- Speaker #0
« Bienvenue à toi dans ce nouvel épisode du podcast. Moi, je voulais juste être Madonna, le podcast qui te donne envie d'oser, de sortir du cadre et d'aller au bout de tes rêves. On ouvre cette nouvelle saison en ce début d'année 2026, une année qui sent le renouveau, une année où on a envie d'avancer, de faire autrement, de se remettre en mouvement. Je suis Erika Galland. » Une artiste dans l'âme, une amoureuse des belles histoires. Et surtout de celles où l'on change de vie, où l'on se réinvente. Si ce sujet me parle autant, c'est parce que je suis passée par l'art. Après 20 ans de carrière en multinationale, j'ai créé Acapel Art, une entreprise au service de l'art et de la créativité, avec une conviction très simple. L'art peut transformer nos vies, réveiller ce petit sommeil en nous, et remettre de la joie là où on ne l'attend plus. Dans cette nouvelle saison du podcast, on va parler d'art, bien sûr, mais aussi de parcours de vie, de reconversion professionnelle, de ces moments où l'on décide enfin d'écouter ce qui nous appelle vraiment. Les personnes que j'invite au micro ont toutes osé se pas de côté. Écoute-les, écoute leur histoire. Et peut-être que toi aussi, tu commenceras à écrire la tienne. Aujourd'hui, je reçois Camille, une fée du bonheur. Camille, elle voulait juste semer du bonheur. Élevée dans une famille aimante et le confort matériel, Camille a eu la chance de faire des études dans un secteur qui la passionnait, la mode. Elle a passé dix ans dans la haute couture, les bureaux de tendance et les magazines. Parcours de rêve, une vie heureuse. Elle aurait pu continuer ainsi et choisir la facilité. Mais, parce qu'évidemment il y a un mais, Camille a choisi une toute autre voie pour la suite. Une voie plus en phase avec ses aspirations. De la mode, elle s'est orientée vers le chant et la danse, avec le désir de révéler les talents des salariés en entreprise. Puis, rechangement de cap. Elle devient travailleur sociale dans un centre pour sans-abri. Ce n'était pas du tout prévu. Là encore, elle a eu le souhait d'aller plus loin en combinant son âme d'artiste à son désir de contribuer au bien-être des autres. C'est à ce moment-là de sa vie que sa vision du bonheur, de l'humanité et de ses objectifs personnels a complètement changé, jusqu'à créer un nouveau concept autour de la notion du bonheur. Alors, tu te doutes bien qu'elle ne s'est pas arrêtée là. La suite, c'est ce qu'on va découvrir maintenant dans ce nouvel épisode de « Moi, je voulais juste être Madonna » . Bonjour Camille !
- Speaker #1
Bonjour Erika.
- Speaker #0
Je suis ravie de t'accueillir. Ton parcours est assez impressionnant et riche, donc j'ai hâte que tu nous en dises un peu plus. Et puis, j'ai beaucoup aimé ton approche puisqu'en fait, on ne se connaît pas.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et ça, je trouve ça génial. Tu as vu, ou je ne sais même pas comment tu as vu le podcast. D'ailleurs, c'est intéressant que tu m'expliques. Et puis, tu as eu l'élan de m'écrire et de vouloir partager ton parcours. C'est vraiment le but de ce podcast, c'est d'inviter des personnes que je ne connais ou même que je ne connais pas, et c'est encore mieux quand on ne se connaît pas, pour inspirer les autres à oser changer de vie, à aller vers leurs rêves, à aller vers leurs envies. Merci beaucoup de cette initiative.
- Speaker #1
Merci à toi de ton accueil et de ton regard très chaleureux sur mon parcours. et moi je t'ai découverte je pense par euh je pense par l'algorithme en fait parce que moi je ne suis que des contes qui vont dans le sens de ce que j'aime et je pense que l'algorithme t'a envoyé à moi
- Speaker #0
Bon bah génial comme quoi l'algorithme parfois le hasard fait bien les choses et donc je suis ravie et j'ai envie du coup que tu racontes ton histoire alors le podcast s'appelle Moi je voulais juste être Madonna donc ça part finalement de mon rêve de gamine d'être chanteuse qui a été un peu contrariée, et ensuite j'ai pu reconnecter à l'art par un autre biais. Et donc j'aimerais bien connaître toi, ton parcours. On en a dit un petit peu dans l'introduction, tu as été élevée dans une famille aimante, dans un confort matériel, mais finalement, qui étais-tu la petite Camille ? Comment tu as grandi en fait ?
- Speaker #1
Moi, j'ai vraiment grandi effectivement dans un contexte très doux, très cocon. D'une part, évidemment, parce qu'on était à l'abri des problèmes d'argent. Et d'autre part, surtout parce qu'on était très aimés. C'est quand même une force, ça, de grandir dans une famille avec des parents qui ne veulent que ton bonheur. Donc, moi, j'ai grandi dans une espèce de bulle un petit peu. avec cette idée que le bonheur c'était ça quoi en gros être à l'abri des problèmes aussi d'abord parce que on n'en avait pas concrètement puis ensuite parce que quand on en avait mes parents nous le montrait pas donc c'était une enfance qui a été vraiment un qui aujourd'hui je me rends compte maintenant que je suis extrêmement vieille qui a été un sol je me rends compte à quel point c'est une chance d'avoir eu ça tu vas être grandir comme ça sur deux sur deux pieds un peu solidement ancrés, parce que j'ai vu après que tout le monde n'avait pas eu cette chance, évidemment.
- Speaker #0
Et donc, le domaine de la mode, c'est quelque chose qui t'a attirée dès toute petite ? Tu avais déjà cette envie ?
- Speaker #1
Oui, c'était vraiment une passion. Ça a été une des premières passions après la danse, parce que j'ai commencé la danse très, très, très, très petite. Mais juste après, à l'adolescence, j'ai découvert la haute couture. plus spécifiquement la haute couture et puis la mode dans son ensemble. Et le beau, l'artisanat, vraiment l'art de faire des choses extrêmement minutieuses, l'art d'associer les couleurs, et ça, ça a été pour moi une révélation. Et puis c'était la grande époque des grands couturiers, des Saint-Laurent, des Karl Lagerfeld chez Chanel, des Jean-Paul Gaultier. Donc moi, ça m'a vraiment éveillé, ça a éveillé mon amour du beau. Et là où effectivement, le fait d'être dans une famille qui a un peu d'argent, c'est un avantage, c'est une chance. C'est quand j'ai dit j'aimerais bien faire ces études-là, j'ai pu les faire. C'était une école privée et j'ai pu les faire. Et donc, j'ai pu faire ce métier dont je rêvais, c'est-à-dire travailler dans la boule.
