- Clémence Favorel
Depuis trois ans, Promod collabore avec des acteurs de la filière textile française afin de proposer à ses clientes une offre made in France, accessible et pensée pour durer. Notre objectif est de soutenir la filière par le billet de capsule. En trois ans, ce n'est pas moins d'une trentaine de produits qui ont vu le jour. Nous souhaitions aujourd'hui donner la parole à l'un de nos partenaires afin d'en apprendre plus sur la production française, ses enjeux, ses problématiques et également son avenir. Pour cela, nous recevons ce mois-ci à notre micro-expresso, Martin Brevard, associé et responsable du développement chez Lemahieu. Salut Martin !
- Martin Breuvart
Salut Clémence !
- Clémence Favorel
Je suis ravie de te recevoir dans ce cinquième épisode du micro-expresso. On va parler aujourd'hui du Made in France, mais est-ce que tu pourrais te présenter pour commencer s'il te plaît ?
- Martin Breuvart
Oui, donc Martin Brevard, 47 ans, après une expérience dans la délocalisation textile et notamment 5 ans en Chine. J'ai repris l'entreprise Lemahieu en 2018. Aujourd'hui, c'est une entreprise avec plusieurs associés. On est six, une aventure éminemment collective. Et pourquoi cette reprise ? C'est justement pour défendre la fabrication locale, l'industrie française qui m'anime tant.
- Clémence Favorel
Ok, donc du coup, est-ce que tu peux nous expliquer rapidement ce qu'est Lemahieu, en tout cas ce que fait Lemahieu ?
- Martin Breuvart
Lemahieu, on a la chance d'avoir un savoir-faire qui est unique et remarquable. On est entreprise du patrimoine vivant. On existe depuis 1947 dans la région, vraiment voisins de Promod à Saint-André-des-Lilles. Et on a la chance de fabriquer toutes les étapes de fabrication d'un vêtement. C'est-à-dire qu'on achète des bobines de fil et on va tricoter. Dans le jargon, c'est tricoter, donc on va fabriquer la matière. Et puis après, faire également, évidemment, la confection, la couture. Et puis après, la personnalisation, la broderie, la qualité, l'expédition. Et on a également un bureau de style avec des stylistes, des modélistes et des prototypistes. Et on est sur des vêtements en mailles fines, coupées-cousues. C'est plutôt des vêtements qu'on va porter près de la peau, à savoir des sous-vêtements, des slips, des culottes, monstruels, des boxers, mais également des sweatshirts, des t-shirts, des leggings. Et on est axé sur des matières biosourcées, biodégradables. Ça, c'est vraiment pour Lemahieu, c'est ce qui est important. Donc des matières naturelles, à savoir par exemple du lin qui va pousser dans la région, du coton biologique, du coton recyclé issu de nos chutes de coupe, de la laine mérinos et responsable. Et tout ça, c'est le savoir-faire de Lemahieu, de travailler ses matières pour avoir des produits qui soient durables avec le motto de Lemahieu. Donc, l'objectif, c'est d'être économiquement viable, socialement juste et environnementalement bon.
- Clémence Favorel
Ok, on y reviendra dans le détail, mais très intéressant. Super. Pour commencer, je voulais aborder avec toi un peu l'histoire de Lemahieu parce que ça fait partie du patrimoine textile français. Tu as commencé un petit peu à évoquer depuis quand existe Lemahieu. Est-ce qu'on peut reprendre depuis le début ? Lemahieu est lancé en 1947.
- Martin Breuvart
Oui, l'histoire de Lemahieu, ça reflète bien l'industrie textile française. 1947, pratiquement 90% du textile est produit localement. On est après la Seconde Guerre mondiale. Le début des Trente Glorieuses, il faut revêtir la France. L'industrie française tourne à fond. Le textile français, notamment dans les Hauts-de-France,c'est le bassin textile de la France, 30% du textile qui est ici dans les Hauts-de-France. Et donc, Lemahieu se crée une entreprise familiale, Henri Lemahieu et son épouse, à Saint-André-les-Lilles, en achetant des métiers à tricoter dans son garage, vraiment dans son jardin. Très,
- Clémence Favorel
très local.
- Martin Breuvart
Très, très local, voilà. Et Lemahieu va se développer, grandir assez rapidement. Les chocs textiles, chocs pétroliers, avant de parler des chocs textiles d'ailleurs, mais les premiers chocs pétroliers dans les années 70, le maillot lance sa marque HL, venu des initiales d'Henri Lemahieu, HL, parce que ça commence à être un petit peu compliqué, donc fabricant qui lance sa propre marque. Et puis après, le maillot va toujours réussir à subsister, à résister, on va dire, en France, parce que Lemahieu a la chance d'avoir une chaîne de valeur totalement intégrée. Donc les chocs textiles, j'en passe, les années 90, difficultés, l'ouverture à l'importation, la fin des quotas dans les années 2000. D'ailleurs, c'est au moment où moi-même, j'ai vécu en Chine.
