Speaker #0Musique Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Mon avocat, ma famille et moi. Dans cette saison consacrée à ma nouvelle activité, ancrage coparentaux. Je suis Océane Gourceau, avocate en droit de la famille, médiatrice, coach coparentale et coordinatrice parentale. Si vous êtes ici, c'est peut-être parce que la séparation n'a pas apaisé les tensions. Parce que vous avez l'impression d'être encore en guerre, depuis des mois, voire des années, après la décision du juge. Dans cet épisode, on va parler d'un outil encore peu connu, mais très utile dans ces situations, la coordination parentale. Dans ma pratique, j'ai vu de nombreux parents sortir du tribunal soulagés. Ils pensaient que tout allait enfin se stabiliser, qu'une décision écrite allait mettre fin au conflit, car les choses allaient enfin être cadrées. Plus de discussion, donc plus de conflit. Mais quelques semaines, quelques mois plus tard, le conflit reprend. Pourquoi ? Parce qu'un jugement fixe un cadre juridique, mais il ne peut pas tout prévoir sur les dix prochaines années. Surtout, un jugement ne répare ni la défiance, ni les blessures, ni les habitudes de communication toxiques. Prenons un exemple. Le juge dit « Monsieur aura les enfants un week-end sur deux » . Mais on ne dit pas comment s'organisent les trajets, ni qui prévient en cas de retard. ni comment gérer les affaires scolaires, les carnets de santé, les vêtements, les anniversaires. Et surtout, on ne dit pas comment on communique quand on ne se parle plus. C'est ici que la coordination parentale peut devenir un filet de sécurité. Mais alors c'est quoi la coordination parentale ? C'est un processus d'accompagnement des parents en situation de conflit chronique pour les aider à mettre en œuvre concrètement l'autorité parentale partagée malgré les désaccords. Elle peut être ordonnée par le juge dans le cadre d'une décision ou mise en place volontairement par les parents. Elle vise à assurer que les décisions de justice soient comprises et appliquées dans la durée, à réduire les litiges et les désaccords du quotidien, à sortir de l'escalade judiciaire et à protéger les enfants en limitant leur exposition au conflit. Contrairement à la médiation, le coordinateur parental intervient activement. Il propose des pistes concrètes, recadres si nécessaire, et peut alerter le juge en cas de comportement dangereux. C'est un rôle très encadré qui demande une double expertise, en droit de la famille et en gestion des conflits de haute intensité. Mais alors, qui peut bénéficier de la coordination parentale ? La coordination parentale s'adresse à des parents séparés dont la relation est marquée par une communication dysfonctionnelle. Une judiciarisation excessive, les décisions juridiques s'enchaînent sans pour autant que la situation s'améliore. Cela semble sans fin aux parents qui sont épuisés. Des conflits répétés ou instrumentalisés autour de l'enfant. Je vous donne quelques exemples de situations. L'un des parents ne respecte pas les horaires ou les modalités de garde. L'enfant est constamment au cœur des désaccords, que ce soit pour la scolarité, sa santé, les vacances. La communication est exclusivement conflictuelle ou totalement absente. Vous pouvez avoir des mails, des SMS d'insultes ou un silence complet. L'enfant est utilisé comme messager ou pris à partie dans les conflits parentaux. Et puis un dernier signe, c'est les parents qui retournent régulièrement devant le juge sans que cela améliore la situation. Eh bien, ces situations ne sont pas irrécupérables. Ce sont des situations qui nécessitent un cadre externe pour fonctionner. Mais alors quel est le rôle du coordinateur parental ? En tant que coordinatrice parentale, je m'appuie sur un cadre clair, éthique et transparent, inspiré des recommandations internationales. Mon rôle est de clarifier les zones de conflit, faciliter la mise en œuvre des décisions judiciaires, proposer des outils ou des ajustements concrets pour que les parents prennent conscience de l'impact de leurs conflits sur les enfants et de la manière dont cela peut rejaillir sur eux, et puis rétablir un minimum de communication fonctionnelle. même à travers un canal unique, que ce soit par mail, que ce soit par courrier, par cahier échangé ou un planning partagé. Le coordinateur parental est un tiers formé qui intervient pour soutenir, recadrer et accompagner. Il est là pour permettre aux parents de prendre des décisions dans un cadre structuré et surtout pour réduire l'exposition de l'enfant au conflit. Il ne faut pas oublier que le coordinateur parental agit dans l'intérêt supérieur de l'enfant, qui reste la boussole du processus. Mais alors comment ça se passe concrètement ? Tout d'abord, il y a un engagement écrit qui est signé par les deux parents. Ce document précise les valeurs communes. Respect, confidentialité, intérêt de l'enfant. Le cadre de la mission, sa durée, ses modalités et le rôle de chacun. L'interdiction d'enregistrer les séances ou d'en faire usage en justice. Les modalités de partage d'informations avec les professionnels extérieurs. Ensuite, il faut un engagement écrit, des avocats des parents. si ceux-ci sont accompagnés par des avocats. Les avocats sont partie intégrante de ce processus de coordination parentale. Une fois que chacun a signé son engagement, chaque parent est reçu individuellement pour exprimer sa vision, ses attentes et ses