- Speaker #0
être esclave de sa boîte, tout faire soi-même, cette vie-là j'en veux pas. Au lieu de mes 19 ans, je dis bah c'est pas grave, je vais me débrouiller, je vais faire un robot télécommandé qui va monter tout seul sur le toit et qui va démousser le toit. Alors là j'avais dit quand même une belle connerie, j'ai eu la chance d'embrasser le monde du concours à l'épine, des inventeurs, la stratégie qui prend à peu près 20% du temps, à peu près 80% des bénéfices. On a 600 candidatures et on n'en retient que 10.
- Speaker #1
Wow ! Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le numéro... 99, j'ai le méthode tout scale, on y arrive tout doucement vers les 100, mais avant les 100, on a voulu un invité exceptionnel et on reçoit aujourd'hui Benoît Lahaye, le président fondateur d'Attila. Salut Benoît.
- Speaker #0
Salut à vous, merci de votre invitation.
- Speaker #1
avec grand plaisir et j'en profite pour dire de vous abonner à notre chaîne YouTube à vos applications podcast préférées, de commenter de mettre 5 étoiles, ça nous fait remonter dans les algorithmes et on sera tous très heureux très contents je continuerai tant qu'on ne sera pas 100 000 abonnés donc faites vite si vous n'avez pas trop marre de moi je pensais que tu allais faire un petit heads up à Juju qui n'est pas là ce soir alors que c'est lui qui nous a mis en relation tu me coupes l'herbe sous le pied et on fait un coucou à Julien qui n'a pas pu se déplacer aujourd'hui tout va bien il va nous manquer quand même on va penser à lui et on va essayer de faire au mieux sans ses ajouts donc qui est Benoît donc Benoît est entrepreneur qui a attaqué un métier Merci. qui est, que tout le monde a besoin, mais que peu de gens ne connaissent, qui est la couverture. Donc c'est un métier évidemment très artisanal, et en fait tu as réussi à en parler, Krimbot qui aujourd'hui fait 140 millions d'euros de chiffre d'affaires, qui reste 1 400 collaborateurs, et sur ce métier-là, donc dont on va aborder aujourd'hui. toi tu as un parcours où tu viens du métier de l'artisanat où toi même tu as été sur le terrain dans des métiers de couvreur mais aussi de conducteur de travaux donc en fait tu viens pas là par hasard quelque part, il y a une continuité donc Attila a maintenant plus de 23 ans donc c'était très bien établi avec cette idée de se dire que la toiture alors que c'est un élément clé Euh... de l'habitat, du pro et du perso, c'est très souvent un élément qui est négligé et qui, du coup, a des conséquences qui peuvent être très négatives par ailleurs. Et du coup, toi, tu t'es dit que ce constat, il ne te va pas, et donc tu as décidé de structurer une nouvelle approche du métier pour que tout soit centré sur la prévention, la maintenance et la sécurité à très long terme de cet aspect des travaux. Aujourd'hui, c'est le premier réseau national spécialisé dans l'entretien et dans la maintenance sur ce type de métier, ce type de toiture. J'ai bien aimé l'idée de Capital Toi. Tu as cette idée de créer cette entreprise, mais c'était de se dire que le toit n'implique pas un peu une assurance. Donc on va y revenir, on a envie de voir ça comme un actif stratégique. Et le modèle est tourné sur un modèle de franchise qui est très structuré, où le franchisé est lui-même un entrepreneur, avec de l'autonomie et un certain nombre de services que tu leur fournis. Et ça, cette idée de multi-entrepreneuriat à l'échelle d'un artisan nous intéressait beaucoup. assez impressionné par le parcours, impressionné par la boîte et par le métier. Donc, on est ravis de t'avoir.
- Speaker #0
Avec plaisir, creusons ensemble.
- Speaker #1
Bienvenue.
- Speaker #2
Merci. Faites la partie.
- Speaker #1
Donc, on va faire une première partie sur le 0 to 1. Rappelez peut-être le modèle économique aussi, comment l'entreprise fonctionne. Ensuite, on va passer sur le scale avec Emery qui a deux points spécifiques à aborder. Vous allez voir qu'on est quand même à la frontière du logiciel. de ce métier très artisanal. Et une dernière partie, le endgame, qu'on a une boîte qui est 140 millions, c'est quand même fabuleux. C'est quoi l'étape d'après ? Voilà.
- Speaker #0
Ok, avec plaisir.
- Speaker #2
Et puis peut-être un peu ton parcours aussi. Oui, vous l'avez dit. Il est assez typique, parce que tu viens du milieu, mais...
- Speaker #0
Je viens du milieu, et je suis fils d'artisan et gendre d'artisan, et j'ai pour habitude de dire, j'ai assez détesté ce milieu-là, je l'ai maudit, puisqu'ils étaient... jamais disponible, tout le temps en galère, tout le temps à regarder le mauvais côté du monde et donc en difficulté. Ce sont des gens qui travaillent beaucoup, en tout cas moi j'ai vu mon père travailler beaucoup, pour un résultat qui était quand même assez modeste. Donc du coup je n'ai pas du tout aimé, je me suis dit c'est exactement ça que je ne veux pas faire, je ne voulais absolument pas être chef d'entreprise à 14 ans, pour moi c'était le bagne. 14 ans ? 14 ans je me suis dit mais c'est horrible d'être chef d'entreprise, si c'est ça être chef d'entreprise je ne veux jamais l'être. Et donc ça a été vraiment ça le premier élément, avant même de commencer à réfléchir à un produit et puis après à sa distribution, je me suis dit mais cette vie là j'en veux pas. Et ça, ça a toujours été mon moteur de me dire je vais me construire sur un contre-modèle parce qu'être esclave de sa boîte. tout faire soi-même. Et donc après, ça explique aussi ma quête de structuration par un système de réseau de distribution. Donc ça, c'était vraiment le truc où je me suis dit, allez hop. Et puis, je suis tombé chez les Compagnons du Devoir. Parcours vraiment incroyable. Je n'étais pas très bon à l'école. Ce n'était pas trop mon truc. Donc, on m'a vite fait comprendre que les métiers manuels, c'était mieux pour moi. Et chez les Compagnons, j'ai découvert un monde assez exceptionnel. La vie en communauté, les voyages, on change de... l'excellence, l'exigence, les cours de 20h à 22h, le week-end, voilà. Donc je l'ai fait pendant 6 ans et ça a été vraiment extrêmement riche. Et quand je suis sorti de là, je me suis dit, qu'est-ce que j'ai vécu qui ne me convient pas, au-delà de la manière dont je vais le faire, et ce qui ne me convenait pas, c'était de refaire des toitures. J'avais refait des toitures et une fois ça m'a choqué parce qu'on a enfoui des tonnes et des tonnes d'ardoises, de tuiles, de zingues, et on a réapprovisionné des matériaux neufs, alors que la toiture, elle avait l'équivalent de 40 000 km pour une voiture. Et donc, j'ai dit, profondément, je ne comprends pas. Gaspillage. On parle beaucoup aujourd'hui des RSE, mais moi, il y a 20 ans, ça me choquait vraiment. Donc là, tant mieux, on a le vent en poupe. Ça s'affloit encore dans les voiles. Et donc, ça a été ce premier constat. Et puis, l'élément déclencheur, parce que, on parle de 0 to 1, il y a eu un élément déclencheur. qui a été, en tant que conducteur de travaux, un démoussage d'église. J'obtiens le marché, donc gros chantier, très haut de l'église, il fallait échafauder et tout. Et Madame le maire me fait confiance, je rentre dans l'entreprise et je dis à mon patron, c'est super, on a tout le démoussage de l'église de Montbouy. Et là, je me fais engueuler parce qu'il ne comprend même pas que ça puisse se faire possible. Il dit, mais tu aurais dû vendre leur réfection. Et donc, je ne le vis pas bien. Je ne le vis pas bien et du haut de mes 19 ans, je dis, ce n'est pas grave, je vais me débrouiller. Je vais faire un robot télécommandé qui va monter tout seul sur le toit et qui va démousser le toit. Alors là, j'avais dit quand même une belle connerie, il fallait que j'assume. Et j'ai été jusqu'au bout. Je vous passe les anecdotes parce que là, il nous faudrait vraiment encore... Parce que pour construire un robot télécommandé à 19 ans, voilà. Donc, tout le monde me dit non, ce n'est pas possible. Je finis par y arriver en rencontrant des gens, en en parlant, en ne lâchant pas le rêve. Je crois que ça, c'est aussi... très important en tant que chef d'entreprise de ne pas lâcher le rêve. Et je fais ce robot. Et puis, alors là, vous allez comprendre l'histoire d'Attila, puisque ce robot monte sur le toit. J'étais sûr qu'il allait finir par terre, évidemment. Et il y a un monsieur qui s'arrête. C'était un peu le spectacle sur la commune. Et il se met à côté de moi. Il devait être prof d'histoire géo. Il me dit, mais derrière votre robot, il n'y a plus du tout de mousse. On dirait le chef des Huns. Ou Attila passe, l'herbe ne repousse pas.
