- Speaker #0
Moi, ça m'a vraiment révoltée. Quand on achète une paire de chaussures sur Internet, on a un email pour dire que la transaction a bien été faite, un email pour dire que l'entrepôt est en train de prêter la commande, un email pour dire que c'est sorti de l'entrepôt, que c'est arrivé chez toi, que est-ce que tu es content, etc. Et puis, quand il s'agit de la santé, par exemple, une femme qui va être en ménopause, on ne va pas du tout, du tout communiquer avec elle.
- Speaker #1
Le temps de traitement d'un AVC est très différent chez les hommes et chez les femmes. Il y a quoi, 14 ou 15 minutes, BK. Et j'étais sidéré que c'était le cas. C'est-à-dire qu'un homme fait un AVC, il n'est pas prêté de la même façon qu'une femme.
- Speaker #0
Il faut s'imaginer un espace qu'on a vraiment construit de façon très chaleureuse, avec des couleurs chaudes, on se sent bien.
- Speaker #2
Tu m'as même attiré les médecins, on a vu que tu devais passer pour un extraterrestre.
- Speaker #0
On s'est retrouvés dans le dur, c'est-à-dire les 250 frottis, mais on ne s'est pas trouvés.
- Speaker #3
Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans ce numéro 98 de Method to Scale. Alors, merci beaucoup à tous nos nouveaux abonnés, pardon, je vais abuser mes mots. On a de plus en plus d'écoutes, de plus en plus d'abonnés sur nos plateformes, donc Spotify, Apple Podcasts, YouTube. Donc, n'hésitez pas à commenter, à vous abonner, à mettre 5 étoiles. Ça nous fait monter dans les algorithmes et ça nous fait connaître de plus en plus. Et qui ne connaît pas encore méthode ? Ce qu'elle doit nous connaître, c'est important pour la santé mentale de tout le monde et la santé en général. Donc, ça nous ferait plaisir. Faites-le, n'hésitez pas.
- Speaker #1
Et on compte sur vous.
- Speaker #3
On se rapproche des 3000 abonnés. Donc, on a un objectif de 5000 cette année. On compte sur vous pour l'atteindre, pour que Julien puisse gagner son pari. Dans ce numéro 98, on a le plaisir de recevoir Clémence Lejeune, qui est la confatrice et CEO de Sorella. Bienvenue.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #3
Donc, nos auditeurs d'origine italienne ou italien ont reconnu la référence à sœur en italien. On en parlait tout à l'heure. Et comme Julien était un fin linguiste, il l'avait également.
- Speaker #2
Et qui habite à côté de l'Italie en plus.
- Speaker #3
Et en anglais, ça se dit sister. Julien, si tu peux avoir la référence. Donc aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui est... souvent soit mal interprétée, soit sous-étudiée, soit sous-diagnostiquée, qui est en fait la santé des femmes, qui est un vaste sujet et qui concerne énormément de monde, bien évidemment. Et donc l'idée de ce relais, c'est d'adresser cette problématique. Donc aujourd'hui, vous êtes encore une startup sur ce domaine qu'on appelle la femtech, si ce n'est pas de bêtise, et qui a en fait décidé de développer un nouveau modèle. On va en parler beaucoup dans ce podcast, qui est cette idée de créer des espaces de santé dédiée aux femmes. Donc qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on est capable d'avoir un endroit qui soit physique, et on parle d'endroit physique parce que la santé ça se traite physiquement évidemment, mais qui est propulsé avec des plateformes digitales qui font que l'expérience elle est radicalement différente si on arrive dans un espace de santé sur un là par rapport à un médecin classique. On en parlait tout à l'heure, pas de salle d'attente, une salle d'accueil, pas de gala d'il y a 3 ans, mais tout est organisé pour qu'on n'attende pas et qu'on soit tout de suite bien soigné. Il y a derrière cette idée-là deux objectifs principaux. Le premier, c'est de révolutionner la médecine de ville, qui est en complément de la médecine hospitalière. Et aussi l'idée, au-delà de la santé des femmes, qui est très importante, c'est que les médecins, dans leur généralité, puissent pratiquer de manière différente, ne soit pas que dans l'expertise, mais dans toute l'expérience au global, pour que tout se passe bien pour les patients. que... On gère mieux ces maladies, on les antipnieux, et c'est cette idée-là. Donc, l'idée de coordination, etc. Aujourd'hui, il y a des milliers de patientes qui ont été accompagnées. Vous êtes soutenues financièrement avec une première levée de fonds de 5 millions d'euros. J'espère, on va en parler dans la dernière partie, que ce soit un exemple de soins pour l'ensemble des femmes en France pour commencer. Bienvenue !
- Speaker #0
Merci beaucoup. Effectivement, la santé des femmes, un secteur dont on a parlé très très peu, on parle encore assez peu, même si on en parle de plus en plus. Et pourquoi on a besoin d'en parler ? Parce que c'est un secteur sur lequel, aujourd'hui, on a la communauté scientifique, médicale et même politique qui s'accordent à dire que c'est un secteur qui a été totalement négligé, totalement oublié. Je vous donne quelques chiffres pour que tout le monde soit bien sur la même longueur d'onde. Jusqu'en 1992, il n'y avait pas de... pas de femmes dans aucune des cohortes d'études scientifiques réalisées. Pour tester les produits,
- Speaker #1
par exemple. C'est récent,
- Speaker #2
en 92, c'est hier.
- Speaker #0
Ça veut dire que tout ce qui a été développé avant 92 n'incluait pas les femmes. Dans toutes les cohortes.
- Speaker #1
Dans tous les médicaments.
- Speaker #0
La santé fonctionne avec toutes les études scientifiques qui paraissent, qui sont travaillées sur des cohortes de patients. Et avant 92, pas de femmes dans ces cohortes. Alors ça partait d'une bonne intention ne pas mettre à risque les potentiels fœtus qui pouvaient advenir chez les femmes qui étaient dans ces cohortes. Mais la réalité, c'est qu'on a un nombre d'études qui ont été faites sans les femmes. Petit à petit, les femmes ont été introduites dans les cohortes.
- Speaker #1
Ça a créé des biais ?
- Speaker #0
Ça a créé énormément de biais. En fait, le corps de la femme fonctionne très différemment du corps de l'homme, d'un point de vue hormonal, d'un point de vue génétique, d'un point de vue physiologique. Et donc aujourd'hui, on a besoin de prendre en compte ces différences. pour faire de la santé, tout simplement. Et donc, finalement, avec Sorella et plein d'autres acteurs aujourd'hui qui ont tous réuni dans ce nouveau secteur qui est le secteur de la femtech, la technologie au service de la santé des femmes, on a besoin de dédier l'expertise, d'orienter l'expertise sur la santé de la femme et donc de genrer, finalement, la santé. Donc,
- Speaker #1
c'est quand même quelque chose d'assez nouveau. Dans votre échange, hum... Un keep-eyes qui m'avait vraiment choqué, c'est le temps de traitement d'un AVC très différent chez les hommes et chez les femmes. Il y a quoi, 14 ou 15 minutes d'écart ? J'étais sidéré que ça puisse être le cas. C'est-à-dire que quand un homme fait un AVC, il n'est pas, quelque part, pas traité de la même façon qu'une femme. Et ça, c'est justement une des dérivées du fait qu'on a fait moins d'études sur les femmes que sur les hommes.
- Speaker #3
C'est aussi que les femmes détectent moins, parce que justement, on en parle moins.
- Speaker #0
Je crois qu'il y a quelque chose comme ça, qui fait que c'est plus long à agir.
