- Diane Cantan
Bonjour et bienvenue sur Marker, le podcast 100% marketing durable, car je suis convaincue que le marketing durable est le marqueur de la bonne santé des entreprises. Je m'appelle Diane Cantan et après plus de 25 ans en marketing et communication et 10 ans de RSE, j'ai décidé de partager ces convictions en réalisant des épisodes en solo ou avec des invités. où j'aborde les différents sujets de marketing durable, communication responsable, numérique responsable et plus largement des enjeux liés à la RSE et au management. Aujourd'hui, nous allons parler de deux sujets qui me passionnent depuis de nombreuses années, la communication et la RSE. Alors ça, c'est une super chance. Je ne veux pas savoir comment je suis ravie d'être là. Caroline, en plus, on est super bien accueillis, en décor magnifique, coucouning, ça va être un moment au top. Alors, mon invitée du jour est Caroline Darmon, tu es directrice RSE de chez Publicis Group, une agence de com et de pub qu'on ne présente plus, parce que tu auras l'occasion aussi de toi d'en parler. Et puis Caroline, tu as été recommandée par Fanny Pelpel, que vous avez sûrement découvert ou écouté dans l'épisode n°60. sur l'association Tout le monde contrôle le cancer. Donc merci Fanny, un petit clin d'œil pour toi. Depuis plusieurs années, Caroline, dans ton métier, dans tes missions, tu accompagnes la transformation des métiers de la com, du marketing, du média, de l'influence, de les créations pour des pratiques plus durables. Donc tu vas nous expliquer tout ça. Et ce sont des actions indispensables quand on sait à quel point les agences jouent un rôle clé. dans les imaginaires, les récits, les comportements de nous en tant que consommateurs et citoyens. Et puis quand on a préparé l'entretien, j'ai été impressionnée par ton parcours, par tout ce que toi tu as fait, tu as mené au sein de Publicis, et en même temps ce que Publicis fait d'une manière avec pour moi un intérêt général vis-à-vis du secteur. Donc ça c'est clairement quelque chose que j'ai envie de partager et qu'on évoque ensemble. Donc ravie de t'accueillir, merci. de prendre ce moment et ce temps avec nous aujourd'hui. Merci. Bonjour Caroline.
- Caroline Darmon
Bonjour, merci. Je suis ravie d'être avec toi et avec vous aujourd'hui et puis ravie que ce soit Fanny en effet qui m'ait recommandé puisque tout le monde contre le cancer a une place particulière dans mon cœur parce que ça fait 20 ans que je connais Nicolas Rossignol qui est le président fondateur bénévole et que c'est quelqu'un que j'admire profondément et son association pareil. et d'ailleurs ça fait quasi 20 ans que Publicis accompagne tout le monde contre le cancer en pro bono presque depuis le début et nous étions encore pas plus tard que lundi soir au Folies Bergères pour cette fois-ci les Talents Chants contre le cancer c'était une magnifique soirée et la chorale Publicis a même gagné le prix des chorales donc on est hyper fiers tout à fait sympa
- Diane Cantan
sympa comme événement. Je n'ai pas pu y être, mais j'imagine qu'effectivement,
- Caroline Darmon
ça devait être C'est toujours beaucoup d'émotions et d'émotions positives. Et c'est ce qui distingue notamment cette association sur le côté très... Il y a de la joie. Comme dit toujours Nicolas, on va faire une minute de bruit et pas de silence. Et la signature que nous avons trouvée d'ailleurs chez Publicis, leur colle à merveille. Donc, il y a de la joie, il y a de la vie et c'est exactement ça.
- Diane Cantan
Oui, c'était tout à fait exactement ce qu'elle reflétait. très bien de par les actions, l'assaut, les couleurs, la com qui est derrière. Donc, on sent la patte de publiciste. Alors, si j'ai ma première question un peu classique sur ton parcours, qu'est-ce qui t'a amenée ? Parce que tu ne faisais pas de la RSE au départ. Donc, explique un petit peu à nos auditrices et auditeurs d'où tu viens et ce qui t'a amenée à être qui tu es aujourd'hui.
- Caroline Darmon
Alors moi, j'ai un parcours de publicitaire hyper classique. Merci. puisque j'ai fait d'abord une dizaine d'années chez Avas, dans une agence où je m'occupais de clients et je me suis aussi occupée du newbies et un petit peu de planning stratégique. Puis après, je suis arrivée chez Publicis. Dans quelques jours, je vais fêter mes 20 ans chez Publicis. Donc, belle médaille. Et j'ai repris à ce moment-là chez Publicis vraiment mon rôle de commercial. Donc, j'ai accompagné énormément de clients dans le développement de leur stratégie de marque, de communication, les campagnes de communication, etc. J'ai adoré ce métier, ça a vraiment été pour moi... Un métier que j'adorais exercer au quotidien, j'ai adoré, notamment c'est un métier très humain forcément, les profils avec qui on travaille, le fait d'être, quand on est responsable commercial, on est au cœur en fait de tout le déroulé d'une campagne de communication. Et donc du coup on est un peu le chef d'orchestre et c'est vrai que j'ai vraiment adoré. Et puis travailler sur la chance que j'avais aussi bien dans l'agence où j'étais de Havas que... chez Publicis aujourd'hui, de travailler pour des grandes marques, avec des moyens aussi qui permettent de faire des choses. C'était quand même... Une fois encore, j'ai adoré ce métier. Et en même temps, la petite crise de la quarantaine est arrivée, comme tout le monde. Et en fait, j'avais peut-être une particularité, moi, quand je faisais mon métier. La première, c'est que je n'aimais pas rester plus de trois ans sur un client, parce que j'estimais au bout de trois ans qu'on le connaît très bien. Ou trop bien. Et voilà, trop bien. Et donc potentiellement, on ne va pas... on va plus se challenger, on va anticiper déjà les réactions et donc plus forcément challenger aussi les créations, challenger les briefs même qu'on fait, etc. Essayer d'aller plus loin, d'oser aller plus loin aussi pour ses clients. La deuxième particularité, c'est que je n'aimais pas être sur un seul client. J'avais toujours, même quand à un moment je travaillais pour L'Oréal et Biotherme, qui occupent bien à 100%, mais j'avais quand même besoin d'une petite bouffée d'air, donc je n'ai jamais eu qu'un seul client. Donc ça, c'était important. Et la troisième, et ça, j'en ai toujours fait, j'ai commencé ma carrière, c'est d'accompagner en pro bono des associations. Ce qui fait que, du coup, j'ai non seulement, je pense, une culture assez large des secteurs, puisque j'ai travaillé sur plein de secteurs avec mes clients, et un réseau aussi associatif assez large et qui me sert vraiment à cœur et donc, du coup, qui fait aussi un peu cette force. Et en effet, plus ou moins crise de la quarantaine, mais il y a Je voyais aussi, c'est un travail qui est passionnant, mais très prenant. Et puis, je vais faire la vieille, mais l'avènement d'Internet a bousculé complètement les métiers. C'est ce qu'on a vécu. Voilà, exactement. Ça a été vraiment une transformation en profondeur, donc avec énormément de choses très positives, mais aussi des choses plus compliquées à gérer. Tout au début, heureusement, ce n'est plus du tout le cas, mais tout au début, j'avais certains clients qui me disaient « Ah mais non, mais un film sur Internet, ça ne doit pas coûter cher. » Et puis d'ailleurs, moi, je vais le faire avec mon téléphone. On va réexpliquer la valeur d'une agence, de l'apport d'une agence, de créatifs qui ont fait des études. C'est un métier, etc.
- Diane Cantan
On en reparlera aussi tout à l'heure, mais on retrouve le même parallèle entre le digital et maintenant l'IA.
- Caroline Darmon
L'IA, exactement, tout à fait. Donc voilà, puis je me posais pas mal de questions. Et puis là, je te la retraite, t'étais loin. Elle l'est encore. Et en fait, c'est un peu par hasard que j'ai rencontré la vice-présidente en charge de la RSE, donc CSR, Au niveau du groupe Publicis, je l'ai rencontré en 2013. Et là, je me suis rendue compte qu'il y avait un service qui existait. Qui existait déjà depuis longtemps, parce que là, ça fait quasi 20 ans que ce service au niveau du groupe existe. Qu'il y avait énormément de choses qui étaient faites au niveau du groupe, mais que ça ne redescendait absolument pas au niveau des agences. Et donc, du coup, je me suis dit, mais ce n'est pas possible. Je me suis un peu plus intéressée au sujet. Je me suis rendue compte, moi j'estimais à ce moment-là que, pour moi, c'était une transformation en profondeur des entreprises qui arrivaient. Au même titre que la transformation digitale.
- Diane Cantan
Tu l'as senti, tu t'es dit,
- Caroline Darmon
c'est pas juste une tendance. Quand on commence à s'intéresser au sujet, quand on commence à regarder les études du GIEC, à se dire qu'il y a un truc qui s'appelle l'écoffre, il y a plein de choses, le rapport Midos, etc. Et que ça ne fait pas juste deux ans qu'on en parle. On se dit, justement, quand on parle de durabilité des entreprises, on en parlera un peu plus tard, mais en fait, ce sujet-là... est indispensable pour les entreprises. Et donc voilà, je me suis rendue compte de tout ça. Et à ce moment-là, moi j'étais chez Publicis Conseil, et le patron de Publicis Conseil, c'était à l'époque Arthur Sadoun, qui est devenu notre grand chef à tous aujourd'hui, donc notre président Publicis Group. Et donc j'avais été voir Arthur en 2013, et il me dit, écoute, voilà, il y a une tendance, mais ce n'est pas une tendance éphémère qui est en train de se passer, ça s'appelle la RSE, le développement durable. La responsabilité, tu l'appelles comme tu veux, mais il faut qu'on s'en saisisse pour les collaborateurs en interne, pour nos clients, pour nos parties prenantes. C'est hyper important. Et comme je dis toujours en rigolant, j'aurais adoré l'enregistrer à ce moment-là, puisqu'il m'a dit « oui, oui, t'as raison, ok, vas-y, fonce » . Ça ne t'occupera jamais à 100%. Donc voilà, c'est la petite blague avec lui aujourd'hui. Et donc aujourd'hui, ça m'occupe bien à 100%. Et en fait, j'ai d'abord du coup, tout en continuant à gérer des clients, à partir de 2014, j'ai commencé à développer la stratégie RSE de Publicis Conseil, donc l'agence entre guillemets d'origine du groupe Publicis, qui fête ses 100 ans cette année, là, en 2026. Donc l'agence un peu vitrine aussi. Bien entendu aussi en France, etc. L'agence qui depuis deux ans d'ailleurs est agence internationale au Cannes Lions, qui en plus créativement montre le « là » depuis quelques temps, avec un vrai changement de stratégie pour cette agence. Donc j'ai d'abord monté le département RSE chez Publicis Conseil. J'avais besoin, assez vite je me suis rendu compte que... Il y avait des freins, comme n'importe quel changement pour le coup. Et que pour lever une partie de ces freins, c'était important d'avoir une reconnaissance de tiers extérieur sur ce qu'on faisait. Et donc, assez rapidement, je suis rentrée dans la commission RSE de la ACC, qui est notre syndicat des agences conseil et création. Ils avaient commencé à réfléchir sur un label spécifique pour les agences de création. Parce qu'en fait, à l'époque, il y avait, et encore aujourd'hui, heureusement maintenant, il y a ce label-là, mais les labels ou les certifications sur ces sujets n'étaient pas par rapport à nos métiers de communicants. Et donc, par exemple...
- Diane Cantan
Mais surtout les éléments annexes. Exactement. C'est pas forcément sur l'offre.
- Caroline Darmon
Ça répondait pas. On a des questions encore aujourd'hui sur certains questionnaires que nous demandent les clients pour des appels d'offres ou autres, où on va nous demander quels sont les habits de sécurité que vous mettez à vos collaborateurs. Ça n'a rien à voir avec nos métiers. Donc, on a créé ce label qui s'appelle le label RSE Agence Active avec la ACC et Afnor Certification. La première session a eu lieu fin 2018. Moi, je me suis dit que c'était indispensable que Publicis le passe fin 2018. Et fin 2018, la bonne nouvelle, c'est qu'en fait, on a eu tout de suite le label avec le meilleur niveau, donc trois étoiles. Et donc là, je me suis dit, bon ben voilà. Après, le plus dur,
- Diane Cantan
c'est de le conserver.
- Caroline Darmon
Alors, le plus dur, c'est de conserver. Mais pour l'instant, je croise les doigts. On l'a déjà conservé trois fois. Et là, on vient juste de le passer. Donc, avec un nouveau niveau, on croise les doigts. Mais j'espère que ça devrait le faire. Et donc là, le sujet de la crédibilité du sujet chez Publicis Conseil, aussi bien en interne qu'en externe, de la légitimité aussi du sujet, ça n'avait plus lieu.
- Diane Cantan
Exactement.
- Caroline Darmon
Donc ça, c'était une bonne chose parce que ça a été quand même un frein assez important au début pour moi. Et puis l'autre chose aussi qui a accéléré vraiment la prise en compte des enjeux RSE dans la stratégie de publicisme en France plus globalement, c'est l'arrivée d'Agathe Bousquet. Puisqu'Agathe est arrivée, elle a pris la direction de la France. Donc assez rapidement, moi je l'ai rencontrée. Et la bonne nouvelle que j'ai vue avec elle, c'est qu'en fait Agathe, elle a un profil et son histoire personnelle qui fait qu'elle est déjà piquisée entre guillemets à ses sujets. Donc,
- Diane Cantan
ça aide énormément. La direction est convaincue.
