- Clémence Favorel
Dans l'épisode précédent, Julien Pauley, président directeur général de Promod, nous parlait de la stratégie RSE du groupe. Nous avons souhaité, dans ce quatrième épisode, aborder sa mise en place et son pilotage au travers du témoignage de Mathilde Delvallée, responsable RSE chez Promod. Dans cet épisode, Mathilde abordera avec nous les problématiques et enjeux du pilotage de la stratégie RSE du groupe, mais également ses convictions vis-à-vis des enjeux de demain. Bonne écoute ! Bonjour Mathilde ! Salut Clémence, on est ravis de te recevoir dans notre quatrième épisode, donc c'est le deuxième épisode sur la stratégie RSE. Est-ce que pour commencer, tu pourrais te présenter s'il te plaît ?
- Mathilde Delvallet
Oui, bien sûr. Du coup, je suis Mathilde Delvallet, j'ai 34 ans, je suis maman d'une petite fille qui a deux ans et demi et je suis responsable qualité RSE pour Promod. Ça fait bientôt sept ans que je travaille pour Promod.
- Clémence Favorel
Ok, avant Promod, tu travaillais où ?
- Mathilde Delvallet
Avant Promod, j'étais chez HAPPYCHIC. C'était tout le groupement de marques Jules, Brice et Bizzbee, notamment.
- Clémence Favorel
Et du coup, tu faisais aussi responsable RSE ?
- Mathilde Delvallet
J'étais responsable qualité. D'ailleurs, chez Promod, je suis arrivée en tant que responsable qualité. J'ai un peu fait de RSE dans mon ancienne société, mais également chez Promod. Et j'ai repris la RSE vraiment en fin 2022.
- Clémence Favorel
OK. Bon, voilà. Nickel. Donc du coup, comme je le disais, on se voit aujourd'hui pour le deuxième volet de la stratégie RSE. On a un petit peu parlé avec Julien dans l'épisode précédent. plutôt du côté groupe et gouvernance, côté conseil de surveillance, comex mais aussi les enjeux de demain. On se voit aujourd'hui pour rentrer un petit peu plus dans le sujet, en tout cas en termes d'organisation, de gestion des équipes, etc. Est-ce qu'avant de démarrer sur tous ces sujets, on peut refaire un petit point sur ce qu'est la RSE et en quoi elle joue un rôle chez Promod, pourquoi c'est un enjeu ?
- Mathilde Delvallet
Alors, la RSE, de manière générale, du coup, c'est la responsabilité sociétale des entreprises. Ça va être vraiment toutes les actions sociales, sociétales et environnementales qu'une entreprise va mettre en œuvre. Et en gros, on va faire en sorte, et d'ailleurs c'est important, que ces actions soient économiquement viables. Puisque du coup, on peut être une entreprise RSE, enfin durable, l'objectif, c'est que l'on soit aussi durable dans le temps et durable financièrement.
- Clémence Favorel
Oui, on n'est pas une ONG.
- Mathilde Delvallet
Tout à fait.
- Clémence Favorel
Ça marche, merci. Donc du coup, la dernière fois, Julien nous a expliqué le RRSM qui s'est transformé il y a quelques mois en RRSM2. Est-ce qu'on peut juste le repréciser avant de passer à la suite pour que tout le monde l'ait bien en tête ?
- Mathilde Delvallet
Alors oui, le RRSM, c'est la stratégie d'entreprise, c'est pour Retail Responsable sur mesure. Julien, quand il est arrivé à la présidence, a lancé cette stratégie pour passer d'un business de masse à un business de précision. Précision en termes de volume, précision en termes de produits, de communication auprès de la cliente, du visite cliente. Et sur cette année 2025, il y a l'accent qui a été encore mis sur ce RRSM, qui est devenu le RRSM 2, où plutôt l'enjeu sur le RRSM, c'était moins, mieux, plus durable. Et le moins et mieux vont plutôt devenir juste. De manière plus juste d'un point de vue quantité, plus juste d'un point de vue produit, puisqu'on ne va pas pouvoir faire que du moins, on ne peut pas tout le temps réduire les quantités, donc du coup c'est plutôt de se dire comment est-ce qu'on fait ça de manière encore plus juste, à la fois pour l'homme, pour l'environnement, et pour nos clientes et nos collaborateurs.
