- Speaker #0
Bienvenue dans les Mémoires du Cap Vert. Aujourd'hui, on vous emmène à Praia, où nous avons l'honneur d'être reçus par Pedro Pires, dans les locaux de l'Institut Pedro Pires, qui est dédié à la formation leadership. et à la citoyenneté en Afrique. En militant de la première heure pour l'indépendance, ancien chef du gouvernement après 1975, puis président de la République du Cap Vert de 2001 à 2011, Pedro Pires est une figure centrale de l'histoire capverdienne contemporaine. Il a connu la clandestinité, la lutte, la construction d'un État, le pouvoir et surtout le temps du recul. Dans cet échange, il revient sur les grandes étapes de son parcours, sur les responsabilités que l'a apportées, les choix difficiles, les espoirs et la manière dont il regarde aujourd'hui cette histoire à la fois personnelle et collective. C'est une rencontre rare avec l'un des derniers témoins directs de l'indépendance et un bâtisseur de mémoire. Bonjour Monsieur le Président.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Avant de parler du combat pour la libération et de vos années de gouvernement, J'aimerais que nous commencions par un aspect plus personnel. Monsieur le Président, qui est Pedro Pires au-delà du révolutionnaire et de l'homme d'État ?
- Speaker #1
Personnellement, c'est plus difficile de faire la définition de ma personnalité, mais je suis quelqu'un qui a été... Un homme de son temps, c'était le temps de la libération des colonies, le temps des mouvements de libération des colonies. Donc je suis marqué par ce temps du combat au colonialisme, et ce temps de la résistance au colonialisme, et ce temps de la conquête, de l'indépendance de notre pays. Je me situe dans des conditions, quelqu'un qui a participé dans ce processus de libération de notre pays, du Cap-Vert, des îles du Cap-Vert. Deuxièmement, après la libération, il fallait garantir l'édification d'un état fonctionnel, d'un état... qui pourraient régler les grands problèmes qu'avait le pays dans les divers domaines, soit politiques, économiques, financiers, humanitaires, etc. Donc, il y a un moment de choix, la lutte et la libération nationale, un moment après l'ascension, si je peux dire. La responsabilité est de participer à l'édification de l'État souverain du Cap-Gueux.
- Speaker #0
Monsieur le Président, vous êtes né le 29 avril 1934 à Saint-Philippe, sur l'île de Fougues. Vous avez grandi entre la ville et la campagne, au sein d'une famille profondément attachée à ses racines et à la terre. Vos premières années ont été marquées. par les grandes famines de 1943 et 1947, qui ont touché tout le Cap-Vert et laissé une empreinte durable sur votre génération. Quand avez-vous pris conscience que cette épreuve avait influencé votre regard sur le pays et nourri un petit peu votre engagement politique ?
- Speaker #1
Il faut connaître l'histoire de notre pays. Je crois qu'il faut faire un effort pour le bien connaître. pour comprendre nos choix, pour comprendre notre révolte, si on peut dire comme ça. Or, j'ai commencé très tôt, par hasard. Je dirais par hasard parce que c'était le moment où je suis allé m'installer avec ma famille, sans Philippe, pour fréquenter l'école primaire. J'avais 7 ans. Là, on s'est confronté avec une situation catastrophique, une situation humanitaire catastrophique. Ça ne pourrait pas laisser de nous impressionner. et peut-être nous marquer pendant toute la vie. Donc c'est à partir de cela, pas à partir de ça, mais ce choc, ce choc de misère, de difficulté, ce choc-là, comment dirais-je en français, je l'ai eu pendant toute ma vie. Pas par choix personnel, mais par sa gravité. Donc, ce n'était pas une question de choix personnel, de mon point de vue, mais c'était plutôt une question de sensibilité, sensibilité humaine. Ça nous a marqués. C'est à partir de cela que, quelques années après, on a choisi la voie de la lutte à la libération nationale.
- Speaker #0
D'accord. Alors, après vos études secondaires à Saint-Vicente, vous avez poursuivi vos études. au Portugal, dans un milieu étudiant qui était très actif, où les idées d'indépendance commençaient à circuler. Comment est-ce que vous pouvez décrire l'atmosphère à cette époque ? Est-ce qu'il y avait une différence entre les îles ?
