- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode de Moi, je voulais juste être Madonna, le podcast qui te donne envie d'oser, de sortir du cadre et de poursuivre tes rêves. Je suis Erika Galland, artiste dans l'âme, amoureuse des belles histoires et surtout de celles où l'on change de vie, où l'on se réinvente. Si ce sujet me touche autant, c'est parce que je suis passée par là. Après 20 ans de carrière en multinationale, j'ai créé Acapel Art, une entreprise au service de l'art pour réveiller la créativité en chacun de nous et semer de la joie un peu partout. Dans cette nouvelle saison du podcast, on va parler d'art bien sûr, mais aussi de parcours de vie, de reconversion professionnelle, Et de ces moments où quelque chose nous appelle à aller vers nos rêves. Les personnes que j'invite au micro ont toutes vécu ça. Écoute-les. Écoute leur histoire. Et peut-être que toi aussi, tu commenceras à écrire la tienne. Et aujourd'hui, je reçois Cécile, artiste olfactive aux notes de la vie. délicatement fleurie d'optimisme. Cécile, quand l'optimisme devient un guide, traverser, tenir et se rapprocher de soi. Cécile est fondatrice de Cécile in Paris. Elle s'est formée en chimie à l'ICIPCA, puis à HEC, et elle a passé près de 27 ans dans l'industrie de la parfumerie où elle a participé à la création de parfums iconiques. Et puis, à un moment, elle a choisi un autre chemin, un chemin guidé par un rêve d'enfance, par la vie aussi, et par cette capacité assez incroyable à continuer d'avancer même quand tout vacille. Cécile est maman de deux enfants, elle a traversé des étapes fortes, sans jamais se définir par ce qui lui est arrivé, porté par un optimiste profond, presque instinctif. Alors quand l'optimisme devient un guide... Comment est-ce qu'il nous aide à traverser, à tenir et à nous rapprocher de nous-mêmes ? Et comment a-t-il conduit Cécile exactement là où elle devait être ? C'est ce que je te propose de découvrir dans ce nouvel épisode de « Moi, je voulais juste être Madonna » . Bonjour Cécile !
- Speaker #1
Bonjour Érika !
- Speaker #0
Je suis ravie de t'accueillir. On se connaît depuis, je ne sais pas, un an, deux ans ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Quelque chose comme ça ? Oui. par le club des entrepreneuses de Neuilly. Donc, je tiens à le citer. On remercie le club pour avoir initié cette rencontre. Et alors, tu fais un métier assez original, je dirais, parce que ce n'est pas très connu, on va en parler. Mais avant ça, et puis aussi ton cheminement, qui est assez chouette à lire. Moi, j'ai beaucoup aimé te découvrir différemment, en fait, dans ta bio. Et avant ça, j'aimerais que tu te présentes et que tu dises qui tu es, d'où tu viens, voilà, avec tes mots.
- Speaker #1
Eh bien déjà, Érika, merci pour ces jolis mots que tu as utilisés pour me décrire. Ils sont savamment choisis et ça me touche beaucoup. Ce que je pourrais rajouter, c'est qu'en effet, je suis maman de deux grands enfants maintenant. Je suis divorcée, entrepreneur et je suis profondément guidée par les émotions, surtout quand elles passent par l'essence. J'ai grandi entourée de fleurs, de parfums et aussi de dessins animés. Très important dans ma vie, j'ai été une grande rêveuse, nourrie par Heidi et Candy, pour ceux qui connaissent. Et je pense que ça explique pourquoi je crois toujours, encore aujourd'hui, à la douceur, à la poésie et aux histoires qui laissent une trace. Dans la vie, j'ai eu plusieurs vies, justement. Une longue carrière dans le monde des parfums, comme tu l'as dit, pendant presque trois décennies, à créer des fragrances pour des marques connues. et souvent dans l'ombre, pour des grandes maisons, avec le besoin de... de retranscrire des émotions encore une fois au démarrage. Et puis peu à peu, j'ai eu envie de faire autre chose, quelque chose de plus personnel, de plus libre, de plus vivant, de plus proche de moi. Et c'est comme ça que j'ai créé Cécile & Paris, mon agence de création olfactive pour l'hôtellerie, les musées, le retail, tous les endroits où il y a un parcours client. Ce que j'aime aujourd'hui, c'est créer ces expériences qui parlent au cœur autant qu'à la mémoire. Ces parfums racontent une histoire, l'histoire de la marque, du lieu. Ils deviennent inoubliables parce qu'on les a ressentis et pas uniquement parce qu'on a visité ces lieux. Donc, c'est un challenge assez nouveau, on va dire. Puis, voilà, j'aime faire des choses très simples aussi. Tous les matins, sous ma douche, j'adore écouter Xanadu d'Oliviane Newton-John. Ça me donne la pêche et ça me met de bonne humeur. Et quand ça ne va pas trop, je me soigne aussi par la musique. J'adore écouter « Nothing's gonna stop us now » . Et là, je danse littéralement dans mon salon et ça file la pêche. Et ça met tout en place. Voilà, je crois profondément que la vie est trop courte pour ne pas se mettre un peu de beauté, de joie de vivre, de sympathie, de légèreté. Et que c'est un peu ma mission tous les jours, tous les matins, ce que j'essaye de faire à travers mon travail et ma vie perso.
- Speaker #0
Écoute, waouh ! merci déjà pour cette présentation puis ce partage moi j'aimerais revenir un petit peu sur j'aime bien connaître en fait l'origine comment parce que artiste olfactif créatrice de parfums c'est vraiment un métier qui est pas très courant pas très connu et on croit que c'est réservé en effet aux grandes maisons euh... de parfum et donc je ne savais même pas que ça existait en indépendant. Donc ça, c'est intéressant, mais on va revenir au début. J'aimerais connaître en fait déjà où tu as grandi et ton cadre familial. Est-ce que tu as, donc tu as parlé des dessins animés et des fleurs, mais est-ce que tu avais dans ta famille des personnes qui travaillent dans ce domaine ou des artistes autour de toi ?
