- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Marker, votre podcast 100% marketing durable, car je suis convaincue que le marketing durable, c'est le marqueur de la bonne santé des entreprises. Le marketing, c'est le cœur de l'entreprise avec la proposition de valeur, des produits ou services. Et gérer des projets marketing avec le cœur nous emmène plus loin dans la formulation d'une offre qui fait sens aussi bien pour vos clients que pour vos collaborateurs. Je m'appelle Diane Cantan. Et après plus de 20 ans en marketing et communication digitale, j'ai décidé de partager ces convictions en réalisant des épisodes en solo ou avec des invités, où j'aborde les différents sujets de marketing durable, communication responsable, numérique responsable et plus largement des enjeux liés à la RSE. Il y a des messages LinkedIn qu'on ouvre sans trop savoir ce qu'ils vont donner. Et puis parfois, on tombe sur une belle découverte. C'est ce qui m'est arrivé avec Valérie. Elle m'a contactée pour me parler d'un livre qu'elle venait de co-écrire, la RSE Maîtriser, Comprendre, Agir, publié aux éditions Ellipse. Un ouvrage qui est assez dense, très bien structuré, très clair, qui remet les fondamentaux de la RSE au bon endroit et qui replace aussi les enjeux humains, économiques et culturels au cœur du sujet. Et du coup, en le lisant, je me suis dit oui. j'ai envie de le partager dans Marker. Ça aurait pu ne pas être le cas, mais si. Parce qu'on y trouve à la fois cette mise en perspective historique, des cas concrets d'entreprise, un modèle, the good proof, qu'on va aborder aussi. Une approche qui est finalement très pragmatique pour passer de l'intention à l'action et puis sans tomber dans cette fameuse case de greenwashing. Donc aujourd'hui j'ai le plaisir d'accueillir Valérie Jourdan pour parler de ce livre, de ce qui l'a inspiré, de la solitude parfois ressentie par ceux qui gèrent et qui portent la RSE en entreprise et en même temps quels peuvent être les leviers concrets pour rendre cette démarche à la fois utile, mesurable et inspirante. Bienvenue dans cet épisode de Marqueur. Bonjour Valérie.
- Speaker #1
Bonjour Diane.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'avoir accepté. Déjà de m'avoir envoyé le livre pour que je puisse le lire, comme ça j'ai apprécié. Et puis d'accepter qu'on puisse le partager dans cet épisode, sachant que l'an dernier, il y a eu un autre épisode avec
- Speaker #1
Philippe. Exactement.
- Speaker #0
Mais pas le même livre du coup, un autre essai sur la souveraineté, qui était aussi passionnant, nos échanges. Donc là je me dis, allez, j'enchaîne. Après le mari, la femme, quel beau couple.
- Speaker #1
En tout cas, on est complémentaires.
- Speaker #0
C'est ça. J'imagine que vous parlez un peu autre chose à la maison. Vous arrivez à couper ou c'est un peu compliqué ?
- Speaker #1
Non, chacun a son prix carré. Donc, il n'y a aucun souci pour parler d'autre chose et de vivre d'autres belles émotions.
- Speaker #0
Ça marche. Alors du coup, on s'était dit qu'on se tutoyait. Donc, il ne faut pas que je me plante.
- Speaker #1
Effectivement, ce sera plus confortable aussi, je pense, pour les auditeurs.
- Speaker #0
Alors, eh bien, ma première question, plus pour que justement les auditeurs puissent apprendre à te connaître un petit peu, quel est ton parcours avant qu'on arrive sur les raisons de l'écriture du livre ?
- Speaker #1
Alors, moi, mon parcours, il n'est pas atypique, je dirais, pas du tout. J'ai une formation en école supérieure de commerce. J'ai fait, dans la logique des années 90, un master, une spécialisation plutôt en finance audite. Donc, j'ai démarré ma carrière chez ce qu'on a appelé les Big Five, les Big Six, ce que vous voulez, qui était KPMG en l'occurrence. Et puis, de manière encore plus classique, j'ai été recrutée par un client. Donc, j'ai rejoint le groupe GFK, qui était un institut d'études et d'access panel, enfin, et de panel.
- Speaker #0
Et The Chef for Consumption.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
J'ai fait un style en Allemagne. Donc,
- Speaker #1
on se retrouve un petit peu. Donc, voilà, la maison mère était à Nuremberg.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. C'est là où j'étais.
- Speaker #1
Voilà, donc j'ai travaillé effectivement chez eux à la direction financière pendant à peu près 6-7 ans. Là, j'ai travaillé sur l'introduction en bourse du groupe JFK et puis aussi sur le rachat de plusieurs sociétés sous la houlette un peu de M. Hermé, qui était effectivement le manager à l'époque. J'ai rencontré mon mari à ce moment-là, chez GFK, qui lui faisait une thèse de doctorat sur la mesure de la brand value, de la brand equity. On se rejoignait un petit peu encore sur le volet finance, indicateurs, mesures, etc. Et puis, il m'a appris un petit peu plus le métier du marketing, on va dire. Pour pouvoir développer un petit peu son modèle de mesure de la brand equity à l'issue de sa thèse doctorale, on a fait le pari un peu fou de créer une entreprise au début de l'année 2000, au moment de la bulle Internet. Il faut le rappeler pour tous ceux qui ne connaissent pas cette période. Ça paraît tellement évident,
- Speaker #0
mais oui.
- Speaker #1
C'était en 2000. donc c'est quelque chose je dirais qui nous a peut-être sauvé dans le sens où on n'a pas levé de fonds. Et le meilleur conseil qu'on nous ait donné à l'époque c'était ne cherchez pas des fonds mais chercher des clients. Comme tout assez pragmatique, assez sain, assez opérationnel, assez concret. Donc c'est vrai qu'en 2000 on était quand même sur les balbutiements d'internet que les instituts d'études avaient leur propre mode de fonctionnement avec des services terrain intégrés. Mon terrain, c'est-à-dire tout ce qui est collecte de données, donc aller interroger des consommateurs, aller dans la rue pour faire des tests de produits, etc. Donc ce n'était pas un projet qu'on pouvait porter entre guillemets au sein de GFK, donc on est parti un peu avec la frénésie ou la folie des jeunes créateurs pour construire un institut d'études en ligne qui s'appelle Panel AndoWeb et une société de conseil pour accompagner également les marques qui s'appelle Promise Consulting. Donc on existe depuis 25 ans, on est parti dans notre appartement au départ avec des salariés dès le départ. Ça, c'est un retour d'expérience que je trouve aussi intéressant. C'est-à-dire que les entrepreneurs qui réussissent, quand je regarde les statistiques, quand je partage aussi ça avec des étudiants, sont souvent des gens qui ont fait le pari d'avoir des collaborateurs très tôt. Et ça a été notre cas. Et j'avoue qu'on tire une certaine fierté et puis aussi, je dirais, un sentiment aussi de gratitude parce qu'avec le recul maintenant aussi... On retrouve des anciens collaborateurs qui sont passés chez les clients, chez les annonceurs, qui deviennent nos propres clients, qui sont reconnaissants aussi de tout ce qu'on a pu leur apporter et leur apprendre. Donc c'est vrai qu'avoir ce recul...
- Speaker #0
Il y a ce côté en même temps de transmission,
- Speaker #1
partage... Partage, éritage aussi quelque part, et puis reconnaissance d'avoir acquis les bons réflexes. Donc d'avoir aussi acquis des méthodes de travail, des process qui leur font gagner du temps. et qui leur permettent aussi d'identifier les risques qu'il y a. Pour eux, en tant qu'annonceurs, par exemple, à confier une prestation à l'extérieur.
- Speaker #0
Alors, quels types de prestations sont proposées par le cabinet aujourd'hui ? Ou quels types de clients ?
- Speaker #1
Alors, on travaille sur ce qu'on appelle plutôt des études ad hoc. Donc, on vient nous chercher pour, effectivement, des problématiques qui sont souvent complexes, qui nécessitent à chaque fois qu'on réfléchisse à un design d'études. ou un échantillon qui soit un peu spécifique, qui soit totalement optimisé pour le client, souvent dans des délais contraints. Mais on vient aussi nous chercher sur notre savoir-faire, sur la connaissance que l'on a du comportement du consommateur dans son ensemble et surtout aussi sur les modalités de fonctionnement des marques, la valeur des marques, la manière de les faire évoluer dans le temps, tout en préservant leur histoire, leur identité, leur patrimoine. Je pense qu'on est dans une période où justement cette partie-là est très chahutée. Et je pense qu'on vient nous chercher pour ce savoir-faire-là aussi, ces précautions-là qu'on doit prendre quand on est marketeur aujourd'hui.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une évolution qui se ressent avec l'arrivée de l'IA ou une simplification ? Parce que des fois, on voit, enfin en tout cas, moi je l'ai vu, je ne sais pas si c'était sur Internet ou sur des newsletters que je reçois, cette... recherche avec l'IA de la compréhension des consommateurs ou de sociologie, limite de faire une étude ou de dire, tiens, sur tel marché, regarde comment va se comporter tel ou tel consommateur.
- Speaker #1
L'IA, pour moi aujourd'hui, c'est un formidable outil de productivité. Très clairement, c'est un outil de productivité, donc je pense en particulier aux traductions. Je pense en particulier aux sourcings d'informations, donc pour mieux comprendre par exemple un marché.