- Caroline Darmon
Exactement. Surtout quand on est dans des transformations comme ça en profondeur. Et moi, je me souviens, et ça s'est très bien passé avec les directions précédentes, et ils ont aidé à l'accélération. Mais c'est vrai que dès que je rencontrais quelqu'un de nouveau au niveau de la direction, en général, si par exemple, j'avais une heure de réunion, pendant trois quarts d'heure, il fallait que j'explique pourquoi est-ce qu'il fallait faire ça. Et un quart d'heure, ce qu'on faisait. Et je crois que je me souviendrai toujours de la première réunion que j'ai eue avec Agathe, où je commence pareil. conseils. Alors voilà, pourquoi est-ce qu'il faut faire de la RSE chez Publicis Conseil, machin, etc. Et tout de suite, elle m'arrête et elle me dit, non mais en fait, le pourquoi, ce n'est pas un sujet. Qu'est-ce que tu fais ? Et donc là, franchement, ça change vraiment le prisme du sujet. Et donc, Agathe, voyant qu'en effet, Publicis Conseil était reconnu extérieurement avec un haut niveau, m'a dit, il faut qu'on accélère au niveau de la France. Et donc, je vais créer un poste de direction RSE France. J'aimerais que tu le prennes. Et donc, du coup, c'est ce que j'ai fait. À temps plein. À temps plein, exactement. J'ai enfin... Alors, c'était mes derniers clients. Je me suis éclatée avec notamment France Télévisions. On a fait des trucs super. Mais donc, en 2019, j'ai basculé à temps plein en RSE, donc pour Publicis France. Mais j'ai gardé ma casquette aussi, Publicis Conseil. Je suis directrice RSE, toujours des deux. Elle ayant à ce moment-là pris la direction de Publicis Conseil, du coup... Je reste avec elle sur ces deux périmètres-là. Parce que depuis, on en a pris plein d'autres au niveau du groupe. Mais du coup, voilà, un petit peu l'histoire.
- Diane Cantan
C'est ça, un beau parcours et une logique assez fine. Et pour autant, 2013-2018, Covid n'était pas encore passé. Donc en fait, pour moi, il y a un vrai... Une vraie cassure avec la phase Covid où les gens ont pu prendre le temps de se poser et de se rendre compte de leur job ou les incidences par rapport au climat, etc. Donc là, on était avant 2018. Est-ce qu'au niveau des collaborateurs, tu as pu détecter quelques freins ? Une fois que tu as eu ton poste et que tu t'es dit, maintenant, il faut que j'arrive à convaincre tout le monde de bien fonder ses actions et comment on peut...
- Caroline Darmon
avec la langue.
- Diane Cantan
Parler et d'une part parler, convaincre et après embarquer.
- Caroline Darmon
Et passer à l'action. Non, complètement, objectivement, quand j'ai commencé, déjà moi j'ai commencé, j'ai mis en place la stratégie RSE, le publiciste conseil, mais je me suis dit au moins, il faut qu'on puisse se regarder nous-mêmes sur ce qu'on fait. Ce qui est assez classique comme démarche. Et du coup, j'ai d'abord mis en place énormément de choses au niveau des collaborateurs. Et notamment, on avait un sujet sur le bien-être des collaborateurs qui était important. Donc, j'ai beaucoup travaillé à ce moment-là avec l'ERH, avec le CSE, etc. Et avec la direction pour essayer aussi d'améliorer cette partie-là. Et puis après, de mettre en place plein de choses très classiques pour les entreprises, de sensibilisation aux éco-gestes bureaux, de mise en place d'événements pour la semaine développement durable, pour la semaine européenne pour les personnes en situation de handicap. Des choses assez classiques qui étaient faites en entreprise, mais qu'il fallait qu'on fasse au niveau des agences. Donc, on va dire, cette partie-là, ça allait. Je n'ai pas touché au métier tout de suite. J'ai commencé à m'intéresser à la transporte. C'est sur le côté social,
- Diane Cantan
mais en fait, c'est souvent ça. C'est le premier élément, c'est le social, le bien-être.
- Caroline Darmon
Tout à fait.
- Diane Cantan
Santé et sécurité des collaborateurs. Exactement. L'environnement, parce que c'est facile.
- Caroline Darmon
C'est concret.
- Diane Cantan
C'est concret aussi.
- Caroline Darmon
Et le métier, je me suis intéressée un peu plus tard, en 2017. J'ai commencé 2016-2017 à me dire, il faut aussi qu'on transforme nos métiers pour accompagner nos clients et puis pour transformer la communication. Et c'est plus là où j'ai rencontré des freins, en fait. C'est quand il a fallu parler de transformation des métiers et accompagnement des clients.
- Diane Cantan
C'est normal, parce que là, tu touches au cœur de métier, à sa fiche de poste, aux habitudes, à la conduite du changement.
- Caroline Darmon
Tout à fait.
- Diane Cantan
À des craintes aussi.
- Caroline Darmon
Et puis l'autre chose aussi, c'est que, et on va être très transparent, le secteur de la communication et des médias a été le dernier secteur à se dire... Tiens, on a des impacts environnementaux et sociétaux dans notre business.
- Diane Cantan
Si on faisait quelque chose.
- Caroline Darmon
Et si on faisait quelque chose. Sûrement parce qu'on se disait, et ce n'est pas négatif quand je le dis, mais quand on fait de la pub, ce n'est pas matériel. On n'est pas un industriel où on crée des produits, etc. Il n'y a pas d'usine. Il n'y a pas d'usine. Donc, en fait, ce n'est pas du vent. Ce n'est pas négatif quand je le dis comme ça. Mais voilà, on ne se rend pas compte concrètement. C'est une campagne à la télé, sur les réseaux sociaux. Ça ne se voit pas. Ce n'est pas concret au sens matériel. Et donc, je pense que ça a beaucoup joué. Et donc, du coup, après, de faire comprendre que si on avait des impacts, des impacts environnementaux au sens premier du terme, mais des impacts aussi surtout d'influence par rapport aux messages et représentations qu'on véhiculait, même quand moi, j'ai commencé à m'y intéresser en 2016-2017, objectivement, je me souviendrai toujours, j'ai été voir un premier client en 2017, en disant « ben, écoute, voilà » . En plus, un client qui était très avancé sur ces sujets. lui-même au niveau industriel. Je lui ai dit, écoute, vous faites hyper bien l'éco-conception marketing, vous commencez à mettre en place beaucoup de matériaux recyclés à l'intérieur, vous réfléchissez à la durée de vie, vous réfléchissez à la fin de vie, etc.
- Diane Cantan
Tout ce cycle de vie du produit.
- Caroline Darmon
Allons jusqu'au bout de votre sujet et la communication, pensons-la aussi comme ça. Même un client qui était très ancré là-dedans, en fait, dit, oui, tu as raison Caro, mais en fait... Non, pas maintenant. Et donc, ça, ça a été long parce qu'en effet, il fallait faire comprendre ces impacts. Et donc, du coup, en fait, assez vite, je me suis dit qu'il fallait être là aussi concret. Et le plus concret pour nous dans nos métiers, c'est quand on produit des campagnes. Donc, c'est quand on fait des tournages, quand on fait des prises de vue. Et là, c'est concret parce que les gens se rendent compte qu'il y a du matériel, qu'il y a des gens. qu'on va sur un lieu qui a du déplacement, du décor, etc., qu'on utilise de l'énergie. Et donc, je me suis dit, il faut qu'on commence par là. Et donc, même si en me disant ça, j'avais quand même fait... Donc, en 2016, j'avais mis en place un programme qu'on a nommé par la suite Nibi, qui s'appelle No Impact for Being Impact, qui, en gros, on avait fait l'ACV de toutes nos actions de communication. Et donc, ça, c'était en quelle année ?
- Diane Cantan
Là, on était en 2016. Et là, donc, dix ans après ? Le nombre d'agences de com' qui vont nous écouter ou de marques qui vont nous écouter, qui disent « mais les marketeurs, communicants, est-ce que je suis formée sur la CV ? » ou « est-ce que je sais ce que c'est que l'analyse de vie de mon produit ? » Je pense qu'il y a encore du boulot pour certains. Donc toi, là, on revient dix ans, dix ans derrière. Tout à fait,
- Caroline Darmon
mais partout, ça a énormément accéléré ces derniers temps, mais il y a encore, en effet, il y a encore de la marge. Et donc, voilà, je m'étais posée en me disant, ben voilà... quand on fait une campagne, quand on fait un événement, etc. Parce qu'après, c'était toutes nos actions de communication. Chez Publicis, on a la chance de pouvoir vraiment faire le spectre global. Mais par exemple, sur une campagne, où sont nos impacts de façon très concrète, positif comme négatif ? Est-ce qu'on a déjà mis en place des choses ? Parce qu'on fait souvent le parallèle avec M. Jourdan, mais c'est vrai. Souvent, on découvre en faisant son propre audit que... on a déjà des choses qu'on a mises en place. Et donc, du coup, comment est-ce qu'on les met de façon plus... Que ça devienne des réflexes. Comment est-ce qu'on aide aussi les collaborateurs à mieux comprendre les sujets, etc. Et donc, du coup, assez vite est arrivé aussi le sujet de la formation des collaborateurs sur tout ça. Et des process qu'on pouvait mettre en place pour améliorer notamment nos tournages.
- Diane Cantan
C'est pas le process contrainte ? Parce que souvent, on en parlait juste avant de démarrer. on a ce côté RSE synonyme de contraintes réglementaires etc, là aussi toi t'arrives en disant attends il faut qu'on mette des process qu'on cadre et que ça devienne des réflexes c'est pas évident surtout pour des métiers de créatifs ils ont envie d'être au contraire t'as le côté j'ai l'événementiel,
- Caroline Darmon
non je me lâche j'y vais à fond mais là franchement moi je me rends compte puisque c'était plus de 10 ans maintenant que que je travaille sur ces sujets, etc. L'évolution de nos métiers, alors chez Publicis en particulier, parce que je peux le noter, mais même avec la ACC et notre commission RSE, je vois quand même la différence. C'est certain que pareil, moi quand j'ai commencé à aller voir des créatifs 2014, 2015, je leur ai raconté un petit peu les sujets. À l'époque, ils me disaient, t'es gentil, mais en fait tes sujets, ils sont contraignants. Ils sont chiants, c'est culpabilisant.
- Diane Cantan
Ça va me rapporter quoi ?
- Caroline Darmon
Ça va me rapporter quoi ? Et puis derrière, c'est pas créatif. Et puis c'est pour une niche, etc. Aujourd'hui, donc 12 ans après, ils tapent tous à la porte, je caricature le propos. Et puis il n'y a même plus besoin de taper à la porte parce que les sujets deviennent aussi, de la part des annonceurs et des marketeurs, et communiquant chez les annonceurs.
- Diane Cantan
Oui, un sujet citoyen.
- Caroline Darmon
aujourd'hui ils disent et je le vois chez Publicis Conseil en particulier mais d'autres agences aussi du groupe Publicis aujourd'hui au moins 70% des prix créatifs internationaux que nous avons sont sur des campagnes dont les sujets sont des services, des produits, des messages d'impact sociétal ou environnemental donc en fait on a vraiment switché et aujourd'hui du coup le sujet de c'est chiant
- Diane Cantan
c'est culpabilisant et c'est pas créatif dans nos métiers il n'a plus lieu d'être chez les créatifs au contraire est-ce qu'il y a une forme de fierté de se dire on est au-delà du non publiciste qui effectivement par rapport à une agence de com tu dis ouais c'est chouette mais il y a aussi ce côté fierté du collaborateur de se dire on a un impact tout à fait positif comment ça se passe au niveau de la gouvernance alors sur la gouvernance moi je reporte directement à Agathe Merci.
- Caroline Darmon
Et c'est elle qui représente la RSE au niveau du COMEX et qui leur représente aussi, on a un comité de direction groupe, pour le coup, où ils sont cinq ou six, je ne sais plus, cinq, je crois, et où elle représente également la RSE au niveau de ce comité de direction. Et donc, voilà, moi, je travaille aussi avec le groupe, pour le coup, parce que moi, je m'occupe de la France. Et en l'occurrence, il y a une Chief Impact Officer depuis deux ans et on travaille ensemble, notamment au développement de ce qu'on a mis en place en France, dans les autres pays, puisque la France... a énormément, enfin, tir beaucoup, en fait, sur ses sujets, et a beaucoup ouvert la voie. Depuis un an, on a embarqué plus d'une vingtaine de pays sur le sujet, avec une quarantaine ou une cinquantaine d'ambassadeurs métiers, pour le coup, sur la Transfo. Donc c'est chouette aussi de voir que ça continue.
- Diane Cantan
Et c'est important de garder ces points d'ancrage avec tes ambassadeurs un peu partout, et non pas qu'en France, mais c'est souvent ça qui est le plus difficile, je trouve, entre la vision qui est annoncée. les bonnes paroles, les bonnes intentions qu'on a envie de mettre en place, et puis comment on arrive à le dérouler sur tout le monde, chacun des métiers. C'est exactement ça. C'est un travail quotidien, aussi bien d'onboarding de nouveaux collaborateurs que des anciens, de leur faire confiance d'avoir cet esprit de transmission et de formation en permanence.
