Speaker #0Salut et bienvenue dans Merci Prof, moi c'est Léa, je suis la directrice de l'école de français FLE Oui Merci et du centre culturel Oui Merci et j'ai créé la méthode Oui Merci pour apprendre la conjugaison de façon simple et claire et enfin logique. Mais ce que je te partage ici ce ne sont pas des exercices de grammaire, ce sont des expériences vécues en classe, des réflexions de terrain, ça peut être des profs ou bien des apprenants, des déclics, des erreurs, des prises de conscience, enfin bref. tout ce qui fait la vraie vie d'un apprenant ou d'une prof. On va parler donc de l'apprentissage pour les adultes, on va parler de pédagogie, de confiance, de motivation, et puis je te glisserai aussi des nouveautés en neurosciences, mais toujours de manière très concrète et très applicable à ta réalité. Donc, si tu apprends le français ou si tu l'enseignes, eh ben t'es au bon endroit. Bienvenue dans la saison 2 de Merci Prof. Bonjour ! Alors aujourd'hui, j'avais envie de partager un épisode un petit peu différent. Je vais te partager un petit bout de mon quotidien, c'est une réflexion qui me trotte en tête depuis un petit moment. Donc tu sais peut-être que je reprends aujourd'hui le podcast que j'ai mis sur pause depuis un moment, et pendant ce temps-là, j'ai senti quelque chose évoluer en moi. Et aujourd'hui, je voudrais te parler de ça, de cette évolution intérieure, de cette prise de conscience. Et donc je vais te parler de ce qu'on ne voit jamais, en fait, quand on est prof ou qu'on est dans un centre de langue, quand on entre dans un centre de langue. Donc ce que je fais, ce que je décide, ce que je gère, tout ce qui est invisible en fait pour la plupart des gens. Si vous êtes mes élèves, ça fait plaisir. Si vous êtes prof, si vous êtes collaborateur, coordinateur, coordinatrice ou juste curieuse en fait de savoir ce qui se passe derrière le rideau, cet épisode est fait pour vous. Voilà, donc moi je vais vous parler de comment je décide quand personne n'est d'accord, comment je dis non parfois. Comment je protège l'équipe sans sacrifier forcément un projet. La différence entre la bienveillance et la complaisance. Enfin, voilà, ce genre de choses. On essaye ? Alors, la première partie, ça va être sur la réalité derrière la direction. Parce que d'abord, en fait, j'ai créé l'école. Oui, merci, ça fait six ans au moment où j'enregistre cet épisode que je l'ai créée. Donc, je l'ai créée pour me créer des conditions de travail que je voulais pour moi-même. Il faut savoir que le monde du fleu est... très précaires et moi j'ai vécu des conditions catastrophiques inhumaines, très très précaires, enfin bref, vraiment pas la joie. Donc quand j'ai commencé à recruter, donc c'était à l'époque où j'ai eu mon deuxième enfant, il me fallait quelqu'un pour coordonner, pour diriger et puis naturellement c'était moi, sauf qu'en fait je n'avais pas encore intégré ce rôle de directrice. Moi dans ma tête j'étais prof et j'étais prof qui gère les trucs qu'il faut gérer. mes profs, je n'étais pas directrice. Et c'est donc toute cette évolution-là dont je vais te parler aujourd'hui. Souvent, les gens, en général, supposent que je ne travaille pas le matin, tout simplement parce que mes élèves viennent après le travail, donc le gros de la journée commence à 17h, on va dire. Et en fait, comme je ne suis pas là tous les soirs, on a des suppositions, des gens qui disent que je ne fais rien. et que les profs sont exploités parce qu'ils travaillent tous les soirs jusqu'à 21h30. D'accord, j'entends. Sauf que ça, ce sont leurs conditions de travail qui ont été claires dès le début, ce n'est pas un secret. Les profs ont des contrats et d'ailleurs, pour l'anecdote, le jour où j'ai recruté la première prof qui allait travailler avec moi, donc j'étais enceinte, on avait décidé que le contrat allait commencer en janvier. Donc on a décidé tout ça en décembre. On a mis en clair toutes les conditions de travail et le 29 décembre, les sénateurs espagnols n'ont rien d'autre à faire que de sortir une nouvelle loi qui améliore considérablement les conditions de travail des profs. Alors très bien, je n'ai rien contre cette nouvelle loi, c'est juste que ce n'était pas en lien avec ce qu'on avait accordé et moi j'étais obligée de m'ajuster, mais ça n'a pas changé les conditions pour... Je m'exclurime très très mal, j'ai l'impression. La prof n'a pas eu besoin de faire d'ajustement, en fait. C'est moi qui fais tous les ajustements de mon côté. Et je trouve que c'est très chouette