- Speaker #0
Alors, je voudrais quand même... Donc déjà, tu as grandi à Neuilly-sur-Seine. Donc Neuilly-sur-Seine, c'est l'une des villes, effectivement, les plus aisées, les plus riches de région parisienne. Mais je voudrais quand même rajouter quelque chose là-dessus, parce que ce n'est pas parce que tu vis dans une famille qui a de l'argent, et ça, on en parlera sûrement après, que tu es libre de tes choix et que tu es libre de faire ce que tu veux. Il y a beaucoup de personnes, et ça, c'est intéressant, parce que du coup, peu importe le niveau social, finalement, c'est aussi l'ouverture d'esprit. et le bonheur vient aussi pour moi en tout cas on parlera peut-être de la notion du bonheur après de la façon dont les personnes autour de toi sont ouvertes ont envie finalement parce que moi aussi j'ai grandi dans une famille où il y avait plutôt de l'argent mais par contre j'ai pas eu la possibilité de faire ce que je voulais ah oui alors effectivement mais c'est là où je te dis moi je pense que j'ai eu de la chance à plein d'égards mais l'argent c'est
- Speaker #1
pas ce qui m'a le plus c'est pas ce qui a compté le plus dans ce que je suis devenue loin s'en faut en revanche en effet effectivement t'as tout à fait raison l'ouverture d'esprit ça a été prépondérant moi j'ai des parents qui n'ont jamais interféré dans les choix que j'ai fait qui m'ont toujours dit chérie si c'est ce que tu veux faire on te fait confiance et que ce soit dans mes choix professionnels comme dans je sais pas les hommes dont j'ai pu tomber amoureuse qui faisaient pas forcément on partie d'un milieu spécifique, je n'ai jamais eu quoi que ce soit à justifier de mes choix. Et ça, je pense que c'est vraiment la chance ultime. Et donc, ils considéraient que mon bonheur était le principal. Par ailleurs, ils avaient une ouverture d'esprit qui faisait que de toute façon, ils disaient, oui, très bien, super. Donc, en effet...
- Speaker #0
C'est vrai que c'est une chance. Déjà, ça te donne le choix, le champ des possibles, ça touche le champ des possibles.
- Speaker #1
Je trouve, d'être éduquée avec cette ouverture d'esprit, en général, ça te la transmet. C'est une énorme force dans la vie d'avoir ça, je pense.
- Speaker #0
justement tu nous en parleras peut-être après mais tu es maman donc c'est intéressant de voir comment tu transmets tout ça à tes enfants aussi et pour revenir sur le domaine de la mode donc effectivement comme tu as grandi aussi dans son milieu là, est-ce que ça t'a influencé pour aller vers la haute couture,
- Speaker #1
vers le luxe vers des choses non non c'était vraiment l'aspect la beauté de ce monde là parce que c'est vrai qu'on n'en a pas forcément conscience mais la haute couture singulièrement C'est un domaine dans lequel on fait vraiment attention à préserver les métiers, les petites mains, tous les métiers d'artisanat, les brodeurs, les modistes. Et ce sont des métiers qui sont ancrés dans une tradition qui est très ancienne. Et quand on approche ça de près, c'est absolument fascinant. Moi, je me souviens du haut de mai, j'avais 20 ans, j'ai fait un stage dans une maison de haute couture. C'est comme les métiers du bois, c'est tous ces métiers manuels, et c'est un savoir-faire qui est ancestral, et qui est vraiment l'apanage de quelques-uns, c'est très compliqué. Et je me souviens de reportages sur les petites mains des maisons de couture, et sur ces savoir-faire-là, moi c'est ça qui me fascinait, vraiment proprement. Et à l'époque, il y avait... On retransmettait les défilés sur le câble. Chaque saison, mes grands-parents m'enregistraient, parce que nous, on n'avait pas le câble. Mes grands-parents m'enregistraient sur des cassettes vidéo les défilés et je regardais ça religieusement. C'était pour moi un ravissement. Je me souviens, c'est vraiment ça qui a éveillé ma conscience du beau. J'ai le souvenir de certains défilés, ça me faisait des papillons dans le ventre. Donc, ce n'était pas le côté luxueux, c'était le côté savoir-faire qui me fascinait et qui me fascine encore du reste.
- Speaker #0
Oui, donc il y avait déjà cette notion de ne pas juste regarder l'enveloppe et la superficialité, mais déjà d'aller en profondeur des choses et d'aller t'intéresser à l'origine finalement de ce milieu. Oui,
- Speaker #1
et puis c'est la maîtrise du métier parce que les petites mains dans les ateliers de couture, c'est des faits, vraiment. Et donc, c'est fascinant.
- Speaker #0
C'est intéressant à dire parce que parfois, quand on voit le monde du luxe, on voit ça un peu d'un œil où il y a beaucoup, il peut y avoir des critiques, etc. Mais effectivement, heureusement que ça permet de faire vivre de nombreux métiers et de préserver aussi le patrimoine de la France.
- Speaker #1
Oui, absolument. C'est exactement ça.