- Speaker #1
Non, personne, personne. Non, non, je crois que, moi, je crois que mon point de départ en réalité, c'est parce que j'ai beaucoup voyagé avec mes parents. J'ai grandi, enfin, je suis née à l'île de la Réunion, l'île aux fleurs. J'ai grandi à Madagascar, puis ensuite, on a fait le Mexique, l'Algérie, la Tunisie. Et je pense que ce sont ces voyages qui m'ont obligée à être disponible, à être ouverte. Et on changeait également tous les deux ans, tous les deux, trois ans de pays, ce qui m'obligeait à avoir une rapidité pour créer des liens, pour avoir des copines, pour avoir des copains, pour... pour avoir une vie. Je recréais ma vie à chaque moment. Donc ça, ça m'a poussée à être très attentive au sens et à aller très rapidement sur la compréhension des autres pour pouvoir m'y intégrer. Donc je pense que c'est le point de départ de mon éveil sensoriel.
- Speaker #0
C'est intéressant. Donc en plus, j'imagine que dans les parfums que tu crées, c'est emprunt de tous ces voyages, de toutes ces cultures, de tout ce que tu as... vécu, vu, rencontré, et ça, c'est hyper riche, en fait. Oui,
- Speaker #1
je crois que c'est une manière de créer une bibliothèque d'odeurs dans ma tête, en effet. Mais le plus difficile à faire, alors ça, c'est toute la partie apprentissage, créer un parfum, être dans le monde de la parfumerie, c'est du travail. Je ne pense pas que ce soit un talent. Pour moi, c'est un regard différent, une attention et du travail. Et c'est vrai que du coup, j'ai intégré une bibliothèque d'odeurs dans ma tête, assez large. mais aujourd'hui le plus dur à faire c'est justement l'empathie, c'est l'exercice inverse c'est du coup d'écouter, de ressentir avec l'autre et voilà c'est une empathie sensorielle, on appelle ça de la kinesthésie et du coup ça par contre c'est aussi quelque chose qui fait partie de ton être profond et je l'ai entraîné à force de rechercher des amitiés, de me remettre avec les groupes qu'il fallait pour aller dans les super soirées des toutes petites etc Et enfin... Donc voilà, c'est deux approches. Il y a l'approche bibliothèque, mémorisation des odeurs, et également l'approche empathique, écoute, ressentir ce que l'autre veut faire savoir, parce qu'un parfum, c'est un biais de communication. Donc pour ça, souvent, j'aime bien dire que je suis une traductrice d'émotions.
- Speaker #0
C'est joli. Oui, traductrice d'émotions. Et alors, ton rêve d'enfant, dans l'introduction, je ne l'ai pas dit explicitement, mais... Ton rêve d'enfance, c'était d'être fleuriste. Alors, pourquoi n'es-tu pas allée vers ce métier de fleuriste, tout simplement ?
- Speaker #1
Écoute, c'est marrant. Je m'en suis aperçue un peu tardivement, en réalité. Je pense que ce n'est pas quelque chose que j'avais verbalisé. Et je me suis aperçue plutôt au moment de mon adolescence. Alors, comme je vous ai dit, j'étais hyper sociable, quelqu'un de très joyeux, enfant. Et puis, il y a eu ce moment de l'adolescence. Et à l'adolescence, j'ai compris que le monde était trop riche, trop violent. Et je vivais ce monde avec beaucoup trop d'agressivité, parce que je ressentais davantage, peut-être trop. Et là, je me suis aperçue que je devais alterner des moments. d'hypersociabilité joyeuse, hyper dynamique, et également d'autres moments où j'étais beaucoup plus en solitude, j'avais besoin de me rechercher les batteries. Et je me suis aperçue que ce rechargement de batteries était fait, non pas dans ma chambre, au milieu, sous ma couette, il était fait quand je me prenais dans un jardin, dans une forêt, au bord de l'eau. Et là, je me suis dit, il se passe un truc avec la nature, il se passe un truc, c'est elle qui me recharge, c'est elle qui me fait du bien. Et j'habitais plus souvent, c'est vrai, au bord de l'eau, des endroits qui étaient très fleuris avec beaucoup de végétation, donc c'était facile. Et je me suis aperçue que c'était la nature qui me nourrissait. Et je vais te raconter une petite anecdote amusante, c'est que quand j'étais petite, quand j'ai découvert, quand j'étais ado, quand j'ai découvert que j'avais un lien spécifique avec la nature et les fleurs, je m'amusais à dire que je pensais que dans une vie antérieure, j'avais été une abeille.
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
Aujourd'hui, j'aime encore le dire.
- Speaker #0
Ça te va bien, l'abeille ?
- Speaker #1
En fin de compte, je pense que j'étais dans une vie antérieure une abeille pour autant aimer les fleurs. Tout doucement, après, quand on parle de fleurs, l'évidence, c'est le métier de fleuriste. Je l'ai verbalisé comme ça, mais très tardivement.
- Speaker #0
Parce que tu as fait des études de chimie. Ce n'est pas du tout... Sauf si tu avais déjà dans cette idée de devenir... créatrice de parfums, mais oui, tu avais déjà dans cette idée, d'accord, la chimie, t'es allée vers la chimie pour ça. Oui, oui,
- Speaker #1
en fin de compte, post-bac, je me suis, comme beaucoup de jeunes ados ou jeunes adultes, un peu, j'ai recherché ce que je voulais faire, j'ai découvert cette école, l'ISIPCA, et là, je me suis dit, c'est ce métier, voilà, ça me correspond, et pour y accéder, on devait passer par un doc de biochimie. Donc, j'ai fait un bac scientifique, j'ai fait un doc de biochimie, et j'ai été prise à l'ISIPCA.
- Speaker #0
Ok, et après HEC pour la partie commerciale, j'imagine, du métier ?
- Speaker #1
La partie accompagnement de création d'entreprise. Voilà, on était un peu plus chiffrés, on était un peu plus terre-à-terre.
- Speaker #0
Ouais, d'accord. Et donc, c'était en région parisienne, ça, tes études ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. L'ISIPK était à Saragne et HEC à Jouy, en Jossas.
- Speaker #0
D'accord. Et après, donc, naturellement, t'es rentrée dans une entreprise, enfin, je ne connais pas laquelle, mais une grande entreprise de parfumerie.
- Speaker #1
Oui, il n'y a pas beaucoup. Beaucoup de... Je crois qu'elles sont six ou sept mondialement. J'ai eu la chance d'en découvrir trois. Tu vois, je faisais des changements comme ça. Moi, j'ai toujours suivi des gens... J'ai toujours suivi des boss qui m'inspiraient. Voilà. J'étais vraiment toujours liée par l'humain. Donc, j'ai changé plusieurs fois de boîte, mais un peu toujours les mêmes. Voilà. Pour des mentors, pour des identités. Donc, voilà. Je suis restée 27 ans dans ce joli milieu de la création du parfum.
