- Speaker #0
Bonjour,
- Speaker #1
aujourd'hui nous sommes chez vous à Épinay sur Seine en Ile-de-France. Aujourd'hui, nous allons parler de vos mémoires, des mémoires que vous avez sur le Cap Vert, l'histoire du Cap Vert, la culture, l'indépendance, la décolonisation. Luiz, vous êtes née en 1943 à Mindelo, sur l'île de San Vicente, au Cap Vert. Pouvez-vous nous parler de votre jeunesse, de ce qui vous a conduit à vous engager dans le mouvement culturel et politique capverdien ?
- Speaker #0
L'île de Saint-Vincent, c'est une île culturelle avant tout. C'est une île qui vraiment s'est réveillée après la révolution industrielle à travers son port portogrande de Midel. Et la présence des Anglais a été très importante. Par exemple, moi, ma famille a travaillé dans les compagnies anglaises. Les Anglais ont introduit le sport, l'île était très sportive, donc jusqu'à présent on pratique le golf, le cricket, le football, l'athlétisme, etc. Donc les Anglais ont introduit le sport dans la ville. et... Ce qui a donné au Cap Verde une opportunité de se développer dans ses activités sportives. Donc, le premier avant-centre du Portugal, ça a été un Cap Verde, Ben David, qui a marqué trois buts contre l'Angleterre. dans les années 40-50. Et donc il y a eu après une période de grands joueurs capverdiens dans les équipes portugaises. Mais Saint-Vicenne avait beaucoup d'activités, même les équipes du Cap Vert allaient jouer à Guéné-Puissart, à Conakry, au Sénégal. Même au Sénégal, les Cap Verdiens arrivaient toujours à la finale. Même en partant dans les bateaux. pour aller à Dakar, même s'il arrivait à faire des matchs extraordinaires.
- Speaker #1
Alors vous, qu'est-ce qui vous a conduit à vous engager politiquement plutôt que sportivement du coup ? Parce que c'est à Mindor où il y avait beaucoup de sport.
- Speaker #0
J'étais sportif, j'ai joué au golf, mais c'est à travers le lycée. Nous avions un lycée qui a donné la plupart des combattants pour la libération en Guinée-Bissau. C'est ce lycée, Jilianj, que beaucoup de gens aujourd'hui ne parlent pas. C'est un immeuble qui se trouve derrière le palais du gouvernement. Des élèves ont été très connus. Amilcar a étudié là-bas, Abel Gabriel, Abel Duarte, Riche-Lichepereur, Luis Cabral, tout le monde, tous les gens qui ont parti à la Lune de la Dépression sont sortis de ce lycée. Il y avait comme recteur Balthazar Lopez, qui était le grand intellectuel et grand écrivain caverdien et tête pensante de la revue Claridad, Clarté. Donc ce lycée était une pépinière de bons élèves pour les universités portugaises, mais à un moment donné, le lycée s'est réveillé. Donc il y a eu des manifestations, changements de recteur, mais Balthazar López, grand écrivain. maître de la revue de la Clarité, Aurélien Gonzague, qui était reconnu comme un des grands spécialistes de littérature portugaise, qui avait même passé pour Paris. C'était un spécialiste d'Émile Zola. Donc, si vous lisez Zola, vous comprenez l'importance qu'il pouvait laisser dans un pays agricole marqué par la colonisation.
- Speaker #1
Donc, c'est plutôt les élèves du lycée ? qui vous ont influencé dans votre vision de ce que vous aviez sur Ed ?
- Speaker #0
Parce qu'on a vu une littérature nationale. Ça veut dire que ce n'était pas la littérature portugaise. C'était une littérature capverdienne. Et à partir du moment où les mouvements se sont manifestés en Afrique, il y a eu même une radicalisation de la littérature et de la poésie capverdienne, qui, à côté, avait les grands compositeurs nationaux, Georges Monter, Gnater, Bélaise. Et tant d'autres. Donc Abildouart qui est devenu le deuxième ou troisième homme du PIGC. Donc c'est la culture qui a déterminé la lutte de libération.
- Speaker #1
C'est la révolution a commencé grâce à la culture.
- Speaker #0
Il y a eu un engagement de la littérature, il y a eu un engagement de la musique. Le nouveau compositeur dénonçait l'immigration pour Saint-Omer. D'autres même pouvaient vanter l'immigration pour les Etats-Unis ou même pour l'Europe, dans le cas d'Eugène Tavarge qui était un grand défenseur de l'immigration pour les Etats-Unis et en même temps il condamnait avec une grande violence l'immigration ou l'importation pour s'entommer et pour l'implantation.
