- Speaker #0
Bienvenue sur mon podcast Materni Talk, un podcast qui parle sans tabou de parentalité, de boulot, de biberon, de charge mentale, parfois dans cet ordre et parfois tout en même temps. Je vous emmène à la rencontre de salariés , toutes et tous plus exceptionnelles les unes que les autres, évoluant sur les différents métiers. Toutes ces personnalités, elles ont un point en commun, c'est d'être salarié et puis parent ou en devenir. L'objectif ? s'est créé un espace où les salariés, hommes et femmes, pourront s'identifier et se sentir soutenus dans leur parcours de parents, tout en découvrant qu'il est possible de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Aujourd'hui, on reçoit une femme qui ne rentre dans aucune des cases, et c'est exactement pour ça qu'on l'admire. Journaliste brillante, autrice engagée, dirigeante inspirante, maman combattante, Elisabeth Tchoungui . C'est un vrai... concentrée d'énergie, de courage et de vision. On l'a connue sur les maternelles, où elle a accompagné des milliers de parents à comprendre, respirer, déculpabiliser. On l'a lue dans ses livres, dont Le jour où tu aimais une deuxième fois, un récit bouleversant qui prend au trippes. Et on la retrouve aujourd'hui chez Orange, où elle pilote les sujets sociétaux avec une force tranquille mais déterminée. Elisabeth, c'est quelqu'un qui ouvre des portes, qui relève les défis aux persos. des défis humains, avec une élégance et une lucidité rares. Un talent X, L, engagement béton, un cœur grand ouvert. Elisabeth, bienvenue dans le podcast.
- Speaker #1
Merci beaucoup, je suis très émue d'être là, surtout après cette introduction absolument dithyrambique, donc j'ai essayé d'être à la hauteur pendant cette conversation ensemble, toutes les deux. Je suis très très contente.
- Speaker #0
Je suis très contente de t'accueillir sur Maternitalk. Peux-tu ? pour ceux qui ne te connaissent pas encore. s'il y en a de plus. présenter, s'il te plaît.
- Speaker #1
Avec plaisir. Elisabeth Chungui, je suis directrice exécutive en charge de la RSE du groupe Orange depuis septembre 2020. Je m'occupe de la stratégie environnementale, notre stratégie de décarbonation, et également des enjeux sociétaux autour de l'inclusion numérique, de la confiance numérique, des droits humains. Et puis, c'est ma deuxième vie professionnelle, puisque j'ai eu une première vie dans les médias pendant 20 ans. Et puis, Puis à mes heures perdues, j'écris. Ça commence à faire un certain temps depuis que je n'ai pas publié de livre parce que l'emploi du temps est très chargé chez Orange. Mais l'écriture, c'est comme le vélo. Ça ne part jamais. Donc je prends des notes, je prends des notes.
- Speaker #0
Et tu as combien d'enfants ?
- Speaker #1
J'ai deux enfants, deux garçons.
- Speaker #0
Comment fais-tu ? Parce que tu as plusieurs rôles dans la société. Comment fais-tu pour gérer une partie pro du perso ? C'est quoi ton secret ?
- Speaker #1
J'en aurais trois. Le premier, c'est le time management. une organisation sans faille. Le deuxième, c'est savoir bien s'entourer. Le troisième, c'est fixer ses priorités.
- Speaker #0
Notez.