- Speaker #2
C'est optionnel.
- Speaker #0
Voilà. Donc, tout est parti de ça. Et ça a été... Ça a été ensuite, donc il y avait la manière de faire. Donc déjà là, je voulais de l'innovation, je voulais faire quelque chose de différent. Et puis ensuite, quand il y a eu cette histoire de gâchis, de démoussage, et je me suis dit, je veux me lancer là-dedans. Je veux, il y a un marché de dingue qui est l'entretien, plutôt que le remplacement et de tout refaire. Et donc là, ça y est, la graine était semée. Donc j'ai pu beaucoup m'amuser avec ce robot, qui aujourd'hui est une pièce de musée, parce que maintenant il y a les drones, les technologies énormément évolué. Et là, je me suis dit, allez, feu, je me lance sur ça et je prends un ouvrier. Je prends ma valise et je vais taper les portes des communes. Je vais voir qui peut me faire travailler avec mon robot.
- Speaker #1
Très commercial,
- Speaker #0
quand même. Oh, dur. Oh non, dur.
- Speaker #1
Je veux dire, il faut le tempérament pour faire ça. Ah oui, oui,
- Speaker #0
mais je me suis vraiment balisé. Tu es violent. C'était très dur,
- Speaker #2
franchement. Et là, attends, juste pour qu'on prenne un peu de recul, parce que autant... Tu vas voir une mairie, enfin c'est plutôt la mairie qui sait que la toiture est à refaire, elle l'a budgétée, ça fait longtemps qu'elle repousse, et puis à un moment, elle n'a pas le choix. Autant dépenser pour faire de la maintenance pour une commune ou autre, ce n'est pas forcément un truc qu'elle a en tête. C'est-à-dire qu'elle se dit, de toute façon, après, ce n'est pas moi qui serai là, donc le budget, je l'ai repoussé, c'est le suivant qui va se le coller. Comment les gens appréhendent ça, le fait de dire, maintenant, je vais vous donner un contrat peut-être d'entretien ?
- Speaker #0
Ce que tu dis et ce que tu décris, c'est très vrai pour un industriel. pour quelqu'un qui est focus sur sa production et qui s'en fout un peu. Mais une commune, elle a déjà eu mille problèmes. Elle a déjà eu des problèmes sur son église. Elle a déjà eu des problèmes sur sa salle polyvalente. Donc, elle, elle est très réceptive à ce qu'est l'entretien. Ah oui, oui. Ok, ok. Donc, finalement, c'était la bonne cible, bien sûr. Ça leur parle. Ils savent ce que c'est d'avoir des problèmes de toiture dans le gymlas, quand les gamins jouent. Donc là, non, il y a... Au contraire, là, il y a vraiment de la résonance. Et puis, je me rends compte que le marché, il est dingue, quoi. Je me dis, mais où que j'aille, il y a un besoin. Les artisans, ça les saoule. Ils n'ont pas envie de faire ça. Je me rends compte que le taux de marge, le prix, le taux horaire, il est trois fois ce que prend un artisan parce qu'en fait, on est une logique de service. une infrastructure qui nous permet de répondre vite, d'avoir plus de monde. Donc, on est sur quelque chose qui, tout de suite, je vois qu'on va avoir plus de temps pour nos clients. Ça va être un panier moyen plus petit, par contre, parce que le taux horaire est plus élevé, mais le panier moyen, il est divisé par 10.