- Clémence Favorel
Ok, et donc du coup tu as ce RRSM 2, et avec tout ça on est venu positionner des piliers.
- Mathilde Delvallet
Oui. Enfin, 5 objectifs RSE, du coup on a un objectif autour du réglementaire qui est de s'assurer que Promod est conforme par rapport aux réglementations RSE qui existent. Donc, réglementations qui évoluent très rapidement et avec beaucoup d'aléas.
- Clémence Favorel
On en reviendra par la suite.
- Mathilde Delvallet
C'est un sujet. On a un sujet autour sur la mesure et le pilotage, de pouvoir identifier les actions, comment est-ce qu'on les mesure et quels sont les objectifs qu'on se donne et du coup, comment est-ce qu'on les pilote. On a une priorité autour des produits moins impactants. Qu'est-ce qu'on va faire au niveau de nos produits ? Comment est-ce qu'on va réduire l'impact pour l'homme, l'impact sur l'environnement ? Comment est-ce qu'on va faire attention aux matières qu'on choisit ? Comment est-ce qu'on va concevoir les produits de manière à les rendre moins impactants ? Qu'est-ce qu'on va faire auprès de nos usines également pour garantir les conditions de travail ? Donc ça, c'était le troisième pilier. On a le quatrième pilier qui te concerne particulièrement. C'est plutôt le visible client. Comment est-ce qu'on s'assure que nos clientes comprennent notre stratégie, comprennent nos enjeux et puissent voir vraiment ce qu'on fait, notamment autour de nos produits, mais également dans les coulisses chez Promod. Et enfin, le dernier pavé est plutôt autour de l'engagement des collaborateurs. Comment est-ce qu'on s'assure que chaque collaborateur soit suffisamment formé aux enjeux RSE, à la stratégie de l'entreprise et soit capable, dans son métier, de mettre en œuvre les actions nécessaires pour répondre à cette stratégie-là ?
- Clémence Favorel
Ok, donc du coup, ces cinq piliers, si on se les résume là,
- Mathilde Delvallet
on va avoir le réglementaire, la mesure et le pilotage, l'impact de nos produits, le visite client et l'engagement de nos collaborateurs.
- Clémence Favorel
Ok, donc c'est ces cinq piliers qui vont nous permettre de travailler sur à la fois nos métiers et la stratégie. Et tu m'avais parlé, quand on a préparé tout ça, d'également nos trois... Alors là, c'était les cinq priorités, et après on a les trois piliers d'engagement.
- Mathilde Delvallet
Alors oui, effectivement, on a trois piliers d'engagement. On va plutôt s'engager auprès de la femme, donc ça va être nos soutiens aux associations, notamment. On va avoir également tout un pavé autour de l'inclusion. Comment est-ce qu'on garantit une expérience inclusive à nos collaborateurs ? Comment est-ce qu'on s'assure aussi que nos clientes, à chaque moment de leur vie, que ce soit dans la maladie, dans la grossesse notamment, trouvent une offre produit qui leur corresponde. Et on va avoir en troisième pilier engagement tous nos enjeux autour de l'environnement. Et donc là, ça va plutôt être un focus auprès des collaborateurs. Comment est-ce qu'ils peuvent s'engager pour l'environnement ? Donc, ça va passer à la fois par le World Cleanup Day, ça passera par les semaines européennes du développement durable, enfin voilà, ce genre de choses.
