un niveau d'engagement des entreprises engagé, mais pour de vrai, fortement engagé, qui n'est encore que de 8 %. Par contre, on avait fait une étude de même nature, un petit peu moins poussée en 2019. À l'époque, on en avait 1 %. Ah oui. Voilà. Donc, ça veut dire que ça a quand même... sérieusement augmenté, ça a été multiplié par 8 en 6 ans. Donc, c'est une source de satisfaction.
- Diane CANTAN
Il faut toujours voir le verre à moitié plein.
- Alan Fustec
C'est une source de satisfaction. Est-ce que c'est suffisant ? Bien sûr que non. Il faut qu'il y ait 100% des entreprises qui prennent en charge ces sujets-là, qui réduisent leurs impacts. Il y a le feu au lac, on ne le dira jamais assez. Mais ! Voilà, il y a un décollage.
- Diane CANTAN
Oui, et après, quand on dit prendre des mesures pour réduire l'empreinte carbone ou être attentif à l'ensemble de ses limites planétaires, j'entendais ce matin à la radio le groupe Stellantis qui décide de racheter quelques bonnes actions vertes auprès de Tesla pour éviter... d'avoir à trop changer de direction. Là, quand j'entends ça, ça me fait bondir. De me dire comment il peut y avoir encore des grands groupes. Certes, pour répondre à un chiffre dans une case et de se dire, ok, c'est bon, j'ai réussi et je coche ma case. Mais en fait, non, ça ne résout pas le problème au plus profond. D'où l'intérêt de se repencher sur comment... On rechange les business models au final. Et ce qui n'est pas évident quand on est sur, là, un secteur de l'automobile, on est sur de la mobilité douce, comment on se projette dans X années, alors que le chiffre qui est suivi par tous les médias, les journalistes, c'est le nombre de ventes de véhicules chaque mois.
- Alan Fustec
Bien sûr, bien sûr.
- Diane CANTAN
Est-ce que ça, ça sera toujours pertinent ?
- Alan Fustec
Bien sûr que non. le fait que des... Et en même temps, c'est ça qui rend le sujet d'une extrême complexité, le fait que les véhicules se vendent moins, ça pose des problèmes sérieux sur le plan social.
- Diane CANTAN
Forcément, c'est ce que je citais aussi entre les usines, il ne faut pas que je ferme, comment je rechange, si je remodifie le contenu de mes machines, ça va être un investissement dont je ne suis pas prêt aujourd'hui parce que je n'en ai pas les moyens. Donc c'est un peu un cercle vicieux de se dire, il y a des dirigeants qui sont prêts. dans l'esprit, dans la vision, de se dire oui, je veux bien, mais aujourd'hui, comment je fais ? Comment je m'y prends ? Par quel bout je m'y prends ?
- Alan Fustec
Pour moi, il n'y a pas de cercle vicieux. Il y a moyen d'aller dans la bonne direction, de façon résolue. Ça demande effectivement des efforts importants, mais il n'y a pas de cercle vicieux. Par contre, si on regarde aujourd'hui la façon dont se comportent les entreprises, Il y a une grande diversité de positions des dirigeants par rapport à ces questions de soutenabilité. Il y a tous ceux qui ne savent pas très bien de quoi on parle. On en a déjà dit un petit mot à l'instant. Ensuite, il y a ceux qui disent, OK, on me fixe de nouvelles contraintes. Comment je dois faire pour, comme tu disais, cocher les cases, me mettre en conformité ? Très bien. Donc une posture de conformité, ce n'est pas une posture très proactive, c'est plutôt une posture très défensive. Après, il y a fort heureusement des dirigeants qui se disent « bon, on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire nos impacts, un modèle économique constant » . Bon, et là, en fait, c'est aussi ce que j'ai constaté moi dans le cadre de mon parcours. et ce que je dis aujourd'hui, peut-être que je ne le disais pas il y a 15 ans, c'est qu'un modèle économique constant, les efforts sont significatifs, mais ils ne sont pas suffisants. Et donc, dans un grand nombre de situations, il ne se passe pas 100% des situations, il faut se reposer la question de son modèle économique. Et bien évidemment, ça secoue. Parce que repenser son modèle économique, ça voudrait dire se réinventer. Ça veut dire un peu lâcher la proie pour l'ombre. Ça veut dire, j'ai une activité qui tourne. C'est déjà pas si facile de faire tourner une entreprise et de payer les salaires à la fin du mois. Et puis là, on est en train de me dire qu'il faudrait que je fasse une transformation profonde de ce modèle pour passer à quelque chose d'autre. C'est vachement casse-gueule. Donc, voilà. Et on a toute cette diversité de positions au sein de la communauté des dirigeants des entreprises françaises, entre ceux qui ne veulent pas en entendre parler, qui sont complètement réfractaires, ceux qui sont dans la posture défensive, ceux qui veulent y aller tant que ça ne fait pas trop de bouleversements dans l'entreprise, et puis ceux qui se disent qu'on n'a pas le choix et qu'il faut des transformations en grande profondeur. Voilà, on a tout ça.
- Diane CANTAN
Est-ce que tu as quelques exemples de transformation un peu radicale d'un produit X qui est vendu aujourd'hui en 2025 et qui ne le sera plus en 2030 ou 2035 ?
- Alan Fustec
Comme ça, je ne sais pas s'il y a des exemples de produits qui vont me venir à l'esprit, mais je vais essayer de répondre à ta question d'une façon un tout petit peu différente. on sait qu'on a devant nous des pénuries dans des tas et des tas de domaines. Donc si on regarde des informations qui nous viennent par exemple du Bureau de Recherche Géologique et Minière, ce n'est pas une association militante, écologiste militante, c'est vraiment un centre de recherche scientifique dont les conclusions sont au-dessus de tout soupçon. C'est objectif. C'est factuel, ce n'est pas militant. Ils nous disent que les réserves qu'on a en cuivre, c'est 38 ans, que les réserves qu'on a en or ou en argent, c'est 18 ans, que les réserves qu'on a en antimouane, c'est 11 ans de mémoire, que les réserves en étain, ça doit être 18 ans ou en chrome. Ce sont des informations qu'il faut savoir interpréter avec un peu de recul. Parce que dans la croûte terrestre, dans 100 ans, il restera du cuivre, du zinc, de l'étain, du cobalt et tout ce qu'on veut. Il en restera toujours, ce n'est pas la question. C'est simplement qu'avec des densités qui n'ont plus rien à voir avec celles d'aujourd'hui. Déjà, quand on prend le cuivre, au début du siècle, on avait des mines qui étaient concentrées à 4%, puis maintenant on doit être à 0,7%. Donc avec le temps qui passe, bien sûr, on exploite des gisements qui sont de moins en moins concentrés. Et donc ça veut dire...
- Diane CANTAN
Qui nécessitent davantage de ressources utilisées pour récupérer...
- Alan Fustec
Ne serait-ce que de l'énergie. Oui. Voilà. Et ça veut dire qu'au fur et à mesure que le temps passe, toutes ces ressources-là, pour réussir à les extraire, il faut du temps, de l'énergie. Et l'énergie, pour l'instant, en question, c'est du pétrole parce que... Tu vois les gros camions avec les grosses roues qui font 3 mètres de haut. Tu ne fais pas tourner ça avec une batterie lithium-ion. C'est des grosses machines thermiques. Et donc, on se retrouve dans une situation où, d'un côté, la ressource se raréfie sur tous les chantiers hauts de métaux dont on vient de parler. Petit 1. Et puis, petit 2, la transition écologique qui poussent et pour des raisons tout à fait normales, incompréhensibles, que je ne conteste pas du tout, qui poussent vers de l'électrification, fait que les besoins en métaux, parmi lesquels, mais pas seulement, le cuivre, comment dirais-je, augmentent de façon très très forte. Donc là, on a un fabuleux biseau, et au bout d'un moment, ça va coincer. Et donc ça veut dire que les produits qui vont disparaître... Dans les années qui viennent, à mon avis, ils ne disparaîtront pas pour tout le monde. Mais si on prend des téléphones portables, si on prend des ordinateurs, si on prend certaines voitures électriques, etc., c'est juste qu'on ne pourra plus se les offrir parce qu'elles seront trop chères. C'est ça qui va se produire.