- Caroline Darmon
C'est exactement ça. En fait, on ne peut pas lâcher. Même quand nous, ça fait plus de dix ans qu'on répète les mêmes choses sur certains sujets. Et puis bon, ça progresse tout le temps. Il y a quand même des nouvelles choses en permanence aussi à réactualiser. Mais on ne lâche pas. Moi, le Covid m'a fait comprendre un truc. Déjà, moi, j'avais peur. Et tu as raison, il y a eu un avant après Covid. Moi, j'avais remarqué un avant après COP21. au niveau des entreprises, parce qu'avant, les voix en France, après, ils en prenaient un peu plus.
- Diane Cantan
C'était plus facile.
- Caroline Darmon
C'était un peu plus facile, surtout en France. Mais moi, la période Covid, je me suis dit, mon Dieu, le retour après, ça va être business as usual, économie à fond, etc. Et en fait, heureusement, ça n'a pas du tout été le cas.
- Diane Cantan
Il y a une sorte de prise de conscience.
- Caroline Darmon
Ce que tu disais est hyper juste. Et donc, du coup, moi, pendant cette période Covid, j'avais déjà commencé avant, mais du coup, j'en ai profité pendant cette période-là, où tout le monde était chez soi, et je faisais des Merci. Demi-journée de formation à la communication responsable, donc en visio. Et donc, voilà, il y avait trois heures, carton plein, j'avais 300 personnes à chaque fois et tout. Et je me dis, mais c'est génial, c'est trop bien. Et en gros, c'est bon, j'ai fait ma formation, ils vont appliquer. Et on avait mis en place quand même quelques outils pour les aider, etc. Bon, j'ai vite compris que ça ne marchait pas comme ça.
- Diane Cantan
On en retient combien dans une formation ?
- Caroline Darmon
Alors, il y a ceux qui sont déjà très sensibles. Du coup, ils vont se dire, ça n'a pas l'air compliqué, je vais essayer. Mais du coup, ça a été un déclic où je me suis dit, en fait, tu as 5 000 collaborateurs, tu ne vas pas t'amuser à faire ça tous les jours. Et accessoirement, en effet, derrière, ça ne transforme pas comme ça devrait transformer. Donc, pour le coup, en 2020, on a commencé à travailler avec... Alors, sur tous les sujets, À chaque fois, on va chercher des parties prenantes expertes extérieures. On ne veut pas être jugé parti. Et donc, pour tout, l'éco-production, on a été chercher l'association Éco-Prod dès 2016-2017. Sur l'éco-conception numérique, on est très proche du collectif Green IT et de Frédéric Bordage, etc. Et donc là, pour monter cette formation, on avait conscience quand même qu'on avait l'expertise interne sur le contenu. Mais par contre, sur la formation en elle-même, on ne l'avait pas. Et donc, on a été chercher Maïs Sésame. qui est une entreprise qui forme sur tout ce qui est business à impact. Et donc, on a créé une formation qu'on appelle We Are Positiver, qu'on a lancée en 2021. Donc, le temps de la faire, en effet, en 2020. Et donc, 2021, on l'a lancée. Et c'est une formation obligatoire pour tous les collaborateurs chez Publicis en France. Obligatoire pendant la période d'essai quand ils arrivent. Et bon, après, c'est pas obligatoire, malheureusement. Voilà, c'est quand même. mais donc Très forte, vraiment beaucoup soutenue par Agathe et par le COMEX. On fait énormément de choses pour la mettre en place, la rappeler. Et donc, tout le long de l'année, d'avoir des moments aussi ou des rencontres qu'on appelle WAP pour faire rencontrer des partenaires avec qui ils peuvent travailler dans le cadre suite à cette formation. Donc, par exemple, c'est des formations aussi par métier. Donc, en gros, on a... Les deux premiers modules qui sont transverses, tout le monde, puisque c'est quoi la communication responsable, les enjeux derrière, les opportunités, et aussi derrière, c'est quoi le message responsable, etc. Et après, par métier. Donc, de la prod, des médias.
- Diane Cantan
C'est une déclinaison des enjeux sur des objectifs et qui ramène à des actions concrètes.
- Caroline Darmon
Concrètes et avec des exemples concrets aussi. Et donc, après, on met en place des ateliers, après, des rencontres où on va dire, on vous présente. Singularis, une entreprise de casting inclusif, vous pouvez travailler avec eux, ils viennent raconter. On vous présente Alicia Bière qui va vous parler du langage inclusif. Je ne prends que des exemples inclusifs, mais sur d'autres sujets. Et donc ça, on le fait, on continue encore aujourd'hui à faire tous les deux mois des rendez-vous, etc. Et là où, objectivement, on le savait, on a énormément accéléré, c'est depuis un an, où en fait, WAP est rentré comme un KPI permettant une surprime à l'intéressement chez Publicis. Si, 50% des collaborateurs le font l'année dernière et on a atteint les 50% parce qu'il faut le refaire tous les deux ans parce qu'on réactualise nous tous les ans. Et donc voilà, c'est une formation qu'on a rendue accessible et ça j'y tiens aussi énormément. Donc cette année c'est 60% etc. Et c'est vrai que la carotte marche bien quand même dans ces cas-là. Donc la formation c'est le premier pilier, c'est indispensable. Et après, c'est de donner en permanence des outils aux collaborateurs pour que ça devienne facile dans leur quotidien, qu'ils puissent répondre aux freins potentiels de leurs clients.
- Diane Cantan
Et pareil, objectivement, mais ça, c'est un vieux truc qui marche toujours. Ce qui marche le mieux, c'est quand on montre que d'autres arrivent à le faire. Et donc, en fait, quand on a réussi, pareil... Mettre en valorisé quelques succès...
- Caroline Darmon
Exactement.
- Diane Cantan
Sur des séminaires...
- Caroline Darmon
Et de montrer que c'est simple, que c'est facile. Et donc, nous, dans les agences, en général, on aime bien faire des cases vidéo qui expliquent le process d'un projet, etc. Et donc, le premier case qu'on a fait sur le... Sur ces sujets-là, sur l'application métier, comme je disais, j'ai commencé par la partie production parce que c'était très concret pour les gens. On a réussi à convaincre Garnier, pour le lancement de Garnier Bio en 2018-2019, de faire une prod responsable. Et donc, on a filmé tout ça et on a fait un case derrière. À partir du moment où on a eu ce case vidéo qui a expliqué d'où on partait, le contexte, qui a expliqué les résultats, qu'on avait réussi à diviser par 8 le bilan carbone de cette production. qui était initialement prévu à l'autre bout de la planète et qu'on a réussi à faire en studio à côté de Paris.
- Diane Cantan
Ah oui, un challenge. Surtout à l'époque où tu partais, justement. Tu as besoin d'une jolie plage.
- Caroline Darmon
Tout à fait. Et on est en plein hiver. Une eau turquoise. Ce film-là a réussi à convaincre énormément de gens. Et on a montré que c'était facile. C'était accessible, etc.
- Diane Cantan
Il faut casser le côté contrainte.
- Caroline Darmon
Il faut casser le côté contrainte et il faut casser le côté aussi... pas créatifs derrière, etc. Et donc, ce cas-là a énormément cassé le côté contrainte. Et après, on a eu un autre... On a des tournants comme ça où on se dit « Ah ben tiens, là, on sent qu'il y a une différence. » On a fait... Je ne me souviens plus exactement en quelle année, mais parce que Garnier, c'était 2018-2019. C'était peut-être 2021, je crois, je ne sais plus. On a fait le premier film de publiciste pour la SNCF. qui s'appelait Hexagonal, qui a été pour le coup un film qui a énormément marqué à la fois l'interne, les cheminots à la SNCF, mais aussi la création et tout ça, parce que c'était quelque chose de nouveau. Et il a été éco-produit et aussi éco-socioproduit. Et donc pareil, on a refait un cas à ce moment-là. Et là, pour le coup, moi j'ai vraiment remarqué la différence en interne, parce que là, ils se sont dit, notamment les créatifs, ah ouais, en plus c'est un film, il a eu des prix dans tous les sens.
- Diane Cantan
Il y avait en même temps le côté inclusion, les collaborateurs.
- Caroline Darmon
Il y avait un film qui a été pensé dès la conception de façon plus responsable, mais aussi toute la prod. Alors après, la SNCF, c'est facile, c'est forcément en France, quand on monte des trains, etc. Mais là, il y avait plein de choses. On a utilisé plein d'images déjà existantes. Les trains ne tournaient pas. En effet, en termes d'inclusion, la diversité représentée était incroyable. Des cheminots sont à l'intérieur aussi, en termes de casting du film. On a expliqué. Puis cette transparence, ce ton qui était nouveau aussi, d'honnêteté, etc., par rapport à la SNCF, était top. Donc voilà, on a eu comme ça des moments où on sait qu'il y a eu des avant-après qui ont permis d'accélérer sur les sujets. Je crois que j'ai perdu la question de raison.
- Diane Cantan
Non, mais c'était ça, en fait. Je voulais t'amener, tu vois, de faire cette gouvernance. à comment vous arrivez à impliquer les collaborateurs d'un point de vue métier, d'un point de vue transfo, formation et en même temps implication financière parce que tu as toujours la carotte. Mais c'est aussi ce qui montre l'importance ou la volonté de la direction d'aller dans un espace. Ce n'est pas juste les bonnes paroles, c'est que derrière on les met sur des faits et sur des faits financiers, pas le palme, parce qu'il va y avoir un investissement. liées autour de ces enjeux-là. Donc, ça, c'était important. Donc, on a totalement répondu à la question. Tout va bien. Je n'ai pas posé de sous-question. Tu vois, tu es allée directe. C'était parfait. Donc là, on a parlé de toute la partie plus publiciste, les collaborateurs, l'impact France, l'international, les ambassadeurs, etc. Maintenant, j'aimerais aborder une partie plus client, avec quelle est... L'impact de Publicis au niveau du secteur et auprès des clients. Alors le premier point peut-être avec certaines contradictions pour les marketeurs et communicants qu'on peut avoir soit chez Publicis mais peut-être dans d'autres agences et que tu peux retrouver avec les directions MarketCom au sein des marques. Est-ce qu'ils sont tous ouverts à ce discours-là ? Maintenant, peut-être oui, parce qu'ils se disent « Ok, on va aller là-dedans. » Quelles sont ces contradictions ?
- Caroline Darmon
C'est exactement ça. C'est-à-dire que, pour reprendre l'exemple que je citais tout à l'heure, il y a dix ans, sincèrement, ce n'était pas le sujet. En tout cas, le sujet de la communication responsable, ce n'était pas le sujet. Le marketing responsable. Ça l'était un petit peu dans certaines entreprises, mais franchement, on était vraiment encore au début. Ou alors, c'était des entreprises qui étaient natives sur ces enjeux-là. Voilà, exactement. Donc, ce qui est plus simple dans ces cas-là. Aujourd'hui, sincèrement, essayer d'embarquer des entreprises sur la partie marketing ou communication responsable, elle est beaucoup plus facile. Et pour certaines entreprises, c'est même devenu un switch. assumés, volontaires, etc.
- Diane Cantan
Qui peuvent refaire un changement de leur raison d'être.
- Caroline Darmon
Tout à fait.
- Diane Cantan
D'aller sur leur mission et la vision. Ce qu'on apprenait à l'école de commerce. Ta mission, ta vision, tes valeurs, etc. Maintenant, c'est potentiellement la mission ou la vision qui intègre des enjeux humains, des enjeux environnementaux. Tu la reformules en raison d'être. et donc tu as euh Tu représentes aussi autre chose.
- Caroline Darmon
Non, non, c'est exactement ça. Et donc, du coup, aujourd'hui, moi, j'ai remarqué vraiment une accélération il y a 4-5 ans, où les mêmes entreprises qu'on allait voir, en leur disant, ben voilà, ou on leur disait, ben aujourd'hui, tu commences quand même à travailler ton marketing de façon à éco-concevoir tes produits, etc. Allons jusqu'au bout avec la communication aussi. Les mêmes qui, cinq ans avant, me disaient « c'est pas un sujet » , commençaient à s'intéresser à la problématique. Et après, l'accélération, ça a été aussi... Nous, on a la chance de travailler pour des grandes entreprises, des grandes marques. Quand il a fallu calculer le scope 3 de ces grandes entreprises et que la communication intervient au scope 3, là, tout d'un coup, ça devient aussi plus concret. Et donc là, on commence à s'y intéresser. Et dans les choses aussi qui ont permis de faire accélérer, Et... L'Union des marques avait sorti en 2018 le programme FAIR, et là pareil, il y a eu une accélération, et on voit bien que les entreprises qui ont signé ce programme-là, où il y a 15 engagements, forcément elles rendent des comptes. Alors tout ça, c'est pas un truc audité, etc. Mais elles rendent des comptes quand même.
- Diane Cantan
C'est une question d'honnêteté, d'éthique, de transparence sur ce qu'on annonce et ce qu'on fait réellement.
- Caroline Darmon
Voilà, la différence entre la parole et les actes. Les actes sont indispensables avant de prendre la parole. Donc, il y a eu vraiment une accélération et une prise de conscience que du coup, la communication avait un impact. Ils sont rentrés par la partie CO2, on va se le dire. Mais ce n'est pas grave. D'où l'importance aussi d'être rentré par la partie production, parce que c'est sur ça qu'il y a... En tout cas, en agence de création, c'est là où les impacts CO2 sont les plus importants. Après, il faut avoir quand même conscience que quand on fait une campagne de communication, en fait, entre 70 et 80% de l'impact carbone, c'est les médias, pas la production du film. Oui, c'est ça. C'est les médias.
