Speaker #0À l'approche de la fête des mères, je te propose une mini-série en trois épisodes autour de la relation mère-fille. Dans cet espace, on va venir explorer ce lien si particulier, là où l'amour, les attentes, les blessures et les projections s'entremêlent, parfois jusqu'à ne plus vraiment se voir. Je t'emmène aujourd'hui dans un épisode pure mauvaise fille pour décortiquer quatre relations mère-fille problématiques sous l'angle d'une série célèbre. « Bienvenue dans Mauvaise Fille, le podcast pour oser te regarder vraiment, t'accepter dans toutes tes parts et t'aimer entière, un peu plus, chaque jour, en te libérant des injonctions, mais aussi en éclairant tes ombres. C'est un espace pensé pour toutes celles qui ne veulent plus faire semblant, qui ne rentrent pas dans les cases, mais qui ne se contentent pas de les rejeter. » qui veulent comprendre, questionner, libérer au quotidien, avec simplicité, en douceur, sans complaisance. Ce podcast, c'est une invitation à t'aimer, pas parfaite, pas lisse, mais vivante, lucide, en chemin. Alors, bienvenue dans Mauvaise Fille. Bonjour, bonjour, bienvenue dans cette trilogie mère-fille. Tu as peut-être déjà écouté le premier épisode qui parle d'une phrase que j'ai beaucoup entendue dans la bouche de maman ou de leur fille, qui est « quoi que je fasse, ce n'est jamais bien pour elle » . Si tu ne l'as pas encore écouté, rendez-vous dans l'épisode 19, format Mauvaise Langue. L'épisode d'aujourd'hui est un peu particulier, puisque je vais parler des relations mère-fille sous le prisme d'une série que tu dois connaître, selon ta génération, ou dont tu as déjà entendu parler, qui est Desperate Housewives. Pour la petite parenthèse, c'est mon chéri qui me l'a fait découvrir et regarder. Parce que pour être complètement transparente, j'ai toujours eu beaucoup d'a priori sur cette série, et je n'avais jamais pris la peine de vraiment la regarder. Mais je sais en même temps que quand mon compagnon insiste pour me faire découvrir quelque chose, c'est qu'il y a une bonne raison. Et effectivement, je suis vite revenue sur mes préjugés. J'adore cette série, parce qu'au-delà d'être très détente, mon esprit d'analyse, qui est très rarement en veille, il se régale. Les archétypes de femmes, les blessures et les ombres, les injonctions, les relations de couple, l'équilibre pro-perso, les relations entre femmes, le féminisme, on a vraiment un tableau extrêmement bien fait de la société, qui finalement, même si la série date de début des années 2000, n'a pas beaucoup vieilli dans le fond. Je referme la parenthèse. Aujourd'hui, on va décortiquer quatre relations mère-fille problématiques, qu'on retrouve certes dans cette série, mais aussi, surtout dans la vraie vie. Et même si vous n'avez pas vu la série, ça va vous parler. Pour chaque relation, je vais vous montrer le type de mère et son archétype, le type de relation mère-fille et ce que ça crée chez la fille, et comment ça se rejoue chez la génération d'après. Commençons par Suzanne Mailleur, une grande brune qui approche la quarantaine, qui illustre des livres pour enfants et fait différents jobs tout au long de la série. souvent centré autour des enfants et de l'art. À un moment donné dans la série, sa mère, Sophie, débarque chez elle à l'improviste, fin de cinquantaine, brune, coquette, et elle commence à prendre toute la place. Elle s'installe comme si elle était chez elle, elle organise un date pour sa fille sans lui demander son avis, elle ramène des hommes inconnus sans son autorisation, elle raconte ses histoires sentimentales en boucle, et on voit bien qu'elle attend que sa fille, Suzanne, l'écoute, la rassure. la soutiennent. On a donc une dynamique très claire qui se dessine. Sophie, la maman qui dramatise, qui évite toute responsabilité et qui envahit l'espace, et sa fille, Suzanne, qui la temporise, la conseille et la contient émotionnellement. Dans cette dynamique, il y a une inversion des rôles. C'est la fille qui régule émotionnellement la mère. Depuis toujours, elle se positionne comme l'adulte émotionnel. ce qui l'empêche d'être elle-même la fille. Il n'y a donc pas de place pour sa vulnérabilité à