- Speaker #0
Bienvenue sur mon podcast MaterniTalk, un podcast qui parle sans tabou de parentalité, de boulot, de biberon, de charge mentale, parfois dans cet ordre et parfois tout en même temps. Je vous emmène à la rencontre de salariés orange, toutes et tous plus exceptionnelles les unes que les autres, évoluant sur les différents métiers du groupe. Toutes ces personnalités, eh bien, elles ont un point en commun, c'est d'être salarié et puis parent ou en devenir. L'objectif s'est créé un espace où les salariés, hommes et femmes, pourront s'identifier et se sentir soutenus dans leur parcours de parent, tout en découvrant qu'il est possible de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
- Speaker #1
Aujourd'hui,
- Speaker #0
j'ai le plaisir d'accueillir sur Materne Talk, Elisabeth Rey, SVP de la direction des grands groupes. Elisabeth,
- Speaker #1
bonjour, je suis ravie d'être là.
- Speaker #0
Moi aussi, je suis très contente. Je te remercie beaucoup d'avoir accepté cette invitation. Et je suis hyper contente que tu puisses parler de parentalité aujourd'hui. J'aimerais, pour ceux qui ne te connaissent pas, te présenter. Dis-moi ce que tu fais au sein d'Orange Business France.
- Speaker #1
Absolument. Alors moi, je suis un pur produit orange. J'ai l'habitude de dire ça et pourtant pas tant que ça. J'ai démarré chez Equant, qui est une des deux mes plus belles expériences professionnelles. Ça a été mon premier poste avec une ambiance plutôt start-up qui m'a très bien correspondue. J'étais commerciale, on va dire ça comme ça. Et je me suis régalée à ce moment-là. Je ne connaissais absolument rien aux télécoms. Je venais d'une... J'avais fait une prépa, une école de commerce. Et donc les télécoms pour moi, c'était complètement... inconnue. J'ai mis un peu de temps à monter à bord, mais je me suis beaucoup amusée. On a bossé comme des dingues, mais c'est mes meilleurs souvenirs ou parmi mes meilleurs souvenirs de début de carrière. Cette carrière chez Equant, et ensuite on s'est fait racheter par France Télécom, puis Orange. Donc, de fil en aiguille, je n'ai jamais quitté ce groupe auquel je suis littéralement attachée, foncièrement attachée, mais profondément attachée. Et aussi parce que c'est un groupe qui m'a donné l'occasion d'avoir des expériences différentes, diverses, variées, d'être à mon écoute quand je voulais bouger, de me proposer des choses auxquelles je Je n'avais même pas moi-même pensé. On y reviendra peut-être. Et donc, j'ai passé mon temps à naviguer entre DGC, qui est la direction des grands comptes, et les filiales au sein d'Orange Business France, que ce soit Aubiane, que ce soit DSF. Voilà, donc j'ai fait des allers-retours qui m'ont permis de m'épaissir un peu, de tanner mon cuir, on va dire. Et aujourd'hui, je suis la patronne des grands comptes.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, c'est cool. C'est quoi DGC, Direction des grands comptes ? C'est les 150 grands comptes, que ce soit des grands acteurs de la banque, de l'assurance, de l'énergie, de la défense et de la sécurité, des grands ministères, des grands acteurs du transport, du média, du service, du retail, du luxe. Voilà, ça c'est mes clients principaux et je suis à ce poste depuis trois ans maintenant et très heureuse.
- Speaker #0
C'est chouette. Est-ce que tu as eu l'impression en tant que femme qu'il a fallu finalement prouver davantage pour justement pouvoir évoluer sur ce métier ? Parce que le métier du commercial, ce n'est pas un métier si simple finalement.
