Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Mon avocat, ma famille et moi, le podcast qui vous accompagne dans les grands bouleversements familiaux avec clarté et empathie et une bonne dose de pragmatisme. Je suis Océane Goursaud, avocate en droit de la famille, médiatrice, coach coparentale et coordinatrice parentale. Aujourd'hui, je vous parle d'un sujet qui revient très souvent dans mon cabinet et qui suscite à la fois colère, inquiétude Sentiment d'injustice et d'impuissance. Je vous parle aujourd'hui de la demande de transfert de résidence de l'enfant. Peut-on demander que son enfant vienne vivre chez soi à temps complet ? Peut-on s'y opposer quand on reçoit cette demande ? Quels sont les critères étudiés par le juge ? Et surtout, comment réagir juridiquement et émotionnellement ? Ce qu'on ne veut surtout pas, c'est relancer un conflit ou abîmer davantage la coparentalité. Je vous accompagne dans cet épisode. que vous soyez le parent qui reçoit cette demande ou celui qui la formule. Alors, pour commencer, c'est quoi une demande de transfert de résidence ? Quand les parents se séparent, une décision est prise concernant le lieu de résidence de l'enfant. Cela peut être chez un parent, avec un droit de visite pour l'autre, ou en résidence alternée, entre les deux domiciles. Parfois, l'âge des enfants au moment de la séparation conduit à un choix contraint pour l'un des parents, qui pense ne pas avoir d'autre choix. mais qui anticipe un changement de résidence quand les enfants auront grandi. Mais les choses évoluent. Nouvelle situation familiale, déménagement, conflit. Et l'un des parents peut alors vouloir modifier cette organisation en demandant que l'enfant réside désormais principalement chez lui. Attention, ce changement doit obligatoirement être validé par le juge s'il n'y a pas d'accord entre les parents. Et cette demande est souvent vécue comme une remise en question de l'équilibre parental en place. Alors, comment réagir quand on reçoit cette demande ? On ne va pas se mentir, il y a un avant et un après. Avant, vous pensiez que l'organisation fonctionnait, au moins en apparence. Et puis, sans prévenir, une assignation ou une requête arrive. D'abord, c'est un choc émotionnel garanti. Souvent, les réactions fusent. Mais il n'a jamais été autant impliqué que moi, elle ne cherche qu'à me punir, et les enfants dans tout ça. Avant tout, respirez, ne réagissez pas à chaud. Ce que vous devez faire tout de suite, lire attentivement le document reçu. Ne répondez pas par message ou sur un ton conflictuel. Prenez rendez-vous avec un avocat rapidement. Et si possible, n'en parlez pas directement aux enfants. Ils sentiront déjà votre stress, inutile de leur transférer votre panique ou votre colère. Même si vous avez reçu une assignation, une requête, il n'est jamais trop tard pour discuter. Recevoir une assignation injustique provoque souvent un sentiment de fermeture. On se sent attaqué, on veut préparer sa défense. Mais il est important de garder à l'esprit que le passage devant le juge n'exclut pas le dialogue. Au contraire, dans certaines situations, ouvrir une discussion à ce moment-là peut tout changer. Même si la procédure est lancée, il est encore possible d'engager une médiation familiale pour faire entendre votre point de vue dans un cadre apaisé. de solliciter un coach coparental pour analyser objectivement les besoins de votre enfant et poser un cadre clair et respectueux. Mais également, trouver un terrain d'entente temporaire, le temps de poser à plat les enjeux et de tester une nouvelle organisation. Ce n'est pas parce que l'autre parent a saisi le juge qu'il est fermé au dialogue. Parfois, c'est l'absence de dialogue ou l'escalade des tensions qui l'a conduit à prendre cette décision. Et parfois, il s'agit d'un appel au secours mal exprimé ou d'une inquiétude sincère face à un enfant en souffrance. Discuter ne signifie pas céder. Cela signifie reprendre la main, faire entendre votre voix dans un autre cadre que le tribunal et montrer que vous êtes capable de réfléchir, de proposer et d'ajuster. Et dans certains cas, cela permet de transformer la procédure. Soit en trouvant un accord total, ce qui évite l'audience et la décision imposée, soit en préparant une solution plus ajustée qui sera présentée ensemble au juge. Et aux yeux du juge, cela compte. Un parent qui cherche une solution constructive, qui accepte de se faire accompagner, qui met l'enfant au cœur de ses choix et considéré, il est perçu comme un parent sécure, engagé et coopérant. Mais alors que faire si vous êtes à l'origine de la demande ? Comment bien l'apporter cette demande ? Formuler une tête de demande