- Speaker #2
Oui, tu n'as pas de réflexion, etc. Il n'y a pas de réflexion,
- Speaker #0
donc c'est des interventions. Et là, je vois le marché. Je me dis, waouh, donc 0 to 1. Après, quel est le modèle de développement ? Est-ce que moi, je veux, comme mon père, mon beau-père, être tout seul, tout géré ? tout faire et puis pas voir mes enfants et ça c'est pas possible ça c'est pas possible pour moi et donc je découvre le milieu des réseaux organisés que je ne connaissais pas je découvre un truc de dingue donc j'appelle un consultant, je lui dis j'ai un robot concours lépine puisque j'ai été dans les deux rôles j'ai quand même eu la chance que le président m'appelle pour me dire je vous ai vu dans le journal, le petit journal du Loiret il faut faire le concours et donc j'ai eu la chance d'embrasser le monde du concours l'épine des inventeurs des gens plus fous les uns que les autres plus imaginatif c'était juste une très belle expérience concours l'épine et du coup voilà donc c'était vraiment l'idée de d'innover en permanence donc la tata tech étudie comment je me développe j'ai
- Speaker #2
pas monter des équipes partout et trim et etc c'est ça et donc j'ai un consultant
- Speaker #0
qui j'appelle, un spécialiste, j'ai le meilleur réseau, j'ai le meilleur robot, il faut venir, on va discuter, le gars me dit, non mais monsieur, moi c'est 2000 euros pour venir vous écouter. J'ai pas de sous, je suis ruiné, je raccroche, je lui dis, il manque pas de tempérament, celui-là il se fout de moi, et je découvre au fur et à mesure de ma carrière qu'on a toujours besoin de gens très bons, et ce qui est très bon, ça se paye. Et bon, donc je ravale ma salive, je le rappelle, et je lui dis, voilà, et donc je découvre ce qu'est la concession, la licence de marque. la franchise et je découvre que le modèle le plus intéressant pour moi ça va être a priori la franchise parce que c'est une marque et où les franchisés on les accompagne mais ils ont cette obligation de respecter la marque et là l'aventure commence avec un
- Speaker #2
franchisé c'est le début avec un franchisé tu fais développer ton robot enfin tu fais dupliquer ton robot j'en fais plusieurs
- Speaker #0
Il y a une roue qui est oubliée à Marseille, la télécommande qui est partie à Lille. Du coup, il y a tout un tas d'anecdotes où le robot est écartelé partout en France et l'intervention ne peut pas se faire et il faut rapprovisionner. Rapidement, je me dis que mon métier ne peut pas être le robot parce que le démoussage, finalement, c'est 3% du potentiel de la maintenance. Donc, je me dis... finalement, il devient presque négatif parce que les gens ne retiennent que ça. Ils disent, là, il démousse le toit. Ah ben non, on prépare, on remplace. On ne refait jamais les toitures, mais on fait plein d'autres choses. Donc, le robot, finalement, on le met un peu de côté rapidement et on se dit, bon, maintenant, on va devoir structurer. Et là, je découvre ce qu'est le marketing. Parce que vu de ma fenêtre, le marketing, c'est un truc pour un peu des escrocs qui savent bien parler et tout. Et je découvre là la puissance. Ouais, toujours. Et là, je découvre la puissance du marketing avec ce qu'est l'alignement d'une marque, pourquoi ça fait sens pour qu'un collectif appuie, comment les techniciens se l'approprient, comment les chefs d'entreprise se l'approprient. Et je découvre vraiment avec un travail de fond qui est de dire, on n'est ni couvreur ni étancheur, donc c'est très compliqué. On est juste potentiellement nettoyeur de toiture ? Absolument pas, on a une vision beaucoup plus haute que nous. Et je découvre qu'à force de travailler, ça a pris un an, un an et demi, on découvre que nos clients, ils ont un véritable capital santé, capital financier, mais ils ont aussi un capital toit. Et là, d'un coup, on avance en termes de stratégie, on se dit ça y est, on a notre mission, c'est de défendre le capital toit de nos clients, et là on en fait un véritable concept qui va pouvoir se déployer et qui va prendre une ampleur... que je ne prévoyais pas encore aujourd'hui.
- Speaker #1
Tu veux qu'on passe au scale, Emmerich ?
- Speaker #2
Oui, justement. On commence à y aller là.
- Speaker #1
On commence à y aller doucement,
- Speaker #2
oui. En fait, ce qu'on comprend, c'est que du coup, tu n'as pas envie d'opérer partout et donc tu vas te développer en franchise. Et ce que j'ai envie de comprendre, c'est de façon un peu contre-intuitive, déjà, il a fallu que tu trouves des gens pour opérer cette franchise. Tu vas me dire, il y a plein de réseaux, il est le salon de la franchise, etc. Et maintenant, tu commences à un recul, donc tu en as combien ?
- Speaker #0
Alors, j'ai 140 sociétés et 90 franchisés. 90 franchisés. Parce qu'il y a plein de multisites.
- Speaker #2
Oui. Et donc, tu me disais que pour Scala, tu avais de façon un peu contre-intuitive changé la typologie des franchisés, ce que tu cherches en fait. Tu cherchais des gens, autrefois, très techniques. Tu disais, il faut que ça vienne du milieu. Et finalement... tu en es arrivé à targeter plutôt le cadre en reconversion, qui est un peu frustré de jamais avoir été entrepreneur. Et du coup, c'est intéressant de comprendre, ça paraît très contre-intuitif, comment tu préfères des gens qui ne sont pas du tout du métier à des gens du métier.
- Speaker #0
Quand on vient du métier. Là, tu mets le doigt sur ce qui a fait vraiment la scalabilité du modèle. C'est ce qui a fait toute la différence, puisque mon premier franchisé est couvreur Zinger. Dans le Nord, c'est un proche, il me dit je coule ma boîte, je la ferme et puis je viens avec toi et je lui dis ouais super on y va Bruno, on y va, on démarre ensemble et là je découvre plein de problèmes avec lui. Le pas très bon manager, sans chiffre d'affaires, il ne sait pas ce que c'est à la fin du mois, il n'est pas organisé et donc je développe déjà des outils pour l'aider et accompagner. Et puis, dans ce parallèle, j'ai un commercial qui me vendait des produits chimiques et qui... dit, mais j'adore ce que tu es en train de faire, je voudrais aussi, moi, monter ma franchise. Je lui dis, mais écoute, ce n'est pas possible. Tu es commercial, tu vendes des... Je ne vois pas le rapport. Et en banque commerciale qu'il est, il n'a pas lâché. Il m'a saoulé, il m'a harcelé. Et au bout de 6-8 mois, je lui dis, écoute, Christophe, ok, vas-y, je vais t'aider. Par contre, ça va être très dur pour toi. Ça va être compliqué. Il va falloir que tu apprennes un métier. Et là, je découvre, par hasard, que tout va plus vite. Il comprend ce qu'est le recrutement, il comprend ce qu'est le client, il comprend ce qu'est un business plan. Et là, il multiplie les chiffres d'affaires par deux dès la première année. Et là, je me dis, OK, je ne ferai pas marche arrière.
- Speaker #2
C'est le bon truc.
- Speaker #0
J'ai trouvé un truc qui transforme. Et du coup, la technique, qui est très exigeante chez nous, elle est beaucoup plus facile. Il n'y a plus que ça à faire, globalement. C'est focus sur la technique. Le reste, ça tourne tout seul. Et donc, c'est là où je dis que la stratégie qui prend à peu près 20% du temps, ça représente... 80% des bénéfices. Et ces gens-là, ils savent faire de la stratégie, ils savent organiser.
- Speaker #2
C'est très intéressant, ça veut dire... C'est-à-dire que tu dis, il y a 80% du temps, c'est de l'opérationnel, 20% c'est de la stratégie, de l'organisation. Quand c'est fait, c'est 20%. Donc là, c'est vraiment savoir où tu vas aller, quels sont tes clients, qui je vais démarcher, etc.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
Mais c'est ça qui fait 80 ou 90% de ta perf.
- Speaker #0
Pour avoir accompagné plus de 150 000 sociétés, je n'ai jamais vu une autre stratégie qui marchait. L'opérationnel est quelque chose qui peut vraiment anesthésier un dirigeant. L'opérationnalité, elle est quelque chose qui ne donne rien de puissant. Par contre, quand on pose une stratégie et qu'ensuite on délivre, et qu'on vérifie les indicateurs, et qu'on sait partager ça à un collectif, c'est ça qui fait la gagne. Donc, on passe 80% de notre... temps à ne générer que 20% de son bénéfice. C'est ouf. Et donc, voilà.
- Speaker #1
Dans l'autre sens, c'est intéressant.