- Diane CANTAN
C'est une question économique d'offre et de demande.
- Alan Fustec
Et donc, il y en aura toujours. Les progrès qui sont faits en ce moment en matière d'intelligence artificielle qui font froid dans le dos, quand on voit la quantité d'énergie que ça consomme, il y aura toujours des gens pour en bénéficier. Par contre, je ne parierai pas un coup de cidre qu'à horizon de 2035 ou de 2040, on aura de l'intelligence artificielle en open bar comme on a aujourd'hui, gratuitement. compte tenu de ce que ça consomme comme ressources, sans prendre en considération, ce qui est l'autre préoccupation majeure quand même à ne pas oublier, que les extractions à outrance de toutes ces ressources minérales et la consommation à outrance de l'énergie fout une pagaille au niveau du système Terre qui est très inquiétante et qui va poser d'autres problèmes. économique majeure.
- Diane CANTAN
Voilà, ça c'est la phase moins fun.
- Alan Fustec
C'est la phase pas fun du tout.
- Diane CANTAN
Mais réaliste et que certains n'anticipent pas suffisamment. On va venir aussi sur le livre qui est paru en mai 2024, La stratégie du Y. Et donc finalement, c'est peut-être pas plus mal qu'on ne se soit pas vu plus tôt, parce que sinon tu n'aurais pas pu en parler, alors que là j'ai pu le lire, le dévorer avec plein de pistes. Donc forcément, tu abordes cette stratégie du Y et comment les entreprises doivent s'y prendre pour se dire OK. Et en plus, j'adore la terminologie que tu utilises, que tu utilisais déjà avant dans ta façon d'aborder les choses, très abordable, très accessible. Sans être avec des terminologies très denses, est-ce que tu veux donner un peu comment on y arrive à cette stratégie du Y, en quoi ça consiste ? Bien sûr, bien sûr, bien sûr, bien sûr. Qu'est-ce qui m'a fait écrire ce bouquin ? Avant d'écrire ce bouquin, on a mis en place chez Goodwill une méthodologie, puis on a commencé à accompagner nos clients. Puis au bout d'un moment, je me suis dit, tiens, ça vaut le coup d'écrire un bouquin sur ce qu'on fait. Parce que ça marche.
- Alan Fustec
Parce que ça marche, voilà. Et parce que c'est le sens de l'histoire. Donc d'abord, pour tes auditeurs, le point important sur lequel je voudrais insister... un peu en préambule, c'est que moi, je suis un homme d'entreprise. C'est-à-dire que je suis chef d'entreprise depuis... Enfin, je suis dirigeant depuis 30 ans, et puis je suis entrepreneur depuis un peu plus de 20 ans. Et donc, moi, ce qui me fait lever le matin, c'est de faire tourner une entreprise. Bon. Toutes les questions sociales et environnementales qu'on se pose par ailleurs... Ce sont des questions ultra prioritaires, bien sûr, parce que faire tourner une entreprise, ce n'est pas une fin en soi. Il faut que ça serve à quelque chose. Si le mode de fonctionnement d'une entreprise génère de la souffrance, du malheur et de la dégradation de l'environnement, il vaut mieux aller faire autre chose. Donc toute ma réflexion, c'est... Comment on arrive à faire en sorte qu'une entreprise soit un instrument utile et efficace pour conduire une transition écologique et sociale ? C'est ça mon point d'entrée.
- Diane CANTAN
Et c'est là où il y a le rapprochement avec moi, ma vision des choses côté marketing. C'est de se dire, si on développe une offre, si on lance un nouveau produit ou un nouveau service, il faut que ce soit en respect, évidemment, humain. C'est ça. d'un respect de prix du producteur, de toute la chaîne, on va dire. Mais en même temps, d'avoir en tête que c'est un respect de la planète avant tout. C'est ça. Et des ressources naturelles que la planète nous met à disposition.
- Alan Fustec
Absolument, parce que dans l'univers de ce qu'on appelle le développement durable ou de la transition, peu importe le terme employé, il y a une part non négligeable de la population Il fait un raccourci, de mon point de vue, bien sûr on a le droit de ne pas être d'accord, entre les dégradations de notre environnement et les souffrances sociales et le capitalisme. En disant en substance, arrêtons le capitalisme et on va régler le problème. Il y a une forme de capitalisme qui est ultra toxique, on est bien d'accord avec ça. Je serais d'accord avec le fait qu'on arrête cette forme-là de capitalisme. Mais dire qu'il faut tuer l'entreprise et que ça ira beaucoup mieux, là, je ne suis pas d'accord du tout. Le poste d'observation que j'ai sur tous ces sujets-là depuis une trentaine d'années me montre qu'en matière de mesures d'impact, je ne vois pas de différence entre les activités à but lucratif et les activités à but non lucratif. Celui qui vient et qui m'explique qu'une municipalité, qu'une association, qu'une entreprise d'économie mixte, peu importe, a des impacts sociaux et environnementaux plus faibles qu'une entreprise, alors celui-là, je l'écoute, mais il faudra qu'il m'apporte des chiffres, parce que moi, je n'ai pas du tout de résultat qui me montre que les entreprises ont des impacts environnementaux et sociaux plus graves et plus forts. que le reste des activités économiques qui sont d'origine publique ou parapublique. Ça, c'est déjà un premier point. Après, une fois qu'on a dit ça, ce n'est pas parce que les autres ne font pas mieux qu'on doit se contenter de ces impacts épouvantables. La question est sur la table, comment est-ce qu'on fait pour qu'une entreprise devienne à la fois résiliente, c'est-à-dire quels que soient les bouleversements qui sont annoncés, l'entreprise reste vivante, et deuxièmement soutenable, c'est-à-dire qu'elle fait sa part. C'est ça la vraie question. Et juste pour revenir sur l'étude dont on a donné un chiffre clé tout à l'heure, j'en donne un deuxième. C'est que dans cette étude, on a fait un autre calcul avec notre méthode de triple comptabilité. Donc ça, ça s'est fait chez Kerlotec et chez Goodwill. C'est qu'on a calculé l'empreinte environnementale, je devrais dire la dette environnementale, de toutes les entreprises françaises. Et ça, c'est une première. Personne n'avait jamais fait ça. Alors, je ne vais pas rentrer dans les détails de comment on fait ça en comptabilité environnementale, mais le résultat des courses, c'est que si toutes les entreprises du monde fonctionnaient comme les entreprises françaises, on aurait besoin d'une planète trois fois plus grosse. Voilà. C'est-à-dire que quand on prend...
- Diane CANTAN
Et ça, tu n'as pris que les entreprises françaises ? Donc si on prend les entreprises américaines... Ah ben c'est plus grave.
- Alan Fustec
C'est nettement plus grave. Quand on alloue aux entreprises françaises un quota de limites planétaires, on se rend compte qu'elles explosent en moyenne trois fois leur quota. Voilà. Donc ça veut dire trois planètes ou une planète trois fois plus grosse. Donc aujourd'hui, voilà, l'équation, elle est simple. La façon dont fonctionnent les entreprises françaises n'est pas du tout soutenable. Alors après, on peut dire bon, ben, c'est pas grave. Ben si, parce que de toute façon, on va aller respecter les limites planétaires.
- Diane CANTAN
À un moment donné, ça va s'arrêter. Il y aura des faillites.