limites. Puis, des rendez-vous conjoints peuvent être organisés selon le contexte. Notamment, quand il y a un risque pour la sécurité de l'un des deux parents, il n'y aura pas de rendez-vous conjoint. On parle alors de la mise en place d'une parentalité en parallèle, car il ne peut pas y avoir de contact entre les parents. Des outils peuvent être proposés, des plannings de communication, des fiches navettes, une boîte mail dédiée, des journaux de transmission. Nous avons tout un tas d'outils qui peuvent être mis en place. Le coordinateur parental rencontre aussi l'enfant si c'est utile et adapté. dans un cadre bienveillant et non intrusif pour pouvoir recueillir son sentiment, la manière dont il vit les choses, et puis ce qu'il souhaiterait voir améliorer dans la relation entre ses parents. Concrètement, entrons dans le vif du sujet, ça se passe comment ? Je sais que quand on est épuisé par des années de conflits, on a besoin de solutions concrètes. Alors voici comment se déroule une coordination parentale concrètement. D'abord, on prend le temps de se rencontrer. Je vous reçois chacun séparément pour comprendre votre vécu, vos difficultés et vos inquiétudes. Ces rendez-vous sont confidentiels et vous permettent de vous exprimer librement. C'est important que chacun se sente écouté sans jugement. Ensuite, on établit un cléadre clair pour tout le monde. On définit comment vous allez communiquer désormais. Par email, par application spécifique, par cahier de liaisons. Ces communications vont dans un premier temps m'être transmises. Je serai en copie de ces messages afin de pouvoir intervenir, pour pouvoir recadrer la communication et vous apprendre à avoir une communication efficiente, fonctionnelle, dans l'intérêt des enfants. Ça permet aussi de recadrer en cas de dérive. On précise également qui fait quoi concernant les enfants. École, santé, activité. On met en place des règles simples. pour les transitions entre les deux maisons, ce qu'on appelle communément le passage de bras. Et puis, on travaille sur les situations concrètes qui posent problème. Je vous parle des désaccords du quotidien qui vont être abordés un par un. On cherche des solutions pratiques qui fonctionnent pour votre famille. En cas de blocage, je peux faire des propositions que vous pourrez ensuite décider d'adopter ou non. Et on s'adapte à vos besoins réels. Au début, on peut se voir plus souvent. toutes les 2-3 semaines, puis moins fréquemment, quand les choses s'apaisent. On peut passer à tous les mois, puis à tous les trimestres. En tout état de cause, je reste disponible si une situation urgente se présente. La durée habituelle d'une coordination parentale est de 9 à 18 mois. Donc c'est vraiment un accompagnement au long cours, selon les besoins de votre famille et le niveau de conflit. L'objectif, ce n'est pas que vous deveniez amis. mais que vous puissiez communiquer suffisamment pour que vos enfants n'aient plus à porter le poids de vos désaccords. Et alors, est-ce que cela fonctionne toujours ? Non, la coordination parentale n'est pas une solution miracle. Mais elle fonctionne quand les parents sont prêts à respecter le cadre, même s'ils ne sont pas d'accord sur tout. Les effets positifs que j'ai pu observer sont une réduction significative du nombre de passages devant le juge, un apaisement du climat familial, une meilleure stabilité pour les enfants, et surtout moins de stress pour les deux parents. Attention, la coordination parentale ne vise pas à renouer le lien entre vous. Après des années de conflits, la coordination parentale ne vise pas à ce que vous redeveniez amis, ni même à ce que vous vous appréciez. Ce n'est pas une solution miracle. La coordination parentale a pour but de permettre de former une équipe parentale fonctionnelle où il est possible de communiquer à minima pour prendre des décisions. ensemble dans l'intérêt des enfants, sans les mettre au cœur du conflit et sans avoir besoin d'avoir recours systématiquement au juge. Petit point d'attention, quand la coordination parentale est exigée par le juge, elle est proposée par le juge et que vous l'acceptez, le coordinateur parental va rendre un rapport au juge faisant état de son travail, des engagements qui ont été pris et du respect ou non de ces engagements. Il n'y aura donc un document écrit qui fera le bilan du travail que vous avez accompli dans le cadre de la coordination parentale. Voilà, si vous êtes parent et que vous vous sentez à bout, Si vous êtes professionnel, avocat, juge, éducateur, médecin, et que vous accompagnez des familles dans un conflit sans fin, sachez que la coordination parentale est une alternative structurante, humaine et tournée vers l'avenir. Bien sûr, elle ne remplace pas la justice et elle ne fait pas disparaître le conflit, mais elle permet d'en limiter l'impact et de remettre l'enfant au centre, sans qu'il devienne l'enjeu. Merci d'avoir écouté cet épisode et n'hésitez pas à le partager autour de vous. Dans le prochain épisode, je vous parlerai d'un accompagnement plus souple et préventif, le coaching co-parental. Et puis, petite nouveauté, j'écris une newsletter pour parler d'ancrage co-parental, pour recevoir des conseils, des ressources et les dernières actualités directement dans votre boîte mail. Le formulaire d'inscription est disponible dans la description de cet épisode. Je vous remercie de votre écoute et à bientôt dans Ancrage Co-Parental.