pour les profs, sauf que quand même, l'ironie du sort, moi, j'apportais déjà des conditions de travail avantageuses et je me retrouve à apporter énormément d'avantages sans gagner derrière. Enfin bref, parenthèse fermée, ce sont des conditions que moi, je n'ai jamais eues. Et je trouve ça très bien pour les profs, sauf qu'aujourd'hui... j'ai eu le temps de digérer la nouvelle et de mettre en place, de trouver un système pour équilibrer ça. Donc les profs ont des contrats, des contrats de qualité aujourd'hui, ce que je n'avais pas à mon époque. Et le temps supplémentaire des profs est payé, évidemment. Ils ne sont pas là... Ce n'est pas le cas de toutes les entreprises. Voilà, je tiens à le souligner. Mais alors en réalité, moi, si je ne suis pas là tous les soirs, eh bien oui, mais je réponds au téléphone quand même H24 et je prends des décisions à peu près toutes les deux minutes et puis je gère tous les imprévus et il n'y a pas de secrétaire derrière moi. Donc, c'est moi qui gère tout ça. Voilà. Alors oui, si vous avez envie de me payer ou de me demander des informations, évitez le week-end. Moi aussi, j'aime bien être en week-end. On est ouvert de 9h30 à 21h30. C'est déjà pas mal. Mais bon. si vous m'envoyez un message, évidemment c'est moi qui réponds d'ailleurs mon numéro de téléphone c'est aussi mon numéro perso, voilà, je pose ça là oui c'est peut-être pas une bonne idée, je sais mais j'ai pas encore trouvé de solution pertinente ça viendra. En fait cet épisode faut que je t'avoue quand même cet épisode est né d'une série de frustrations quand j'ai écouté un épisode où en fait des coordinateurs pédagogiques avaient été promus à ce poste après très peu d'expérience comme prof, et en fait c'est très fréquent Et je me suis dit, mais comment savoir ce qui est bon pour un prof ou pour un élève quand tu n'as jamais tenu de classe, quand tu n'as pas cette expérience-là de prof ? Et en fait, moi, je n'ai vraiment pas de filet de sécurité, donc je n'ai pas de subvention. J'ai une toute petite aide pour le Covid parce qu'on a ouvert l'école juste avant le confinement. Je n'ai pas d'institution derrière moi, donc dans le cas de l'épisode, c'était l'Institut français qui était derrière. Moi, je n'ai pas tout ça. Je n'ai pas cette visibilité, ces subventions, ces aides, etc. Ce réseau aussi. Moi, j'ai juste des impôts qui apparaissent comme par magie déjà régulièrement, tous les mois, tous les trimestres. Et puis, des petites urgences financières comme ça parce que les impôts font des petites blagounettes deux, trois fois par an. Ils rajoutent des choses à payer. Forcément, dans ce poste, il y a quand même beaucoup de solitude. Il y a beaucoup d'improvisation aussi. Il y a quelques nuits blanches, on ne va pas se le cacher. Merci. Il y a quelque chose que moi j'aime beaucoup, c'est la formation. En fait, je suis en formation permanente. Donc je suis des programmes spécifiques sur tellement de sujets. En fait, depuis que j'ai créé l'école, c'est assez incroyable tout ce que j'ai pu développer comme compétences. Au début, quand j'ai créé l'école, je ne savais pas ce que c'était que le mot marketing. Tu vois, on commence de là. Moi, j'étais prof de français. Je n'étais pas dans le marketing. Je n'ai pas fait d'école de commerce. C'est ce qui est vraiment intéressant dans mon poste, justement, c'est de continuer à apprendre. Donc j'ai appris énormément de choses en marketing. D'ailleurs, pour l'anecdote, il y a quelques années, un prof de marketing de l'université d'ici, que je rencontre à un événement et qui me dit « Mais c'est toi derrière le compte Instagram lea-richier-oui-merci ? Ah là là, mais tu m'inspires tellement, je te donne comme modèle en classe. » D'accord. Voilà. Donc, un prof de marketing utilise mon modèle. Ça fait plaisir. Ça fait plaisir. Donc voilà mon rôle en fait il est très riche, il est très stimulant, chaque décision que je peux prendre ça va jouer énormément pour que l'école continue à tourner, pour que les élèves continuent à apprendre et pour que les profs continuent à travailler dans de bonnes conditions. Donc sur le tas je te parlais de mes apprentissages, j'ai appris plein de choses mais vraiment plein. Bon alors déjà l'organisation et l'anticipation, ça j'avoue je l'avais déjà un petit peu à la base quand même mais c'est absolument vital pour anticiper tous les problèmes et puis pour... pour alléger, on va dire, la charge de travail sur le moment. Donc, je fais énormément de choses en amont. Il y a toute la partie RH, la