- Speaker #0
Tu as fait plusieurs entreprises, du coup, dans les 27 ans, ce n'était pas une seule, d'accord.
- Speaker #1
Oui, j'ai fait plusieurs fois. Oui, j'ai un petit... Alors toi, je ne sais pas si c'est un écho, je le découvre un peu en réfléchissant avec toi. Je voyageais tout le temps avec mes parents et tous les deux, trois ans, comme je te disais, on avait des rebondissements, des nouvelles vies qui se présentaient. Et je suis hyper impatiente. Du coup, j'ai toujours besoin d'avoir quelqu'un que j'admire, qui me booste. Et si je m'ennuie... Voilà, je vais vite passer à autre chose. Donc, sans méchanceté, c'est juste que j'ai besoin d'avancer, d'avoir autre chose.
- Speaker #0
Tu t'es construite comme ça.
- Speaker #1
Exactement, à suivre un feu folet, tu vois. Et donc, j'ai fait ça aussi professionnellement. Je me rends compte en parlant. Mais j'ai toujours quitté les sociétés avec beaucoup de respect et puis d'affection. Parfois, je suis même revenue. On a eu des balles de ping-pong comme ça. Mais c'était toujours passionné.
- Speaker #0
Et alors, tu étais dans quel type de fonction ? Tu étais dans les labos à créer ?
- Speaker #1
J'ai commencé dans les labos. J'ai créé un service de stabilité de parfum au démarrage. Et puis, peu à peu, je suis rentrée dans le métier qu'on appelle Fragrance Development Manager. Quand on sort de l'école de l'ESIPCA, on a deux métiers qui nous sont offerts. Le premier qui est celui de l'écriture de la formule, qui est le parfumeur. Puis, il y a un métier annexe qui a fait la même école. qui s'appelle le développeur de parfums, qui lui est un lien entre le marketing... le client, et qui va coacher la partie développement du parfum sur le point de vue olfactif, technique, régulatory, inspiratif également, donc une connaissance du marché. Et cette personne est un peu le chef de projet, avec plusieurs parfumeurs qui vont travailler sur ce projet. Il y a un pilotage, une guidance, voilà. Il faut savoir qu'un parfum, ça se développe en industrie comme ça, entre, on va dire, deux ans et sept ans. Ce n'est pas une intention qui se fait en 15 jours.
- Speaker #0
D'accord. Et je me suis toujours demandé, parce que moi, quand je vais dans une parfumerie, au bout de trois pchites de trois parfums différents, je ne sens plus rien. Comment on fait, justement ? Parce qu'il faut, déjà, j'imagine, vachement faire attention à son sens olfactif.
- Speaker #1
Oui, alors ?
- Speaker #0
Et comment tu fais pour, un, le préserver ? Parce que c'est ton outil de travail, donc il faut vraiment le préserver. En plus, d'ailleurs, j'étais étonnée parce que je sais que tu fumes. Je suis toujours étonnée qu'on fume alors qu'on est nés.
- Speaker #1
Ce n'est pas bien de fumer. Non, mais c'est vrai. En fin de compte, c'est mon outil de travail. Alors, qu'est-ce que je fais déjà ? C'est que techniquement, je vais te dire, je me nettoie souvent le nez, avec des sprays nasaux, etc. Je fais ça tous les matins, tous les soirs. C'est presque se laver les dents pour le commun des mortels. Moi, je nettoie aussi mon nez. Ce que je fais également, je suis très, alors là, je suis hypochondriaque du rhume. C'est terrible, il ne faut surtout pas, je ne m'approche pas d'une personne qui a un rhume, je vais être détestable. Et puis, oui, la cigarette a été pendant longtemps dans la parfumerie et ce n'est pas bien du tout. Je le regrette, c'est ma plus grande erreur dans la vie. Je me suis mise à fumer très tardivement, histoire de nettoyer mon nez. Donc, c'était horrible. En fin de compte, on sentait, on sortait fumer une cigarette, ça nous nettoyait le nez. On retournait au bureau, on se lavait les dents, on se lavait les mains comme des chirurgiens, on retirait le gilet du fumeur. Et voilà, et de trois cigarettes par jour, je suis passée à 10, puis à 15.
- Speaker #0
Je ne pensais pas qu'on pouvait utiliser la cigarette pour nettoyer le nez.
- Speaker #1
Ça te chasse les molécules odorantes et ça t'en met d'autres. C'est la cigarette qui est plus facile ensuite à être décollée parce que plus légère. Donc, plutôt que d'aller marcher 15 minutes ou 35 minutes dehors, on prenait notre petit shoot de nicotine. Et ce n'était pas bien. C'était vraiment ridicule. J'ai fait ça quelques temps. Et puis, un jour, je me suis dit, mais c'est super stupide. Quand j'ai vu mes garçons devenir adolescents, j'ai eu très peur qu'ils le fassent et que je sois un modèle pour eux sur ce point-là. Et j'ai tout arrêté. Aujourd'hui, je fais la cigarette électronique. Et j'aimerais bien arrêter aussi cette cigarette électronique juste par la dépendance aux gestes. Mais voilà.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu penses que ça altère tes sens ?
- Speaker #1
La cigarette électronique, pas du tout.
- Speaker #0
Non, d'accord. Non, parce qu'après, c'est deux choses différentes. Là, c'était surtout pour savoir comment tu préservais ton sang solfactif.
- Speaker #1
Le sang solfactif, écoute, voilà. J'en prends soin comme on se lave les dents tous les matins. Je fais attention aux maladies. Puis, je n'y pense plus. Après, tu sais, on respire. Donc, c'est un mode… Non, je ne fais pas plus que ça. Je l'ai entraîné, j'ai travaillé le nez. Le nez, ça se travaille. On apprend nos gammes comme en musique. On apprenait nos gammes. Maintenant, je les travaille un peu moins puisque tout est dans ma bibliothèque olfactive. Mais voilà, c'est…
- Speaker #0
Ok. Non, c'est intéressant parce que tu vois, c'est…
- Speaker #1
Non, on ne peut pas assurer un nez. Tu vois, on peut assurer…
- Speaker #0
Oui, c'est ça en fait, parce que tu peux assurer des mains.