- Speaker #1
D'accord. Alors est-ce que vous pensez que c'est le seul pays, peut-être des pays lusophones, qui a commencé cette révolution par la culture ? Ou est-ce que c'était un peu pareil ? Ou est-ce que vous savez si c'était pareil en Angola ?
- Speaker #0
Je pense que le cabriolet était un peu spécial dans les colonies portugaises. Un pays qui ne pouvait pas manifester par des questions de couleur ou la question de race, alors ils ont exprimé leur revolte à travers la culture. C'est la culture qui allait servir d'élément de base pour exprimer nos revendications. Déjà, les îles étaient très difficiles d'accéder par les bateaux, et nous n'avons pas pu faire la lutte de libération par les armes au Cap-Vert. Donc, c'est la culture qui était l'arme principale.
- Speaker #1
D'accord, mais justement, comment la population capverdienne a-t-elle... A-t-elle réagi à l'idée d'une lutte armée ? Même s'ils n'avaient pas forcément les armes, mais comment ?
- Speaker #0
Ce qui est vrai, c'est que les Capverdiens qui sont allés au PIGC ne sont pas allés pour se battre pour la Guinée, mais dans le soin d'aller se battre au Cap Vert, de se former, de se préparer. Donc il y a eu un groupe qui est parti vers 1966 pour Cuba. Pour se former, ils ont passé deux ans en formation, et à leur retour en Guinée, Cabral les a posé la question des difficultés. Il vaut mieux que vous restiez ici, et ils se sont. resté en Guinée et ils ont donné une contribution importante. Ils sont célèbres, les commandants capverdiens en Guinée-Bissau. Mais leur rêve au début, c'était de se battre au Cap Vert. Mais cela était difficile parce qu'il y avait des troupes de l'OTAN dans l'océan Atlantique, des bateaux que je partais de la côte africaine pour aller au Cap Vert pouvaient être vus. et provoquer un désastre terrible. Donc, Cabral a eu cette idée de dire que chaque victoire en Guinée, dans le plan militaire, pouvait recruter au Caver, et même dans les autres colonies portugaises. Et c'est vrai que c'est la victoire en Guinée-Bissau, la victoire militaire en Guinée-Bissau, qui a provoqué le 25 avril au Portugal, et conséquemment, l'indépendance des autres colonies.
- Speaker #1
D'accord. Alors, vous me parlez de la Guinée-Bissau. J'ai une question. Après l'indépendance, il y avait une union qui était envisagée entre le Cap-Vert et la Guinée-Bissau. Et moi, j'aimerais savoir pourquoi cette union n'a pas abouti.
- Speaker #0
Bon, c'est qu'il y a eu un coup d'État à la Guinée-Bissau. Il y a eu beaucoup d'intrigues là-dessus. Pendant la lutte, déjà, la mort de Cabral. vient de ce problème entre Capverdien et Guignan, en disant que les Capverdiens voulaient récupérer la Guinée, que les Capverdiens étaient petits, pauvres, donc ils voulaient mettre les mains sur la Guinée-Bissau. Ça, c'était la politique portugaise, pour diviser les partis, etc. Cela a provoqué la mort de Cabral. Et cela a continué parce que le président de Guinée-Bissau était le frère de Cabral. Ils ont donné un coup d'état à Guinée. Donc cette fois-ci, au Cap-Vert, les militants du parti ont décidé de mettre fin à cette idée.
- Speaker #1
D'accord. Et comment les capverdiens de l'étranger ont-ils contribué au... au céssus d'indépendance ?