- Speaker #0
On gagne du temps.
- Speaker #1
On gagne du temps. On peut trouver des données majeures qui sont fiables aujourd'hui. C'était moins fiable il y a 24 ou 36 mois, mais globalement, vous voulez trouver des quotas pour faire un échantillon national représentatif, je dis n'importe quoi, en Chine, au Japon ou ailleurs, vous trouvez l'information de manière quasi instantanée grâce à l'IA. Je dirais que pour ça, c'est un formidable outil de productivité. Après, je pense que c'est aussi pour des personnes comme nous qui écrivons, qui publions, qui réfléchissons, il faut aussi faire attention aux failles de sécurité de l'IA. À partir du moment où vous donnez, vous délivrez du contenu à l'IA, elle se nourrit, elle aussi. Donc, il faut faire attention à tout ce qui est respect des droits d'auteur, respect aussi de ce que vous avez. Prix comme engagement si vous travaillez pour des revues, si vous travaillez pour des éditeurs aussi, si vous travaillez aussi pour des annonceurs, ce qui est notre cas. Je pense qu'il y a un devoir de vigilance relativement accru. Il ne faut pas non plus démultiplier des rapports d'études, par exemple, sur l'IA. parce que n'importe qui pourrait avoir accès à des rapports d'études que vous pourriez effectivement avoir mis au point. Donc je dirais, c'est formidable le petit productivité, mais avec un regard un peu de vigilance sur tous ces aspects-là, de protection des droits d'auteur, de protection des données, l'aspect juridique qui est associé. Oui,
- Speaker #0
tout ce volet éthique.
- Speaker #1
Éthique, et puis préservation aussi de la confidentialité quelque part aussi.
- Speaker #0
Après, quand on parle d'IA, il ne faut pas oublier l'aspect et le volet environnemental qui a des impacts assez forts. Et quand on voit les résultats de l'étude de Shift Project de cet été, la croissance est assez inquiétante par rapport aux besoins en énergie et du coup tout ce qui s'ensuit. Mais ça, j'en ai parlé en tout cas dans mon épisode sur le retour de ProDurable parce que j'avais assisté à...
- Speaker #1
Oui ?
- Speaker #0
Deux ateliers liés, et du coup, je fais un petit zoom sur l'étude du chiffre-project. Alors, si on en revient au livre, finalement, qu'est-ce qui t'a donné envie, ou, puisque c'est en co-écriture, pourquoi est-ce que vous aviez voulu, tous les trois, écrire ce livre-là ?
- Speaker #1
Je dirais qu'il y a plusieurs raisons, mais la première c'est la sensation ou le retour d'expérience que j'ai pu avoir à travers les rendez-vous avec nos clients et nos prospects. Sur le domaine de la RSE, parfois on a le sentiment que la RSE est en crise, parfois on a le sentiment qu'ils sont débordés de sollicitations, d'initiatives dans l'univers de la RSE. Parfois on a le sentiment aussi qu'il manque un peu de prise de recul. qu'ils ont besoin aussi un peu de cadrage. Ils sont souvent issus, ce n'est pas du tout une critique, mais de formations très variées, d'univers très variés, avec des expériences qui sont multiples. Certains viennent des RH, certains viennent de la Strat, certains viennent du retail. J'ai vu des profils très variés. on a ressenti, en tout cas moi, j'ai ressenti le besoin d'avoir un peu un ouvrage de référence qui leur permette d'avoir la genèse de la RSE. D'où ça vient ? Quelle est son histoire ? Comment ça fonctionne ? À quel moment c'est apparu ? Pour quelles raisons ? Bref, avoir un peu un fil rouge, pas un reporting, mais comme une espèce de livre-bible qu'on peut consulter quand on en a besoin.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a eu... Enfin, toutes les deux ont fait partie de la génération RSE avant le Covid. Mais depuis 2020, en fait, il y a beaucoup de personnes que je croise qui ont décidé de changer de carrière, qui ont décidé de s'intéresser davantage à donner du sens à leur job et donc d'intégrer la RSE quelle qu'elle soit. Mais c'est vrai qu'on a souvent tendance à oublier ce qui s'est passé avant. Ça s'accélère et c'est tant mieux. Il y a plein d'actions qui se mettent en place et c'est tant mieux. Mais on manque souvent de cet historique. Ou sinon, il faut aller chercher dans plein de sources différentes, etc.
- Speaker #1
C'est le travail qu'on a fait. C'est-à-dire, on a fait un gros travail de sourcing. D'ailleurs, la bibliographie du livre est assez impressionnante en termes de nombre de références. Donc, c'est vrai qu'on a lu beaucoup, on s'est imprégné beaucoup. Mais ce qu'on voulait faire, c'est avoir effectivement cette... Ce socle commun qu'on puisse partager à la fois avec des cibles professionnelles, puisque c'est aussi pour elles un moyen d'avoir une synthèse actionnable rapidement et de gagner en connaissances, et puis aussi destinée à une cible plutôt académique, donc destinée à des étudiants, destinée aussi à des professeurs qui enseignent ce type de matière. Donc c'est la raison pour laquelle on a travaillé un petit peu à trois aussi. Philippe, lui, a plutôt travaillé sur tout ce qui est le sourcing, tout ce qui est effectivement aussi construction du cadre un petit peu plus conceptuel de la RSE. On a beaucoup de schémas dans l'ouvrage aussi pour éclairer aussi les lecteurs. Donc c'est vrai que c'est cette partie-là qui est plutôt venue de la part de Philippe. Jean-Claude, qui a une formation plutôt d'historien, lui a travaillé beaucoup aussi sur l'histoire de la RSE. Et comme on s'intéresse tous un petit peu aux passerelles entre le marketing et la finance, on a aussi beaucoup travaillé sur en quoi la RSE peut être un levier économique, financier aussi pour les entreprises. Et je pense que ça, c'est un des points d'originalité du livre. On est plutôt là pour dire que la RSE ne doit pas être une contrainte, mais une opportunité pour les marques. pour les entreprises, quelles qu'elles soient. Donc, je pense que c'est un petit peu cette articulation qu'on a voulu. Et puis, parce que moi, je ne peux pas m'empêcher d'être aussi au contact de nos clients, d'entendre ce qu'ils me disent. Je trouve que c'est aussi toujours ça qui me rend un peu plus forte après un entretien ou un rendez-vous. Donc, j'ai aussi voulu avoir des exemples, des cas concrets. avec des partenaires, des clients, des prospects qui ont apporté leur témoignage sur qu'est-ce qu'ils font comme action concrète en termes de RSE, pour donner des exemples d'engagement qui parlent aux gens, qui montrent aussi qu'il y a des choses possibles dans des univers très variés, puisqu'on a des exemples dans les cosmétiques, on a des exemples dans le retail, on a des exemples aussi dans l'alimentaire. Donc, voilà.
- Speaker #0
Justement, tu veux rebondir sur quelques-uns des exemples ou des cas concrets ou ceux qui t'ont marqué ou que tu as envie de partager plus avec les auditeurs sur ces secteurs d'activité que tu as cités ou sur d'autres ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une marque qui est assez connue et qui a fait de la RSE un petit peu aussi son positionnement. Je pense au rouge français, par exemple, qui est un rouge à lèvres, 100% végan. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, c'est un choix, un parti pris qui a été fait par les deux fondateurs. Je trouve que c'est quand même assez fort d'avoir aussi associé la notion de français dans le nom. Ça rassure dans tous les univers, ou en tout cas dans toutes les cultures, d'avoir la notion de maison France ou la notion de France.
- Speaker #0
C'est le côté cosmétique, le côté luxe. Le cosmique.
- Speaker #1
Donc, luxe, rassurant, toutes les évocations liées aussi à l'univers français derrière. Donc, c'est assez malin, c'est assez agile et malin.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est un secteur où il y aura encore pas mal d'évolutions à venir, parce qu'on ne sait pas trop ce qu'on se met sur le visage, sur le corps. Ce n'est pas encore suffisamment clair. Alors, ça commence à l'être sur la partie alimentaire, où il y a les obligations de... d'origine, en tout cas davantage, le petit drapeau français ou pas de drapeau français, sous-entendu, ça ne vient pas de France. Oui, tous les labels. Il y a l'entrée des labels, etc. Oui, les appellations. Il y a encore du boulot. Et du coup, c'est aussi ce volet réglementaire qui impose aux marques d'agir. C'est quoi ta vision ? Ou c'est la marque qui anticipe et celle qui anticipe à la prise de l'avance sur ses concurrents.
- Speaker #1
Je dirais qu'il y a des deux, mais un des messages un petit peu centraux que j'aimerais faire passer, c'est que je pense qu'il faut un peu désencombrer la RSE. Aujourd'hui, il faut lui permettre de se recentrer sur l'essentiel et surtout l'alléger. Parce que toutes ces contraintes font que finalement, on se concentre peut-être un peu trop sur remplir des tableaux de bord ou des KPI, parfois pour certains, et on oublie les promesses. que les consommateurs attendent et qui feront le succès des marques de demain. Donc, c'est un petit peu l'objectif qu'on voulait faire passer aussi, c'est-à-dire que la RSE sera performante que si elle est intégrée dans la stratégie de l'entreprise et que si on ne la vit pas que comme une contrainte. Et c'est un petit peu le message principal que j'aimerais faire passer parce que c'est une opportunité formidable pour les marques à la fois de se positionner, à la fois de susciter l'engagement. à la fois effectivement de séduire aussi des nouveaux consommateurs, et puis de faire un peu le bien quand même, il ne faut pas l'oublier, je pense.