- Speaker #1
À ce qui concerne ce changement d'île, vous voyez, pour les jeunes, je dirais très jeunes, qui étaient obligés de changer de... d'habitude changer de société relativement. Ça caractérise notre société qui est formée par neuf fils, dix neuf fils, où vous trouvez cette petite différence entre les unes et les autres. Donc, quoi penser à propos de cela ? Je crois. La question qu'on pourrait poser, quel est le rôle joué par cette diversité entre les diverses îles et le Mindelo ? C'était différent parce que c'était le port international où vous trouvez des gens qui venaient de diverses parties du monde. des pêcheurs, des marins, des transporteurs. Donc c'était un centre où vous aviez un peu de tout. Il y avait le port, avant le port, avec la présence militaire portugaise pendant la Deuxième Guerre mondiale. Vous voyez, c'est un contexte, c'était une société. tout à fait différente de la société de Saint-Philippe et de mon île natale. Mais de toute façon, je pense que ça a été, malgré les difficultés, ça a été enrichissant. Parce que c'est la diversité, c'est la diversité qui nous permet de voir la totalité. Ça, c'était un moment d'apprentissage très intéressant. Après, au Portugal, qu'est-ce qui s'est passé au Portugal ? Quand nous sommes arrivés au Portugal en 1956, c'était déjà, il y avait commencé les mouvements, le bouleversement autour des colonies. Il y avait déjà, oui, les mouvements de libération. dans divers pays de l'Afrique. Il y avait la guerre de l'Algérie, etc. Donc, je suis arrivé dans un contexte lié au mouvement Libération Nationale. Qu'est-ce qu'il y a de plus ? C'est cette volonté, ce souhait de conquérir. notre souveraineté et concrèter notre liberté nationale. C'est ça. Ce moment, je crois que 55-60 a été aussi très riche en matière de changement d'attitude et en matière du comportement des jeunes des anciennes colonies. Donc, le contexte Merci. où j'arrivais à Lisbonne pourrait favoriser mon intégration dans cet esprit. de la libération et cet esprit de l'indépendance. C'était comme ça que, bon, je peux dire que j'ai commencé.
- Speaker #0
Alors, vous nous parlez des années 60. J'ai lu qu'en 1961, vous avez servi l'armée portugaise et vous prenez une décision, celle de quitter clandestinement le pays pour rejoindre le PAIGC. Comment s'est organisée cette fuite et est-ce qu'il y a eu un événement particulier qui a provoqué cette fuite ? cet exil ?
- Speaker #1
À Lisbonne, il y avait les communautés des étudiants des autres colonies. Quelques communautés plus nombreuses que la nôtre, comme l'angolaise, mais il y avait les autres, les étudiants, les jeunes des autres colonies. Donc, ce n'était pas un processus individuel ou national, c'était plutôt... plutôt plus globale, plus plurielle. Il y avait les autres colonies ou les jeunes des autres colonies. Donc nous, nous sortons du Portugal dans le cadre d'un mouvement plus pas national, au plan restreint, mais plus composé par des jeunes de presque toutes les cultures. Dans toutes les colonies, il y avait des Angolais, les Mozambiquains, les Santomé et nous-mêmes, les Guéniens. Donc, c'était un mouvement plus inclusif.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, il faut comprendre que c'est... Comment dire, ce mélange, cette solidarité, c'est venu avant nous. Par exemple, j'ai déjà, avec la génération d'Amical Cabral, Netto, Lusular, Marcelino et d'autres, qui ont commencé leur intervention avant nous. Je peux dire peut-être aux années 50. C'est tout un mouvement qui est venu pas seulement de nous-mêmes, mais il y a un changement dans le monde. Il y a un changement aussi de comportement dans les colonies portugaises. Il y a eu aussi tout le mouvement de libération. des colonies françaises, des colonies anglaises. Vous voyez, c'était le temps. 1960, c'était l'année de l'indépendance d'une bonne partie des anciennes colonies françaises d'Afrique occidentale. Vous voyez, il faut voir le contexte. Global. Ce n'était pas quelque chose d'exclusif à nous, mais c'était... quelque chose de plus inclusif, où participaient les jeunes et d'autres intellectuels, travailleurs, etc. Des autres colonies. Vous voyez qu'en 1956, il y a eu le congrès des artistes et des intellectuels noirs à Paris. pour Paris ou dans une autre ville française. Mais je vous dis ça pour voir, c'est tout un contexte en changeant.
- Speaker #0
Alors si je comprends bien, il y avait quand même un contexte global d'émancipation dans le monde, mais il faut que l'on le dise aux auditeurs, vous faites partie quand même du premier groupe de combattants capverdiens envoyés à Cuba pour y recevoir une formation politique et militaire. dans le cadre de la lutte de la libération menée par la PAIGC. Qu'est-ce que cette expérience vous a apporté et pourquoi Cuba a-t-il joué un rôle aussi central dans le combat pour l'indépendance ?