elle, pas de contenance pour ses émotions et pas de prise en charge possible. Dans cette dynamique d'inversion des rôles, la mère a vraiment cet archétype de la mère-enfant. C'est généralement une femme immature, centrée sur ses besoins affectifs, qui cherche davantage à être aimée qu'à sécuriser, et qui va confondre la relation mère-fille avec une relation copine, voire rivale parfois. Et cette relation mère-fille fondée sur une parentification inversée, elle a plusieurs conséquences sur la fille, Suzanne ici en l'occurrence. Il y a une perte de repère interne, donc son positionnement dans la famille n'est pas clair, elle n'est pas prise en charge émotionnellement, alors ça crée chez elle une véritable insécurité affective chronique et un vrai besoin d'être aimée. D'ailleurs, on voit bien que ce personnage dans la série, il est toujours en hyper adaptation constante pour plaire à tout le monde dans le quartier. Elle est toujours en train d'essayer de rendre service, parce qu'elle a intégré que pour être aimée, il fallait être nécessaire. Et elle se positionne également très fréquemment en victime, et comme la femme à sauver du quartier, exactement comme sa mère le faisait. Et ce qui est très intéressant, c'est que Suzanne a une fille elle-même qui s'appelle Julie, avec qui elle reproduit exactement cette relation d'inversion des rôles. Et cette fois, c'est elle qui incarne la mère-enfant dans ce duo. Et on le voit très tôt dans la série. Alors que sa fille est à peine ado, Suzanne se confie à elle comme à une copine de son âge, sur ses histoires amoureuses. Elle lui demande tout le temps conseil et elle crée une véritable fusion émotionnelle avec sa fille. Et sa fille, donc Julie, finalement devient la figure stable de la famille. Elle se retrouve très tôt à gérer des responsabilités qui ne sont pas celles d'une enfant, elle développe une hypermaturité précoce, et dans la plupart de ses autres relations d'ailleurs, elle se retrouve souvent à être celle qui porte. Elle devient un peu la bonne élève émotionnelle. À titre d'exemple, lorsque son père quitte sa mère Suzanne et qu'ils divorcent, elle est d'ailleurs encore une petite fille, elle devient le pilier. Elle console sa mère qui est effondrée, elle lui donne à manger, elle lui donne des conseils amoureux, elle la calme. Alors que, rappelons-le, une petite fille dont les parents divorcent normalement serait en droit d'avoir peur, d'être triste et surtout pas de nourrir sa mère. Donc ici, elle n'a pas la place pour vivre ses émotions d'enfant. Et d'ailleurs, ce personnage, Julie, devient vraiment dans la série l'archétype de la fille parfaite, qui est valorisée et aimée de tous grâce à... ou plutôt à cause de cette hyper-vigilance émotionnelle. On a donc ici un véritable triptyque générationnel qui illustre bien comment une relation mère-fille peut se transmettre de génération en génération et finalement influencer le développement émotionnel et relationnel de toutes les femmes d'une même famille. Donc ici on avait une mère-enfant envahissante et on va maintenant voir un autre archétype, le deuxième de cet épisode. qui est la mère imprévisible. Donc on va se pencher sur une deuxième Desperate Housewife qui est Lynette Scavo. Une petite blonde qui a une quarantaine d'années, qui est mariée, qui est mère de 5 enfants et qui a par phase des postes professionnels importants. Qui jongle un peu des fois entre mère au foyer et carrière professionnelle exigeante. La mère de Lynette Stella, elle a environ 65-70 ans, elle a une santé fragile et un vrai passé d'addiction. Quand Linette était petite, son père n'était pas présent et sa mère était alcoolique et enchaînait les relations amoureuses. Ce qui a créé une véritable instabilité dans le foyer et un manque de fiabilité émotionnelle. Parfois, Linette recevait de l'amour et pouvait compter sur sa mère, mais parfois sa mère la rejetait ou était complètement absente. Et donc elle, en tant que petite fille, devait se prendre en charge. On a donc ici une dynamique d'attachement insécure, qui est construite sur une insécurité permanente. C'est-à-dire que Lynette ne savait jamais sur quels pieds danser avec sa