- Speaker #2
Ça fait peur. Ça sent mal à la tête. Tu te dis, merde, si c'est la chose à mon boulot, il y a des chances. Il y a des chances. Et alors, attends, du coup, t'arrives à ces cadres. Donc, ce commercial te fait dire qu'en fait, il faut probablement d'autres qualités, c'est-à-dire des qualités peut-être d'organisation, gestion, et peut-être un peu aussi quelqu'un qui sait prendre du recul par rapport à un business, qui sait ce qu'est un business, qui sait ce qui drive ton business en fait. Donc tu prends plutôt un cadre, mais lui tu dois quand même le former, il y a quand même un gros travail derrière parce que la technique du métier elle est quand même pas simple.
- Speaker #0
C'est pas simple, mais clairement c'est focus tout le temps. Tous les jours, comme c'est l'opérationnel, il passe 80% de son temps à travailler sur de la technique. Donc finalement, quand on l'accompagne pendant une semaine, deux semaines, trois semaines, il y a une forme de répétition sur les mêmes sujets, les mêmes fuites, les mêmes problèmes. Et puis, ce sont des gens qui comprennent quand même très vite. À un moment donné, ils se disent voilà. Et donc, au bout d'un an, vous avez des gens qui sont très pointus, des fois plus que leurs propres techniciens, qui comprennent tout, voilà, et qui la technique devient vraiment quelque chose d'assez naturel et qui est tellement répétitif que c'est maîtrisé.
- Speaker #2
C'est vrai, c'est incroyable. Parce qu'en fait, quand tu prends du temps, tu vas chercher quelqu'un qui en fait maîtrise les 20%, qui sont la strat, le savoir-faire, un chiffre d'affaires, un projet, un budget, etc. Et les 80% ? Il va y passer du temps, il va finir par l'améliorer. Et puis au pire, il a un expert avec lui qui vient l'aider. Forcément,
- Speaker #0
il recrute des professionnels. Le vrai sujet de la réussite, c'est pour moi, dans mon réseau, c'est la vision et le management. Et cette vision, elle permet de recruter correctement et elle permet de manager avec du sens.
- Speaker #2
Tu as développé des benchmarks, d'ailleurs, pour... Une fois que maintenant tu sais ça, j'imagine que tu vois plein de profils pour des nouveaux franchisés. Tu as ta scorecard, tu es assez sharp sur qui tu veux. Tu ne me prends pas encore ? Ah ouais,
- Speaker #0
je ne me prends pas une fois ce qu'il y a deux. Non, mais par contre, on a 600 candidatures et on n'en retient que 10.
- Speaker #2
Wow !
- Speaker #0
Ouais, on a 600 candidatures. Alors, il y a tout dans les 601, mais globalement, on n'en retient que 10. D'accord.
- Speaker #2
Et tu sais rapidement si elle le fait ou si elle ne le fait pas ?
- Speaker #0
Ah oui, tu le sais très, très vite. Tu le sais, il y a toujours des surprises, c'est-à-dire que tu sais au niveau des valeurs si ça va coller. Nous, on est très exigeants sur les valeurs. Moi, je n'ai pas envie de me retrouver avec quelqu'un qui me raconte des trucs. Donc ça, on élimine. Il ne m'arrive même pas jusqu'à moi. J'ai une équipe de dingues. On veut juste que ça se fasse plaisir. Donc si c'est quelqu'un qui ne passe pas. Et puis ensuite, on se trompe encore. C'est rare, mais on se trompe encore. Il y a des gens qui pensent bien, qui disent bien, mais qui ne savent pas délivrer. Ils ne savent pas passer à l'action. Et ça, on y est très vigilant, mais il y a des gens...
- Speaker #2
Comment tu peux mesurer ça ? En fait, je vais te dire. C'est souvent, en plus, je fais un parallèle pour nous. Moi, en tant qu'investisseur, on voit surtout des patrons qui ont un super leadership, un super drive, etc. Et c'est vers eux que tu as envie d'aller, parce que c'est naturel, tu comprends ce qu'ils disent, tu es inspiré. Et c'est difficile de mesurer l'exécution derrière, la qualité de l'exécution.
- Speaker #0
On s'en rend compte sur la formation, sur des choses assez dingues. On a des petits exercices, mais on ne le voit pas. tout le temps. Après, il y a quand même du parcours. Ce sont des gens qui en arrivent, ils ont 45-50 ans.
- Speaker #2
Qu'est-ce qu'ils ont délivré ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'ils ont déjà délivré et tout. Mais donc, déjà, on a un niveau de sélection qui est excellent. Mais il peut y avoir 10% qui passent à travers les mailles du filet. Et là, il y a un monde entre un grand dirigeant et un chef d'entreprise. Ça n'a absolument rien à voir. C'est-à-dire que dès que c'est son argent, on a beau avoir dirigé 100 personnes, c'est complètement différent de gérer 4 personnes. C'est beaucoup plus... prenant et il y a des jeux psychologiques que j'observe depuis des années qui sont dingues, qui paralysent des hommes, ce n'était pas le cas dans leur grand groupe.
- Speaker #2
Comme quoi par exemple ? Parce que le gars il a mis 100 000 balles ou c'est 200 000 balles d'économie donc il est tétanisé.
- Speaker #0
Il y a ça, il y a ça et puis il y a le fait que par exemple il recrute une assistante et l'assistante n'est pas le bon profil, il s'est trompé. Et là il se rend compte que c'est son engagement de départ, que c'est son assistante qu'il ne veut pas s'en séparer que... Donc, il y a des jeux d'affectifs. Et là, on lui dit, mais là, tu vas brûler ton cash net. Et là, par exemple, il ne prend pas la décision parce que c'est sa boîte et il porte sa responsabilité. Donc, il y a plein de choses comme ça qui font qu'il ne l'aurait certainement peut-être pas fait dans une autre boîte. Mais dans son entreprise et sa petite entreprise... Donc,
- Speaker #1
il y a...
- Speaker #0
Le premier job d'un franchisé, c'est de devenir chef d'entreprise. C'est le premier travail. Ce n'est pas de faire de la toiture ou de faire du business. Est-ce que tu vas rentrer dans le costume du chef d'entreprise ? Ils finissent tous par y rentrer, mais il y en a qui le sont en trois semaines, et il y en a qui le sont en cinq ans. Ouais, ouais, c'est très...
- Speaker #2
C'est marrant, mais j'aurais imaginé que le gars, pour une fois, c'était son argent, parce qu'en fait, un franchisé, il doit quand même mettre de l'argent dessus. C'est pour ça que d'ailleurs, que tu prends un carré, qu'il a dû mettre un peu d'économie de côté, il met 100 000 ou 200 000, je ne sais pas quel est. Bien sûr. Il met 60
- Speaker #0
000, il lève 200 000. Ah oui,
- Speaker #2
quand même, voilà. Donc, OK, il a quand même la responsabilité de 200 000. Et... J'aurais imaginé que du coup, il devenait hyper attentif. Qu'est-ce qui permet de s'améliorer ? C'est son argent. Il a investi son argent. Donc, j'aurais imaginé qu'il était au taquet pour se dire, ça ne marche pas, je change. Si ce n'est pas la bonne secrétaire, je vais en faire une autre.
