- Diane CANTAN
Bonjour et bienvenue. Vous écoutez Markoeur, votre podcast 100% PME et marketing durable. Pourquoi ? Parce que le marketing durable, c'est le marqueur de la bonne santé de votre PME. Je m'appelle Diane Quentin et je vous propose de vous évader dans cet épisode avec un invité qui nous évoqueront sa vision du marketing durable et sa vision de l'avenir des entreprises liées aux enjeux RSE. Bonjour Catherine. Bonjour Diane. Quel plaisir d'enregistrer cet épisode ensemble, et aussi quel honneur. Je suis ravie en tout cas de partager ton expérience avec nos auditeurs du podcast Markoeur, parce que tu es entrepreneuse dans l'âme, spécialiste du digital, et j'aimerais savoir ce que tu penses du marketing durable. Alors, je vais te présenter. Vas-y. Et puis tu complèteras si… Il faut si tu veux, ça marche. Tu t'appelles Catherine Barba, donc plutôt entrepreneuse. Tu te surnommes la mamie du web, puisque tu as créé et dirigé un certain nombre d'entreprises, de start-up au démarrage du digital et du e-commerce. Et puis, après la vente de certaines entreprises, tu es devenue business angel. Tu as investi dans un certain nombre de boîtes, des structures innovantes, et notamment dans l'univers de l'univers. l'utile, tu mets en avant l'expérience client. Tu as reçu de nombreuses distinctions, récompenses, comme faisant partie des femmes les plus inspirantes de l'écosystème digital. Et là, tu viens de lancer en septembre 2022 en V-School, la formation à destination des indépendants qui soit hésitent à se lancer, qui veulent savoir si leur projet tient la route, qui ont besoin d'être guidés. Et puis, soit comme moi, des indépendants qui se sont lancés il y a un peu plus de temps et qui veulent challenger leur offre. Est-ce que tu veux présenter davantage ?
- Catherine BARBA
Tu as dit plein de choses déjà.
- Speaker #0
C'est bien,
- Speaker #1
c'est ma quatrième entreprise en vie. Et je recommence toujours avec le même bonheur. Et tu sais, les entreprises, tu les crées pour répondre à un besoin. Et moi, le besoin que j'avais identifié au début, c'est qu'effectivement, tu l'as dit, il y a de plus en plus de personnes en France qui veulent se mettre à leur compte. Je pense que c'est l'avenir du travail, l'indépendance. Il y a un déport de création de valeur économique, des grandes entreprises vers les plus petites. Et c'est ce que j'ai envie d'accompagner avec mes cofondatrices, c'est donner les armes, donner la compétence, l'entourage, pour réussir durablement. La visée, c'est la rentabilité durable, tu le sais, et durable à tous les sens du terme.
- Speaker #0
On va en parler du durable. Est-ce que pour nos auditeurs, on raconte un peu comment on s'est rencontrés ? Tu es intervenu à un de nos congrès en 2015 pour notre réseau d'enseignes de pharmacie, et notamment ta conférence abordait, certes, toutes les évolutions qui sont liées au digital, mais aussi pour nous parler de l'expérience client, de l'importance de la relation client dans le retail. Et puis, on s'est retrouvés là, il y a quelques mois, puisque j'ai suivi ta formation Envie de janvier à mars 2023. Deuxième promo des Audacieux, qui m'a apporté évidemment l'énergie, la motivation à fond à toute épreuve, qui m'a donné envie de lancer ce podcast Markoeur. Et du coup, j'apprécie particulièrement de faire partie de cette communauté Envie. Et j'incite tous les indépendants qui ne sont pas encore... dans la communauté Envie à aller rejoindre. Wouhou !
- Speaker #1
Bonne année !
- Speaker #0
Merci à toi, c'est tellement sympa de participer aujourd'hui et de faire partager ton expérience. Alors, première question qui est directe en lien avec Markoeur, le podcast, qui aborde le marketing durable, Markoeur de la bonne santé des PME, puisque quand on fait du marketing avec le cœur, on embarque tout le monde de façon plus durable. Qu'est-ce que ça t'inspire ?
- Speaker #1
C'est urgent. est nécessaire ce que tu fais. Je pense qu'inciter les particuliers, les dirigeants d'entreprise, quelle que soit leur taille, à aligner la tête, les tripes, le cœur dont tu parles, avoir en ligne de mire ta croissance, mais une croissance responsable, ce n'est pas une option aujourd'hui, c'est une nécessité.