- Alan Fustec
Il va y avoir des tas de problèmes divers et variés. Et donc, n'ayant pas été capable de piloter... le respect des limites planétaires, on va le subir. Et ça va être beaucoup plus douloureux. Donc ça, c'est le point de départ. Et deuxième petit constat de ce que j'ai fait jusqu'à aujourd'hui, c'est que la RSE que j'appelle 1.0, c'est-à-dire la RSE réelle et sérieuse où on s'engage, où on fait les choses avec beaucoup de sincérité, etc., en grosse moyenne française, elle permet de réduire ses impacts. de l'ordre de 20%, 30% par vente arrière, alors qu'il faudrait les diviser par 3. Donc on a un vrai problème. Et du coup, la stratégie du Y, c'est quoi ? C'est de proposer aux entreprises une solution pour y aller. Une solution qui, premièrement, vient de gens qui savent de quoi ils parlent en matière de direction d'entreprise, qui leur dit, première priorité, la résilience. C'est-à-dire que comment on fait pour que l'entreprise reste en vie dans un monde à plus de degrés ? Rien que ça déjà. Comment on fait ? Parce que ça ne va pas être si simple que ça. Et puis ensuite, comment on fait pour, deuxièmement, faire sa part, être soutenable, c'est-à-dire respecter les limites planétaires ? Alors en fait, le constat que j'ai fait au cours des 20 dernières années, c'est que quand on dit à un dirigeant « tu dois mettre en place une démarche RSE » , globalement parlant, il peut n'être pas d'accord, mais il n'y a rien qui s'oppose à ce qu'il le fasse. Et donc, de plus en plus, on l'a dit tout à l'heure de dirigeants, le font de bon cœur, tant mieux. Bon, très bien. Simplement, là, ce qu'on dit aux dirigeants, c'est avec la démarche RSE que tu mets en place, tu vas faire moins 20% sur tes impacts. Bravo, c'est déjà pas si simple, sauf que c'est pas suffisant. Et pour passer à un respect des limites planétaires, il faut que tu transformes ton modèle économique. C'est-à-dire que, par exemple, si tu es... Une entreprise qui... Comment... Si tu es une entreprise qui fait de la fast fashion, voilà, il faut que tu arrêtes. Ça ne veut pas dire que tu dois arrêter de faire du vêtement, mais il faut arrêter de faire du vêtement qu'on change tous les six mois. Voilà.
- Diane CANTAN
Et si tu vends des produits alimentaires...
- Alan Fustec
Carnés.
- Diane CANTAN
Carnés.
- Alan Fustec
Eh bien, il faut que tu réduises. Alors, il ne faut pas que tu supprimes parce que de la viande, on en a besoin. Ne serait-ce que pour faire tourner l'agriculture. Une agriculture fondée exclusivement sur du végétal, ça ne marche pas. Donc il y a besoin de production animale. Et puis c'est agréable de manger de la viande. Donc il n'y a aucun problème pour rentrer dans les limites planétaires en gardant une agriculture qui fait de la production animale et végétale. Sauf que la quantité... de production animale, il faut la réduire fortement.
- Diane CANTAN
C'est la proportion qui va changer.
- Alan Fustec
C'est la proportion qui change. Bon, très bien. Donc voilà. Et donc ça veut dire qu'à un moment donné, on va dire à une entreprise agroalimentaire, il faut réduire la proportion des produits carnés que vous vendez. au profit de produits basés sur des végétaux, pour rentrer dans les limites plein des terres. Bon, alors là, ça commence à secouer un peu le cocotier, parce que pour généraliser ce propos, on dit à un dirigeant, jusque-là, tu fabriquais des bidules jaunes, bon, et puis à partir de... Tu ne vas pas pouvoir continuer comme ça. À partir de maintenant, il faut que tu fabriques des machins bleus. Voilà. Alors le bidule jaune, le dirigeant, il dit, ça, c'est quand même mon fonds de commerce. C'est ça qui me fait vivre. C'est ça qui me permet de payer les salaires à la fin du mois. Et toi, tu me dis qu'il faut que j'arrête ça, au moins partiellement. Peut-être des bidules jaunes et bleus, mais quand même beaucoup de bleus tout d'un coup. Et qui est-ce qui va m'acheter ces machins bleus ? On me connaît pour mon excellence dans le bidule jaune. Donc, je ne veux pas. de ta proposition. Parce que je me trouve dans une situation de dilemme irréconciliable entre, petit 1, je respecte les limites planétaires et je tue ma boîte, ou petit 2, je maintiens ma boîte et je respecte pas les limites planétaires. Désolé, mon choix est fait, je suis chef d'entreprise, je donne la priorité à ma boîte. Et celui qui ne comprend pas ça, il comprend rien. parce que c'est quand même la moindre des choses. Les gens ne sont pas prêts à se faire harakiri. Et les grands donneurs de leçons écologistes, quand on voit effectivement leur propre renoncement, on est parfois surpris, ils ne sont pas si importants que ça.
- Diane CANTAN
Du coup, ça fait un peu écho, si je reprends une citation du livre, où tu dis en RSE 2.0, l'entreprise se fixe un nouvel objectif qui va de pair avec sa nouvelle offre respectueuse des limites planétaires. Cet objectif est ambitieux, induire chez ses clients des changements de comportement. Ce point est probablement le plus important de la RSE 2.0 et c'est aussi du marketing. Et c'est un peu ça, c'est complètement l'exemple que tu cites, de dire on doit renoncer à quoi ? C'est ça. En tant que chef d'entreprise et potentiellement aussi en tant que client, qu'on soit un client B2B ou un client B2C, on aura à renoncer à une certaine offre ou à expliquer une nouvelle.
- Alan Fustec
C'est ça.
- Diane CANTAN
Ou à vouloir aimer une nouvelle.
- Alan Fustec
C'est ça. Et donc si tu mets sur le marché demain des machins bleus, ton client il dit j'en veux pas. Voilà, moi je te connais pour tes bidules jaunes et j'adore tes bidules jaunes, donc je veux pas de tes machins bleus. Et donc ça veut dire qu'il y a un défi marketing énorme, qui peut prendre des années, c'est de faire comprendre au client l'intérêt du machin bleu. Bon, alors du coup ça explique pourquoi la stratégie en question ressemble à un Y, c'est-à-dire qu'on dit au dirigeant, bon ben... Donc on est d'accord, tu ne vas pas te faire harakiri, personne ne te demande ça, tu as une activité historique, c'est les bidules jaunes. Bon, tu continues à faire du bidule jaune, voilà, parce que c'est ça qui te permet de vivre, tu vas continuer un certain temps, et tant qu'à faire sur ton activité historique, tu vas mettre en place la démarche RSE, que j'appelle maintenant RSE 1.0. Tu vas mettre en place ta démarche RSE 1.0, une démarche RSE, excusez-moi, 1.0, la plus exigeante possible. Et tu sais que grâce à ça, tu vas faire moins 10, moins 20, moins 30%, peut-être moins 40% dans certaines activités, etc. OK, super, très bien. Et puis, on ne s'arrête pas là. En même temps, Sur ton activité historique, tu vas faire pousser un petit bourgeon comme un bourgeon sur un tronc d'arbre, qui est une nouvelle activité pour fabriquer des machins bleus. Et donc, dans le bouquin, pour se marrer, on a appelé ça un canal hystérique. Donc, il y a le canal historique, c'est que tu continues de faire ce que tu as toujours fait, et tu vas créer un canal hystérique. Pourquoi hystérique ? Parce qu'au début, c'est un peu frappadingue. c'est... L'entreprise de café qui dit « moi j'arrête le café » ou l'entreprise qui produit du pâté de cochon qui dit « j'arrête le pâté de cochon » ou l'entreprise qui fait de la fast fashion qui dit « j'arrête la fast fashion » . Et on part sur radicalement autre chose. Et donc au début, c'est un petit peu délirant, un peu tout fou, un peu taré, un peu à l'ouest. Mais l'avantage de cette option, c'est que finalement, la branche hystérique improbable au démarrage, qui a deux objectifs. Pas un seul. Premier objectif, je suis résilient à 20-30 ans. C'est-à-dire comment je fais en sorte que ma boîte reste vivante à 20-30 ans, quelles que soient les conditions de température et de pression. Donc le pétrole passe à 200 dollars, comment je fais ? Moi je pose à mes clients les questions. Le pétrole est à 200 dollars demain, est-ce que ta boîte tourne toujours ? Ah ben non, elle est morte. Ah bon, alors on fait quoi ?