- Speaker #0
Mais il est au taquet. Mais il y a des jeux psychologiques et émotionnels qu'on sous-estime totalement. C'est-à-dire qu'il n'a jamais... Et c'est bien parce qu'il est au taquet qu'il perd complètement la lucidité de certaines décisions. Et nous, en tant que franchiseurs, pour avoir vu les scénarios se reproduire, on est là pour l'aider. pour l'accompagner, mais c'est sa boîte. S'il veut la garder et que nous, on est capable de dire ce qu'il va perdre, par contre. Et donc, ça, pour le coup, il y en a plein qui finissent par réagir, mais ce n'est pas parce qu'ils sont hyper engagés qu'ils ne peuvent pas, des fois, manquer de lucidité.
- Speaker #2
Quand tu les coaches, d'ailleurs, parce que j'imagine que toi, tu suis tes chiffres, tu sais un gars qui commence à dériver comme ça ? Parce que pendant la 90, tu les pilotes et à un moment, tu dis...
- Speaker #0
Je le sais bien avant eux. Je le sais bien avant eux. Bien avant eux, parce qu'il y a des signaux faibles. Moi, je suis très fan de data. Moi, je crois qu'il faut deux choses pour une boîte. Il faut de la data et de la formation. Si on a une super boîte tech avec une super école de formation, on a tout ce qu'il faut. Donc oui, on le sait avant. On n'attend pas que ça aille mal, on le sait. On peut même le mesurer. On peut même le mesurer et on peut dire combien de temps ça va se passer.
- Speaker #2
Eh bien, ça nous emmène sur le point. C'est magnifique.
- Speaker #1
Il sait même avant.
- Speaker #2
ce que nous on pense voilà on est déjà au point de skate d'après les auditeurs me connaissent ils savent qu'évidemment on va arriver à la data les outils voilà c'est mon grand cheval de bataille mais toujours intéressant parce que on me dit alors tu fais tu démousses tu fais de la couverture etc mais où est la techno et pourquoi la techno peut changer ça alors déjà on a compris que t'étais un peu geek un peu technophile parce que au-delà d'avoir une montre connectée c'est surtout que tu as déjà été monter un premier robot alors qu'à l'époque faire de l'électronique comme ça avant les drones c'était pas mal donc ça j'imagine que tu avais une appétence pour ça mais concrètement qu'est-ce que tu développes comme outil et c'est quoi le vraiment Parce qu'en fait, en ce moment, il y a plein de gens qui se font plaisir avec la tech. Toi, tu connais le métier et tu te dis qu'est-ce qui va être important pour mes franchisés ? C'est quoi les trucs que tu as envie ? Et si tu peux nous parler en plus d'Atlas qui est ton logiciel. Qu'est-ce que tu as envie au départ d'aller automatiser et de développer ?
- Speaker #0
Au départ, c'est le commerce. Au départ, tu penses d'abord au commerce, automatiser le commerce, voir un petit peu comment ça marche. Pourquoi ? Quelles sont les segmentations ? Nous, on s'adresse à plein de... que du B2B, mais plein de profils différents. Donc, je mets rapidement des bases de données. Je commence par un Excel, après Access, après j'embauche un...
- Speaker #1
J'ai le premier mec... Oui,
- Speaker #0
parce que le premier mec que j'embauche, c'est un informaticien. Mes quatre premiers franchisés, ils m'ont dit, t'es complètement fou. Je lui ai embauché un mec pour nous aider à brosser sur les toits. Qu'est-ce que tu nous fais chier qu'un informaticien ? Donc, du coup, j'ai eu la chance d'avoir un super informaticien qui est sorti de l'école et qui est toujours avec nous, qui gère une boîte qui fait 1,5 million d'euros que de... Voilà, il est extraordinaire, il s'appelle Geoffrey. Et donc voilà, je check tout. C'est-à-dire que moi, je veux tout comprendre. Et donc on check le commerce, on check les premiers devis, on check les heures devisées, les factures, les taux de transformation. Donc on a une chaîne de valeur avec énormément de points. Et étonnamment, au début, je connais tous mes chiffres par cœur, je comprends. C'est eux qui me corrigent, c'est les chiffres qui me corrigent. Je dis, mais ça, je ne comprends pas pourquoi ce chiffre-là. Et là, je vais voir le franchisé et là, je comprends. Donc là, je mets dans le dur. Tac, à ce niveau-là, voilà. Donc nous, on a globalement huit familles de données, de data. Et ces huit familles, ça va du commerce jusqu'à la rentabilité du chantier. Et donc, on connaît la chaîne de valeur. C'est-à-dire que si Mme Sylvie décroche le téléphone sur tel type de cible et que son taux de transformation est d'autant, on saura le nombre de rendez-vous. Elle va passer le relais à Pierre. Mais Pierre, on connaît le profil de Pierre. On sait comment il est. Donc on a vraiment, les franchisés disent à Tila, c'est pas mathématique, c'est arithmétique. Si tu respectes le chaînage et que tu appliques la secrète sauce, on a des résultats qui sont extrêmement similaires, peu importe la région de France, et ça c'est assez étonnant.
- Speaker #2
C'est très intéressant parce que d'ailleurs les franchisés souvent critiquent un peu le franchiseur en disant « il m'apporte pas grand chose, ok j'ai la marque, j'ai le machin » . Toi à l'inverse ? Dans tes huit familles, tu peux les décrire dans quelle partie qu'est le commerce. Tu vas leur dire, moi, j'ai des outils qui vont vous aider. Et en tout cas, je vais vous donner du benchmark. Donc, si tu veux tel type de client, il faut que tu aies fait tel call, il faut que tu aies fait machin. Donc, tu les aides sur la partie prospection. Et après, tu déclines toute la suite du métier. Après, du coup, il convertit. Donc, il y a une mission. Et derrière, pareil, là, tu fais le suivi de mission. Tu pilotes tout ça dans ton soft.