- Speaker #0
Par rapport à Envie School, que tu as créé avec trois amis et cofondatrices, à quel point tu inspires ou tu incites les tout jeunes indépendants ou les indépendants qui se sont un peu installés depuis quelques temps vers un projet plus responsable, soucieux de l'environnement, en tout cas en lien avec tous les enjeux actuels ?
- Speaker #1
Tu le sais parce que tu l'as vécu, mais je suis contente de le raconter. En fait, quand tu viens chez Envie, que tu sois déjà indépendant, installé, tu l'as dit, ou bien tu veux te mettre à ton compte, il faut que tu construises ou questionnes ton offre. Donc évidemment, il faut que ça réponde à un besoin, un besoin mal adressé ou peu adressé, parce que sinon, s'il n'y a pas de place, ça ne sert à rien. Donc, quel est le besoin ? On travaille beaucoup là-dessus, on travaille beaucoup sur le côté, la singularité d'une offre. Évidemment, ça a toujours été vrai de se distinguer, d'avoir des avantages concurrentiels, amis. Comment j'arrive à formuler cette différence ? Jusque-là, finalement, rien de... C'est assez classique. Il y a un troisième pilier sur lequel on insiste tout autant, c'est est-ce que mon offre est responsable ? Est-ce qu'elle est utile ? Est-ce qu'elle répond à un besoin ? Est-ce qu'elle est unique ? Est-ce qu'elle exprime vraiment ma singularité d'entrepreneur ? Et est-ce qu'elle est responsable ? Dans quelle mesure ? Et il n'y a pas besoin pour cela d'être une bicorpe ou d'être une société à mission. C'est aujourd'hui, je suis à mon compte, je crée mon emploi. qu'est-ce que je fais ou que je ne fais pas dans les opérations du quotidien, dans le choix de mes partenaires, dans toute ma chaîne de valeur, pour, à ma mesure, limiter mon impact carbone et maximiser mon impact sociétal.
- Speaker #0
Ce que tu dis est tout à fait vrai pour les indépendants, mais c'est une évidence même pour les autres entreprises, PME…
- Speaker #1
Les grands groupes aussi.
- Speaker #0
Et les grands groupes, ça fait partie des... des basiques, ça c'est clair. Mais parfois, on a peut-être l'impression que c'est plutôt un sujet, c'est plus l'apanage des grands groupes, parce qu'on se dit qu'au vu de leur taille, alors qu'en réalité,
- Speaker #1
les indépendances, c'est quand même des millions d'individus, tu vois, mis au tabou, c'est 3,5 millions aujourd'hui en France, bientôt 10 selon les prévisions. Si chacun pose un acte qui va dans ce sens, bien évidemment, ça changera. Ça réfléchira, je l'espère, le cours de l'histoire.
- Speaker #0
Sur les années futures, si on parle un peu du passé, puisque tu as toujours été entrepreneuse, très attentive à cette expérience client, à quel moment tu as basculé sur cette conscience de marketing durable ?
- Speaker #1
J'y suis arrivée assez tard, j'ai l'impression. Je ne suis pas très fière de l'avouer, mais c'est vrai. Quand j'ai commencé à travailler, c'était peu du tout. du tout dans mes préoccupations. J'ai l'impression qu'on pensait résolument croissance, marge, mais que cette dimension-là était totalement exclue. Mais je n'étais pas une exception, me semble-t-il. À quel moment ? Je crois que c'est mon mari, en fait, qui, peut-être il y a un peu moins d'une dizaine d'années, a commencé à écouter copieusement Jean-Claude, à écouter... Aurélien Barraud donc on dormait dans le lit moi je dormais avec Jean Covici dans mon lit quoi et écouter des podcasts avant de s'endormir et en fait cette petite musique c'est long, je réalise à quel point la conscience d'un problème met du temps à t'habiter tout entier et ensuite que tu mets un temps fou à le traduire en actes donc je dirais que ça fait peut-être 8-10 ans un peu comme moi aussi Oui,
- Speaker #0
elle est mignonne. 2015 où j'ai démarré l'approche de l'IFSE. Et quand on parle de digital, on parle aussi de numérique responsable. C'est pareil. Est-ce que tu aimerais donner des conseils aux dirigeants d'entreprises qui ont passé le cap de la transformation digitale et il faudrait passer le cap maintenant de la transformation vers une offre plus durable ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a beaucoup d'entreprises qui ont véritablement... passer le cap, comme tu dis, notamment dans les PME. Si ce n'est pas le cas, vous qui nous écoutez, ne vous dites pas que vous êtes très en retard. En réalité, c'est un mouvement, c'est une itération permanente, parce que tout change tellement dans le numérique. Mais il me semble qu'aujourd'hui, si on doit requestionner la façon dont on fait, on parlait du retail tout à l'heure, de l'omnicanalité ou la façon dont j'utilise les outils, il faut sans cesse aujourd'hui se demander dans quelle mesure mes choix, quels impacts ont-ils sur l'environnement ? Et moi, je pense que si j'avais une PME aujourd'hui, je demanderais un audit peut-être de l'ensemble de mes opérations, de mes pratiques, de mon organisation, de mes investissements, et pour avoir, pas mon Nutri-Score, mais un score qui me permettrait de m'améliorer. On n'améliore que ce que l'on mesure.