partie recrutement, la partie formation des profs, la partie gestion d'équipe. C'est encore une partie très difficile pour moi, mais j'ai beaucoup avancé là-dessus. D'ailleurs, on m'a dit plusieurs fois que je recrute très bien, puisque mes profs sont excellents. Les profs que j'ai, c'est vraiment des pépites. La partie vision et arbitrage, du coup, de l'école, parce que parfois... Il faut dire non à une bonne idée, mais c'est juste que ça ne rentre pas dans l'agenda. Ce n'est pas le bon moment. L'idée, elle peut être bonne, mais ça peut mettre en péril quelque chose d'autre, une personne, un risque de burn-out. Donc, c'est non, ce genre de choses. La créativité aussi, il faut trouver des solutions qui plaisent à tout le monde. Et puis, ce n'est pas forcément simple. Enfin, jamais, en fait. Ce n'est jamais simple. Ce n'est jamais simple. Puis moi, j'ai compris aussi que diriger un centre, alors on est loin d'exploiter les profs, comme moi, j'avais été exploité avant, mais l'idée, c'est surtout de naviguer pour que tout le monde y trouve son compte, donc les élèves, évidemment, les profs, c'est important aussi, puis des partenaires, parce que j'aime bien créer des nouveaux partenariats, et puis mon compte en banque aussi, évidemment. Voilà, donc c'est un rôle qui est quand même très stratégique, c'est assez inconfortable parfois, j'avoue, mais c'est gratifiant quand on voit le résultat, par exemple, cette année, c'est quand même beau. Pour te donner quelques exemples, alors qu'est-ce que je peux te donner comme exemple ? Voilà, le cours de conjugaison. La version qui est faite pour les élèves, c'est un cours de conjugaison, toute la conjugaison qui est enregistrée, que tu peux te procurer. Donc la version élève, elle est en cours en ligne enregistrée, et la version prof, c'est des masterclass. À l'époque, on n'avait pas encore l'idée de faire la version prof, et la version élève, on a commencé à la faire. Et puis en fait, j'ai tout mis sur pause parce qu'on était fatigué. Il y avait un risque, pas un risque de burn-out, pas vraiment, mais on était fatigué. Puis je pensais que ça n'allait pas être rentable, cette histoire. Donc j'ai tout mis sur pause, on a arrêté. Et puis six mois plus tard, je dis, attends, on reprend le projet parce que c'était vraiment une bonne idée quand même. Et donc le projet, le cours est sorti un an après. Il faut savoir aussi que moi, je pars d'une phobie des caméras. Et aujourd'hui, tu vois, j'enregistre cet épisode de podcast à la fois pour YouTube et à la fois... pour le podcast Spotify, Apple Podcast, etc. Et aujourd'hui, je peux faire une vidéo. C'est quand même beaucoup plus facile pour moi qu'à l'époque. Mais c'est beaucoup de travail quand même. À l'époque, enregistrer, parler devant une caméra, c'était très, très difficile. Donc voilà, c'était une bonne idée, le cours de conjugaison. Ça l'est toujours. Mais à un moment donné, ce n'était peut-être pas le meilleur projet pour ce moment-là. Voilà. On a aussi des voyages en France. L'année dernière, on a organisé un voyage en France avec les élèves. C'était super. Et j'ai décidé de ne pas le faire cette année. Ce n'est pas que c'est une mauvaise idée, c'était une très bonne idée, mais je n'ai pas l'énergie pour ça cette année. On a d'autres projets et je ne peux pas tout faire en même temps. Mon mantra, c'est souvent tout est possible, mais pas tout en même temps. Donc, il y a une question de priorisation. Voilà. Je vais te partager, pour terminer un petit peu cet épisode, un petit peu le millefeuille de mon quotidien. Donc, je te propose une liste d'activités, de ce que je fais en fait dans la vie quotidienne. Et ce que je te propose, c'est que je t'invite aussi à faire un petit inventaire de tout ce que tu fais, de toutes tes missions dans ton travail. Parce que ça fait du bien de voir tout ce qu'on fait et de voir tout le sens qu'on apporte dans son travail. Et puis parfois, ça permet aussi de supprimer ce qui n'a plus sa place parce qu'on fait certaines choses, parce qu'on a pris l'habitude. Mais c'est pas mal aussi de penser à les supprimer. Voilà. Donc, je te propose de faire l'exercice avec moi. La première chose, c'est tout ce qui fait tourner l'entreprise, donc les inscriptions, les demandes d'informations, toute la partie vente, toute la partie faire la publicité des cours. D'ailleurs, il faut que je le fasse là tout de suite. J'ai un cours A1 qui va sortir et je n'ai même pas fait de publicité. Donc tout ça, prendre les, encaisser on va dire les