- Diane CANTAN
Oui, parce qu'il y a certaines entreprises, le volume, le montant en énergie, en chauffage ou en électricité est hallucinant.
- Alan Fustec
Tu fais du bâtiment, demain tu as le mètre cube de béton, le prix est multiplié par 4. Tu fais comment ? Ça marche toujours ta boîte ? Non. Alors si tu passes au bois, c'est plus cher. Maintenant, imagine que le prix du bois soit multiplié par 4. Parce que bien sûr, maintenant, il y a une ruée sur le bois pour plein de choses, au nom de la transition. Donc le prix du bois flambe. Donc, alors...
- Diane CANTAN
Avec le risque de la déforestation derrière qui n'est pas... Voilà, voilà, voilà.
- Alan Fustec
Donc, ah bon, alors il faut que je construise en terre crue. Mais alors... Alors ça, c'est hystérique. Parce qu'un mur porteur en terre crue, c'est pas évident à construire. Ça existe, hein. Donc on commence à explorer des voies. qui sont des voies improbables, de tarés un peu. Et puis, bien sûr, quand on explore des voies improbables et de tarés, la première étape, c'est qu'on se plante. Donc, on trouve un truc qui ne marche pas. Donc, il ne quitte pas le stade de la R&D. Après, on rencontre des problèmes de fabrication. Après, on commence à avoir un truc qui commence à tenir debout. On se dit génial. Bon, ah oui, sauf que les clients, ils n'en veulent pas. C'est ça,
- Diane CANTAN
après, il faut le vendre.
- Alan Fustec
Et après, il faut le vendre. Donc ça veut dire que le canal historique, il prend un certain temps pour trouver sa voie, évidemment. Et donc à partir du moment où on a commencé à trouver sa nouvelle voie, c'est là qu'on fait la bascule entre la branche historique du Y et la branche hystérique. Et petit à petit, c'est la branche hystérique qui devient respectable, et qui permet à l'entreprise de subsister, compte tenu des bouleversements annoncés dans le futur. et avec un respect des limites planétaires.
- Diane CANTAN
D'où l'intérêt de s'y prendre dès maintenant, plutôt que de commencer quand tu seras vraiment au pied du mur et qu'il n'y aura plus de choix.
- Alan Fustec
Commencer quand tu es au pied du mur, ça veut dire que tu ne fais rien. Pour arriver à faire une mutation de cette nature, c'est-à-dire le canal hystérique, pour qu'il cesse d'être considéré comme foufou, il faut dix ans. Mais il faut dix ans avec de la ténacité. Avec des ressources, avec des budgets, voilà. Et donc c'est pareil, moi je dis à mes clients, si vous avez un actionnaire qui vous demande une maximisation du retour sur capitaux investis, et bien votre canal hystérique, vous n'allez pas pouvoir le conduire. Ce n'est pas possible parce qu'il y a une partie de votre rentabilité d'aujourd'hui qu'il faut injecter là-dedans, pour pouvoir effectivement préparer l'avenir à long terme.
- Diane CANTAN
Et alors ça, est-ce que les actionnaires dans le morde sont prêts ?
- Alan Fustec
Ça dépend lesquels. Les fonds, aujourd'hui, globalement, non. Des actionnaires familiaux, etc., beaucoup plus à l'écoute.
- Diane CANTAN
Oui, parce que c'est la réalité long terme et non pas juste une réalité court terme avec un sortement d'actionnaires.
- Alan Fustec
Quand tu as un fonds qui a un objectif de sortie dans... qui a investi il y a deux ans, qui a un objectif de sortie dans trois ans, il ne peut pas écouter ce discours. Il ne peut pas écouter ce discours. Voilà. Donc, en fait, et l'autre chose qui est importante dans cette logique de stratégie du Y, c'est de dire qu'on fait des plans à 15 ans. On ne fait plus des plans à l'horizon d'un plan stratégique. Moi, on m'a demandé de faire des plans à 5 ans, même des fois des plans à 3 ans. Mais pour faire muter une entreprise, ça prend beaucoup plus de temps que ça.
- Diane CANTAN
Alors, ça prend du temps forcément sur des entreprises qui vont être de type... Vente de produits avec une usine, avec de la production, avec des achats de matières premières. Quand on est sur des entreprises de service ou des entreprises où il y a un intellectuel, comment tu vois les choses ? Parce qu'il y a les entreprises qui vont se dire, moi je suis déjà au taquet côté RSE avec ton niveau 1.0. Finalement, je n'ai pas forcément de canal. Hystérique parce qu'en fait, je vends du service, je ne coûte pas grand-chose.
- Alan Fustec
Oui, mais tu le vends à qui ton service ? C'est-à-dire que dans le point de départ de tout ça, c'est une méthode de comptabilité qui permet de regarder tes impacts globaux, c'est-à-dire c'est tes impacts directs et tous tes impacts indirects amont et aval. Quand on parle bilan carbone, on parle du scope 1, c'est l'impact direct, et puis du scope 2, c'est la fourniture d'énergie, et puis du scope 3, c'est toute la chaîne de valeur amont et aval. En triple comptabilité, on fait du bilan carbone, plus du bilan eau, plus du bilan matière première, plus du bilan artificialisation des sols, plus du bilan déchets, plus du bilan biodiversité. Et donc, on a un scope 3 sur l'ensemble. Et donc, l'entreprise qui fait du service, pour qu'elle respecte les limites planétaires, il faut qu'elle le respecte sur les trois scopes. Et donc, ça veut dire que tu fais du service pour qui ? Si tu fais du service pour des activités qui respectent pas les limites... Enfin, si tu prestes des services pour des entreprises ou pour des particuliers... où il n'y a pas de respect des limites planétaires, tu ne peux pas te dire, moi, un pack direct, je suis bon, donc je n'ai pas de problème. Et donc, c'est pour ça que c'est difficile. C'est le scope 3 qui fout la merde.
- Diane CANTAN
C'est ça. Et après, c'est dans ton analyse de risque avec le Pestel, finalement, c'est la partie économie et sociologie qui peut faire bouger ces boîtes de services.
- Alan Fustec
C'est une modification de mode de pensée. Ce que tu parles de l'approche Pestel, c'est de dire, ça c'est quand on fait l'étude prospective à 15 ans ou à 20 ans, on regarde tous les facteurs qui sont susceptibles de mettre l'entreprise en danger sur la longue période. Et donc, on prend une approche Pestel, c'est-à-dire, il y a des facteurs qui peuvent mettre l'entreprise en danger politique. On vit une période qui le montre, réglementaire, parce que... Et plus en plus,
- Diane CANTAN
la CSRD en est un exemple.
- Alan Fustec
La CSRD en est un exemple, les ZFE, on en parle un petit peu en ce moment, le zéro artificialisation net, puis il y a d'autres facteurs réglementaires qui peuvent jouer un rôle important. Il y a des facteurs sociétaux, c'est-à-dire la société civile qui veut plus de ceci ou qui veut plus de cela. Il y a des facteurs technologiques. On voit bien en ce moment avec l'intelligence artificielle qui émerge de partout, il y a des facteurs environnementaux, c'est-à-dire ceux dont on a parlé tout à l'heure sur les métaux, sur la rareté de certaines matières premières, de l'énergie, de l'eau, on va manquer d'eau, et les questions de changement climatique avec toutes les conséquences que ça peut avoir. Donc il faut regarder tout ça, et il faut regarder tous ces facteurs. et se dire, dans tous ces registres-là, quels sont les sujets qui peuvent venir percuter très violemment mon activité historique. Et ça,
- Diane CANTAN
est-ce que le dirigeant a suffisamment de recul ? Ou est-ce qu'il y a forcément besoin d'un œil extérieur ?