- Speaker #0
Forcément, en point de départ, à un moment donné, ça peut être une étape de bilan carbone, ça peut être un autre audit dans cet esprit-là. Ok. Et alors, tu as passé aussi quelques années aux USA, à New York, entre 2015 et 2020. Est-ce qu'à l'époque, ou là-bas, avec les partenaires, les équipes, les entreprises que tu as rencontrées, Est-ce qu'il y avait écho au marketing durable, à la communication responsable, au numérique responsable ?
- Speaker #1
J'étais assez étonnée de l'Amérique que j'ai découverte. Il y avait un gap entre l'image que j'en avais et ce que j'ai vécu au quotidien. C'est beaucoup moins innovant. J'espère qu'il n'y a pas trop d'Américains qui nous écoutent, mais c'est beaucoup moins innovant que ce que j'avais imaginé. Et que tous ces sujets, même de transformation des organisations, de... dominicanales. Je m'attendais à découvrir des choses extraordinaires et en réalité, je me suis rendue compte que c'était assez archaïque en fait, à bien des égards. Et que notamment, j'étais aussi choquée de voir dans les rues de New York, tu as les lumières allumées toute la journée, les poubelles qui s'empassent jusqu'au plafond. Ce n'est absolument pas un modèle de transformation. J'étais pas... J'étais assez étonnée. J'ai en revanche, évidemment, j'ai exploré, j'étais à la tête de la French Tech New York, donc ça m'a donné l'occasion de rencontrer plein de startups américaines françaises. Et bien sûr que tout ce qui est tech for good depuis de nombreuses années, c'était déjà là. Donc j'ai rencontré des startups qui sont sur ce chemin-là, qui aident les entreprises à se transformer, qui sont elles-mêmes entreprises à mission, bicorps, etc. Mais l'Amérique n'est pas verte. on le sait bien, on regarde les chiffres c'est même effrayant je pense que là-dessus l'Europe est en avance et la France est aussi en avance le bilan carbone moyen des américains on est à plus de 25 tonnes c'est épouvantable on n'est pas beaucoup mieux je crois qu'on n'est pas loin de 10 tonnes en France il faut qu'on arrive à 2 tonnes 2 tonnes il faut faire violence l'Amérique en fait j'ai trouvé que Un pays où j'ai appris énormément de choses. Je me suis mise en risque, je me suis dépassée, j'ai fait un marathon, donné des cours à Harvard, rencontré Serena Williams. À titre personnel, tu vis des choses extraordinaires qui te font grandir, qui te rappellent aussi combien tu es petite. Mais en revanche, sur tous ces sujets green, j'avoue...
- Speaker #0
Il n'y a pas de bonnes idées à reprendre de là-bas, pas spécifiquement.
- Speaker #1
Il y en a toujours, il y en a partout. Étonnamment, la société qui m'a parue la plus avancée sur tous ces sujets-là, et qui n'est pas du tout américaine, c'est Nespresso. Alors qu'on a plutôt tendance à penser que Nespresso, avec ses capsules polluaires, pas du tout. Les dirigeants de Nespresso, ils ont vraiment cette proposition de valeur au cœur. Et donc, c'était une des rares entreprises qui m'a fait progresser. fait progresser sur le sujet. Tu vois, donc, c'est étonnant, n'est-ce pas ?