- Speaker #1
Alors, il y a plusieurs facteurs, vous avez tous les deux raison. Effectivement, on a 14 minutes de plus de prise en charge d'une femme aux urgences, quand elle arrive aux urgences, par rapport à un homme, et que tous les deux font un AVC. Pourquoi 14 minutes ? Parce que les symptômes de ces maladies cardiovasculaires sont différents chez les femmes que chez les hommes. le grand public. connaît moins bien les symptômes chez les femmes que chez les hommes. On pense tous sur l'AVC à l'homme un peu la cinquantaine bedonnant avec le bras gauche qui commence à se paralyser. Bon, tout le monde se dit qu'il est en train de faire une crise cardiaque. C'est vraiment connu de tout le monde. Une femme, elle va avoir des douleurs totalement différentes. Elle va avoir un peu des vertiges. Elle va avoir mal au ventre. Et là, on ne se dit pas du tout, si une femme nous dit ça, qu'elle est en train de faire une crise cardiaque. Absolument pas. Donc déjà, le grand public n'est pas averti. on a fait des campagnes incroyables sur... les crises cardiaques chez les hommes, pas du tout chez les femmes. Et ça, c'est la répercussion de toutes les études qui n'ont pas été faites. La répercussion du coup des études aussi que font les médecins, que font les professionnels de santé. C'est très peu intégré, c'est très peu connu en fait. Oui, c'est ce que je dois prendre ce soir. Et le résultat de ça, on parle de 14 minutes, tout le monde comprend que 14 minutes d'intervention, de différentes interventions, les conséquences sont dramatiques. Mais le chiffre aussi qui est extrêmement frappant en complément de ça, c'est qu'aujourd'hui en France, on a 200 femmes qui meurent par jour de maladies cardiovasculaires. Par jour. C'est la première cause de mortalité des femmes en France. Donc on parle vraiment de quelque chose de très très concret pour lequel on a besoin de faire de la prévention. On a besoin de former le grand public. On a besoin de faire des campagnes. On a besoin d'adapter toute la formation des médecins. on a besoin de genrer la santé.
- Speaker #2
Peut-être qu'avant, on reparte sur Sorella, mais j'avais envie de faire un petit retour en arrière sur ton parcours, parce que tu n'es pas médecin, déjà. Tu as une formation académique brillante. Est-ce que tu peux nous décrire un peu ton parcours et surtout ta première expérience qui t'a amenée en Asie et du coup, ce que tu en as sorti derrière pour arriver à Sorella ?
- Speaker #1
Alors, effectivement, je ne suis pas du tout médecin. C'est vrai ça. J'ai été diplômée d'une école de commerce à Jouy-en-Josas il y a pas mal d'années. Et j'ai toujours été très engagée pour l'égalité hommes-femmes depuis toute petite. Donc j'étais celle qui, dans la cour de récréation, voulait jouer à la balle aux prisonniers parce qu'il n'y avait que les garçons qui jouaient à la balle aux prisonniers. Donc moi, je voulais aussi y jouer. Donc c'est vraiment quelque chose qui est ancré en moi. Je ne sais pas très bien pourquoi, mais depuis toujours. Et donc en école et ensuite dans mes premiers... Mes premiers jobs, mes stages et mes premières entreprises, j'ai toujours été très engagée pour créer des initiatives pour l'égalité hommes-femmes. J'ai commencé à travailler trois ans en corporate finance dans un cabinet qui s'appelle Accuracy. Et j'étais très vite passionnée par tous les projets de restructuring, donc les sociétés en difficulté. C'est hyper intéressant parce qu'en fait, on se retrouve à devoir analyser des business models et beaucoup via le cash flow également. Donc, comment... Comment fonctionne le business model, le décortiquer ? Est-ce que c'est un business model qui finalement ne pourra pas être sauvé ? Est-ce que ce business model, au contraire, fonctionne bien, mais il y a peut-être des erreurs de management, des erreurs de gestion ?
- Speaker #3
Il peut y avoir un peu de souffle, oui.
- Speaker #1
Exactement. Donc ça, c'est très intéressant. La vision trésor, très très tôt dans le restructuring, on a une vision trésor, on fait des forecasts de trésorerie à la semaine. Donc, on est obligé de très bien comprendre tous ces mécanismes chiffrés de l'entreprise. Donc, ça, c'est des choses que j'ai maîtrisées assez tôt dans ma carrière.
- Speaker #2
Ce qui, à l'inverse, est un peu moins maîtrisé du côté du monde du VC, qui regarde la rentabilité, la trésor et le cash flow de façon très lointaine. Toi, à l'inverse, tu as commencé par ça et tu t'es plongée dedans.
- Speaker #1
J'ai commencé par ça et je trouve que c'est super intéressant. J'adore, je suis vraiment passionnée par décortiquer les business models des entreprises, comprendre les mécanismes de croissance, de rentabilité, etc. Donc c'est quelque chose qui vraiment me passionne. Et donc j'ai travaillé là-dedans pendant trois ans. Et au bout de trois ans, on s'est dit, jeune mari et mon mari, qu'on voulait partir habiter à l'étranger. Donc on a pris la carte du monde et puis on s'est dit quelle est la zone qui va être excitante en ce moment. Donc là, on était en 2013 et on a décidé de partir en Asie du Sud-Est. Donc on a activé chacun nos réseaux et c'est comme ça que j'ai... pu être bras droit du CEO de Lazada, qui est une boîte de requêtes Internet qui était toute jeune, qui avait quelques mois, en Malaisie. Donc, on est parti habiter en Malaisie. Lazada, boîte de e-commerce copycat d'Amazon, c'est la spécialité de requêtes Internet qui fait des copycats.
- Speaker #2
Pour l'ancienne génération. C'est vrai qu'ils sont... Ça parle de recettes internet. C'est les Allemands. Les Allemands qui copiaient les modèles américains. Il les développait en Europe et en Asie.
- Speaker #1
C'était vraiment le copycat. Joumia en Afrique, Amérique latine. Et donc, en Asie, c'était Lazada. E-commerce pur et dur. Quand je suis arrivée, on n'était que sur l'achat-revente. Et au bout de quelques mois, le CEO de la Malaisie me dit « Clémence, est-ce que tu peux lancer la partie marketplace ? » Je ne savais pas ce que c'était que la marketplace. Je n'étais pas du tout une grande acheteuse en ligne à l'époque. Et puis, ce n'était pas quelque chose qui était du tout développé. Pas de e-commerce en Asie du Sud-Est. Donc, let's go pour lancer la marketplace. Et donc là, je suis vraiment partie en discovery. On allait dans les malls avec mon équipe, demander à chaque boutique, bonjour, est-ce que you want to sell online ? Et ils me regardaient en disant, on what ? Donc, voilà, c'était vraiment expliquer qu'est-ce que c'est online. Donc, on avait des petites tablettes, on leur montrait. Donc, c'était très intéressant. Et donc, la Malaisie est devenue le pays pilote pour la marketplace. On a vraiment lancé cette marketplace. Et ensuite, on l'a lancée dans les sept autres pays où était implantée Lazada. Et donc, j'ai été dans l'équipe régionale pour lancer cette marketplace dans les sept pays. Je me suis très vite concentrée sur la partie seller. En fait, ce qui est intéressant avec une marketplace, c'est vraiment la base. Mais c'est vrai que c'est intéressant de le décortiquer. On a deux groupes de bénéficiaires, les clients, les vendeurs et puis la plateforme. Moi, je me suis beaucoup spécialisée sur la partie vendeur, comment on onboard un vendeur sur la plateforme, comment on le forme pour qu'il apprenne à vendre, comment on fait pour qu'il puisse vendre plus, comment on fait pour qu'il puisse faire le bon pricing.
- Speaker #3
Il y a des patterns.
- Speaker #1
Il y a des patterns. Et puis, la ZADAA a scalé extrêmement vite. On était la seule plateforme de e-commerce. On est devenue une très grosse plateforme de e-commerce en Asie du Sud-Est. On a été rachetés par Alibaba au bout de quatre ans.
- Speaker #2
Vous avez fait quoi ? Mille en volume, vous racontez ? C'était incroyable.