- Clémence Favorel
Oui, on y reviendra après, mais tu as connu aussi toi de côté retail.
- Martin Breuvart
Voilà, et les 35 heures payées 39, tout ça pour dire que le made in France s'est renchéri. Et du coup, Lemahieu a pu résister grâce aux étapes de fabrication sous le même toit pour éviter l'effet domino. donc garder le savoir-faire, garder le côté circuit court, donc de bien servir nos clients et de maîtriser les délais et la qualité, mais également en étant une entreprise familiale avec des capitaux familiaux justement pour réinventer et recapitaliser quand ça ne va pas. Et après, le maillot a aussi beaucoup innové. On s'est lancé dans les cosmeto-textiles, dans le domaine de la santé, ce qui a fait qu'on a développé, quand on est arrivé avec mon ancien associé Loïc, les culottes menstruelles en 2018. Et après... Quand on a racheté l'entreprise Lemahieu en 2018, c'est de se dire comment on peut transformer l'entreprise qui a un excellent savoir-faire par rapport à les enjeux, on va dire, actuels. On a lancé le digital, aujourd'hui c'est 35% du chiffre d'affaires de Lemahieu, pour avoir la marge également en valeur, mais également se développer sur des matières naturelles et biosourcées, comme je le disais tout à l'heure.
- Clémence Favorel
Quand tu dis le digital, c'est que vous avez votre marque, on y reviendra par la suite, et tu vends tes produits en... B2C du coup.
- Martin Breuvart
Exactement, tout à fait. Parce que produire du textile en France en étant fabricant, aujourd'hui, c'est extrêmement compliqué. Même en ayant la chaîne de Valeurs Intégrées, parce qu'on n'a que des atouts, mais il y a un prix qui est là. Et on en reparlera certainement.
- Clémence Favorel
Oui, on va en reparler. Ok, donc ça, c'est le meilleur avant que vous arriviez en 2018. Toi, avant ton arrivée chez Lemahieu en 2018, qu'est-ce que tu as fait ?
- Martin Breuvart
Alors, Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai vécu en Chine et notamment j'ai vécu, donc j'ai travaillé dans une société familiale, dans le textile mais pas dans l'habillement, où il y avait des enchères inversées par rapport à nos clients de la grande distribution. Donc c'est très simple, l'entreprise était face à des Chinois, face à des Pakistanais et à des Indiens et il fallait baisser les prix de 30% pour toujours avoir les parts de marché dans la grande distribution. Donc l'entreprise a dû fermer sa production en France. pour ouvrir un bureau de sourcing en Asie. Donc moi, j'ai ouvert ce bureau d'achat en Chine, à Shanghai. Et en quelques mois, quelques années, ça a été très rapide. L'entreprise est redevenue rentable, mais on a perdu notre savoir-faire et on est devenu intermédiaire. Et puis voilà, du coup, cette expérience-là, en tout cas, m'a montré que c'était, en tant qu'acheteur, moi, j'ai fait une école de commerce, et j'étais tout à fait aligné entre fabriquer... dans les pays avec des coûts de main-d'oeuvre moins chers, justement pour donner du travail aux pays du Sud, entre guillemets, des pays en développement, et puis de consommer entre occidentaux. J'étais aligné par rapport à ça. Pour moi, il n'y a pas forcément de problème à partager la valeur, mais sauf que j'ai découvert le dumping pour la dépendance envers la Chine et ce qu'on voit aujourd'hui partout dans l'industrie, et pas que le textile. Le côté conditions sociales, la non-transparence, donc... Quand on travaille avec des fournisseurs de rang, on audite et c'est très bien, mais après, il y a toujours des chaînes de fabrication où on perd les conditions sociales, la traçabilité, mais également l'environnement. Et quand je suis rentré à Lille, d'ailleurs, je voyais le ciel bleu.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ça qui fait un peu peur. Alors ça commence à aller un peu mieux aujourd'hui en Asie, parce qu'on a ouvert les yeux, parce que le consommateur a ouvert les yeux. Mais effectivement,
- Martin Breuvart
on doit peut-être d'ailleurs nous dépasser. En conditions environnementales.
- Clémence Favorel
C'est le pire. C'est très bien, mais effectivement, nous, aujourd'hui, on est en retard dans les pays occidentaux. Donc, toi, tu as vu ça, finalement, tu as ouvert un peu les yeux en tant qu'occidentale qui sort d'une école de commerce sur, en tout cas à l'époque, les conditions de travail et les conditions de fabrication qui ne sont pas optimales si on veut rester poli. Et ça fait un peu un... Tu me dirais que ça a fait un peu de style chez toi.
