Speaker #0Bienvenue sur le podcast Minute Santé, le podcast pour prendre soin de votre santé où l'on décrypte différents sujets santé en misant avant tout sur la prévention. Car comme le dit l'adage, mieux vaut prévenir que guérir. Je suis Nadia, blogueuse santé sur consomousslim.com et médecin. Je suis passionnée par la médecine et les alternatives naturelles. J'espère vous aider au travers de ce podcast à prendre soin de votre santé en prenant en compte toutes les sphères de votre vie. N'hésitez pas à vous abonner au podcast pour ne rater aucun épisode. et prendre votre santé en main dès aujourd'hui. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Minute Santé spéciale Ramadan, le dernier de cette année. On est dans les derniers jours du Ramadan, je ne sais pas vous, mais à cette période, je ressens un mélange d'émotions un peu particulier. Je suis à la fois reconnaissante envers Allah de m'avoir donné la vie pour le vivre. Il y a de la fatigue, bien entendu, une petite pointe de tristesse et de nostalgie aussi de le voir nous quitter et bien entendu de la joie. Et la fameuse... Question intérieure qui revient un peu avant la fin, c'est qu'est-ce que je dois faire cette année pour ne pas perdre tous mes efforts, ne pas tout perdre après l'Aïd ? Surtout que le Ramadan, il vient nous structurer nos journées autour de notre spiritualité et pas le contraire. Notre quotidien, il a changé, on mange tous ensemble, notre rythme, il est autour des horaires de prière et on se consacre à nos priorités qui sont claires et nettes pendant ce mois. Puis après le Ramadan, c'est comme si ce cadre et la bénédiction de ce mois disparaissaient. Donc en fait, entre guillemets, c'est comme si la vie reprenait son cours avec son lot d'exigences. Et du coup, après notre bulle ramadanesque, c'est comme un retour brutal à la réalité. Donc oui, on se la pose cette question, comment faire perdurer tout ça en fait, certes différemment et moins intensément, car le ramadan de toute façon c'est spécial, mais de perdurer tout ça tout au long de l'année. Et bien justement, c'est ça dont j'aimerais discuter avec vous dans l'épisode du jour. pas un épisode pour qu'on vienne faire un état des lieux sur notre ramadan, le juger ou quoi qu'est, mais pour nous aider à terminer le mois sans nous épuiser et surtout à transformer tout ce qu'on a pu vivre pendant ce mois et à faire en sorte d'en ressortir quelque chose de bénéfique qui nous accompagne tout au long de l'année, Inch'Allah. Parce que au final, le ramadan c'est une école et c'est notre tremplin pour le reste de l'année et en sortant de l'école, il faut emporter quelque chose avec soi. Un savoir vivre, un savoir être, peu importe. Je vous laisse avec l'épisode du jour et je vous souhaite une bonne écoute. Alors peut-être que certaines et certains d'entre vous sont à bout, épuisés, derrière ligne droite. C'est normal, il y a beaucoup de personnes qui ressentent ça. Alors n'oublions pas quand même qu'on jeûne quotidiennement depuis plusieurs semaines, que notre sommeil il est fragmenté depuis plusieurs semaines. Donc même quand on passe le ramadan dans les meilleures conditions possibles, c'est normal d'être fatigué. Il ne faut pas forcément avoir un rapport négatif avec cette fatigue, en mode je suis nulle, je ne suis pas assez pieuse, je ne suis pas assez forte, je ne suis pas assez motivée, je ne suis pas assez sérieuse. Bref, toutes ces phrases assassines qui peuvent parfois nous traverser l'esprit. Les dix derniers jours du Ramadan, ils sont quand même particuliers. C'est normal d'avoir envie de vouloir sprinter ces dix derniers jours. Mais ça dépend en fait quelle idée vous avez en tête. Si c'est en mode tortionnaire, genre il faut bien finir au détriment de ma santé, Toujours ajouter plus, rattraper, rattraper, rattraper. Mais en fait, si vous êtes fatigué, toujours plus. Encore une fois, ça va être contre-productif. Il faut viser ce qui est juste pour vous et pour votre corps. Alors attention, ce n'est pas non plus un appel à la paresse. Je dénonce les