- Speaker #0
Écoute, l'indépendance du capire, c'est un problème des immigrés. Ce sont les immigrés qui ont toujours pensé à l'indépendance. Étant donné que le régime colonial portugais était très sévère, il y avait une politique qui s'appelait PIDE, qui persuivait les fonctionnaires, les étudiants, les cadres, etc. Cette mission a été transférée dans les migrations, aux États-Unis, au Sénégal. Même avant le PIGC, il y avait déjà des caverdiens qui parlaient, toujours parlaient de l'indépendance. Jean Tavarge, en 1901, aux États-Unis, il avait dit l'Afrique aux Africains. Et l'Afrique, un jour, aura son Mont-Roy. Ça se réfère à la doctrine Mont-Roy, qui interdisait les Anglais d'intervenir dans l'Amérique du Nord au Sud. Les Capitaniens étaient dans les mouvements... Pan-Africains pendant plusieurs années, jusqu'en 1926. Ça veut dire qu'entre le période républicaine de Portugal de 1910 à 1926, les caviatiers sont très attirés par le mouvement pan-africaniste. Avec Pedro Cardoso, il y a un même poème, je crois que je ne l'ai pas dans mon livre, je l'ai dans mon livre, qui est dédié à l'Afrique. Et le premier poème même africain dédié à Karl Marx, c'est un qu'a fait, c'est Pedro Cardoso, à 1913, où il dit, maître, vénérant, notre émancipation doit seulement venir de nous. Ça c'est à 1913. Et ça démontre qu'il y a toujours cette volonté de mettre des pensions. Eugène Tavard, c'est un grand génie, c'est quelqu'un qui a besoin d'être étudié. Parce qu'au niveau de la poésie, Lamorne, c'est lui qui a donné Lamorne sa grande structure. Et en créole, c'est un défenseur du créole. C'est lui qui a défendu l'immigration. C'est lui qui a défendu déjà l'autonomie pour le Cap-Vert. Il avait demandé l'autonomie. ce qui ne se passait pas même dans notre colonie portugaise et même dans l'Afrique soit francophone ou autre l'immigration aux Etats-Unis commence au 19e siècle a été très importante Parce que les migrations aux États-Unis commencent à prendre forme et commencent à revendiquer. Il y avait des journaux aux États-Unis. J'ai lu le journal de la colonie de 19... en 1930, il y avait beaucoup d'organisations capverdiennes aux États-Unis. Et les capverdiens, il y a une chose, ils aiment beaucoup investir dans l'éducation de ses enfants. Le capverdien a produit beaucoup de cadres à l'extérieur qu'il ne faut pas. il ne faut pas oublier, et que le Cap-Vert à Toile a besoin d'intégrer. Il y a un problème qui est à résoudre au Cap-Vert, c'est le problème de l'immigration. On peut résoudre le problème économique, etc., mais le problème de l'immigration n'est pas encore réglé. Les immigrés ont besoin des droits politiques. et des lois économiques, parce qu'ils étaient toujours en avant dans tous les combats pour le Cap Vert. Ils n'ont pas attendu que le mouvement de libération naisse au Cap Vert, mais ils sont créés. Et même Amilcar Cabral, un fils capverdien, c'est un Guéné qui l'a créé, le pays, je sais. Il y a d'autres mouvements au Sénégal qu'il faut un jour étudier, je n'ai pas de notes, mais je sais. l'amalgaissé. grand-père, des gens qui étaient du peuple, qui n'avaient pas la grande force politique, mais je me rappelle qu'ils ont dit une fois en Capverdien au Sénégal « Ah, vous n'avez pas la formation, la compétence pour rédiger le Capverdien. » Oui, c'est vrai. Mais nous avons des gens qui pouvaient le faire. Attention, n'oubliez pas, nous avons. Cela veut dire que dans tous les niveaux, il y avait un engagement total pour changer la situation coloniale au Cap-Vert.