- Martin Breuvart
Ça a résonné. Je n'ai pas changé comme ça du jour au lendemain, mais en tout cas, je me suis senti de plus en plus désaligné. Et notamment quand je suis retourné en France, toujours dans la même société, et là, je voyais le marché chinois. Oui, c'est totalement favorable. Et donc, quand je suis rentré en France, on a racheté une boîte qui était en redressement judiciaire, qui faisait du matelas bébé, et on a vendu du matelas en Chine. Donc, on voyait ça aussi comme un marché. Et puis après, du coup, j'ai quitté la société en 2018. parce que pour des questions justement d'alignement et de rechercher une fabrication française parce que non seulement l'alignement, mais je voyais déjà les risques en fait. Je pense que c'est ça et on les voit et aujourd'hui je les vois et on pourra peut-être développer, mais les risques de tout confier à l'étranger. Et quand il y a un grain de sable, ça peut aller extrêmement vite. Et du coup, c'est là où j'ai eu l'opportunité de rencontrer le maillot.
- Clémence Favorel
Ok, donc on est en 2018. Pourquoi Lemahieu ? Tu connaissais la boîte avant ?
- Martin Breuvart
Avant tout, je connaissais la boîte. On a travaillé également dans les... Lemahieu était fournisseur de... C'est une société Suico dans la littrine, avec la micro-encapsulation notamment. Mais en tout cas, tout ça pour dire que c'est une histoire de relations humaines, de réseau. Et pourquoi le maillot ? Tout simplement parce que c'est le côté humain derrière, le côté emploi. À l'époque, le maillot avait... 100 personnes comme aujourd'hui, en tout cas sur le site de Saint-André. Et le côté savoir-faire qui existe depuis longtemps. Et donc ce côté un petit peu robuste. Et en sentant qu'il y avait quelque chose à faire, notamment pour rendre le maillot plus désirable. Parce qu'à l'époque, en 2018, Lemahieu n'était pas forcément connu. La marque HL était plus connue et c'était plutôt assez vieillissant. Mais en tout cas, il y avait le savoir-faire. Et avec un projet de pérenniser, on se voit comme un passeur, de pérenniser ce savoir-faire et de rendre la... la marque Lemahieu et la fabrication locale plus désirable.
- Clémence Favorel
Parce que du coup, quand on vous rachetait Lemahieu en 2018, la boîte va mal.
- Martin Breuvart
Sur le papier, on pouvait l'acheter zéro. Pour résumer, elle ne perdait pas d'argent, mais deux ans avant, elle en perdait. Et puis, c'est facile de rhabiller aussi une société. Mais en tout cas, elle résistait. On avait perçu ça, elle résistait. Donc, il y avait forcément plein de belles choses. Et en fait, on a accéléré, comme je le disais tout à l'heure, sur le digital pour être moins dépendant de notre client, le cible français. À l'époque, il pesait 40% du chiffre d'affaires de Lemahieu. Et donc, essayer également d'essayer de trouver d'autres clients. Donc, on a ouvert le côté désirabilité. Donc, on a invité nos clients à visiter leur production. Et là, ça a tout changé. Parce que le bouche à oreille, quand on achète local, c'est cette connexion qu'on a avec le côté fabricant. Ça connaît les conditions de fabrication. C'est un des atouts du local et particulièrement du Made in France. Socialement, on est en avance par rapport à tous les autres pays du monde. Et également, nos clients qui communiquaient sur Lemahieu et Lemahieu, avec des collaborations également avec nos clients, accéléraient sur digital pour avoir de la marge et être rentable. Et puis après, il y a eu aussi le côté aubaine, culottes menstruelles. et une ouverture vers de nombreux clients. Et à cette époque-là, entre 2018 et fin 2021, Lemahieu, on est passé de 90 personnes à 150 sur le site et même 220 personnes avec le rachat de deux ateliers en Normandie. Et on avait commencé à structurer la société pour la croissance, investir dans un ERP, dans un logiciel produit PLM, parce que la croissance était très forte. Et malheureusement, ce qui s'est passé, c'est que quelques mois, deux mois plus tard, c'était très vite le conflit en Ukraine. ce qui veut dire grosso modo, pour faire en accélérer, hausse de l'énergie des matières premières et des coûts de fabrication, plus 25% sur le made in France, tandis que le made in Asie n'a pas augmenté, même baissé par rapport à l'énergie, et puis la baisse de la consommation aux États-Unis. Du coup, l'importation massive de produits chinois sur le sol français, des produits chinois non contrôlés, des marques où ça vient par avion. Il y a 600 avions qui arrivent tous les jours en Europe. C'est un raz-de-marée. Et donc, l'effondrement de presque la totalité de nos clients, l'effondrement de notre modèle économique, l'instabilité politique aussi en France qui n'a pas aidé. Et là, on s'est retrouvés en extrême difficulté. On a failli fermer la porte, mettre la clé sous la porte. Et là, on a recapitalisé Lemahieu. On a annulé nos dettes aussi. En tout cas... On restructurait nos dettes fortement parce qu'on s'était rendetté avec le rachat des deux ateliers en Normandie. Et aujourd'hui, pour repartir sur un modèle hybride, le socle, ça va être la marque fabricante. La marque Maison Lemahieu pour maîtriser la marge du distributeur, mais également tous les avantages d'une fabrication locale. Et après, avoir le côté production pour le compte de nos marques clientes comme Promod pour aller chercher du volume. et amortir les frais fixes d'une production locale.
