Speaker #0Bonjour à toutes et tous, bienvenue dans le neuvième épisode de Ce sera tout. Aujourd'hui j'ai envie de parler d'une phrase qu'on entend souvent, devenir la meilleure version de soi-même. C'est une phrase que j'ai déjà interrogée et que je continue de questionner. Questionner cette idée qu'évoluer signifie forcément devenir meilleur et surtout qu'on devrait passer toute notre vie à nous améliorer. Devenir la meilleure version de soi-même, déjà je trouve ça... assez ambitieux. C'est quelque chose qu'on répète pas mal. Je ne suis évidemment pas contre le fait de changer, d'apprendre, de travailler sur soi. Je suis même évidemment pour. Mais la question que ça peut poser, c'est quand même meilleure version selon quoi ? Qui décide ? Des caractéristiques sont forcément quelque chose qui feront de nous une meilleure personne. On pourrait se dire « Marine, ta question, elle est évidente. C'est soi. On décide soi-même, évidemment. Ok. » Mais est-ce que j'ai vraiment choisi tous ces critères ? Est-ce que ce qu'on appelle meilleur ne vient pas aussi de ce qu'on nous a appris à valoriser ? Je dirais qu'évidemment quand même, être plus productif, être plus ambitieux, plus discipliné, plus mince, plus calme, plus sûr de soi, plus détaché, plus jovial. À quel moment ce sont devenus des critères ? À quel moment ce sont des attentes que j'ai simplement intégrées ? Est-ce que c'est mes critères ? Est-ce que c'est les critères que j'entends ? Est-ce que c'est les critères que les gens aimeraient que j'ai ? C'est des questions quand même assez intéressantes et des choses qui reviennent beaucoup en travail, notamment au coaching. Beaucoup de monde pense être en train de faire quelque chose pour soi. Et en fait, c'est très souvent des choses intégrées sociétalement, de manière générationnelle, évidemment, au sein de la famille, au sein d'un groupe. Donc je trouve que c'est intéressant de se poser cette question de « Ok, selon quoi et pour qui je le fais vraiment ? » C'est là que je veux un peu déplacer la réflexion. Je pense aussi qu'on peut évoluer sans devenir meilleur. On peut apprendre, on peut changer, faire des choix différents. Évidemment, apprendre à mieux se connaître. Parfois, une évolution, c'est simplement plus adapter à la personne qu'on est en train de devenir, à ce qu'on veut aujourd'hui, à ce qu'on vit, Ausha qu'on fait. Le problème, c'est peut-être de penser que la personne qu'on était avant n'était pas forcément une bonne version de nous-mêmes. Comme si toutes les années d'avant, Elles n'avaient pas compté pareil ou qu'elles étaient que le chemin pour arriver quelque part. Pourtant, c'est important de se dire que toutes ces versions, elles ont eu une place en leur temps. Chaque année m'a servi à comprendre quelque chose. Chaque année m'a servi à vivre, à suivre ma trajectoire, des fois à se planter. Mais tout a eu du sens en son temps. C'est peut-être ça qui me gêne le plus dans cette expression. En fait, c'est l'espèce de piège de l'optimisation de soi. On doit toujours devenir meilleur, il y aura toujours quelque chose à faire. Du coup, on passe notre temps à se dire, il y a quelque chose à travailler, il y a quelque chose à déconstruire, j'ai encore quelque chose à optimiser. Et le risque de ça, on le voit beaucoup, c'est de transformer chaque imperfection en chantier personnel. Un défaut, tiens, j'ai quelque chose à corriger. Une difficulté, j'ai encore quelque chose à dépasser. Une émotion, je dois la comprendre, je dois la contrer, je ne l'aime pas. Un inconfort, quelque chose à travailler. Alors attention, je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut pas se questionner. Au contraire, c'est toujours important de se questionner. Ça peut nous permettre de comprendre, de choisir différemment, de prendre nos responsabilités aussi, et ça c'est super important. Mais se questionner justement, ça ne veut pas forcément dire qu'il faut systématiquement trouver quelque chose à corriger. En tout cas, je ne crois pas. Parce qu'à force, on peut finir par regarder sa vie comme une liste de problèmes à résoudre, comme si ça n'allait jamais. tas de choses qui vont déjà très très bien, mais on les valorise beaucoup moins, ou on ne les voit plus. C'est pas rare, et je dirais même que c'est récurrent, de voir des gens extraordinaires avec qui je travaille qui, dans ce piège d'optimisation, restent bloqués. Ils s'immobilisent à un endroit parce qu'ils ne voient que ce qui ne va pas, au lieu de regarder ce qui va bien aussi. Le perfectionnisme, ça empêche. Ça empêche de faire généralement ce qu'il y a de plus beau en soi, ce qu'il y a de plus libre, et à vouloir tout le temps chercher à comprendre ce qui ne va pas. chez soi, tout simplement on finit par plus vivre. Et puis je pense que comprendre quelque chose sur soi, ça ne crée pas forcément une obligation de le corriger. Je vais balancer des mots comme ça qui me viennent en tête, mais ça peut être un tas d'autres choses. L'accepter, le comprendre, changer son regard dessus, faire avec aussi, des fois c'est bien de faire avec, composer avec, l'assumer, l'assumer complètement. Le reconnaître et voir ce qu'on en fera, ce qu'on n'en fera pas, et si on doit en faire quelque chose. L'accueillir, prendre du recul. Le remettre en perspective, l'intégrer, apprendre à vivre avec, choisir de ne pas du tout agir dessus, faire un choix différent, redéfinir la place que ça prend dans notre vie, comprendre que c'est pas forcément un problème. Y'a pas toujours un problème, y'a pas toujours quelque chose à corriger. Puis y'a une autre question que ça soulève, si je dois devenir une meilleure version de moi-même, quand est-ce que je sais que c'est terminé ? Parce qu'en fait y'a pas vraiment de ligne d'arrivée. Et peut-être que c'est pas grave. Le problème, ce serait peut-être de croire que chaque jour, on doit être meilleur que le précédent. C'est ça, la pression que ça met. Mais il y aura toujours des jours où on doute, où on régresse, où on produit rien, où on se plante. C'est pas linéaire, la vie. Et ces jours-là, ils seront pas forcément des échecs. Ce sera des jours, des jours qui passent, tout simplement. Autant je veux bien, par exemple, dans le sport de haut niveau, on peut mesurer la progression... temps, une performance, une compétition, et heureusement, ça permet de suivre ses objectifs et de les atteindre. Mais est-ce qu'on peut faire ça avec tous les objets de la vie, tous les éléments de la vie ? Parce que la vie, en fait, son chronomètre, on le connaît pas vraiment. Je crois simplement qu'on peut évoluer sans considérer que la version actuelle de soi est un problème à résoudre. Alors peut-être que la question, c'est pas comment devenir une meilleure version de soi-même, mais plutôt, comment devenir une version de moi qui me ressemble davantage, qui me fait davantage du bien. faire davantage des choix que j'aime dans mes relations, dans mon travail, essayer de créer, de proposer ce que j'ai à proposer, de vivre au mieux. Mais ce n'est pas forcément plus performant, ce n'est pas forcément plus parfait. J'en viens à penser que ça. Selon mon point de vue, la meilleure version de soi, c'est celle qui propose, qui vibre et qui vit. Et en guise de conclusion, je proposerais ces deux questions qui sont une meilleure version de soi-même, pourquoi pas, mais pour qui ? selon quels critères, et surtout,