- Speaker #1
Non, c'est vrai, c'est une bonne question. Je vais te faire une réponse de Normande, c'est oui et non. C'est-à-dire que la réponse est oui à mon début de carrière, sans aucun doute. J'ai des souvenirs de clients, quand je suis arrivée, chez certains d'entre eux me disant « mais qu'est-ce que vous faites là et pourquoi vous ne vous occupez pas ? Vous êtes mariée, vous avez des enfants, mais pourquoi vous travaillez ? » Et ça ne me paraissait pas si étonnant que ça il y a 30 ans. Comme quoi la bonne nouvelle, c'est que les choses ont changé. Après, j'aurais tendance à dire qu'une fois que vous avez fait vos preuves, c'est probablement plus simple. En tout cas, moi, c'est comme ça que je l'ai vécu. C'est-à-dire qu'à partir du moment où j'avais fait mes preuves, ça a été plus compliqué au début. Mais une fois que j'ai fait mes preuves, que ce soit auprès de mes clients ou en interne, j'ai eu la nette impression d'avoir été profondément accompagnée et par mes clients, parce que j'avais gagné leur confiance, et en interne, parce que j'avais là encore gagné mes lettres de noblesse. Et donc, oui, au début, beaucoup moins après.
- Speaker #0
Et comment on fait pour être commerciale avec des enfants ? D'ailleurs, combien d'enfants as-tu ?
- Speaker #1
Alors, c'est une bonne question ça aussi. En fait, j'ai quatre enfants. J'ai eu la tristesse d'en perdre un à la naissance. Mais c'est quand même important pour moi de dire ça, parce que ça veut dire que j'ai eu quatre grossesses. Pleine, complète. Et parce que sinon, ça aurait été trop simple, j'ai décidé de refaire ma vie avec une famille recomposée. Donc, on a six enfants.
- Speaker #0
Parce que j'avais entendu que Elisabeth Ray a beaucoup d'enfants. Mais qu'est-ce que beaucoup, beaucoup ?
- Speaker #1
Alors, si. C'est une belle tribu. Oui, c'est une belle tribu. Et j'avoue que ça a toujours été un rêve de gamine, moi, d'avoir beaucoup d'enfants. À un moment, il faut s'arrêter parce que c'est plus raisonnable. Mais si j'avais pu en avoir deux ou trois de plus, je l'aurais fait avec un immense plaisir.
- Speaker #0
Donc, on peut dire que c'est compatible d'avoir une famille nombreuse et puis d'être aussi sur le terrain, sur des postes aussi stratégiques finalement que tu as pu avoir
- Speaker #1
Sans aucun doute. Je pense que c'est une question d'ingrédients qu'on met dans sa recette pour que ça fonctionne. Et les ingrédients que moi j'utilise et que j'ai utilisé et que je continue à utiliser régulièrement, c'est d'abord ne jamais se prendre au sérieux, faire au mieux. Je dis souvent à mes équipes, et je suis sûre qu'ils te le diraient si tu les interrogeais, ce qu'on fait c'est extrêmement important, mais ce n'est pas vital. On fait le max, on est investi à 100%, à 1000% même. je les secoue Je les challenge comme je suis moi-même challengée. Mais ne jamais perdre de vue qu'on ne sauve pas des vies et que personne n'est irremplaçable. Et une fois que déjà, tu as acquis ça, ça te donne une espèce de recul et de capacité à prendre justement du recul sur des situations qui peuvent être compliquées, qui est pour moi extrêmement précieuse. Et moi, ça, ça a toujours été un atout que j'ai eu, je me le redis, quasiment tous les jours. Tu fais le max. mais tu ne sauves pas des vies. Et donc, voilà, investis au maximum, mais reste focus sur ce que tu as à faire, mais on ne sauve pas de vie. Voilà, ça, c'est important.