- Speaker #1
Les volumes étaient impressionnants. Et en plus, on a été obligés de construire toute la chaîne. C'est-à-dire qu'on a construit la boîte de logistique. Parce qu'une fois qu'on construit des volumes en e-commerce, il faut quand même livrer les colis. On a construit tous les studios de photographie pour pouvoir mettre les SKU online. Voilà, donc on a vraiment dû... structurer énormément de process et construire des choses from scratch. Donc très excitant. Et donc finalement, j'ai passé trois ans suite à ça au sein du groupe Alibaba à pouvoir apprendre tout le social commerce qui était déjà extrêmement... Là, on est en 2016-2017.
- Speaker #2
D'accord. Donc tu bosses trois ans pour Alibaba.
- Speaker #1
Voilà. Et puis...
- Speaker #2
C'est sympa parce que plonger dans un acteur qui est tentaculaire. Et t'as appris quoi du coup là-bas ? Qu'est-ce que t'as appris de différent du coup ?
- Speaker #1
il y a une chose qui m'a vraiment marqué chez Alibaba c'est que la stratégie est driveée par le produit tu peux l'expliquer c'est intéressant donc les équipes produits les product managers proposent en permanence des nouvelles choses donc c'est eux qui étudient le pain c'est eux qui le moulinent c'est eux qui cherchent des solutions à ces pains qui proposent ces solutions donc il y avait plusieurs équipes qui travaillaient sur les mêmes choses, les mêmes problématiques je peux prendre un exemple ? Open Platform, je ne sais pas si ça parle. Non, non, vas-y. Une Open Platform, c'est une plateforme avec des API où on va la laisser ouverte à des fournisseurs, d'autres acteurs pour se connecter. Nous, en tant que gestionnaire des vendeurs de la plateforme, on avait besoin que nos sellers puissent utiliser plein de services pour pouvoir vendre. Et donc, on a créé une Open Platform avec tous ces services et nos vendeurs venaient se connecter à notre Open Platform. Nos fournisseurs aussi, je donne un exemple, le photo shooting, les moyens de paiement. Et donc, on avait besoin de mettre ces gens en contact. Et donc, on a créé une open platform Lazada en s'inspirant de l'open platform d'Alibaba. L'open platform, le pain pour un vendeur de trouver tous ses services, il peut être résolu de pas mal de manières. On aurait pu faire une marketplace avec tous ses fournisseurs. On aurait pu réfléchir à plein d'autres choses. Eux avaient décidé, avaient abouti à cette open platform. Il y avait eu deux équipes qui avaient travaillé sur des solutions en parallèle. Ils testent leurs solutions. Ils ont des milliers et milliers de clients. Donc, en fait, l'Abitesting, là-bas, ça touche une microscopique partie des clients. Et donc, ils font des Abitesting, des tests de ce genre. Des pilotes en permanence sur des petites parties de leur clientèle. Et si ça marche, let's go. Et donc, en fait, c'est Product Manager qui, finalement... font la stratégie, c'est-à-dire qu'ils sont très écoutés. C'est eux qui connaissent le pain, c'est eux qui connaissent les clients, c'est eux qui trouvent et qui innovent en permanence. Ils ont une place extrêmement importante au sein des équipes.
- Speaker #3
C'est une parenthèse, après on va repasser sur ça. En Chine, tu dis que c'est product, aux Etats-Unis, t'as l'impression que c'est des designers qui font un peu l'appui et le beau temps dans les grosses boîtes. En France, ça va plutôt être les ingés. T'as des cultures différentes quand même, entre les pays.
- Speaker #2
Après, les PM sont peu attingés.
- Speaker #3
Oui, c'est vrai.
- Speaker #2
on avait acheté une boîte à Hong Kong Et en fait, on avait travaillé beaucoup avec JD et Tmall, c'était hallucinant de voir à quel point ils regardaient les ventes, les stats de vente, qu'est-ce qu'ils cherchaient. Donc, ils regardaient les requêtes et à partir de là, ils essayaient de comprendre ce que voulait le client. Et hop, ils allaient faire un produit, tu vois, white label pour essayer de sortir la marque, tu vois, un peu iconique dessus. C'était hallucinant. C'est-à-dire qu'ils ont ces espèces de trucs très méthodiques où ils regardent exactement tous les achats. Ils sont très tatadriones. Tous les achats et puis ils se disent, bon, ça, ça a l'air d'être un truc qui marche. Il faut qu'on se lance, on pense à notre propre produit.
- Speaker #1
C'est vrai que le e-commerce, c'est un des secteurs, une des industries dans laquelle il y a quasiment le plus de données. C'est hyper impressionnant. Ça veut dire que nous, on avait des reportings qui tombaient toutes les heures sur les ventes par pays, par catégorie, par sous-catégorie, par sous-sous-sous-sous-catégorie. On savait exactement le produit qui était en train de monter.
- Speaker #3
C'était une salle de marché, quoi.
- Speaker #1
C'est impressionnant. Et donc, du coup, comme ça, on adapte les algorithmes. Alors, à l'époque, c'était hyper manuel au début pour pouvoir optimiser justement les produits vendus. et ce qui... Moi, ce que j'ai appris, j'ai beaucoup travaillé avec beaucoup de données. Je suis à l'aise dans un environnement où il y a beaucoup de données, où je comprends ce qui est en train de se passer. Et c'est vrai que quand j'ai commencé à travailler dans le secteur de la santé, et notamment la médecine de ville...
- Speaker #2
Comment on passe de la marketplace en Asie à ce qu'on se prépare à monter ? Ce serait là une performance française avec un mot italien en France, sur le secteur de la santé des femmes.
- Speaker #3
Pourquoi vous revenez en France ? Oui,
- Speaker #1
oui, oui. Donc, 7 ans en Asie du Sud-Est. On a eu 3 enfants là-bas. Envie de se rapprocher, c'était vraiment une décision familiale.
- Speaker #3
Rien à voir avec le business.
- Speaker #1
Rien à voir avec le business. On a tous les deux démissionné. On est rentré en France sans job. C'est hyper dur de trouver un appartement à louer dans ces cas-là. Pour se loger, ça a été hyper compliqué. Et donc, on est rentré tous les deux en France avec nos 3 enfants sous le bras. et on était très confiants du fait de pouvoir trouver un métier. Un job facilement avec des compétences absolument incroyables, notamment dans le secteur du e-commerce pour moi, puisque je venais de passer quand même 4 ans au sein d'Alibaba, qui était l'énorme acteur ultra innovant et qui l'est d'ailleurs toujours dans ce secteur.
- Speaker #3
Un CEO iconique.
- Speaker #1
Avec un CEO iconique que j'ai rencontré, Jack Ma, quand j'étais enceinte de 8 mois. Pour la petite anecdote, j'avais demandé à mon gynécologue de me faire une lettre m'autorisant à prendre l'avion pour aller à Singapour pour rencontrer Jack Ma, alors que j'avais dépassé le nombre de semaines autorisées. pour prendre l'avion. Et donc, il avait changé un peu le nombre de semaines. Je l'avais supplié parce qu'il fallait que je puisse rencontrer Jack Ma. D'accord, il a rencontré.
- Speaker #2
Excellent. Et alors, du coup, tu rentres en France. À part la difficulté de te trouver un appart, comment tu vas sur la santé de la femme et comment tu réfléchis à ton concept ?