- Clémence Favorel
Ok, d'accord. Tout ça qui finalement permet d'avoir un filtre et de catégoriser l'ensemble de nos missions. Et comment ça se travaille ? Alors toi, tu es responsable RSE qualité, mais tu es aussi pilote avec Florian, qui est lui sur le volet engagement du Copil RSE. Est-ce que tu peux un petit peu nous expliquer comment ça se met en place ? Parce que finalement, c'est un peu l'organe central aujourd'hui. Alors oui, alors du coup, juste pour revenir un peu sur l'historique du copie l'RSE. Donc, le copie l'RSE,
- Mathilde Delvallet
Je pense que Julien en a un peu parlé dans son podcast. Au départ, c'était vraiment les collaborateurs qui venaient proposer des idées, notamment autour des enjeux RSE. C'est comme ça que la stratégie RSE s'est construite. Quand j'ai repris un peu la partie RSE fin 2022, il y a eu en parallèle du coup les réflexions autour du projet entreprise à mission. Et on s'est rendu compte qu'il était nécessaire de venir reprioriser et retravailler un peu tout le rôle du copil RSE et de pouvoir retravailler cette instance-là. Donc, à l'époque, il y avait du coup un copil RSE, un copil engagement qui était piloté par Florian et on s'est rendu compte concrètement qu'on se marchait un peu sur les pieds et que ça pouvait être intéressant de venir fusionner ce copil, d'identifier les personnes qui allaient être présentes dans ce copil. C'était important d'avoir au minimum un représentant de chaque direction. Il y a plusieurs directions, il y a plusieurs représentants en fonction des enjeux et des sujets qui sont traités. Mais du coup, le rôle du copil avec des représentants de chaque direction est vraiment de venir mettre en œuvre la feuille de route RSE et engagement, en lien avec les cinq priorités et les trois piliers qu'on a cités juste avant et de faire avancer les projets. Certains sont même chefs de projet de cette feuille de route. Mais également, ils ont un rôle d'ambassadeurs de la RSE. Ils font en sorte que chaque collaborateur de leur direction soit au courant de ce qui se passe, soit au courant des avancées et que l'engagement des différents collaborateurs, soit au maximum, dans chacune des directions. Donc ça c'est vraiment le rôle du COPIL, enfin des membres du COPIL. Donc tu l'as dit, il y a deux pilotes, il y a Florian et moi-même, où nous on s'assure du coup du respect de la feuille de route, de rendre des comptes également aux comités, aux COMEX, pour des avancées, des ajustements nécessaires à faire sur la feuille de route au cas échéant. Et on a également trois invités permanents. On a Julien qui est du coup le sponsor et le représentant du COMEX au sein du COPIL. On a Antoine également qui est responsable de l'audit interne. Donc, lui, il a vraiment un rôle d'auditeur de s'assurer qu'on respecte nos engagements, qu'on s'assure que les moyens et la feuille de route avancent correctement par rapport aux objectifs de l'entreprise. Et on a également Lucie qui est dans la cellule Newbies, puisqu'ils ont un peu leur propre instance à côté, mais pour qu'elle puisse s'alimenter, elle, de ce qui se passe au niveau du copil. mais également qu'elle puisse nous donner les avancées, notamment sur les enjeux autour de la seconde main, le DIY ou ce genre de choses.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ça. Puisque tout le monde ne connaît pas, on va y remédier. Les newbies ou les nouveaux business, comme on les appelle chez Promod, c'est plusieurs entités qui ont également souvent été des idées, au départ, de collaborateurs ou de collaboratrices. Il y a Promod Couture qui est une offre DIY, comme tu le disais. Il y a le Mais in France et il y a également la seconde main, on l'appelle la seconde vie chez nous, avec une offre de revente et de collecte également. La collecte qui, au moment où vous écoutez ce podcast, aura eu lieu puisque nous ne faisons plus le Black Friday. Donc du produit qui représente l'ensemble de ces business. Tout à fait. Ok, donc du coup, ça fait quand même pas mal de monde.