- Speaker #0
Alors, du coup, si ce n'est pas à New York, peut-être que c'est des inspirations quand tu as participé à l'émission. Sur M6, qui veut être mon associé, il y a peut-être eu des projets à ce moment-là qui t'ont inspiré ou sur l'économie circulaire, la matière, les projets de seconde main, des projets sur lesquels tu t'es dit, oui, je suis prête à investir pour l'avenir, pour les générations futures ?
- Speaker #1
En fait, c'était déjà le tournage de la saison à laquelle j'ai participé, c'était la saison 1, le tournage était en 2019, et déjà résolument, cette dimension verte colorait beaucoup. l'entrepreneuriat. Tu avais de plus en plus, je serais curieuse de regarder les stats de BPI de France, tu sais, avec la part des green startups ou des startups d'impact dans la famille startup. Mais donc, il y en avait déjà beaucoup. Bien sûr, il y avait plein de projets qui étaient présentés, que ce soit les cartes de Lulu, la petite, ici, qui fait des cartes à planter, les gars qui faisaient, c'était très prémonitoire, d'ailleurs, les masques pour être, pour respirer à vélo. Enfin, Mais c'est un peu biaisé parce que quand tu vas sur cette émission-là, en fait, le choix ne se porte pas sur… Ça n'a pas vocation à refléter ce que sont les startups. Leur choix, me semble-t-il, se porte sur des entreprises qui sont très télévisuelles parce que c'est aussi une émission… Oui, mais c'est une émission télé, donc il faut que visuellement, les produits soient là. Donc, ce n'est pas forcément des entreprises. Mais il y en avait beaucoup et ce qui m'a surtout marquée… C'est depuis septembre 2022 avec Envie, donc pendant les trois promos, la proportion de business individuels qui sont autour de l'ARSE comme le tien. Je suis, et c'est grande joie en même temps, c'est la preuve qu'il y a une urgence, une nécessité absolue.
- Speaker #0
Oui, si jamais les salariés quittent leur job dans des entreprises, qu'elles soient grandes, ETI ou PME, pour créer leur propre projet qui est en lien, pour donner plus de sens. C'est aussi qu'il y a une quête de sens, qu'il y a une révolution du travail aussi.
- Speaker #1
Après, il faut bien se garder de pensées schématiques. Ce n'est pas simplement dans l'entrepreneuriat que l'on trouve du sens. Tu le sais, tu as été salariée longtemps. Ce n'est pas l'apanage des entrepreneurs que de trouver du sens, de l'autonomie dans son boulot. Je connais des salariés qui ont... beaucoup de sens. Il y en a, oui, il y en a quelques-uns. Non, mais il y en a. Donc, cette dichotomie-là n'est pas toujours juste. Mais c'est vrai qu'il y a cette aspiration à trouver de l'équilibre, du sens dans l'entrepreneuriat et notamment l'entrepreneuriat individuel. C'est plus facile d'arriver à l'équilibre quand tu as juste toi. Voilà, ton PNL, il est plus simple à gérer. Et c'est vrai que c'est plus facile quand on est un petit équipage et qu'on n'a pas d'héritage de se dire, voilà, je crée une boîte. Comment je vais définir des règles qui vont être favorables, un, quand même, qui vont générer du chiffre d'affaires, c'est bien, et de la marge, pour que je puisse me rémunérer, ça c'est quand même la base de tout. Et comment cette préoccupation quand même d'impact est là, parce qu'on est en 2023.
- Speaker #0
Et que dire, du coup, à des dirigeants de PME qui ont envie de donner peut-être plus de sens, ou d'impliquer, d'embarquer leurs collaborateurs, donc sur ce volet social, et vous dirige peut-être ? Peut-être pas encore. Si on le fait en vue d'embarquer ses collaborateurs, c'est bien, mais l'important, c'est pourquoi tu veux le faire. Qu'est-ce qui fait que... Et ce n'est pas facile pour toutes les industries.
- Speaker #1
C'est aujourd'hui, tu sais, tu ne l'as pas dit dans mon introduction, je suis administratrice du groupe Renault depuis cinq ans.
- Speaker #0
Je n'ai effectivement pas tout cité.