- Speaker #1
Alors, je peux développer sur les trois. Le time management, c'est j'ai une vie très organisée. J'ai forcément l'agenda d'un membre du comité exécutif, mais j'ai aussi des moments parce que j'ai besoin de moments de qualité avec mes enfants. Donc, dans mon agenda, je m'organise pour les accompagner à l'école. deux fois par semaine. Je m'organise aussi pour m'occuper de moi-même parce que je ne peux pas être performante si je ne fais pas de sport, par exemple. Donc, je fais du pilates, du yoga, de la natation, de la course. Et voilà. Et parfois, il peut y avoir une heure de pilates qui va tomber à 17 heures. En général, 17 heures, on est censé encore travailler. Mais j'avoue, une fois par semaine, 17 heures, j'ai mon heure de pilates. Et après, je me reconnecte, je refais des réunions. avec une énergie décuplée, comme si je démarrais ma deuxième journée. Donc le message derrière, c'est la santé, c'est essentiel, l'hygiène de vie, et ça passe par s'occuper de soi-même et de s'autoriser à le faire. Donc ça, c'est la première chose, time management. Bien s'entourer, j'ai la chance, et ça découle de l'organisation, d'avoir des aides à domicile, sur le ménage, sur les courses, et donc je mesure la chance que j'ai. Tous les parents n'ont pas cette chance-là, mais je sais que sans cela, je n'arriverais pas à tout mener de front. C'est absolument essentiel. Et donc, bien s'entourer, ça peut prendre d'autres formes aussi. On peut avoir, voilà, c'est les sujets de partage de tâches dans le couple. C'est plein de sujets. Et puis, troisièmement, fixer ses priorités. Effectivement, c'est essentiel. Et je reprends l'exemple du pilate. Mon pilate a 17 heures. c'est une priorité parce que je sais que c'est ce qui va me permettre d'être productive et je ne culpabilise pas en me disant il faudrait que j'ai une réunion entre 17h et 18h à ce moment là parce que je sais que derrière je vais être efficace encore plus et fixer ces priorités aussi Son travail, c'est-à-dire arriver à s'affranchir finalement de tâches dont on peut se passer, qui ne servent pas directement notre performance. Arriver à faire ce tri en tout ce qu'on peut faire rapidement. Déléguer aussi, c'est le quatrième secret. Mais ça revient à savoir bien s'entourer, parce que savoir bien s'entourer, c'est quand on est une équipe très efficace, on ne se retrouve pas à devoir compenser les manquements de ceux qui ne le sont pas.
- Speaker #0
c'est un tout tu as dirigé des rédactions tu as animé des émissions et puis tu portes aujourd'hui la stratégie RSE chez Orange comment as-tu appris à ne pas te perdre entre la femme la mère et la professionnelle que tu es ne pas se perdre je suppose d'avoir un socle fort et savoir précisément ce pourquoi on se lève tous les matins moi je me lève tous les matins pour avoir un impact positif dans mon entreprise dans
- Speaker #1
ma famille et pour moi-même Le troisième point découle des deux précédents. Et donc, encore une fois, c'est un sujet de priorité. C'est trouver le sens dans le travail que l'on fait. C'est absolument indispensable parce que c'est le moteur. C'est le moteur qui vous permet d'avoir l'enthousiasme, qui vous donne l'énergie de compenser des périodes charrettes, comme on disait dans mon ancien métier, le journalisme, quand on doit boucler des dossiers et qu'on ne dort pas. Si on est porté par le sens, On tient, et il y a des périodes dans la vie d'une entreprise et dans un parcours où il faut mettre les bouchées doubles. Là, par exemple, on est en train de boucler le plan stratégique 2030 d'Orange. Donc ça, ça vient en plus de tout le run qui est déjà très prenant. Mais moi, ça me galvanise parce que ça me galvanise de savoir que je vais cranter dans ce prochain plan stratégique des avancées RSE au bénéfice de toute la boîte pour du business durable. Et donc, quand on est porté par son métier, on supporte les moments où, oui, on est fatigué, oui, on dort moins. Et voilà. Et puis, tout fonctionne par capillarité, mes enfants. Quand ils me voient épanouie dans mon travail, ils comprennent bien que je passe peut-être un peu moins de temps que je voudrais avec eux dans des périodes cruciales comme celle-ci. Mais ils sont fiers de moi et ils savent très bien que je vais me rattraper à un moment. Et l'image que je donne d'une femme executive woman, accomplie dans son travail, déterminée, c'est aussi une manière de les éduquer.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
pour qu'ils deviennent des adultes féministes, tout au moins égalitaires. Donc, ce sont des vins se communiquant l'un nourrit l'autre et la joie que l'on peut avoir dans sa vie de famille ou les défis qu'on peut aussi avoir dans sa vie de famille nourrissent mon travail. Moi, je m'occupe de la confiance numérique chez Orange. Donc, évidemment, les sujets d'exposition, des enfants aux écrans, ce sont des sujets que je vis en permanence avec eux. Et donc, mon expérience de... de maman avec eux nourrit aussi mon expérience professionnelle sur ce sujet.