- Speaker #1
Voilà, des mains, des genoux, des pieds de footballeur. Mais le nez, du coup, on peut feindre l'anosmie. Donc, ça ne peut pas être assurable.
- Speaker #0
D'accord. OK. Et pour revenir à ton... Merci, c'est intéressant. Tu vois, j'aurais appris aujourd'hui. J'espère que tout le monde aura découvert. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de personnes qui connaissent ce métier. Donc, c'est intéressant. Et puis, surtout que c'est... Donc, il y a une partie chimique, scientifique, mais c'est quand même ce qui, moi, me touche forcément, la partie artistique de ce métier. Et c'est une création, comme tu crées un spectacle, comme tu crées une peinture, tu crées un parfum, en fait.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Et donc, ça, comment... Enfin, ce serait... Je n'ai pas de questions, parce que je ne sais pas comment te faire parler de ça, mais j'aimerais que tu racontes cette partie... plus poétique, peut-être plus artistique de ce métier.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Tu sais, ça fait un peu écho à ce que je te disais tout à l'heure par rapport à la kinesthésie. C'est que du coup, c'est ressentir... Toi, c'est ce que tu vas faire. Quand je vais te l'expliquer, tu vas dire, mais nous, on procède de la même manière. C'est comme si on avait un champ magnétique autour de nous. On a des invisibles, des choses qui se passent, des choses qui se créent à partir d'une construction de mots aussi, quand ton interlocuteur te parle, des vibrations qui se créent par rapport à une photo, par rapport à une musique. Tout ce monde invisible-là, il est traduit dans notre cerveau. et moi j'ai juste la capacité par rapport à toi la différence c'est que moi du coup je vais mettre une odeur c'est-à-dire que je suis presque plus habile d'exprimer quelque chose en te parlant de molécules et de matières premières ou de parfums que de mots tu vois c'est mon mode de fonctionnement j'ai créé dans ma tête ce schéma-là où les odeurs sont associés à des émotions, à des mots, etc. Donc moi, ma bibliothèque émotionnelle, elle est faite sur les odeurs. Alors bien évidemment, pas que, parce que sinon, je ne pourrais pas beaucoup communiquer. On n'est pas beaucoup à voir cette traduction qui s'est travaillée. C'est juste à force d'eux, J'imagine qu'un musicien, c'est un peu pareil. Tu vois, un musicien, il doit voir s'il a un élan à un moment. Regarde les compositeurs.
- Speaker #0
Moi, je pense en musique, par exemple. C'est drôle.
- Speaker #1
Exactement, tu vois. Et bien, c'est exactement ça. Moi, je te parlais justement que j'avais mes référents musiques. Je t'ai pas dit, mais j'ai aussi des référents olfactifs. C'est-à-dire que le matin, moi, j'ai un pchit de tel parfum parce que celui-ci, il me remet en colonne vertébrale, il me remet vivante. Si un jour, je dois être un peu plus en douceur, un peu plus en tempérance, parce que je me sens un petit peu trop énervée, un peu trop Ausha, j'ai un autre parfum qui va me...
- Speaker #0
Mais ça, c'est hyper intéressant parce qu'on sous-estime le pouvoir de l'eau des senteurs. Et moi, ce n'est pas du tout mon sens.
- Speaker #1
On dit souvent, j'ai des amis autour de moi qui me disent « Oh ben non, on ne sait pas sentir » . Non, non, ce n'est pas que vous ne savez pas sentir, vous êtes obligés de sentir puisque vous respirez. À partir du moment où tu respires, tu sens. Ce que vous ne savez pas faire, c'est décoder. Parce que vous ne l'avez pas appris et que vous n'avez pas eu l'attention de le faire. Je vais te raconter une histoire. Un jour, je revenais d'un séminaire. J'étais partie trois jours en séminaire. Mes enfants étaient à la maison. Ils avaient 8-9 ans, tout petits, pichonnants. Et je reviens avec un cadeau pour les gamins. Et pendant ce séminaire, on nous avait offert un éventail en bois. Et cet éventail était parfumé avec une molécule qui sentait l'iode, le bord de mer. Donc, tu vois, il n'y a pas de lien avec l'éventail et le bois. Et du coup, j'ai une copine qui me file son éventail. Comme ça, j'en ai deux parce que j'ai deux garçons. Je rentre à la maison, je les offre à mes petits gars. Et mes gars, ils s'amusent, ils prennent l'éventail, ils jouent avec. Puis, il me fait « Oh maman, ça sent la mer » . Là, je me dis, ben voilà, à force d'être avec moi, ils ont été éduqués à cet éveil olfactif. Donc, du coup, c'est juste du travail. Si tu te mets à un moment à sentir une fleur et tu dis « Ben ça, c'est l'odeur du jasmin. Ça, c'est l'odeur du jasmin. Ça, c'est l'odeur du jasmin. » Ensuite, tu vas reconnaître cette odeur du jasmin dans un parfum. Donc, voilà.
- Speaker #0
de l'apprentissage l'apprentissage comme le goût d'ailleurs et l'audition mais en fait ce que je voulais aussi souligner c'est que souvent tu parlais de le matin tu te mets des pchites selon ton humeur ou ce que tu as envie de ressentir et je trouve que c'est une clé assez intéressante en fait, on a tendance à mettre de la musique par exemple ou à aller se balader ou je ne sais rien pour se mettre dans un certain mood Et tout simplement, en fait, effectivement, ça peut être chouette comme nouvelle habitude. Là, on est fin d'année, début d'année 2026, d'aussi d'utiliser les senteurs pour ressentir quelque chose, pour se mettre dans une énergie.
- Speaker #1
Il faut savoir que tu vois l'olfaction, le fait de sentir, est le seul sens qui passe directement à l'hypothalamus. L'hypothalamus, c'est la partie de notre cerveau qui est liée aux émotions. Il n'y a pas de filtre. Du coup, on dit... que l'olfaction est le seul sens que la raison n'ose contredire. Ça va directement à l'émotion et ça va directement au souvenir. C'est le sens pur. Donc, c'est pourquoi il y a ce réel impact d'une bonne odeur. C'est la Madeleine de Proust. En quelques millisecondes, tu ressens quelque chose et ça te fait voyager. C'est beaucoup plus.