- Mathilde Delvallet
Donc, comme tu le disais, au total, c'est 15 personnes.
- Clémence Favorel
Ouais. Et du coup, une fréquence de rendez-vous ?
- Mathilde Delvallet
On se voit tous les deux mois, à sujets qui varient en fonction, soit sur des avancées de feuilles de route, soit sur des priorisations. Là, le prochain COPIL, ça va être vraiment sur la préparation de 2026 et comment est-ce qu'on s'organise, quels sont les rituels qu'on met en œuvre, quelles sont les priorités qu'on va pouvoir se faire. mettre en place, comment est-ce qu'on retravaille un peu notre partie engagement notamment, et comment on intègre aussi l'entreprise à mission dans notre feuille de route.
- Clémence Favorel
Donc du coup, l'ensemble des membres de ce copil a ce fameux devoir de faire remonter et redescendre les informations, soit le copil vers sa direction, soit les retours de sa direction vers le copil. Tout à fait. ok ça nous amène du coup cette implication du copil, finalement, l'objectif aussi, c'est d'avoir la RSE qui infuse l'ensemble des directions et qui, du coup, soit expliquée ou en tout cas, on arrive à unborder tous les collaborateurs. Ce n'était pas forcément comme ça quand tu es arrivé ou en tout cas, ce n'est pas encore totalement parfait. Est-ce qu'on peut un petit peu parler de comment ça fonctionne, au-delà du copil, comment est-ce qu'on va essayer de travailler pour impliquer l'ensemble des collaborateurs ? Promod dans la stratégie RSE ? Il y a pas mal de choses qui sont faites. On va déjà commencer par l'onboarding des collaborateurs.
- Mathilde Delvallet
Il y a déjà toute une journée qui s'appelle le Welcome Day qui est organisée par notre département RH qui invite chaque nouveau collaborateur de Promod à vivre une expérience ... au siège où on va leur présenter tous les aspects stratégiques, ils vont découvrir des différents métiers. Et il y a tout un pavé autour de la partie RSE, et notamment on a un atelier en ce moment qui est plutôt autour de l'éco-conception. On va également, là on vient de fêter nos 50 ans, on a eu tous les responsables de magasins qui sont arrivés, on essaye du coup au niveau de l'équipe RSE. de proposer des formations et des alternatives plutôt ludiques sur un sujet qui est certes passionnant, mais assez technique et assez complexe. Donc, on a pu notamment réaliser un escape game pour ces responsables de magasins autour des enjeux RSE. Donc ça, ça va être un peu les formations qui vont être faites, les onboardings qui vont s'adapter aussi en fonction des métiers des personnes qu'on va avoir en face de nous. forcément une personne qui va plutôt être avoir une fonction achat, avoir une formation beaucoup plus poussée, une intégration beaucoup plus poussée qu'une personne au sein des RH. Mais voilà, en tout cas, chaque personne qui arrive chez Promod doit connaître les enjeux RSE et passer par cette phase d'onboarding. Et ensuite, ce qu'on a mis également et qu'on essaye de déployer au maximum, ça va être toutes nos ambassadrices RSE. Oui. Donc c'est des responsables de magasins, une ambassadrice par région qu'on a formée pendant une journée, enfin deux journées même, autour des enjeux RSE et des enjeux qualité. Et en fait, elles vont avoir vraiment un rôle de diffusion de ces formations auprès de toutes les conseillères de mode, les responsables de magasins et les responsables agents de leur région, de manière à du coup avoir le bon discours auprès de nos clientes. sur toutes ces thématiques RSE, des questions. Pourquoi est-ce que vous faites fabriquer en Chine ? Pourquoi est-ce que vous utilisez du polyester recyclé dans vos produits ou ce genre de choses ? Donc voilà, on a le côté plus interne avec l'équipe RSE qui forme, qui on-board. Et après, on a le côté plus visible cliente, où ça va être vraiment nos ambassadrices RSE qui ont un rôle clé à jouer.