- Diane Cantan
Et c'est potentiellement la post-prod avec le numérique responsable, le poids des fichiers, tout le reste.
- Caroline Darmon
Globalement, quand on regarde la mise en place d'une campagne de communication, vraiment 70% minimum, c'est l'impact média de la diffusion. Et après, la partie prod et même post-prod, etc. Où là, maintenant, on a en plus beaucoup de choses qui permettent de diminuer le poids des fichiers, etc. Et d'essayer de rationaliser. On n'y est pas encore complètement. Ça, c'est des réflexes. Des réflexes à prendre et tout. Et donc, du coup, il a fallu aussi... Donc, on avait commencé par la prod. Pareil, quand on a commencé à travailler la production responsable, dès 2017, je suis allée revoir le groupe en leur disant Alors, c'est super si on arrive à mettre en place ça. Il faudrait qu'on puisse mesurer. Parce que si on ne peut pas mesurer, ça va être compliqué de voir si on peut progresser, se donner une trajectoire, etc., de diminution. Et en fait, c'est super parce que vraiment, le groupe est vraiment supportif. En fait, on s'aide dans les deux sens. Et donc, dès 2017, ils l'avaient commencé, mais ils étaient beaucoup trop tôt. Donc, on a repris le fait de mettre en place un calculateur carbone. Et nous, pour le coup, on a voulu le faire façon plateforme dès le début pour ne pas être que sur la calculette carbone, si je caricature, du tournage et de la prise de vue, la calculette carbone des médias, de l'influence, du CRM, du machin. Donc, c'est une plateforme globale qu'on a développée avec Bureau Veritas, au début avec le protocole GSG et donc, voilà, et en s'appuyant sur l'expertise de chez nous, des gens qui connaissent bien les déroulés. les impacts du coup que ça peut avoir. Oui, et toutes les étapes. Toutes les étapes pour pouvoir...
- Diane Cantan
C'est-à-dire qu'on n'oublie rien et on est au plus fin. Et donc,
- Caroline Darmon
on a cet outil qui est formidable qui s'appelle Alice et qu'on agrémente en permanence et qu'on fait évoluer en permanence.
- Diane Cantan
C'est un outil interne ?
- Caroline Darmon
C'est un outil interne, mais qu'on peut utiliser pour nos clients. Et pour le coup, quand on l'utilise pour nos clients, c'est gratuit. C'est vraiment... C'est ce qu'on offre à nos clients de pouvoir calculer, d'avoir accès à cet outil. Et après, le bilan carbone, c'est du temps passé. Donc, surtout d'analyse derrière, c'est là où est la vraie valeur ajoutée.
- Diane Cantan
Peut-être que, justement, tu peux citer un exemple sur un changement de pratique en lien avec l'environnement ou si tu as envie de parler d'Act for Good, par exemple, ou comment étaient les prémices de la campagne,
- Caroline Darmon
comment accompagnaient Carrefour à ce moment-là ?
- Diane Cantan
Parce que finalement, toutes les marques, Si on prend ce secteur de l'alimentaire, toutes les marques proposent la même chose, donc c'est comment amener... une patte, une valeur ajoutée, un axe un peu différenciant, et qui soit avec une connotation positive pour le consommateur, pour le citoyen, pour la planète.
- Caroline Darmon
En fait, ça, quelque part, on a fait notre métier classique, mais dont, on va dire, le grand public, si je prends des grands mots, entre guillemets, n'a pas conscience. En général, l'agence de publicité, l'agence de communication, c'est un peu plus utilisé aujourd'hui. Moi, je ne me pas qu'on utilise vraiment le mot communication. pour tout ça, elle est cantonnée dans l'esprit des gens à faire la pub d'un produit ou d'un service. Or, la réalité, puis nous, on s'appelle publiciste, donc encore plus ancrée là-dedans. La réalité, c'est qu'en effet, on intervient beaucoup en amont au niveau de la stratégie même de l'entreprise et de plus en plus. Et on a ce rôle positif d'influence vis-à-vis de nos clients. Et donc, quand on est sur des transformations en profondeur comme celle-là, Ce rôle-là, il est génial, il est incroyable. Et donc Carrefour, c'est un super exemple, parce qu'en effet, Alexandre Bompard est arrivé et il avait envie de faire évoluer, de reprendre Carrefour et de le faire évoluer positivement. Et en fait, ça a eu toute une réflexion où on s'est rendu compte de ce que tu disais, mais c'est notre métier, c'est d'écouter, de bien comprendre un secteur, d'écouter le client, d'écouter le consommateur. ce vers quoi il veut aller, etc. Ses besoins, ses attentes vis-à-vis d'une marque, etc. Et en fait, on a travaillé ensemble et ça a donné en effet Act for Food qui est encore la stratégie aujourd'hui de Carrefour, qui a permis quand même de remonter Carrefour globalement en termes de stratégie et de business. Et pareil, en termes d'image énormément, ça a été derrière une stratégie déployée à l'international avec des campagnes. Et puis pareil, avec des choses où on s'est dit, en fait, aujourd'hui, il y a déjà des preuves qui existent et qui viennent nourrir cette stratégie. Et puis, il y en a d'autres qu'on va développer. Il a été mis en place aussi un comité d'experts pour travailler avec Carrefour sur différentes problématiques de gaspillage alimentaire, etc. Et donc, voilà, on a travaillé ensemble sur cette stratégie. Donc, ça, c'est un bon exemple. D'autres exemples aussi sur la partie, par exemple, environnementale. On a la chance de travailler pour le groupe Renault depuis des années, des décennies, etc. Et avec Renault, pareil, une volonté stratégique de switcher sur l'électrique, mais une réalité concrète quand même d'appropriation de l'électrique par les Français et par les gens au sein de la communauté.
- Diane Cantan
Ça commence à changer, je pense, en 2020, j'ai l'impression qu'il y a une évolution. Merci les problèmes géopolitiques qui font que... La petite Renault 5 aide bien. et effectivement les problèmes géopolitiques en fait c'est souvent ça, c'est que du coup ça devient une contrainte et donc t'es obligé de faire autrement tant que tu peux continuer, tu te dis finalement continuons, là il y a une vraie problématique de pouvoir d'achat concrète avec l'essence qui fait que tu dis ok ça peut être quoi ma solution alors tout le monde ne peut pas passer à l'électrique parce que tous ceux qui habitent en immeuble, en appartement où il n'y a pas de quoi euh... Rebrancher, c'est forcément une question. Mais oui, c'est tout un changement que Renault a fait. Moi, j'aime beaucoup les pubs Renault qui sont faites, notamment aussi un peu la pub où tu sais, tu as la voiture qui reste dans le garage. Évidemment, on ne récupère que le parapluie parce qu'on va y aller à un vélo. Et ça, c'est hyper important. De se dire, on peut aller jusque-là. ces fameux... récits futurs désirables, là où la com a un rôle à jouer énorme.
- Caroline Darmon
Pour moi, j'ai beaucoup parlé de tout ce qui était l'impact de la production, etc., y compris au niveau du message. Mais en fait, notre responsabilité première, elle est sur les messages et les représentations qu'on véhicule. Parce que, pour ça, ce publiciste, et même globalement, le secteur le reconnaît, mais c'est vraiment assumé. Merci. dans cette volonté de changer, vraiment savoir d'où on part. Oui, la publicité a contribué à créer des imaginaires et des comportements de surconsommation, très matérialistes, etc. Mais on n'était pas dans la même époque. La publicité, jusqu'à il y a encore quelques temps, elle était à fond suite aux Trente Glorieuses, à la guerre. Il fallait produire un maximum, donc pousser à consommer un maximum. Et la publicité a aidé à aller dans ce sens-là. Et donc aujourd'hui, notre plus grande responsabilité, c'est en effet de changer les comportements, de ne plus pousser à la surconsommation. On n'est plus dans le consommer plus, mais dans le fameux consommer mieux, voire moins. On est dans des sujets aussi de service pour faire durer plus longtemps les produits. Et donc du coup, c'est une croissance qui est différente. On ne dit pas de diminuer la croissance. Nous, au contraire, on croit vraiment au fait que... notamment les grandes entreprises quand elles se transforment, quand Carrefour fait Act for Food et qu'il le fait de façon internationale, en fait c'est un énorme pas qui est fait parce que c'est une grande entreprise qui touche des millions de personnes et qui d'un coup va avoir un pouvoir d'influence sur les comportements de façon énorme. Quant à Renault, ils décident aussi de switcher plus vite sur l'électrique que la moyenne. À terme, il se trouve qu'en plus en France, au niveau européen, il y a une loi qui dit que en 2035 on arrête les thermiques. Et donc, qui s'y prépare avant, la communication va à ce moment-là aider à lever les freins. Et donc, c'est là où moi, je trouve que, notamment chez Publicis, on a fait un gap monstrueux depuis cinq ans. Et notamment grâce à notre directeur de création qui s'appelle Marco Venturelli, qui a bien compris ce switch qui était en train d'être fait et qu'il fallait accompagner aussi nos entreprises, ce qu'on fait depuis toujours. Et dans la réflexion sur de nouveaux services ou de nouveaux produits à impact moindre pour l'environnement. Quand arrive le sujet de « on veut faire de Renault le premier acteur sur l'électrique » et qu'on voit les freins, un des freins premiers, il y a le prix, bien entendu, mais il y a aussi et surtout, mais aussi beaucoup, mais en fait, où sont les bornes pour que je puisse me recharger ? Et donc, par rapport à ça, arrive dans la tête d'une brillante planeuse chez nous, le fait de se dire « et si on créait le… » Airbnb de la recharge électrique. Et donc, c'est un service qui s'appelle Plugin. C'est devenu une business unit chez Renault. Pas la business unit qui rapporte le plus, mais c'est devenu surtout un argument de vente auprès des conseillers bancaires. Et ça rassure sur le fait que, en fait, dans n'importe quel village de France, on peut potentiellement trouver un particulier qui a mis en place lui-même sa borne de recharge et donc profiter de cette application. Et profiter pour prendre un café avec lui pendant qu'on recharge, visiter le coin, etc. Et ça, c'est des idées. Et c'est vraiment là-dessus qu'on a énormément accéléré. Et non seulement sur des idées de services ou de produits à moins d'impact pour l'environnement, mais également pour faire changer la société. C'est là où notre métier est beau. C'est que, en effet, on a un pouvoir, entre guillemets, d'influence qui doit être énorme. Et si on le met du bon côté...
- Diane Cantan
L'influence du consommateur et l'influence de tout le secteur. De tout le secteur aussi.
- Caroline Darmon
Mais si on le met du bon côté, et nous, c'est ce qu'on essaye de faire, je ne dis pas que c'est facile tous les jours, qu'on arrive à le faire avec tous nos clients aujourd'hui, mais voilà, Renaud, on le fait de plus en plus. On a encore sorti récemment une campagne pour CareFleets qui aide sur les déserts médicaux, les personnels médicaux qui doivent faire leur tournée, d'avoir accès plus facilement à de l'électrique, à moindre coût, etc. Et on avait fait Care2Work qui est pareil, soulever le frein. des personnes qui sont au chômage et dans des zones rurales, etc. Et où un frein pour accepter un job, c'est souvent le fait de ne pas avoir de voiture. Et donc là, on leur met à disposition une voiture électrique et ils commencent à la payer une fois qu'ils ont passé leur période d'essai. Donc avec Renault, on a fait énormément de choses qui va dans ce sens-là. Positif, on a... Par exemple, pour Darty, on a la chance aussi de travailler pour Darty. C'est les vignères aussi. On a mis en place, on leur a proposé, ils l'ont mis en place. Et derrière, c'est ça qui est génial, c'est que nous, on a des idées. Mais après, il faut les mettre en place et les faire vivre aussi d'un point de vue marketing, vérifier que c'est bien une réalité possible, etc. Et donc, avec eux, on a créé les avis longue durée. Et là, c'est pareil. On s'est dit, en fait, c'est stupide. Sur le principe, et il n'y a pas que Darty qui faisait ça à l'époque.
- Diane Cantan
Oui, et là, Darty, tu as tout le côté obsolescence programmée avec tous les appareils.
- Caroline Darmon
Donc, il mettait déjà en place les indices de réparabilité et tout ça. Et là, le truc, ça a été de dire, en fait, c'est un peu con, on achète une machine à laver et on reçoit de ce 10 jours après, voire même 2 jours après, un avis qui nous dit « Alors, vous pensez quoi de votre machine à laver ? » Eh bien, elle est toute neuve, elle est toute belle, elle est formidable. Et donc, ça ne peut pas être un avis qui peut aider d'autres consommateurs sur le produit. Donc là, les avis de longue durée, c'est de dire au bout de trois mois, d'un an, etc. Qu'est-ce que vous pensez de votre produit ? Est-ce qu'il marche toujours bien ? Est-ce qu'il a eu besoin d'être réparé ? Est-ce que c'est ce que c'est ?