mère. Elle ne pouvait jamais lâcher, parce que sa mère pouvait déraper à tout moment, et n'était pas fiable. Ce qui entraîne donc chez ce personnage un véritable besoin de contrôle. Elle n'arrive pas à lâcher prise, et elle est épuisée constamment de porter tout. Tout le temps. On le voit très bien dans la série. Et c'est ce qu'on reproche beaucoup à ce personnage, ce besoin extrême de contrôle. Par exemple, un jour, lorsque ses enfants sont tellement hyperactifs qu'elle n'arrive plus à les gérer, elle va prendre un médicament qui a été prescrit à un autre enfant de leur école pour avoir une énergie sans faille et pouvoir gérer tout. Les enfants, les costumes du spectacle de l'école, les tâches ménagères. Elle va vraiment en arriver à là pour reprendre le contrôle sur sa vie. Elle n'a pas trouvé d'autre moyen que de se droguer, puisqu'elle va prendre ce médicament vraiment comme une addiction, pour pouvoir continuer à tout gérer et à tout contrôler. Ou de manière différente, lorsque son mari reçoit une promotion qui implique qu'il serait moins présent à la maison, elle va paniquer d'avoir potentiellement à gérer seule à la maison et elle va manipuler subtilement son mari pour qu'il refuse la promotion. Et des exemples comme ça, il y en a vraiment beaucoup tout au long de la série. On voit donc que ce contrôle s'exprime de manière différente, donc frontale ou plus manipulateur, mais avec une même fondation qui a été façonnée par sa relation à sa mère qui est « j'anticipe pour gérer le risque et ne pas m'effondrer » . Donc contrairement à Suzanne, il y a une sorte d'inversion des rôles, mais par survie. Alors que la mère de Suzanne est envahissante, celle de Lynette, Stella, est imprévisible et instable. Et on a donc une Suzanne sauveuse ou victime douce, alors qu'on a une Lynette qui est contrôleuse en alerte. Et cette relation mère-fille entre Lynette et Stella, elle est très claire sur une anecdote notamment. Dans la série, Lynette a un cancer et sa mère Stella débarque chez elle pour l'aider. Sur le papier, ça a l'air sympa. Sauf que sa mère continue de fumer. Elle continue à critiquer, elle râle, elle impose ses habitudes. Elle est là une seconde, et la seconde d'après, elle est complètement absente émotionnellement. Et sa fille ne peut toujours pas se reposer, parce qu'il n'y a pas de vraie sécurité émotionnelle. Elle est obligée de continuer à gérer, à surveiller sa mère et à contrôler l'environnement. On a donc ici vraiment l'archétype de la femme qui anticipe tout pour ne jamais revivre. l'imprévisible de son enfance. Et dans cet exemple, il y a un contexte lourd en background d'addiction et presque de négligence, mais cet attachement insécure et ce manque de fiabilité émotionnelle, il peut aussi se retrouver dans certaines relations mère-fille à une plus petite échelle, avec en commun cette impression de ne jamais savoir sur quel pied danser. Donc là, on était dans un modèle d'instabilité et d'insécurité permanente, on va maintenant basculer dans quelque chose de beaucoup plus violent. qui est la trahison. Donc on va s'attarder maintenant sur un troisième personnage, donc cette troisième relation mère-fille. C'est un personnage important qui a beaucoup fait parler de lui dans cette série parce qu'il était incarné par Eva Longoria. C'est Gabrielle Solis. C'est une petite brune, ancienne mannequin, environ la trentaine quand la série démarre, qui est mariée à un homme d'affaires riche et qui est fan de shopping et de mode. Sa mère, Lucia, elle a environ 50 ans. et elle apparaît peu dans la série. Il y a quand même un moment clé qui explique leur dynamique. Gabriel va donc révéler à sa mère Lucia que son beau-père, donc le compagnon de sa mère de l'époque, l'a agressée sexuellement quand elle était ado. Et non seulement sa mère a choisi de rester avec cet homme à l'époque, alors qu'elle était au courant, mais surtout elle minimise complètement la situation en accusant même sa fille d'être la responsable et d'avoir voulu séduire son beau-père. C'est ici un cas très grave et très sensible. Ce que ça montre, et encore une fois ici c'est un exemple vraiment grave, mais ça peut se produire à