- Speaker #0
C'est ça, le bien pour les hommes, les biens pour la planète. C'est un peu ce que je prône aussi, mais c'est tout. Et là-dessus, on est complètement en phase sur ce volet stratégique. Pour moi, la RSE, ce qui est intéressant, c'est quand on en parle avec les dirigeants, c'est de pouvoir se projeter. dans leur boîte, dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans. En 2050, c'est peut-être encore un peu loin. Mais pour autant, on réfléchit à des cartographies de risque, on réfléchit à des façons dont les clients ou les consommateurs pourraient réagir dans l'univers dans lequel on vit, peut-être qu'il sera aussi différent, et comment on peut s'adapter, comment on peut anticiper. Toute une question, quand on fait du marketing ou du marketing prédictif, on est... Dans cette anticipation d'action, anticipation des défis qui vont nous entourer. Alors, en ce moment, on est gâtés.
- Speaker #1
Sur tous les plans.
- Speaker #0
Entre les défis climatiques, politiques, géopolitiques. On abordera le sujet un peu après, mais là, on a de quoi faire. Mais c'est vrai que là où la RSE fonctionne ou fonctionnera, ce n'est pas quand c'est dédié à une personne ou à un service. Ce n'est pas quand c'est uniquement parce qu'on a envie d'avoir un label ou d'avoir Ecova10. C'est de pouvoir se dire comment je fais en sorte de changer toute mon entreprise. Les collaborateurs, comment ils peuvent se poser des questions sur leur job à eux ? Comment ils peuvent remettre en cause ce qu'ils font au quotidien ? Et ce n'est pas toujours facile en fait. Non,
- Speaker #1
ce n'est pas facile. Tu as parlé justement de perspective en particulier, mais on travaille beaucoup aussi en perspective avec l'un des collaborateurs avec qui je travaille depuis plus de 20 ans, qui est Christian Gattar. Je dirais qu'une des tendances que l'on a totalement identifiée dans beaucoup de cultures actuellement, post-Covid, mais aussi, je mettrais peut-être un peu l'Asie à part, c'est cette tendance de ce qu'on a appelé « ma cabane, mon refuge » . C'est-à-dire que les consommateurs ont pris peur avec le Covid, enfin tout le monde a eu peur, il faut quand même se le dire. On a vu des images qui nous ont tous affolés. On était quand même capable de s'enfermer chez nous et de se signer une autorisation de sortie pour une heure. Quand on réfléchit à la prospective, on a tendance à oublier. Et donc aujourd'hui, le succès du télétravail, le succès typiquement des arts de la table, qui était quand même au bout du gouffre il y a une dizaine d'années, le succès du bricolage, le succès effectivement aussi de l'acquisition de maisons en dehors des grandes villes. motive ou en tout cas explique cette tendance de « ma cabane, mon refus » . C'est-à-dire que face aux agressions que l'on vit au quotidien, qu'il s'agisse dans la rue, mais aussi de tout ce qu'on voit dans les médias, de toutes ces guerres, de toutes ces agressions verbales, le bruit aussi également, il y a beaucoup d'agressions multiples, il y a une volonté du point de vue du consommateur de... se créer ce petit cocon chez lui et donc sa maison devient sa cabane, son refuge, pour lutter contre ses agressions, ou en tout cas y faire face. Et je dirais que ça, c'est véritablement une tendance qu'il faut avoir en tête, y compris dans les actions RSE, tout simplement parce que le consommateur est dans cette logique et qu'il n'est pas prêt d'en changer. Et donc je pense que la cabane, mon refuge... aussi mon environnement à moi, mon jardin à moi, ma planète à moi, mes enfants à moi. Tout est démultiplié aussi, donc tous les univers sont concernés. Je pense qu'il faut véritablement bien entendre ça d'un point de vue prospectif aussi pour la RSE.
- Speaker #0
Moi, je le vois, je rebondis à ce que tu me dis, parce que personnellement, dans mes réflexions philosophiques, on en parlait un peu avant de préparer l'épisode, dans mes réflexions philosophiques du moment, il y a la question du bonheur. et qui est intimement liée au fait de consommer, sur l'esprit ou sur la surconsommation. Est-ce qu'on obtient le bonheur en ayant des choses matérielles de plus en plus, ou au final on profite du bonheur et du carpe diem et du moment présent, avec ce qu'on aime, nos proches, nos familles, nos amis ? Et donc, dans cet esprit de cocooning, de petites bulles dans lesquelles on se crée... Je ne l'avais pas formulé comme ça, de ce refuge. Finalement, c'est complètement ça aussi que je vis. Et je pense qu'il y a un effet pour les marques de se dire attention, warning, les gens ne vont pas forcément consommer de plus en plus, de plus en plus, de plus en plus. Là, on le voit avec Chine, la remontée, la tension qu'il y a. Normalement, c'est cette semaine que c'est censé... C'est demain. C'est censé ouvrir. Je ne sais pas trop ce que ça va donner, mais ça risque d'être un peu tendu.
- Speaker #1
Ça va marcher pour le BHV en tout cas, parce que le BHV aujourd'hui, ils ont une problématique de trafic.
- Speaker #0
Il y a des marques qui sont parties.
- Speaker #1
Pas tant que ça. On n'entend rien. Je pense que ça va marcher pour l'objectif de génération du trafic. pour le BHV parce qu'ils sont quand même un petit peu encapsulés avec beaucoup de difficultés d'accès aujourd'hui, liées à la circulation en particulier. Et puis parce que historiquement, le BHV, on y allait pour bricoler, récupérer du matériel qui était... Le bazar de Rinaldeville. Ah oui, le bazar. Donc on pouvait trouver tout ce dont on avait besoin au BHV, y compris des clous, des poignées de portes magnifiques comme Pachère.
- Speaker #0
Ça c'était quand on était jeunes.
- Speaker #1
Ça, c'était quand on était jeunes, mais c'est dans l'ADN de la marque. Et donc, du coup, effectivement, là, ils sont un petit peu perdus aussi parce qu'ils n'ont plus cette appétence-là du point de vue des consos.
- Speaker #0
Mais est-ce que stratégiquement, c'est une bonne idée de la part de la direction ? Je ne sais pas si ça suivra dans le temps.
- Speaker #1
C'est l'avenir va nous le dire, mais l'avenir va nous le dire assez vite. Je pense que malgré tout, nos consommateurs sont quand même un peu contraints financièrement. Et il faut aussi trouver d'autres alternatives pour répondre à leurs attentes. Ils ont aussi besoin, entre guillemets, de consommer, mais à moindre prix.
- Speaker #0
Oui, du coup, on en revient, si on revient un peu au livre, avec l'axe financier ou l'axe humain. Finalement, c'est un des deux points clés aussi dans le livre, ce côté social, ce côté humain. Pourquoi c'est si important aujourd'hui ?
- Speaker #1
C'est si important. Compliqué. Mais je dirais que l'ARSE, c'est un moyen de préparer l'économie de demain. Ce n'est pas comme une incantation. C'est quelque chose qu'il faut vivre au quotidien pour effectivement préparer l'avenir. C'est tout. C'est aussi simple que ça, je pense.
- Speaker #0
Oui. Et le côté stratégique, économie, pareil, on en revient sur l'anticipation.
- Speaker #1
L'anticipation, un peu de prospective et puis surtout faire des choix qui me semblent être parfois un peu difficiles, mais pas se détourner en faisant de multiples actions dans tous les sens. Je pense qu'il faut revenir à certains fondamentaux et faire les bons choix et faire des choix qui sont en phase avec l'avancée de la marque ou là où elle en est en termes de positionnement dans un pays. Là où elle en est en termes, je dirais, d'univers de concurrence aussi, je pense que voilà, il faut, plutôt que d'avoir des roadmaps RSE qui sont, j'appelle ça souvent, des roadmaps RSE qui font sapin de Noël ou qui font papa-maman, parce qu'il y a énormément de choses, elles sont alimentées avec énormément d'initiatives, de très bonnes idées par ailleurs, ce n'est pas une critique du tout.
- Speaker #0
Mais qui ne sont pas forcément cadrées, structurées.
- Speaker #1
qui ne sont pas forcément cadrés, structurés, mais surtout qui ne sont pas, entre guillemets,
- Speaker #0
contrebalancé par l'appétence que les consommateurs ou que les clients pourraient y mettre. Donc je pense aussi qu'il faut arbitrer là-dessus, en fonction, ce que je disais, du positionnement de la marque, à la fois de son univers de concurrence, mais aussi de là où elle en est. Si elle est dans un objectif de conquête, ou si elle est dans un objectif de fidélité, ou si elle est dans un objectif plus particulier de nourrir son image de marque, de travailler sa différenciation en particulier. de travailler sa désirabilité, il y a des engagements RSE qui sont plus porteurs sur certaines dimensions marketing que d'autres.
- Speaker #1
Là, tu penses à quoi par exemple ? Si t'as une idée en tête, après s'il n'y en a peut-être pas...