- Speaker #0
Et donc, du coup, à quel moment, donc là, c'était le début, tu as fait des études dans ce domaine-là, tu as commencé à travailler dans ce métier. À quel moment tu as eu envie de changer ? Pourquoi tu es allée vers le... l'art,
- Speaker #1
chant et danse ? Parce que je travaillais, à l'époque, je travaillais dans un bureau de tendance et c'était une petite entreprise. C'était vraiment génial parce qu'en plus de travailler à créer et à matérialiser des tendances, c'est passionnant. Mais ça m'a plus interrogée sur ce qui fait qu'on est motivé à travailler parce que je croisais beaucoup de gens. Moi, j'adorais mon job, mais... je commençais à évoluer, tu vois, j'avais 30 ans, je commençais à avoir des amis qui bossaient, etc., dans différents domaines, et puis ça m'a sauté aux yeux, l'idée que, encore une fois, je pense que j'avais une vision assez, j'avais une vie assez facile, j'étais passionnée par la mode, j'ai pu travailler dans la mode, j'ai trouvé un job dans la mode, dans une boîte qui était superbe, c'était assez facile, et j'ai commencé évidemment à comprendre que ce n'est pas le cas de tout le monde, et que... Il y avait plein de gens qui n'aimaient pas leur job. Il y a cette fameuse expression de « ça va comme un lundi » qui, moi, me terrifie. Je trouve ça atroce. Ça sous-entend que ça ne va pas, puisque c'est lundi. Et que donc, tu te remets à bosser. Et donc, je me disais, mais c'est horrible. Puisque bosser, c'est quand même 5 jours sur 7. Donc, si tu n'aimes pas ce que tu fais, mon Dieu ! Bon, évidemment. Et donc, j'ai commencé à réfléchir à ce qui fait que tu es bien dans ton job. Pourquoi tu es motivé ? Qu'est-ce qui fait que tu te sens utile ? Qu'est-ce qui fait que tu es fier d'appartenir à une boîte ? Et donc, j'ai eu envie de monter une boîte sur ce concept-là, c'est-à-dire aider les gens à prendre conscience de la valeur qu'ils avaient pour l'entreprise et aider l'entreprise à mettre en lumière ces talents-là. Donc, le concept de base était vraiment un concept RH. C'était de dire, les gens sont... Le capital immatériel de votre entreprise, c'est grâce à eux que votre entreprise fonctionne. Des gens motivés sont mille fois plus utiles pour vous que des gens avec les mêmes compétences mais qui n'ont pas envie de venir chez vous et qui se disent ça va comme un lundi. à vous, entreprises, managers, de leur montrer qu'ils sont importants pour vous et que c'est grâce à eux que vous fonctionnez. Parce que vraiment, des gens motivés et conscients de leurs valeurs pour la boîte, c'est mille fois plus important, mille fois plus productif que des gens qui viennent en traînant les pieds. Tout le monde y gagne. Et donc, c'était il y a 17 ans. Donc évidemment, la notion de bien-être au travail était un peu moins développée qu'aujourd'hui. C'est un euphémisme. Mais on était quand même déjà dans les prémices de cette histoire-là. Et moi, je me suis dit que pour mettre en valeur les talents des gens, l'outil que je maîtrisais le mieux, c'était en effet l'outil artistique. Parce que j'étais dans la danse, dans la musique, le théâtre et tout ça depuis longtemps, que j'avais donc un écosystème autour de moi de gens géniaux en qui je croyais. Et je me suis dit qu'il n'y a rien de mieux que de monter des projets avec les collaborateurs et de faire en sorte qu'ils aient tous un rôle à jouer, qu'ils soient vraiment... mis en valeur, mis en lumière comme étant les ambassadeurs de la boîte et que ce soit grâce à eux que la boîte puisse faire rayonner sa marque employeur. Et donc on a fait ça pendant 4 ans. C'était vraiment chouette. C'était vraiment chouette. J'en ai des souvenirs. J'ai encore les clips évidemment qu'on a tournés dans mon ordi et je les revois avec une immense fierté. On a bossé avec des grosses boîtes. On a fait des choses dont je suis très fière et quand je les revois, je me dis on n'était pas si vieux que ça et je suis vachement fière de ce qu'on a fait. avec beaucoup d'émotions. Et donc voilà, on a fait des clips, beaucoup de clips, avec les gens en fait. Et donc les gens étaient souvent un peu réticents au début, et puis tu vois, à la fin du projet, ils étaient super fiers. Et donc c'était vraiment un instant de bonheur partagé, et je crois que rétrospectivement, ça a commencé à mettre, tu vois, un petit peu une graine dans mon cerveau de « la vache, c'est chouette de filer le sourire aux gens » . à l'époque, je ne le savais pas, mais je crois que ça a commencé un petit peu à germer sans que je me rende compte à cette époque-là, parce que je commençais à travailler et à avoir des émotions, et donc les émotions dans le travail, pour moi, ce n'était pas forcément naturel, mais en tout cas, je crois que c'est à cette époque-là que c'est né, et le seul truc, c'est que ça a été pour moi difficile d'être seule, parce que je menais tout toute seule, je menais ma boîte toute seule, et je crois que je ne suis pas... Je suis faite pour être avec les autres. Donc, en fait...
- Speaker #0
J'ai une question, juste avant que tu continues, si je peux me permettre. Tu as arrêté ton boulot dans la mode et tu faisais les deux en parallèle.
- Speaker #1
Non. Alors, le truc drôle, c'est qu'évidemment, je ne me serais jamais consciemment lancée dans l'entrepreneuriat seule parce que mon père était chef d'entreprise. Je l'avais toujours vu bosser comme un âne. vraiment beaucoup, Et j'avais plein d'amis chefs d'entreprise. Ma meilleure amie était déjà chef d'entreprise à l'époque. J'étais entourée de chefs d'entreprise, donc je ne fantasmais pas du tout sur le métier de chef d'entreprise. Je savais que si je me lançais là-dedans, j'étais partie vraiment pour galérer, parce que je ne fantasmais pas. Mais j'ai retrouvé une vieille copine qui est apparue à ce moment-là et qui m'a dit, mais ton idée est géniale, viens, on le fait ensemble. J'ai lâché mon job dans la mode. On s'est lancés ensemble. Et puis, au bout d'un mois, elle m'a lâchée. Elle a disparu de la circulation. Mais en fait, comme on avait commencé, je me suis dit, tu sais quoi ? Je me laisse une année. Et je vois, parce que ça me passionne un peu ce sujet. Moi, je rentrais dans un nouveau truc. Ça me passionnait, ces histoires de qu'est-ce qui fait que tu es motivé ? Tu vois ce sentiment d'engagement dans l'entreprise ? Pourquoi tu as envie de travailler ? pourquoi tu te donnes, pourquoi tu te donnes pas, qu'est-ce qui fait que tu es fidèle à l'entreprise, le turnover, toutes ces notions-là. Et donc, j'ai continué. Et puis comme ça... Finalement,
- Speaker #0
tu étais faite pour être chef d'entreprise, sale ! Il n'y a pas de hasard, hein ?