extrêmes. Du coup, vouloir trop en faire sans s'écouter et ne rien faire en se laissant aller. Donc finalement, finir le ramadan avec une certaine sagesse, c'est viser le juste milieu, comme dans tout. Donc c'est comprendre qu'on est dans une phase de descente. pas dans un sprint final. C'est comme après une longue marche, pour reprendre cette comparaison avec la marche, on ralentit pour arriver entière, on ne court pas pour prouver qu'on a tenu. Donc à ce stade, l'enjeu, ce n'est pas de faire plus. L'enjeu, ça va être encore une fois de ne pas se disperser, comme on l'a vu dans le type 60 de la semaine dernière. Et encore une fois, je vous propose trois repères simples pour terminer le mois de ramadan sans vous épuiser. Donc premier repère, c'est... d'accepter l'état réel de votre corps. Il faut arrêter de vous mythonner à vous-même. Comment vous vous sentez ? Soyez vraiment honnête envers vous-même et agissez en conséquence. Ça peut vouloir dire par exemple de simplifier encore davantage vos soirées. Ça peut être de raccourcir certaines pratiques sans les abandonner non plus. Ça peut être d'accepter encore une fois que votre énergie, elle est variable. Vous n'êtes pas un robot. Donc, acceptez votre fatigue et respectez votre forme. qui a tenu jusque-là quand même, c'est déjà bien. Deuxièmement, c'est de choisir une manière personnelle, entre guillemets, de bien finir. Plutôt que de vouloir tout faire, posez-vous cette question simple. Qu'est-ce que je veux ? absolument préservé jusqu'au dernier jour. Il y a forcément un truc, souvent ça va être la lecture du Coran qu'on ne veut pas lâcher. Ça, vraiment une seule chose va suffire. Du coup, pour reprendre l'exemple, la lecture quotidienne du Coran, ça peut être aussi de faire un priam belil, même juste dix minutes avant le fajr, de faire taraouih pour ceux qui le font. Bref, vous prenez ce qui fait sens pour vous et ce aussi dont vous avez besoin spirituellement pour sentir votre cœur vivant. Et comme je l'ai déjà dit la semaine dernière dans le Tips Santé, ça va vous servir de fil conducteur de... corde pour ne pas lâcher tout en fait. Vous aurez toujours votre corde, pas pour vous pendre, mais pour toujours vous ramener à la surface. Désolée pour la comparaison foireuse. Troisièmement, vous pensez à l'après avant même la fin. Je m'explique. L'après-ramadan, des fois, c'est souvent plus difficile que prévu. On déchante un peu parce que le cadre du ramadan, il va disparaître brutalement. Donc, anticiper, c'est déjà un petit peu adoucir cette transition. Ça peut être, par exemple, de prévoir quelques jours de récupération après l'Eid, en posant des congés, si c'est possible pour vous. D'accepter, encore une fois, que tout ne sera pas maintenu de la même manière et à la même intensité. Parce que j'ai souvent des retours de sœurs qui me disent « Oh, j'ai la nostalgie. » Bon, c'est normal d'avoir la nostalgie, mais je n'arrive pas à faire tout pareil. Mais c'est normal, il y a une bénédiction particulière dans ce mois, en fait. Ça va être aussi d'identifier une ou deux habitudes ou plus à conserver. Par exemple, une lecture quotidienne du Coran, un priam l'île par semaine, etc. Parce que l'après-ramadan, ce n'est pas un retour à zéro. Quand je dis retour à zéro, en mode négatif, dans le sens, ça y est, on lâche tout, on ne fait plus rien. C'est une phase de transition. C'est vraiment une phase à part entière. En fait, c'est une grosse période de transition en attendant le ramadan prochain, si Allah nous prête vie. Donc pour que cette transition, elle se passe bien, je vais vous donner quelques conseils. Donc première étape, ça va être d'accepter déjà cette phase de transition. Cette phase de transition qui suit immédiatement le ramadan, elle dure en général à peu près une semaine à dix jours, ça va dépendre des personnes, un peu moins aussi, ça peut être un peu moins. Et en fait, le corps, il sort d'un jeûne quotidien, il sort d'horaires spécifiques, il sort aussi d'une manière de dormir différente, fragmentée, polyphasique. Donc vouloir