- Speaker #0
C'est intéressant. Écoute, je note, j'invite chacun à noter ça aussi, d'utiliser des fragrances pour se mettre en énergie, pour, tu vois, j'aurais laissé quelque chose auquel je n'aurais absolument pas pensé. Donc, merci. Merci. Et j'aimerais qu'on parle du coup un peu plus de Cécile, derrière la parfumeuse ou la créatrice de parfums, Cécile, la femme, la mère, cas aussi vécu dans certaines choses. Et ce qui est intéressant, ce que j'essaye aussi de montrer dans ce podcast, c'est, aujourd'hui, donc, t'es épanouie, tu fais un métier que tu aimes. tu as réussi à créer ton entreprise, tu commences à avoir pas mal de contrats avec des hôtels notamment, avec plein de clients différents. Et là, c'est aujourd'hui, en 2025-2026. Mais j'aimerais aussi comprendre ton parcours parce qu'il y a eu 27 ans dans la parfumerie, mais j'imagine, et je sais, tu m'en as parlé un petit peu, qu'il y a eu des moments un peu plus difficiles. Est-ce que tu as envie d'en parler déjà ou pas ? Et surtout, comment tu as réussi à... à aller vers ton rêve finalement, à mettre en... Aujourd'hui, de réussir à vivre la vie que tu souhaitais. On sait que ce n'est pas facile. On sait qu'il y a quand même tout un cheminement à faire. Donc, l'optimiste me t'a guidée, mais comment ? En fait, comment tu as réussi finalement à changer ta trajectoire ?
- Speaker #1
Alors, déjà, ta question, elle est très utile parce que tu m'avais envoyé les questions un peu avant et ça m'a permis d'y réfléchir parce que... Parce que je crois que quand tu réagis au moment de vie, aux secousses de la vie, tu agis avec instinct, tu agis avec quelque chose qui est en toi, mais tu ne te fais pas un brief, tu n'as pas une stratégie, tu vois, voilà. Donc ça, c'est un moment que tu m'as offert là pour poser ce regard et analyser un peu comment j'ai réagi aux secousses de ma vie. Parce que du coup, oui, j'ai eu des secousses, ce n'est pas du pathos, je crois que c'est la vie de tout le monde, tu vois. J'ai eu plusieurs vies, comme je vous ai dit, plein de voyages. Mais après, j'ai eu plein d'autres scénarios de vie encore. Moi, j'ai divorcé très jeune avec des enfants en bas âge. Je me suis occupée de mes deux pambins. Donc, voilà, il fallait assurer. Donc, j'ai assuré. Puis, il fallait assurer dans la bonne humeur, dans la joie, parce que c'était des signaux que je voulais qu'ils aient pour se construire. Donc, quand tu es triste, ce n'est pas facile, mais tu le fais quand même. Puis après, il y a eu le décès de mon papa, qui était la personne, mon lien familial, la puissance qui m'accompagnait pour toujours et qui m'accompagne encore. Et quand je l'ai perdue, tu vois, justement, je suis quelqu'un d'hyper jovial, je ris avec un rire en cascade qui amuse beaucoup. Eh bien, j'ai arrêté de rire pendant trois ans au décès de papa. Donc, je me suis vraiment éteinte. Donc là, c'était un vrai choc. Et puis, à peu près... Tu avais quel âge à ce moment-là ? Je n'avais jamais enfant. Mon papa est parti il y a 14 ans maintenant. Donc, j'avais 40 ans.
- Speaker #0
Tu étais encore dans une entreprise de parfumerie à ce moment-là ?
- Speaker #1
Voilà, ça, c'était une étape très dure. Puis là, je me suis aperçue d'un truc aussi, en apprentissage de ces secousses de vie. C'était apprendre à gérer le chagrin. Et j'ai compris une chose. une fois on m'a dit tu sais le chagrin c'est comme un caillou que tu portes dans ta poche il va jamais partir mais tu vas apprendre à gérer ce poids et au fur et à mesure ce caillou il sera moins lourd, il sera à côté de toi dans la poche mais il sera moins lourd et du coup j'ai appris à gérer le chagrin tu vois avec mon divorce j'ai appris à gérer une déception moi je rêvais d'une maison avec une balançoire, un chien, un jardin enfin tu vois c'est peut-être Candy quoi, la vie de Candy et puis déception ça n'arrive pas le décès de papa, gros chagrin à gérer, comment on gère ça, c'est un tsunami. Et puis le troisième point hyper important pour amener à la création de mon agence, c'est qu'à un moment, 27 ans au milieu de la parfumerie, c'est une famille, c'est de l'oxygène, et puis par une histoire de désentente, je me sépare d'eux. Puis là, j'ai l'impression qu'on m'avait enlevé mon masque à oxygène. Je dis, mais si je ne bosse plus dans la parfumerie qui je suis, une perte des repères, et bien, rebondissement encore, il ne faut pas se laisser abattre, Cécile. Et je pense que j'ai appris à avoir de l'oxygène ailleurs en me raccrochant à ma petite-fille. Ah,
- Speaker #0
c'est beau, ça.
- Speaker #1
Et je me suis dit, écoute, Cécile, voilà, tu as encore un château de cartes qui s'écroule, là. Tu as reconstruit les deux autres plutôt pas mal. On va reconstruire celui-ci aussi. Qu'est-ce que tu as envie de faire ? Mais vraiment, vraiment, au fond de toi, qu'est-ce qui te mettrait de la joie ? Qu'est-ce qui t'alimente ? Comme quand tu étais petite et que tu allais te balader dans les jardins, cette espèce d'insouciance et de candeur, qu'est-ce qui t'animerait pour revenir sur ce sentiment-là ? Et là, écoute, voilà, pam, pam, il y a eu un petit ange gardien qui m'a, pendant le Covid, qui m'a donné ce lien sur la symbolique des fleurs du XIXe. Puis je suis devenue la meilleure amie de l'archiviste de la bibliothèque, François Mitterrand, qui me les envoyait tous. Et là, j'ai repris vie. J'ai repris vie. J'ai créé cette application, l'Orga Fleur, où j'ai modernisé la symbolique des fleurs. Puis je me suis dit, mais il faut en faire quelque chose de ça. Mais j'ai utilisé le parfum comme vecteur. Et voilà. Et aujourd'hui, je crée des parfums sur mesure pour les hôtels, les lieux de parcours hautes. Et j'associe une fleur selon la symbolique des fleurs à l'ADN de ce lieu. ce qui permet de construire le parfum.