- Speaker #1
Non, mais bon, voilà. C'est-à-dire que c'est elle qui m'a mis le pied à l'étrier, parce que je pense que je n'aurais pas osé, mais en fin de compte, j'ai adoré. Et donc, je l'ai fait. Mais effectivement... J'étais un peu jeune et un peu fraîche et j'ai trouvé que le monde du business était quand même un peu cynique. Et à l'époque, je me souviens, on parlait avec mon père qui me disait « Chérie, il faut que tu t'endurcisses parce que, oui, le monde du business est effectivement un monde difficile. » Et donc, j'ai décidé de retourner vers quelque chose de plus doux. et j'ai fermé proprement en me disant c'est dommage parce que j'adore ce que je fais et je pense que j'y retournerai et la vie étant ce qu'elle est je suis en train évidemment de relancer ce truc là parce que finalement je ne l'ai pas du tout vu venir mais j'arrive complètement à le raccrocher avec mon métier actuel. Et donc, c'est génial parce que je me dis mais maintenant, j'ai le cuir un peu plus tanné. Donc, je me sens beaucoup plus, tu vois, beaucoup plus armée pour affronter ce fameux cynisme de certains. Et puis surtout, je pense qu'à l'époque, j'ai peut-être pas su faire le tri. Alors qu'aujourd'hui, je serais beaucoup plus à même, tu vois, de me dealer qu'avec des gens qui sont sur la même longueur d'onde que moi. Je pense que...
- Speaker #0
Cette expérience, en fait, elle a été préparatrice, sans le savoir. Ça t'a donné une formation.
- Speaker #1
C'est ça qui est rigolo. Là où je suis aujourd'hui, je me dis que c'est marrant, c'est comme si tout m'avait mené à être là où je suis. Et donc ça, c'est une des pièces du puzzle, effectivement, qui a préparé là où je suis aujourd'hui. Et je pense que je ne suis pas du tout dans le même état d'esprit. Je ne vais plus être... Enfin, je ne suis plus du tout... aujourd'hui heurté comme j'ai pu l'être à l'époque par le cinéma de certains que d'ailleurs aujourd'hui je ne fréquente plus parce que...
- Speaker #0
Oui, en fait, je pense que quand tu prends de l'âge, moi, ça faisait longtemps aussi que je voulais créer une entreprise, je ne l'ai pas fait avant, je l'ai fait là maintenant à la quarantaine, maintenant j'approche la cinquantaine, et je pense que si je l'avais fait plus jeune, ça aurait été trop compliqué comme toi de me frotter. à la réalité de ce métier, à la réalité de l'entrepreneuriat. Et aujourd'hui, comme toi, je me dis, en fait, maintenant, moi, je choisis avec qui j'ai envie de travailler. Je choisis même mes clients. Je choisis mes partenaires. Je pense que ça, c'est vraiment quelque chose qu'on n'apprend pas à l'école, qu'on n'apprend pas au début et qui est très important de se dire, ce n'est pas parce que tu acceptes. Au contraire, il ne faut pas tout accepter. Il faut accepter ce qui résonne, ce qui est aligné avec toi.
- Speaker #1
Exactement. tu... tu dégages aussi quelque chose qui attire un certain type de personnes et qu'en vieillissant, tu dégages quelque chose qui est de plus en plus authentique, je pense. Et moi, dans une posture, moi je me rappelle qu'à 30 ans, j'avais une estime de moi-même qui devait être un peu moins grande, forcément, et que là, aujourd'hui, je n'ai pas besoin d'en faire des caisses, je suis comme je suis et qu'en fait, j'attire des gens, pas qui me ressemblent, mais qui sont en tout cas, qui ont les mêmes valeurs. Donc, je n'aborde plus le business de la même façon du tout. Et c'est beaucoup plus simple et beaucoup plus fluide et beaucoup plus naturel, beaucoup plus kiffant surtout.
- Speaker #0
Et du coup, alors quand tu as fermé ta boîte dans le domaine de l'art, tu as arrêté et tu n'avais rien derrière ou comment ? Tu as été derrière dans le parcours. On voit bien qu'après, tu es allé dans un domaine complètement différent. Alors, comment ça s'est fait, cette bascule ?
- Speaker #1
C'est ça qui est intéressant aussi. Je n'ai rien derrière. C'est juste que je me suis dit, bon, tu as tenu quatre ans, tu t'es payée, tu as vraiment eu ta boîte, c'était bien, mais c'est trop dur. Et si tu veux passer la seconde, il va falloir être plus agressive et c'est pas toi. Donc, tu t'arrêtes, tu te poses et tu cherches un boulot de salarié, tu te rends tranquille dans la mode, tu retournes à tes... premières amours ou le marketing, machin. Et en attendant, comme ça me mettait un peu de temps administrativement de fermer la boîte, je me suis dit, je vais me prendre une semaine ou deux. Et ma cousine venait de rentrer dans un centre pour sans-abri. Elle venait de prendre la direction de ce centre-là. Et elle m'a dit, écoute, viens, si t'as trois heures de temps en temps par semaine, viens et puis tu fais du bénévolat. Et je me suis dit, bah oui, tiens, moi qui ai besoin de retrouver un peu d'humanité. Je ne sais pas ce que je vais faire là-bas, parce que je ne sais pas du tout ce qu'est un centre pour sans-abri et ce qu'on fait là-bas en tant que bénévole, mais j'imagine que ce sera quelque chose de plus doux, plus humain que le monde du business. Donc j'y suis allée comme ça, en disant, bon voilà, bonjour à tous, je suis Camille, je viens de Neuilly, je viens de la mode, je ne sais pas ce que je peux faire pour vous aider, mais voilà, dites-moi, je peux parler anglais. Je peux faire des recherches sur Internet. Et donc, au départ, c'était ça. C'était l'idée de rester, tu vois, deux, trois heures, faire ça trois, quatre semaines et puis de repartir. Et puis, ma foi, je suis tombée sur une équipe de gens humainement assez au-dessus du lot. J'ai eu une espèce de coup de cœur pour ce métier. En fait, j'ai découvert des gens qui se lèvent le matin pour aider d'autres gens. Et ça m'a littéralement éblouie de voir qu'il y avait des gens si bons et qui faisaient ça avec une énergie, un professionnalisme. un sérieux, une rigueur au service de l'autre, ça m'a éblouie. Et donc, très vite, ils m'ont proposé de m'embaucher à mi-temps comme ça. Et donc, j'ai dit bon, oui, pourquoi pas. Et puis comme ça, à côté, je cherche du boulot. Mais je garde un pied chez vous, super. Et puis, je ne cherchais pas du tout de boulot. Et puis, au bout de trois ans, ils m'ont dit, Camille, il va falloir que tu arrêtes de dire la semaine prochaine, je cherche. Parce que là, c'est ton boulot, en fait. Je ne sais pas si tu as remarqué que ça fait trois ans. Et donc, j'ai... Voilà, en effet, il y a un moment où je me suis dit, mais c'est tout de même vrai. Je suis devenue travailleur sociale. Donc, en fait, j'ai appris sur le terrain. Mais moi, j'ai surtout le sentiment d'avoir appris... J'ai appris un métier, mais j'ai surtout le sentiment d'avoir appris au contact. de cette équipe-là, qui m'a montré que, parce que c'est des gens qui sont foncièrement malins, tu vois, intelligents, parce que le métier est très difficile. Il y a un cadre très compliqué qui restreint beaucoup le champ d'action. Il y a une humanité dont il faut faire preuve. Tu reçois de la détresse toute la journée, donc il faut aller chercher à l'intérieur de toi des ressources en permanence pour ne pas... réagir toi tu vois avec lassitude ou avec colère ou ne pas interférer avec tes jugements de valeur il y a un nombre de qualités humaines donc il faut faire preuve qui est assez incroyable et je me suis rapidement dit c'est un des métiers les plus compliqués qui m'a été donné de faire parce que humainement c'est très dur quoi et donc il faut faire preuve d'une intelligence émotionnelle vraiment importantes. Et donc, j'ai eu l'impression, en travaillant avec eux et à leur côté, de devenir un peu meilleure. Et c'est ça.