- Speaker #1
Mais oui, c'est ça. Oh, elle fait trop de choses, cette dame. Mais je vois bien à quel point... En fait, cette dimension RSE, petit à petit, est en train de colorer toutes les prises de décision. Forcément, aujourd'hui, j'ai vu qu'il y avait bientôt un colloque de Ousbek Erika, c'est peut-on encore aimer la voiture ? Et c'est vrai, c'est quand même là, on est au cœur d'une industrie qui se transforme avec un impératif qui est impérieux d'intégrer de la RSE dedans. Donc, aujourd'hui, tu vois, un indicateur intéressant, Merci. Moi, je connais plus les très grosses boîtes, les toutes petites, les PME. Je les connais moins encore. Mais je vois bien qu'un indicateur intéressant, c'est qu'il y avait d'un côté, il y a quelques années, le comité stratégique de Renault et de l'autre, le comité RSE. Et il y a moins d'un an, ces deux comités ont fusionné. Tu vois, c'est quand même un marqueur assez fort. C'est récent. Pour dire, au fond, ce n'est pas l'un ou l'autre. C'est comment est-ce qu'on arrive à concilier. C'est tout l'enjeu. Et je ne sais même pas si c'est possible en vérité. Merci. croissance et avec ce respect de l'environnement ou des générations futures.
- Speaker #0
C'est un peu ça, c'est aussi pour toutes les entreprises de pouvoir challenger leur offre. Là, tu parles de la transformation du transport ou de la voiture, mais c'est le cas pour toutes les entreprises, tous les dirigeants, c'est-à-dire à quel moment mon offre peut-elle devenir plus durable dans le temps, mais justement parce que comme il y a des évolutions fortes d'un point de vue environnemental, planétaires, sociaux, etc. Il y a besoin de rendre l'offre. Durable dans le temps et accessible pour l'environnement.
- Speaker #1
Ce qui est durable, ce qui fait que ton entreprise est durable, tu le sais, ce sont les gens qui font l'entreprise. Aujourd'hui, tu n'attires plus un seul talent si tu n'as pas un engagement sociétal ou environnemental fort. Tu les attires, mais tu attires un peu les deuxièmes couteaux. Je me crois que les vrais bons, ils ont quand même envie. Je ne sais pas, après on en discutera si vous n'êtes pas d'accord, vous qui nous écoutez, mais il me semble que quand tu es vraiment, tu as la tête bien faite et que tu as envie. contribuer à ta mesure, à construire le monde dans lequel tu aspires à vivre, tu as quand même envie de bosser si tu n'as pas envie de créer ton entreprise pour une entreprise qui a cet engagement hyper fort. Donc, si toi, en tant que dirigeante PME, tu n'as pas cet engagement-là, tu risques d'attirer des deuxièmes couteaux, ça c'est sûr. Et puis, deuxièmement, comment tu vas attirer des clients ? Je veux dire, je fais l'arbitrage, je ne sais pas comment tu fais toi, mais quand je vais acheter, déjà, j'achète moins qu'avant, toutes sortes de choses. C'est bien ça, mais on est... c'est pas de la décroissance mais c'est juste une consommation plus raisonnée c'est je regarde plus qu'avant, tu regardes toi la composition des produits, la provenance tu vois l'engagement de l'entreprise donc si une entreprise n'a pas cet engagement là et tu vois je sais que tu connais ça bien mieux que moi mais un t'attires pas les bouts de talent et sans talent point de croissance et t'as moins de clients donc même si on a pas cette nécessité chevillée au corps, on dort pas avec Jean Covici, et ben je pense que c'est pas mal Merci.
- Speaker #0
c'est très bien aussi je pense qu'on est un peu le fossoyeur de son entreprise c'est juste une évidence que de se poser ces questions là ou en tout cas de prendre le temps bien sûr, de questionner cette prise de hauteur pour se dire qu'est-ce que je veux Quelle est ma raison d'être ? Tu vois,
- Speaker #1
ce sujet de la raison d'être. Oui,
- Speaker #0
sans être obligée d'aller jusqu'à l'entreprise à mission et de changer ses statuts.