- Speaker #0
Et ce qui permet ensuite d'établir un storytelling, parce que je forme le personnel ensuite pour parler du parfum, et on a un storytelling qui est hyper pédagogique, les gens adorent apprendre des choses. Et puis surtout, super élégant, ce n'est pas une pub, c'est inspiré de la symbolique des fleurs du XIXe, la violette, un secret bien gardé, c'est la signature de notre hôtel, ça veut dire beaucoup de choses, les gens comprennent. J'aime beaucoup cette délicatesse.
- Speaker #1
Et pourquoi les fleurs du
- Speaker #0
19e ? Alors, il faut savoir qu'au 19e, pas beaucoup de gens savaient écrire. Et du coup, pour se passer des messages, les gens utilisaient, se passaient des fleurs en boutonnière, en bracelet, un peu comme les mouches. Tu sais, tu connais l'histoire des mouches. Je suis libre, je suis mariée. Eh bien, les fleurs étaient utilisées comme ça pour donner des... On peut donner un rendez-vous avec des fleurs. Tu vois, le nombre de glaïeules va te donner l'heure du matin en fonction de la couleur du café.
- Speaker #1
C'était plus romantique que des SMS ou que Tinder.
- Speaker #0
Exactement. Je ne supporte pas ces émojis, quoi. Aubergine, machin. C'est horrible. Et j'aimerais bien, tu vois, c'est un peu, voilà, revenons un peu plus de poésie et d'élégance. Donc, clairement, voilà, tu peux dire plein de choses avec les fleurs et des choses, mais hyper amusantes, quoi. C'est un million de choses.
- Speaker #1
Ça, c'est génial à apprendre aux enfants aussi, si on pouvait apprendre le langage des fleurs.
- Speaker #0
C'est génial. T'imagines pour une petite séance pour la fête des mères et la fête des papas ou des parents, parce qu'aujourd'hui, maintenant, tout est possible. Eh bien, chaque enfant donnerait un petit signal comme ça. Mais on peut aller très, très loin avec ces fleurs. J'ai plein de projets. Là, je suis au step one.
- Speaker #1
Donc, les fleurs du 19e. Et donc, tu parlais d'une application. elle existe toujours qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #0
cette application je l'ai créée elle s'appelle l'Orgaflore parce qu'en parfumerie on utilise beaucoup le mot issu de la musique pour le moment je l'utilise que pour moi donc elle est voilà c'est mon mon transformateur d'identité marketing on va dire identité de la marque et comment je vais le transformer pour choisir le bon message ok
- Speaker #1
super bon et j'en découvre plein c'est cool toi Oui, oui. Et donc, sur ton parcours dont tu parlais, entre le divorce, le décès de ton papa, puis les difficultés dans ton boulot, enfin voilà, les désaccords, tu parles d'optimisme qui t'a fait traverser, tenir et te rapprocher de toi. Mais comment ça se travaille, l'optimisme ? Est-ce que tu l'as fait travailler ? Est-ce que tu l'as travaillé avec des personnes, des coachs ? Est-ce que c'est toi ? Est-ce que tu penses que c'est... Une force que tu as en toi, que tu n'as pas eu besoin forcément d'aide extérieure ?
- Speaker #0
Je n'ai pas eu besoin spécialement d'aide extérieure parce que j'avais un papa qui était déjà dans cette optique-là.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
papa me disait toujours, écoute, impossible, il ne faut même pas savoir l'écrire. Voilà, rien n'est impossible. Et puis, papa voyait toujours le bon côté des choses.
- Speaker #1
C'était ton mentor, en fait. Oui,
- Speaker #0
totalement, totalement. Donc, du coup, voilà, il avait cette approche très… positive, justement, qui m'a transmise. Puis après, tu sais, moi, je suis partie d'un principe, quand j'ai commencé à avoir mes secousses du monde d'adulte, t'as deux solutions. Tu tombes. Alors oui, une fois, je suis tombée. J'ai arrêté de rire pendant longtemps. On tombe. C'est humain de tomber.
- Speaker #1
Pendant ces trois ans où t'as arrêté de rire, comment t'as fait pour en sortir, justement ?
- Speaker #0
C'est un combat. C'est long. C'est de me dire... Je voudrais que ce rire revienne, je voudrais me remettre en vie. C'était un peu la phrase que je me disais sans arrêt. Et je crois qu'en réalité, le rire, il est revenu quand mon caillou de chagrin ne pesait plus aussi lourd. J'avais imagé ce chagrin, il existait, je ne l'ai pas refoulé. Il existait, c'était ce caillou. Et c'est juste qu'à un moment... Il prenait trop de place dans ma tête. Il était trop présent. Il était trop lourd. Et au fur et à mesure, je lui parlais, je lui parlais, je lui parlais à ce caillou. Vous allez dire que je suis complètement dingue. Elle parlait à un caillou.
- Speaker #1
Non !
- Speaker #0
C'est un peu ça, tu vois. J'avais identifié ce caillou.
- Speaker #1
Comme on parle à son doudou quand on est petit, en grandissant, on peut parler à son caillou.
- Speaker #0
Moi, j'ai parlé à mon chagrin pendant longtemps. Et je lui ai demandé, enfin voilà, je l'ai digéré peut-être. Je l'ai accepté. Il était au fond de ma poche. Et je lui ai dit, maintenant, tu restes là, ami. il faut me laisser de la place pour autre chose. Et un jour, comme un éclair, je ne sais pas, à un moment, il y a eu une blague. Mes fils, ils m'ont fait marrer et paf, c'est revenu. Et là, j'en avais les larmes aux yeux. Je me suis dit, les enfants, vous avez entendu ? Ce rire est revenu. Donc, je crois que c'est l'acceptation. Ce n'est pas vouloir le cacher. C'est l'accepter. Et puis garder son... Garder un objectif qui est ailleurs. Il faut voir ailleurs, il ne faut pas regarder juste les deux mètres où on est. Il faut regarder un peu.
- Speaker #1
Si tu avais un ou deux conseils à donner pour des personnes qui sont dans une situation où elles ont peut-être perdu leur joie de vivre, où elles ont besoin de se raccrocher à quelque chose, quel serait ton conseil ?