- Speaker #1
Nous sommes partis Cuba dans un projet. Nous, les Cabraliens, dans le projet, dans le cadre du PAIGC, sous le leadership d'Emilcar Cabral. C'est un projet, un projet de libération des caves vertes, mais pourquoi ? Pourquoi Cuba ? Pourquoi Cuba ? Les relations avec le Canada, pourquoi Cuba ? Cuba, du point de vue politique, du point de vue militaire, du point de vue mythique, a joué un rôle important dans la pensée d'une bonne partie des jeunes Africains et d'autres. Mais pourquoi Cuba ? Cuba, parce que c'était une société insulaire, c'était une île. Au Cuba, on avait une expérience du combat dans un contexte insulaire, dans un contexte des montagnes. Donc du point de vue physique, ça ressemble au Cap Vert. Du point de vue militaire aussi, c'était le plus proche. C'était le plus proche de la réalité capverdienne. C'est pour cela qu'on a choisi Cuba. Mais parce que Cuba aussi était plus disponible à nous recevoir et à nous former. De la même façon que Cuba avait reçu d'autres gens, d'autres jeunes, d'autres candidats, je dirais. candidat militaire. Cuba, une petite société, a joué un rôle très important dans le monde. Il a bouleversé beaucoup de choses, poussé beaucoup de choses. Donc la personnalité du leadership cubain, de mon point de vue, a joué un rôle, a joué un rôle qui a bouleversé beaucoup de choses, changé, provoqué. provoquer des changements énormes. Donc nous, dans nos rapports, le PIGC Cuba, à part la formation militaire des Gaberdiens pour le guérilla dans un contexte insulaire et dans un contexte de montagne, il a joué d'autres rôles, accordé de l'aide, d'assistance technique, etc. au PIGC. Ils ont eu un rôle intéressant de mon point de vue, même étudié, la présence cubienne en Guinée et la présence cubienne en Afrique. Ça aussi, c'est quelque chose de point de vue historique très important.
- Speaker #0
Monsieur le Président, au-delà de Cuba, Entre 1962 et 1965, vous avez mené un travail de mobilisation politique au Sénégal, au Maroc et en France pour renforcer l'engagement des Capverdiens dans la lutte de la libération. Comment s'était organisée cette mobilisation et quelles étaient les difficultés que vous avez rencontrées pour unir la diaspora capverdienne ? autour du projet du
- Speaker #1
PAIGC. J'ai eu la mission de travailler au Sénégal et dans d'autres pays africains. Et après, la mission de faire le même en France pour préparer précisément ce groupe qui doit participer à l'information cubaine. Donc, généralement, vous n'avez pas besoin de... de l'unité de tout le monde. Je crois que vous avez besoin de l'unité nécessaire, ce qui peut alimenter dans le moment et postérieurement tout le mouvement. Donc, notre mission, c'était de conquérir le plus grand homme d'esprit. À partir de cela, il y aurait un développement postérieur. Donc, Donc, ne pensez pas qu'il était nécessaire d'unir tout le monde. Il fallait avoir un groupe qui pourrait servir pour alimenter ce souhait, qui pourrait servir après pour développer tout ça. Donc, je pense que j'ai fait mon mieux pour créer ce groupe. et cet esprit. C'est cela. qui a permis le développement postérieur jusqu'à l'indépendance du pays.
- Speaker #0
D'accord, vous nous parlez de l'indépendance qui a eu lieu en 1975 au Cap Vert. Pendant cette période de 1975 à 1991, vous êtes devenu Premier ministre. Votre gouvernement a engagé de profondes réformes pour stabiliser et développer le Cap Vert. Quels ont été les principaux défis de cette période ? de construction nationale ?
- Speaker #1
Oui, vous dites après l'indépendance,
- Speaker #0
n'est-ce pas ? Oui.
- Speaker #1
Premièrement, il fallait convaincre les Gabberdiens que tout le monde unisse, plutôt que convaincre les Gabberdiens autour de l'idéal de la libération, autour de l'idéal de la souveraineté d'un État national. Je crois qu'on a pu faire cela. même dans la période jusqu'à juillet 1975, le travail politique fait par le PIGC, je crois, a pu transformer celui qui était l'idéal d'un petit groupe, mais dans l'idéal national. parce que C'est avec l'idéal national et cet esprit national qu'on pourrait engager le combat. Parce que le combat dans le sens de la vie, je ne sais pas si ce mot existe en français, mais j'utilise beaucoup en particulier, viabilisation.
- Speaker #0
Oui, viabilité.