- Speaker #1
Ok. Et est-ce que vous avez des exemples concrets d'actions qui ont été menées peut-être à l'étranger par des Cap-Vertiens en faveur de l'indépendance,
- Speaker #0
de la décolonisation ? Il y avait le Cap-Vertien du Brésil, le Cap-Vertien de Dakar, le Cap-Vertien des États-Unis, le Cap-Vertien d'Hollande. Après, quand l'immigration s'est transférée pour les Pays-Bas, Qu'est-ce que Amir Karaf a fait ? Il est venu immédiatement en Hollande pour trouver des représentants. Les idées d'édition de disques, etc. sont liées aussi dans l'idée de libération. C'était une façon de s'imposer en tant qu'identité différente de l'Union européenne. Par exemple, la voix du Kaffer. La voix du Kaffer. Quand la voix du Kaffer a commencé, il est bon. Qu'est-ce qu'ils faisaient ? C'était de la musique du cavern. Mais ça faisait la différence. Les caverdiens ne chantaient pas le fado. Les caverdiens écoutaient sa morne. C'est là qu'ils donnaient l'identité. C'est dans cette morne qu'on éduquait les caverdiens. Tous les fils des caverdiens parlent la langue, écoutent la musique, la même musique, et sont capables de chanter. Il y a des musiciens qui sont nés dans l'immigration. Beaucoup. Il y a une génération maintenant de compositeurs et de chanteurs en Hollande qui est quelque chose d'ordinaire. Ici à Paris, et c'était ici à Paris que même notre césarien s'est imposé. Et quand le caberdien cherche sa différence, il est autre, il n'est pas, il ne veut pas s'identifier par la couleur, il ne veut pas s'identifier par la culture de l'autre, il veut spirituellement montrer qu'il est un être dominé. par l'idée de liberté, de culture, parce que le Cap Vert aussi, il y a non pas seulement les religions et la musique, mais il y a même une philosophie de liberté qui s'appelle le Rationnalisme chrétien, qui est venu du Brésil avec des Cap Vertiens. On parle de Manu de Bourg, il était musicien, il a écrit même un livre. Il est revenu pendant les famines de 1911 avec un bateau chargé de... de nourriture pour le Cap-Vert. Et là, il a ramené le Cap-Vert au Brésil, après son venu. C'est une philosophie moraliste qui aide beaucoup les Cap-Vertiens, on les oblige à lire, à étudier, etc. Moi, mon père était rationaliste. Il me donnait des livres. Ce que je faisais, c'était un homme très sévère. Il me donnait des livres. Il savait que je voudrais sortir, que je voudrais étudier. Il m'encouragait à immigrer. Moi, j'avais déjà travaillé dans les îles, ce qui était très bon pour ma formation, de connaître l'île de Maï, les hommes et les femmes de Maï. Je suis allé à Santiago. Et quand je suis arrivé à Saint-Vincent, ma moumou s'est aidée. servir l'immigration. Moi, je travaillais dans l'administration pour servir les immigrés. Il y a des gens qui encore me demandent c'est toi qui as donné mon passeport, c'est toi qui as fait ça, c'est toi qui as fait ça. Et à un moment donné, j'ai compris que je pouvais sortir et étudier. aider ma famille. Moi, j'avais déjà une femme et un enfant. J'avais ma mère au Sénégal parce que moi, j'ai déjà suffi d'immigrer. Le Sénégal, à l'époque, n'était pas déjà très bien. Ma mère comptait avec moi. Et je suis venu ici travaillant durement. Je ne suis pas venu ici. Sachant que je pouvais trouver la vie facile, non. Je suis venu, j'ai déchargé les voitures, j'ai travaillé chez Chausson, qui est très dur. Mais j'avais toujours la volonté d'aller étudier. Et là, je suis passé à l'université, j'ai fait maîtrise, un doctorat de troisième cycle, etc.
- Speaker #1
Vous étiez où le jour de l'indépendance ?
- Speaker #0
J'étais ici.
- Speaker #1
D'accord. Et quels souvenirs vous gardez de ce jour-là ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que vous avez ressenti ?
- Speaker #0
Pour moi, c'était l'accomplissement d'une première partie de la vie du caverne. C'était le début. C'était la fin de la colonisation et le début d'une nouvelle vie au Cap Vert sur la responsabilité des Cap Vertiens. Je savais que l'on n'avait pas trouvé des choses faciles, parce que le Cap Vert n'est pas un pays riche. Il fallait compter avec qui ? Avec les immigrés. Ce sont les immigrés qui ont tenu le pays. C'est une chose qu'on ne peut pas nier. Ce sont les immigrés ici, aux États-Unis, partout du Sénégal, etc. Parce que même le Sénégal a été...
- Speaker #1
Économiquement, vous voulez dire ?
- Speaker #0
Le Sénégal a aidé beaucoup le Cap-Vert.
- Speaker #1
Économiquement ou bien plutôt de l'aide sur la politique ?
- Speaker #0
Comme je vous dis, d'abord économiquement. Moi-même, ma mère était au Sénégal. Moi, je sais que l'aide qui venait pour la famille et le courage que les marins capverdiens avaient pour aller au Sénégal dans les petits bateaux pour aller chercher de la nourriture et tout ce que venait, que les familles pouvaient recevoir du Sénégal. Le Sénégal a aidé beaucoup le Cap-Vert. C'est un pays que j'admire beaucoup parce que moi, j'étais le premier à bénéficier de l'aide du Sénégal.