- Speaker #0
Tu parles souvent, Elisabeth, de résilience, d'humilité, d'admiration pour des figures comme, j'ai pu le lire, comme Simone Veil. En quoi ces valeurs, elles ont nourri ton style de management ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il y a deux choses qui me définissent en tant que manager. D'abord, je fais confiance, donc je délègue. Et je pense qu'être un bon manager, c'est aussi savoir bien s'entourer. Et la deuxième chose qui me définit, c'est que je suis une combattante. J'ai eu dans ma vie personnelle des difficultés, comme tout à chacun. Et je suis tout à fait adepte de la phrase qui consiste à dire « ce qui ne tue pas rend plus fort » . J'ai eu des difficultés. vraiment des difficultés personnelles compliquées. Je me suis retrouvée à une époque avec mes trois enfants toutes seules et au lieu d'en faire une épreuve, ça a été une épreuve au moment où je l'ai vécue, mais je pense que ça m'a donné une force énorme. Mais vraiment, je ne me désespère jamais et je suis une optimiste, profonde optimiste de la vie. C'est-à-dire que je crois beaucoup en la nature humaine, en ce qu'elle est capable de nous apporter et je ne suis pas d'un naturel. inquiet, ce qui peut aider aussi dans un poste comme celui-là. Je ne suis pas très perméable au stress. Ça ne veut pas dire que je ne le prends pas en compte, ça ne veut pas dire que je ne l'entends pas, ça ne veut pas dire que je n'ai pas une notion de l'urgence. Et certaines fois, dans certains dossiers, dans certaines circonstances, dans certains contextes, par exemple, chez Orange Business aujourd'hui, on a un sentiment d'urgence. Qu'est-ce qu'on doit faire pour rectifier le tir ? Qu'est-ce qu'on doit faire pour être rentable ? Qu'est-ce qu'on doit faire pour survivre ? Mais je le vis bien. C'est-à-dire que ce n'est pas quelque chose qui m'enlève mes moyens. Au contraire, c'est quelque chose que je transforme en une énergie positive que j'essaie vraiment de transmettre à mes équipes. Je transmets ça parce que je pense qu'on passe beaucoup de temps aussi ici au bureau ou chez soi, en distanciel, sur des dossiers professionnels. Et je pense qu'on a le droit aussi d'être... extrêmement investie, extrêmement professionnelle et avoir le sens de l'humour et de l'autodérision. C'est majeur.
- Speaker #0
J'ai envie de te poser cette question, mais je me suis dit, je vais la faire quand même. Ton super pouvoir de maman que tu utilises au travail. On a tous un super pouvoir.
- Speaker #1
J'avoue que j'ai beaucoup d'intuition. Et donc, quelquefois, même très souvent, c'est ce qui me drive pour prendre des décisions. Je suis très intuitive. Et je me plante assez rarement. Je ne dis pas que je ne me plante jamais. Franchement, ce serait d'une prétention. infinie de dire ça. Évidemment que ça m'arrive de me planter, mais vraiment, mon super pouvoir, c'est probablement ça.
- Speaker #0
Tu te fies à ton instinct.
- Speaker #1
Je me fie à mon instinct et toujours, toujours garder le sens de l'humour. Toujours. Ça, c'est majeur. Je l'ai avec mes enfants, je l'ai avec mes équipes. Extrêmement important.
- Speaker #0
Le moment de la journée où tu es vraiment off. Alors, spoiler, j'imagine que ça arrive. Quel est ce moment de la journée où...
- Speaker #1
Alors, c'est une bonne question et je ne sais pas si la réponse que je vais te faire va te convenir, mais... en tout cas, c'est la mienne.
- Speaker #0
Dis-moi.