- Speaker #0
Est-ce qu'il t'est arrivé de te dire, bon là j'en peux plus, c'est trop ch... Est-ce qu'il t'est déjà arrivé de te retrouver dans cet état-là ? Et comment as-tu fait pour te réaligner ?
- Speaker #1
Alors oui, ça arrive. Des moments où on se dit, je n'en peux plus, je suis épuisée, comment je vais faire ? C'est important de le dire parce que chacun, je ne juge personne, mais je sais que moi, ça m'est arrivé de culpabiliser face... à des femmes, des ministres qui revenaient de congés maternités, qui partaient trois semaines, trois jours avant d'accoucher, revenaient une semaine après. Des femmes qui expliquent, elles ont toujours tout réussi à concilier sans problème. Bon, tant mieux qu'elles y sont arrivées. Moi, en tout cas, non. Moi, je n'y suis pas arrivée tout le temps. Donc, c'est important de le dire parce que c'est important de déculpabiliser. Absolument. les parents et les femmes en particulier. Je dis les femmes parce que 80% des tâches domestiques sont encore assurées par des femmes. Dans le couple, l'égalité parentale, on n'y est pas tout à fait encore. Et si on parle de la charge mentale, elle pèse très souvent sur les femmes. Donc tout ça pour dire que oui, il y a des moments où... On dit, voilà, c'est compliqué de tout concilier. Et dans ces moments-là, c'est vraiment arriver à trouver juste le temps pour dire, OK, je prends ne serait-ce qu'une heure et demie, je fais une sieste. Ou alors, je vais me faire faire un massage. Ou alors, enfin, reprendre du temps pour soi. Je pense que dans le milieu du travail, parce qu'il y a eu des inégalités à corriger. Je pense que les femmes ont tendance peut-être à être plus perfectionnistes que les hommes. Et donc, l'un des secrets, c'est d'essayer d'être un petit peu moins perfectionniste. Il y a des objectifs. On les remplit, on se pose. Est-ce qu'on les remplit ? Oui, oui, oui. Eh bien, voilà. Arrêtons. Oui, arrêtons d'être trop perfectionnistes, parce que combien de fois on le voit, par exemple, quand on voit des candidatures, un poste qui s'ouvre, un homme va postuler, même s'il coche de coche que 6 sur 10 des prérequis. Une femme, elle, va vouloir cocher les 10, sinon elle ne va pas postuler. Et en fait, c'est ça, se dire que ce n'est pas parce qu'on est moins perfectionniste qu'on sera moins performante.
- Speaker #0
Mais justement, Elisabeth, ça c'est quand même lié beaucoup aux injonctions. que l'on fait aux femmes, parce que performance, perfection, c'est disponibilité. Et comment on va faire, justement, pour pouvoir s'en libérer de ces injonctions qui existent encore aujourd'hui en 2025 ? Comment faire ?
- Speaker #1
Ça passe par le pragmatisme. En cela, le télétravail, quand il est bien encadré et bien vécu, je trouve que c'est vraiment un élément qui... Il nous libère parce que très concrètement, il y a vraiment une approche pragmatique. Ça permet de gagner en déplacement selon l'avenant qu'on a. Mais l'heure ou les deux heures qu'on passe dans les déplacements pour aller au bureau, eh bien, il ne faut pas se dire, ça va être deux heures pendant lesquelles je vais travailler deux heures de plus. C'est OK, cool, je vais pouvoir aller accompagner mes enfants. Je vais aller pouvoir faire un petit peu de sport. Donc le volume horaire au service de l'entreprise est exactement le même, mais la différence c'est qu'on ne perd pas de temps dans les transports et c'est comme ça qu'on construit cet équilibre. Donc déjà voilà, tirer profit des outils mis à disposition pour nous permettre de mieux construire cet équilibre vie privée, vie professionnelle. C'est la première chose. Et après, il y a évidemment beaucoup de pédagogie encore à faire. Je prends un exemple. Il m'arrive de m'entourer des jeunes femmes chez Orange. Et j'en ai accompagné une qui a obtenu un poste, donc une promotion. Et donc formidable, parce que voilà, elle a fonctionné. Et puis elle était brillante comme nous toutes. Mais il y avait toujours l'autocensure, il a fallu déconstruire, etc. Bref, elle obtient cette promotion. Donc je m'en réjouis. Puis elle me dit, mais bon, il y a un truc quand même qui va être compliqué. Et là, je lui ai dit, tu es enceinte. Elle m'a dit, comment tu as deviné ? Parce que tu as dit, ça va être compliqué.