- Alan Fustec
Sur le plan méthodo, non, ce n'est pas une question de recul. Le recul, il est là. Enfin, je ne dis pas que le recul est toujours là. mais le dirigeant qui a envie de se projeter sur la longue période est capable d'identifier un certain nombre de menaces par contre sur le plan méthodologique pour en faire quelque chose des menaces identifiées déjà pas en oublier une importante et ensuite en faire quelque chose là il peut y avoir besoin d'un coup de main parce que dans le bouquin c'est toute la partie études prospectives avec le modèle de calcul etc où on arrive à la fin de la journée à dire, bon, à horizon de 10 ans ou de 15 ans, tu as X% de ton chiffre d'affaires que tu ne feras vraisemblablement plus.
- Diane CANTAN
Ça veut dire comment j'arrive à le compenser ? Et donc,
- Alan Fustec
comment tu le compenses ? Avec une activité, je reviens sur mes deux piliers de tout à l'heure, résiliente, c'est-à-dire celle-là, elle tiendra la marée sur la longue période, et soutenable. Tant qu'à faire, on va fabriquer une activité qui respecte les limites planétaires. Et donc, tu sais, dans le livre, on dit, quand on fait l'analyse Pestel, donc les facteurs politiques, économiques, sociaux, sociétaux, technologiques, environnementaux, etc., nous, on en tire des paramètres qu'on appelle les what-if. Donc, what-if, c'est...
- Diane CANTAN
C'est ça que j'aime bien, entre ton canal historique, le hystérique, il y a le what-if, et après, il y a le...
- Alan Fustec
Ben donc !
- Diane CANTAN
C'est ça !
- Alan Fustec
Ben oui, il vaut mieux rigoler de tout ça ! Donc en fait, le « what if » , c'est important, le mot est important, même si c'est un anglicisme, le mot est important. La question n'est pas de prédire l'avenir. Parce que personne ne sait faire ça. La question, c'est de trouver un paramètre qui est susceptible de devenir handicapant dans le futur. Et donc c'est, qu'est-ce qu'on fait si ? On ne sait pas si le pétrole sera à 200 ou à 300 dollars. Aujourd'hui, la projection à horizon 2030 du pétrole, selon l'Agence internationale de l'énergie, c'est 72 dollars le baril. Donc pourquoi s'inquiéter ? Parce que la demande a du mal à baisser. et que les ressources, par contre, elles sont au taquet.
- Diane CANTAN
Et qu'il peut y avoir d'autres problématiques politiques.
- Alan Fustec
Ou géopolitiques, tu as tout à fait raison. Et donc, c'est peut-être pas débile de se demander qu'est-ce qui se passerait si le pétrole arrivait à ce niveau-là. De la même façon que dans toutes les entreprises que n'importe qui visite, il y a des extincteurs, on est d'accord que la probabilité qu'il y ait un incendie, elle est faible. Mais il n'empêche que les gens n'attendent pas que l'incendie soit là pour mettre des extincteurs. Donc là, c'est pareil. Ce n'est pas de dire que la probabilité que ça se produise est tellement faible que ça ne vaut pas le coup de s'en inquiéter. Non, non. Il vaut mieux regarder parce qu'en plus, la probabilité n'est pas si faible que ça. Donc, qu'est-ce qui se passe s'il y a X% de la population française en plus au SMIC ? Donc, what if SMICardisation de la France ? What if pétrole à 200 dollars ? What if pénurie d'étain ? What if l'étain, ça sert à faire des, comment dirais-je, des soudures sur les cartes informatiques ? Bon, il n'y a plus d'étain, on va être embêtés quand même. Et rien que ça, ça peut faire une inflation du prix de l'informatique épouvantable. Bon, et donc on prend toute une liste comme ça et on dit, bon ben, ce risque-là, finalement, je le voyais très gros. Et puis, ben non... Ça va, même pas mal. Il est plutôt raisonnable. Même pas mal, voilà. Celui-là, par contre, je ne l'ai pas vu venir. Oh là là, mais si ça se produit, je suis mort.
- Diane CANTAN
Dans le BTP, par exemple.
- Alan Fustec
Ben oui, voilà, explosion du prix du béton, on va vers une pénurie de sable. On n'aura plus de plage en 2100. Tellement, on extrait du fond de la mer neuf fois le tonnage de pétrole tous les ans. Quand on prend tous les millions de barils de pétrole qu'on fait sortir de la croûte terrestre, ce poids-là, on le multiplie par 9 et ça vous donne la quantité de sable qu'on extrait du fond de la mer. Et donc on en extrait tellement que, bien sûr, le sable qui est sur les plages, il a tendance à partir vers le fond et qu'il n'y aura plus de plage en 2100. Donc avant qu'il n'y ait plus de plage, on aura un problème de rareté de la ressource en sable. Et on ne peut pas prendre le sable des déserts parce qu'il est trop lisse. Il faut prendre du sable marin pour faire des parpaings.
- Diane CANTAN
Ça sous-entend qu'on peut imaginer une autre innovation, X ou Y, à la place du sable et tout ça.
- Alan Fustec
Et là, c'est tout le débat qu'il y a entre les tenants de l'approche low-tech et les tenants de ce qu'on appelle un peu le techno-solutionnisme. Un peu un barbarisme, mais enfin bon, c'est comme ça qu'on dit. C'est-à-dire des gens qui disent, non mais vous inquiétez pas, on trouvera des solutions. Bah ou pas. Et c'est pareil. Mais franchement, tant mieux si on trouve des solutions high-tech. C'est génial. Moi, je suis pour la high-tech. C'est simplement, what if on n'en trouve pas ? Bah, t'as rien, t'as pas vu le coup venir. Oui,
- Diane CANTAN
t'as pas ton plan B ou ton plan C, il faut l'anticiper. Et ben voilà,
- Alan Fustec
c'est juste ça. C'est ça l'idée. Et donc, il ne s'agit pas de dire la low tech, c'est bien, et puis la high tech, c'est mal. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est d'abord, est-ce que les technologies qu'on développe respectent ou non les limites planétaires ? Et si vous avez une low tech qui ne respecte pas les limites planétaires, alors qu'une high tech les respecte, il faut prendre la high tech. Personne ne reviendra à la locomotive au charbon. Premièrement. Et puis, deuxièmement, il y a le... Le fait d'arriver à trouver la solution qui va bien pour devenir antifragile, que l'entreprise devienne antifragile. Et ça peut être une solution high-tech, mais si on ne la connaît pas. On n'a pas l'ombre d'une idée de comment... Peut-être que ça vaut le coup de dire, en attendant, on va trouver une solution. On va déjà identifier une solution qui marche. Et donc, tout ça, c'est ce qu'on met dans le canal hystérique. Et on ne met pas la boîte en danger, puisqu'elle continue de fonctionner sur son canal historique. Et c'est ça qui lui permet de vivre, tout simplement.
- Diane CANTAN
Ce qui sous-entend quand même, parce qu'il y a une partie... équipe que l'on va dédier à ce canal hystérique en réflexion, en travail, en projet. Il y a aussi toute une partie R&D, une partie financière. Tu citais tout à l'heure d'avoir les fonds, les banques qui suivent ou les actionnaires. Ça nécessite un petit peu de préparation et d'anticipation. Mais toi, tu as des exemples d'entreprises qui ont commencé déjà à basculer, que tu as envie de citer ?
- Alan Fustec
Alors, des entreprises qui ont commencé à basculer, je vais en citer un petit nombre. Je vais en citer un petit nombre que l'on accompagne. Je suis très fier d'ailleurs de les accompagner. Je pense qu'elles seront fières que je les cite, si je ne pense pas qu'elles me reprochent de l'avoir fait.