- Clémence Favorel
Ok, donc ça, du coup, tu m'as un peu évoqué le up and down, si je puis dire, de Lemahieu En 2018, vous arrivez, 5 ans, grosso modo, juste avant la crise en Ukraine, un peu de cas idéal. J'aimerais qu'on revienne sur cette période-là, si ça ne te dérange pas. C'était quoi le plan ? Quand tu reprends Lemahieu, vous arrivez, vous vous dites, bon voilà, la stratégie, effectivement, tu as parlé des culottes menstruelles. C'était quoi finalement cet objectif de redressement ? Et comment est-ce que vous perceviez aussi les bénéfices du Made in France ? Parce qu'en 2008, on commençait sur le volet marketing, où les Français voulaient consommer français. Il y avait le salon du Made in France qui se lançait, ça date d'un peu avant. Mais comment tu arrives dans toute cette ambiance-là, très Made in France, très NMI en fait ?
- Martin Breuvart
Alors, en 2018, le Made in France était à la mode. comme le franco-lavage était la mode, comme le greenwashing.
- Clémence Favorel
Exactement. On ne savait pas ce qu'on faisait, mais il fallait le faire.
- Martin Breuvart
Voilà. Et même les marques étrangères voulaient absolument mettre un petit drapeau bleu en rouge. Et ça faisait cool. Aujourd'hui, on n'est plus du tout... Effectivement, ça n'a rien à voir. Et le made in France est synonyme de cher. Et le greenwashing, on se dit, si je fais un effort, pourquoi pas les autres ? Et on est même à détricoter quand on va aux États-Unis, etc. Donc... On pourra en reparler aussi par rapport à ça, parce que je pense qu'il y a vraiment un modèle européen et français par rapport à ça. Mais en fait, la stratégie de l'entreprise, elle n'a jamais changé, finalement. Il y a eu des opportunités, des effets de banne, des culottes menstruales, mais la stratégie a toujours été la même. C'est de développer notre propre marque. Alors à l'époque, on ne savait pas qu'on allait s'appeler Maison Le Mailleu, mais on savait qu'on voulait aller sur des niches. Quand on fait de la fabrication locale, il faut aller sur les forces, et les forces, c'est ce que la fabrication de masse ne fait pas. Donc dès le début, Lemahieu, on a pris... la vision en tout cas d'éviter les matières issues du pétrole. Il faut savoir que dans le textile habillement, 70% des matières que l'on porte, c'est issues du pétrole. 20% c'est issues du coton conventionnel, donc on arrive à 90%. Et puis après il y a les fibres artificielles, tout ce qui est viscose, c'est environ 7-8%. Et puis après, les niches de la laine merinos, du lin, le recycler, etc. Donc nous c'est vraiment aller sur des matières confortables pour porter à même la peau. sur ce que nos concurrents chinois ne font pas parce que ça va coûter plus cher et puis c'est un produit niche. Donc ça, dès le début, on a vu que ça prenait sous-vêtements, vêtements de peau, donc il y avait un véritable intérêt notamment avec Lemahieu, et donc d'innover sur ces matières. Et après cette innovation de matière, on a travaillé les prémices de la marque Maison Lemahieu, HL Ressources, en revisitant nos collections, mais en étant vraiment sur des basiques, vraiment des basiques, on va dire, à l'époque on appelait ça le Uniqlo français. parce qu'on voulait tester et essayer d'avoir du volume. Et là, c'est là où notre site Internet a vraiment grandi. Et après, en 2024, on a lancé la marque Maison Lemahieu, parce que ce n'était pas suffisant. Il fallait travailler sur le côté désirabilité. On est toujours dans l'axe d'avancer sur la désirabilité de la marque Lemahieu, qui est toute récente, et donc de travailler avec nos clients. tout en essayant de chercher en fait les... le maximum de clients B2B pour maintenir aussi les frais de structure. Quand je disais tout à l'heure un modèle hybride, on a aussi une marque où on fait du sous-vêtement chaud, technique, éclat, qu'on peut retrouver en grande distribution, mais qui n'est pas connu. Et on travaille également avec les pros, Air France, Euro Disney. Voilà, c'est du sous-vêtement chaud. Mais on peut vendre aussi du tricot, donc de la matière. On peut vendre aussi uniquement de la confection. On travaille avec notre atelier Normand pour des marques plutôt de luxe et premium. également on fait du vêtement d'image pour toutes les entreprises qui souhaitent équiper des collaborateurs de tenues confortables fabriquées en France on peut personnaliser et puis c'est des sweatshirts des t-shirts qui sont vraiment fabriqués sur le sol français ok,
- Clémence Favorel
oui donc c'est assez vaste c'est assez vaste,
- Martin Breuvart
ouais, en fait quand on fait de la fabrication locale il faut, aujourd'hui le défi c'est de trouver le modèle économique qui est rentable, et on a plein de cartes, on a plein de cordes à notre arc mais c'est une force mais aussi une faiblesse parce qu'à force de tout faire, on peut s'éparpiller et ça peut prendre beaucoup d'énergie.