- Speaker #0
J'en ai une dont on avait parlé quand on avait préparé, mais j'apprécie beaucoup la démarche de Chopard dans l'univers un petit peu de la joaillerie parce que c'est une marque qui a le mérite de dire j'adopte la politique des petits pas c'est à dire je peux pas demain vous certifier un or 100% tout ce que vous voulez je mets tout derrière sur l'extraction de la matière chambière par exemple sur les conditions mais surtout on peut tout mettre derrière tout le sourcing, l'extraction qui le fait comment, à quelles conditions etc. Non, ce que j'aime c'est leur discours qui est de dire on va y aller pas à pas, et on va vous tenir au courant chaque année. J'aime ce type de démarche parce que ce n'est pas une promesse en l'air, premièrement, et je pense que les consommateurs sont prêts à entendre des promesses qui sont, je dirais, fractionnables ou étape par étape. Je pense qu'au contraire, il faut prendre les consommateurs pour des gens qui sont quand même plutôt sincères, plutôt compréhensifs. et qui préféreront une démarche qui soit un peu la politique des petits pas où j'avance régulièrement, je vous tiens au courant, plutôt qu'une belle promesse qui ne soit pas tenue et qui soit prise à défaut. Très bien, mais le washing, enfin oui, voilà, pas de problème. Exactement. Et que ça, ça fait courir beaucoup de risques aux marques. Donc je pense qu'il faut parfois aussi savoir leur dire il faut tester vos engagements RSE. Par rapport à ce que je disais, votre positionnement de marque aujourd'hui, on a justement développé un modèle qui s'appelle ce goût de pouf dont on parle effectivement dans le livre, parce qu'on a ressenti ce besoin de hiérarchiser un petit peu les engagements RSE, de donner des priorités aussi, parce que les équipes RSE, on leur demande beaucoup. Elles ne sont pas forcément non plus très étoffées. Et derrière aussi, il faut qu'elles déclinent. Donc ça veut dire qu'il faut embarquer, comme tu le disais très bien aussi, des collaborateurs. Donc elles ont des compétences pluridisciplinaires à bien maîtriser qui sont énormes. La conviction, l'expertise, l'engagement aussi juridique, les risques en communication, les risques aussi en termes de sourcing. Donc globalement, il faut être à cinq pattes. Il faut être assez complet en termes de profil. Donc, j'ai envie de dire, voilà, je pense que ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait un peu le tour de toutes les problématiques de RSE et qu'on a vu ce besoin-là et qu'on a développé un modèle, effectivement, pour les accompagner, pour simplifier un petit peu leur démarche et cadrer de manière un peu plus prioritaire ce qu'il faut mettre en temps 1 ou en temps 2 en termes de stratégie marketing.
- Speaker #1
Et alors justement, cette démarche, cette méthode de Good Proof, qu'est-ce que tu peux nous en dire ?
- Speaker #0
Alors je dirais que c'est une démarche assez pragmatique, assez facile à mettre en œuvre. Parce que ce que j'ai évoqué tout à l'heure sur des moutons à cinq pattes et des équipes à qui on demande beaucoup, on a voulu faire quelque chose de simple, d'efficace, de robuste aussi, et qui permet aussi de se benchmarker avec des normes. Je dirais que c'est un questionnaire. On a une approche qualitative, souvent, sur laquelle on va un petit peu recenser tout ce qu'il y a dans les roadmaps, toutes les bonnes idées ou les moins bonnes idées, mais effectivement pour embarquer aussi un petit peu les personnes qui sont concernées. Et puis ensuite, on a ce qu'on appelle un test quantitatif. C'est une approche un peu hybride, quali et quantitative. Et donc, dans ce questionnaire, on a cinq indicateurs pour mesurer un petit peu la pertinence de... Je dirais de... de la démarche RSE qu'on envisage ou de l'engagement RSE, le caractère différenciant, le caractère qui permet ou pas de susciter de l'engagement. On a cinq indicateurs assez faciles à mesurer et ensuite on les positionne selon l'appétence des consommateurs, selon le tunnel marketing assez classique de notoriété, d'achat, d'image ou de préférence tout simplement. Donc ça permet aux marques de se dire, là j'ai un engagement qui semble un peu plus porteur, qui va plutôt travailler mon image de marque, ou là j'en ai un qui va plutôt me permettre de conquérir, donc d'avoir un levier business plus important à très court terme. Ou un autre qui va m'aider à développer ma notoriété. Donc ce que je disais tout à l'heure, c'est véritablement un outil super pratique, super simple. mais qui permet tout simplement de dégager les priorités en matière de RSE.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, souvent quand on travaille la matrice de matérialité, on va être sur les enjeux, on va dire, classiques qui sont liés à la RSE, sur les enjeux environnementaux, sociaux, éthiques, relations durables des affaires avec les partenaires, avec les différentes parties prenantes. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est le cœur même des activités de l'entreprise. C'est-à-dire comment on retravaille notre produit, notre offre de service, si on est sur du service pur, ou si on est sur du produit, comment on le transforme sur une offre servicielle, ou comment on peut carrément se diversifier sur autre chose. la produrable, il y avait un Un atelier sur le crédit agricole qui a lancé Crédit Agricole Transition à Énergie, donc de proposer des solutions d'énergie verte. Donc le truc qui n'a normalement rien à voir avec la banque. Mais comme quoi, tout est autorisé, tout est permis. Et dans les réflexions qu'il y avait, que j'avais vraiment retenues, c'est si on organise un séminaire auprès de nos équipes et de nos collaborateurs, c'est-à-dire comment on se projette dans 10 ans. Et c'est potentiellement de là d'où peuvent aussi émerger des superbes idées. Pour peu qu'on ait zéro frein. Tu sais, quand j'organise des réunions comme ça ou des ateliers un peu de co-construction, de brainstorming, c'est de se dire qu'il n'y a pas de frein. Pas de frein de budget, pas de frein de limite de clients, de concurrents, de quoi que ce soit. On y va avec les post-it, il n'y a pas d'IA par contre. on fait travailler son cerveau on imagine par rapport à son métier par rapport à à ces connaissances. Du coup, c'est complètement complémentaire avec la méthode E-Quali et E-Quanti sur le client, les attentes, l'intégration.
- Speaker #0
Et surtout, ce n'est pas une étude qui est compliquée à faire, ce n'est pas un budget non plus énorme, mais surtout, ça permet derrière de quantifier le potentiel de chacun des engagements RSE qu'on envisage. Et donc, de se dire, finalement, Je l'ai fait, par exemple, pour une grande marque dans le numéro du luxe. On a fait quatre pays. Sur les quatre pays, on avait à peu près 26 engagements RSE qu'on m'a testés. Et on a trouvé trois engagements RSE qui étaient communs à tous les pays, donc qui étaient véritablement les plus porteurs, et deux qui étaient très tactiques sur le marché chinois pour recruter surtout en particulier la cible des plus jeunes. J'avoue que quand j'ai présenté ces résultats, c'était magique. Parfois ça arrive, on a des études parfois difficiles, on a parfois des études où il faut mettre ses lunettes roses. Mais j'avoue que ce goût de plouf pour ce coup-là nous a paru complètement bluffant de pouvoir dire à une marque « Écoutez, c'est fascinant, il y a trois engagements qui suscitent l'adhésion, qui sont homogènes, quels que soient les tranches d'âge, auprès des hommes, auprès des femmes. » à l'international, c'était quand même assez surprenant. Et là, il y a un petit truc en plus, comme dirait effectivement le titre du film, mais qui vous permettrait aussi de vous démarquer sur le marché chinois. Et je trouve que c'est aussi ça, je pense qu'il y a un moment dans la RSE, il faut réfléchir, ce que je disais tout à l'heure, à l'alléger, et donc à éviter de penser systématiquement à tout ce qui est contrainte réglementaire. et à se dire, prenons notre post-it et essayons de voir tout ce qu'on peut imaginer sans contrainte, et puis après de les hiérarchiser tout simplement pour faire les bons choix. Mais je pense que c'est important.
- Speaker #1
Oui, c'est une bonne méthode et une bonne façon de faire pour se recentrer, pour donner du sens aussi aux équipes.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Et se dire, on ne va pas partout dans tous les sens, parce qu'il y a des idées qui sont fantastiques, mais le tout, c'est de se dire... Le coup de mettre une poubelle ou les tris de poubelle dans la salle de vie, ce n'est pas ça qui va faire changer ou diminuer l'empreinte carbone pour 2050 ou pour 2030. Même si ça peut être un peu pénible pour les collaborateurs de se dire « je n'ai plus ma poubelle sous le bureau, elle est où ? »
- Speaker #0
Ça permet d'objectiver aussi. Avec ce côté, on a rendu des chiffres, on a vérifié, on a la voix du client quelque part. Et du coup, aussi, on embarque plus facilement les équipes parce que c'est un côté rassurant aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Est-ce qu'il y a des freins que tu as pu observer chez les clients là où ils ont le plus de difficultés ?
- Speaker #0
C'est compliqué comme question, mais je pense que certaines marques... sont parfois confrontés à des choix en particulier pour défendre des choses d'un point de vue plutôt sociétal qu'environnemental. Et ça suscite parfois des débats assez enflammés chez les annonceurs ou chez les clients. Donc là, il y a encore aussi...