- Diane CANTAN
Tu me diras sinon on coupera.
- Alan Fustec
Non, non, non, il n'y aura pas de coupure. On travaille sur une stratégie du Y. Avec l'entreprise ENAF. Gros challenge. Agroalimentaire en Bretagne, modèle économique, canal historique sur le pâté ENAF. Donc, tu vois le challenge. Je vois bien. Voilà. Je travaille sur une stratégie du Y avec une entreprise générale de bâtiments magnifiques. C'est toutes des boîtes magnifiques. qui s'appelle ERB, qui se trouve à côté d'Angers, qui construit des immeubles. Et donc là, gros challenge parce que c'est béton plus plus. Donc, quand on comprend ce qu'on vient de dire sur le sable, on se dit, il y a un vrai challenge. Je travaille sur une stratégie du Y avec une entreprise. qui est dans le nord de la France, qui est une filiale du groupe Mobivia, qui fait de la réparation auto, qui s'appelle Carter Cash. Donc là, c'est pareil, c'est réparation de moteur thermique. Bon, alors comment on fait dans 30 ans ? En 2035, quand il n'y a plus d'interdiction des moteurs thermiques, vous voyez, tu vois. Voilà, donc en fait, oui, oui, j'en ai un certain nombre comme ça. Je peux citer aussi une boîte qui fait du café qui s'appelle Lobodis, le café Lobodis, on est en train de travailler sur sa stratégie du Y. Et donc ce qui est très intéressant...
- Diane CANTAN
Demain, il n'y aura plus de café ?
- Alan Fustec
Hein ?
- Diane CANTAN
Demain, il n'y aura plus de café ?
- Alan Fustec
En fait, je pense qu'il restera toujours du café, mais ça va être compliqué. Pourquoi ? Parce que les zones à long terme, mais le long terme arrive assez vite. Je pense que ça se rapproche. Parce que tu as vu que, par exemple, en 2024, on est déjà à 1,5 degré. Plus 1,5. C'était prévu pour un tout petit peu plus tard quand même. Moi, il y a deux ans, je disais, le plus 1,5, on l'aura en 2030, 2024. Ça fait mal. Donc, on a regardé avec Frédéric Lerebourg, qui est le patron de Lobodis, les zones qui deviennent inhabitables du fait du réchauffement climatique sont les zones où on cultive le café. Ça fait réfléchir. Voilà. Alors, il y a des petits malins qui vont dire, ouais, d'accord, mais donc, il y aura des zones qui vont devenir chaudes. Pour faire la récolte. Qui le sont moins aujourd'hui et où on pourra replanter du café. Bon, d'accord. Mais enfin, au bout d'un moment, tout ça pose quand même des petits problèmes au mode de fonctionnement des... des chaînes d'approvisionnement et de l'agronomie, etc.
- Diane CANTAN
Oui, et puis les déplacés climatiques, on n'a pas forcément parlé des droits sociaux, des droits humains ou de toute la complexité qu'il y a en France ou ailleurs.
- Alan Fustec
Donc, et le côté très intéressant de ce qui se passe en ce moment, c'est que, bien sûr, c'est ultra minoritaire. Mais il y a un certain nombre de dirigeants qui se disent « j'ai conscience que le modèle économique sur lequel je fonctionne depuis des décennies… » « Doit changer. » « Il est en grand danger à horizon de 10 ans ou de 20 ans. » Et en fait, c'est un moteur de bifurcation qui, c'est peut-être malheureux de le dire, mais qui est plus important que le fait de dire, oh là là, la planète est en train de bouillir, de se dégrader, etc. C'est comment je reste en vie. Maintenant, si on se dit, l'objectif c'est petit 1 de rester en vie, et petit 2... de devenir une entreprise réellement soutenable, qui montre que c'est possible aux autres et qui rentre dans les limites planétaires, tout va bien. Et donc, il y a un petit mouvement qui est en train de grandir et c'est très, très bien.
- Diane CANTAN
Si j'essaye de faire un peu le rapprochement avec le marketing ou avec la com... forcément on est dans un autre imaginaire, on est dans un nouveau récit, tu le cites à plein de reprises aussi dans le livre, qu'il y a un enjeu, marketing, de changement de consommation, de changement de mode, ou de proposer, de pédagogie, de tout ça,
- Alan Fustec
comment tu vois un peu la chose ? Pour nous, marketeurs, bien sûr, mais pour les gens qui font du marketing et de la communication, Il y a matière à être excité comme des puces, là. Parce que...
- Diane CANTAN
Je ne sais pas si on est super excité comme des puces.
- Alan Fustec
Non, non, mais je veux dire, on voit qu'il faut rendre... Déjà, il faut inventer des nouveaux imaginaires.
- Diane CANTAN
Ça, on est d'accord.
- Alan Fustec
Il faut inventer des nouveaux imaginaires. Dans ces nouveaux imaginaires, il y a une question de beauté. Il faut que ce soit beau. Pour que ce soit... enviable. Pour que ce soit désirable, il faut que ce soit beau. Donc, fabriquer des belles choses. Ça prend plus de temps de fabriquer des belles choses, donc on en fabrique moins. Donc, il y a une question de ralentissement. Il y a une question de renoncement à des choses qui ne sont pas essentielles. Mais ce n'est pas facile de mettre tout ça en musique alors que depuis des générations, on est complètement matraqué par la 2G, la 3G, la 4G, la 5G, la 6G, l'intelligence artificielle, la high-tech de partout, les robots, enfin bref. Donc il y a un nouvel imaginaire à inventer, premièrement. Et puis deuxièmement, il y a ce nouvel imaginaire, il faut réussir à y faire adhérer. Les gens. C'est du marketing, ça.
- Diane CANTAN
Tout à fait.
- Alan Fustec
Il m'a bien semblé. Mais je trouve que c'est très réjouissant et noble de se dire, tiens, plutôt que de faire du marketing qui va avoir pour effet de faire en sorte que le consommateur du téléphone portable ait envie de changer son téléphone portable tous les deux ans, parce que c'est la fréquence de renouvellement aujourd'hui. je vais faire un marketing qui va donner envie aux gens de rentrer dans les limites planétaires. C'est quand même plus enthousiasmant.
- Diane CANTAN
C'est là où tu parles d'économie de fonctionnalité, d'économie de partage.
- Alan Fustec
Après, ça, c'est des modèles économiques. C'est-à-dire, tu peux avoir une approche modèle économique où tu te centres sur du vivant. C'est-à-dire, tu fabriques moins d'objets. Minéraux et plus d'objets organiques, premièrement. Deuxièmement, tu fabriques des objets frugaux, low-tech. Troisièmement, tu mets en œuvre l'économie de la fonctionnalité. Tu mets en œuvre des solutions de mutualisation. Il y a plein de solutions de modèles économiques qui peuvent être mis en œuvre, qui existent déjà, qui fonctionnent très bien, etc. Sauf que les gens ne sont pas habitués, n'y ont pas recours. Et puis, ce n'est pas ça qu'on essaie de leur vendre. Le marketing ne les pousse pas vers là. Donc, il y a plein de choses qui sont existantes et qui ne demandent qu'à être développées. Et après, il y a la question de, justement, la vocation du marketing, c'est de rendre tout ça désirable. Et voilà, c'est un beau challenge. pour les marketeurs et les clients. C'est ça,
- Diane CANTAN
je pense qu'on accepte volontiers ce challenge parce qu'on est aussi de plus en plus enclin à voir ce monde qui bouge et à se dire qu'on est au cœur de la machine dans l'entreprise. Et on a envie de faire évoluer les choses dans le bon sens pour le respect et la viabilité de la boîte, finalement.