- Diane Cantan
Ou est-ce qu'une fois que la garantie est terminée ? C'est foutu. Et en effet,
- Caroline Darmon
l'obsolescence programmée est bien programmée. Donc voilà, on a fait ça pour eux. On a travaillé pareil, on a créé le programme Re pour Orange, qui est maintenant vraiment au cœur de leur stratégie. Pareil sur des sujets de communication, tout à l'heure tu parlais du film Renault, qui est en effet un film... dingue en fait qu'une voiture qu'un constructeur automobile puisse faire parce que c'est un film qui vend une voiture hybride ou électrique je sais plus mais qui pendant tout le long du film ne bouge pas et qui en fait il y a plein de scènes qui se passent et les gens apprennent leur vélo ils vont à pied etc et qui finit en disant quelque chose du type c'est pas parce qu'elle est électrique qu'on doit s'en servir tous les jours et qui montre justement les alternatives à la voiture et le fait que on peut faire aussi différemment le gant constructeurs disent ça, c'est juste génial. Oui,
- Diane Cantan
on est complètement dans la transformation des récits par rapport à des secteurs entiers, l'alimentaire, la mobilité, le transport, l'électronique, il y a beaucoup de choses.
- Caroline Darmon
Et même le télécom, moi récemment, moi j'en parle en toute transparence. Je ne travaille plus sur les campagnes des clients de temps en temps un petit peu. Non,
- Diane Cantan
mais tu as cette fibre qui fait que tu ne peux pas t'en empêcher.
- Caroline Darmon
Il y a publicitaire quand même dans les jeans. C'est ça, les jeans. Mais j'ai adoré la campagne qui a été faite par Publicis pour Orange l'année dernière, où vous voyez, c'est un père et sa fille qui lui refusent le téléphone portable. Et pareil, ça finit en disant, tenez le plus longtemps que vous pouvez et le jour où vous ne pourrez plus tenir. on sera là à vos côtés pour vous accompagner dans le fait d'acheter, de prendre un téléphone pour vos enfants. Et ça, c'est pareil. On est dans une démarche responsable de marques et d'entreprises qui a conscience aussi, et Orange est hyper transparent, il fait énormément de choses sur la responsabilité du numérique et des téléphones, notamment vis-à-vis des adolescents, etc. Et donc, du coup, là, de dire, en fait, nous, on ne vous dit pas d'acheter un téléphone dès qu'il a 6 ans et de le renouveler tous les 2 ans, etc. Au contraire ? soyons responsables et la responsabilité c'est de le donner le plus tard possible et le jour où en effet nous on a et là c'est là où ils sont forts en marketing ils ont une offre qui notamment s'appelle Cepherphone qui est non seulement avec la possibilité d'avoir un téléphone reconditionné mais surtout tout un accompagnement pour limiter
- Diane Cantan
l'accès notamment digital aux réseaux sociaux voilà exactement sur les appels sur les appels sur les appels tout ça tout ça
- Caroline Darmon
Donc voilà, et nous, notre rôle, c'est là où moi je suis hyper heureuse d'être chez Publicis aujourd'hui parce qu'il y a vraiment cette compréhension aujourd'hui qu'on est en train, qu'on a, nous, notre rôle est vraiment de changer les récits, comme tu disais, d'aider à changer le comportement parce que la publicité, c'est ça, c'est comment est-ce que tu donnes envie de changer un comportement, de faire acheter quelque chose. Là, c'est de changer un comportement pour aller vers des produits ou des services à moindre impact et faire en sorte que des choses potentiellement qui étaient ringardes avant… parce qu'on les mettait comme ringardes en termes d'imaginaire, deviennent tendances et sexy aujourd'hui. Et ça, on y arrive de plus en plus et on a de plus en plus d'exemples. La seconde main, il y a 5-6 ans, voire un peu plus, en fait, on ne disait pas qu'on achetait seconde main. On était plus sur le côté un peu honteux de « je n'ai pas les moyens » , etc. Aujourd'hui, c'est exactement l'inverse.
- Diane Cantan
Et on le retrouve dans le retail avec la zone dédiée.
- Caroline Darmon
Donc, il y a plein de choses comme ça. Aujourd'hui, acheter un téléphone reconditionné, c'est limite une évidence. Il n'y a plus le sujet, je n'ai pas les moyens, mais c'est, ben non, en fait, ça marche très bien. Ça fait durer le produit. C'est ça,
- Diane Cantan
faire vivre le plus longtemps possible.
- Caroline Darmon
Et nous, c'est vraiment notre responsabilité première. Elle est là et c'est là où c'est passionnant parce qu'on est en train de le faire. Ça ne va pas assez vite, forcément. On ne le fait pas avec tout le monde, forcément, mais on est vraiment en train de le faire et notamment avec des grandes marques. Donc, ça, c'est chouette parce que... Ça donne de la visibilité. Oui,
- Diane Cantan
et puis c'est aussi les grandes marques qui prennent le « là » pour que l'ensemble de leur secteur ait envie de se dire « mais attends, il faut qu'on aille dans cette direction-là, qui est une direction de bon sens. » Enfin, que moi j'appelle le bon sens, tu vois, quand on fait de la RSE depuis aussi longtemps. Tout ce qu'on fait, c'est juste du bon sens par rapport à une relation humaine, par rapport à... relation vis-à-vis des ressources de la planète. Ça semble juste une évidence par rapport aux générations futures, à nos enfants, à nos futurs petits-enfants, arrière-petits-enfants, etc. Donc, on a besoin de tout ça. On n'a pas encore parlé de l'IA, donc peut-être que c'est le moment d'en parler. Sur comment Publicis intègre l'IA, qu'est-ce que vous mettez en place ? Tu m'as parlé quand on a préparé l'épisode d'un super outil. qui m'a vraiment impressionnée. Donc, il faut que tu racontes ça aux auditrices et aux éditeurs qui nous écoutent.
- Caroline Darmon
En fait, l'IA, je vais juste faire une petite parenthèse, mais c'est vrai que quand l'IA générative est arrivée, parce que l'IA, ça fait un moment que... Et nous, je suis publiciste, pour le coup, l'IA, c'est vraiment, pareil, au cœur de nos métiers. Depuis un moment, on a une plateforme où l'IA est intégrée à 300%. Ça s'appelle Marcel, qui permet de connecter tous les collaborateurs entre eux et de travailler ensemble, etc. Et puis plein de ressources et j'en passe. Mais quand l'IA générative est arrivée, en fait, très vite, pareil, je me suis posé la question en me disant « Ok, est-ce que là, on est dans une tendance ? » De toute façon, comment ça s'appelait déjà ? Le métaverse qui va passer. c'est une mode, ça va passer, donc est-ce qu'on doit y aller ou pas ? Ou est-ce qu'on est dans quelque chose de vraiment profond ? Et là, il n'y avait pas photo, c'est-à-dire que là, on n'était pas dans une tendance éphémère, mais un changement, en effet, de comportement, sociétal, global. C'est dans le quotidien de tout le monde aujourd'hui, ou de quasi. Et donc, du coup, la question qu'on s'est posée très vite, c'était, finalement, est-ce que l'IA... on peut aussi s'en servir pour nous aider à accélérer dans nos métiers, dans le marketing et dans la communication responsable. Et donc, très vite,
- Diane Cantan
c'est assez logique. Et donc, c'est là où j'apprécie le côté, tu vois, tout de suite, de penser dans comment ça peut nous aider dans cette même direction de responsabilité. Ah oui, ça, pour le coup,
- Caroline Darmon
c'est très important.
- Diane Cantan
Alors qu'après, il y a le volet environnemental de l'IA, d'énergie et du numérique responsable qui est un peu compliqué, mais...
- Caroline Darmon
Non, non, et donc... Donc voilà, très vite, on s'est dit ça. Très vite, on s'est dit, en fait, aujourd'hui, dans les sujets où on se formait beaucoup, avec aussi des débats, des parties prenantes extérieures, etc., et qui revenaient régulièrement, il y a deux sujets. Le premier, c'est la lutte contre le greenwashing, qui fait partie de nos métiers au quotidien. Et là, qu'on parle d'un produit responsable. Et ça,
- Diane Cantan
pour le coup, c'est une vraie crainte des marques de se faire taper dessus.
- Caroline Darmon
Et pour moi, c'est une des explications de... Je recule en communication depuis un an des sujets dits RSE. Dits RSE, oui.
- Diane Cantan
C'est-à-dire, je n'ai pas envie qu'on me tape dessus. On me tape dessus,
- Caroline Darmon
donc voilà, je diminue. Et donc, il y avait ce premier sujet et le deuxième qui était le sujet des représentations, des comportements plus responsables. Et donc, on s'est rapprochés avec la... Donc, on a réfléchi à ça au niveau de la RSE France et on s'est rapprochés de notre entité qui s'appelle Publicis Sepian, qui est sur la création digitale. et même plus globale en fait des entreprises et qui maîtrisent bien les sujets d'IA. Et on leur a dit, qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous pensez que c'est des bonnes idées ou des fausses bonnes idées ? Et avec toujours cette obsession qu'on a en commun tous les deux, de dire, est-ce que le projet que je vais développer avec l'IA va avoir plus d'impact positif que l'impact environnemental et sociétal que ça va créer en le faisant ? Et donc ça, c'est vraiment notre obsession de toujours se poser cette question quand on fait quelque chose ensemble. Et donc, il se trouve qu'on a pu mesurer assez rapidement et se rendre compte qu'en effet, l'impact d'un tel outil était limité par rapport au contraire aux bénéfices que ça pouvait apporter aux collaborateurs et aux clients. Et donc, on a développé un premier outil qu'on a lancé à VivaTech en 2024, donc il y a deux ans, qui s'appelle Anti-Greenwashing AI, qui permet en fait de passer au crible. Des neuf règles de la RPP, donc l'autorité de régulation de la publicité en France. les tout en fait au début on l'avait pensé que pour les campagnes mais en fait ça marche pour tout ça marche pour un communiqué de presse ça marche pour un discours de vente d'un conseiller ça marche pour tout support une vidéo, tout et donc du coup c'est un outil qui rentre dans les process de nos collaborateurs il répondait en fait à un besoin c'était pas juste comme ça c'est qu'aujourd'hui et donc on l'a travaillé avec la RPP l'ADEME aussi était dans la boucle Donc, une fois encore, cette obsession d'avoir des parties prenantes extérieures pour nous accompagner, nous challenger sur ces sujets. Et donc, on l'a fait sur les neuf règles de la RPP parce que quand on a commencé à interviewer les experts sur cette problématique, très vite est ressorti quand même le fait que, y compris par les plus, j'allais dire, virulents sur cette partie, que finalement, les neuf règles de la recommandation développement durable de la RPP étaient... les plus exigeantes potentiellement, d'un point de vue européen, c'était sûr, et même potentiellement d'un point de vue international. Donc, si on se mettait ces neuf règles comme cadre, finalement, ça permettait d'être très exigeant. Et après, comme c'est un outil qui est disponible à l'international chez Publicis, les Allemands, quand ils nous disent quelque chose, on leur dit, si ça répond, normalement, c'est bon pour ton pays aussi, etc. Mais après, on fait quand même quelques versions un peu plus locales. Donc voilà, on a mis en place ce premier outil qui fonctionne bien. Je n'ai plus en tête exactement les chiffres, mais je crois qu'il y a 50 pays qui l'utilisent chez Publicis. Alors,
- Diane Cantan
que Publicis ou tu l'ouvres ?
- Caroline Darmon
Alors, c'est que Publicis. Avec ses clients. Mais avec nos clients, exactement. Donc, c'est vraiment accessible. Et donc, le besoin auquel ça répondait, ce n'était pas tant de faire penser aux collaborateurs qu'en tout cas en France, qu'il y a des règles pour lutter contre le greenwashing, que derrière il y a des... s'impactent en termes d'image, financiers, parce que maintenant c'est rentré dans la loi en dur, c'est pas que de la déontologie, mais c'était aussi parce qu'en fait, les RPP, même s'ils essayent d'être très réactifs et tout, quand on fait un conseil préalable, quand on demande un conseil préalable à la RPP, ils mettent en moyenne entre 48h et 72h pour répondre. Or, dans un process de développement de campagne... où tout est pour la veille, ça ne va pas assez vite. Et donc, du coup, ça permet d'avoir un avis, un premier avis. Ça ne veut pas dire que ça remplace la RPP.
- Diane Cantan
Bien sûr.
- Caroline Darmon
En tout cas,
- Diane Cantan
ça permet de gagner du temps. Parce que s'il y a un bug qui est détecté ou qui risque d'être détecté, moi, on le voit tout de suite, on réagit et on a une garantie. Je ne sais pas si, du coup, tu avais des stats avant, entre le moment où tu... présente la campagne, où il y a des commentaires sur un pourcentage, un nombre de campagnes où il faut revoir des petites choses. Et là, depuis qu'il y a l'outil...