- Speaker #1
Je suis assez rarement off. Je m'explique. En fait, le deuxième super pouvoir que j'ai, j'en ai pas d'autre, promis, après je m'arrête, c'est que je suis assez multitâche. Et ça, c'est quelque chose qui m'a aidée dans ma carrière. C'est-à-dire que je suis capable de sauter d'un sujet personnel à un sujet professionnel. Je ne sais pas si c'est ce qu'il faut faire et je ne prétendrai pas du tout avoir la bonne recette qui va bien. Donc, vraiment, je prends mes propos comme c'est mon expérience. C'est-à-dire que je suis multitâche. et je suis, et c'est même ce qui me plaît, en capacité de sauter de l'un à l'autre, le pro et le perso, avec des enfants, et je dois le dire, qui ont été éduqués comme ça et qui m'ont suivi là-dedans. C'est important. Il y a un moment qui a toujours été relativement sacré avec mes enfants, c'est le moment du coucher. J'ai souvent, et je suis loin d'être une mère parfaite, j'ai souvent bâclé les devoirs parce que j'ai même délégué les devoirs. J'ai eu l'immense chance de me faire accompagner, d'être aidée de mes parents qui ont suivi mes enfants en scolaire. clairement beaucoup plus que moi. Donc moi, j'étais très attentive à ce qu'ils pouvaient me dire, à ce qui se passait à l'école, etc. Mais ce n'est pas moi qui les faisais travailler. Là, pour le coup, je n'ai pas su faire ça et je n'ai pas pu le faire. Pour autant, le moment du coucher, je me suis toujours aperçue que c'était un moment où ils vidaient un peu leur sac. Qu'est-ce qui s'est passé dans la cour de récré ? On raconte une histoire. Tiens, c'est l'occasion de dire « Jack, dans l'histoire, il a perdu son cartable. » « Tu sais, maman, j'ai perdu mon cartable. » Je n'avais pas d'autre moment pour ce mot sur le 26 partage. Et donc ça, c'est le seul moment, et c'est pas très long, mais c'est le seul moment où vraiment je ne faisais rien. Il pouvait sonner deux fois, trois fois, je ne répondais pas.
- Speaker #0
Parlons de la maternité, de la parentalité et de la carrière, est-ce qu'on peut parler d'une équation possible ? Parce que c'est vrai que sur des postes à très forte responsabilité, on se pose la question, est-ce qu'on ne se pose pas à un moment à se dire, c'est pas le moment, je vais attendre un peu, j'attends que le petit rentre à la maternelle au moins, de repousser ses projets. perso et professionnel. Tu es à la tête d'une direction stratégique mais tu es aussi maman. Moi, j'ai envie de savoir comment tu as vécu tes périodes de maternité justement, mais vraiment concrètement et puis émotionnellement parlant.
- Speaker #1
Moi, j'ai adoré être enceinte. J'ai adoré grossir. J'ai adoré avoir un ventre de maman. Je trouve que c'est un pouvoir énorme. Tu me demandais quel super pouvoir, mais quel super pouvoir on a nous les femmes. Je me souviens, la première fois que je suis tombée enceinte, je me suis dit, mais comment je vais le dire à mon bot ?
- Speaker #0
C'est l'annonce.
- Speaker #1
C'est l'annonce. En fait, j'avais l'impression de lâcher son entreprise, en fait. Vraiment. Et moi, c'était compliqué pour moi. Ça, c'est quelque chose qui m'a un peu perturbée pendant quelques jours.
- Speaker #0
Comment tu as fait ? Tu t'es préparée ?
- Speaker #1
Je me suis préparée. Je me suis dit, bon, alors, quels mots est-ce que je vais choisir, etc. Et en fait, comme je n'ai pas eu qu'une grossesse, j'ai gagné en efficacité. En plus, au fur et à mesure des grossesses et des annonces que j'ai dû faire. Et je dois dire aussi que, et c'est là que je dis que les temps ont changé, l'accueil que j'ai eu pour mon premier enfant quand j'ai annoncé que j'étais enceinte a été bien plus sympa lors de ma deuxième, troisième, etc., quatrième grossesse que la première.
- Speaker #0
Pourquoi, selon toi ?
- Speaker #1
Parce que je pense qu'on fait passer des messages. Tu y participes, j'y participe en répondant à tes questions. On fait passer des messages et la société change bien heureusement. J'étais extrêmement mal à l'aise parce que dans un milieu très masculin, et la première chose que mon boss m'a dite quand j'ai annoncé que j'attendais un enfant, c'est... Mais comment on va faire ? Ça va être d'incompliqués. Et je comprends, mais du coup, c'était moi qui étais un problème.