- Speaker #1
Non, non, mais bien sûr. Mais c'est quand même important de dire comment j'intègre cette dimension-là, parce que c'est fédérateur. Et puis, on a une responsabilité quand on est dirigeant d'entreprise aussi, tu vois, en tant que citoyen, je pense. Donc, comment je l'exerce et comment j'embarque avec moi, non seulement mes collaborateurs, mais aussi tout mon écosystème. Tu vois, par exemple, je pense à Renaud, pardon, tu vas croire que j'ai vu la lumière, mais un peu quand même. Renaud a lancé une université qui s'appelle Renaud, avec le petit jeu de mots, to know, savoir, université, qui a pour ambition de former 20 000 personnes à horizon 2025, donc sur l'upskilling, reskilling des métiers, parce qu'il y a une obsolescence avérée dans tous les métiers. Et donc l'idée... il y a deux trucs qui sont géniaux c'est d'un côté je vais former mes collaborateurs à tout ce qui est cybersécurité, économie circulaire enfin des sujets de demain mais là où c'est encore plus fort c'est que c'est au-delà de l'entreprise c'est une formation, une université qui est ouverte aux partenaires tu vois, donc aux fournisseurs donc ça ça fait, je crois que c'est la plus grande université d'Europe et ça je trouve que ça relève de la responsabilité de l'entreprise donc je suis assez fan de ce que le groupe est en train de faire depuis le virage qui a été pris c'est vrai il y a du boulot encore bien entendu mais on
- Speaker #0
partait de loin c'est marrant parce que quand tu m'as dit le re-no je pensais au re avec toutes les notions qui sont spécifiques du réparer,
- Speaker #1
recycler oui bien sûr Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Au-delà du to-know, avec l'esprit de transmission.
- Speaker #1
Ah oui, il y a les deux, en fait.
- Speaker #0
Mais il y a les deux.
- Speaker #1
Il y a l'autre qui peut être utilisé.
- Speaker #0
Je n'avais pas pensé. Est-ce que, justement, toi, dans les investissements que tu as faits ou tu apportes tes conseils ou tu as associés, est-ce qu'il y a des entreprises qui sont spécifiques sur ces marchés-là ?
- Speaker #1
En fait, c'est devenu ma thèse d'investissement. Donc là, depuis Envie, ne m'envoyez plus de dossiers SEO. J'en reçois beaucoup et j'adore, mais là, tu sais, quand tu es focus sur quelque chose, il ne faut pas s'éparpiller. Donc là, je suis sur envie. Mais néanmoins, j'ai investi dans une vingtaine de startups et depuis quelques années, j'avais une thèse d'investissement qui était plutôt sur trois volets. La première, c'est que j'essaie d'investir dans des projets portés par des équipes mixtes ou féminines. Non que le talent est un sexe, mais parce qu'il y a quand même un déséquilibre choquant à rétablir. Donc, je mets plutôt mes sous dans des boîtes de femmes ou des équipes mixtes. dans des... Des métiers qui sont au début, comme j'ai longtemps travaillé dans le retail, je connaissais bien cette industrie, les acteurs, les enjeux, donc plutôt dans tout ce qui était retail tech. Et le troisième volet, c'était avec cette dimension d'impact. Et donc, mes deux derniers investissements, qui sont chez deux femmes que j'estime infiniment. De super nanas, il y en a une, c'est Adatex School. C'est Chloé Hermary. C'est une école pour former des développeurs. Dieu sait s'il y a un besoin aujourd'hui. Tu vois, dans la quête des talents, dans la pénurie de talents, il y a besoin de ça. Et donc, Adatex School, elle forme des femmes et d'une façon très inclusive. Enfin, il n'y a pas besoin de formation particulière. Donc, au métier, si recherché de développeur. Et l'autre, c'est Maud Cailliau de Green Got, la banque verte, qui est tellement, tellement... une vente, elle a moins de 30 ans Maud, tu m'impressionnes voilà donc c'est oui mais bien sûr les investissements que j'ai fait sont évidemment drivés par cela, si tu as envie de mettre ton argent quelque part aujourd'hui, c'est vraiment pour soutenir des projets qui sont habités par cet impératif on le sent on le voit,
- Speaker #0
vous ne la voyez pas Catherine, parce que vous l'entendez et moi je la vois, elle est habitée par la tristesse Merci. C'est bien ça. C'était quand la dernière fois que tu t'es mise à la place de quelqu'un ? Parce qu'un marketeur, c'est sa base.
- Speaker #1
C'était il y a un quart d'heure, quand tu es arrivée. Et je me suis dit, qu'est-ce que Diane, tu vois, en fait, forcément, tu vois, qu'est-ce qui est important pour elle ? Qu'est-ce qui va faire que notre échange va être fructueux pour elle ? Qu'elle va en tirer du plaisir et au même temps que ça va faire grandir son business d'une autre manière, tu vois ? Voilà, je le fais.