- Speaker #1
D'ailleurs, vous parlez de votre mère qui est au Sénégal. Quel a été le rôle des femmes dans cette lutte pour l'indépendance ?
- Speaker #0
Partout, la femme caverdienne a participé dans cette lutte de libération. Non pas lutter, seulement ceux qui avaient pris les armes. Parce que la lutte pour le Kaffer a été une lutte dans toutes les latitudes. Et la femme kafverdienne, comme vous le savez, c'est la première femme qui a migré librement pour les Etats-Unis. La femme kafverdienne n'a pas entendu l'homme pour dire que pour le Sénégal c'est la même chose. Le courage des femmes kafverdiennes c'est quelque chose d'ordinaire. Elles ont participé de leur façon. dans la lutte de libération. Même ici de Paris. Et quand les Capverdiens arrivaient à Dakar, où ils étaient logés, qui leur prenait un char ? Les femmes. Donc il y a une justice à rendre à la femme capverdienne pour sa participation aux Capverdiens. Parce qu'ici, en France, quand je suis arrivé, il n'y avait que des femmes. En Italie, en Hollande, partout La femme capybérienne n'a pas attendu l'homme pour participer dans le développement du capybère. C'est quelque chose qu'il faut même rendre justice, que je rende justice dans mon livre.
- Speaker #1
Dans le livre Chronique d'Aterlange, c'est ça ? Oui. Je l'ai bien dit ?
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Ok. Et cette transmission justement de l'histoire de la décolonisation aux jeunes générations, comment est-ce que vous la percevez ? Facile pour vous d'en parler autour de vous, aux plus jeunes ?
- Speaker #0
C'est là que je peux vous répondre que les femmes ont joué un rôle très important. Parce que l'éducation est quelque chose qui est à la charge de la femme. C'est la femme qui apprend son enfant à parler, à chanter, qui lui explique toujours ses souffrances. Ses souffrances. Et le langage de la petite enfance. pour le changement dans son pays. C'est que la femme est très attachée à son pays. Et si on pouvait voir combien d'argent rentre au Cap-Vert pendant les vacances, qui ne sont pas comptabilisés parce que l'argent ne rentre pas toujours sur les comptes bancaires, il l'amène avec. C'est quelque chose que le gouvernement du Cap-Vert pouvait même mieux profiter, parce que nous Nous avons eu une expérience pendant la colonisation en ce qui concerne la politique d'immigration. Si, moi, dans mon livre et partout, j'ai étudié les cas italiens du Sud, j'ai étudié les cas de Jugoslavie, la façon comme le pays gère ses immigrés jusqu'à présent, le problème de l'immigration. Cela veut dire que les caveriens viennent, ils travaillent, ils vont directement construire leur maison, etc. Mais ils ont des difficultés par exemple pour trouver un prêt bancaire, ils ont des difficultés par exemple pour avoir des associations dans les douanes, parce que le Caver c'est un pays qui a des tarifs douanières les plus élevés du monde. C'est ça que ce pays a besoin d'apprendre à gérer. Avoir les modèles des autres pays du Sud. J'ai tout dit sur le problème du Sud. J'ai proposé que le gouvernement du Caverne organise les voyages de ces immigrés. de France, d'Hollande, d'organiser des tournois, de faire le mois. Non, pas des mois de vacances, non, mais des mois de travail. Même d'arrêter l'idée de vacances pendant les mois d'été, mais de faire des mois de travail. où les immigrés pouvaient facilement, en 24 heures, avoir un crédit, avoir un contact avec une entreprise. Parce que quand ils vont, souvent, les gens sont en vacances, donc ils ne peuvent pas construire leur maison. Ils ne peuvent pas aller à la banque, parce que la banque, au lieu de fermer pendant l'été, ils ont horaire d'été, quand ils devaient avoir des horaires de... de l'immigration, ça veut dire prolonger les horaires de travail pour permettre aux immigrés d'investir, de travailler, etc. Donc c'est une frustration pour moi, qui a passé ma vie à étudier les questions de l'immigration, de voir que mes idées se sont perdues.
- Speaker #1
Alors justement, est-ce que vous pensez qu'il y a quelque chose en lien avec l'identité des Capverdiens ? Comment est-ce que vous... vous pouvez décrire l'évolution de l'identité ?