- Speaker #1
Il y a encore un peu de travail.
- Speaker #0
Il y a du travail, oui, je pense. Mais bon... On le voit aussi avec l'administration de Trump. Il y a des conflits, il y a des discussions, il y a des débats. Donc, je pense que ce n'est pas fini. Et c'est aussi ça qui est intéressant et qui challenge un peu tout le monde au quotidien. Mais oui, je pense qu'il y a ça.
- Speaker #1
Justement, j'ai envie de rebondir. Tu parlais de la Chine avant, au niveau des marchés asiatiques. Là, maintenant, tu parles de l'autre côté de l'Atlantique. U.S.A., comment tu arrives à percevoir cette imprégnation du sujet de la RSE ou cette vision à plus long terme en dehors de nous la France ou nous l'Europe ? Parce qu'on dit toujours qu'on est plutôt bien avancé, mais j'aimerais voir ton point de vue.
- Speaker #0
Alors, c'est compliqué, je pense qu'il y a des choses qui se passent en France très clairement, mais... Moi, je dirais qu'à partir du moment où on travaille sur le comportement du consommateur et les marques, il y a une chose que je n'ai jamais oubliée, c'est voyager. Parce que pour bien conseiller nos clients, il faut avoir un bon sens de l'observation. Donc, je fais régulièrement des Retail Tour. On est ici dans nos bureaux, mais j'ai mon laboratoire vivant de retail juste à côté, entre les Galeries Lafayette, le Printemps.
- Speaker #1
On est juste à côté de Saint-Lazare, c'est un quartier que j'adore.
- Speaker #0
La Flac. Tout mon laboratoire vivant est là, les pharmacies, nouveaux concepts, tout est là. Donc ça c'est bien si on raisonne le marché franco-français, mais il faut voyager et il faut lire. Donc je dirais que ça je n'ai jamais oublié, même depuis le Covid. Donc c'est vrai que j'adore les USA en particulier, j'y vais très régulièrement et j'ai la chance aussi d'avoir des clients américains. Donc c'est vrai que ça nous nourrit très rapidement. aussi bien parce que des rendez-vous aux Etats-Unis, c'est 20 minutes soit on comprend vite, soit on comprend pas tout de suite, ça va pas durer longtemps ce sont des gens que j'apprécie aussi parce qu'ils savent dire oui ou ils savent dire non, mais ils sont pas dans l'attentisme et ce sont des personnes aussi qui ont toujours peur de perdre une opportunité donc ils sont toujours à l'écoute, toujours ouverts donc dès qu'on a des innovations ... Là, on a sorti par exemple une offre à base de flash hypnose pour aller accéder à l'inconscient des consommateurs, pour voir aussi tout ce qu'ils ne nous disent pas dans des entretiens classiques. C'est fascinant, c'est fantastique. On a un case study dans l'univers du parfum qui est plus que bluffant, qui nous a permis d'avoir des insights pour mieux comprendre aussi le succès des marques de niche. Je sais que je fais partie... C'est vrai que souvent,
- Speaker #1
le parfum, c'est un peu... Il nous dit toujours la même chose. Les nouvelles senteurs qui sortent chaque année, en fait, moi, j'y suis allée renouveler mon flacon qui était fini, et ils me disent, tiens, il y a telle fragrance qui est nouvelle, etc. J'ai dit, non, en fait, non, moi, j'aime bien celui d'origine, donc j'ai pas besoin de... d'en rechanger, puis après elle me dit, est-ce que vous voulez le flacon qui a les paillettes ? Je m'en fous des paillettes. Donc non, je garde mon flacon d'origine.
- Speaker #0
Deux clients nous disent ça en focus group, c'est-à-dire arrêtez de décliner des parfums tous les ans avec une nouvelle variante. Laissez-moi mon jus, mon parfum, d'origine. Ça, je l'entends à chaque focus group ou à chaque entretien sur l'univers du parfum. Mais il y a des marques pour qui ça marche. très régulièrement de changer les jus. Mais j'ai envie de dire, je sais que je vais partir aux Etats-Unis et je vais partir avec ce produit d'appel parce que ce sont des gens qui sont ouverts à la nouveauté. systématiquement. Et donc, parce que j'ai une nouveauté, ils vont me recevoir. Donc, c'est ça aussi que j'apprécie chez eux parce que du coup, j'aurai un débrief très rapide de est-ce que ça peut marcher, pas marcher, est-ce que ça m'intéresse ou pas. Et puis, tout de suite, ils se mettent en situation comment je peux travailler avec vous. C'est ça que j'apprécie beaucoup sur le marché américain en particulier. Mais les Mexicains sont pareils et les Canadiens aussi. Donc, c'est vrai que je fais souvent un peu le tour des trois, mais c'est assez intéressant. Et puis la Chine, j'y suis allée la première fois, c'était juste avant le Covid. Et depuis, je lis énormément sur la Chine. J'ai vu un pays qui a une frénésie d'apprendre, d'aller vite, avec les femmes qui dominent. C'est assez surprenant. des femmes qui veulent faire carrière, qui laissent leurs enfants aux grands-parents. D'un point de vue social, ça m'a beaucoup interpellée. Mais ce sont des gens qui veulent réussir et qui sont aussi aujourd'hui plutôt dans une logique d'appétence pour des marques chinoises. Donc, c'est intéressant.
- Speaker #1
La souveraineté, mais de leur côté.
- Speaker #0
Exactement. Donc c'est pour ça aussi que ça nous intéresse, parce qu'on a beaucoup travaillé sur la souveraineté et la RSE. Et je trouve que ce sont des choses qu'on avait décelées dès 2017. On ne peut plus tellement aussi leur imposer notre modèle à l'occidental comme on aurait pu le faire auparavant. donc nous on avait déjà tiré la sonnette d'alarme dès 2017 et ça ne fait que s'accentuer donc ça m'intéresse effectivement de voir Comment ils progressent ? Ils vont très vite en technologie. Ils vont très vite en logistique. Ils vont très, très vite aussi en adoption aussi de tout ce qu'ils ont fabriqué depuis des années aussi. Donc là, ce que je disais tout à l'heure...
- Speaker #1
Ils ont récupéré un brevet aussi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ils font le copiage ou en échange commercial.
- Speaker #0
En très peu de temps, ils tombent à... La percée de BYD en automobile, elle est assez bluffante. Et là, ce que je voyais ce midi, c'est qu'ils arrivent aussi sur le marché de l'optique. Donc il faut se préparer et il faut regarder aussi à la fois comment ils appréhendent le marché français, le marché européen, et comment aussi on peut travailler pour nourrir les réflexions de nos marketeurs sur la RSE aussi. Ça fait partie de la veille, la concurrence, l'observation. Ce sont des qualités qui sont indispensables pour nous, pour bien conseiller aussi.
- Speaker #1
Le marketer, ça c'est...
- Speaker #0
Indispensable !
- Speaker #1
La veille, le benchmark, la curiosité, l'envie d'apprendre, l'écoute, l'observation que tu citais aussi.
- Speaker #0
L'écoute, l'observation et puis ils ont une capacité de travail qui est phénoménale. Et ça aussi, je trouve que c'est important. Oui,
- Speaker #1
et puis ils peuvent dégainer des centaines de travailleurs.
- Speaker #0
Et surtout, je trouve individuellement, c'est là aussi, quand on fait un peu le comparatif, quand on y va, notre temps de travail, il n'est pas le leur. Oui,
- Speaker #1
mais les conditions...
- Speaker #0
Les conditions sont peut-être plus difficiles, plus compliquées. Mais malgré tout, aujourd'hui, il faut composer, il faut le voir pour l'appréhender.
- Speaker #1
Est-ce que tu ressens cette mise en place de l'ARSE un peu différente, que ce soit en Asie ou outre-Atlantique ? Parce que chez nous, c'est très réglementaire.
- Speaker #0
C'est très réglementaire.
- Speaker #1
De l'autre côté, Trump a à peu près supprimé tout ce qu'il pouvait y avoir comme loi, comme contrainte, en disant que ce n'est pas ce qui l'intéresse, puisque ce qu'il veut, c'est forer,
- Speaker #0
Moi j'ai été surprise la semaine dernière, j'ai regardé une émission sur une chaîne anglaise. Il y avait un congrès spécifique orienté RSE, innovation, durabilité en Chine. Il commence à avoir un discours vert, vertueux, très impressionnant. Donc je pense qu'il faut aussi regarder ce qui se passe, parce qu'il monte très vite.
- Speaker #1
Je l'ai vu sur le côté suppression de l'utilisation de charbon ou de la dépendance pétrole ou au gaz des voisins. Et ils vont excessivement vite sur la partie renouvelable. La partie renouvelable, la partie renouvelable.
- Speaker #0
Des nouvelles villes. Ils ont la chance aussi de pouvoir créer des villes « from scratch » , ce qui n'est pas du tout notre cas aussi aujourd'hui. Mais ils avancent. Et ils avancent très vite. Donc il faut le regarder avec attention.
- Speaker #1
Est-ce que sur la partie, parce qu'on a parlé du réglementaire, de la géopolitique, du culturel, dans le livre tu parles aussi d'un modèle de performance de marque pour intégrer la RSE au même niveau que la souveraineté. Est-ce que ça tu peux nous en dire un peu plus ou pas ?