- Speaker #0
Oui. Mais ça, ça devient vite la norme. Et quand tu dis, les franchisés disent, le franchiseur ne m'apporte plus rien, oui, il faut faire gaffe, un franchiseur doit se réinventer parce qu'ils ont raison. À un moment donné, tout ce qu'on a dit, c'est de l'acquis, il faut déjà passer à autre chose parce que c'est un dû. Donc en fait, en tant que franchiseur, l'idée d'un franchiseur, ce qui est passionnant, c'est en fait la marque. Comment McDonald's va faire des burgers, il en est arrivé là, c'est juste dingue. On ne se rend pas compte de la prouesse de ce truc-là. Donc nous... Moi, dans mon métier de franchiseur, une fois que j'ai dit tout ce qu'on vient de se dire, ça, c'est la base. Après, il faut amener du grand compte. Il faut aller développer des grandes marques, des accords, leur amener du business, par exemple. Il faut leur amener un parcours de formation parce que les aider dans le recrutement, les aider dans des parcours de formation parce qu'ils ont cinq métiers. Ils ont des techniciens, ils ont des assistantes, ils ont des directeurs, ils ont des commerciaux. Donc, le franchiseur doit être capable aussi d'avoir une école de formation, une centrale d'achat. Comment on se... Voilà. Et puis, le réseau lui-même, il faut l'animer. Quand tu animes un réseau, c'est incroyable. Les gars, ils se voient, ils passent une soirée ensemble, mais ils repartent, ils sont refaits. Parce qu'ils ont discuté des best practices qui dépassent le franchiseur par lui-même. Moi,
- Speaker #2
j'ai une haute vision de ce qu'est le métier de franchiseur. C'est un jeu collectif. Et quand tout le monde joue la partition, c'est quelque chose de très puissant. Et donc, parce que tu parles quand même, c'est intéressant que tu reviennes un peu sur le parcours de ce que tu as développé. Tu as commencé avec des fichiers Excel, tu prends un informaticien, et donc en fait tu reprends toute la chaîne de valeur et tu essaies d'automatiser ce que tu peux. Et aujourd'hui, ils sont combien et jusqu'où tu as été dans l'automatisation ?
- Speaker #0
J'ai 10 personnes à plein temps sur le dev, donc il y a un peu de structure, un peu de dev, il y a une dizaine de personnes qui font que ça à longueur de journée. J'ai développé tout. la prospection, connexion en automatique, ils ont accès aux 15 millions d'entreprises pour aller chercher des candidats. Derrière, on a ce qu'on appelle la cartographie du bâtiment, on a un truc digital, tu vas sur le toit, tu prends des vidéos, tu filmes, tu répertories, tu as une plateforme marketing qui est dingue, tu peux faire ton SMS, il y a de la grêle demain, tu récupères tous ceux qui ont un toit pas en très bon état et tu leur dis attention, il y a de la grêle, ils reçoivent par SMS, donc on a une plateforme. Par SMS, on a la plateforme Forme Toi pour inscrire les gens en e-learning. Et puis, on a vraiment de la data, de la statistique qui sort en permanence pour lui dire, attention, là, on se dit combien ça va te coûter et combien de temps il faut pour corriger. Jusqu'à la production, qui a bien produit le chantier, qui ne l'a pas bien produit, pourquoi, les SAV, c'est colossal. Et mon rêve, c'est de connecter ça à la... comptabilité parce que souvent les directeurs commerciaux qui sont plutôt des jeunes avec des chaussures pointues en cuir et le vieux directeur financier barbu ne se parle pas et en fait qu'est ce que ça rapporte quand on met un euro dans le commerce au niveau de la rentabilité de la boîte au bout et ça ça doit se parler plus que jamais et c'est très dur à faire parler mais cette maîtrise de la boule de cristal parce que tu répètes tout le temps les mêmes trucs donc tu connais les actions Moi, mon idéal, et on n'en est pas loin, c'est de connecter à la finance. Parce que pour revenir sur l'artisan, l'artisan connaît son compte de résultat avec un an de retard. D'ailleurs, quand il a son compte de résultat, c'est déjà trop tard pour corriger, c'est quoi, tu as déjà changé.
- Speaker #2
Et nous,
- Speaker #0
c'est l'inverse. C'est d'avoir des comptes de résultat six mois avant pour pouvoir...
- Speaker #2
C'est fou ce que tu dis, parce que nous, c'est mon cheval de bataille. Et en fait, ce que j'ai observé, c'est que... Historiquement, ça allait, tu suivais, t'avais l'habitude, les patrons pilotaient les chiffres d'affaires très haut. Aujourd'hui, quand les temps sont plus compliqués, t'as besoin d'une granularité. Sauf que ta granularité, t'as vraiment dû aller la voir, parce que t'as tellement de sources de données qu'en fait, ton CRM n'est pas connecté à tes différents outils. Et comme c'est pas relié à la compta, tu sais pas vraiment l'impact de chaque chose. Et tu sais pas, tu perds peut-être du temps, peut-être qu'il vaut mieux aller réactiver des clients existants parce qu'en fait, tu les as déjà, ils sont là, et voilà. Et on passe beaucoup de temps à monter des infrastructures de données justement pour connecter ça avec la compta et être capable de déterminer. En fait, c'est simple. Dans ton business, tu as trois choses qui ont un impact. Et c'est ça, et ça, et ça.
- Speaker #0
Tu as totalement raison. Et on y viendra. C'est un rêve pour moi qu'on développe. Mais tu mets le doigt sur ce qui peut faire le changement d'une entreprise et comment on la vit aussi. Parce que sinon, on la subit. Et ce n'est pas la même chose.
- Speaker #1
On revient au point de départ.
- Speaker #2
Et tes franchisés, ils sont réceptifs à ce que tu... tu leur vends, j'imagine que oui quand tu dis que tu as 600 candidatures etc j'imagine que forcément ils comprennent ça, ils comprennent la valeur ajoutée de d'accord pour être sûr par exemple quand ils vont au salon de la franchise ils se disent est-ce que je fais du burger, est-ce que je fais du machin ou est-ce que tiens du démoussage d'entretien ils vont dire oula est-ce qu'ils sont sensibles quand même à ce que t'apportes quand même ils rentrent dans la technique de se dire ton 4 quand tu vas le chercher il comprend que derrière il va avoir du soutien et
- Speaker #0
Ah ben, ils viennent que pour ça, au début. Au début, ils viennent parce qu'ils n'ont pas l'idée. Ils te disent, moi, je n'ai pas d'idée, j'ai 45 ans, j'ai toujours bossé pour des grands groupes, j'en ai marre, je vais faire ça pour moi. Bon, c'est du B2B, je préfère que du B2C. Donc, tu vois, ça cible. Et il dit, mais attends, Attila, j'adore, c'est hyper RSE. Prolonge la durée de vie des toits. Nous, on a une stratégie de vendre bientôt de la décarbonation, puisque tu fais gagner 10 ans d'un toit, c'est 4 tonnes de CO2 déconnisé. Donc, à un moment donné, ils choisissent aussi parce que ça résonne en eux. Soit ils veulent faire une boulangerie, soit ils veulent faire... Moi, je fais très attention au projet du chef d'entreprise. C'est quoi ? Pourquoi tu montes ta boîte ? Qu'est-ce qui est important pour toi ? Les bonnes raisons. Je lui dis, tu ne vas pas faire du toit. Ce n'est pas ça ton truc. Ce n'est pas de faire du toit. C'est d'être habité par une histoire à partager. Souvent, je fais attention à ce que ce soit aussi en couple en termes de lisibilité parce que c'est deux années très dures. donc j'ai dit est-ce que ta compagne, ta femme elle est ok avec ce projet là parce qu'on a déjà eu des échecs à cause de ça parce que finalement c'était pas un projet de famille il faut rentrer dans le dur les deux et puis ça va très vite parce qu'en franchise on croit que c'est facile mais en fait c'est encore plus dur parce qu'il faut aller plus vite, il faut investir plus puis t'as la compétition avec tes petits copains donc c'est vraiment un truc qui est un peu particulier donc du coup je vérifie moi pourquoi tu décides de monter ta boîte et on a un truc super intéressant je je ne pourrais pas vous le développer là, mais quand les mecs veulent ouvrir une deuxième boîte, des fois il y a des larmes. Parce que quand tu vas chercher réellement les motivations de pourquoi tu fais ça, tu te rends compte que ça vaut le coup qu'on creuse encore un peu.