- Clémence Favorel
En fait, d'après ce que je comprends, c'est vraiment l'aspect local qui est important finalement. On dit toujours « made in France » , mais là, dans ce que tu défends, c'est produire localement et vendre localement.
- Martin Breuvart
Tu as tout compris. Effectivement, c'est ça. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le côté « made in France » peut éventuellement même faire fuir. Donc, en fait, on a une contrainte, c'est comment être compétitif. Et en fait, on doit prouver à nos clients, à Promod, à d'autres clients que... d'acheter des produits fabriqués localement en France au-delà du côté souverain pour payer nos retraites et nos ailes sociales françaises, au-delà de la décarbonation, parce qu'on émet deux à trois fois moins de CO2.
- Clémence Favorel
Ce qui est quand même pas négligeable.
- Martin Breuvart
Exactement. Mais par contre, à la fin, ce sera toujours plus cher à l'achat. Et du coup, on doit prouver que, économiquement, c'est plus rentable. Pour une enseigne de vêtements, c'est d'éviter... d'avoir du stock résiduel et d'éviter au maximum le stock, mais également de l'autre côté, d'avoir du stock et de ne pas avoir de rupture. Par exemple, avec Promod, on travaille actuellement sur les collections PE26 qui vont sortir pour la fête des mères. Voilà, c'est très court. Et c'est ça l'avantage du local. On est sur un exemple concret, c'est-à-dire que certains de nos clients, et je pense que les concurrents de Promod, Promod a un an d'avance en travaillant avec Lemahieu. parce qu'on va sortir maintenant et on est en train de valider les produits ensemble et on va sortir le tricotage, on va faire les séries et ça va être extrêmement rapide. Tandis que les enseignes, là on travaille déjà sur les autres enseignes sur PE27. Donc Promod a un an d'avance grâce à une fabrication locale à côté chez Le Maillot. Donc c'est ce côté petite série, petite agilité, ce qui est extrêmement compliqué entre nous. C'est une promesse client. Mais en interne, on se bat et on met tous les rouages. Nicolas, qui est notre DG qui est associé, lui, a une expérience dans l'industrie française, notamment dans l'industrie automobile. Et il va faire en sorte d'amener justement toutes les clés pour ce côté amélioration continue. Et en fait, quand on produit localement en France, il faut être performant. On se doit d'être performant. Et donc, c'est hyper exigeant de faire de la fabrication locale.
- Clémence Favorel
Mais en même temps, tu as une promesse aussi sur... Enfin, tu parlais du prix, mais c'est aussi un... En tout cas, c'est comme ça qu'on le vend aujourd'hui. C'est le ruissellement vers... le local vers la France aussi, aujourd'hui.
- Martin Breuvart
Effectivement, le prix doit être aussi synonyme de qualité. Pour moi, du made in France, de mauvaise qualité, ça ne va pas. On a notre garantie 5 ans sur le t-shirt en lin et le maillot. Et petit teasing, on va lancer la garantie sur tous les vêtements maison, le maillot. Oui, parce que le client fait un effort de payer un petit peu plus cher. Mais ce qu'il veut, c'est un produit qui va être durable. Ça peut arriver d'avoir des problèmes, des fils qui se décousent. Voilà. Le Made in France n'est pas forcément de meilleure qualité qu'une Made in ailleurs, mais par contre, c'est comment on va gérer le service après-vente aussi. Et ça, c'est le vrai atout quand c'est fabriqué localement. Donc, il y a ce côté durabilité. Plutôt que d'acheter 40 vêtements par an et par personne, c'est la moyenne en France. C'est-à-dire, on achète moins, mais des produits qui soient beaux et qu'on va pouvoir vendre d'occasion, qu'on va pouvoir transmettre. Mais également, comme tu disais, il y a le ruissellement économique. Il y a une étude qui a été sortie. par l'Union des industries textiles, sur un produit qui est fabriqué 100% intégralement en France, comme chez Lemahieu, 84% du prix revient à la nation française.