- Speaker #0
Et alors, qu'est-ce qu'on fait dans un centre pour sans-abri ? D'ailleurs, si tu veux le citer, tu peux. Si tu veux les soutenir, les encourager, au contraire. Et puis, je veux bien que tu nous expliques ce qu'on fait dans un centre pour sans-abri et quel a été ton rôle, du coup.
- Speaker #1
Alors, c'est un centre d'accueil de jour qui s'appelle l'Agora, qui est à Châtelet, de l'association Emmaüs. Il y a d'autres assos qui ont des accueils de jour comme vous. En fait, c'est un centre d'accueil de jour qui accueille les gens la journée pour leur permettre de faire des démarches. Il n'y a personne qui dort là-bas la nuit, mais tu as des démarches immédiates et puis tu as des démarches sur le long terme. Les démarches immédiates, c'est de pouvoir prendre une douche, c'est de pouvoir faire des démarches administratives, c'est de pouvoir avoir accès à des ateliers qui vont te permettre de prendre un peu de soufflet et puis de reprendre un peu d'estime de soi. Donc, tu avais un atelier, tu as toujours d'ailleurs un atelier théâtre qui est animé par une fille super qui est devenue une copine à moi, qui est une actrice et une metteuse en scène, qui accueille les gens une fois par semaine pour leur permettre de travailler des textes de théâtre, etc. ce qui a un rôle énorme et puis moi j'avais créé un atelier bien-être et estime de soi avec une socio-esthéticienne dont c'est le métier et donc on accueillait des gens pareil, une fois par semaine, des hommes puis des femmes pour leur prodiguer des soins de socio-esthétique pour leur apporter un peu de bien-être. D'abord, au niveau physique, parce qu'évidemment, quand tu vis à la rue, tu as les pieds très abîmés, puis tu as les mains abîmées, puis tu as le visage dont tu ne prends pas soin. C'est des choses dont tu ne prends pas soin, ce ne sont pas des choses urgentes. Et puis ensuite, parce que tu ne te regardes pas dans le miroir, tu as une estime de soi hyper dégradée. Donc, ça fait aussi reprendre un peu l'estime de soi. Et puis, évidemment, moi, j'avais un rôle de... C'était un rôle officieux, parce que je n'avais pas de diplôme tout court d'ailleurs, mais d'aider les gens à retrouver le chemin de la réinsertion. Donc, tu aides les gens sur le long terme à faire des dossiers pour pouvoir trouver un hébergement. Par ailleurs, on a développé plein de projets à côté, notamment on a fait beaucoup de spectacles de Noël avec plein de gens, plein d'accueillis qui venaient régulièrement. C'est des souvenirs qui sont gravés. D'abord, j'ai plein de vidéos. Et puis, c'est des souvenirs qui sont gravés à vie parce que c'est des moments d'humanité partagée que tu vis rarement, je crois, dans ta vie. Et c'est rigolo, tu vois, parce que j'ai revu une des jeunes femmes que j'ai accompagnée il n'y a pas longtemps, il y a deux semaines. Il y en a plein que j'ai encore en contact régulièrement. Parce qu'en fait, on s'est attachés. Moi, je crois que j'ai fait le métier avec beaucoup de sérieux, mais aussi beaucoup d'affect. Je suis quand même beaucoup là-dedans, moi. Alors, d'aucuns te diraient qu'il manque une certaine forme de distance parce qu'en fait, tu t'attaches aux gens. Et moi, je me suis beaucoup défoncée pour aider les gens parce que ça venait chercher un truc chez moi. Je ne sais pas. Tu vois, le fait peut-être de venir de Neuilly, de... Je n'en sais rien. En tout cas, moi, ça me... de voir que des gens sont dans une situation à ce point difficile, ça me faisait beaucoup de peine.
- Speaker #0
C'est révoltant, et après je pense que quand tu fais ce métier, c'est difficile de mettre de côté complètement l'affect.
- Speaker #1
Oui, on le fait tous pour des raisons, évidemment, c'est comme quand tu deviens, je n'en sais rien, soignant, psy, bon j'imagine que tu vois, ça répond toujours à quelque chose de profond chez toi.