- Speaker #1
Alors, c'est quelque chose que j'avais en tête depuis quand même plusieurs années. J'ai vécu la santé globale en Asie. Donc, les Asiatiques ont une santé global, une approche de la santé qui est vraiment pluridisciplinaire. Ça veut dire qu'ils vont nous poser des questions sur la digestion, comment on se sent, est-ce qu'on est détendu ? Voilà, plein de choses en rapport, en contact avec le corps, alors qu'on est chez le gynécologue, chez le cardiologue, etc. Et donc ça, ça m'a énormément frappée. C'était quelque chose que je ne connaissais pas du tout de la façon dont la santé était faite en France. Et donc l'approche globale de la santé, de se dire, en fait, on est un tout et on ne peut pas traiter la santé mentale, le rapport au corps, le corps. et une maladie de façon séparée. C'est quelque chose que j'ai compris, moi, vraiment de façon personnelle en étant en Asie. Et que je voulais vraiment faire découvrir aux personnes que je connaissais en France. Toujours très engagée sur l'égalité homme-femme, beaucoup en Asie. Notamment pendant mes maternités, sur l'allaitement, comment une femme peut continuer à allaiter quand elle travaille. Des sujets qui étaient importants pour moi. Et donc, finalement, je commençais à... J'avais découvert cette approche globale de la santé. J'avais découvert l'inégalité en santé entre les hommes et les femmes, notamment à travers les maternités. Ça m'avait pas mal révoltée. Donc, quand je suis rentrée en France, je me suis dit, j'ai deux options. Soit je vais frapper au point de l'écomerce.
- Speaker #2
Je vais faire de l'écomerce.
- Speaker #1
Et bon, a priori, je vais quand même trouver un job et ça va être intéressant, mais je vais quand même faire la même chose, puisque en fait, la France a cinq, six ans de retard. Mais tu serais bien monnayée. Par rapport à ce que j'ai fait en Asie, mais je serais très bien monnayée, ça c'est sûr. Soit j'utilise toutes ces compétences pour faire quelque chose sur l'égalité hommes-femmes, qui est vraiment mon dada depuis des années. J'ai regardé deux secteurs, l'éducation et la santé, parce que je voulais vraiment être au fondement du problème. L'éducation, c'est compliqué en France de faire quelque chose, parce que c'est aussi très public-privé, alors vous allez me dire la santé aussi, mais dans l'éducation, soit on rentre dans le système de l'éducation nationale, et donc là c'est difficile de vraiment faire bouger les lignes. soit on fait quelque chose de privé et on arrive dans un truc ultra premium très cher réservé au CSP++ et ça m'intéressait Donc je suis allée vers le secteur de la santé, j'ai rencontré énormément de médecins, de sages-femmes, de kinésithérapeutes, de psychologues, d'ostéopathes, d'ététiciens, vraiment tout type de professionnels. C'était des rencontres pour écouter comment ils travaillaient. J'ai fait des stages aussi à l'hôpital, il faut savoir qu'on est inscrit à Pôle emploi. Alors moi j'étais partie de France depuis plus de trois ans donc je ne touchais pas le chômage, mais quand on est inscrit à Pôle emploi, on a des conventions de stage. Donc j'ai fait des stages avec ma convention Pôle emploi à 32 ans. On est obligé d'avoir une convention stage, donc les entreprises sinon ne peuvent pas nous accueillir comme ça. Et donc j'ai fait des stages à l'hôpital où j'ai rencontré des sages-femmes, des gynécologues absolument incroyables. J'ai découvert tout le fonctionnement de l'hôpital. Et donc j'étais en maternité, en salle de naissance, en consultation du planning familial, etc.
- Speaker #0
Tu reproduis ce que tu as fait dans les môles ? Je reproduis de... Ta méthode, en fait, de décortiquer, d'aller voir ce qui se passe pour de vrai.
- Speaker #2
T'aimes bien décortiquer les visio.
- Speaker #0
C'est intéressant, j'aime bien. C'est pas de l'interview, parce que les gens font des visio en interview. Là,
- Speaker #1
je me suis pris des claques. C'est rien à voir.
- Speaker #0
C'est rien à voir. Tu vas voir ce qui se passe pour de vrai.
- Speaker #2
Et ça m'amène d'ailleurs un peu à mon premier point de ce qu'il y a que j'avais envie de creuser avec toi, qui était, t'as tout de suite pensé à un modèle qui allait être hybride entre un lieu qui permet d'accueillir les femmes. Dans ce lieu, tu veux un peu un... Un service 360, on va dire, vraiment pour comprendre la globalité de la femme. Et en même temps, tu le penses hybride et ton passé tech, ton passé marketplace, etc. t'amènes à dire qu'il va falloir faire un truc hybride entre du digital et du brick and mortar, si on veut scaler. Tu peux revenir là-dessus et puis finalement, du coup, comment fonctionne un centre et comment tu la crées pour que tu puisses pas seulement en faire un, mais du coup, que tu puisses dupliquer et en avoir plusieurs appareils.
- Speaker #3
Ce que tu expliques, Aymeric, c'est que c'est antinomique de dire on fait un lieu physique. Ou soit on fait du digital en France, t'as pas l'un et l'autre, c'est soit l'un, soit l'autre. Toi, t'as fait les deux en même temps.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr que pour moi, c'était une évidence. C'était l'évidence d'avoir un lieu physique pour avoir vraiment les femmes chez Sorella qui viennent et qui peuvent être accompagnées de façon humaine et de façon très concrète. Donc pour moi, c'était un no-brainer d'avoir des lieux physiques. Je les avais rêvés plein de fois avant qu'ils ne prennent forme. Mais c'était aussi une évidence d'avoir du digital. Et je parlais tout à l'heure des datas permanentes en e-commerce, mais c'est absolument... Moi, ça m'a vraiment révoltée. Quand on achète une paire de chaussures sur Internet, on a un email pour dire que la transaction a bien été faite, un email pour dire que l'entrepôt est en train de traiter la commande, un email pour dire que c'est sorti de l'entrepôt, un autre pour dire que c'est sorti de l'entrepôt, que c'est arrivé chez toi, que est-ce que tu es content, etc. Et puis, quand il s'agit de la santé, Par exemple, une femme qui va être en ménopause, on ne va pas du tout communiquer avec elle. Elle va avoir zéro information. Ça va être très compliqué de savoir si elle est satisfaite, si elle est bien accompagnée. Et donc, ça n'existe pas, en fait, ce suivi. Il y a la consultation qui dure, admettons, disons 20 minutes en moyenne. Il y a la consultation et puis il ne se passe rien avant, rien après. Et donc, c'est... totalement l'inverse de ce qu'on connaît, par exemple, en e-commerce. Et donc, cette dichotomie entre les deux m'a révoltée. Je me suis dit, mais comment c'est possible qu'il y ait autant de cerveaux et de moyens qui sont mis dans le e-commerce pour acheter des chaussures ou plein d'autres choses totalement inutiles ? Et puis, pour la santé, qui est quand même le socle de ce dont on a besoin, et puis tellement de femmes en souffrance dans des moments de vie extrêmement difficiles qui ont justement besoin d'énormément d'accompagnement, il n'y a rien. C'est le néant.
- Speaker #2
Et surtout, je veux bien qu'on revienne là-dessus, surtout sur un métier qui est complexe. Alors, pour nos éditeurs, peut-être que ça paraît pas complexe parce que t'as un lieu où on pense qu'on accueille des gens, mais en fait, du coup, déjà, t'as plusieurs disciplines, plusieurs typologies d'intervenants, des médecins, des non-médecins. Il y a des gens qui viennent, il y a des salariés, il y a des non-salariés. Et en fait, tout ça, ça avec finalement beaucoup de passages, beaucoup d'examens, donc t'as l'adressage en amont, et puis après, du coup, il faut gérer une fois que tu leur as fait des prescriptions, etc. Et donc, finalement, c'est un modèle. qui est beaucoup plus complexe qu'on y pense, qu'on peut imaginer au départ. Est-ce que tu peux revenir là-dessus ? Et du coup, tu t'es associée avec un CTO dès le départ. Tu peux nous dire pourquoi tu as fait ça et qu'est-ce que tu as voulu déjà aller digitaliser dans ton métier ?