- Clémence Favorel
Oui.
- Martin Breuvart
84% du prix revient à la France. Et ça, c'est ultra puissant. Alors, ce n'est pas tant pour les consommateurs, pour tous les clients de prod, mais c'est aussi un message que j'adresse vis-à-vis du gouvernement, vis-à-vis de... Pour l'appel d'offres publiques, c'est de se dire, on fait un effort aussi de soutenir... le modèle social français, quand on voit qu'il y a 3400 milliards de dettes en France et qu'on se fait bouffer par les Américains et les Chinois et les Russes et de tout le monde, à un moment, il faut quand même se poser la question et se dire, mince, on fait un effort d'acheter un peu plus français, parce qu'aujourd'hui, la fabrication locale française, c'est que 3% du textile qu'on consomme en France. Donc, il y a un boulevard. C'est clair. Il ne faut pas dire qu'on ne peut pas tout acheter made in France, mais il y a un boulevard, 3%, ce n'est pas assez. Mais sinon, c'est même la distribution qui risque de partir en plus des industriels.
- Clémence Favorel
Et qu'est-ce qu'on dit à quelqu'un qui, aujourd'hui, n'a pas forcément passé le pas du Made in France ? Alors, peut-être pour plein de raisons, pour le style, pour le prix. Comment est-ce qu'aujourd'hui, on peut le convaincre de venir acheter du Lemahieu ?
- Martin Breuvart
Alors déjà, on ne convainc pas. Mais je dirais qu'avant tout, c'est justement la collaboration avec Promod et Le Mailleu. C'est comment déjà, il faut que le produit soit désirable. Donc, le client, alors, c'est là où ça devient, il faut mettre le produit en avant, il faut communiquer. Mais déjà, le produit doit être désirable. Il faut un peu de marketing aussi, mettre un peu de marketing. C'est-à-dire que le produit, il n'y a pas des quantités illimitées. Donc, c'est maintenant sur une offre qui sera contrainte en quantité, sur des modèles qui vont évoluer et qui vont changer, parce qu'à la limite, ça, c'est facile. C'est ce que l'Ultra Fast Fashion fait. mais en volume extrême, et c'est la force aussi du local. Et la cliente, quand elle reçoit le produit, le produit doit être confortable à porter. Donc nous, on va utiliser des matières, comme je disais tout à l'heure, qui soient confortables pour la peau, et puis sans substances chimiques nocives aussi. C'est hyper important aujourd'hui,
- Speaker #0
parce que ce n'est pas le cas partout.
- Speaker #1
Et on le voit, mais c'est pareil pour l'agriculture, pour l'automobile, les agriculteurs aussi, c'est-à-dire que la France et l'Europe, on a la chance d'avoir... des conditions de fabrication sociales et environnementales et sanitaires, des produits qui sont bons pour la consommation, qui sont meilleurs que n'importe quel produit qui sont fabriqués à l'étranger. Donc le client doit être rassuré par rapport à ça, surtout sur des produits qu'on met même la peau. Et on va travailler la qualité également, mais également sur les conditions après, c'est comment on va toucher le cœur du client. Donc après la désirabilité, c'est se dire, j'achète un produit français, mais je finance ma retraite. Tout simplement. Plutôt que de travailler plus longtemps, c'est parce qu'il n'y a plus d'argent. Quand je parlais des 84% de ruissellement, ça veut dire que ça va financer ma retraite, ça va financer l'éducation de mes enfants, ça va financer notre assurance au chômage, l'éducation, la santé, et puis également nous protéger contre des puissances hostiles. Et après, par rapport au carbone, par rapport à l'empreinte environnementale, les accords de Paris où on doit viser la neutralité carbone, comme ça émet deux à trois fois moins de CO2, c'est la solution en fait. En fait, on est la solution pour tout au global. Il y a encore le savoir-faire en France.
- Clémence Favorel
C'est ce que j'allais dire.
- Martin Breuvart
Il y a encore le savoir-faire en France, mais le savoir-faire, il est explosé au niveau national. Et ça, c'est la difficulté. C'est pour ça qu'il faut se regrouper. Donc, j'ai une casquette aussi, président de façon de faire. C'est le collectif des industriels textiles français où on a été créé pendant la période du Covid, les masques, où en France, on a montré au monde entier qu'on a pu se regrouper et travailler en équipe d'une manière performante et hyper rapide. Et ça, c'est... Ça doit être aussi l'avantage du local, c'est que quand on n'a pas une solution en tant qu'industriel, le maillot ne peut pas être bon sur tout. C'est de trouver une solution pour nos clients. C'est-à-dire, tu cherches à faire des jeans, tu cherches à faire d'autres choses, je te propose une adresse.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ça. On mutualise et finalement, on fait connaître. Je rebondis juste sur les masques parce que peut-être que toutes nos clientes ne le savent pas. On est dans le Nord, on a une association qui s'appelle Souffle du Nord qui n'est pas très loin. Et vous aviez répondu en 2020, alors on ne dit pas les seuls, mais en tout cas, vous étiez parmi les premiers. sur la confection de masques quand on était au tout début de la pandémie, où il y avait pénurie de masques chirurgicaux. Et c'était un élan, encore une fois, comme tu le disais, c'est la démonstration du local au service d'autrui. Et je trouvais que l'exemple était beau. Et donc, si vous voulez en savoir plus, il y a plein d'articles. Parce que c'était une super campagne. Et vous avez réussi finalement à mettre au profit les particuliers chez eux, couturières et couturiers. Donc, c'est extraordinaire.