- Speaker #1
Rendre viable le pays qui en ce moment n'était pas viable.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais pour le cap vert... Et pour d'autres situations semblables, je pense qu'il y a quelque chose qu'il faut avoir au-delà de la conviction, la passion. Il fallait être passionné pour ce processus, pour cette libération, pour la construction de cet État national. Donc, je peux dire, de ma part, il fallait... être passionné, il fallait la passion, il fallait l'engagement, il fallait l'engagement pour garantir le succès du projet. Le plus important, je crois que c'était cet esprit d'engagement, c'est le compromis avec le pays, le compromis avec le futur, c'était le plus important. Mais je crois que les Capverdiens... par son expérience historique, était dans une situation où il pourrait comprendre cela. Rendre possible l'État caberdien, l'État souverain du Cap-Vert, ce n'était pas une tâche facile. Au contraire, c'était une tâche très difficile. Mais donc, je crois que ce qui a joué un rôle très important, c'est... L'histoire des famines, comme vous avez dit, les malheurs de cette société, l'émigration, l'envoi des gens en Angola, au Saint-Omé, etc. Ça pourrait jouer un rôle très important de mobiliser les volontés pour eux. Le triomphe ou la viabilisation, notre cause, qui c'était l'édification et l'affirmation d'un État souverain capverdien.
- Speaker #0
Oui, malgré les malheurs dont vous nous parlez, le Cap Vert est quand même aujourd'hui considéré comme un modèle de stabilité politique et de bonne gouvernance en Afrique. Comment avez-vous réussi à instaurer et à préserver un tel équilibre pendant toutes ces années ?
- Speaker #1
Là, je crois que ça va au-delà de la politique.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
vous avez parlé de passion. Ça va au-delà de la politique. Pour cela, j'ai des difficultés à justifier les raisons. Le problème, c'était l'engagement du leadership. Vous aviez un leadership. Qui a rêvé avec l'indépendance, a lutté pour cette indépendance, qui a voulu faire le plus important, rendre possible cette indépendance et cette souveraineté, mais en même temps garantir le... le futur de ce projet politique. Donc le rôle du leadership, c'était très important, parce que ça signifie que les gens ont été engagés. Le mot en français, on a utilisé l'engagement, maintenant je crois qu'on parle moins de l'engagement, mais c'était l'engagement dans le sens ancien du temps des mouvements de libération. Cet engagement, c'est... compromis avec le peuple et avec le pays. Je crois que cet aspect psychologique ou cet appel plutôt psychologique, c'était très important. Donc, si on veut trouver les raisons, elles seront diverses. Mais le fait très important, il n'y a pas eu une lutte armée chez nous. Donc, plutôt... C'était quelque chose de fait dans le sens d'unir les gens autour d'un projet, d'un projet politique. C'était le projet de la libération nationale. Donc peut-être c'est là, mais aussi l'expérience historique des peuples peut nous dire quelques mots. Mais personnellement, je n'ai pas insisté beaucoup sur pourquoi c'est comme ça. On avance. Mais pas la préoccupation de savoir pourquoi c'est comme ça. Mais parce que les éléments qui interviennent dans ce processus sont divers, d'ordre culturel, d'ordre personnel, d'ordre leadership. Et après, les rapports avec les autres. Donc, c'est un processus très complexe, très divers. On a des difficultés à identifier tous les facteurs qui ont contribué pour le rendre possible.
- Speaker #0
Mais c'est quand même grâce à ce leadership dont vous nous parlez que le pays a connu cette stabilité.
- Speaker #1
Le Cap-Vert, c'est un mythe.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est un mythe. Vous voyez, vous trouvez des jeunes qui viennent, des jeunes sportifs qui viennent prendre part dans notre équipe, par exemple du foot. C'est un mythe, ce n'est pas une réalité. Mais ils sont poussés par cette... vision, pas cette pensée. Ça, c'est dans le domaine de la pensée, du mythique, je crois. Mais appartient aux autres, aux spécialistes qui font les analyses. Mais de mon point de vue, nous avons besoin des mythes, par exemple. Nous, nous avons besoin d'un Michel Cabral en tant que mythe pour unir, pour nous dire, c'est possible de gagner, il faut se battre, c'est possible de gagner. Nous avons besoin, nous tous, nous avons besoin des mythes. Des mythes,
- Speaker #0
des figures.
- Speaker #1
Les mythes que nous dépassent.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Que nous dépassent. Donc, c'est comme ça que fonctionne le... Je crois que les sociétés, par exemple en France, quels seraient les mythes français ? La République, tout de suite, la République c'est ça, je le fais parce que la République... Les Français ont inventé le mythe de la République, si ça fonctionne ou pas, je ne sais pas. Mais ce mythe c'est très fort, la République. Chez les Français, je crois qu'ils n'ont pas besoin de... des mythes personnels.