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ça. Je fais un petit focus quand même sur les ambassadrices RSE puisque je fais partie de ce petit projet. C'était important pour le COPIL et notamment c'était une de vos demandes avec Florian, parce qu'on a aussi le pendant de l'ambassadrice RSE qui est l'ambassadrice handicap chez nous. C'est comment est-ce qu'on arrive à faire participer et avoir des retours du réseau magasin, parce que par rapport à d'autres enseignes, on a quand même un vrai sujet par rapport à des marques qui ne sont que pure players. On a quand même plus de salariés en magasin qu'au siège. Et on a surtout des salariés en magasin qui sont en contact de notre cliente. Et du coup, dans cette fameuse logique d'informer la cliente, elles sont primordiales. Et effectivement, tu le disais, on les a fait venir deux fois deux jours les deux dernières années pour les former, faire un petit peu connaissance avec elles et essayer de trouver avec elles un process : comment on arrive à leur donner des infos et comment on arrive à en récupérer et à solutionner certaines problématiques d'information ou d'apprentissage. Là, on les a formées cette année sur la traçabilité et la qualité.
- Mathilde Delvallet
Tout à fait.
- Clémence Favorel
On voulait leur faire un petit coucou et les remercier parce qu'elles sont super. C'est grâce à elles, aujourd'hui, pour moi, qu'on arrive quand même à faire bouger les lignes sur la connaissance de ce qu'on fait au travers de notre cliente. Merci à nos ambassadrices.
- Mathilde Delvallet
Merci à elles.
- Clémence Favorel
Ok, donc du coup, là, on a parlé comment on fait vivre finalement ces sujets RSE au siège et sur notre réseau magasin. On a touché du doigt un petit peu la formation avec effectivement l'onboarding, avec les ambassadrices RSE qu'on a formées. Qu'est-ce qu'on met en place d'autre en termes de formation ? Est-ce qu'on travaille des MOOC ou ce genre de choses ? Comment est-ce que ça se met en place ?
- Mathilde Delvallet
À date... On a vraiment plutôt de la formation terrain ou de la formation en direct. Après, il y a toutes les plateformes de formation qui sont développées par notre service RH où effectivement, les collaborateurs vont pouvoir avoir leur petite liste où ils peuvent s'auto-former sur divers sujets. On a également mis en place des vidéos, j'adore passer derrière la caméra, c'est absolument humoristique, mais où j'ai eu l'occasion de venir expliquer, vulgariser un peu le langage RSE, les différents sujets, qu'est-ce que la traçabilité, voilà. Donc il y a pas mal de supports divers et variés qui permettent de venir toucher un public large en fonction du temps que j'ai à consacrer à ma formation. Oui, c'est ça aussi. L'intérêt aussi que tu peux avoir, il y en a qui ont juste envie de savoir ce qui se passe, il y en a qui ont envie d'aller plus loin, de comprendre, de creuser un peu ce qu'il y a derrière. Et puis après, forcément, on a le côté formation, on a aussi le côté restitution et explication. Il va y avoir effectivement tout le rôle du copil de pouvoir expliquer comment ça avance au niveau de la RSE. Il y a le rapport RSE aussi qui va venir. de mettre en avant nos engagements, ce qu'on fait, ce qu'on fait bien, ce qu'on fait moins bien, les axes sur lesquels on va s'alimenter.
- Clémence Favorel
Oui,et puis on demande à tous les collaborateurs, on en a reparlé avec Julien sur l'épisode précédent, on demande aux collaborateurs, à minima, de lire le rapport en version courte, c'est sympa. Mais s'ils ont un métier lié de près ou de loin, soit avec le produit, soit avec la réglementaire ou autre, ils ont l'obligation de lire ce fameux rapport RSE sur le groupe.