- Martin Breuvart
C'était incroyable. C'était... Et on l'a fait avec toutes les personnes, c'est-à-dire que chacun s'est concentré sur ses forces. Et le but, c'était de fabriquer des masques pour les soignants. Et on était 24 000 personnes assez engagées sur ça. Et on a pu aller très vite et d'une manière ultra performante. C'était extraordinaire.
- Clémence Favorel
C'est ma parenthèse, c'est important quand même. Tout le monde ne le connaît pas et c'était une belle action. Avant de conclure cet échange qui est riche et on ne pouvait pas tout aborder, tu parlais de désirabilité. C'est vrai que c'est l'enjeu. Alors nous, en tant que marque, De prêt-à-porter féminin, la désirabilité, c'est au cœur de nos préoccupations. Et effectivement, comment travailler la désirabilité et le Made in France ? Comme tu le dis, tu travailles aussi avec des marques. Nous, en l'occurrence, on sera à notre troisième...
- Martin Breuvart
C'est ça, troisième collection.
- Clémence Favorel
Et donc là, on lance des t-shirts Fête des Mères cette année, mais il y a eu aussi des t-shirts plus classiques avec un petit sigle et des sweatshirts les deux dernières fois. C'est un enjeu quand même de pouvoir s'entourer soit de marque, soit même toi pour votre marque, ou en tout cas d'essayer d'être dans l'air du temps, si je puis dire, et de sortir des t-shirts bleu, blanc, rouge. On en parlait avant de préparer cette interview. C'est quoi votre stratégie ?
- Martin Breuvart
La stratégie, effectivement, la désirabilité. En fait, on est devenu une marque fabricante. Et on a... La force du fabricant, mais la force en tant que marque, on la cherche encore. Donc, c'est comment travailler, comme tu dis, la désirabilité, notamment de Maison Le Maillot et du Made in France. C'est d'avoir des produits désirables. Donc, c'est d'avancer avec l'ensemble de nos clients sur le savoir-faire, là où on est bon, les familles de produits dont on a parlé. Donc, c'est d'accélérer la croissance par rapport à ça, justement pour toujours, en fait, perdurer dans le temps et transmettre, en fait, le savoir-faire qui doit être... pointue génération en génération. Petite parenthèse, une couturière qui quitte le maillot, départ à retraite, il en faut deux pour la remplacer. Donc, il y a toujours cette forme en interne et ça, c'est important. Donc, c'est effectivement de monter notre part de marché en marque fabricante pour avoir la marge et puis plus tard, de nous souhaiter d'être désirables et puis d'aller à l'export. Parce que, pour le coup, le made in France fait plus vendre à l'étranger que en France.
- Clémence Favorel
C'est clair. Oui, je n'avais pas conscience de l'enjeu de la formation. Effectivement, on ne l'a pas du tout abordé. Mais aujourd'hui, on a eu une perte de savoir-faire en France avec la délocalisation dans les années 90-2000. Et aujourd'hui, c'est un vrai sujet. C'est un vrai sujet. Et comment c'est une industrie de zéro ?
- Martin Breuvart
Je ne vais pas dire que ce n'est pas possible, mais c'est extrêmement compliqué. Et la chance qu'on a chez Lemahieu, et c'est là où on est unique, c'est comment préserver ça. Et du coup, il faut trouver du volume pour toujours investir dans du matériel, se moderniser, investir dans la formation. Que ce soit les métiers de bonnetier pour le tricotage, mais également de confection. Un t-shirt qui est fabriqué chez Lemahieu, c'est dix personnes qui travaillent en production. Dix personnes et notamment quatre couturières. Parce que sur un t-shirt, il va y avoir plusieurs techniques de confection derrière un t-shirt. Et c'est la force et la faiblesse du textile. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on ne peut pas 100% automatiser la fabrication d'un t-shirt. Mais la bonne nouvelle, c'est que ça crée énormément d'emplois. Donc c'est comment trouver un modèle économique pérenne par rapport à ça, justement, quand on fait la chasse au coût, quand on fait du made in France. Et également, la force du textile qui est fabriqué en France, c'est le côté justement de décarbonation par rapport aux accords de Paris. Mais comment faire dans un monde hostile de tous les côtés pour préserver ça, sans être envahi de produits étrangers qui ne respectent pas ces règles-là ? Là, ça devient aussi inaudible.