- Speaker #0
C'est dingue.
- Speaker #1
Et donc j'ai dit, non, parce que justement, tu vas démontrer que tu es capable de prendre une super promo et de mener de front. Et on a basculé vers des conseils que je lui ai donnés à titre privé sur comment s'organiser, mais vraiment dans son volet perso, pour que les choses se passent au mieux, des tips. Bref, moi, par exemple, j'ai conscience, j'ai eu la chance d'avoir le budget pour me le permettre, mais dans ma vie professionnelle antérieure. Quand j'ai eu mon deuxième enfant, j'ai dû reprendre le travail trois semaines plus tard et donc épuisant. Mais j'avais les moyens de pouvoir, je ne savais même pas que ça existait avant qu'on m'en parle, de pouvoir payer une nounou de nuit qui de temps en temps venait s'occuper de mon bébé pour que je puisse faire des nuits complètes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça m'a permis de prendre mon poste et ça a fait... toute la différence.
- Speaker #0
Justement, parfaite transition, dans ta carrière, est-ce que tu as eu le sentiment qu'il fallait cacher ou minimiser ta vie de maman pour être prise au sérieux ? Est-ce que tu penses que cela, finalement aujourd'hui, est toujours d'actualité ? Est-ce que tu penses que c'est quelque chose qui est en changement ? Est-ce que tu penses que c'est quelque chose qui est encore ancré ?
- Speaker #1
Je vais te raconter une anecdote pour te dire à quel point je n'ai jamais caché ma vie de maman. Quand je... Ça m'est arrivé à l'époque où j'étais à la télévision. Donc, il y avait ce qu'on appelle le mercato, où au mois de mai, il faut faire la tournée des directeurs de chaîne pour la saison suivante. Et puis, c'était une année charnière, parce que c'était une des premières fois où je n'avais pas de proposition immédiate pour une émission à la rentrée suivante, parce que j'avais passé... Toute cette année à m'occuper de mon fils aîné qui est autiste, donc du diagnostic, etc. Donc c'est une année où j'étais moins mobilisée professionnellement. Mais je n'ai jamais lâché l'affaire. Et je me souviens d'avoir fait la tournée des directeurs de chaîne avec un ventre. Enfin, j'étais enceinte de 7-8 mois. Et je l'ai rencontré pour présenter des émissions télé. Donc je leur disais, ben voilà, ben ouais. me voilà avec mon ventre, mais ça tombe bien, j'accouche en juillet, donc c'est bon, je peux représenter une émission à partir de septembre. Et donc j'y suis allée, comme ça, avec mon gros ventre, et puis ça a marché. Il y en a un qui m'a reconté, et j'ai commencé l'émission en septembre. Donc certes, trois semaines, à préparer l'émission trois semaines après mon accouchement, mais... Tout ça pour dire que je n'ai jamais considéré qu'être mère serait un frein à ma carrière. Je l'ai constaté par le vécu, notamment quand je présentais les maternelles et que je voyais justement, c'est ce qui a cristallisé vraiment mon engagement féministe, les maternelles, c'est-à-dire que je voyais vraiment ces jeunes mamans, donc l'âge pour une femme aujourd'hui, l'âge du premier enfant c'est aux alentours de 30 ans, et ça correspond en entreprise précisément au moment où... où il y a une accélération de carrière. Et c'est là que l'inégalité se creuse. Ce n'est pas avant, c'est vraiment à ce moment précis. Mais pourquoi elle se creuse à ce moment précis ? Parce que justement, on est face à des managers qui ne sont pas compréhensifs et qui ne comprennent pas que, oui, une femme a des enfants et pendant la grossesse, elle ne va pas être à 200%.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Mais quand elle va revenir dans une boîte qui accueille, qui encourage, elle sera à 300% et forte. On oublie aussi tous les soft skills derrière, l'adaptation, la résilience, le réfléchisson, un peu aux soft skills qu'on développe dans cette phase de la maternité. Je peux vous dire qu'on peut en utiliser en entreprise.