- Mathilde Delvallet
Tout à fait. Voilà. Il est sympa.
- Clémence Favorel
Ok. Justement, j'ai abordé un petit peu la réglementation. Donc, on a ce rapport RSE, on a ces formations, En tout cas, on essaye de former au maximum nos collaborateurs, mais on a aussi des formations qui sont amenées à évoluer ou en tout cas... Chaque année, on doit retravailler nous, puisqu'on a un contexte réglementaire qui est un peu particulier sur la RSE. Je voulais qu'on l'aborde avec toi, qu'il le vis tous les jours, aussi bien dans ton métier que dans ton rôle de manager. Est-ce que déjà, dans un premier temps, tu peux nous expliquer un petit peu comment ça se passe ? Quelles sont les instances à qui tu dois finalement des comptes, au-delà de l'interne ? Qu'est-ce qui nous régit finalement aujourd'hui ?
- Mathilde Delvallet
Pas mal de choses. Non mais effectivement, il y a pas mal de réglementations. Il y a à la fois des réglementations françaises, des réglementations européennes. Donc on va avoir des contrôles notamment qui peuvent être réalisés par la répression des fraudes. On va également avoir, sur tout ce qui est durabilité de nos produits, gestion de fin de vie et tout ça, on a ce qu'on appelle la REP pour la responsabilité élargie du producteur, qui va être le principe du pollueur. payeur, donc plus je mets de produits qui seront des déchets à terme sur le marché qui sont moins durables ou ce genre de choses, plus je vais payer une éco-contribution pour favoriser la partie fin de vie. Donc oui, le côté plus réglementation, forcément, c'est la loi, on l'applique. Si on n'applique pas la loi, on...
- Clémence Favorel
Si tu ne respectes pas la loi, tu es puni.
- Mathilde Delvallet
Tu es puni, tout à fait. Et après, on a également des possibilités de prouver qu'on peut faire mieux et qu'on cherche à rendre nos produits, par exemple, plus durables. Et donc, du coup, de payer moins ou en tout cas de récupérer une partie des taxes qu'on peut payer en prouvant que nos produits sont plus durables dans le temps. Mais oui, le contexte réglementaire est assez complet. Ça change un peu. Pas du jour au lendemain, mais presque. Dans nos priorités, forcément, il y a une priorité autour du réglementaire. Être conforme à la réglementation, c'est primordial. Mais par contre, on essaye également de se préparer au maximum, d'anticiper les réglementations qui sont en cours de discussion au Parlement, que ce soit au niveau de l'Union européenne. Et donc, du coup, on fait pas mal de projets, on avance pour décortiquer un peu ces textes de loi. et ça peut nous arriver d'avoir vient avancer sur un sujet et d'un seul coup, on va stop finalement. Il y a un retour en arrière, on décide de décaler de deux ans la mise en application. Et c'est vrai que c'est assez complexe à la fois à piloter au quotidien, de se dire, il y a un point de réglementaire, on a une date qui est donnée au 1er janvier 2026, il faut absolument être prêt, on fait tout pour être prêt. Et finalement... Trois mois avant, on nous dit finalement, vous avez encore deux ans. Donc, c'est bien, on a pris de l'avance. Mais c'est vrai que sur le pilotage, de se dire, j'ai consacré beaucoup de temps sur telle réglementation, j'aurais pu consacrer à faire avancer d'autres, ce genre de choses, c'est assez complexe. Et il y a aussi tous des enjeux autour de garder une longueur d'avance par rapport aux réglementations. Il y avait pendant... Chez Promod, on avait notamment mis en place tout ce qui était Promod For Good qu'on a arrêté aujourd'hui, qui était notre label interne, notamment pour mettre en avant les produits qui contenaient des matières moins impactantes. On a décidé d'arrêter parce qu'il y allait avoir des réglementations qui allaient arriver sur tout ce qui était label interne, mais également parce que demain, on se dit que les réglementations autour des matières, l'obligation demain de mettre des matières recyclées, ce sera un impondérable, ce sera réglementé. et donc du coup on... On essaye toujours au maximum de garder ces longueurs d'avance, de continuer à travailler sur ces sujets-là, malgré les aléas réglementaires.