- Alan Fustec
Et tu vois que ça nous amène sur des conclusions qui sont... Un peu différente de ce qu'on entend souvent, c'est-à-dire l'entreprise c'est mal, donc on tue l'entreprise ça ira beaucoup mieux, d'accord, pas sûr. Le marketing c'est mal, puisque le marketing est corrélé très fortement à la société de consommation. Ah oui, ça c'est sûr qu'il faut remettre en cause la société de consommation, mais le marketing non, il faut rendre désirable des choses qui aujourd'hui ne le sont pas.
- Diane CANTAN
C'est ma vision aussi du marketing durable. Voilà,
- Alan Fustec
c'est ça. Et donc, pour moi, le marketing responsable ou le marketing durable, c'est moins de faire des plaquettes sur du papier recyclé et des sites Internet à faible empreinte carbone, etc. Je ne suis pas en train de critiquer ça. C'est très bien de le faire, il faut le faire. Mais l'essence du truc n'est pas là. Le marketing responsable, c'est pas ça. Si ça n'est que ça, ce n'est pas très excitant. Par contre, donner envie à des gens de retourner à l'essentiel, d'avoir plus de temps pour eux, d'utiliser moins de gadgets, et puis de payer plus cher un truc qui va durer dix ans, ce n'est pas facile. Mais c'est parce que ce n'est pas facile que c'est intéressant.
- Diane CANTAN
Oui, mais c'est tout là. Cette notion, et c'est là où nos deux façons de penser se rejoignent, c'est que tu as la vision globale et long terme de l'entreprise et de ta stratégie du Y. Et au final, quand j'aborde les axes avec mes clients ou de la façon dont je vois le marketing durable, c'est repenser l'offre et donc le challenger. l'offre existante. C'est ça. Et ce n'est pas que challenger le site Internet, les goodies qu'on va faire dans l'événementiel. Il faut le faire aussi parce que c'est cette Ausha. Bien sûr. Parce qu'au final, tu re-challenges ton cycle de vie du produit, ton produit en lui-même, ta gamme de produits ou de services qui sont associés ou d'y associer des services de location, de gestion, de durabilité de ton produit ou de faire les choses un peu différemment.
- Alan Fustec
Et quand tu as trouvé ta nouvelle offre qui... coche toutes les cases, respecte les limites planétaires, rend le service qui est attendu par l'utilisateur, et bien là, le gros challenge, c'est donner envie.
- Diane CANTAN
Et c'est là où c'est un risque. Est-ce que le marketeur aujourd'hui est prêt à prendre ce risque ? Ou est-ce que la direction marketing est prête à prendre ce risque ? Ou est-ce que le dirigeant d'entreprise, en fonction des différents niveaux, sont prêts à prendre ce risque ? Alors qu'on est là en début d'année, donc on a les objectifs de l'année 2025, en disant tiens, tu as ton budget, je te redonne le même budget, ou je te fais un moins 10, moins 20. Par contre, il faut qu'en termes d'objectifs, de chiffres, de ventes, de nouveaux clients, de fidélisation, on soit à plus, etc. Donc c'est aussi comment changer finalement les indicateurs que l'on suit, comment changer cette mentalité. En fait,
- Alan Fustec
le... Sur le canal historique, on ne change rien. Enfin, on ne change rien. Idéalement, quand même, on change des trucs. Mais on maintient finalement le fonctionnement traditionnel de l'entreprise. Et donc, idéalement, la directrice ou le directeur marketing se trouve lui-même avec un plan annuel qui a la tronche d'un Y. C'est-à-dire qu'il a son plan marketing historique. Et donc là, on en revient à... plus X% de ceci et telle campagne de promotion de cela, enfin bon bref. Et puis dans son plan de l'année, il a aussi son petit canal hystérique, c'est-à-dire justement on va passer à un produit un peu foufou, et puis on va tester, et puis on va voir comment on peut intéresser des clients, ce produit-là on va l'offrir. à des clients qui vont l'utiliser et qui vont en dire du bien. Puis on va créer une petite communauté qui va se propager par capillarité, etc. Et puis on va faire naître un petit mouvement. Tout ça, ça va prendre trois ans. Et donc là, le responsable marketing a son propre canal hystérique.
- Diane CANTAN
Un nouveau projet à lancer, à suivre en co-construction avec ses parties prenantes.
- Alan Fustec
C'est là où on a essayé avec cette méthode d'être pragmatique. C'est de se dire, mais si encore une fois, on dit à un dirigeant, à un directeur industriel, à un directeur commercial, à un directeur marketing, « Bon, ben écoute, tu arrêtes ça et tu fais ça » , mais personne n'est d'accord. Donc, ça ne peut pas marcher. Ce n'est pas le bon discours. Ce n'est pas le fait que demain, tu arrêteras. C'est comme le cheval qui s'arrête devant l'obstacle. Ah ben non, je ne saute pas, là.
- Diane CANTAN
Je n'ai pas envie.
- Alan Fustec
Voilà, je n'ai pas envie. Je ne veux pas. Il y a trop de risques. Ça ne marchera pas. C'est sûr que ça ne marchera pas.
- Diane CANTAN
Ça, tu l'entends aussi. Il y a toute cette problématique de conduite du changement.
- Alan Fustec
Et c'est pour ça que le petit bourgeon sur le tronc, on va faire pousser un petit bourgeon, puis ça ne va pas marcher. Puis un deuxième, ça ne va pas marcher. Puis le troisième, ça marche. Et puis ça prend, et puis ça... Mais en attendant, l'entreprise n'est pas par terre.
- Diane CANTAN
Ça, c'est ta métaphore en tant qu'agronome, c'est ça ? C'est ça. Il faut bien qu'il y ait des petites choses qui reviennent à l'origine. C'est ça. Oui, plein de pistes qu'on vient d'aborder, plein de conseils, des méthodologies. Alors évidemment, il y en a plein de détaillés, avec beaucoup d'exemples dans le livre, donc il faut... Il faut le lire absolument. Est-ce que tu as d'autres choses que tu aimerais aborder avant qu'on attaque mes questions classiques pour les invités ?
- Alan Fustec
Peut-être le tout dernier point rapidement, c'est qu'on arrive à un moment dans la stratégie du Y où on se dit que l'entreprise doit muter. Donc à nouveau, le biologiste prend des références en biologie. Muter, la mutation, c'est sur des gènes. Donc ça veut dire qu'on identifie avec les dirigeants l'ADN de l'entreprise, les gènes importants de l'entreprise. Et on dit d'accord, mais sur ces gènes importants-là, quels sont ceux qui peuvent muter ? Sachant que les degrés de liberté de l'entreprise ne sont pas infinis. C'est-à-dire qu'avec un poisson qui mute, ne devient pas un oiseau. Enfin, pas tout de suite. Ça prend un peu de temps quand même. Par contre, un poisson qui mute, qui était carnivore, peut devenir herbivore, par exemple. Ça, c'est une mutation plus faible quand même. Donc en fait, on regarde l'ADN de l'entreprise, on regarde les gènes importants, et on dit, il y a des trucs qu'on va pouvoir faire muter, et d'autres, on ne va pas pouvoir faire muter. Donc, par exemple, une entreprise qui fait de la construction, on ne va pas lui dire, tu vas faire de l'agriculture. Mais on va lui dire, tu faisais jusque-là de la construction, peut-être maintenant tu vas faire de la rénovation.
- Diane CANTAN
Oui, ou tu utilises du béton et que tu peux choisir un autre matériel.
- Alan Fustec
Et donc, quelles sont les parties de l'ADN de l'entreprise qu'on fait muter pour inventer son canal hystérique ?
- Diane CANTAN
Et ça, c'est tout l'accompagnement que vous avez ? Et ça,
- Alan Fustec
c'est une phase très intéressante de la méthode O. Quand on commence à remettre l'ADN de l'entreprise sur la table et qu'on se dit, bon, alors, on va muter sur quoi ? Ça, c'est très intéressant. Et ce qu'il y a de rigolo, c'est que l'identification des gènes importants de l'entreprise n'est pas si évidente que ça.