- Speaker #0
Si tu devais te décrire comme maman en trois mots ?
- Speaker #1
Lyon, je suis une maman lyonne, c'est-à-dire que je peux soulever des montagnes pour mes enfants. Je peux aussi les couver, évidemment, mais j'essaie de leur transmettre de la force et de la confiance. Donc c'est en cela que je suis une maman lyonne.
- Speaker #0
Et quelle est la phrase que tu répètes au moins 100 fois à la maison, mais par jour ? Est-ce que vous pouvez mettre la table ? C'est drôle, quand on arrive à l'adolescent, je crois que c'est la phrase qui sort. Tu rigoles, ta chambre est rangée. Là, elle est rangée. C'est incroyable. J'aimerais en fait aborder ton livre, qui pour moi a été une vraie révélation. C'est un livre très fort et j'ai eu beaucoup de retours de la part de la communauté pour aborder ce sujet. Lorsqu'on est parent, mais aussi on accompagne ses enfants lorsqu'ils sont atteints d'une maladie. Là, en l'occurrence, il s'agit de ton aîné. qui est autiste, et tu en as parlé d'ailleurs dans les maternelles, mais tu as dédié un livre, un livre absolument magnifique, qui s'appelle « Le jour où tu es née une deuxième fois » . Ton livre raconte justement ton parcours avec ton fils, est-ce que tu peux nous raconter comment tout a commencé, et puis les premiers signes qui t'ont alerté ?
- Speaker #1
Quand c'est un premier enfant, on n'a pas de comparatif, donc les premiers signes qui m'ont alerté, c'est l'entrée en crèche. Il a eu Nounou, donc il est rentré en crèche sur le tard, vers deux ans. Et donc, à la crèche, on me décrivait un enfant mystérieux qui restait dans son coin. Et puis ça s'est cristallisé à l'entrée à l'école maternelle, où vraiment, non seulement il restait dans son coin, mais surtout, il se roulait par terre pour ne pas aller à l'école. Et quand je le récupérais, c'était des colères terribles. Donc voilà, ça ce sont des signes. Après, rétrospectivement, quand on s'intéresse au sujet, il y en avait mille, les centres d'intérêt électif, depuis qu'il est petit, il ne s'intéressait qu'au train, il n'aimait pas trop, il n'était pas très câlin. Donc en fait, le bruit, les gens, tout ça, c'est des signaux qui doivent alerter les parents. Mais après, une fois qu'on a dit ça, il m'a fallu 18 mois. pour poser le diagnostic et douze sachants comme j'appelle le monde paramédical et médical ils ont tous un avis sur tout et contraire et heureusement on finit par tomber sur la bonne personne mais effectivement et puis ça passe aussi un parcours qui passe toujours par la culpabilisation maternelle s'il est psychotique c'est parce que vous l'avez ou trop aimé ou pas assez ou trop couvé ou pas assez enfin c'est toujours à côté des mères une mère alligator j'ai entendu ce terme aussi c'est quand même fantastique la mère alligator mais tout ça pour dire que je mesure toujours la chance dans mon parcours c'est que ce parcours d'errance médicale c'est prendre des rendez-vous il faut avoir une bien sûr disponible horaire pour le faire. Donc la chance que j'avais, c'est que je présentais des émissions à l'époque et je n'étais pas tenu d'être au travail de 8h à 18h. Je pouvais organiser mon emploi du temps. On me demandait juste de préparer mon émission quand je voulais, de la présenter les jours où je la présentais. Donc je mesure le parcours difficile que ça peut être pour tous les parents aidants finalement, parce que ça c'est un exemple, mais on est tous... Dans l'entreprise, il y a beaucoup de collaborateurs qui sont aidants pour leurs enfants. Et donc, j'ai eu beaucoup de chance dans ce parcours qui est couronné de succès, puisque l'enfant avec qui on a un pédopsychiatre fou m'avait expliqué qu'il serait à 4 ans et demi, qu'il serait incapable d'apprendre à lire et écrire et qu'il fallait le mettre en hôpital psychiatrique. Aujourd'hui, il a passé son bac français avec 14. Donc, certes, une auxiliaire de vie scolaire et certes, voilà, un parcours. pour singulier, mais voilà, tout ça pour dire que c'est important que l'entreprise puisse prendre en compte cette dimension de parents aidants parce que parfois, on a des moments dans une vie professionnelle où on est confronté à la maladie, à ses enfants, par extension, ça peut être de ses parents, etc. C'est important d'être dans une entreprise bienveillante et je pense qu'OrangeLay, pour... pour accompagner ce type de situation.