- Speaker #0
Oui, d'une figure.
- Speaker #1
Parce que déjà, un mythe institutionnel, c'est la République, la République française. Oui.
- Speaker #0
Mais au Cap-Vert, on a eu besoin de cette figure.
- Speaker #1
Un jour, on aura le mythe institutionnel. Mais jusqu'à là, nous avons besoin des mythes personnels.
- Speaker #0
D'accord. Monsieur le Président, votre parcours, il incarne quand même à la fois la rigueur du combattant, la sagesse du dirigeant. Et l'humilité de l'homme d'État, après autant d'années au service du Cap-Vert et de l'Afrique, quel message vous souhaitez adresser à la jeune génération capverdienne et africaine, celle qui hérite en fait aujourd'hui des valeurs pour lesquelles vous êtes battu ?
- Speaker #1
Vous voyez que le monde actuel est très complexe, excessivement complexe. Pas seulement par des mauvaises choses, mais aussi par des bonnes choses.
- Speaker #0
Eu vejo as novas tecnologias, etc. Isso tornou o mundo muito complexo. Então, o importante, primeiramente, eu falei do engajamento. É possível. É possível. Desde que nós estejamos engajados e comprometidos. Com o projeto, com um projeto político, o projeto político seria a consolidação da soberania do nosso país, o desenvolvimento econômico, social e científico do nosso país seria o projeto. Então, eu pensei que isso era possível, mas eu disse que tudo isso é complexo. Porque há muitas coisas a mudar, mudar em todos os domínios, domínios econômicos, domínios financeiros, mas domínios políticos, mentais. Então, meu mensagem seria que é possível, podemos ganhar esse desafio, mas existe trabalho, engajamento, sobretudo engajamento e compromisso com o... com o projeto e com a organização com a qual nos integramos.
- Speaker #1
É preciso que uma nova figura, um novo mito da jovem, apareça para fazer avançar?
- Speaker #0
É preciso inventar o mito.
- Speaker #1
É preciso inventar um novo mito.
- Speaker #0
Não sei, mas, por exemplo, o mito da igualdade. É muito forte. Tem que mudar o mundo para que sejamos iguais. Podemos encontrar outras coisas, mas isso eu o encontro muito forte. Os humanos são iguais. Essa é a questão.
- Speaker #1
Obrigada, senhor presidente. Um grande obrigado à Fundação e à sua equipe que nos acompanhou e ajudou a fazer esse entrevista possível. O entrevista foi realizado no Cap Verde por Elodie Mendez Tavares, a realização de Charles Junior Andrade e a identidade gráfica foi portada por Marilyn Moncero, do Ateliê FAB.
- Speaker #2
Ora, já chega, a pica já corta, medo já cansei, quando o vento tá destruído. Nossa vitória tá na mão, graças a Deus irão cabrar, derrotar a Bolônia mesmo, pra libertar seu pobre irmão. Nossa vitória tá na mão, graças a Deus irão cabrar, derrotar a Bolônia mesmo, pra libertar seu pobre irmão. Ora, já chega, a pica já corta, medo já cansei, quando o vento tá destruído. Ora Já tigra, a briga já portava Esplênduos já catem Quando o penhô tá de frente A PICA JÁ CORDA, NÓS POSSAS JÁ DUPLICAR, NEGRO JÁ GRITA VICTÓRIA, MEGO JÁ TRANCA DO LADO A PICA JÁ CORDA, NÓS POSSAS JÁ DUPLICAR, NEGRO JÁ GRITA VICTÓRIA, MEGO JÁ TRANCA DO LADO Ora, já chega, a PICA JÁ CORDA, MEGO JÁ CANTEM, PANU PENLOTA TEM PIM, ora, já chega A fica já corta, peito já catei, quando o penhão tá de fim, nós vitória tá na mão, graças a nós irmão cabral, que volta do bolão de um dia, pra libertar o povo irmão. Nós vitória tá na mão, graças a nós irmão cabral, que volta do bolão de um dia, pra libertar o povo irmão. Ora, já chega, a fica já corta, peito já catei, quando o penhão tá de fim, ora, já chega. Aplica-se a porta, pedra já cadê? Quando o pêndulo tá definido, horas de atingir Aplica-se a porta, pedra já cadê? Quando o pêndulo tá definido, horas de atingir Aplica-se a porta, pedra já cadê? Quando o pêndulo tá definido, horas de atingir