- Speaker #0
Waouh, t'as réagi comment,
- Speaker #1
justement ? J'ai réagi comme je ne réagirais plus du tout aujourd'hui. Et je pense qu'aujourd'hui, je dirais, mais mon ami, tu es bien content que ta mère ait donné naissance à la personne que tu es, pour avoir le poste que tu as. Mais je n'avais pas, à l'époque, je suis tombée enceinte très vite, c'est très tôt. Pour mon premier enfant, j'avais 20 ans. On n'a pas cette répartie.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
rendez-vous 30 ans plus tard, je suis quand même plus sûre de moi. C'est aussi difficile quand ça vous arrive que vous avez 20 ans, vous démarrez dans une carrière, vous n'êtes pas très sûre de vous. Enfin, je veux dire, c'est normal, les débuts sont toujours un peu compliqués. Après, avec les années, on gagne en expérience, on gagne en assurance. Et donc, je saurais quoi répondre. J'ai su quoi répondre les grossesses d'après. Et puis, ça a été beaucoup mieux perçu et je n'ai plus du tout entendu ça.
- Speaker #0
Est-ce que là, parmi les managers de tes équipes, est-ce que justement c'est un sujet qui est abordé ? Comment accompagner les jeunes femmes qui souhaitent justement avoir une vie de famille ? Est-ce que c'est un sujet qui est abordé ou est-ce que pour toi, finalement, c'est assez propre à chacun d'accompagner et puis d'accueillir cette annonce ?
- Speaker #1
Alors, je pense que c'est à chacun de mes managers de... d'être en capacité de répondre à une annonce de façon intelligente, ouverte, etc. Et en même temps, ça va peut-être te surprendre, mais j'ai choisi quasiment l'intégralité de mes N-1, et je sais que tous seront au niveau. Tous. Tous. Et j'ai eu des preuves. Donc, on n'en parle pas de façon... Ce n'est pas un sujet qu'on inscrit à l'ordre du jour d'une réunion, mais dans mes one-to-one régulièrement, je suis très fière de mes N-1. J'ai eu l'annonce d'une grossesse et la patronne du secteur bancaire qui est directement chez moi. Elle a répondu, mais c'est la plus belle nouvelle de la journée. Et c'est ça que moi, j'aurais dû bien entendre la première fois que j'ai commencé ça.
- Speaker #0
Exactement. Comment tu as pu accompagner tes enfants justement sur les... périodes phares. Alors les périodes phares, il y en a deux. Aujourd'hui, je les identifie un peu comme ça. Je suis en plein dedans. Le 0-3 ans et puis l'adolescence. Là aujourd'hui, l'adolescence en 2025 avec les écrans, etc. Mais comment tu as pu les accompagner sur cette période-là ?
- Speaker #1
Alors déjà, comme j'ai une cinquantaine d'années, les écrans, c'était moins ça. Ça paraît... Et je plains, je plains profondément les parents d'aujourd'hui qui ont ça. à régler.
- Speaker #0
C'est un sujet.
- Speaker #1
C'est un vrai sujet et je me souviens moi qu'à mon époque, ou en tout cas à l'époque où mes enfants demandaient des téléphones etc. et où l'accès à des réseaux sociaux, c'était beaucoup plus tardivement. Donc j'ai été vraiment confrontée au sujet beaucoup plus tardivement que d'autres parents. Et je me souviens quand même qu'on avait ce sujet, mais maman, si tu ne me donnes pas accès aux réseaux sociaux, comment je vais faire sur mes outils d'école qui donnent accès pour avoir les devoirs ? Et donc, je plains profondément les parents qui ont à gérer ça, parce que je trouve que c'est extrêmement compliqué.
- Speaker #0
C'est très difficile, oui.
- Speaker #1
La seule chose, moi, que j'ai imposée, c'est... Mais là, par contre, j'ai été très ferme. C'est tout le monde pose son téléphone. à 20h le soir. Mes enfants me disaient souvent quand on voyait arriver 8h, on savait que tu allais nous dire ça et puis on n'avait pas le droit de rigoler, tu nous faisais un peu peur là-dessus. Et c'est vrai. Et j'étais très contente de leur faire peur là-dessus.