- Speaker #0
Premier conseil, c'est les gens qui ont bossé, c'est les gens les plus lumineux. Ils ont tous des fentes, un peu comme l'arme. Les Japonais ont une technique comme ça pour transformer les objets cassés, pour les sublimer.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Ouais, je trouve ça chouette. Avec de l'or, d'ailleurs. Je crois qu'il refait avec de l'or. Mettre de la lumière,
- Speaker #0
exactement. Donc, premièrement, quand on est cabossé, ce n'est pas fini. On est en métamorphose pour devenir une meilleure version de soi-même. Deuxièmement, accepter. Accepter la peine, le chagrin, la déception. Accepter, il faut verbaliser. Tu vois, moi, mon caillou, c'était mon chagrin. Et puis, lever la tête et puis avoir un objectif derrière, se mettre en action, avancer quand même. Mais tout ça, ça ne se fait pas en même temps.
- Speaker #1
Non, et puis en plus, quand tu es dans une période difficile où tu n'arrives pas à voir la lumière, justement, parfois, tu n'as plus d'objectif, tu n'arrives plus à mettre d'objectif, en fait.
- Speaker #0
Tu n'arrives plus. Alors, c'est à ces moments-là, tu vois, moi, par exemple, je suis retombée il n'y a pas longtemps, quand j'ai imaginé mon agence, Cécile & Paris. Bon, j'ai pris mon ordi, mais quand on n'a pas d'ordi, on prend un silo et une feuille. J'ai écrit dix pages, mais avec une évidence. Je pense que c'est dix pages comme un compositeur de chansons qui te dit « j'ai écrit la chanson en une nuit » . Je pense que je l'ai écrit en une nuit. En réalité, tout existait en moi, tout était là. Et j'ai tout sorti en écrit. Au premier moment, je me dis « je ne vais jamais y arriver, c'est énorme » . Puis après, tu le laisses poser. Puis une semaine après, tu le relis. Puis tu dis « si je commençais par ça, ok, je vais faire ça » . Puis peu à peu, ça prend forme.
- Speaker #1
Oui, les petits pas. Les petits pas aussi.
- Speaker #0
Exactement. Et donc, je pense que chercher l'évidence à un moment, on peut aussi sortir sa colère, son chagrin, l'écrire, le sortir, le sortir, ça permet de le rendre concret, tangible, puis de passer à autre chose. Dans la construction, dans la lumière, dans l'optimisme, il faut d'abord, moi perso, j'avais besoin de digérer et de verbaliser l'émotion que j'étais en train de traverser pour la madouer, pour la connaître, la madouer, la comprendre. Après, elle était là. Et puis, du coup, je pouvais regarder dans une autre direction. Et là, j'essayais de m'écouter. Et moi, Cécile in Paris, je crois que je l'avais en moi depuis l'enfance, en réalité, quand j'étais l'abeille petite fille, tu vois. Et comme une évidence, ça s'est écrit. Alors bon, aujourd'hui, ma boîte, ce n'est pas exactement les dix pages que j'avais écrites il y a cinq ans, mais ça n'est vraiment pas loin.
- Speaker #1
Oui, et puis ça évolue aussi. C'est marrant parce que moi, j'avais fait exactement le même exercice, mais je ne m'en souvenais plus. Je crois que c'était en 2016 ou 2017, j'avais écrit sur un cahier ce que je ferais dans l'art, à Capel Art, qui n'existait pas encore, ça n'avait pas encore le nom. J'ai retrouvé ce cahier quand j'ai fait du tri chez moi, au fond de mon tiroir. Je ne m'en souvenais plus. Et j'avais tout écrit.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est fou, hein ? Mais donc, en fait, le pouvoir, on a tout en nous. C'est juste, je crois, moi aussi, se faire confiance.
- Speaker #0
Je crois qu'on a tout en nous. On est, tu sais, c'est... Moi, je raconte une histoire à mes enfants quand ils étaient petits. Quand on est, tu sais, on a ce petit renflement là au-dessus, en dessous le nez, justement, et au-dessus de la bouche. C'est étonnant, tu vois, la bouche, la parole, le nez, mon point de communication. Du coup, je raconte cette histoire. Et je disais à mes fils... écoute, ce petit renflement, c'est un ange qui, au moment de ta naissance, est venu. Il a posé son doigt, ça a fait cette marque. Et l'ange, ton ange gardien, te dit « chut, ne dis rien » . Et je pense que justement, on sait tout quand on est. Et au fur et à mesure, après, il faut apprendre à s'écouter. On a toutes les infos en nous, on les a. Il faut juste apprendre à mettre de l'ordre là-dedans, à prendre le temps de s'écouter. Et moi, toutes mes secousses de vie, ça m'a un petit peu remis les choses en ordre. Et à chaque fois, ça m'a obligée à revenir vers moi, à m'aligner. Je suis tellement plus alignée aujourd'hui qu'à mes 20 ans, qu'à mes 30 ans. C'est super agréable.
- Speaker #1
À vieillir à cet avantage-là.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Plus on avance en âge et plus on sait exactement ce qu'on aime, ce qu'on n'aime pas, on arrive à s'aligner. Alors, pas tout le monde. Ça dépend aussi du chemin de chacun et du travail. Moi,
- Speaker #0
je n'aime pas le mot vieillir. Moi, je dis que c'est de la jeunesse accumulée.
- Speaker #1
Oui. Surtout que parfois, plus on prend de l'âge et plus on revient petite fille. En fait, tu sais, c'est…
- Speaker #0
Exactement. Plus… Enfin, si le cheminement, tu arrives à bien travailler sur toi. Moi, je n'ai jamais été aussi… on va dire, rigolote, insouciante, légère qu'aujourd'hui mon demi-siècle passé.
- Speaker #1
Oui, et puis ce n'est pas fini. Je pense que c'est le travail d'une vie. De toute façon, on apprend toujours, on avance toujours. Et c'est chouette. C'est vrai que l'optimisme, parfois, peut être perçu comme il faut dire que tout va bien, tu sais, la méthode Coué. Mais je crois que ce n'est pas superficiel. C'est vraiment, de ce que j'entends de ton histoire, c'est vraiment un art de vivre. Justement, on parle d'artiste, c'est un art de vivre aussi.
- Speaker #0
Après, dans l'optimisme, l'optimisme, comme tu dis, ce n'est pas de mettre des paillettes partout. L'optimisme, pour moi, c'est voir la réalité, nommer ton chagrin, nommer ta déception, l'accepter. Moi, je l'identifie, je donne des prénoms, c'est une entité, c'est une pierre. Et ensuite, c'est relever la tête. Tu vois, c'est un peu comme... Il y a des gens qui disent « oui, quand tu as peur, tu n'es pas courageux » . Je ne suis pas d'accord. Le courage, c'est d'avoir peur et d'y aller. L'optimisme, c'est de prendre connaissance que là, ce n'est pas top, je suis un peu cabossée, ce n'est pas génial là, c'est difficile. Comment je vais m'y prendre pour aller de l'avant ? L'optimisme, c'est ça. Ce n'est pas que mettre allumé la lumière et mettre la musique. C'est ce cheminement d'aller vers quelque chose qui te fera ressentir dans un état bien plus agréable.