- Caroline Darmon
C'est une bonne question. Comme tu parlais de mesure. On n'a pas ce critère-là. On a un peu diminué. Chez Publicis, on est le premier groupe au niveau des agences créatives qui demandons des avis préalables à la RPP. Et surtout support. pas que sur la télé qui est obligatoire également sur les réseaux sociaux etc et donc de mémoire je crois qu'on a un peu plus de 4000 demandes par an ce qui veut dire que c'est plutôt un bon réflexe aussi chez nous parce que c'est ça aussi que ça veut dire et je crois de mémoire qu'entre 2024-2025 on a un peu diminué mais est-ce que c'est dû à moins de campagnes, ce qui est quand même aussi une réalité ou est-ce que c'est dû à parce qu'il y a cette oublie et certains ont pris le réflexe franchement on n'a pas fait la corrélation mais c'est intéressant de le creuser Donc ça, c'est le premier outil qu'on a développé en 2024. Et le deuxième outil qu'on a développé en VivaTech 2025, on aime bien VivaTech, pour annoncer des choses. Et donc là, on va en annoncer la semaine prochaine. On a développé un outil. Alors, anti-greenwashing AI, on est plus dans une obligation. Puisqu'une fois encore, il y a des lois derrière, des sanctions pénales, des sanctions financières, etc. Là, l'autre, c'est, on l'a appelé Positive Representation AI. Et là, pour le coup, c'est plus un sparring partner qui va passer au crible. Donc, pareil, tout... Toutes tes scripts, tes campagnes. Et qui va dire, ben voilà, au prisme de six thématiques, l'alimentaire, l'habitation, l'énergie, la représentation de la diversité et de l'inclusion, etc. Et la représentation du bonheur et de la réussite, qui n'est pas forcément le plus simple. Ben, en fait, sans changer ton idée créative, voilà ce que tu pourrais faire différemment pour rajouter et donner envie à des comportements plus responsables. Et donc, c'est notamment tout ce que nous, on appelle la pédagogie invisible ou la pédagogie clandestine. Il y a deux courants.
- Diane Cantan
J'aime bien ces terminologies-là.
- Caroline Darmon
Et c'est, par exemple, on a, je dis n'importe quoi, on a un script et on a une scène dans une cuisine. On ne change pas la scène en elle-même, si c'est un père qui discute avec sa fille, je ne sais rien, etc., qui est en train de faire à manger. Mais par contre, on va changer le décor, on va changer les signes qui vont être montrés. Donc par exemple, on va mettre des poubelles de recyclage, on va mettre une lumière du jour s'il y a une fenêtre et pas allumer les lumières dans tous les sens. Ils vont en effet faire de la cuisine ensemble et pas juste ouvrir des plats déjà tout faits. On va potentiellement diminuer le nombre d'électroménagers. si tu ouvres un placard et que tu as plein de boîtes c'est plutôt des beaux coups des beaux coups en vrac et pas des produits en papier, enfin voilà c'est de la vaisselle en dur tous ces signes qui ne changent pas l'idée créative qui ne vont pas changer la scène qui a été pensée mais qui inconsciemment et nous on travaille aussi sur ces sujets là avec la communication vont faire en sorte au fur et à mesure que ça devient des normes et on est vraiment dans cet objectif de switcher les normes Euh... pour que, ce que je disais tout à l'heure, quelque chose qui était censé être ringard et tout ce que tu veux, devienne potentiellement quelque chose de normal et donc de sexy, qu'on est heureux de montrer, de partager, etc. Et donc cet outil aide à ça. Donc il n'y a pas d'obligation à le faire, mais il y a une recommandation de dire, ben voilà, en fait, là, pareil, tu as une scène avec ton enfant et il est sur une tablette pendant que l'adulte est en train de faire je ne sais pas trop quoi, ben plutôt qu'il soit sur une tablette. Tu lui mets un livre entre les mains, c'est pas mal aussi. Et ça fait le même...
- Diane Cantan
Une feuille de papier, un crayon, il peut dessiner. Exactement. J'ai appel à sa créativité.
- Caroline Darmon
Exactement. Et donc, voilà. Et ça, c'est top. Quand,
- Diane Cantan
effectivement, tu m'as parlé de ces outils-là, je me dis, mais c'est génial. Et puis, que du coup, ça devienne... Tu vois, sur des belles campagnes avec des grandes marques que publicit sa campagne. Forcément, ça fait un... un effet boule de neige pour tout le secteur, de se dire, attends, mais si Publicis réagit de cette façon-là, montre des scènes de tel ou tel... Voilà, que ça donne envie d'agir différemment, forcément, on le retrouve. Et même dans des téléfilms ou dans des séries ou dans des films, on le voit maintenant sur ces comportements-là, où il y a quelques années... Le personnage principal était dans sa belle voiture, tu as la clope à la main, etc. Maintenant, il est avec son casque et son vélo et il va au bureau en vélo. C'est quelque chose que je vois, moi, avec mon œil, une marquette comme, tu vois, d'évolution et qui était impensable il y a 20 ans.
- Caroline Darmon
Pour prendre le parallèle avec la publicité, nous, quand on... forme sur justement ces nouveaux récits et ces imaginaires collectifs à changer. Moi, j'adore reprendre une vieille pub Audi qui date de la fin des années 90 qui était magnifique. En exécution, elle est sublimissime en noir et blanc, etc. Elle a été tournée à Prague et où en fait, on voit c'est un monsieur dans une magnifique Audi et puis une femme magnifique, etc. Et pendant toute la voix off explique qu'il a une voiture formidable, qu'il est le reflet de son âme, etc. Et ça termine par « il a la voiture, il aura la femme » . Donc quand on voit cette film en fait, et qu'on voit aujourd'hui ce qu'on fait, jamais on ne pourrait passer cette publicité. On est exactement dans le modèle de la réussite et du bonheur dans lequel on ne veut plus être tous. Et au contraire, on va être dans du lien. dans des moments partagés, dans un peu moins de matériel, ou si on est dans du matériel, pour reprendre un exemple de voiture, potentiellement déjà c'est une femme qui conduit, et puis un homme, elle n'est pas toute seule dans sa voiture, c'est une voiture électrique, etc. Et ça nous on essaye d'y faire vraiment attention. J'ai en tête par exemple un spot pour Matt Muth qui était sur un produit, un service autour de l'automobile. Je ne sais plus sur quel exactement, vieux une assurance auto pour les jeunes conducteurs, je crois. Et donc, on voit son père et son fils dans la voiture pendant tout le long, etc. Et en fait, à la fin, ça dézoome et ça permet de vendre ce produit-là. Si on fait attention, on se rend compte qu'en fait, la voiture est électrique parce qu'elle est en train d'être chargée. Et en fait, c'est que ça. Oui,
- Diane Cantan
c'est tous ces petits messages subliminaux que le consommateur ne voit peut-être pas au premier abord. Mais qui va rentrer dans son cerveau et qui dit, bon, là, c'est logique, je vais acheter un peu davantage de vrac, je vais avoir des comportements un peu différents.
- Caroline Darmon
Et puis, on aide aussi, tu parlais du cinéma, de la télé et tout ça. Pour moi, on a les mêmes responsabilités. En effet, on travaille avec les mêmes métiers souvent les choses. Mais là, par exemple, pareil, moi, j'ai adoré une campagne. Donc, ça peut sembler bizarre parce que voilà. Mais j'ai adoré une campagne qu'on a faite pour Carrefour sur la livraison du frais. Donc voilà, service à mettre en avant. Et où en fait, c'est une campagne d'affichage, mais qu'on retrouve aussi sur pas mal de camions Carrefour de livraison, où en fait, on voit des agriculteurs. dans des champs de tomates, de potirons et de maïs. Et là, pour moi, c'est la représentation qui a été hyper bien travaillée. C'est-à-dire que l'agriculteur, on n'est plus dans le stéréotype de l'agriculteur. Déjà, il y a une agricultrice. Il y en a un autre, il est plutôt sexy. Donc, il y en a trois. Et puis, on est dans les champs. Donc, en fait, on sait comment maintenant, grâce à ça, les tomates, ça pousse, un épi de maïs, ça pousse, les potirons, ça pousse. Et quand on a le fameux exemple de demander à un enfant, « Dessine-moi un poisson, et tu fais le poisson carré. » En fait, Carrefour, ce n'était pas l'objectif premier de cette campagne. Mais ça contribue à la pédagogie. Et à expliquer ce qu'il y a derrière, à donner envie de faire ce métier, à montrer d'autres représentations. Et ça, c'est au fur et à mesure. C'est à force de répéter, de prendre tous les sujets. Parce que ce sujet de pédagogie clandestine, ça marche pour... tous les briefs, que les marques ou entreprises soient déjà bien avancées ou pas, en fait. Et ça, c'est vraiment, pour le coup, c'est vraiment une bataille qu'on a, nous, depuis, enfin, une bataille, une volonté d'avancer énormément depuis 3-4 ans sur ces problématiques. Je ne dis pas que c'est facile tous les jours, je ne dis pas que tous nos collaborateurs sont plus causés déjà à ça, etc. Mais on fait énormément de choses, de débats, on a aussi été partenaire du MOOC, imagine, 2050, etc. Et donc... pour leur donner envie de voir différemment les choses et de se rendre compte qu'une fois encore, c'est facile, c'est simple. Et donner envie à d'autres d'en faire.
- Diane Cantan
C'est clair. Moi, j'aime bien justement les pubs où tu as ce côté humain, où tu vois finalement le fameux cycle de vie du produit, c'est-à-dire du producteur ou là où c'est réalisé. Ça peut être aussi du textile. pour peu que ce soit du textile français. Je trouve que le slip français, il est très bon dans sa com. Il arrive bien à... Il est très persémétrique. Exactement, oui.
- Caroline Darmon
Mais c'est parfait. C'est un parti-prix.
- Diane Cantan
Je suis d'accord avec toi. Mais il y arrive bien. Il est émeu aussi. Tout à fait. Pour la petite anecdote, mon mari, il a eu son petit slip français, un petit package à Noël dernier, tu vois. Mais voilà, tu pars du producteur ou de l'histoire humaine et tu arrives jusqu'au consommateur qui... a aussi cette part de responsabilité, de citoyenneté sur l'achat qui va faire...
- Caroline Darmon
C'est le consommateur qui décide. S'il a envie de quelque chose, besoin de quelque chose, on essaie de switcher. Quand on dit qu'on veut faire switcher, c'est aussi dans un monde idéal faire passer le message au consommateur de se poser quelque part la question quand il achète quelque chose, est-ce qu'il en a envie ou est-ce qu'il en a besoin ?
- Diane Cantan
C'est ça.
- Caroline Darmon
Et donc, nous, on peut faire le besoin. Voilà, exactement. Le fameux bisou. On communique en interne, d'ailleurs. C'est vrai. Au moment du Black Friday. Donc, voilà.
- Diane Cantan
Il faudrait supprimer, pour moi, le Black Friday, d'une manière ou d'une autre.
- Caroline Darmon
Ça permet de rappeler des règles sympas.
- Diane Cantan
Mais ça, c'est une autre problématique. Le Black Friday, c'est une autre problématique qui est liée au prix.
- Caroline Darmon
Tout à fait.
- Diane Cantan
Qui, pour moi, est une vraie stratégie de communication.
- Caroline Darmon
Oui.
- Diane Cantan
Mais on sort un peu peut-être du cadre qui est plus lié aux marques. Même si publicisme peut avoir une incidence. Tu vois, c'est quand la marque, c'est le patron, où il y a une vraie communication et engagée. Pour moi, à la limite, ça devrait être une question de transparence et d'éthique de n'importe quel secteur d'activité, cette notion de prix. Si on arrive du Black Friday, c'est parce qu'on a des marges énorme d'un côté qu'on casse à un autre moment, donc il y a peut-être aussi une forme de lissage à trouver. Mais tout le monde n'est pas encore prêt sur ce sujet-là. Est-ce qu'il y a... Avant qu'on arrive sur mon autre séquence de marqueurs des bascules, est-ce qu'il y a d'autres points que tu aimerais évoquer ou tu as une petite avant-première par rapport à Vivatech la semaine prochaine ?