différentes échelles, c'est qu'on est face à un archétype de mère non protectrice, qui nie les violences qu'a subies sa fille pour donner la priorité à ses propres intérêts. On a donc une trahison fondamentale, avec cette absence de protection, et une rupture du contrat primaire qui est « je suis en sécurité avec toi » . Cette dynamique relationnelle est donc fondée ici sur un véritable trauma d'attachement, qui entraîne une coupure émotionnelle. Et chez Gabriel, le rejet de sa mère est une construction en opposition à sa mère. Et on va voir chez ce personnage une vraie hyper-indépendance, une difficulté à faire confiance, et aussi ici un rapport au corps sexualisé et instrumentalisé, du fait de ce trauma particulier. On voit donc cette hyper-indépendance lorsque son mari devient aveugle. Elle se retrouve à tout gérer, elle refuse d'être vulnérable et de demander de l'aide, même quand elle est à bout. Elle ne s'autorise pas l'effondrement et choisit de porter, un peu comme Linette, mais de manière différente quand même. Parce qu'également, elle utilise son corps comme un véritable levier pour séduire et dominer, pour ne pas être vulnérable émotionnellement face aux hommes. Dans les deux cas, ça montre que cet ancien enfant non protégé est devenue une femme qui a appris à survivre seule, et qui évite au maximum toute situation dans laquelle elle pourrait se sentir à nouveau vulnérable. Et avec elle, c'est la dynamique autour de son corps qui se répercute sur sa propre fille. En effet, Gabrielle, elle a au cours de la série une fille de 8 ans, Juanita. Et elle est obsédée par le poids de sa fille, et on le voit dans des anecdotes très parlantes. Elle va par exemple cacher la nourriture de sa fille. Elle fait des remarques sur son corps. Un jour, elle oblige même sa fille à faire du sport en la forçant à courir près de la voiture pendant qu'elle, elle conduit à l'intérieur. Ça en devient vraiment absurde. Et donc, à son tour, Gabrielle, elle endosse cette fois l'archétype d'une mère narcissique slash projective. Elle projette ses propres insécurités, notamment liées au corps, sur sa fille. Elle a du mal à accepter sa fille comme elle est. Elle l'aime, mais sous condition. entre rejet et protection. Ce qui va créer une relation vraiment ambivalente avec sa fille Juanita. Et surtout, ce qui crée chez sa fille un rapport au corps complexe et un vrai conflit identitaire. Parce qu'elle n'est pas rejetée frontalement, mais elle est corrigée en continu. Par exemple, lorsqu'elle va choisir des vêtements qui lui plaisent, sa mère va critiquer le style et lui imposer une autre tenue. Lorsqu'elle choisit de faire un spectacle de claquettes, sa mère l'en empêche parce que c'est maladroit et pas parfait. Donc elle va se voir... constamment à travers le regard de Gabriel, sa mère. On a donc ici un autre triptyque générationnel et on voit comment une relation mère-fille de départ, donc avec Gabriel et sa mère Lucia, basée sur la trahison et le manque de protection, se rejoue avec des enjeux différents chez Gabriel et sa fille Juanita, avec cette problématique du corps en arrière-plan. Et enfin, on change d'énergie pour cette quatrième relation mère-fille qu'on va analyser. On passe d'une violence visible à une forme de violence beaucoup plus froide et silencieuse. On termine donc par un personnage central de cette série, qui est la fameuse Brie Vendecamp, une rousse qui a entre 40 et 45 ans. C'est la ménagère par excellence, qui nous renvoie dans les années 50, et qui a des valeurs vraiment très traditionnelles et conservatrices, même si elle évolue au fil de la série. Brie, c'est vraiment l'archétype de la mère normative, gardienne des apparences. Elle a un refoulement des émotions extrêmes. Elle est attachée à sauver les apparences quoi qu'il arrive. Elle s'est vraiment construite dans le contrôle avec un vrai idéal de perfection féminin, inaccessible. Elle a besoin que tout soit parfait et que rien ne dépasse. Par exemple, on le voit au début de la série lorsque son mari, à table, Lui avoue qu'il est très malheureux dans son mariage et qu'il veut la quitter. Au lieu de pleurer, de crier ou de s'effondrer comme on