- Speaker #1
Donc, effectivement, évidence d'avoir ces lieux physiques et cette digitalisation. Alors, je connaissais un tout petit peu du fonctionnement, le fonctionnement de la médecine de ville, mais j'avais très peu de connaissances là-dessus. et j'ai vraiment construit ça avec des médecins donc il y a effectivement Youssef Benadou qui est mon associé qui est lui CPTO donc il fait très bon en product et très bon en tech j'ai vraiment eu la chance d'avoir une perle sur mon chemin c'est sympa,
- Speaker #2
pour nos auditeurs vous réécoutez certains épisodes qu'on a fait sur CPTO, CTO Avec Jean, notamment.
- Speaker #1
Donc voilà, cette association avec Youssef qui a vraiment, dès le début, c'était une évidence de se dire, il faut avoir dans les cofondateurs cette composante digitale présente, et pas dans 5 ans, et pas même dans 2 ans, mais vraiment pour construire Corella. Donc ça, c'était l'évidence. Ensuite, effectivement, beaucoup de complexités. Déjà, première chose, données de santé protégées. Données de santé. on manipule les données de santé. Donc déjà, une fois qu'on a dit ça, il y a énormément de contraintes totalement justifiées et très, très importantes pour construire l'aspect digital qui manipule, qui traite des données de santé de façon totalement protégée.
- Speaker #3
Notamment la carte vitale.
- Speaker #1
La carte vitale, mais aussi toutes les données de consultation, toutes les données de suivi, les résultats d'examen, etc. Oui,
- Speaker #0
si ça s'expose sur Internet et si c'est arrivé il n'y a pas très longtemps, ça peut poser problème.
- Speaker #1
On a vraiment un devoir ici de sécurité agro. Donc ça, ça rajoute, c'est un aspect de la complexité. L'accueil des femmes chez nous, des femmes qui sont en attente d'être bien accompagnées. Il y a beaucoup d'humains. On parle vraiment d'humains en parallèle du digital.
- Speaker #3
Petite parenthèse, ça vient de pourquoi les femmes ? C'est tout type de pathologie peut-être ?
- Speaker #1
Donc on accompagne les femmes tout au long de leur vie, de la puberté à la post-ménopause. dans des moments de vie qui sont clés. Donc la puberté, un moment de vie avec un grand chamboulement hormonal, les premières règles. Donc beaucoup, beaucoup de choses à transmettre, beaucoup d'informations à transmettre. De temps en temps, des pathologies. Par exemple, quand une femme, une jeune fille a ses règles très tard ou très tôt, ça peut être des pathologies. Tout ce qui est autour de la contraception, de la santé sexuelle, la fertilité, la maternité, le postpartum, la ménopause. Donc voilà, c'est vraiment des sujets sur lesquels on accompagne les femmes. Donc soit des moments de vie. sur lesquelles on a besoin d'être accompagné, toute la partie dépistage également, ou des pathologies comme l'endométriose, le syndrome des ovaires polycystiques, je ne vais pas donner trop de noms techniques, mais en tout cas on a ces pathologies spécifiques. Les auditrices comprendront ce que je dis. Et donc des pathologies qui ont besoin d'être accompagnées en pluridisciplinaire. Je parlais tout à l'heure de l'approche globale de la santé, du fait qu'on ne peut pas séparer les parties du corps, la santé mentale, etc. et donc ça c'est une équipe pluridisciplinaire et c'est encore un des éléments de complexité. Excuse-moi,
- Speaker #3
je te fais une sortie de route, mais tu parlais de la tech, justement, et du rôle important de la tech. Non,
- Speaker #2
mais t'as raison, moi j'étais très impressionné quand j'ai visité votre centre, c'est qu'en fait, t'as pas que des médecins, tu peux avoir du yoga, tu peux avoir des séances de psy. Ça fait quelle taille un centre ?
- Speaker #1
C'est 300 mètres carrés, entre 300 et 400 mètres carrés, on a 9 salles de consultation. C'est pas exactement l'appart, mais on y est presque.
- Speaker #3
Bravo.
- Speaker #1
Donc c'est 8 à 9 salles de consultation donc il faut s'imaginer un espace qu'on a vraiment construit de façon très chaleureuse avec des couleurs chaudes et où on s'y sent bien, avec une grande salle d'accueil,
- Speaker #3
un grand comptoir d'accueil C'est pas le truc blanc, cafard
- Speaker #1
C'est l'opposé, où justement on a le Paris Match des années 90 totalement corné sur la table basse et puis on se dit qu'est-ce qui va se passer je vais voir arriver un médecin en blouse blanche et du coup je me sens pas forcément en confiance Merci. Là, c'est vraiment des lieux qui ont été pensés pour ça. On a neuf salles de consultation, qui sont des salles aménagées de façon différente selon les spécialités. Donc, la salle de psychologie et de diététicien va être aménagée de façon très différente de la salle d'échographie.
- Speaker #3
Oui, tu n'as pas de matériel médical.
- Speaker #1
Voilà, il n'y a pas de matériel médical. Alors que la salle d'échographie, là, on a l'échographe, la table de consultation, etc. Il y a tout le matériel médical qui est nécessaire pour les consultations.
- Speaker #3
C'est toi qui as financé tout ça ?
- Speaker #1
Donc, on finance les centres principalement par de la dette bancaire. Et puis on a en plus de ça des investisseurs qui nous ont soutenus dès le début pour financer toute la croissance de Sorella.
- Speaker #2
Moi je voudrais revenir quand même sur un enjeu de scale qui est forcément le digital. Dans le digital tu peux faire plein de choses et des trucs plus ou moins utiles. Toi quand tu t'es penché sur quelle est la partie qu'il faut digitaliser pour commencer, t'as pensé à quoi ? À préparer le parcours en amont pour avoir plus de données et savoir où orienter ? Finalement sur des enjeux... beaucoup plus pragmatique de facturation, etc. C'est quoi les enjeux où tu t'es dit, d'ailleurs avec ton associé, on commence par quoi ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'au début, nos premiers développements digitaux, c'était le parcours de soins. Le parcours de soins, c'est l'ADN de notre projet de santé, parce qu'il faut savoir qu'on a travaillé sur un projet de santé. J'ai la toute première salariée de Sorella. Claire de Rache, qui est infirmière, qui m'a rejoint dès 2021 pour travailler sur le projet de santé de Sorella, donc cet aspect pluridisciplinaire. Et on s'est dit, on va travailler ces parcours de soins en digital. Donc, on va, par exemple, le parcours fertilité, on va guider les femmes à travers différentes étapes du parcours. Bon, c'est hyper intéressant de faire ça, mais la réalité du terrain... Ça a été qu'on s'est retrouvés très rapidement avec des centaines de femmes qui venaient chez nous par mois. Un espace, c'est une vingtaine de professionnels de santé parce qu'on est ouvert 7 jours sur 7, donc on a beaucoup de professionnels à gérer. Et finalement, très vite, on a été amenés à travailler sur des sujets beaucoup plus terre à terre. Et je vais vous donner l'exemple du résultat d'examen, le frottis. Donc les femmes qui nous écoutent savent aussi de quoi il s'agit. C'est le dépistage du cancer de col de l'utérus. Donc on prend des petites cellules sur le col de l'utérus. et on doit les analyser, donc les envoyer en laboratoire. Et donc nous, on avait des médecins et des sages-femmes qui faisaient des frottis. Et puis on se retrouvait à la fin de la journée avec un grand bac avec plein de frottis, parce que c'est des petits pots qu'il faut envoyer. Il était hors de question que les femmes repartent avec leurs frottis pour le poster.
- Speaker #0
Parce que c'est une pratique qui se fait habituellement ?
- Speaker #1
Alors, très souvent, effectivement, on repart de sa consultation, on a fait un frottis avec son petit sac en plastique et son... dedans le petit sachet et on doit aller le poster.
- Speaker #3
C'est comme quand tu fais ça que tu es dans une urine. C'est l'horreur.