- Caroline Darmon
Je peux faire l'avant-première parce que c'est bientôt. Exactement. Alors, pareil, nous, dans la problématique, l'IA, là, j'en ai parlé rapidement, au travers de deux outils, mais après, on a mis en place aussi une politique d'IA responsable dans l'usage qu'on en fait. Nous, il faut avoir quand même conscience qu'aujourd'hui, l'IA, même au niveau de la RSE, on doit dire le mot 300 fois par jour dans tous les métiers. Donc, c'est vraiment quelque chose qui transforme nos métiers de fond en comble. Et encore plus en 2026 qu'en 2025. En 2025, on avait bien commencé. Et en plus, nous, pour le coup, vraiment, on a appris les choses. Comme d'habitude, c'est-à-dire que pour faire une transformation, il faut d'abord former les gens. Sinon, ça ne sert à rien. Ce n'est pas la peine de mettre en place des outils pour faire si derrière, on ne comprenne pas l'intérêt, ils ne comprennent pas comment ça marche, etc. Nous, ça fait plus d'un an que les métiers sont en train d'être formés. Et donc, on a commencé par tous les métiers créatifs. Il y a aussi en ce moment tous les autres métiers commerciaux, planning, transverse, etc. Sur comment utiliser l'IA au quotidien. donc dans les... différentes manières d'utiliser dans son quotidien. Il y a aussi comment est-ce que d'avoir conscience du sujet éthique du problème, de la sécurité bien entendu de l'IA. Donc nous, il y a énormément de cadres par rapport à ça et de l'impact sociétal, économique, environnemental que ça peut avoir. Et donc, on a mis en place une politique RSE, une politique d'usage responsable de l'IA. Et ce qu'on va annoncer la semaine prochaine, c'est qu'il arrive quand même très vite forcément aussi, Et de par nos collaborateurs, c'est pour ça qu'on a décidé d'accélérer. La question de, OK, c'est super, on utilise de l'air tous les jours pour faire notre métier, mais concrètement, c'est quoi l'impact environnemental ? Parce que moi, j'entends parler du fait que ça consomme beaucoup d'énergie, qu'en termes d'eau, bientôt, il va falloir choisir entre prompter et prendre sa douche. Voilà, donc il y a une contradiction qui peut arriver très vite et une sorte de schizophrénie pour nos collaborateurs. Et donc, on a senti ce signal faible depuis un an et demi, à peu près. Et donc, on s'est dit, en fait... On a fait les choses classiques, comme je pense n'importe quelle entreprise. On s'est tourné vers les grands acteurs avec qui on travaille. On leur a dit, aidez-nous à le voir plus clair. Et dites-nous, nous, quand on utilise Copilote, etc., quel est l'impact environnemental de cet usage pour Publicis au global ? Aujourd'hui, ces acteurs-là, pour l'instant, ne veulent pas, on sait qu'ils ont l'info, mais ne la transmettent pas. Ce qu'il faut avoir quand même conscience, on va dire à leur décharge, même si c'est machin, c'est que jusqu'à l'avènement de ChatGPT, en fait, il n'y avait pas de souci pour avoir ces infos. Quand ChatGPT est arrivé, eux, ils ont bloqué l'accès à ces infos. Et donc, les autres se sont mis sur le même modèle. Après, on a quand même quelques modèles ouverts qui permettent justement d'avoir quand même quelques infos, mais c'est limité. Et donc, du coup, on s'est dit, on va arrêter d'attendre qu'on ait un jour l'information qui nous permet de calculer exactement. l'impact environnemental de l'usage de l'IA qu'on fait au quotidien. Et donc, on a regardé s'il y avait déjà des choses qui existaient. Il n'y a pas grand-chose qui existe et les méthodes O sont plutôt pas très fiables, pour ne pas dire autre chose. Et donc, après, on s'est dit, quels sont les moyens qu'on a de faire différemment ? Et là, il n'y en avait pas 46 000. En fait, il faut faire appel à des chercheurs. Et donc, on a regardé dans les chercheurs et très vite, il y a un nom qui est ressorti, qui est Sacha Lucieni, en l'occurrence, qui est une chercheuse canadienne. et qui s'était déjà un peu intéressée au sujet par rapport à nos métiers puisque l'été dernier, donc été 2025, elle avait fait un papier dans un magazine scientifique sur justement l'impact environnemental de l'IA dans la génération de vidéos. Et donc, du coup, on a pris contact avec elle et en dehors d'être une femme super et reconnue internationalement, on est arrivé, en fait, les planètes se sont hyper bien alignées. C'est-à-dire que nous, on est arrivé en disant, ben voilà, on aimerait arriver à... monter quelque chose pour pouvoir commencer à estimer l'impact environnemental de l'IA dans nos métiers, dans ce qu'on génère comme contenu. Et elle, elle nous a dit, moi ça tombe bien parce qu'en fait j'en ai un peu marre de faire de la recherche pour de la recherche et je veux faire de la recherche appliquée aux entreprises. Donc nous on a dit, c'est utile. Nous on a des cas, toi t'as le cerveau, entre guillemets, etc. On va pouvoir mutualiser tout ça. Et en plus, il se trouve que depuis 4 ans, ou 3 ans, je sais plus, on a développé avec Publicis Sapient Merci. Un outil qui s'appelle eFootprint, qui est un outil open source et qui est mis en place dans la plateforme Bois Vista, où ça permet justement de calculer l'empreinte environnementale de n'importe quel projet numérique. Et donc, dans lequel on avait déjà commencé à intégrer la partie texte-to-texte qui, elle, existe pour le coup. Et que, et là aussi, les planètes se sont super bien alignées, on a travaillé, nous, côté Publicis Cepion, avec une association qui s'appelle Ecologitz, Qui est ? qui était l'élément manquant entre les chercheurs qui vont trouver les chiffres, si je caricature un peu, et eFootprint qui va permettre de mettre à disposition un outil qui va être très concret pour les entreprises pouvoir calculer. Donc il manquait cet élément au milieu. Et donc Ecologist est arrivé très vite dans la boucle, parce que un, on travaillait déjà avec lui côté public sapient, et deux, Sacha les connaît très bien également. Il travaillait aussi avec eux, il vient de se rapprocher avec Code Carbon. donc Enfin voilà, donc les planètes se sont vraiment super bien alignées, et on s'est dit deux choses, on avait deux parties prises. Un, le premier, c'est de se dire, on veut être en open source. On veut, entre guillemets, ouvrir pour le bien commun. Et c'est vraiment la mentalité des trois acteurs. Donc, c'était hyper important. Donc, ça, c'est la première chose. Et après, ça, c'est d'un point de vue très personnel. Pour avoir connu la course à la calculette carbone sur tous les autres sujets, le plan médial, les tournages, etc. Je me suis dit, parce qu'on n'avait pas réussi à se mettre d'accord en amont sur un référentiel commun, je me suis dit, arrêtons, essayons de faire ça, au moins au début. Peut-être qu'après, certains vont prendre les... ce qu'on aura fait et on va nettoyer le truc. Voilà. Donc ça, c'est notre premier parti pris. Et le deuxième, on s'est dit, on ne veut pas être la seule entreprise à apporter ça. Et donc, on veut créer une alliance d'entreprises qui sont comme nous, qui ont compris qu'il y avait un impact environnemental et que c'était important de pouvoir l'évaluer. On ne va pas le quantifier de façon précise puisqu'on n'a pas les bons chiffres. Donc, c'est de la recherche. Mais au moins, ça va permettre une estimation quand même très sérieuse. du sujet. Et donc, on a été chercher des partenaires dans cette histoire. Et donc, nous ont rejoint très vite huit entreprises. Trois qui sont des membres fondateurs et qui donc vont, avec Publicis, œuvrer aussi à la feuille de route de ce projet qui ne va pas s'arrêter là, à Vivatech 2026. Donc, en l'occurrence, AXA, Engie, La Poste, La Banque Postale. Et puis, on en a d'autres qui sont embarqués pour cette première brique sur la partie vidéo. qui va être en partie la mise en place pour VivaTech la semaine prochaine, qui sont FDJ United, Accor, Orange, L'Oréal et Renault. Que des belles entreprises qui ont envie d'oeuvrer.
- Diane Cantan
Vos succès.
- Caroline Darmon
Et puis après, l'Alliance reste ouverte. On va la lancer donc la semaine prochaine. Mais l'Alliance reste ouverte pour continuer aussi la feuille de route parce qu'en fait, le fil est tirable à l'infini. Là, nous, on va présenter la vidéo, une partie de la vidéo parce qu'on est sur l'usage et de la vidéo pure. Il n'y a pas, par exemple, le son, la post-prod, et donc ça, c'est prévu pour la suite. L'image aussi, qui va être faite par la suite, etc. Et donc ça, au moins l'image, le son, la post-prod, on l'annonce pour VivaTech 2027, et peut-être qu'il y aura d'autres choses aussi en parallèle. Donc voilà, pour nous, c'était important de pouvoir aussi montrer que c'est important pour toutes ces entreprises de pouvoir estimer l'impact environnemental de l'IA dans leur quotidien. que du coup, on trouve d'autres moyens. Et moi, demain, si Google, etc., nous disent... En fait, parce qu'on a plutôt un peu surestimé normalement le poids, ils nous disent, vous êtes vraiment très loin des chiffres. On vous dit les chiffres, mais super, on est hyper contents. Et les chercheurs sont les premiers contents.
- Diane Cantan
Oui, j'imagine bien. Donc ça, c'est l'avant-première. C'est une belle avancée, ça. On a la chance d'entendre ce message-là, même si effectivement, l'épisode sortira après VivaTech. On est d'accord. Le secret reste là. Tout va bien. Alors, je vais arriver sur ma nouvelle séquence marqueur de bascule, là où on passe de l'intention à l'action pour transformer durablement son business. Le mot durable ou durabilité, on en a pas mal parlé et ça devrait être le nouveau vocabulaire à la place du mot RSE. On est dans cet esprit-là. Alors, en question ultra courte, réponse flash. Si tu vois deux, trois habitudes que les équipes MarketCom devraient abandonner pour garantir un peu plus de durabilité dans les campagnes ?
- Caroline Darmon
Déjà, d'arrêter de parler de communication responsable. En fait, on va parler de communication. C'est juste une manière de faire de la communication un peu différente, mais ça doit devenir notre norme. Et franchement, avec certains de nos clients, aujourd'hui, ça l'est.
- Diane Cantan
Magnifique.
- Caroline Darmon
Donc ça, c'est la première chose.
- Diane Cantan
C'est le premier point. Un deuxième truc à arrêter ?
- Caroline Darmon
La deuxième chose, c'est... Alors ça, ça va être plus compliqué. Mais d'essayer de mettre au même niveau le KPI budget, donc faire un choix, et le KPI... Impact environnemental et sociétal, ça, c'est mon rêve ultime. Sur la façon de faire les projets, notamment. Ça, c'est quand même quelque chose que j'adorerais voir. Et la troisième, qui est même potentiellement la première, c'est vraiment, et ça, pour le coup, on essaye d'influencer un petit peu chez Publicis chaque année sur le sujet, c'est de mettre en avant dans leur plan de communication et de promotion que des produits ou des services à moindre impact pour l'environnement et meilleur pour la société. Et donc, petite parenthèse, nous, chaque année, au mois de septembre, quand c'est la période en général où les équipes marketing commencent à faire leurs plans promotionnels l'année d'après, notre président, donc Agathe Bousquet, envoie un mail à tous nos clients, je crois qu'il y en a 600, si ma mémoire est bonne, pour leur dire, en gros, vous êtes en train en ce moment de travailler vos plans marketing promotionnels de l'année prochaine, on vous recommande de mettre en avant. essentiellement des produits ou des services à moindre impact, de travailler avec nous des comportements plus responsables dans la représentation qu'on fait, etc. Et donc c'est vraiment, une fois encore, avec la force d'influence positive qu'on essaye d'avoir auprès de nos clients, d'être présents aussi à ces moments-là pour les faire réfléchir de nouveau sur ces pratiques.
- Diane Cantan
Ça j'adore dans ce discours de pédagogie, c'est-à-dire arrêtons de communiquer sur des choses qui n'existeront plus. demain et faisons-le dès maintenant.
- Caroline Darmon
Surtout que beaucoup d'entreprises ont déjà des services. Ils en ont plein,
- Diane Cantan
mais comme tu disais de M. Jourdan, il y en a plein, donc autant les valoriser. Pourquoi s'en priver ? C'est clair. Tu as déjà donné, non pas le côté comment s'arrêter, mais quoi faire. C'est parfait, parce que les gens traduiront dans ce qu'il fallait arrêter. On a compris. Si j'arrive à une petite projection dans cinq ans ou dans plus, à quel moment tu diras, tiens, là, le secteur a vraiment changé ? On arrive sur une nouvelle évolution. Et donc, forcément, c'est aussi, qu'est-ce qu'un directeur MarketCom ou un DA dans une autre agence de com devrait faire maintenant ?
- Caroline Darmon
Et bien quand je me rendrai compte que je pense qu'on aura quand même encore la télé dans cinq ans et que les tunnels de sept minutes de publicité potentiellement existeront toujours et que je me rendrai compte que 90% des pubs que j'ai vus dans ce tunnel sont sur des produits ou des services à moins d'impact pour l'environnement et pour la société et que les représentations qu'on a mis en scène dans ces publicités sont en lien avec les limites planétaires. déjà dépassé pour beaucoup. Qui est une cohérence. Voilà, qui est une cohérence. Et en fait, potentiellement, je vais faire un parallèle avec un autre sujet, qui est là-dedans, qui est le sujet de la représentation de la diversité et de l'inclusion, où moi, j'estime qu'on a fait énormément de progrès en France sur cette représentation de la diversité et de l'inclusion, pas tant seulement en termes de couleur de peau, d'origine, mais aussi en termes de forme de corps, de représentation du handicap. C'est là où on est le moins bon encore aujourd'hui, mais quand même, et surtout de rôle, quoi. plus dans les stéréotypes de rôle et tout ça. Et en fait, on a fait énormément de progrès et aujourd'hui, on ne s'en rend plus compte. Et c'est ça qui est chouette. C'est quand on arrive à un moment où, en fait, ça devient naturel. Et on ne se dit pas, ah tiens, ils ont fait ça, telle marque, ah tiens, fait ça, etc. Mais du coup, ça devient naturel. Et là, ce sera vraiment chouette.
- Diane Cantan
Sauf peut-être quand on est dans le secteur et qu'on a ce regard un peu critique. Moi, j'adore regarder... le compte de Culture Pub, où tu as en même temps des pubs d'un peu partout dans le monde, et en même temps, des fois, des retours en arrière de, tiens, la pub de 86, de 92, de je ne sais pas quoi. Et là, tu te dis, ah, mais cette pub, elle ne pourrait plus passer aujourd'hui. Et cette autre pub, tu dis, mais comment est-ce qu'elle peut encore sortir aujourd'hui ? Tu vois, il y a des fois, il y a les deux effets. Est-ce que toi, tu as une pub que tu apprécies particulièrement ? Toi, en tant que perso, tu vois, je quitte... Tu sors de ta fonction, directrice RSE, Caroline, de chez Publicis. Est-ce qu'il y a... Donc, potentiellement, c'est une pub qui n'est pas faite chez Publicis, peut-être. Ah, d'accord. Ça va être dur. D'accord. Alors, OK. On va rester dans la maison.