reprendre immédiatement à 100%, c'est une erreur fréquente, mais ce n'est pas réaliste en fait. Donc encore une fois, ayez un peu de rahma envers vous-même et votre corps, et si c'est possible pour vous, c'est d'alléger volontairement votre planning. D'accepter qu'il va y avoir une petite fatigue persistante. Et de ne pas chercher à être immédiatement au top, efficace, etc. C'est comme après un long voyage, pour donner un exemple. On ne repart pas courir le lendemain. En fait, on va d'abord prendre le temps de défaire ses valises. On se repose, on reprend ses marques. Et on a un peu du mal à redémarrer sa routine. Et c'est normal en fait. Et bien là, c'est pareil. Deuxième étape, ça va être de choisir ce que vous gardez. Et d'accepter de ne pas tout conserver. Donc le ramadan, ce n'est pas reproductible à l'identique. Il ne faut pas le vivre comme un échec. La question à se poser, c'est qu'est-ce que ce mois m'a appris sur ce qui est juste pour moi ? Et je vous invite à faire ce tri par sphère. Pour la sphère spirituelle, ça va être de garder le lien, pas forcément la quantité. Après Ramadan, c'est de garder un temps de rappel quotidien, même si c'est hyper court. De conserver une prière sur réogatoire, par exemple, que vous avez fait régulièrement et que vous vous êtes senti connecté. C'est de maintenir une régularité. même si c'est simple, mais qui soit tenable sur la durée. Donc, on garde la continuité et on lâche la pression de tout faire comme pendant Ramadan. Ça va être un fil fin, encore une fois. Un fil fin, mais qui est solide, ça tient plus longtemps qu'une corde qui est trop lourde à porter. Pour la sphère corporelle et santé, bien-être, c'est de garder la sobriété. Le Ramadan, il a appris au corps à mieux ressentir la satiété. Il a aidé le corps à mieux supporter des temps sans manger, d'avoir des pauses digestives. Ça aussi, normalement, ça nous a aidé à simplifier les repas. Donc après Ramadan, ça va être d'essayer de conserver des horaires alimentaires réguliers, d'éviter le grignotage constant, sans repos pour notre digestion, sauf si vous avez des troubles du comportement alimentaire, vous n'êtes pas concerné par ce conseil et dans votre cas, il faut aller consulter et se faire accompagner par un professionnel de santé. Ça va être aussi, par exemple, de respecter les temps de repos digestifs. Donc on garde l'écoute du corps et on évite du jour au lendemain de reprendre. toutes ces mauvaises habitudes, coca, junk food, trabir canto, pour la sphère mentale et émotionnelle, gardez l'allègement. Beaucoup de mamans, elles découvrent pendant le ramadan qu'elles peuvent ralentir, qu'elles peuvent dire non, qu'elles peuvent simplifier. Il y en a d'autres qui ne le découvrent pas aussi. Ça, c'est un autre débat. Donc, après ramadan, ça va être de garder une soirée calme, par exemple, par semaine, de conserver votre sas de récupération qu'on avait instauré avant le ramadan, d'accepter de ne pas tout faire parfaitement, les brivantes de camp. Donc, On garde les espaces de décompression et on lâche l'exigence permanente qu'on a envers nous-mêmes. Troisième étape, c'est d'installer des repères, en quelque sorte des repères de continuité. Je vais faire une comparaison. Imaginez l'année, l'année égyrienne, comme une longue route. Et le ramadan, c'est une portion éclairée de la route. Un peu comme quand c'est éclairé sur l'autoroute. Ça, ça n'existe pas en France, c'est chez nos amis belges. L'après-ramadan, ça consiste à poser des balises discrètes pour éclairer votre route. Pourquoi je dis balises discrètes ? Parce qu'en fait, ça ne sera pas si illuminé, pour prendre la métaphore de la lumière, que pendant le ramadan. Mais vous pouvez quand même faire en sorte que ça ne soit pas tout sombre, comme sur les routes françaises. Donc ces petites balises de lumière, ça peut être, par exemple, Un jour fixe pour un temps spirituel, plus prolongé que les autres jours. Donc vous avez votre routine quotidienne et un jour dans la semaine où vous allez prendre un peu plus de temps. Ça peut être Jumouara