- Speaker #2
J'entends beaucoup de franchisés qui me disent, il y a des gars que je n'aurais pas parlé dessus, mais finalement ils ont une franchise et puis ils en font une deuxième, ils en font une troisième et puis ils sont partis.
- Speaker #0
Des fois je me suis trompé, je me suis dit lui il ne fera pas grand chose. Il m'a éclaté. Il m'a éclaté. Complètement. J'ai des franchisés qui ont trois boîtes chez moi et qui ont même fait de la multi-enseigne. Donc, ils ont été chercher d'autres franchiseurs.
- Speaker #2
Intéressant.
- Speaker #1
Tu l'as un peu ouvert tout à l'heure. Tu as dit un sujet pour après. Je répète, une société de 140 millions d'euros, il faut imaginer le truc, 1400 personnes, 90 franchisés, c'est quoi la vision que tu te dis ? Tu t'es fixé une fin ou pas ? C'est quoi le endgame en fait ?
- Speaker #0
Le endgame dans ce domaine-là particulièrement, parce que moi il y a le endgame de ça, puis il y a le game où j'ai envie de me faire plaisir sur d'autres trucs, mais le endgame de ça, c'est de comprendre qu'on a déjà 350 secteurs, on n'en a couvert que 140, c'est un truc de dingue. Mais le vrai potentiel d'Attila, c'est 350 secteurs, puisqu'on a découpé 7000 toits par secteur. C'est compliqué. Et puis au début, on pensait qu'un secteur, c'était 600 000. Là, on vient d'avoir nos premières boîtes qui dépassent 2 millions. Donc, à un moment donné, on s'est dit, le marché, c'est 350 millions ou 700 millions ? Donc, la limite sera les hommes. Est-ce qu'on sera capable d'être solide ? Mais sinon, le next game, c'est de continuer. Puis comme on s'appelle Attila, il faut être conquérant quand même. On ne va pas s'arrêter à poitiers quand même. Donc du coup, l'idée, c'est vraiment de continuer à croître, non seulement dans les territoires, mais en plus dans la croissance du chiffre d'affaires par territoire. Et puis ensuite, donner du sens à notre métier. Moi, je souhaite qu'on prolonge la durée du détoil sincèrement pour éviter de faire du déchet. Et donc là, on parle en tonnes de CO2. Donc ça, c'est vraiment pour moi très important, ce next game-là. Et puis ensuite, si on a envie de jouer, on peut s'attaquer aussi au B2C. Donc, le fameux contrat d'entretien à 300 balles pour le pavillon de Madame Michu. Elle ne veut plus que son mari monte sur le toit.
- Speaker #2
Enfin, Julien Masson. On parle de lui.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, le marché est aussi gros dans le B2C que dans le B2B. Sauf que c'est tellement différent que pour l'instant, on ne s'agace pas avec ça. Mais oui, c'est une source de croissance énorme.
- Speaker #2
Tu voulais aussi qu'on parle de l'accompagnement des franchisés. Tu as développé Atix avec l'IA. On parle souvent dans cette troisième partie un peu de l'IA, comment tu le vois, comment tu l'utilises, des exemples concrets un peu pour nos éditeurs.
- Speaker #0
Oui, moi je pense que l'IA va me permettre... Alors moi j'ai toujours été passionné de l'IA, ça fait bien avant qu'OpenAI sorte, j'avais recruté un chercheur en data neurone. Le problème c'est qu'il a beaucoup cherché. Et il n'a rien trouvé, mais c'était passionnant d'avoir ça. Et puis quand Open AI est arrivé, je me suis dit, voilà, c'est mon cadeau de Noël. Je vais pouvoir m'amuser avec ça. Et l'idée pour moi, c'est de réenchanter le monde de l'artisanat, mais à une échelle supérieure. Là, on le fait pour Attila, mais Atix, c'est vraiment pour réenchanter le monde de l'artisanat global, c'est-à-dire le peintre, le plaquiste. Et comment on peut les aider, ces gens-là ? Comment on peut être utile ? En leur faisant un logiciel qui fait les devis. En 60 secondes, on dicte les choses et puis à partir du moment où vous décrivez, le logiciel vous sort le devis détaillé, prestations, fournitures, marges, en moins d'une minute. Évidemment, cette intelligence artificielle apprend de l'artisan, mais par rapport à tout ce qu'on s'est dit tout à l'heure, moi ce n'est pas un logiciel de devis facture que je veux faire. C'est le meilleur compagnon et le meilleur conseiller, et là on retrouve notre discussion, de dire... Si c'est connecté à la compta, l'intelligence artificielle va tout voir. Elle va s'adapter au comportement de l'artisan. Elle va lui dire attention sur ce devis-là. On s'était planté la dernière fois, il y a trois mois, tu ne te rappelles pas ? On avait bouffé 1000 balles. Donc attention, soit tu es meilleur techniquement pour exécuter, soit tu augmentes ton prix. Pareil, on scanne les factures de fournisseurs. Le gars voit si le fournisseur a pris plus cher ou moins cher. Donc on a un champ du possible. pour devenir le premier compagnon, meilleur comptable, meilleur commercial, dans la poche des artisans français et j'espère européens. Donc ça c'est mon...
- Speaker #2
Mais ça, ça sort un peu du coup de ton projet d'Attila classique ?
- Speaker #0
Oui, ça sort du projet d'Attila. Non, mais je vais l'utiliser en fait, ce qui est génial dans ce projet de Atix qui n'est pas en lien avec Attila. Mais par contre, moi je découvre un monde qui va être utile à Attila. Donc je vais réintégrer aussi pas mal d'intelligence artificielle. grâce à cette formation de Néo Pivot qui est juste extraordinaire. Exactement, à la BPI. Et donc, du coup, on rencontre aussi plein de chefs d'entreprise incroyables, plus les uns que les autres. Donc, c'est vraiment un projet qui impacte un peu plus grand qu'à Tila, mais évidemment que je vais capitaliser là-dessus. que notre réseau reste le plus performant possible.
- Speaker #2
Et surtout que là, c'est technique, parce que du coup, c'est du développement d'agents IA, de workflow d'agents. Oui,
- Speaker #0
c'est ça, exactement. Mais il faut y mettre, comme toujours, de l'intelligence, de la compréhension, de la subtilité. L'IA, moi, je suis convaincu que c'est la calculette des années 40. C'est vraiment... que ça va impacter beaucoup plus le monde, même si vraiment... Moi, j'ai mes codeurs qui sont dans ma boîte d'informatique. J'ai été manger avec eux la semaine dernière. Ils me disent que c'est terrifiant. Ça fait deux mois qu'on n'a pas codé une ligne. Et j'ai été étonné de voir leur résistance et leur inquiétude. Et je me suis dit qu'il faut vraiment que je leur mette une formation et des séances de coaching pour qu'ils puissent retrouver leur place. Parce qu'ils ont vraiment été... Ah oui, vraiment, j'étais surpris. J'étais surpris que... Ils étaient même un peu encore en résistance sur le truc. Ils se disent que ça nous dépasse. J'en ai quand même 10 comme ça. Je ne m'attendais pas à ça. Par contre, ils y vont. Ça se passe bien. Ils ne codent plus. Ils sortent des projets plus vite. Plus vite, plus fort, mieux.