- Caroline Darmon
Ce n'est pas forcément d'être corporate, mais sincèrement, je trouve qu'il y a certaines combats. Mais tu vois,
- Diane Cantan
est-ce qu'il y a une pub qui te plaît davantage ou sur laquelle tu dis je suis fière ? Alors, voilà. Que ce soit une pub de Publicis, dans ces cas-là.
- Caroline Darmon
Alors, récemment, sincèrement, le travail qui a été fait, notamment avec AXA, Je trouve ça formidable.
- Diane Cantan
Parce qu'on n'en a pas parlé encore.
- Caroline Darmon
Avec ça, il y a... trois ans, deux ans, je ne sais plus. Pareil, idée qui germe dans le cerveau brillantissime d'une planeuse chez nous sur une problématique qui leur colle à la peau, parce que ça fait partie de leur ADN. Ils avaient une nouvelle plateforme de marque qui était « Être une femme ne doit jamais être un risque » . Je sais, c'est la mauvaise traduction française de la plateforme de marque d'AXA. Et un investissement vis-à-vis des violences faites aux femmes déjà existant. Et en fait, idée qui sort de l'agence, qui est de dire, en fait, Aujourd'hui, dans les assurances habitation que vous faites, les gens peuvent être logés en cas d'inondation, d'incendie, etc. Et si on rajoutait trois petits mots, d'où la compagnie Three Words, en cas de violence conjugale. Et ça, en fait, c'est un des freins. Une fois encore, notre rôle, c'est d'essayer de lever les freins pour les adoptions, de sujets quels qu'ils soient. Et un des freins pour les femmes, et je vais dire les femmes parce que c'est 95% des personnes qui sont concernées, pour les femmes. quitter leur agresseur, c'est où je vais. Et souvent, en plus, avec des enfants, etc. Et donc, proposition de ça, de cette idée, AXA qui l'achète tout de suite, la présidence qui l'achète tout de suite, etc. Et le vrai sujet, on en revient à un sujet de marketing, comment est-ce qu'on le met en place de façon très concrète, juridiquement ? Et pendant deux ans, il y a eu tout un travail de la part d'AXA pour que ça soit intégré au contrat. Et intégré aussi de façon rétroactive, ce qui fait qu'aujourd'hui, il y a 6 millions de contrats qui... intègre ces trois mots et qui intègre cette possibilité de faire en sorte que même si la femme n'a pas signé le contrat Oui, si c'est au nom du mari parce qu'en général il contrôle tout à ce moment-là elle soit aussi concernée. Enfin voilà, il y a énormément un travail énorme qui a été fait de la part d'AXA pour faire en sorte que ça devienne réel et donc derrière bien sûr il y a eu une campagne pour en faire parler, etc. Et aujourd'hui c'est mis en place chez AXA. L'idée c'est d'en faire un exemple aussi pour les pour des concurrents et qui sont déjà, on le sait, en relation avec certains pour essayer de voir aussi comment le mettre en place. Et ça, c'est exactement ce switch qu'on adore faire et que je trouve génial, moi, dans nos métiers, c'est de pouvoir accompagner des grandes marques à faire des switches comme ça, sociétaux aussi importants et parfois même jusqu'à faire changer des lois. Et donc, c'est là où, et pour en parler régulièrement avec soit des ministères, etc., c'est vrai que Ça aide souvent à accélérer des projets de loi. Quand on a des entreprises qui montrent que c'est faisable, qu'elles ont réussi à faire quelque chose, ça aide à accélérer les changements. L'adoption. Donc sincèrement, avec ça, ce travail est incroyable. Et du coup, petit clin d'œil pour le dernier film qu'on a fait pour eux, qui est pour la Coupe du monde de rugby féminin. Et un film qui est juste super et gratifiant, que j'adore. Une exécution superbe aussi qui joue sur les préjugés masculins vis-à-vis du rugby féminin et qui bouleverse tout ça et qui est une pépite à regarder.
- Diane Cantan
Il y a encore du boulot un peu de partout. Il y a encore un champ libre sur plein de sujets. C'est clair. Tout à fait. Top. Deux dernières questions qui sont habituelles et que je pose à la fin de mes invités. Alors, si vous êtes resté jusque-là, c'est... top parce que ça fait déjà une heure et demie qu'on est ensemble. Mais en fait, c'est une conversation et j'adore nos échanges. Forcément, je le savais au démarrage, on est sur le sujet de la com que j'adore, on est sur le sujet de la RSE et donc de cet intérêt général parce qu'on est vraiment dans cet esprit-là. On partage les mêmes convictions. Donc, je savais que ça n'allait pas être un épisode de 40 minutes.
- Caroline Darmon
Bravo pour ceux qui sont restés jusqu'à...
- Diane Cantan
Exactement, c'est tout à fait ça. Mon podcast se nomme Markoeur Parce que je suis convaincue que le marketing durable est le marqueur de la bonne santé des entreprises. Aussi parce que quand on fait les choses avec le cœur, on embarque les gens plus loin. Et on a parlé de cette durabilité et de cette pérennité d'entreprise. Est-ce que ce mot marqueur t'évoque quelque chose ? Ça t'inspire ?
- Caroline Darmon
Oui, moi ça m'évoque beaucoup. En tant que publicitaire ? Alors en tant que publicitaire et puis même en fait, quelque part, je pense qu'inconsciemment c'est aussi là-dessus que je me sens. Enfin par rapport à ça. sur lequel je me suis beaucoup appuyée dès le début. Parce que pour moi, la transformation RSE, une fois encore, on l'appelle comme on veut, parce que je ne suis pas sûre que le mot RSE aujourd'hui soit le meilleur qu'il soit, le plus sexy qu'il soit. Mais en fait, elle s'appuie avant tout sur... C'est une transformation en profondeur, mais elle s'appuie avant tout sur des valeurs. Et moi, c'est ce que j'explique encore aujourd'hui à tous les collaborateurs, c'est de leur dire qu'on n'est pas dans une transformation... technique comme on l'a été avec le digital. Il a fallu apprendre des choses. Aujourd'hui encore sur l'IA, on apprend des choses. Là, la transformation RSE, si je caricature, en effet, tu parlais de bon sens et je te rejoins à 300%. C'est comment est-ce que tu transposes des choses que tu fais dans ton quotidien et qui te semblent être du bon sens dans ton métier. Et ça, le cœur y est pour beaucoup. Et la façon de vouloir aussi le mettre en place. dans ton quotidien du métier, par-delà. Et donc, en fait, pour moi, c'est la base, quelque part, de la transformation RSE.
- Diane Cantan
Ça passe par là. Donc, plein de messages sur le bon sens et les valeurs à partager, en tout cas, que ce soit honnête. Enfin, tu vois, ce côté transparence. Et puis, un éco-geste, si tu as envie d'en partager.
- Caroline Darmon
Alors, un éco-geste. Alors, celui-là, il est un peu... C'est... ce n'est pas de la contrainte parce qu'aujourd'hui, pour moi, c'est... C'est complètement acquis, c'est vraiment un choix. Moi, je ne prends plus l'avion depuis un peu plus de trois ans. Alors, ce n'est pas très vieux comme décision, parce que j'estime que, déjà, un, j'ai eu la chance de beaucoup voyager par le passé, entre un petit frère qui a habité au Brésil pendant 15 ans, et un amour pour l'Asie, et un congé sabbatique de six mois à un moment pris pour faire le tour de l'Asie. Donc, j'ai beaucoup, beaucoup voyagé, et j'ai beaucoup pris l'avion. Et donc, voilà, cette volonté, je pense que c'est important, en tout cas pour moi, de le faire. Ce qui ne veut pas dire qu'autour de moi, j'oblige à... Alors, mon frère, de temps en temps, me dit quand même, on pourrait partir aussi quand on veut faire des trucs en famille un peu plus loin. Non, mais regarde, il y a le train, puis on peut aller là, c'est pas très loin. Et puis, il y a tellement de choses à découvrir chez nous, que ce soit en France ou... Voilà, donc moi, mon éco-geste... Un peu plus, on va dire, engagé, c'est celui-là.
- Diane Cantan
Et qui a un gros impact sur l'empreinte carbone. J'ai refait récemment, parce que je l'avais fait à l'époque, mais cette année-là, je n'avais pas pris l'avion, donc c'était nettement plus bas, sur le site de nos gestes climat, qui est mené par l'ADEME. J'ai refait ce calcul, j'arrive à 8 tonnes de CO2. La seule chose, c'est que j'ai deux... 2,2 tonnes d'avions l'an dernier, parce que je suis partie aux États-Unis. Forcément, ça m'a plombé le truc. Oui, on voit l'impact qui est fort et le chemin à parcourir jusqu'en 2050, 2 tonnes, il y a encore un petit peu de taf.
- Caroline Darmon
Et puis moi, pour le coup, je suis rentrée par la RSE, là où ça m'a fait vraiment un déclic. Il y a l'histoire pro que je vous ai racontée, mais d'un point de vue perso, c'est quand j'ai découvert Pierre Rabhi. Moi, ça a été vraiment aussi un avant-après très perso pour le coup. Et notamment, c'est l'anecdote qu'il raconte de l'histoire du feu dans la jungle. Je ne sais pas si tu l'as en tête, mais si vous ne l'avez pas en tête, je vous la raconte rapidement. En fait, c'est dans la jungle ou dans une forêt, il y a un énorme feu. Et donc là, tous les animaux sont ensemble et regardent ce feu. Et voilà, ils sont juste passifs devant. Et puis, tout d'un coup, il remarque qu'il y a un petit colibri qui n'arrête pas de faire des allers-retours et de mettre... Donc, c'est un petit colibri, ils sont tout petits, ces oiseaux, c'est minuscule. Et qui fait des allers-retours entre un lac et puis le feu de la forêt, etc. En mettant dans son bec deux gouttes d'eau à chaque fois et tout. Puis à un moment, il y a un des animaux, le toucan ou autre, qui lui dit, mais en fait... Ça ne sert à rien. Je ne comprends pas pourquoi tu fais ça. En fait, ça ne sert à rien. Pas comme ça que ça va... Et est-ce que tu sais que ça ne sert à rien ? Et donc le colibri lui répond, je sais, mais je fais ma part. Et moi, ça, ça m'a marqué énormément. Et j'estime que voilà, pour moi, on doit tous faire notre part à notre niveau. Et qu'il n'y a pas de bonnes choses, de mauvaises choses, où il n'y a pas d'obligation à faire. Et que chacun, à ses moyens, à son niveau, peut faire quelque chose par rapport à ça.
- Diane Cantan
Oui, parce que c'est toujours plus facile de dire, c'est aux entreprises de faire, c'est au gouvernement de faire.
- Caroline Darmon
Le client de l'inaction est inédable.
- Diane Cantan
Mais on a chacun notre rôle et notre part d'influence. Là, comme on a une belle part, évidemment, avec tous ces récits et tout ce qu'on a évoqué aujourd'hui. Je ne sais plus si tu as une idée d'un invité pour un futur épisode ? Alors, écoute,
- Caroline Darmon
j'ai réfléchi. En fait, il y a un nom qui m'est venu très rapidement en tête, qui est Yasmina Auburta. Yasmina, elle a une multiple vie. Et notamment, elle s'est... elle s'est pas mal spécialisée ces derniers temps sur justement tout ce qui est nouveau récit et elle a créé notamment avec Imagine 2050 un MOOC spécifique sur ce sujet elle accompagne des entreprises dans cette transformation, elle est passionnante elle vit son sujet et donc moi j'adorerais entendre le podcast des Seminaires au bureau ça aussi c'est un sujet et
- Diane Cantan
J'aime bien me projeter. Tu sais, quand tu fais du market, forcément, tu es dans l'anticipation des futures attentes des consommateurs. Et donc, tu te projettes. Donc, j'adorais pouvoir échanger avec elle. Tout comme moi, j'ai adoré d'échanger avec toi. Mille merci, Caroline. C'était juste génial. Merci à toi. Merci de l'invitation. Merci pour le temps. Parce que du coup, c'est quand même un gros temps pris dans ton agenda ultra chargé ici.
- Caroline Darmon
Merci beaucoup. Merci à toi.
- Diane Cantan
J'ai adoré. J'espère que vous avez apprécié. En tout cas, si vous avez apprécié et j'en suis persuadée, n'hésitez pas à le partager. Vous avez forcément quelqu'un que vous connaissez qui travaille dans une agence de com, qui est au service market ou com. Il faut absolument écouter cet épisode. On va vous faire changer de paradigme si ce n'est pas déjà fait et qu'on arrive à ces changements dont Caroline rêve pendant cinq ans. Donc, allez-y dès maintenant. Merci beaucoup. A très vite. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout cet épisode. J'espère que mon invité ou mes invités vous ont inspiré et donné envie de passer à l'action. Alors n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute favorite. Vous pouvez évidemment me laisser un message sur LinkedIn ou Instagram en m'indiquant les sujets que vous aimeriez que j'aborde et les invités que vous aimeriez entendre. J'ai besoin de vos likes et abonnements pour faire connaître mon podcast. Alors, n'hésitez pas à en parler autour de vous et à partager sur les réseaux sociaux. Allez, je vous dis à très vite. Ciao !