pourrait le faire, elle continue à préparer le dîner, à servir un repas parfait sur une table impeccable, un sourire collé au visage et un ton calme. Chez elle, pour incarner à la fois la femme parfaite, l'épouse parfaite et la maîtresse de maison irréprochable, son corps est sous contrôle constant. Elle a une posture hyper rigide, ses gestes sont... précis, sa voix est posée, le sourire aux lèvres tout le temps. Et on comprend pourquoi lorsqu'on voit pour la première fois un passage avec sa mère vers la fin de la série. C'est un souvenir qu'elle a, donc elle doit avoir 10 ans. Elle est dans la cuisine avec sa mère qui lui dit qu'elle est assez grande maintenant pour savoir qu'elle doit être sa plus grande arme en tant que femme. Une arme qui lui permettra de toujours dominer les hommes. Et donc sa mère lui révèle que cette arme c'est de... cacher toutes ses émotions sous un masque. Et ce masque, c'est une sorte de léger sourire qui a vocation à cacher absolument toutes ses émotions pour qu'aucun homme ne puisse en profiter et prendre le dessus. Donc c'est pour elle un moyen de toujours avoir l'avantage face aux hommes. Donc avec cette anecdote, on comprend déjà mieux le conditionnement de Brie. Et ce conditionnement, il est très présent dans la relation que Brie entretient avec sa propre fille, Daniel. Donc Brie incarne vraiment cet archétype de la mère perfectionniste et contrôlante. Avec sa fille, elle est obsédée par l'image et l'envie de renvoyer l'image d'une famille parfaite. Il y a de l'amour, mais il est très rigide et très normatif. Et elle se retrouve très souvent à critiquer sa fille dès qu'elle s'écarte de son absolu de perfection. Et ça arrive à un extrême notamment lorsque Daniel, sa fille, tombe enceinte adolescente. Et plutôt que de voir, de rassurer, de sécuriser l'ado en détresse et perdu, Brie pense tout de suite à l'image. Elle va cacher la grossesse aux voisins, elle va envoyer sa fille accoucher loin de chez elle, et elle va même prévoir de faire passer l'enfant à venir pour le sien. Il y a un contrôle total de la vie de sa fille, qu'elle voit toujours comme un élément à gérer et non plus comme un vrai sujet. Et cette relation mère-fille, vous vous doutez bien, elle entraîne un sentiment d'étouffement chez Daniel, qui va pour le coup se construire en rébellion vis-à-vis de sa mère. Elle va chercher à attirer l'attention de sa mère par de la provocation. Et on voit tout au long de la série qu'elle a du mal à se structurer intérieurement. Elle va souvent s'engager dans des relations amoureuses instables, de manière impulsive, sans réflexion, sans limite, sans vraie boussole interne, et recommencer en répétant le même schéma. On a donc une fille qui n'a pas intégré de cadre sécurisant, qui dépend du regard extérieur pour se définir et qui va tester des rôles, des images, des extrêmes. On a donc là, face à une mère hyper contrôlante, parfaite et dans l'image, une fille qui réagit par le chaos, le débordement et le scandale. On a une vraie opposition miroir dans cette dynamique. Donc, si on regarde ces quatre femmes, on voit bien qu'elles sont toutes marquées par des failles d'attachement avec leur mère. Elles sont toutes traversées par des injonctions, et un véritable conditionnement à être « une fille bien » , selon la définition de chacune. Et elles sont toutes chargées de loyauté invisible, et reproduisent, plus ou moins consciemment, ce qu'elles ont hérité de leur mère avec leur propre fille. Et d'ailleurs, je vous renvoie à mon épisode 4 sur les loyautés familiales. qui explore ce sujet. Et pourtant, donc, ces relations problématiques, sans pour autant devenir complètement saines, elles vont évoluer au fil de la série. Gabriel va confronter ses propres projections et apprendre petit à petit à voir sa fille Juanita telle qu'elle est, au-delà du jugement sur son corps. La relation va pouvoir petit à petit se réparer. Brie également va apprendre à se remettre en question, à aimer sa fille hors du cadre, à la valoriser à nouveau. On a donc ici une relation plutôt en reconstruction. Dans le cas de Lynette, il n'y a pas de vraie réparation avec sa mère, mais il y a de la conscience. Elle