- Speaker #1
Exactement. Donc généralement, ça reste 3 à 4 semaines dans le sac à main. C'est hyper sympa. Et enfin, on trouve une boîte aux lettres pour le poster. Ce n'est pas du tout optimal. Charge mentale plus plus plus. On se sent nul de ne pas trouver la boîte aux lettres tout de suite.
- Speaker #3
L'huile naze.
- Speaker #1
Voilà. Donc là, nous, on garde. On s'est dit tout de suite, ça, on ne fait pas. On garde. Et puis ensuite, on va envoyer au laboratoire. Donc au début, on était avec notre sac à dos et puis on allait au laboratoire d'à côté et leur donnait les frottis. Et puis ensuite, ils nous ont dit, attendez, vous avez vachement de volume, on va envoyer un livreur. Comment on trace ce proti ? Où va-t-il ? Quand est-ce qu'il est parti ? Si je n'ai pas le résultat, au bout de combien de temps ? Il faut que je mesure du coup combien de temps ça fait qu'il est au laboratoire. Si je n'ai pas le résultat au bout de dix jours, comment je fais pour savoir où est le résultat ? Parce que nous, une des volontés qu'on avait également dans cette expérience, c'était de donner le résultat aux patientes. Souvent, on vous dit, pas de nouvelles bonnes nouvelles. si je ne vous recontacte pas, c'est que votre examen, il n'y a pas de problème. Et s'il y a un problème, je vous recontacte. Nous, on s'est dit dès le début, il faut qu'on recontacte et qu'on dise, il n'y a pas de problème, il y a peut-être un problème. Pour faire ça, en fait, c'est une organisation de folie. Donc, un des premiers trucs qu'on a fait, que Youssef a développé pour le suivi des résultats d'examen, c'est le petit bouton pour dire tous ces frottis qui ont été rentrés dans le système, le livreur est passé. Donc, on a un petit bouton avec livreur passé, et donc là, ça enregistre que...
- Speaker #3
Quand tu dis un bouton, on voit physique ?
- Speaker #1
Non, un bouton dans l'appli. Très bonne question. Donc, on a développé notre propre plateforme support qui s'appelle Ouela. Et donc, dans cette plateforme, les professionnels disent j'ai fait un frottis à Madame Martin à telle date. Et puis, il y a tous les frottis de la journée qui se cumulent. Le livreur passe à 18h. La personne de l'accueil clique sur livreur passé. Et on sait que tous ces frottis de cette journée sont partis et ce n'est plus chez nous, c'est chez le livreur. Ensuite... On a appelé les laboratoires. On leur a dit comment on fait pour savoir avoir les résultats de façon facile. On s'est connecté aux plateformes des laboratoires en API, de façon protégée, pour avoir les résultats. Donc ça, c'est des choses qu'on a vraiment découvert au fur et à mesure.
- Speaker #3
Et c'est pas si rien que ce sujet-là, il est d'une complexité monstre.
- Speaker #2
Et c'est justement, dans la discussion, ça fait penser au deuxième point que je voulais aborder avec toi. C'est qu'au départ, tu peux avoir plein de schémas. Tu peux dire, bon, il va falloir qu'on fasse ça, fasse ça, ça. Et puis, tu as la réalité du terrain. et en fait j'ai bien aimé ta notion de playbook tu dis à la fin de toute façon il faut quand même qu'on fasse des playbooks parce qu'il faut qu'on standardise etc et si on veut pouvoir dupliquer et puis tu te confrontes à la réalité du terrain et moi ce que j'ai bien aimé c'est que tu dis en fait les playbooks les plus intéressants c'est ceux qui sont les moins sexy mais c'est ceux là où il y a des vrais problèmes j'aimerais bien qu'on revienne sur les quelques problèmes que t'as eu comme par exemple t'as beaucoup de gens à onboarder et donc faut traiter ça t'as ce que tu viens de nous dire avec les frottis où tout d'un coup finalement tu te retrouves avec des choses qui étaient pas prévues mais t'as beaucoup de quantités il faut tracer et tu as eu aussi un système de paiement des médecins. Raconte-nous un peu comment tu as fait évoluer tes playbooks avec la réalité du jeu.
- Speaker #3
Tu m'as même attiré les médecins, tu devais passer pour un extraterrestre avec le concept.
- Speaker #1
Alors c'est vrai qu'il faut qu'on parle de cet aspect d'attirer les médecins, parce qu'on a vraiment créé une façon de travailler différente pour les médecins, pour justement travailler sur tous les aspects qui étaient des grosses charges mentales pour eux. Un médecin, je reprends l'exemple des frottis, pour un gynécologue ou une sage-femme. une grosse charge mentale. Souvent, ils ont leur petit post-it à côté de leur bureau, ils notent le nom des patientes avec les frottis, et puis dix jours après, ils disent « Ah oui, oui, je prends mon post-it d'il y a dix jours et je vérifie. » Donc ça, c'est charge mentale plus, plus, plus. Et ça, c'est des choses où nous, on est vraiment à leur écoute pour comprendre quels sont déjà pour la qualité médicale, deuxièmement pour leur charge mentale, et troisièmement pour l'expérience des patientes. Et donc, quand on a ces trois piliers, c'est là où ils nous disent « Non mais moi, là-dessus, franchement... » hyper stressant de ne pas savoir où est le frottis de mes patientes, je suis responsable du résultat, c'est une grosse charge mentale pour moi. Ok, on va bosser dessus. Le ok, on va bosser dessus, et c'est là où on en arrive au sujet un peu moins sexy, c'est que finalement, nous, les meilleures choses qu'on a développées... en digital, c'est des choses où on s'est retrouvés dans le dur. On s'est retrouvés dans le dur, c'est-à-dire les 250 frottis, on ne sait pas trop où ils sont. Comment on fait pour savoir où ils sont ? Et donc là, oui, on a eu des situations un peu rocambolesques. Même dans notre premier espace, au bout d'une centaine de patientes, quand on avait toutes les facturations, donc la patiente arrive, elle finit sa consultation, elle paye sa consultation. Nous, on est en charge de collecter. ces honoraires et ensuite de reverser la part qui revient aux médecins, aux professionnels de santé à la fin du mois. Mais sans patientes, c'est facile. Mais quand on arrive à 1000 patientes et qu'on arrive à 1000 patientes sur plusieurs spécialités différentes, c'est ultra compliqué. Toutes les cotations de la sécurité sociale, etc., c'est une usine à gaz.
- Speaker #2
Tu nous disais, rien pour gérer le... Les rétrocessions avec les médecins, etc. Tu passais dix jours par mois, temps plein, pour aller traiter ce sujet. Là, ça craque.
- Speaker #1
J'avais une personne qui passait dix jours par mois sur ce sujet. On avait en plus des erreurs, parce que c'était très humain. Et donc, forcément, forcément des erreurs.
- Speaker #3
Complexité.
- Speaker #1
Super compliqué. Énorme insatisfaction du côté des professionnels de santé, parce que c'est normal. Nous, on a cette promesse. d'encaisser les honoraires et de reverser le bon montant.
- Speaker #3
Excuse-moi Clémence, juste une parenthèse, ton business model c'est quoi ? C'est louer l'espace ou c'est de prendre une commission sur les honoraires ?
- Speaker #1
La rétrocession sur les honoraires. Comme ça, il n'y a aucun risque financier pour les professionnels qui travaillent chez nous. Ils n'ont pas besoin d'investir, pas de coût fixe. Ils travaillent, ils ont une rétrocession. Ils ne travaillent pas, pas de rétrocession. Donc c'était aussi dans cet aspect stratégique. Il ne faut pas avoir de charge mentale coût fixe, ni d'investissement financier.