- Speaker #0
Je pense qu'aujourd'hui, dans les baromètres qu'on appelle les Brand Health Tracking, par exemple, ou les baromètres de santé de la marque, ou de mesure de la brand equity des marques, on a souvent des indicateurs traditionnels, notoriété, images, différenciation, performance commerciale. Aujourd'hui, il faut intégrer aussi, et c'est ce qu'on fait dans notre modèle de mesure Monitoring Brand Assets, Il faut intégrer une vision de la marque un peu aussi 360, dans laquelle il faut intégrer à la fois l'expérience retail, qui est souvent négligée. Et dans le retail, j'entends à la fois les boutiques, mais aussi ce qui se passe sur le digital. Parce que c'est souvent pas mesuré, où on se dit, où les clients disent, j'ai mes Google Analytics, donc ça suffit. Mais ça ne suffit pas en fait dans les faits, pour moi, de mon point de vue.
- Speaker #1
Parce que si le parcours utilisateur est mal fait, les stats seront faussées.
- Speaker #0
On sait qu'on se regarde entre que soi. On se regarde le nombril, on ne regarde pas la concurrence. Et ce qui m'intéresse dans les baromètres qu'on peut faire d'images de marques ou de performances de marques, c'est de regarder la marque avec son univers de concurrence. Donc de regarder tout ce qui se passe autour et d'avoir une vision globale de sa marque dans son univers de concurrence. C'est un peu plat plat et je comprends que parfois certains annonceurs se disent « j'en ai pas forcément besoin » . Non, ce qui est intéressant c'est le benchmark avec ses plus proches concurrents. Et donc c'est aussi dans ces baromètres-là qu'il faut intégrer des dimensions de RSE. Et donc des KPI qu'il faut bien choisir sur des engagements qui sont effectivement, ce que je disais tout à l'heure, porteurs ou en tout cas sur lesquels on a fait le choix d'investir. Et je pense que parfois c'est pas forcément intégré. comme des dimensions capitales qui permettent de se mettre autour d'une table à un niveau codire et de parler de la marque avec tous les indicateurs de tous les métiers de l'entreprise. Moi, ça, c'est mon objectif. Et c'est ce qu'on fait au quotidien quand on développe Monitoring on Asset. C'est de mettre autour de la table le marketing, la finance, la direction générale, la strat, la personne qui travaille, qui parle de la RSE. Même les RH, avec des indicateurs qui sont communs et qui peuvent effectivement aussi donner le « là » sur la performance de la marque.
- Speaker #1
C'est un peu ça. Tu vois, j'avais le livre ouvert en page 169. Je ne me rappelle plus. Sur le tableau entre les connexions, entre l'avantage compétitif et les enjeux sociaux. Et justement, c'est un peu ça. ce schéma qui remet en avant la productivité de l'entreprise avec plein de flèches entre l'utilisation de l'énergie, l'accès aux fournisseurs, le talent des employés, la sécurité, la santé, l'utilisation de l'eau, etc. Mais qui fait, pour moi, je remonte à ce que tu viens de dire, on a besoin de tous les acteurs dans l'entreprise, on a besoin de toutes les entités et d'aller sur les mêmes indicateurs, pas d'en avoir 40 000. Chaque département, évidemment, va suivre ses indicateurs sociaux. Pour s'assurer que la qualité de vie au travail suit, que le turnover, ça ne va pas à l'encontre que la marque employeur. Voilà, on a quelques indicateurs clés, mais c'est bien aussi de les partager avec les autres membres du codier ou des directions et de faire en sorte que chacun puisse s'intégrer. En fait, souvent, on a le sentiment que la RSE, c'est à part. alors qu'en fait la RSE elle est intégrée dans tous les enjeux de l'entreprise. Que ce soit la cybersécurité, que ce soit l'analyse du cycle de vie des produits, la qualité de vie, la marque employeure, tout est intégré.
- Speaker #0
Complètement, c'est un des noyaux durs. C'est pour ça que je disais tout à l'heure, il faut aussi un moment pour se mettre autour de la table et pour pouvoir parler effectivement de la marque. Il faut avoir des indicateurs communs et il faut mettre... tous les interlocuteurs qui sont impliqués en termes de direction sur ces indicateurs. Il faut les aligner en fait. Et je pense que ça, c'est un des gros défis aussi de demain, c'est-à-dire que les responsables de RSE soient vus aussi comme un pilier, comme la finance, comme le marketing. C'est un pilier à part entière. Et ça, ça prend du temps à installer dans les cultures d'entreprise, je pense.
- Speaker #1
Oui. C'est un vaste défi pour nos auditeurs qui ont cette charge-là.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ce que je voulais aussi revenir, c'était sur l'autre schéma par rapport aux caractéristiques des ressources, dans la théorie des ressources, juste un tout petit peu avant, la 162. Avec l'avantage compétitif durable, est-ce que nos ressources sont... précieuses ? Est-ce qu'elles sont rares ? Est-ce qu'elles sont coûteuses à imiter, organisées pour capturer la valeur ? Est-ce que ça, il y a des éléments ou des exemples où ça te fait rebondir sur des choses, où c'était pas trop ta partie et du coup, tu es moins capable d'en parler ? En fait, c'est ce lien entre les ressources et les compétences, finalement.
- Speaker #0
Moi, je pense que ça, ça fait partie aussi de ce que tu évoquais très justement, c'est l'analyse des risques. plus ou moins fine à ce niveau-là, mais je pense que ça fait partie des choses qu'il ne faut pas oublier, mais que les entreprises n'ont pas toujours le temps de bien formaliser aussi. Je pense que ça, c'est très bien aussi d'y travailler en workshop aussi régulièrement un peu avec les équipes pour voir aussi s'il y a des points de faiblesse ou en tout cas des points qui auraient pu être oubliés. Je pense à un client qui travaille dans l'univers de la santé et qui un jour, à travers des résultats de focus group que je présentais et d'entretien, qui me dit « Ah, mais on a complètement oublié pour le recrutement de notre DSI, donc directeur des systèmes d'information, de mettre la contrainte comme quoi il fallait qu'il y ait des solides connaissances aussi en développement d'applications. » Sur téléphone mobile, sur smartphone. Oui, parfois ça arrive quand on est dans le feu de l'action. On a pensé développement web et on a oublié la partie développement mobile. Sur le coup, ça m'avait interpellé, mais effectivement, ça fait partie aussi de l'analyse des risques quand on travaille ou quand on est dirigeant. De ne pas oublier ces aspects-là, sur les compétences de ses propres équipes. Est-ce qu'on est à risque ? On n'est pas à risque ? S'il y a une seule personne qui sait faire telle prestation ?
- Speaker #1
Ça, c'est normalement des points qu'on analyse quand on est au RH ou quand on est manager. Moi, je le faisais avec mon équipe. Cette analyse de risque du collaborateur qui va vouloir demander à évoluer. qui va s'ennuyer dans son job, qui va vouloir quitter l'entreprise pour évoluer ailleurs ou plus vite ou différemment, etc. Ou des compétences qui manquent et auquel cas il y a la formation, formation interne, formation externe. C'est un des points sur lesquels les entreprises ou les managers qui sont la tête dans le guidon aborde peu le sujet. Ou le risque, mais ça c'est aussi parce que j'ai fait de la qualité pendant pas mal de temps, le fait de se dire qu'on n'est pas seul à savoir faire quelque chose. On est au moins deux dans l'entreprise à être capable de connaître la transmission, le partage de savoir, mais c'est les compétences. Et puis on parle de plus en plus de compétences vertes qui sont en lien avec la RSE. Pour moi, un marketer demain doit être capable de connaître les principes de l'ACV. d'une analyse de cycle de vie. Et donc, d'être capable d'échanger avec la R&D ou la logistique, et pas que avec le commerce.
- Speaker #0
Et puis d'anticiper aussi la fin du cycle de vie d'un produit.
- Speaker #1
Complètement. Ça fait partie de la CV, la fin.
- Speaker #0
Oui, mais il y en a beaucoup qui, je trouve, ne l'adressent pas encore. Mais ça fait partie effectivement des questions à se poser.
- Speaker #1
Ou tout du moins, c'est de se dire, mon produit, j'ai besoin de verre, donc de toute façon, je vais utiliser cette matière-là, point. Mais ici, on faisait autrement. Et si demain, il n'y a plus la matière première, on sait que le sable va être plus compliqué à produire, pour faire du verre, on a besoin de sable, comment on peut faire autrement ?
- Speaker #0
On est d'accord.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des... Merci. Est-ce qu'il y a un message, parce que là, tu vois, ça fait bientôt une heure qu'on est en train de papoter, déjà. Oui, je sais, ça passe vite. Est-ce qu'il y a un message que tu as envie de faire passer ou un réflexe à garder pour nos marketeurs qui nous écoutent, pour les communicants ou pour les responsables RSE qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Je dirais qu'il faut véritablement intégrer la RSE comme un levier de performance économique. Ne pas l'avoir que comme une contrainte. Et donc, un peu ce que je disais tout à l'heure, s'alléger de toutes ces contraintes. Pour ça, je pense qu'il faut garder son sens de la créativité. C'est important. Tout en gardant les pieds sur terre. Je ne dis pas que demain, on va faire des choses complètement hallucinogènes. Mais je pense que c'est ça qu'il faut avoir en tête. C'est un formidable effet de levier et on est dans un contexte qui est certes compliqué, mais qui est source de plein d'opportunités. Donc c'est peut-être mon côté toujours optimiste, mais je pense que c'est ça qu'il faut avoir en tête pour réussir demain, tout simplement, et puis pour aussi donner du sens à nos actions, tout simplement, de manière assez sobre. Et voilà, je dirais que c'est ça.