- Speaker #0
Moi, j'avais vraiment à cœur de les sortir de la rue. C'était un truc de... Et je me souviens que les premiers temps, c'était compliqué de rentrer à la maison, de me foutre sous ma couette toute chaude et de me dire, tu vois... C'était compliqué de couper, quoi. Et donc, bon, j'ai beaucoup pleuré les premiers temps et mes collègues ont été, encore une fois, d'une intelligence rare parce qu'ils auraient pu me dire, bon, hé, Micheline... prends un peu sur toi parce que bienvenue dans la vraie vie. Mais en fait, non, ils ont été très, en me disant, mais on est tous passés par là et c'est normal. Mais effectivement, il va falloir que tu mettes une distance. Et donc, la distance vient avec le temps. Mais moi, j'ai jamais, j'ai toujours bossé comme ça, en me disant, bon, les gars, et j'ai eu la chance d'avoir aussi des directeurs de centre. Au début, c'était ma cousine. Après, c'était un mec super, voilà, qui a compris comment je fonctionnais. et qui m'ont laissé faire. Mais j'ai beaucoup travaillé avec, oui, avec mes tripes, quoi. De toute façon,
- Speaker #1
quand on est passionné, déjà, tu as fait un métier passion à la base, tu as fait un deuxième métier passion. Je pense que quand on est passionné, de toute façon, toute notre vie, on donne beaucoup dans tout ce que l'on fait. Et finalement, tant mieux, parce que ces personnes, elles avaient besoin de ça aussi.
- Speaker #0
Oui, oui, exactement.
- Speaker #1
C'est quelqu'un qui s'investit.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et donc, du coup, dans ton parcours, tu expliques que... C'est à ce moment-là, finalement, que ça a été une sorte de point de bascule. Tu as encore plus réalisé ce qu'était la notion de bonheur et tes objectifs. Et donc, qu'est-ce qui s'est passé après ? Tu es restée huit ans dans ce métier et donc tu as rechangé. Tu as eu plusieurs vies. Je ne sais combien de vies tu as eues en une vie. Si tu peux nous raconter la suite.
- Speaker #0
En fait, pendant cinq ans, j'ai eu cette double casquette où j'étais à mi-temps travailleur social pour le centre, pour Sans-Abri, et à mi-temps, j'étais journaliste. en développement personnel et en psycho pour la presse féminine et en fait c'était une espèce de grand écart assez génial à vivre parce que c'était vraiment deux ambiances différentes deux jobs très différents quand tu travailles comme journaliste pour une rédaction féminine t'as la chance quand même d'interviewer des gens assez passionnants moi j'écrivais des papiers et notamment sur le bonheur, sur l'optimisme sur déclencher sa chance etc. et donc je me suis retrouvée Merci. pendant cinq ans, à beaucoup réfléchir sur le bonheur, sur ce qui fait qu'on est heureux, sur les mécanismes psychiques notamment, les mécanismes du cerveau cognitifs qui font que tu es heureux ou pas. Et puis d'un autre côté, je voyais effectivement dans mon job de travailleur social à quel point des gens qui avaient peu pouvaient aussi être heureux. et donc c'est à ce moment-là effectivement que le... le point de bascule s'est un peu effectué, en tout cas que ça s'est ancré dans mon esprit. Et puis surtout, j'ai un monsieur qui a un jour frappé à la porte du bureau chez Emmaüs, qui m'a dit bonjour, je suis président du TEDx La Rochelle, j'ai vu que vous aviez créé un centre, en fait j'avais créé avec mon directeur Tony, on avait créé, qui existe toujours d'ailleurs, un centre. un accueil spécifique à l'intérieur du centre pour les femmes sans-abri, parce que le nombre de femmes sans-abri explosait. Donc, on avait créé ce centre-là. Et Thierry est venu me voir en me disant, j'aimerais bien que vous fassiez un talk, un TEDx sur ça.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
Donc, énorme expérience, évidemment. Et ça a été un point de bascule. Sur le moment, je ne m'en suis pas vraiment rendue compte. Mais après coup, je me suis dit, la vache, d'être sur scène. Alors moi, je connais la scène, puisque encore une fois, je danse depuis 40 ans. Et donc, je suis sur scène très régulièrement depuis 30 ans. Mais je la connais en tant que danseuse. Et là, parler, provoquer des émotions, entendre les gens rire et tout, ça a déclenché quelque chose. Mais sur le moment, je me suis dit, bon, c'était un coup de bol énorme. génial, c'était une parenthèse enchantée et puis basta tu retournes à ta vie normale et puis basta et donc c'est ce que j'ai fait après je suis sortie de cette double casquette là et je suis allée prendre un autre job dans une autre asso qui aide aussi des gens en difficulté et voilà où j'ai fait un job plus lambda de chef de projet avec toujours autant de plaisir mais c'est vrai qu'au bout d'un moment ça a commencé à me titiller Oui. c'était vachement génial quand même ce moment là sur scène ce sentiment de transmettre un truc bon c'était une parenthèse mais c'était quand même vachement cool et puis les gens continuent à m'en parler Donc, ça a commencé à émerger dans ma tête. Et puis, la vie étant ce qu'elle est, elle m'a apporté le truc toute seule sur un plateau. Parce que je pense que quand les choses doivent se faire, bon, tu vois...
- Speaker #1
Quand tu es alignée, enfin, moi, je crois beaucoup à ça. J'ai beaucoup de développement personnel aussi. Et en fait, effectivement, quand tu te mets en action, tu rencontres les bonnes personnes au bon moment. Et c'est assez magique.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Et donc, écoute, bon an, mal an. Alors, j'ai aussi vécu des trucs dans ma vie perso assez techniques qui m'ont fait m'interroger de façon plus intime sur ce qui fait que tu es heureux ou pas. Je pense que ça a évidemment joué très, très largement. Et puis, il y a aussi ce que... À un moment, je me suis dit, ce truc-là, il est très important. Tu es en train de sentir qu'il y a une forme d'appel du cœur. C'est ce dont tu rêves, finalement, de transmettre, de semer du bonheur. Tu l'as un peu touché du doigt quand tu faisais les projets artistiques avec les entreprises. Tu l'as un peu touché du doigt quand tu écrivais des papiers sur le bonheur pour essayer de retranscrire des idées pour les gens. Tu l'as un peu touché du doigt. quand tu étais travailleur social, est-ce que là, il ne serait pas temps de prendre ton courage à deux mains, ma grande, et de mettre ta peur de côté parce que tu auras toujours peur, de toute façon. Ton syndrome de l'imposteur, tu vas te le mettre bien dans la poche, aussi bien profond.
- Speaker #2
Tu vois, il y a un moment où ça suffit,
- Speaker #0
quoi. Oui, oui,
- Speaker #2
c'est clair.