- Speaker #0
Justement, Elisabeth, qu'est-ce qui t'a aidée à ne rien lâcher face à ces obstacles ? Que c'est ton intuition, ton entourage ? Est-ce que c'est ta passion pour ton travail, quand tu étais au maternel ? Comment tu as fait ?
- Speaker #1
C'est le grand village, quand on parle. Moi, j'ai cette expression, c'est le grand village. C'est-à-dire, c'est tout le réseau qui se met en place, c'est le bouche à oreille. Il dit, ah mais tiens, va voir ce spécialiste. Et il se trouve que c'est ce spécialiste qui va poser le bon diagnostic. C'est la famille. Et c'est aussi la capacité et on puise sa force aussi dans... Voilà, on est des parents. Enfin, on n'est pas que des parents, on est aussi des collaborateurs en entreprise. Et donc, c'est le fait d'avoir toujours gardé une activité professionnelle avec des managers qui étaient bienveillants vis-à-vis de ma situation. énormément aidé.
- Speaker #0
Est-ce que ce parcours t'a permis de transformer ta façon de voir la parentalité, voire même la société et finalement ton action dans ton quotidien, dans les rôles que tu as dans ton quotidien, est-ce que ça t'a transformé ?
- Speaker #1
Ça m'a transformée profondément personnellement parce que, comme beaucoup de femmes, avant de vivre cette épreuve, j'avais un bon syndrome de l'imposteur, un certain manque de confiance. Et depuis, j'ai soulevé des montagnes pour mon fils. Et donc ça m'a donné une force qui me permet de relativiser, qui a affiné. ma détermination à faire bouger les choses quand je sais que l'objectif est juste. Donc, ça m'a vraiment renforcée en tant que femme et dans ma vie professionnelle, très clairement. Je ne me laisse pas marcher sur les pieds. Je suis déterminée. Je pense être quelqu'un de courageux. Je ne lâche rien. Et j'étais peut-être un petit peu comme ça déjà avant, mais c'était tapis sous un manque de conférence, etc. Ce parcours a révélé tous ces atouts que j'avais en moi, mais qui étaient peut-être un peu planqués.
- Speaker #0
Si tu pouvais donner un message d'espoir à d'autres parents dans la même situation, que leur dirais-tu ?
- Speaker #1
Qu'ils ont tous cette force intérieure qu'il faut exploiter, qu'il faut aller chercher. Parce que quand les épreuves vous tombent dessus et le découragement arrive, etc. Cette force intérieure, c'est cette voix intérieure qu'on n'entend plus. mais qu'elle est là. Et puis surtout, on n'est jamais seul. La force du grand village qu'on cultive, c'est sûr que si on a un parcours très égoïste, où on ne pense qu'à soi, etc., il n'y aura pas beaucoup de gens pour vous aider à un moment. Moi, j'ai eu la chance d'avoir un parcours où j'ai beaucoup donné, je me suis beaucoup engagée auprès d'associations, dans mon réseau. Dès que je peux donner un coup de main à quelqu'un, je le fais. Parce que j'ai été élevée comme ça, c'est ma nature, mais je vois bien à quel point ça m'a aidée pour traverser toutes les épreuves de la parentalité que j'ai pu vivre.