- Speaker #1
Merci. On va arriver à... J'espère que ça aura donné du baume au cœur, de la joie de vivre. Ça aura donné le sourire aux personnes qui écoutent. Je voudrais qu'on finisse ce podcast avec deux choses. Déjà, la présentation de ton actualité, si tu en as une, ou que tu puisses expliquer pour les personnes qui seraient intéressées par ce que tu fais, par tes services, comment ça se passe. pour rentrer en contact avec toi, pour monter un projet. Et puis, on finira par la petite phrase clé mantra qui te guide pour finir sur cette page.
- Speaker #0
Alors, sur mon actualité, je suis joignable sur Insta, cécileinparis.fr, sur LinkedIn, j'ai un site Internet, cécileinparis aussi, avec toutes mes coordonnées. Ce que je veux dire, c'est que du coup, je fais du sur-mesure, bien évidemment, pour les entités qui ont déjà un peu une connaissance du monde de la parfumerie et du pouvoir et de l'implication que ça peut avoir. Dans mon actualité, je viens de développer tout, tout, tout, tout, tout à l'instant. Ça commence en 2026. Une collection capsule où j'ai réuni des créations que j'avais faites et qui sont proposées pour des entités beaucoup plus petites qui n'ont pas les moyens de faire du sur-mesure. On quitte le domaine de l'exclusivité. Et pour ceux qui ont envie et qui ne savent pas trop, qui ont un peu peur de cet engagement financier aussi, après, on n'est pas sur des millions et des millions, franchement, je pense que... Mais c'est un engagement financier quand même. Du coup, je propose une capsule 20-26 avec sept parfums que j'ai développés dans différentes familles. Et je propose l'installation de ce parfum-là dans une boutique. avec un diffuseur connecté pour un prix de 50 ou 60 euros par mois avec le parfum qui diffuse selon le temps d'engagement. C'est une manière pour moi de donner accès à cette poésie olfactive pour se différencier, pour faire un peu un monde meilleur. J'avais envie que tout le monde en profite.
- Speaker #1
Ah génial, super. Justement, j'étais en train de me dire, tiens, à Capellart, est-ce qu'on ne pourrait pas avoir un parfum ? Où est-ce qu'on le mettrait ? Est-ce qu'on n'a pas de lieu en propre ? Moi, j'adorerais avoir un parfum.
- Speaker #0
Pourquoi pas, quand tu donnes tes cours, on peut en parler.
- Speaker #1
Oui, mais ce n'est pas chez moi. Mais oui, je vais réfléchir. C'est chouette de pouvoir donner accès à ça, parce que c'est vrai qu'on se dit toujours que c'est inaccessible. Il n'y a que les gros hôtels, les grands hôtels, les grandes entreprises qui peuvent avoir ça. Donc, c'est une bonne idée.
- Speaker #0
Pour 50 ou 60 euros, en fonction de l'engagement, tu peux avoir un parfum qui métamorphose ton lieu de vente.
- Speaker #1
Super, ok. Donc, sur Internet, son site Internet, sur les réseaux. Si on a besoin d'une petite dose d'optimisme, est-ce qu'on peut te contacter aussi ?
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. Après, je ne suis pas une psy, attention moi.
- Speaker #1
Non, mais non.
- Speaker #0
Mais voilà, non, non, mais bien sûr. J'adore rencontrer des gens, j'adore, c'est vrai.
- Speaker #1
Bon, et donc tu habites à Neuilly-sur-Seine aujourd'hui. Voilà. Et alors pour terminer, qu'est-ce que tu as ? Bon, tu as déjà donné des conseils et des clés, mais est-ce que tu as un mantra, une phrase, quelque chose qui te porte, qui te guide ?
- Speaker #0
Oui. Moi, mon petit mantra qui me porte, c'est quand je dois prendre une décision, c'est écoute ton enfant intérieur, celle qui a regardé Heidi et Candy.
- Speaker #1
on connecte toi avec elle c'est la période de là on est en décembre 2025 donc c'est la période aussi des dessins animés de Noël des films de Noël donc ça peut être l'occasion de s'inspirer je te remercie beaucoup je suis ravie de clôturer l'année 2025 avec toi pour cette interview qui est enregistrée aujourd'hui, mais de la commencer aussi avec toi puisqu'elle sera diffusée en janvier. C'est chouette.
- Speaker #0
Mon sapin de Noël, j'ai fait exprès.
- Speaker #1
Il est génial, il est très beau. Moi, je n'en ai pas. Sur la déco, je ne suis pas bonne. Mais bon. En tout cas, c'est chouette. Je suis ravie que tu aies accepté l'invitation en si peu de temps parce que je t'ai contactée seulement la semaine dernière pour t'en parler. Moi, j'adore. Je suis contente d'avoir... de t'avoir découvert un peu plus et puis je suis sûre que cet épisode intéressera, inspirera parce qu'encore une fois, ce n'est pas des métiers qu'on connaît et ça mérite justement qu'on en parle de plus en plus et puis qu'on se rapproche de ce sens qui raconte des histoires et qui raconte notre histoire.
- Speaker #0
Avec grand plaisir.
- Speaker #1
Je te remercie.
- Speaker #0
Merci à tous les Éricards. Merci.
- Speaker #1
Merci, à bientôt. Si tu es arrivé jusqu'ici, c'est que tu es connecté, tout comme moi, au récit de vie passionnant. Ou peut-être te poses-tu des questions sur toi, sur ta vie en ce moment. Et si le prochain épisode changeait tout ? Ne passe pas à côté, abonne-toi dès maintenant pour être le premier à l'écouter. Et puis, parce qu'on a toujours besoin de soutien, pense à nous mettre un 5 étoiles. Ça ne mange pas de pain, mais ça fait du bien. Tu peux aussi nous suivre sur les réseaux de Acapella Art sur Instagram, LinkedIn et Facebook et visiter acapellaart.com. Tous les liens sont dans le descriptif du podcast. A bientôt pour de nouvelles aventures !