- Speaker #2
on se rend pas compte aussi de la gestion terrain sur le centre, dans un centre parce que tu me disais qu'il y avait à peu près 25 professionnels qui étaient là, c'est 7 jours sur 7 il y a quand même beaucoup de choses à organiser dans les flux, les agendas la tech là aussi j'imagine que vous avez travaillé dessus et moi ce que j'ai envie de comprendre c'est que du coup si t'as envie de faire un groupe de main avec plusieurs centres
- Speaker #0
Qu'est-ce qui va être dédié au local ? Qu'est-ce que tu vas faire au local et qu'est-ce que tu vas faire en centrale ? À un moment, tu vas te dire, il y a bien des choses qui doivent être faites en centrale.
- Speaker #1
Typiquement, la rétrocession, le calcul dont on parlait tout à l'heure, ça s'est fait intégralement en centrale. Alors, c'est des données qui...
- Speaker #2
Ce que tu appelles en centrale, excuse-moi.
- Speaker #0
C'est qu'il va vraiment falloir que tu mutualises. Ce sera le système global.
- Speaker #1
Donc, aujourd'hui, on a trois espaces ouverts. On en a un quatrième qui ouvre dans quelques jours et un cinquième qui ouvre au mois de mai. Donc, on disait tout à l'heure, une vingtaine de professionnels par espace. donc On va arriver quasiment à 100 professionnels d'ici l'été chez Sorella. Et on a une équipe support d'une dizaine de personnes, dont l'équipe tech, puisque Youssef a dans son équipe deux développeuses, j'insiste sur les développeuses, et une designer, une designeuse d'ailleurs. Donc on a une équipe tech de quatre personnes avec Youssef. Et puis on a le reste de l'équipe support avec la partie médicale, donc notre directrice médicale, le docteur Alex Roquette, qui elle est également associée au projet depuis plusieurs années. Claire Derage, dont je parlais tout à l'heure, qui est responsable de la coordination des soins, et puis une directrice des opérations, qui s'occupe, elle, justement, des opérations des centres. Et enfin, très tôt, est arrivée une chief of staff pour aussi nous accompagner sur cette innovation, cette réflexion en permanence de comment on arrive à s'organiser, comment on scale, qu'est-ce qu'on priorise et où sont les points de blocage. Effectivement, comment on répartit... les responsabilités au niveau des espaces qui sont quand même des grosses entités et au niveau du support. Pour nous, c'est quelque chose qu'on a aussi appris un petit peu dans le dur. On avait fait beaucoup de personnalisation au début en fonction de chaque professionnel qui venait, chaque expertise également. Et en fait, la personnalisation, c'est la satisfaction très très court terme. Parce que on ne peut pas tenir de la personnalisation sur le long terme. Ça finit toujours par déraper. On oublie, c'est moins bien fait. Si ça change de personne qui le fait, on ne sait plus ce qu'on avait personnalisé et pourquoi. Et donc, en fait, ça crée à moyen terme et à long terme une grosse insatisfaction. Et donc ça, on l'a compris aussi dans le dur, parce qu'on avait beaucoup de choses, de petites spécificités pour chaque professionnel. Et ça, on en a encore aujourd'hui beaucoup, mais on essaye de standardiser. Et moi, j'étais assez réfractaire au début de me dire, standardisation, ce n'est pas... quelque chose de positif, je voyais vraiment quelque chose de négatif dans la standardisation. Et en fait, la standardisation, c'est extrêmement vertueux, parce que ça permet d'automatiser des choses et donc d'avoir beaucoup moins d'erreurs humaines. Ça permet d'avoir une bien meilleure qualité, notamment médicale, mais aussi qualité de service. Si je sais, par exemple, je standardise totalement mon suivi d'examen, j'ai plus de faille. Il n'y a plus de charge mentale. Le suivi, il est hyper bien fait. Je n'ai pas de charge mentale. Tout le monde est content. Et donc, finalement... Peut-être qu'au début, j'avais créé la personnalisation pour tel professionnel, pour le traiter un petit peu différemment. Mais ça crée, quand on devient plus gros, beaucoup d'insatisfaction.
- Speaker #0
Ce qui est marrant, c'est qu'on a l'impression que chez toi, le scale, c'est une discipline opérationnelle avant d'être une discipline stratégique. C'est-à-dire qu'en gros, ton scale, tu l'as vu sur le terrain. Tu t'es dit, il y a un vrai bottleneck, on met les moyens, on y va. Il faut traiter le problème de rétrocession. De toute façon, ça servira à tous les autres centres. On a l'impression que tu as vraiment avancé comme ça par palier. en te disant à chaque fois que tu as eu un problème, tu as essayé de dire bon ben là il faut qu'on fasse un deep dive, il faut qu'on aille traiter le sujet.
- Speaker #1
C'est sûr et je réfléchissais aussi pendant que tu me posais cette question, enfin que tu mentionnais cette spécificité là. On a cette standardisation, on a cette discipline opérationnelle, mais en face on n'a que des événements humains hyper spécifiques qui se passent. Et donc on est tout le temps dans cette sorte de schizophrénie. avec des femmes qui sont en permanence chez nous, avec des moments de vie quand même très spécifiques. Et donc, on est toujours en train de jongler entre la discipline opérationnelle standardisée pour justement mieux faire et faire de la meilleure qualité, du meilleur soin, et en face, un aspect très, très, très humain. Très émotionnel. Très émotionnel, très personnel et très personnalisé de façon évidente. Et donc, c'est vrai que...
- Speaker #3
C'est quelque chose qui se confronte au quotidien.
- Speaker #1
Et on a besoin d'être très discipliné pour que justement cette partie émotionnelle et cette partie humaine puissent prendre toute sa place. Parce que si tout le reste roule, et tu parlais tout à l'heure Aymeric des sujets un peu moins sexy, si les sujets moins sexy roulent, on peut se concentrer là-dessus. L'infirmière de coordination, on a des infirmières de coordination qui sont salariées dans chacun de nos espaces. L'infirmière de coordination, si elle passe toute sa journée à chercher le frottis perdu, elle ne va pas s'occuper de la patiente à qui on vient d'annoncer l'arrêt d'une grossesse par exemple. Elle ne va pas soutenir le professionnel de santé pour qui la dernière consultation a été super dure. Donc on a besoin de concentrer... l'humain là où il ne peut absolument pas être remplaçable, et d'automatiser tout ce qui peut être automatisé et qui d'ailleurs est mieux fait quand il est automatisé.
- Speaker #2
Ça c'est une bonne thèse que tu es en train de dire.
- Speaker #0
Et du coup, aujourd'hui, tu te sens prête pour ouvrir, là tu nous annonces un quatrième et un cinquième qui arrivent du coup. Pour Paris tout ça après ?
- Speaker #1
Ouais, tout en région Île-de-France. Les trois premiers sont à Issy-les-Moulineaux, à Nières-sur-Seine et Rueil-Malmaison, donc première couronne ouest. Et là, celui qui ouvre dans quelques jours est à Vincennes. On choisit nos emplacements. pour aller là où l'offre de santé est en pénurie. Rue Haïmal Maison, désert médical. Annières-sur-Seine, désert médical. Là, le cinquième espace, c'est dans le 20e arrondissement, une gynécologue dans le 20e arrondissement, désert médical. Ici, les Moulineaux, on est arrivé, une seule gynécologue, le docteur Amour, installée ici, les Moulineaux. Donc c'est très impressionnant. L'Île-de-France est le plus grand désert médical en France. Donc nous, on fait une étude de territoire avant de s'implanter. Il y a des données qui sont disponibles avec l'ARS et qui nous disent, voilà le nombre de médecins de plus de 65 ans parmi ces médecins, qui vont partir à la retraite dans les années qui arrivent. Voilà la population, le nombre de médecins par habitant. Et donc c'est comme ça qu'on choisit nos emplacements.
- Speaker #0
Je me rappelle d'ailleurs, je vais vous refaire un petit heads-up à Grigory Geli, qui est le CEO de l'UTC-ACR qu'on accompagne. Et c'est lui qui nous a mis en relation justement sur ces sujets qu'on adore, c'est-à-dire aller crawler la donnée.