- Speaker #0
Tu voulais juste les protéger.
- Speaker #1
Oui, c'était pour les protéger.
- Speaker #0
As-tu ressenti à un moment qu'être parent sur un poste aussi stratégique et exigeant pouvait être perçu comme un frein à ta progression au sein du groupe ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
À aucun moment ?
- Speaker #1
Franchement, non. J'ai l'immense chance... Ou alors je ne l'ai pas su, mais moi j'ai changé de... de postes très régulièrement. J'ai eu l'immense chance d'avoir la confiance de ce groupe qui est venu me chercher. Et c'est ce que je te disais en introduction ou au début de cet entretien. On est venu me chercher pour des postes auxquels moi, je ne pensais même pas pour moi. D'où, je fais une petite parenthèse, ne surtout pas se mettre de barrières parce que les femmes sont très douées pour ça. Elles disent que souvent, on leur met des barrières, mais elles se les mettent elles-mêmes. C'est vrai. Et je suis la preuve parfaite de ça. Mais non, non. Vraiment pas. Enfin, je veux dire, jamais j'ai eu un boss qui m'a dit écoute, t'as un rendez-vous de médecin, mais là, il va falloir que tu te fasses remplacer. Jamais. On a une souplesse dans le groupe que moi, j'ai perçue en tout cas comme étant d'une richesse absolue, vraiment d'une richesse absolue. Donc non, je n'ai pas perçu ça comme un frein. J'ai même perçu ça comme j'ai prouvé ma capacité à mener les deux de front. Donc elle va bien s'en sortir avec une équipe compliquée, avec un défi à relever. Donc non. La réponse est non, très, très clairement. Pas au sein du groupe Orange, en tout cas, et pas de par mon expérience.
- Speaker #0
Et quelle place accordes-tu aujourd'hui à l'équilibre vie pro, vie perso, aussi bien pour toi que pour tes équipes ?
- Speaker #1
Majeure. Je veux dire, alors là, il faut que je sois cohérente. J'ai été ravie d'être dans une entreprise qui ne m'a jamais reproché quoi que ce soit. Il arrivait que je parte à 17h, que je me reconnecte après. Je n'ai jamais eu le moindre commentaire, mais jamais. J'étais très alignée avec moi aussi. C'est-à-dire que je savais que je partais pour emmener mes enfants chez le pédiatre, parce que ça, c'était des moments importants pour moi que je n'ai jamais délégués. Mais je savais que je me reconnecterais après. je ne peux pas ne pas délivrer exactement les mêmes messages. Donc pour moi, c'est plus important que le reste et ça rejoint ce que je te disais ou ce que je te partageais tout à l'heure. L'équilibre vie perso, vie pro est d'autant plus important que nous ne sommes pas sur des fonctions vitales. Donc c'est...
- Speaker #0
Permettre l'activité. Tout à fait.
- Speaker #1
Et puis je reste convaincue qu'une personne qui a trouvé son équilibre dans la vie personnelle va être plus performante dans la vie professionnelle. Ça, je suis absolument convaincue.
- Speaker #0
L'allaitement est-il pour toi compatible avec une reprise professionnelle ? Penses-tu de ce sujet-là, de l'allaitement ? Pouvoir continuer à tirer son lait quand on a envie finalement, parce que c'est un choix personnel bien sûr, d'allaiter son enfant.