- Speaker #1
Donc là, ça fait aussi écho à l'épisode que j'ai enregistré avec Alan Fustek, qui a fondé à l'époque Goodwill Management, et qui a sorti un livre l'année dernière sur la stratégie du Y, et qui aussi est en objectif de re-challenger ces business models et de repenser différemment. Donc là, on est complètement dedans.
- Speaker #0
Je suis persuadée. Je ne fais pas la même chose que ce que je faisais il y a 20 ans et je sais que... Aujourd'hui, je fais déjà des choses très différentes de l'année dernière. Donc,
- Speaker #1
ça évolue sans cesse, mais c'est normal.
- Speaker #0
Oui, c'est normal. C'est ça, il ne faut pas avoir peur, effectivement, de ces évolutions. Au contraire, je pense qu'il faut en tirer parti et se dire comment je peux être encore plus créatif ou comment je peux apporter un peu plus de ma pierre à l'édifice. Je pense que ça, c'est important. Et puis, sans négliger aussi de soutenir des actions. Je sais que tu m'avais demandé aussi un peu des contacts pour interviewer pour ton podcast.
- Speaker #1
Là, tu anticipes mes questions. Oui,
- Speaker #0
parce que je pense à ça, parce que c'est aussi, quand je dis donner du sens, certes, on travaille, certes, on est impliqué, certes, on a envie d'accompagner efficacement nos clients, mais on a aussi une mission aussi, c'est si on peut accorder un peu de temps. à des associations, à des gens qui font de la RSE sans le savoir depuis des années, qui s'occupent d'enfants malades, qui s'occupent de la recherche. Je pense au Téléthon en particulier, mais il y en a plein d'autres. Je trouve que ça fait partie aussi de notre devoir.
- Speaker #1
Mon thème de prédilection, c'est tout ce qui touche autour du cancer du sein.
- Speaker #0
Moi, je soutiens tout le monde qui chante contre le cancer avec Nicolas Rossignol. Donc, je sais que c'est un profil hyper talentueux. C'est une association que j'aime beaucoup, que je respecte beaucoup. J'essaie de recruter aussi pour eux un chef parce qu'ils ont un food truck pour effectivement aller donner des repas dans les hôpitaux. Pendant l'été en particulier, puis soulager aussi un peu les parents. Voilà, je trouve que si on peut un petit peu utiliser notre connaissance, notre réseau, pour aussi faire un peu de bien et apporter aussi un petit peu de soutien à des personnes qui sont aussi en difficulté, ça fait partie aussi des leviers de la RSE quelque part.
- Speaker #1
C'est l'aspect humain qui est non négligeable. C'est-à-dire qu'on sert aussi à autre chose.
- Speaker #0
Voilà. Ça, ça fait chose. Et quand je vois tous les bénévoles dans ces associations, quand je vais au Téléthon pour prendre les réponses aux 36-37, ne serait-ce que deux heures, je me sens utile aussi. Voilà, je pense que ça fait partie des choses qu'il faut aussi avoir en tête, un petit peu.
- Speaker #1
Le faire soit d'un point de vue perso ou d'un point de vue pro. Est-ce que c'est finalement ton... l'éco-geste, tu sais, dans mes questions classiques que je pose à mes invités. En fin d'interview, j'ai cette fameuse question sur l'éco-geste qui est souvent plutôt environnementale, mais est-ce que toi, c'est un axe sociétal, finalement ?
- Speaker #0
Alors, on en a un ici qui n'est pas celui que je préfère, mais je vais m'expliquer pourquoi. En fait, à peu près un jour par semaine, on essaye de faire zéro papier. Donc, on ne peut pas imprimer de questionnaire, on ne peut pas imprimer une proposition, pas de mail, etc. Moi qui viens de l'audit et qui ai été formée au TIC d'audit, c'est-à-dire quand je dois tester ou que je veux revalider un questionnaire ou que je veux comparer, que tous les objectifs de la proposition sont bien couverts, j'avoue que c'est un peu frustrant parce que je suis habituée à ce double éclairage, entre guillemets, l'écran et le fait de pointer. C'est du détail, mais... C'est vrai qu'on essaye de le faire et que petit à petit, je m'habitue à passer 100% numérique. Mais dans les métiers comme nous, on demande pas mal de rigueur, de précision. C'est vrai que... Oui,
- Speaker #1
et puis ça abîme aussi les yeux, d'être tout le temps que sur l'écran.
- Speaker #0
Moi, j'ai énormément de mal, mais je le fais et j'apprends aussi à utiliser. Alors maintenant, on est tous sur trois écrans. Je ne sais pas si c'est plus responsable, finalement, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, mais on est obligé, parce qu'entre le PowerPoint, le questionnaire Word, Internet, on est tous en triple écran en termes de configuration. Mais on est ici, il n'y a pas beaucoup de papier. On a véritablement bien réduit aussi la consommation de papier, cartouches d'encre, tout ça.
- Speaker #1
Le numérique est responsable, il y a un autre... Il y a un autre sujet, un autre débat, mais qui n'est pas négligeable versus le papier et les forêts qu'on détruit aussi.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que pour moi, c'est un exercice difficile, mais je vois l'équipe, ils sont plus habitués que moi.
- Speaker #1
Ils ont moins connu les armoires remplies de papier et de dossiers.
- Speaker #0
Oui, voilà, moi je viens de l'audit, donc chez KPMG, on avait les classeurs, il fallait dire...
- Speaker #1
Le suivi,
- Speaker #0
les historiques. Il fallait pointer qui allait chez quoi. Si le manager, il fallait qu'il signe. C'est un process différent, mais ça se gère d'un point de vue électronique. Mais il faut se faire un peu violence. Pour moi, c'est un peu nouveau.
- Speaker #1
Donc ça, ça marche une fois par semaine ?
- Speaker #0
Une fois par semaine,
- Speaker #1
oui. Petit à petit, ça fait changer un peu les mentalités. Oui,
- Speaker #0
parce qu'il n'y a quasiment plus que moi qui imprime. Je suis caricaturée, mais je pense qu'il n'y a plus que moi.
- Speaker #1
Donc encore quelques efforts, Valérie. Il y a quelques mois, il y a une caméra.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que c'est pas intuitif, en fait.
- Speaker #1
Donc ça, c'est l'éco-geste. Après, j'ai ma question classique sur le nom de mon podcast, Marker, qui fait que je suis convaincue que le marketing durable, c'est le marqueur de la bonne santé des entreprises. Et aussi parce que quand on fait les choses avec le cœur, eh bien, on en marque les gens plus loin. Est-ce que ça aussi, ça t'inspire quelque chose, ce nom, Marker ? Oui,
- Speaker #0
moi, j'aime bien parce que ça En termes d'évocation, tout de suite, je sens la notion de sens, je sens la notion d'écoute, mais je sens surtout quelque chose qui m'interpelle et que je trouve qui est important aussi pour les marques, c'est l'émotion. Aujourd'hui, les marques, elles n'existeraient pas si elles ne suscitaient pas, pardon, je vais y arriver, des émotions, soit pour séduire, soit pour fidéliser, soit pour effectivement aussi donner envie. On a tous des marques qu'on juge désirables, qu'on aimerait un jour avoir. et donc j'aime bien la notion de marqueur parce que c'est à la fois les marques c'est dans leur mission de nous séduire aussi un peu avec le coeur et avec les émotions qu'elles peuvent susciter ou générer, donc moi c'est ça que j'aime bien
- Speaker #1
Merci, j'aime bien ce lien que tu fais avec la partie émotionnelle émotionnelle,
- Speaker #0
moi je pense que c'est aussi
- Speaker #1
Ou donner du sens. Je pense qu'il y a des marques qui disparaîtront dans les prochaines années parce qu'il n'y a pas cette notion de sens, il n'y a pas cette notion d'attention portée aux humains, d'attention portée à la planète, d'attention portée aux autres. Et quand c'est que, juste pour le bénéfice en one shot et en court thermiste, à un moment donné, ça va s'arrêter. En tout cas, je pense que c'est ça.
- Speaker #0
Je suis persuadée que... Toutes les innovations, ce que j'appelle les innovations un peu opportunistes, que l'on teste parfois aussi, ou que je vois ou que j'observe, les consommateurs les sanctionnent assez vite en fait. Donc je suis assez d'accord qu'il faut éviter d'être trop opportuniste, trop one-shot. Les consommateurs sont très vigilants sur ces sujets-là.
- Speaker #1
Et tu arrives à avoir cette objectivité face aux marques, aux annonceurs qui sont tes clients, des fois de dire votre projet ou l'étude que vous m'avez demandé de faire ? Là, c'est du bullshit. Ça va être... Tu n'es pas sûre dans ces termes-là ?
- Speaker #0
Dans ces termes, mais parfois, ça nous arrive de tester des choses qui ne vont pas fonctionner. Ça fait partie...
- Speaker #1
Et tu le sens avant les résultats de l'étude ?