va mettre des mots sur la dynamique de sa relation avec sa mère. Elle va y voir plus clair, comprendre les mécanismes, et je pense que ça va l'apaiser un peu. En tout cas, on a cette impression-là, quand on la voit évoluer au fil de la série, vis-à-vis de sa mère. Et si ces relations dont je viens de vous parler évoluent, Ce n'est pas un hasard. Lorsqu'on regarde les points communs de ces relations qui se transforment et tendent vers une dynamique un peu plus saine, on peut en ressortir plusieurs clés. La première, c'est prendre conscience des mécanismes en jeu. Lorsqu'on comprend ce qui est en jeu dans la relation, ou lorsqu'on comprend ce qui nous a été transmis par notre propre mère, on a alors plus de chances d'agir sur ce qui coince et de le transformer. ou du moins de ne pas reproduire ce qui ne nous a pas fait de bien. La deuxième clé, c'est être capable d'aller au-delà des projections. Lorsqu'on a identifié quelles attentes on a envers l'autre, ou quelles blessures on projette sur elle, on peut enfin voir qui est véritablement l'autre en face de nous, sans nos lunettes filtrées. Et là, ça dépasse simplement la relation mère-fille, c'est appliqué à toutes les relations de nos vies. Et la troisième clé, c'est être capable de se remettre en question. Lorsqu'on constate que la relation n'est pas fluide, pas harmonieuse, que notre fille nous renvoie toujours les mêmes reproches, on peut reprendre notre responsabilité et aller regarder à l'intérieur ce qu'il en est, nos croyances et nos comportements envers l'autre. Dans ces relations mère-fille, il arrive parfois que l'impulsion soit lancée par l'une des deux pour tenter d'améliorer ou de réparer la relation. Concrètement, si ça te parle et si c'est toi qui es cette personne qui est à l'impulsion, il y a plusieurs petites choses simples que tu peux déjà faire. Ouvrir une conversation sincère, réapprendre à mieux se connaître, partager des moments de sens ou encore se redonner de la contenance physique et émotionnelle. Si c'est quelque chose qui résonne pour toi et que tu aimerais être soutenu dans ce processus, j'ai créé un petit programme en ligne pour les duos Murphy. pour les aider à recréer ou renforcer leur lien à travers des pratiques simples, douces, mais profondes. Ça s'appelle Elle et moi, ça peut se faire à votre rythme, et je l'ai créé spécialement pour la fête des mères si vous souhaitez vous l'offrir cette année. Toutes les infos sont sur mon site et tu pourras trouver le lien dans la description de cet épisode. J'aimerais maintenant finir cet épisode sur un point que je trouve aussi très important à préciser. Je crois qu'entretenir une relation avec sa mère à l'âge adulte est un choix, et non une obligation. Évidemment, ça peut être très dur à entendre ou à accueillir parce qu'il y a énormément de conditionnement et de loyauté dans ce lien. Cependant, il est vraiment nécessaire de préciser qu'il y a des dynamiques mère-fille qui ont pu ou qui sont très toxiques. Par exemple, dans cette série des Spirit Housewives, je pense notamment à la relation de Gabriel et de sa mère. Et 1. Il est tout à fait normal de ne pas vouloir réparer la relation ou ne serait-ce que l'entretenir. Je pense qu'il est important de rappeler le fait que vous n'avez pas à subir un lien qui est toxique, même si c'est celui avec votre mère. Et 2. Que ce soit dans l'amélioration ou la transformation d'un lien mère-fille, même si l'une des deux est peut-être à l'initiative, il faut quand même que les deux parties soient pleinement engagées de manière égale et responsable. Voilà pour cet épisode un peu particulier. C'est un sujet délicat et dense qui vous a peut-être remué. En tout cas, n'hésitez pas à en discuter autour de vous ou à me partager vos ressentis sur ce qui a pu résonner. Ça peut être par message privé sur Instagram, arrobase avaléba, ou par mail. Tous les liens sont dans la description de l'épisode. En tout cas, merci beaucoup pour votre écoute. N'hésitez pas à me laisser des petits commentaires et des étoiles pour continuer à soutenir le podcast. Et on se retrouve la semaine prochaine avec une interview sur la relation mère-fille. A très vite !