- Speaker #1
Le rapport à l'allaitement, je trouve que c'est un sujet qui est très personnel. Ça fait la première pause. Et la deuxième chose, moi, je me souviens quand j'ai eu mes enfants, je n'aurais pas conçu une seule seconde, ça commence à dater maintenant, de tirer mon lait au bureau. Donc, ce que j'ai fait, moi, à mon époque, et je pense que ça a changé et que maintenant, j'ai une demande dans mes équipes, il y a quelques années, d'un endroit qu'on pourrait réserver pour des femmes qui auraient besoin d'être tranquilles pour tirer leur lait. C'est évidemment que j'ai dit oui, parce que je pense qu'à mon époque, j'aurais beaucoup aimé. Moi, ce n'était même pas arrivé jusqu'à ma tête comme concept à l'époque. Et donc, je tirais mon lait le matin et le soir, avec tous les inconvénients que ça peut avoir. Bien sûr. Parce que ça tirait à la fin de la journée. Mais je n'aurais même pas imaginé que c'était possible. Et aujourd'hui, c'est rendu possible. Et tant mieux, une fois de plus, ça rejoint ce que je dis depuis le début. Les temps changent et tant mieux. On dit beaucoup que c'était mieux avant. Non, non, c'est mieux maintenant. C'est mieux maintenant. C'est mieux maintenant là-dessus, vraiment.
- Speaker #0
D'ailleurs, pour information, on est sur le site de Stadium. Et il y a justement une salle d'allaitement qui fait partie désormais des murs de cet immeuble. Qu'en penses-tu ?
- Speaker #1
Mais mille fois j'adhère. Génial. J'aurais adoré avoir ça. Et je n'y aurais même pas, je ne l'aurais même pas imaginé, même dans mes rêves les plus fous. il y a 30 ans quand j'ai eu ma première fille.
- Speaker #0
C'est une charge mentale en moins pour beaucoup de femmes allaitantes.
- Speaker #1
Bravo, Isis Kiporch,
- Speaker #0
pour ce podcast,
- Speaker #1
pour le dire.
- Speaker #0
Quelle est ta plus belle fierté de maman et ta plus belle fierté de manager ?
- Speaker #1
Ma plus belle fierté de maman, c'est probablement que mes enfants sont fiers de moi. Ils me le disent souvent. Franchement, je trouve que c'est... Une des plus belles récompenses, j'entends des amis autour de moi qui me disent, moi mes enfants ils m'ont dit je ferai tout ce que tu veux comme boulot sauf le tien, mais moi pas du tout. Moi mes enfants ils connaissent tout de ma vie professionnelle parce qu'en fait ils sont partie prenante de ma vie professionnelle. Je leur demandais de me raconter ce qui se passe à l'école, je leur racontais et on prenait cette habitude. Je leur racontais ce qui se passait au bureau. Ils connaissent les équipes qui m'entourent. Ils connaissent Hugo, qui est mon assistant. Ils connaissent Roxane, qui est ma PMO. Ils connaissent mes équipes. Ils connaissent mon chef, ma chef. Ils connaissent les noms de ces personnes-là. Et ils se rendent compte que... Et c'est probablement mon mode de fonctionnement personnel. Comme j'ai assez peu de frontières entre le perso et le pro, d'où le fait que je saute de l'un à l'autre très facilement, ils se sont rendus compte que... heureuse avec ce mode de fonctionnement-là. Donc ça, c'est probablement la plus belle réussite auprès de mes enfants. C'est que je suis profondément fière de ce qu'ils sont et je me dis j'y suis forcément un peu pour quelque chose.
- Speaker #0
Quand même.
- Speaker #1
Même s'ils ont fait beaucoup de choses eux-mêmes. Et je suis profondément heureuse qu'ils soient fiers de la mère que je suis. Ils ne me disent pas ils me disent pas Tu as été absente, tu n'as pas été là au moment important. Oui,
- Speaker #0
pas de reproche.
- Speaker #1
Non, mais vraiment pas. Peut-être que ça arrivera un jour, mais on n'est jamais à l'abri. Mais j'ai eu l'impression, et je ne suis pas du tout une maman parfaite, donc peut-être que j'en ai raté, mais de ne pas rater beaucoup de moments importants de leur vie. Des examens, des concours, des anniversaires, enfin voilà. Donc j'ai certainement fait des tas d'erreurs, comme tous les parents de la Terre, mais les moments importants, c'était des moments vraiment précieux pour moi et pour eux.
- Speaker #0
Quelle est la phrase que tu répètes le plus souvent à la maison et celle que tu répètes le plus souvent à tes équipes ?
- Speaker #1
Je vous fais confiance, mais vraiment, je vous fais confiance.