- Speaker #0
Ce principe du marketing, tu le fais en permanence ? Monsieur Jourdain ? Oui,
- Speaker #1
je ne sais pas. En fait, je pense que c'est un réflexe. Encore une fois, il n'y a rien de meilleur en plus que de se mettre à la place d'autres. Il n'y a rien de plus difficile aussi. Mais c'est comme tout, ça se muscle. Si tu le fais souvent, tu vas avoir…
- Speaker #0
C'est ce que tu fais aussi quand tu donnes des conférences dans les entreprises. Du coup, tu te mets à la place de l'auditoire. Mais c'est clair. Tu te dis,
- Speaker #1
mais les gens ont passé une journée horrible. Ils se sont ennuyés à mourir au boulot. Ils résolvent des problèmes incroyables. Ils ont envie de passer un bon moment. Je vais essayer de te dire ce que moi, j'aimerais entendre si j'étais à leur place.
- Speaker #0
Du coup, tu leur appelles ta pêche, ton sourire, ton énergie. Elle va vendre complètement.
- Speaker #1
J'espère que c'est communicatif. J'en ai tellement.
- Speaker #0
C'est l'air. En tout cas, pour ceux qui te suivent. Henri, alors tu es aussi administratrice de 100 000 entrepreneurs. Oui. Où j'interviens aussi auprès des jeunes. Génial.
- Speaker #1
Il faut y aller, mes amis.
- Speaker #0
Pour leur transmettre ma passion de l'entrepreneuriat, pour leur dire que c'est possible de se mettre à son compte, de créer sa boîte, que ce soit les jeunes hommes ou les jeunes femmes. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire aux jeunes qui voudraient se lancer dans l'entrepreneuriat, mais justement pour une cause durable, une cause plus responsable ?
- Speaker #1
Alors tu vois, c'est drôle que tu parles de ça, parce qu'en fait, il y a quelques semaines, j'ai fait une intervention dans une école du Créme-Limbicêtre extraordinaire, une institution Jeanne d'Arc, je crois que c'était. Et je me rends compte qu'il ne faut pas venir avec un propos descendant, quand tu parles à ces jeunes-là. Moi, je viens avec beaucoup d'humilité et je les fais beaucoup parler en réalité. Ils ont tellement à nous apprendre, tu vois, à cet égard. Donc, il faut prendre sa pyramide des priorités et la retourner. Ils ont beau être en quatrième, et avec tout à prendre, ils sont d'une acuité de... Le niveau était très, très bon là où j'étais. Et des gamins qui posent des questions très pertinentes et qui ont ces sujets-là, ça fait partie de leur ADN, beaucoup plus que moi en quatrième, en réalité. Donc, tu vois...
- Speaker #0
On ne parlait pas.
- Speaker #1
Mais pas du tout.
- Speaker #0
Mais ça n'existait pas.
- Speaker #1
Mais de quoi parlait-on ? Je veux dire, on était complètement endormis. Ce n'est pas possible. Et en fait, on... Quand j'y vais, je raconte un peu mon histoire, mais je leur pose aussi beaucoup de questions. Et je pense que c'est l'inverse. C'est eux qui ont aussi à nous apprendre beaucoup. Donc, j'y vais avec plus de questions que de certitudes.
- Speaker #0
C'est aussi ce que j'apprécie avec ces échanges-là. C'est aussi ce que j'apprécie dans les cours que je donne aux étudiants. C'est génial. On apprend toujours de toutes générations, d'ailleurs. Les plus âgés, nos aînés, mais aussi les plus jeunes. Est-ce qu'il y a une campagne de pub que tu as vue à la télé, à la radio, en affichage sur ton téléphone, sur les réseaux, qui t'ont inspirée récemment avec ce lien de marketing durable, de communication responsable, de faire attention à la planète ? Je ne vais pas te parler de Renault encore, parce que je vais prendre des tomates. On va faire une pub. Non, mais sûrement, parce que je les regarde plus que ça. Je ne sais pas,
- Speaker #1
quand est-ce qu'on regarde des pubs aujourd'hui ? Je me demande, je ne regarde pas la télé. Qui regarde la télé encore ? Je regarde peu de vidéos parce que j'ai vu que ça consommait terriblement. C'était dans l'optique d'arriver à 2 tonnes pour se calmer avec les vidéos. Je ne vais jamais sur YouTube. C'était peut-être une campagne d'affichage. Je suis assez peu réceptive à la publicité en fait. Tu vois, c'est drôle, je regarde tous les mécanismes d'influence, qu'est-ce qui fait que je vais avoir envie de préférer cette marque plutôt que l'autre. En fait, ce n'est pas la pub. Donc, la pub...