- Clémence Favorel
Voilà. OK. Pour conclure, où est-ce que tu vois Lemahieu dans cinq ans ?
- Martin Breuvart
Dans cinq ans, j'ai déjà un petit peu répondu. C'est effectivement d'avoir la marque Maison Lemahieu, notre part du digital qui va monter à 50 %. pour être économiquement viable, justement ce côté robuste et économique, et continuer à travailler la désirabilité et de travailler des nouvelles matières avec nos clients. Et puis de partir à l'export pour avoir ce côté pérenne. Et puis ce que le monde entier nous envie, allons aussi leur montrer qu'on est capable de faire des belles choses avec des belles matières naturelles. et fabriquée durablement.
- Clémence Favorel
Et un petit appel du pied, tu l'as abordé rapidement, mais à notre gouvernement quand même, pour que ça bouge un petit peu.
- Martin Breuvart
Parce qu'aujourd'hui, je veux dire que la cliente, c'est pas à nos clients de faire l'effort tout seul. Le combat se gagnera si on est une équipe. Aujourd'hui, moi, en ouverture, je posais la question, quel monde en a envie d'avoir demain pour nos enfants, soit un monde prédateur avec les États-Unis, l'ultra-force, soit un monde de dumping qui va récupérer toute la production et la distribution avec l'Asie. Au milieu de ça, il y a un bloc, c'est l'Europe, où on a un modèle social qui fait rêver le monde entier, une qualité de vie qui fait rêver le monde entier. Par contre, on vit aujourd'hui au-dessus de nos moyens. Et pourquoi on vit au-dessus de nos moyens ? C'est parce qu'on dépense trop, il y a beaucoup de charges par rapport aux entreprises qui produisent localement. Et aussi, tout va de parallèle, c'est qu'on ne contrôle pas tout ce qui est importé et on est divisé à l'intérieur. Donc, moi, le monde que je rêve, tout simplement, c'est selon le modèle social français, je dirais européen et particulièrement français. Je suis fier d'être français et j'adore mon pays. Comment faire pour préserver ? Et du coup, moi, j'invite notamment le gouvernement français à protéger la nation, tout simplement, et des produits qu'ils ne respectent pas. les conditions qu'on impose aux industriels, aux agriculteurs, c'est pareil vraiment dans tous les domaines, malheureusement, les cas sont légion aujourd'hui, d'avoir des clauses miroirs, c'est-à-dire ce qu'on impose aux industriels locaux, faisons en sorte que les produits importés aient les mêmes normes et les mêmes critères, et après c'est le client qui fera le choix. Le client, s'il va acheter moins cher, il ne faut pas le blâmer. et puis notre Notre portefeuille n'est pas extensible à la fin du mois. Il y en a qui vont choisir de moins consommer, mais d'acheter des produits plus durables. Il y en a qui vont choisir de toujours changer et puis d'acheter des produits moins chers. Mais dans tous les cas, ça ne doit pas être au détriment de la nation.
- Clémence Favorel
Merci, Martin. C'était hyper intéressant. On aurait pu continuer encore des heures. L'autre petite actualité, Promod et Lemahieu, c'est du coup, tu le disais, les t-shirts qui sortent à la Fête des Mères. Donc, si vous voulez vous engager à votre échelle pour soutenir le local, en tout cas le textile local, allez voir Maison Lemahieu et venez chez Promod à la fête des mères pour acheter nos t-shirts.
- Martin Breuvart
Venez chez Promod pour que Promod ait des ruptures et comme ça, Promod commandera et c'est ça, c'est ça l'esprit d'équipe et c'est là où tout le monde doit se sentir aussi concerné et avant tout, achetez le produit parce qu'il vous plaît. Merci
- Clémence Favorel
Martin. Merci Clémence. Et voilà. C'est déjà la fin de notre cinquième épisode. Merci à Martin pour son témoignage riche d'apprentissage. Si vous aussi, vous souhaitez soutenir le Made in France, je vous invite à découvrir la collection Maisons Le Meilleu. Nous, on se donne rendez-vous pour la fête des mères pour découvrir nos trois nouveaux t-shirts Made in France. Je ne vous en dis pas plus, mais ils sont canons. Le mois prochain, nous aborderons le sujet de la lutte contre les violences faites aux femmes dans le cadre de la Journée internationale du droit des femmes. En attendant, vous pouvez retrouver nos cinq premiers épisodes sur le site Promote.fr et sur toutes les plateformes de streaming. A bientôt !