- Diane CANTAN
Il y a des surprises,
- Alan Fustec
c'est ça ? Non, la première réunion, on dit, notre ADN, c'est premièrement, deuxièmement, troisièmement, quatrièmement. Tiens, je vais citer, ils seront d'accord. Je vais citer Carter Cash, j'en ai parlé tout à l'heure. On fait l'exercice avec Carter Cash. Et on se dit, Carter Cash, c'est quoi ? Gène numéro 1, c'est la mobilité, parce que c'est la réparation auto, mobilité. Gène numéro 2, c'est de la mécanique, voilà. Et gène numéro 3, c'est low cost. Parce que Carter Cash, c'est la filiale low cost de Mobivia dans laquelle il y a Noroto. Voilà, bon, trois gènes. On peut faire muter tout ça. Par exemple, on pourrait très bien dire, on arrête la mobilité. Mais on continue la mécanique. On va développer fortement la mécanique. Et donc du coup, tiens, par exemple, on va se mettre à faire de la maintenance, de la réparation sur des tondeuses à gazon, par exemple. Bon, par exemple. OK. Et bref, on fait au moins deux, trois réunions à se dire, alors, qu'est-ce qu'on va faire muter là-dessus, c'est quoi qu'on rajoute, c'est quoi qu'on enlève, sur ces trois éléments-là d'ADN. Et puis, au bout d'un moment, il y en a un qui dit, mais attends, il y a un quatrième élément de notre ADN qui est peut-être le plus important de tous, c'est que nous, en fait, on offre à nos clients de l'essentiel. Et en plus, ce qu'il y a de rigolo, c'est que dans Carter Cash, en bas, il y a marqué la baseline, c'est l'essentiel pour l'auto. Et en fait, l'élément le plus important, un élément très important de l'ADN de Carter Cash, c'est l'essentiel. Voilà. Et donc, on se dit, bon, mais alors donc, du coup, éventuellement, si l'automobile est menacée, peut-être qu'il faudrait qu'on fasse des choses de l'essentiel, mais pas mobilité. Tu vois ?
- Diane CANTAN
Là, ça va beaucoup plus loin. Ça ouvre le champ des possibles.
- Alan Fustec
Ça ouvre le champ des possibles pour faire des choses qui ne sont plus de la mobilité, mais qui restent des produits essentiels à pas cher pour des gens qui n'ont pas beaucoup d'argent.
- Diane CANTAN
Et qui reste dans l'ADN, finalement, de la boîte.
- Alan Fustec
Et qui reste dans l'ADN de la boîte.
- Diane CANTAN
D'où l'importance d'une baseline.
- Alan Fustec
Donc, tu vois qu'à un moment donné, on se dit, l'ADN, c'est ça. Et puis, tiens, on se rend compte qu'on a oublié des gènes.
- Diane CANTAN
Oui.
- Alan Fustec
Et après, on fait l'exercice de dire, c'est quoi qu'on fait muter ?
- Diane CANTAN
Vaste programme. Parce que quand tu parles de gènes, forcément... J'ai le lien direct avec le nom de mon podcast, Markoeur, parce qu'en fait tu l'écris à ma M-A-R-Q-U-E-U-R, voilà, Markoeur, en lien avec l'ADN, les gènes, exactement, et puis moi le jeu de mots que j'ai fait avec Markoeur, marketing avec le cœur. Est-ce que toi ça te fait penser à autre chose ce nom-là, Markoeur ?
- Alan Fustec
Comme ça, il est très explicite et il est bien choisi, mais non, pas nécessairement.
- Diane CANTAN
Pas de spécificité sur le nom. Est-ce qu'il y a un éco-geste que tu aimerais nous partager ?
- Alan Fustec
Perso, moi, je ne suis pas devenu végétarien, mais presque.
- Diane CANTAN
OK.
- Alan Fustec
Et ce n'est pas la peine de devenir végétarien, mais quand même, j'étais un gros viandard, quoi. Voilà. Et ça m'a... Ça m'a pris un petit moment, ça a été un effort. Parce qu'au début, quand il n'y avait pas de viande dans mon assiette, j'avais du mal. Et puis ça, c'est très intéressant, le cerveau s'habitue. Au bout d'un moment, tu n'en as absolument plus besoin. Donc c'est la période de changement qui est difficile, et puis après c'est bon. Donc j'incite beaucoup là-dessus. il faut 7 protéines végétales pour faire une protéine animale donc on voit bien la différence d'impact environnemental quand même mais par contre je reste je mange de la viande et j'adore ça c'est simplement que j'ai fait ma part là sur le sujet en question j'ai fait ma part J'ai dû diviser par 4.
- Diane CANTAN
C'est pas rien.
- Alan Fustec
Oui.
- Diane CANTAN
Et alors, pour terminer, est-ce que tu aurais un invité, quel tu penses, qui pourrait venir sur Markoeur, sur un prochain épisode ?
- Alan Fustec
Alors, un invité que tu pourrais faire venir, laisse-moi réfléchir 5 minutes. Si t'arrives à l'attraper, Philippe Biwix. qui vient de sortir une BD sur les ressources. Philippe, c'est lui qui m'a fait découvrir le concept de low-tech.
- Diane CANTAN
D'accord.
- Alan Fustec
Il a écrit « L'âge des low-tech » il y a dix ans à peu près. Et là, il vient de sortir une belle BD sur les ressources qui explique effectivement la finitude des ressources. Donc, tous les questions, par exemple, de... rareté des métaux, d'épuisement, etc. Il en parle mieux que moi, il est plus expert que moi là-dessus. C'est vraiment quelqu'un de très très bien, sa BD est super. Après, il est très demandé. Mais on peut tenter. Oui, oui.
- Diane CANTAN
Qui ne tente rien.
- Alan Fustec
Philippe Biouix, c'est une bonne... Ce serait... Une bonne idée. Loïc Henaf, ce serait pas mal.
- Diane CANTAN
Pour aborder justement le côté concret de changement, de transformation.
- Alan Fustec
De transformation de son entreprise.
- Diane CANTAN
Écoute, ça serait avec plaisir aussi, évidemment. Et alors, toute dernière question. Je promise, c'est la dernière. Parce que là, on est... largement... Non, mais c'est parfait. Moi, j'ai envie d'en savoir davantage. Et puis, je pense les auditeurs aussi, pour pouvoir rentrer un peu plus dans le concret. Si tu avais une baguette magique, je sais que Noël est passé, mais est-ce qu'il y aurait quelque chose que tu aimerais changer, modifier, en disant, allez, je claque des doigts et plouf ?
- Alan Fustec
La fusion nucléaire demain. Ça règle beaucoup, beaucoup de problèmes. Malheureusement, c'est une technologie qu'on appelle post-transition. C'est-à-dire qu'elle sera disponible après la période où il faut qu'on arrive à respecter un peu la planète. Si elle était là maintenant, ça permettrait de régler énormément de problèmes. Parce que c'est une énergie presque infinie, pas polluante. qui permettrait de dépolluer. Donc, voilà. Ma baguette magique, ce serait la fusion.
- Diane CANTAN
Est-ce que tu as envie d'avoir un mot de la fin ?
- Alan Fustec
Merci, Diane. Merci, Diane.
- Diane CANTAN
Merci beaucoup, Alan. Merci et à très vite. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout cet épisode. J'espère que mon invité ou mes invités vous ont inspiré et donné envie de passer à l'action. Alors, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute favorite. Vous pouvez évidemment me laisser un message sur LinkedIn ou Instagram en m'indiquant les sujets que vous aimeriez que j'aborde et les invités que vous aimeriez entendre. J'ai besoin de vos likes et abonnements pour faire connaître mon podcast. Alors, n'hésitez pas à en parler autour de vous et à partager sur les réseaux sociaux. Allez, je vous dis à très vite. Ciao !