- Speaker #0
Tu vas arrêter de te dire que tous ces gens, parce qu'il y a ça aussi, c'est quelqu'un, une coach super qui m'avait dit un jour, vous êtes mignonne, Camille, mais... Ce côté, tout le monde vous dit, c'était vachement bien ce que t'as fait, et tu sais, t'as quand même une espèce de truc que tu nous transmets, machin. Et vous, vous êtes là à dire, non mais les gens, ils sont facilement impressionnés. Moi, je sais que je suis pas si bonne que ça. Mais vous savez, il faudrait avoir l'humilité de croire ce que les gens vous disent un petit peu. C'est-à-dire qu'arrêtez de penser que vous seuls savez à quel point vous êtes mauvaises. Ayez un peu l'humilité d'entendre ce qu'on vous dit. Si les gens...
- Speaker #1
Bon point de la coach. En fait, elle a retourné le truc.
- Speaker #0
Ça m'a vachement marquée. Parce qu'elle m'a dit, bah oui, vous ne l'aviez jamais vu comme ça. Mais pardon, si les gens sont d'accord pour vous dire que vous transmettez des trucs, que vous avez une espèce de truc un peu comme ça qui les touche, etc. Il y a l'humilité de penser qu'ils ont peut-être raison. Et peut-être c'est vous qui avez tort de penser que non, non, c'est possible. Donc, j'ai dit, bon, OK, vas-y. On y va. et donc j'ai rencontré une personne les gens qu'il fallait, et ben on y est, quoi.
- Speaker #1
J'adore. Et ben on y est, en fait. Justement, on y est où, alors, maintenant ?
- Speaker #0
Alors, on est où ? Eh ben, écoute, j'ai écrit avec pas mal de facilité, parce qu'effectivement, c'est comme si le truc sortait tout seul de mon cerveau. Alors, je ne te dis pas que je n'ai pas bossé. J'ai mis sept mois à l'écrire, ce qui est quand même une folie. mais en fait j'avais vraiment envie d'écrire une conférence qui soit un moment un peu chouette que les gens ressortent de là avec un peu ce qui m'avait été dit après le TEDx où on m'avait dit c'était génial parce qu'on a ri et on a pleuré et je me suis dit bon le TED il a duré 17 minutes, là ça va durer une heure il faut que les gens y ressortent que je les ai retournés comme des crêpes donc je voudrais vraiment que les gens ressortent avec cette histoire Merci. cette idée en tête de le bonheur est en moi. C'est une évidence. Donc moi, j'appelle ça l'autonomie du bonheur. Et donc, j'ai pris soin dans cette conf de mettre autant d'émotions. que d'humour pour que quand même parce que merde c'est pas parce que t'es en entreprise qu'il faut rester sérieux et que machin je trouve que on est quand même la vie est courte, on aime tous rire, on retient mieux en plus quand on se marre donc tu peux faire à la fois quelque chose d'extrêmement documenté d'extrêmement fouillé, d'extrêmement sérieux et en même temps avoir envie de faire rire donc l'idée c'est ça, c'est qu'il y a il y a quand même beaucoup d'informations. Parce qu'évidemment, mon obsession, c'est que les gens aient appris des choses et qu'ils puissent s'en resservir. Et que derrière, ça leur permette d'actionner des choses en interne pour qu'on sorte de ce truc de ça va comme un lundi. Tu vois, c'est juste...
- Speaker #1
Et du coup, c'est à destination surtout des entreprises, cette conférence ? Oui,
- Speaker #0
c'est à destination des entreprises. Parce que d'abord, si je le fais dans la rue, j'aurai moins de... Je déconne, mais c'est soit les entreprises, soit au théâtre. C'est ça,
- Speaker #1
c'est ce que je voulais savoir. Est-ce que tu l'as conçu aussi pour être un stand-up dans un théâtre ?
- Speaker #0
Quand j'aurai beaucoup, beaucoup, beaucoup de confiance, de talent et que je serai absolument certaine de pouvoir remplir l'Olympia, je me risquerai à faire ça dans un truc. Mais pour l'instant...
- Speaker #1
Tu peux commencer plus petit que l'Olympia, il y a plein de petites salles et même organiser ta propre conférence.
- Speaker #0
Non mais je plaisante, bien sûr. En fait l'idée c'est de s'adresser à ces mêmes personnes, sauf que je ne m'adresse pas à eux à 20h mais à 14h ou à 9h du matin, et de se dire qu'effectivement l'autonomie du bonheur, elle ne te sert pas que dans ta vie perso, c'est vraiment un état d'esprit. et que l'endroit où on passe le plus de temps, c'est quand même dans le travail, de façon générale, donc qu'on soit en télétravail ou en entreprise, c'est pour son travail qu'on est le plus occupé la semaine, en tout cas. Donc, ça me paraît essentiel d'intégrer aujourd'hui ces notions-là, dont on sait qu'elles sont vérifiées, qu'elles ont été documentées, notamment grâce aux neurosciences et à la psychologie positive. et de montrer aux gens que le bonheur, ce n'est pas quelque chose d'éthérique qui était à l'extérieur, en dehors de soi, et que tu l'atteindras peut-être si un jour tu possèdes ceci ou ça, ou que tu atteins tel stade-là. Non, c'est une possibilité qu'on a en soi. Mon but, c'est vraiment que les gens ressortent de là, avec à la fois cette croyance-là, cette certitude-là de « Ah, la vache, mais oui ! » Donc c'est un muscle que je peux développer, j'ai compris comment je pouvais le faire, donc on y va. Et c'est génial de te dire que tu l'as, que c'est une marge de manœuvre que tu as toi, et puis en même temps, en ayant passé, tu vois, un moment cool, à se marrer, à se dire « Ah, ça m'a fait du bien ! »
- Speaker #1
C'est la conférence du lundi matin.
- Speaker #0
Oui, la conférence du lundi matin.
- Speaker #1
Ça peut être un concept intéressant, la conférence du lundi matin.
- Speaker #0
Tout le monde va vous filer la banane. Non, mais écoute, ouais, absolument, pourquoi pas, bien sûr.
- Speaker #1
Mais donc du coup, maintenant, aujourd'hui, tu consacres ton temps, ton énergie à, finalement, comme un prêcheur, à aller répandre la bonne parole.