- Speaker #0
En quoi ton rôle, Elisabeth, ton rôle de mère a-t-il transformé ta manière de manager ?
- Speaker #1
Je pense que ça m'a donné une grosse capacité d'écoute. D'écoute, quand je dis d'écoute, ce n'est pas seulement d'écoute de ce qui m'est dit, c'est aussi d'écoute des signaux faibles. En réunion d'équipe, je suis très attentive aux gens qui parlent moins tout d'un coup, alors qu'ils avaient l'habitude de parler, aux gens qui me semblent usés, fatigués. Et ça, je pense que c'est vraiment ma fonction de mère qui a développé ça, d'être très attentif. Et ça m'a obligée à l'être d'autant plus que, comme je n'avais pas énormément de temps, il fallait que je vois vite. ce qui n'allait pas ou en tout cas ce qui était différent des autres fois. Et évidemment, ces moments-là d'échange avec mes équipes, que ce soit juste dans une réunion où je m'aperçois que je suis en train de perdre quelqu'un, il y a quelque chose qui ne va pas ou les one-to-one avec eux, tout comme les moments précieux que j'avais avec mes enfants, sont des moments qui me font gagner en efficacité, profondément en efficacité dans ma vie professionnelle. On gagne énormément de temps en étant à l'écoute des équipes. Comment je peux t'aider ? Je ne suis pas leur manager. je suis la personne qui doit leur faciliter la vie un conseil que tu donnes à tes enfants qui pourraient s'appliquer en entreprise et bien c'est un conseil alors j'en aurais tellement et à la fois je ne me permettrais pas d'en donner trop non plus mais je dirais il faut savoir manier rigueur et lâcher prise et c'est pas facile et c'est pas facile quand je dis rigueur c'est je pense qu'il faut être exigeant envers nous même envers les équipes et on en a besoin. On est dans un monde qui va vite et c'est extrêmement important d'être au rendez-vous et à la fois lâcher prise, ça revient un peu à ce que je te disais, c'est être capable de faire ça sans se prendre au sérieux mais en faisant les choses sérieusement, sérieusement, avec rigueur. Et l'autre sujet qui me tient énormément à cœur et là qui serait vraiment un sujet qui pourrait être le bon sujet et professionnellement et personnellement, c'est ayez un sens aigu. de l'engagement. On tient ses engagements. C'est extrêmement important. Pour moi, c'est majeur. On tient ses engagements.
- Speaker #0
Merci du conseil, Elisabeth. On arrive à la fin du podcast, mais j'ai the final question. Elle est pour toi. Quel message aimerais-tu transmettre aux femmes et aux hommes, évidemment, de notre groupe qui pense qu'il faut choisir entre ambition et famille ?
- Speaker #1
Tu ne vas pas être étonnée de ma réponse. La réponse, c'est évidemment non. il n'y a pas de choix à faire. Ça demande, il ne faut pas non plus se cacher, ça demande aussi beaucoup d'organisation. Ça demande de bien choisir les personnes qui t'entourent. Et je pense que ça, c'est crucial quand on doit gérer les deux en même temps. Donc, ça demande une bonne rigueur, une bonne organisation. Il n'y a pas de choix à faire. Et le dernier message que j'adresserais en particulier aux femmes, c'est faites-vous confiance. Faites-vous confiance, c'est extrêmement important.
- Speaker #0
Merci infiniment, Isabelle.
- Speaker #1
Merci à toi. Merci pour ton écoute.
- Speaker #0
Je te dis à très bientôt.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
En attendant le prochain épisode, abonne-toi, partage ce podcast avec tous les parents de ton open space et surtout, déculpabilise. On est là, on est ensemble et on t'aide surtout de notre mieux parce que la parentalité en entreprise, ce n'est pas un détail dans un sébum. C'est une expérience à part entière et pleine de défis. de fierté et parfois même de but. Alors viens, rejoins la conversation et si tu as envie, prends le micro. A de vous entendre partager votre expérience. A bientôt.