- Speaker #0
L'évolution, l'identité, c'est une chose. L'identité, on l'a. On l'a dans le sang. On n'est qu'à faire rien. Ce sont des îles. Les îles sont des petites nations. Tu as la conscience de ton île et de ton pays. Et comme tu vois, chaque Caverdien se définit par son île. Même pour le village où il est. Ça c'est très important, parce que dans le plan d'identité, c'est très bon. Et ce qui oblige les Immigrés à toujours rester. En écrivant Cap Verdean, et en lisant des livres sur Cap Verde, excusez-moi, la plupart sont écrits à l'extérieur. Ce n'est pas seulement quand on parle de la littérature. Manel Lopes a écrit les deux grands romans de Cap Verdean, Flagellades du vent leste, et Chauve-Abrabo, dans l'île d'Açores. Il travaillait dans l'Italcable. à Saint-Vincent, il a eu un licenciement, il a trouvé un travail aux Açores, il est parti, et là il a écrit le demi-re roman cabérien. Femmins, qui est de Luiz Romano, c'est au Brésil. Il y a beaucoup, partout, les écrivains cabériens ne manquent pas. Et c'est très important parce que les communautés lisent et ont conscience de la diversité. On écrit avec les yeux au caverne. C'est ça que l'importance de la culture est partout. Au Portugal, il y a des écrivains. Ici, en Hollande, toujours dans tout ce pays du monde où il y a des communautés caveriennes, il y a toujours des éditions. Ici, moi, en 1973, nous avons commencé par éditer un livre. En Gréole, nous avions une association, nous avons édité un livre. Moi, en 1983, j'ai édité Le folklore capverdien de Pet Cardos, qui était un livre qui a fait un succès, qui a provoqué un choc terrible au Cap-Vert, parce qu'on donnait du dur sur l'immigration et sur la littérature. Donc, parce que les gens parlaient de la clarté à 1936, et nous avons reculé la littérature caverdienne de 100 ans, en disant que le mouvement de l'indépendance était né dans le 19e siècle. Donc, c'est toujours à travers le débat culturel que nous... nous faisons avancer nos idées.
- Speaker #1
Et que nous préservons aussi peut-être notre histoire. La mémoire du calvaire, elle est principalement préservée par la littérature et la musique. Oui. Si je comprends ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Et la musique, c'est quelque chose d'extraordinaire parce que... Je regrette même que les gens ne donnent pas beaucoup d'importance. le grand compositeur, Jean Tavares, J. Montes. Nya terre, qui a pu écrire cette morne ? Jusqu'à présent, c'est l'hymne du Cap Vert. Partout où tu vas, tout le monde chante Nya terre, bocata, imagina, tristesse qui bouffit du te sentir. Il n'y a pas une dénonce plus profonde que cette morne. Bélaise, Brian, Manel de Nauve, et tous les jeunes de la génération. Et moi-même, j'écris, je suis compositeur. Cela veut dire qu'on a besoin de la musique pour exprimer vraiment les revendications de notre capverdianité.
- Speaker #1
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes capverdiens souhaitant s'engager pour le pays aujourd'hui ?
- Speaker #0
Moi, je n'ai pas de conseil à leur donner. Moi, je dis à ma fille, vous êtes capverdien, vous avez le même droit de voir que moi. Vous êtes capverdien, vous devez aller. Vous êtes content, vous êtes content. Vous n'êtes pas content, vous manifestez, parce que c'est votre pays. La caverne ne se limite pas à l'espace des îles. La caverne est multiple, elle disperse partout. Parce que quand tu vas au Brésil, tu rencontres des capiardiens, je parle le créole. tu revendiques la mort, tu vas au Portugal, tu vas aux Etats-Unis, et quand les gens même ont des problèmes locaux verts, ils disent, oh vous, vous, ils appellent les immigrés. Donc c'est un devoir. C'est pour ça que la constitution locaux verts, c'est quelque chose de génial, dans la mesure que jusqu'à la troisième génération, tu as droit à la solidarité. Moi, la chose que je conseille à tout le monde, c'est de chercher son passeport.
- Speaker #1
C'est parfait. Merci. Merci, Louis. Alors, je ne sais pas si vous avez quelque chose à ajouter, mais merci beaucoup pour cet entretien.
- Speaker #0
Je vous souhaite de continuer votre travail avec animosité, d'aller souvent dans votre pays, parce que c'est un film intéressant, joli et et que personne ne peut pas se détacher. Ça, c'est le café.
- Speaker #1
Merci, Luiz.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #2
Obrigado.