paiements, faire les reçus, etc. Il faut aussi veiller à ce que les élèves apprennent. Je pense particulièrement à des élèves qui parfois auraient des difficultés particulières, des dyslexiques ou ça. Des élèves qui... Donc parfois dans des groupes, il y a une personne qui va ralentir le groupe. Il faut faire attention à ce que tout le monde apprenne et proposer une solution alternative à cette personne-là pour éviter de créer des tensions dans le groupe. Donc il faut bien veiller que tout le monde avance. Je m'assure aussi que les profs et tous... qu'il faut pour travailler sereinement, notamment du matériel, mais aussi des formations peut-être, ou je ne sais pas, je n'ai rien d'autre en tête là tout de suite. En tout cas, tout ce qui est nécessaire, les accès aux plateformes. Souvent, je conçois des nouveaux projets, c'est quand même ce qui stimule le plus. Donc, j'ai des nouveaux projets, je suis leur avancement. Je choisis aussi qui va se charger de telle partie du projet, etc. Et c'est la partie que j'adore, franchement. Je passe mon temps aussi à chercher, à créer des nouvelles collaborations, des partenariats, donc en France ou ici. Le but du jeu, c'est que ce soit des partenariats qui durent sur le long terme. Donc pour ça, ça s'entretient. Il faut se faire des feedbacks, il faut se faire des petites réunions. Pas des réunions où on va juste regarder les mouches voler, mais des choses où on va vraiment créer du lien. pour que la relation sorte sur le long terme. Évidemment, j'ai toute la partie comptabilité. Ce n'est pas la partie que je préfère, mais il faut le faire. J'ai la partie coordination de l'espace aussi. Donc, tout ce qui est ménage, les courses pour l'espace, donc les courses, le papier toilette, par exemple, les événements, les animateurs pour les événements, les gens qui vont participer aux événements, les photos, et puis ensuite mettre les photos sur les réseaux sociaux, donc avant, après, etc. D'ailleurs, toute la partie communication réseau sociaux aussi. On a la bibliothèque aussi, avec des nouveaux livres qui rentrent régulièrement, les rappels pour les gens qui ne rentrent pas les livres. D'ailleurs, si tu as un livre, c'est peut-être le bon moment de le ramener et de changer. Tu peux en prendre un autre. Tout ce qui est la partie rangement aussi de la bibliothèque et exposition. Toute la partie site web, parce qu'on a plein d'actualisations en permanence sur le site web. Et la partie SEO et GIO, c'est donc la partie référencement pour apparaître dans les résultats de Google et des intelligences artificielles. On a toute la partie aussi veille pédagogique et culturelle. Qu'est-ce qui se fait actuellement ? Il y a une nouvelle méthode qui vient de sortir. Qu'est-ce qui se fait ? Une application pour apprendre le français. Comment ça se passe ? Combien ça coûte ? Est-ce que c'est intéressant ? Est-ce que c'est pertinent ? Est-ce que je peux la recommander à mes élèves ou pas ? Etc. La formation des stagiaires, je pense que c'est aussi notre responsabilité comme prof de former des stagiaires, mais ça prend du temps. Voilà, donc c'était une liste, peut-être pas exhaustive, mais en tout cas, c'est la liste à laquelle j'ai pensé quand j'ai commencé à préparer cet épisode. Voilà, je t'invite à faire la tienne de ton côté, puis tu peux venir m'en parler aussi par mail, lea.es. Voilà, alors voilà, c'est un petit peu mon quotidien invisible. J'espère que ça t'a aidé à comprendre à la fois que le métier de prof, c'est déjà énorme. en soi, mais la coordination d'un centre, et puis dans mon cas c'est un double centre, on a l'école et le centre culturel, c'est deux centres ça fait beaucoup de choses finalement donc ça me fait bien rire en fait quand on dit que le matin je travaille pas, bah là par exemple c'est le matin, donc voilà si vous êtes prof, si vous voulez échanger vous pouvez rejoindre notre communauté de profs, participer à une formation m'inviter dans votre podcast ou dans votre salle des profs Ou juste partager votre expérience. On se sent souvent seul, en fait, dans le métier de prof ou de coordinateur pédagogique, mais vous n'êtes pas seul. Petit clin d'œil à Marine Leonardi. Merci d'avoir écouté. Un petit like, un petit commentaire, un petit partage de cet épisode, ça fait toujours plaisir, ça m'aide à en créer d'autres. Et donc, à très vite pour d'autres confidences. Je ne vais pas finir cet épisode correctement. Pardon. À très vite pour d'autres confidences sur le quotidien de notre beau métier. Bonne journée à vous.