- Clémence Favorel
Oui, c'est important que tu parles de Promote for Good, parce qu'on a des clientes qui nous ont dit « On ne voit plus Promote for Good, ça veut dire que vos produits sont moins bien, ils sont moins respectueux de l'environnement. » Non, au contraire, c'est une volonté de notre part d'aller beaucoup plus loin avec un projet qui s'appelle MMI, matière moins impactante, tout à fait. Mais voilà, on essaie d'aller justement plus loin. Et tous ces sujets de Promote for Good, ça ne veut pas dire qu'on abandonne. Et c'est important de le souligner.
- Mathilde Delvallet
On va même plus loin, effectivement. Parce que Promote for Good, on avait 8 produits sur 10. Mais on était à 20-30% de matière moins impactante. Et là, du coup, on travaille vraiment en volume. Et on atteint plutôt là sur... sur la collection PE26 qui va arriver. On attend plus de 50% du coup de volume avec des matières moins impactantes. Là où un an en arrière, on était plutôt aux alentours de 45%. Oui, donc c'est moins visible. En tout cas, il n'y a plus l'encart pour la cliente. On peut toujours le retrouver sur l'étiquette de composition. Mais on a fait le choix, comme ça concernait 80% de nos produits, de ne plus le mettre en avance. Du coup, c'était juste une étiquette supplémentaire.
- Clémence Favorel
Oui, exactement. C'est antinomique pour nous. On essaie de réduire au maximum les étiquettes inutiles. Donc, celle-là, on faisait parfait. OK. Donc, complexe. On s'en sort. Parfois, on gagne du temps. Parfois, finalement, la réglementation change. Je pense à l'étude environnementale, notamment. Du coup, sur l'impact sur ton métier ou celui des collaborateurs, je pense à ton équipe, notamment. elle n'est quand même pas anodine. Ça se passe comment en termes de gestion ? C'est pareil. En fait, on a toujours une revue des priorités de manière assez irrégulière.
- Mathilde Delvallet
On fait une feuille de route forcément sur l'année à venir et puis on se revoit tous les trois, tous les six mois en fonction des avancées. Mais du coup, nous, on a pris la décision il y a un peu plus de deux ans ou à peu près deux ans maintenant de se réorganiser complètement en interne justement pour répondre à ces enjeux-là. puisque du coup dans l'équipe RSE il y a effectivement toute la partie plus RSE transverse, on va piloter le projet autour de l'affichage environnemental, donc l'impact de nos produits, mais il y a également tout ce qui est RSE autour de notre chaîne d'approvisionnement, comment est-ce qu'on garantit des conditions de travail, des conditions environnementales dans nos usines, et ça c'est un quotidien qui demande du temps pour auditer, pour lire les rapports, donner des... des axes d'amélioration aux fournisseurs. Et donc, du coup, on a décidé vraiment de se réorganiser, de recruter aussi pour pouvoir venir consolider cette équipe-là. Et du coup, depuis deux ans, on a deux chefs de projet. Avant, le projet était vraiment dans le cœur de métier de chacun. On a vraiment maintenant deux personnes qui sont dédiées à la gestion de projet autour de la partie RSE+, je t'aime, d'approvisionnement et autour de la partie développement durable et qualité. pour nous permettre vraiment de les... détachés de l'opérationnel, même si ils ont toujours un peu d'opérationnel aujourd'hui, c'est quand même 80% de projets, 20% d'opérationnel, et nous permettre de venir réajuster, abandonner des projets, les mettre en pause et réajuster en fonction de comment ça peut bouger d'un point de vue réglementaire, d'un point de vue priorité aussi. Oui, parce que ça peut aussi changer en fonction des résultats, il y a pas mal de choses qui peuvent bouger, c'est pas complètement figé.