- Speaker #3
Et l'implantation.
- Speaker #0
Et là, pour trouver les meilleures implantations. Tu veux partir ?
- Speaker #3
Est-ce que moi, je passe sur Endgame ? Non, le résumé de Julien. Le résumé de Julien. Sur BX, c'est au-delà de la page.
- Speaker #2
En résumé,
- Speaker #3
alors.
- Speaker #2
Trois points clés, moi, que j'ai retenus. J'ai bien aimé ton obsession de tout décortiquer. Enfin, mais sur le terrain. Pas juste scroller de la data, c'est vraiment, tu as passé beaucoup de temps à comprendre. Et quand j'écoute ton business model, on ne se rend pas compte de la complexité, de la profondeur que ça doit être entre gérer des médecins, un lieu physique, trouver le lieu physique. Comme tu disais, toutes les contraintes digitales, c'est énorme et tu as bien décortiqué tout ça. Et puis après, justement, on parlait de cette façon de s'implanter, où ce n'est pas fait au hasard, c'est fait aussi, c'est basé sur de la donnée, une analyse ultra précise. ça je trouve ça vraiment puissant et puis d'avoir pris une verticale qui est clairement pas adressée ou qui était pas adressée qui est peut-être un sujet touchy où t'as tapé dedans et t'assumes complètement le positionnement et ça rejoint l'histoire du couloir de nage dont on parlait dans le podcast juste avant avec Rachel avec Rachel ouais la
- Speaker #3
course au sweep finalement le endgame alors c'est j'ai l'impression qu'il se enfin on l'a un peu sous les yeux mais j'aimerais t'entendre de ta part mais finalement, c'est quoi le truc que tu vas atteindre avec tout ça ? À la fin, tu te dis là, je crois que j'ai bien réussi au bon coup.
- Speaker #1
Donc nous, on a une chose qu'on est vraiment en train de craquer aujourd'hui, c'est comment les professionnels de santé travaillent en médecine de ville. Et ça, c'est de l'innovation en permanence, du travail avec eux pour comprendre comment travailler. Donc le endgame, c'est que là, on est vraiment en train de réimaginer comment la médecine de ville s'organise. Et évidemment, cette... expertise sur la santé de la femme, dont je parlais au début, d'être dans de l'innovation. Vraiment, on est parmi les seuls acteurs qui font ça. On est quelques acteurs en France. On s'est inspirés d'acteurs aux Etats-Unis. De pouvoir mieux accompagner les femmes en santé. C'est ça notre mission avec Sorella. La mission ultime de Sorella, c'est que les femmes soient mieux accompagnées.
- Speaker #3
Toutes les femmes vivent une expérience de santé exceptionnelle grâce à Sorella.
- Speaker #1
Il y a l'expérience et il y a la qualité du soin. Il faut que les deux soient ensemble. qu'on n'est plus. 200 femmes qui meurent par jour en France de maladies cardiovasculaires. Comment on arrive à mieux accompagner les femmes ? Moi, je suis convaincue qu'en tout cas avec Sorella, je veux le faire avec des espaces physiques, et on le fait aujourd'hui avec des espaces physiques, des professionnels qui sont vraiment experts de la santé de la femme et cet aspect digital. On a besoin d'aller voir le plus de femmes. Donc on développe notre réseau. On est aujourd'hui sur un réseau de bientôt 5 espaces en Ile-de-France. On continue à se développer en Ile-de-France en 2026-2027. Et puis, en 2028, on ira dans d'autres villes en France. Aujourd'hui, notre modèle, on sait le faire sur des zones avec une forte densité de population. On a plein d'idées pour aller dans des zones avec une moins forte densité de population, des plus petites antennes, des bus pour aller vers les populations les plus précaires, les plus isolées. Et d'avoir, d'être en 2030, le premier acteur en santé de la femme. l'acteur de référence pour la santé des femmes en France.
- Speaker #2
Réseau propre où tu vas franchiser, où tu veux vraiment garder la main sur tous les centres ?
- Speaker #1
Pour l'instant, on est vraiment en train de travailler sur un réseau propre.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #3
Incroyable, félicitations, ça donne envie, c'est chouette. Dernière partie, tu fais des choses pour, enfin, toujours garder ton énergie, là on voit, on a envie de te suivre à fond dans l'aventure, mais c'est une aventure guélongue et... Il y a du chemin, tu fais des choses en particulier que tu peux partager peut-être à nos auditeurs ?
- Speaker #1
C'est une bonne question, j'ai essayé de réfléchir à mes routines, mais je n'aime pas du tout les routines. C'est bien déjà, pas de routine. Pas de routine, j'essaye, je rêve de plein de routines et puis en fait je me rends compte que je ne suis pas une personne à routine, je suis une personne, justement, je m'épanouis dans la nouveauté, les choses différentes, donc je n'ai pas de routine. en particulier. Je me ressource beaucoup avec le sport. La course à pied, le triathlon, le ski. Je fais beaucoup de sport. Et j'en ai besoin. Et puis en plus, en créant Sorella, j'ai découvert à quel point il était important pour les femmes à l'approche de la quarantaine et de la ménopause, de faire encore plus de sport et de renforcement musculaire.
- Speaker #0
Malheureusement, le lever de la fronte, on ne dit pas assez.
- Speaker #1
Très important de faire du sport chargé, comme on dit. Donc avec plus de poids que juste son poids de corps. Venez chez Sorella pour vous faire accompagner, pour justement apprendre plus sur ce moment de vie qui est difficile pour beaucoup de femmes et sur lequel il y a peu d'informations. Donc beaucoup de sport. Je lis énormément. Je lis énormément. Tout type de roman, j'aime beaucoup. Aussi, je fais beaucoup d'audiobooks pendant que je cours. Donc voilà, j'arrive à lire énormément comme ça. Et j'écoute beaucoup de podcasts également.
- Speaker #0
Tu écoutais le nôtre ou pas ?
- Speaker #1
J'écoutais le vôtre.
- Speaker #0
Tu peux nous donner une liste de tes podcasts. Tu sais qu'on est fan de podcasts.
- Speaker #3
On adore. Et une personne que tu aimerais inviter à ce podcast, que tu peux appeler en sortant en disant franchement, à part la sortie de route de Julien, tout s'est bien passé.
- Speaker #1
Tout est bien passé, je recommande. Il se trouve qu'en 2021, quand j'ai créé avec mes associés Sorella, j'ai aussi créé Leia Capital, qui est un fonds de business angel de femmes investisseuses dans des sociétés montées par des femmes. Leia Capital, aujourd'hui, on est 30 femmes investisseuses et on investit dans des sociétés montées par des femmes. J'ai une grande liste de superbes femmes entrepreneurs. qui sont dans notre portfolio, puisque toute notre portfolio a une femme dirigeante qui détient au moins 30% du capital. Je vais vous en citer quelques-unes, mais la liste... On va accélérer le goût du marché. Je pense par exemple à Fanny Soquel-Massar, qui a fondé Prima, qui est dans la santé également. Laure Pichereau, C-View. C-View, c'est des medical devices pour faire des bilans de vue. Elle a fait une expansion internationale hyper impressionnante. Anne-Vincent qui a créé YumGo, qui sont les œufs végétaux. Claire Breton avec Underdog. On l'a eu. Claire,
- Speaker #0
c'est bon. Nantes, on a fait le... Claire,
- Speaker #1
participation de l'IA Capital.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #3
Un petit clin d'œil à Claire, on pense à elle, elle est vraiment top.
- Speaker #0
Et moi, j'en profite pour un clin d'œil à ma femme qui est venue et qui est ma première supportrice. Oh là là,
- Speaker #3
mais magnifique. Tu as bien raison, on salue Gaëlle et on l'adore aussi. Donc, merci beaucoup à toutes et à tous parce que c'est une... très bonne soirée bientôt sur les ondes bye bye ciao