- Speaker #0
Pas trop de pubs inspirantes.
- Speaker #1
À part Renaud, je te dis. N'importe quoi. C'est vrai.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un éco-geste que tu aimerais nous partager, que tu partages peut-être avec ta fille ou avec d'autres jeunes de la future génération ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que j'ai comme éco-gestes qui ont de l'impact ?
- Speaker #0
Qui ont l'impact à ton niveau ? Celui qui me coûte le plus,
- Speaker #1
c'est la viande rouge. Je suis tellement... fan de viande, donc je me force à moins en consommer donc c'est ça je suis de viande rouge, je crois que ça c'est un gros truc, je me force aussi à moins voyager en avion
- Speaker #0
J'utilise du savon solide. Non, mais c'est passionnant. C'est là qu'on a perdu tous les auditeurs. Non, mais je ne suis vraiment pas exemplaire. Mais je fais des efforts. Je crois que c'est important. J'aimerais avoir une douche avec un petit... Il ne tient qu'à moi de l'acheter. Le petit compteur d'eau, la minuteur. Ne plus acheter de coton pour se démaquiller. Mais prendre... Ça, j'en ai d'ailleurs aussi. Donc, j'essaye de cocher les cases. Là, dans La Croix de ce week-end, le magazine La Croix, qui est extraordinaire, je trouve. C'est une lecture intelligente. Il y avait tout ce dossier sur comment réduire mon empreinte carbone. Et je regarde un peu tout. Et je pense que, comme chacun, tu vois, je... Mais je lutte.
- Speaker #1
C'est fou, hein.
- Speaker #0
On a des plis qui sont installés.
- Speaker #1
En fait, c'est ça. C'est des réflexes à avoir. Et tant qu'on a tout disponible... ou d'accessibles. Toi,
- Speaker #0
c'est quoi ton éco-geste ?
- Speaker #1
L'éco-geste, tu parlais des lingettes, des maquillantes, ou en tout cas des cotons de maquillante. Ça fait quelques temps que j'ai plus de faire attention à l'eau, à l'électricité, sur la partie numérique responsable, de faire en sorte que mon téléphone soit chargé entre 20 et 80 %, de débrancher le chargeur après. C'est plein de petits gestes. Du quotidien, comme ça, qui ne font pas tout révolutionner, mais c'est pareil, comme tu dis, je suis loin d'être parfaite, on essaye d'avancer à notre niveau.
- Speaker #0
Non, mais il faut surtout avoir en tête où sont les quick wins, en fait, parce qu'il y a beaucoup d'actes sur lesquels on peut changer, tenter de changer nos habitudes, mais autant le faire sur ceux qui ont le plus d'impact, tu vois. Donc, c'est effectivement l'avion, les déplacements,
- Speaker #1
le transport, et l'alimentation. J'ai peu de transport. Moi,
- Speaker #0
je n'ai plus de voiture à Paris, tu vois. Donc là, j'ai résolu le sujet. Et pas de voiture. D'ailleurs, merci pour l'humanité, je dirais plutôt. Je suis une piètre conductrice. Donc, voilà. Et donc, vraiment s'efforcer de le faire, c'est difficile, mais c'est nécessaire, bien sûr.
- Speaker #1
Dernière question. Allez. Quel futur invité aimerais-tu que je convie à mon podcast, Markoeur ?
- Speaker #0
Ah bah, Chloé R. Marie ou Maud Caillot.
- Speaker #1
Eh ben, parfait, impeccable. On va parler de leurs projets. Non,
- Speaker #0
mais elles sont vraiment, pour le coup, c'est vraiment des filles qui t'embarquent. Elles ont l'énergie de leur jeunesse, tu vois, des convictions qui sont intactes, qui sont puissamment communicatives et puis qui se traduisent par des actes, tu vois. Maud, il y a bientôt 15 000 personnes, tu vois. C'est la carte en bois, la petite carte gringote. et c'est... absolument remarquable ce que fait Chloé aussi. L'une et l'autre.
- Speaker #1
Des projets inspirants pour les auditeurs. Un grand merci pour ce partage, Catherine.
- Speaker #0
C'était top.
- Speaker #1
Merci à toi. Merci beaucoup. Merci Diane. Et à très bientôt. A bientôt. N'hésitez pas à vous abonner à Markoeur et à liker l'épisode. A très vite !