- Speaker #0
Tu es aussi menteur auprès d'un programme qui s'appelle Capital Fear. Qu'est-ce que tu apprends de ces jeunes femmes ?
- Speaker #1
Quand on parle de time management, on pourrait considérer à juste titre que la vie de Comex Member d'Orange est très très remplie, mais... Quand on m'a proposé de prendre la présidence de cette association Capital Fils, je ne pouvais pas dire non parce que ça résonne tellement avec toutes mes valeurs. Capital Fils, c'est une association de mentorat qui a été fondée par Orange et qui réunit des entreprises avec l'objectif de mettre en relation des collaboratrices qui deviennent marraines, de jeunes femmes, des quartiers prioritaires de la ville, des territoires ruraux de cette France qu'on dit. périphériques et c'est vrai que quand je discute avec elles, au début, c'est le triple plafond de verre, c'est le genre, c'est l'origine, c'est la géographie, elles ont l'impression que le monde n'est pas fait pour eux et qu'il y a une assignation à résidence, un manque cruel de confiance, elles ne se projettent pas dans les métiers de la tech. plein de métiers qu'elles ne connaissent même pas. Et en fait, ce qui est génial, c'est que dans ce programme, il suffit juste, on se dit, oh là là, le mentorat, c'est chronophage. Il suffit parfois de trois séances d'une heure. Alors, ça peut être pour un coup de main, pour un parcours sup ou pour rédiger un CV ou préparer un entretien d'embauche. Mais déjà, trois petites heures pour discuter avec les filles. comprendre les blocages et leur dire que c'est possible. La force des rôles modèles, on a des programmes où on les amène à l'opéra, on pousse la porte des entreprises, on en a amené aux Open Tech, ici ou à Visatech. Et en fait, il suffit de peu pour insuffler la gnaque et briser le cercle vicieux du plafond de verre. Et c'est ça qui est formidable. Et justement parce qu'elles ont ... Toute cette énergie, toute cette résilience, c'est presque comme un petit coup de baguette magique pour révéler le potentiel qu'elles ont.
- Speaker #0
Je vais avoir tout de même une dernière question.
- Speaker #1
J'ai fait un petit signe, parce que c'est un time management. J'ai Comex dans quatre minutes.
- Speaker #0
J'aimerais la garder des heures et des heures. Rien que pour moi, elle me posait toutes mes questions. Je sélectionne, je vous assure. Il y a une question que je pose. à la fin du podcast, c'est quel message fort aimerais-tu adresser à une jeune femme ou à un homme qui se demande si elle ou il pourra un jour concilier ambition professionnelle et vie de famille.
- Speaker #1
En 2025, cette question, on devrait même plus la poser. Je veux dire, pourquoi on nous obligerait à nous amputer d'une partie qui fait le sel de notre vie ? C'est-à-dire, on ne devrait pas se poser la question de devoir choisir et comment on va concilier. Ça, c'est la première chose. Donc déjà, affirmer haut et fort le droit de concilier les deux, mais parce qu'un collaborateur... épanoui dans sa vie privée sera performant dans sa vie professionnelle. C'est le B.A.B.A. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est l'organisation. Ça passe par l'organisation. Et la troisième chose, c'est se faire confiance et commencer par ne pas s'oublier soi-même dans cette équation. Parce que les ressources, on les trouve en soi-même. Donc prendre le temps de s'occuper de soi. très égoïstement, ça permet de concilier les deux.
- Speaker #0
Merci. Prenez soin de vous et faites-vous confiance. Le mot de la fin. Merci beaucoup. Je vous dis à très bientôt. En attendant le prochain épisode, abonne-toi, partage ce podcast avec tous les parents de ton open space et surtout déculpabilise. On est là, on est ensemble et on fait surtout de notre mieux parce que la parentalité en entreprise, ce n'est pas un détail dans un CV. C'est une expérience importante. part entière, qui est pleine de défis, de fierté et parfois même de doute. Alors viens, rejoins la conversation et si tu as envie, prends le micro, à de vous entendre partager votre expérience. A bientôt !