par exemple. Ça peut être du côté santé, une habitude santé que vous avez réussi à ancrer pendant le ramadan et de la continuer après. Ça peut être un moment hebdomadaire où vous allez vous recentrer, un temps pour vous toute seule où vous vous recentrez. Faire un examen de conscience, vous dire voilà qu'est-ce que j'ai besoin d'améliorer chez moi, qu'est-ce que j'ai pas bien fait cette semaine, comment faire pour l'améliorer la semaine prochaine. Donc chaque petite balise de lumière, elle va... empêcher cette rupture totale avec les bonnes habitudes que vous aviez ancrées pendant le ramadan. Étape 4, ça c'est spécial maman, même papa, donc spécial parent on va dire, donc c'est de transmettre sans s'épuiser. Les enfants, ils n'ont pas besoin que tout continue parfaitement comme pendant le ramadan. Ça, c'est tout au long de l'année en fait, ils ont besoin de cohérence. Ils n'ont pas besoin qu'on soit des mamans parfaites. De toute façon, vous êtes la meilleure maman pour eux en fait. Or, truc de fou, exceptionnel. Mais souvent, on pense être la plus mauvaise mère du monde. Donc, note à moi-même également, mais on est la mère qu'il faut pour nos enfants. Donc, transmettre après Ramadan à nos enfants, c'est par exemple, garder un petit moment simple tous ensemble, si vous l'aviez fait pendant le Ramadan, par exemple. Ça peut être les doigts du matin ou au petit-déj, par exemple. Et pour ça, je vous conseille le formidable travail de douceur et lumière. Ça peut être aussi de maintenir une habitude familiale, pas forcément spirituelle. Ça peut être spirituel, bien entendu, mais ça peut être aussi une habitude de d'un temps partagé ensemble, je ne sais pas, comme une soirée tous ensemble par semaine, le cinéma, ou juste à la maison, regarder un film, etc. Et leur expliquer aussi que certaines choses vont changer, mais l'essentiel, il reste, c'est la famille, c'est la cohésion familiale. Et pourquoi j'ai voulu insister sur ça, c'est parce qu'une femme, un parent, une maman, un papa apaisés, et c'est souvent nous les femmes qui culpabilisons, on ne va pas se mentir, ça transmet plus, mais je n'ai même pas envie de sortir la quantité, ce n'est pas plus dans le sens plus, ça transmet mieux, on va dire, surtout mieux. qu'un parent qui est épuisé et dans la culpabilité constante. Étape 5, ça va être d'accepter qu'il y ait une continuité, mais qu'elle soit imparfaite. Ça, c'est spéciale brévente de camp. Donc encore une fois, il y aura des semaines fluides, il y aura des périodes plus chaotiques, il y aura des moments où peut-être vous n'allez rien faire. Et ça ne veut pas dire que votre ramadan, il ne servit à rien. C'est juste la vie, en fait. Il faut composer avec et l'accepter. Et le ramadan, c'est une école pour s'améliorer tout au long de l'année. C'est pas... un contrat qu'on va signer pour être parfaite toute l'année. Si vous arrivez à la fin du ramadan fatigué, souvenez-vous de ça. Ça ne dit rien de la valeur de votre moi. Ça dit simplement que vous avez traversé ce mois, que vous avez appris que quelque chose a changé. Le ramadan, il ne faut pas voir ça comme une parenthèse à refermer. C'est une école qu'on quitte avec quelques bases solides à faire vivre jour après jour. Donc prenez soin de vous, respectez votre rythme et laissez ce mois continuer à vous accompagner tout au long de l'année, Inch'Allah. Si on ne se revoit pas d'ici là, je vous souhaite en avance de profiter des derniers jours du Ramadan et je vous souhaite aussi en avance une très bonne fête de l'Aïd avec vos proches. Je vous remercie d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout et de m'avoir écouté pendant toute cette série d'épisodes sur le Ramadan. C'est avec un petit pincement au cœur que je clôture cette série. J'espère pouvoir être là l'année prochaine, Inch'Allah, pour une autre saison. Je vous remercie pour vos messages, votre confiance et votre soutien. Que Allah vous préserve. Et je vous dis à bientôt sur le podcast pour de nouvelles aventures. Et d'ici là, prenez soin de vous et de votre santé.