- Speaker #0
Assez souvent, oui. Comme dirait mon père, j'ai un gros nez, un nez un peu pointu, mais il ne me trompe pas souvent. Non, non, c'est vrai.
- Speaker #1
C'est l'expérience. Je n'aurais pas dit que tu avais répondu.
- Speaker #0
Mais c'est l'expérience aussi. On voit rapidement les gens, on sent ce sur quoi les consommateurs sont prêts à céder ou ce sur quoi ils sont prêts à payer aussi.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une campagne de pub, récemment, que tu aurais vue en te baladant dans le quartier de Saint-Lazare ou sur le téléphone, l'ordi, la télé dans le métro ou autre ? qui t'a soit marqué positivement, ou soit au contraire, où tu t'es dit, bon là, c'est un peu has-been, ou c'est du greenwashing ?
- Speaker #0
Oula ! Je trouve que les publicités qui m'ont marqué, enfin la publicité qui m'a marqué, ou les deux publicités qui m'ont le plus marqué d'un point de vue positif... Ces derniers temps, c'est des publicités pour BMW, BYD, donc en automobile. Je les trouve très esthétiques. Ils parlent aussi d'innovation. Ils parlent aussi un peu de RSE sur la consommation, le côté hybride, etc. Elles sont assez affûtées, je trouve. Des publicités qui m'ont marquée dans un sens un peu plus négatif. C'est compliqué là, chaud, mais... Il y a une publicité qui m'a interpellée, que j'ai vue hier ou avant-hier, qui est pour Naturalia. Et je n'ai pas bien compris d'ailleurs, c'est pour ça, tant pis. S'ils m'entendent, effectivement, je suis preneuse, je dirais, d'explications. Mais qui faisait le parallèle entre, entre guillemets, la Ménopause et Naturalia. J'ai vu ça dans le métro, je me suis dit, je ne comprends pas. Et ça m'a un peu interpellée.
- Speaker #1
Ok, alors là du coup comme ça, je ne la vois pas celle-là.
- Speaker #0
Moi je l'ai vue dans le métro, je me suis dit mais...
- Speaker #1
Tu ne voyais pas quel était le lien, le rapport. Pourquoi il voulait se positionner sur ce sujet-là.
- Speaker #0
Je n'ai pas compris.
- Speaker #1
Donc si on a quelqu'un qui nous écoute de Nature Ria,
- Speaker #0
je viens vous donner des explications. Après c'est dans le métro, c'est vrai qu'on a très peu de temps aussi pour... parfois pour observer, analyser une publicité, mais effectivement, elle m'a interpellée pour cette raison.
- Speaker #1
Donc, on peut te joindre directement sur LinkedIn.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ou sur PromisConsulting.com. Exactement. Et alors, du coup, la toute dernière question, parce que tu m'as parlé de l'aspect sociétal, mais s'il y a un invité, tu penses à qui ?
- Speaker #0
Moi, je pensais... J'ai en tête... Deux personnes. Nicolas Rossignol, qui gère Tout le monde chante contre le cancer. Parce que ça fait déjà plus de 20 ans qu'il anime aussi cette association. Et qu'il fait de la RSE sans le savoir, je pense aussi. Il y a Laurence Tieno-Armand aussi, du Téléthon. Je trouve que ce sont des personnes qui sont souvent dans l'ombre, qui mettent beaucoup en avant aussi les bénévoles. et les chercheurs, en l'occurrence. Ce sont ces deux coups de cœur, je dirais, en termes de personnalité aussi, qui peuvent être intéressants pour le podcast, parce que ce sont des personnes qui sont touchantes, ce sont des personnes qui ont aussi des histoires, et qui ont une énergie folle. Donc je pense que c'est ça aussi qu'on vient chercher quand on est marqueur, ou en tout cas qu'on vient chercher aussi à être ému, touché par effectivement aussi ces parcours, ces parcours de vie avec leurs difficultés comme leur bon moment. Et je trouve que ce sont deux personnes aussi qui ont beaucoup de sincérité. Nicolas a beaucoup d'humour et Laurence, elle a une humilité. Tellement exceptionnel aussi, je trouve que c'est un personnage attachant.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
C'est parfait, justement, je cherchais un invité, je participe, ça fait l'année prochaine, en 2026, ça fera la troisième année, au Podcaston, qui est chaque année une semaine où les podcasteurs et podcasteuses mettent en avant une association de leur choix. Donc, je l'avais fait avec Gustave Roussy, Fabrice André. sur la recherche contre le cancer du sein. Cette année, c'était avec l'association Le Rose et le Noir pour le site internet Solidarité Perruque, qui permet aux femmes qui recherchent une perruque en soins de chimio d'en obtenir une gratuitement, parce que c'est une plateforme de dons. C'est aussi là où j'avais eu l'occasion, ma maman qui est décédée, de me dire... Le sac où j'avais sa perruque que je gardais dans mon dressing, du coup, je l'ai déposé sur la plateforme et j'étais contente de pouvoir l'envoyer par la poste à une femme qui allait suivre sa chignot. Et là,
- Speaker #0
il faudrait à ce moment-là que tu interviews Annie Deveret. Je ne sais pas si tu la connais, c'est une autre amie. Annie, c'est elle qui a fait... Alors, elle, c'est aussi un personnage, du coup, c'est... Annie Deveret, c'est donc A-N-Y et puis Deveret D-A-V-R-A-Y. Annie, elle a démarré, elle a un parcours aussi très étonnant, elle a démarré comme soudeuse. Et comme elle était soudeuse, elle avait chaud à la tête, effectivement en particulier quand elle travaillait. Et un jour, c'est elle qui a eu l'idée de se dire, mais il faudrait que j'ai une espèce de perruque avec des trous qui permettraient à la tête de respirer. Et donc, elle a un brevet, elle a breveté des perruques aussi, et elle a vendu des perruques dans le monde entier. C'est drôle ça ? Oui, oui. Alors, elle a travaillé à la fois pour les perruques, donc tout ce qui est déguisement, carnaval, etc. Et aussi pour les personnes malades. Et ça, c'est une grande dame aussi qu'il faut interviewer.
- Speaker #1
Que tu connais aussi ?
- Speaker #0
Oui, c'est une amie. Elle est, comment dire ? Solaire. Oui, alors elle est plus que solaire. Elle a une énergie débordante. Elle a mille histoires à raconter. Elle connaît tout le showbiz. Elle connaît tout le monde. Elle est toujours avec son petit chien. Elle est d'une générosité folle. Elle a adopté des enfants avec l'association de Tina Kieffer. Au tout début, comme elle n'a pas réussi à choisir entre les enfants, je crois qu'elle en a adopté 6 ou 8, c'est un personnage. C'est vraiment quelqu'un, elle aussi, qui fait de la RSE sans le savoir. C'est une belle personne aussi.
- Speaker #1
Ça fait... Merci. Trois belles idées pour des podcasts humains, très humains.
- Speaker #0
Oui, très humains.
- Speaker #1
Mais ce qui me va bien aussi.
- Speaker #0
Ce sont vraiment des profils qui ont réussi à transformer des épreuves, chacun de manière différente, et à faire le bien autour d'eux, et toujours en ayant le sourire. Et jamais à se plaindre.
- Speaker #1
Ça, c'est la force des optimistes et de l'humain qui arrive à être résilient.
- Speaker #0
Oui. Les trois ont trois tranches d'âge très différentes, mais je trouve qu'ils partagent tous les trois ces qualités-là.
- Speaker #1
Oui. Bon, eh bien, plein de belles choses à venir.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Est-ce que tu as envie de conclure avec un mot, une phrase, un message, avant qu'on laisse nos auditeurs ?
- Speaker #0
Moi, je serais ravie d'avoir ceux qui ont écouté le podcast jusqu'au bout et qui ont pris le temps peut-être de parcourir le livre, d'avoir un peu leur retour. J'avoue que la plus belle récompense quand on a écrit un livre, c'est d'avoir un feedback en fait et de savoir ce qui leur a plu, ce qui leur a moins plu, ce qu'ils ont appris. Globalement, les retours d'expérience qu'on a aujourd'hui, c'est que tout le monde nous a dit « j'ai appris quelque chose » . Et ça, c'est la plus belle des récompenses, en tout cas le plus beau témoignage qu'on puisse recevoir. Donc voilà, si on peut avoir un peu de retour, on serait ravis.
- Speaker #1
Eh bien, le message est lancé. Donc ne méditez pas à trouver le livre, soit en librairie ou le commander auprès de votre libraire préféré. La RSE Maîtriser, Comprendre, Agir aux éditions Ellipse.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci Valérie pour cet échange passionnant.
- Speaker #0
Merci en tout cas d'être venue jusqu'à nous.
- Speaker #1
A bientôt.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté jusqu'au bout cet épisode. J'espère que mon invité ou mes invités vous ont inspiré et donné envie de passer à l'action. Alors n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute favorite. Vous pouvez évidemment me laisser un message sur LinkedIn ou Instagram en m'indiquant les sujets que vous aimeriez que j'aborde et les invités que vous aimeriez entendre. J'ai besoin de vos likes et abonnements pour faire connaître mon podcast. Alors, n'hésitez pas à en parler autour de vous et à partager sur les réseaux sociaux. Allez, je vous dis à très vite. Ciao !