- Speaker #2
Ça m'a donné une nouvelle idée.
- Speaker #0
Ça ne me pose pas de problème.
- Speaker #1
Tu fais des choses Merci. pour garder la pêche, maintenir l'énergie au bon niveau, parce que tu as quand même un devoir aussi, c'est une pression quand même à des franchisés, parce que les gens, ils sont endettés, ils te font confiance, alors c'est une partie eux et une partie toi aussi. Oui,
- Speaker #0
ça c'était même un vrai problème quand j'ai commencé en tant que franchiseur, je vivais mal cette idée qu'ils pouvaient... Et donc après, on se soigne, parce que déjà on a peu d'échecs, on a 2% d'échecs chez Attila, donc c'est quand même très faible. Mais néanmoins, on peut vite se rendre malade parce qu'on se sent responsable et puis rapidement, on comprend quand même que c'est un choix aussi de sa part et on est là entre chefs d'entreprise. Donc sinon, je ne serais plus capable de faire ce job-là, de porter... Non, tu ne dors plus. Tu portes tes propres boîtes. Chacun fait sa part. Par contre, tu t'entraides. De ce point de vue-là, maintenant, j'ai bien gardé la pêche. Garder la pêche fait... pas comme mon père, mon beau-père. Je fais deux à trois séances de sport par semaine. Je travaille beaucoup depuis cinq ans le développement personnel. J'ai fait une formation de coach professionnel et certifiant. Finalement, je ne coach pas ou très peu. Je coach deux dirigeants par an parce que ça me fatigue. Mais par contre, le parcours est exceptionnel.
- Speaker #2
Et ça t'aide, toi ?
- Speaker #0
Ça m'a changé la vie.
- Speaker #2
Pourquoi ça ? C'est marrant. On peut faire un petit...
- Speaker #0
Oui ? En réalité, quand je suis autodidacte, je monte tout ça, je me dis que j'aimerais bien comprendre des techniques que j'ai dû faire comme ça. Intuitivement, je voudrais les comprendre. On me dit qu'il y a du coaching un peu spécialisé dans le domaine des entreprises, donc je fais cette formation. Et puis là, j'y vais pour avoir la bonne caisse à outils, le mec qui veut produire. Et puis là, je me fais embarquer dans un truc qui est complètement... dingue dans lequel je me retrouve face à moi-même, dans lequel on dit, tu veux aider les gens en tant que coach ? Va déjà chez un psychologue, fais le ménage dans ta tête, parce que sinon tu ne seras pas certifié. Donc c'est obligatoire. Ah ouais, tu dis, merde, d'accord. Ok, sympa les gars, donc je vais aller chez un psy. Et du coup, on se rend compte que nous sommes ce que nous pensons. Et donc j'ai toujours dit à mes enfants qui sont grands, je leur ai dit, écoutez, quand vous voulez vous muscler, vous allez en salle de sport et vous y consacrez du temps. Quand vous voulez vous éduquer, Vous allez lire des livres et vous allez au théâtre. Vous y passez du temps. Donc qui range le bordel dans votre tête ? À quel moment vous prenez du temps pour faire du ménage ? Voilà. Et donc c'est ce que ça m'a appris. Et donc pour moi, c'est l'alignement personnel. Et plus on a de responsabilités, je pense, plus c'est indispensable. Parce que si le chef de colonne panique, c'est toute la colonne qui panique. Donc ça, je l'ai appris avec l'ORED. Et il ne faut pas que le chef de colonne panique. Donc il faut qu'il prenne soin de lui.
- Speaker #1
Intéressant. Magnifique, merci chef de colonne. Tu aurais quelqu'un que tu aurais envie d'inviter dans le podcast qui soit là à ta place ? Tu serais très content d'écouter toi-même ?
- Speaker #0
Il y a plein de gens qui me passionnent, qui impactent le monde. Je pense à Bruno Tesson, par exemple, je ne sais pas si vous connaissez, qui est un homme que je fais intervenir, notamment dans la capacité à nos dirigeants à ne pas être indispensables à leur boîte, et donc à savoir déléguer. Et c'est quelqu'un que j'aime beaucoup. C'est quelqu'un que j'ai fait coacher mes enfants, parce que c'est difficile d'hériter d'une boîte que tu n'as rien demandé. Donc quand ils avaient 14, ma fille dit, je ne comprends rien à ce que le monsieur dit. et mon fils qui a adoré donc il a accompagné mes enfants très tôt pour leur dire vous n'êtes pas responsable de rien et donc vous n'êtes pas obligé voilà donc du coup maintenant les deux bossent avec moi donc ça a bien marché j'ai bien joué,
- Speaker #2
j'ai joué fin pour les bonnes raisons peut-être et un entrepreneur vraiment que tu admires qui a monté un business,
- Speaker #0
peut-être tu en croises beaucoup maintenant pour amener ou autre oui oui j'en croise beaucoup là comme ça j'en ai plein mais du coup ça dépend ce qu'on regarde dans le domaine de la de la franchise, dans le domaine de l'industrie. J'ai fait un repas avec des sociétés, une belle boîte qui s'appelle Visconsi, et qui sont des coachs pour des dirigeants de très haut niveau. Donc, ce ne sont que des anciens dirigeants de très haut niveau.
- Speaker #1
Hubert Aigné ?
- Speaker #0
Oui, et j'ai passé une soirée merveilleuse avec que des chefs d'entreprise qui pèsent très lourd, beaucoup plus que moi. Et les mecs, ils étaient d'une humanité. Donc, il faudrait que je regarde quand même, parce qu'il n'y en avait que des dingues.
- Speaker #1
Comme tu as quand même fait du porte-à-porte quand tu as 19 ans.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est facile, ça.
- Speaker #0
Je vais vous trouver des gars. Je vais vous en trouver des cisennes.
- Speaker #2
Des femmes. Ah oui,
- Speaker #0
Absolument. J'ai une amie qui s'appelle Laurence Gauthier-Podon, qui a eu la Légion d'honneur et qui a monté une très belle boutique qui s'appelle Temporis. Et donc, voilà. Pourquoi pas ? Exactement.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour l'épisode, j'espère que vous avez pris autant de plaisir que nous. Oui, parce que t'en as écouté une quarantaine ! Ce monsieur est sérieux.
- Speaker #0
Je vais faire le reste.
- Speaker #1
Et on embrasse Julien. Un gros bisou Julien. Salut, ciao.
- Speaker #0
Merci beaucoup.