- Speaker #0
Je prêche. Je prêche. J'ai d'autres outils. C'est mon outil favori parce que je trouve que l'instantanéité de la conférence est quand même assez… assez cool, assez sympa pour échanger des messages, transmettre. Et puis j'ai une masterclass qui va creuser un peu ces sujets-là parce qu'évidemment, une heure, tu n'as pas le temps de creuser des sujets. Donc j'ai une masterclass en ligne qui permet d'aller plus loin sur plein de sujets. Je suis en train d'écrire un bouquin aussi. Ah génial ! Oui, et j'ai écrit un roman aussi dont il faut que je m'occupe un peu sur tout ce que je t'ai un peu raconté. Et puis, on a aussi, alors c'est là ce que je te disais, j'ai raccroché avec l'entreprise que j'avais montée il y a 17 ans parce que du coup, effectivement, avec tous les gens avec lesquels je bossais, on s'est aperçu que si tu parles de bonheur pendant une heure, tu as des gens à qui ça a parlé, tu peux tout à fait dire, bon les gars, on ne reste pas juste dans un truc descendant, c'est-à-dire que là, venez, on se prend un moment d'intelligence collective et on travaille ensemble sur comment nous on l'intègre, le bonheur, comment on l'incarne dans l'entreprise. Et puis derrière... visuellement, qu'est-ce que ça donne, qu'est-ce qu'on crée comme clip pour tous ensemble incarner le bonheur, la gratitude.
- Speaker #1
Derrière, tu peux proposer des sortes d'ateliers de...
- Speaker #0
Exactement. Qui ne sont pas que événementiels, parce que ça, ça me ferait quand même mal, mais qui vraiment normalement ont la capacité de changer la vision que tu as du temps et de la valeur que tu apportes à l'entreprise.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des résultats ? Tu fais ça depuis combien de temps, les conférences ?
- Speaker #0
J'ai bien commencé.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Parce que je dirais, est-ce que tu as déjà des résultats ? C'est intéressant de voir un peu l'impact que ça a eu. Est-ce qu'il y a eu des changements de comportement, des améliorations, etc. ?
- Speaker #0
Non, je n'ai pas encore eu. Je viens de commencer et on m'a très, très, très gentiment renvoyé l'idée que... A priori, je transmettais à la fois des infos intéressantes et un peu de joie de vivre. J'ai l'impression, je ne l'avais pas forcément vu comme ça, mais de fait, la période étant un petit peu complexe, il y a aussi ce truc-là de ramener un peu d'optimisme et de braquer le projecteur sur ce qui va bien et ce qu'on peut développer. sans nier ce qui ne va pas, mais il y a peut-être beaucoup d'écho sur ce qui ne va pas. Et il faut aussi laisser de la place et mettre le projecteur sur ce qui va bien. Et donc, il y a aussi ça.
- Speaker #1
Là, on est vraiment dans la même... Je ne sais pas si tu as regardé A Cappellard, mais tout ce qu'on fait, c'est vraiment ça. C'est ramener de la joie, que les gens s'expriment, qu'ils soient fiers d'eux, qu'ils se découvrent des talents, que même les enfants... C'est même pour les enfants... le côté anxiogène se reporte sur eux. Et la création artistique, l'art, c'est vraiment quelque chose qui peut être un outil du bonheur pour moi. Oui, absolument. Plus on sera nombreux, nombreuses à travailler dans ces domaines-là et à transmettre cette étincelle de joie, de bonheur, et plus je suis convaincue que le monde ira mieux. Mais il y a encore du boulot à faire.
- Speaker #0
Mais je suis exactement comme toi dans ce... Cette mouvance-là, et je pense que ce n'est pas à nier la réalité que de dire, les gars, il existe aussi des choses formidables à côté, des progrès, des avancées et une joie de vivre et un bonheur possible. Mais c'est de notre responsabilité individuelle à chacun que de décider de développer ce bonheur-là.
- Speaker #1
C'est un muscle. Tu en as parlé, en fait, c'est un muscle. C'est un muscle qui se travaille chaque jour. Et c'est ce qui permet de se sortir de certaines conditions. Ça prend du temps et du boulot, mais c'est génial. Bravo. On va arriver à la fin de l'épisode. Où est-ce qu'on peut te retrouver ? Si une entreprise écoute le podcast, si quelqu'un écoute le podcast et a envie de te faire intervenir, tu interviens où déjà ? Et comment on te trouve ?
- Speaker #0
J'interviens partout. Je ne fais pas encore les Philippines et le Venezuela. J'interviens partout en France. Je suis sur Instagram, sur LinkedIn. J'ai un site camiperles.fr. Et voilà, je suis... Je suis très, très, très, très, très enthousiaste et très heureuse de tout ce qui m'arrive là.
- Speaker #1
Bravo, écoute, c'est génial. Et si tu avais… Moi, j'adore écouter des parcours comme ça, ça me redonne la pêche. Tu vois, le lundi, on a bien fait de caler le rendez-vous le lundi.
- Speaker #0
N'est-ce pas ?
- Speaker #1
Parce que du coup, ça redonne la pêche pour la semaine. Et donc, si tu devais donner un conseil, est-ce que tu as un mantra qui te guide et qu'est-ce que tu as envie de transmettre aux personnes qui écoutent ?
- Speaker #0
Moi, le mantra qui me guide, il y en a plein, et qui sont très vrais, mais il y a celui de Voltaire, que le bonheur est bon pour la santé, c'est tout à fait vrai. Et puis il y a la phrase de Saint-Augustin que j'aime beaucoup, qui est « Le bonheur, c'est continuer à désirer ce que l'on possède » .
- Speaker #1
Intéressant.
- Speaker #0
Voilà. je crois que ça dit beaucoup de choses et que ce n'est pas des choses dont tu as forcément conscience avant 25 balais, mais que quand tu commences à mûrir, tu t'aperçois que finalement, ça dit beaucoup de choses. C'est effectivement point mes besoins d'aller chercher des choses un peu partout. Si tu as déjà beaucoup de choses en toi et autour de toi, cultive-le.
- Speaker #1
Tu peux nous redire la phrase, comme ça on terminera là-dessus.
- Speaker #0
Le bonheur, c'est de continuer à apprécier ce que l'on possède.
- Speaker #1
On va se quitter là-dessus. C'est une très jolie phrase à méditer. Je te remercie beaucoup Camille pour ce partage.
- Speaker #0
Merci pour ce bon moment.
- Speaker #1
Je te souhaite tout le meilleur pour la suite de tes aventures.
- Speaker #0
Merci, merci mille fois vraiment. C'est très sympa.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
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