- Clémence Favorel
Oui, et puis de toute façon, toi, ton équipe est vouée aussi à évoluer parce que plus on va évoluer vers l'entreprise à émission ou même vers cette réglementation RSO qui va être, je l'espère, de plus en plus intransigeante, forcément, tu vas devenir pas la première direction, pas la première équipe de promod mais vous allez être beaucoup plus nombreux qu'aujourd'hui.
- Mathilde Delvallet
Ça devrait se staffer, effectivement.
- Clémence Favorel
Quoi ? Tu ne feras pas tout toute seule ? OK. Est-ce qu'avant de terminer cet échange, Est-ce que tu peux nous dire pour toi, avec toute ta vision de responsable RSE, c'est quoi les enjeux de demain, en tout cas sur l'univers du textile ?
- Mathilde Delvallet
Pour moi, c'est vraiment le produit. Comment est-ce qu'on pense le produit ? Quand je mets produit, je mets le produit en lui-même, sa composition, son origine, le fournisseur qui va venir. réaliser les différentes étapes de production. Et donc, du coup, ça veut dire la traçabilité complète de la chaîne d'approvisionnement, de manière à bien connaître qui fait quoi, quel est son impact et comment est-ce qu'il peut potentiellement s'améliorer. Donc voilà, ça va être le bon foie de matériaux, le bon foie du fournisseur, la bonne finition, le bon détail, vraiment tout bien pensé et éco-conçu, on va dire. Et également... Autre enjeu très important, c'est les quantités. L'objectif, ce n'est pas de brasser des quantités pour brasser des quantités. Ça va être vraiment d'avoir juste quantité de produits qu'on va mettre en vente à destination de nos clientes et qui va répondre à un besoin de la cliente et éviter de se retrouver avec des quantités d'invendus, solder, détruire vraiment la valeur du produit en balançant plutôt de la masse. Donc du coup, c'est travailler peut-être plus la qualité. Tout à fait, c'est notre casquette, mais effectivement la qualité, la durabilité d'un temps, faire en sorte que le produit réponde déjà à des exigences de baisse, mais également puisse durer longtemps, pourquoi pas être bien revendu en seconde main, on va parler de tout ce qu'on fait au niveau de la seconde vie, mais également être transmis. Il y a pas mal de choses qui peuvent être faites autour du produit, et effectivement les enjeux autour de la qualité pure du produit. et ils sont importants.
- Clémence Favorel
Ok, merci Mathilde.
- Mathilde Delvallet
De rien, merci à toi.
- Clémence Favorel
Je t'en prie. On l'a introduit un petit peu, on se revoit dans quelques épisodes puisque tu as une autre casquette comme tu l'as expliqué au tout début, tu es responsable RSE, mais également qualité. Et la stratégie qualité est primordiale et elle devient de plus en plus intimement liée, comme tu le disais, à la stratégie RSE puisqu'elle permettra une durée de vie, en tout cas, c'est comme ça qu'on veut l'écrire, plus longue de nos produits. Donc on se voit bientôt pour en échanger.
- Mathilde Delvallet
Tout à fait. À bientôt. Merci.
- Clémence Favorel
Et voilà, c'est la fin de notre quatrième épisode. Merci à Mathilde pour son témoignage. J'espère qu'il vous aura permis d'entrevoir un peu de l'envers du décor. Si ces deux derniers épisodes vous ont donné envie d'en savoir plus sur notre stratégie RSE, vous pouvez aller consulter notre rapport RSE sur notre site promote.fr. Le mois prochain, nous parlerons Made in France. J'aurai le plaisir de recevoir à mon micro-expresso l'un de nos partenaires français. En attendant... retrouvez nos 4 premiers micro-expressos sur toutes les plateformes de streaming et sur notre site web promod.fr