de transfert de résidence n'est pas un acte anodin. Souvent, vous y avez réfléchi longuement, en observant une dégradation du cadre de vie de l'enfant chez l'autre parent ou une difficulté à gérer le quotidien. Mais attention, une demande trop hâtive, non préparée ou vécue comme une attaque peut nuire à votre crédibilité. Posez-vous d'abord ces questions. Est-ce que je suis sûre que c'est dans l'intérêt de l'enfant et non mon propre inconfort qui motive ma démarche ? Est-ce que j'ai documenté la situation ? Bulletin, compte-rendu scolaire, témoignage, message ? Est-ce que j'ai essayé le dialogue ? Proposer des ajustements avant d'aller devant la justice ? Est-ce que je suis prête à envisager un changement progressif ou encadré ? Même si vous êtes convaincu que votre demande est juste, le juge attend de vous une posture constructive, pas une logique de vengeance ou de compétition parentale. Une demande bien portée, argumentée, structurée et ouverte au dialogue a beaucoup plus de chances d'être entendue. Mais alors concrètement, qu'est-ce que va analyser le juge ? Contrairement à ce que l'on pense, le juge ne cherche pas à désigner un parent meilleur que l'autre. Son objectif est toujours le même, déterminer ce qui est dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Concrètement, le juge va regarder l'environnement actuel de l'enfant, stabilité scolaire, sociale, affectif, l'historique des soins apportés par chaque parent, les conditions matérielles et éducatives proposées, La capacité des parents à coopérer ou à préserver un minimum de communication. La motivation réelle de la demande. Est-ce qu'il s'agit d'un projet de vie réfléchi ou d'une volonté de nuire à l'autre parent ? Et puis l'âge et la parole de l'enfant, s'il est auditionné, pourront être pris en compte. Bien sûr, l'impact émotionnel que ce changement pourrait avoir sur lui. La question centrale sera toujours est-ce que ce changement de résidence sert vraiment l'enfant ou alimente-t-il simplement un conflit parental ? Alors, comment bien se préparer pour répondre à cette demande ? Voici mes conseils concrets pour anticiper et argumenter avec justesse. Tout d'abord, documentez votre implication parentale. Ne laissez pas la place au flou ou à la parole contre parole. Rassemblez vos plannings, vos échanges de suivi scolaire et médical, les preuves d'activités partagées, d'implications quotidiennes. Faites un dossier clair et structuré. Cela rassure et montre votre stabilité. Évitez les attaques personnelles. Même si vous êtes blessé, restez centré sur les faits et sur l'enfant, c'est votre meilleure stratégie. Inutile de dire « il n'a jamais été là » si vous n'avez aucun élément pour le prouver. Le juge attend que vous soyez capable de prendre de la hauteur. Préparez votre argumentaire, expliquez ce qui fonctionne aujourd'hui. Les repères de l'enfant, son équilibre relationnel, sa réussite scolaire, sa sécurité affective. Ajoutez votre ouverture à la discussion si cela est vrai. Je suis ouvert à un aménagement différent, mais pas à un changement radical et précipité. Et si la demande était partiellement justifiée ? C'est une situation plus subtile. Parfois, un changement est objectivement pertinent. Le parent demandeur déménage pour un emploi stable, a plus de disponibilité, propose un projet cohérent. Parfois, c'est aussi une demande de l'enfant que ce dernier n'a pas réussi à vous formuler ou que vous n'avez pas entendu. Il ne s'agit pas de vous retirer votre enfant, mais d'organiser autrement les choses. Dans ce cas, négocier un accord encadré peut être préférable à une guerre d'audience. Vous pouvez envisager une période transitoire. Une alternance inversée, un nouveau calendrier de visite et toujours la validation de vos accords par le juge pour qu'ils aient valeur de jugement. Avant toute chose, protégez les enfants du conflit. Les enfants sont souvent les premières victimes silencieuses de ces demandes. Ils entendent des phrases qui les divisent. C'est à toi de choisir. Tu iras où tu seras le mieux traité. Il ou elle veut t'arracher à moi. Ces messages sont toxiques. L'enfant doit pouvoir exprimer ses besoins sans prendre parti. Un espace neutre, psychologue, médiateur, audition peut être utile. Attention, une demande de transfert de résidence est une tempête, mais pas une fatalité. Si vous êtes dans cette situation, je veux que vous reteniez trois choses. Vous avez le droit d'être inquiet, choqué et en colère. C'est normal. Vous avez le droit de faire valoir vos arguments, vos preuves et votre réalité. Et vous avez le droit d'être aidé. Un changement de résidence n'est jamais simple. Mais il peut aussi bien préparer, bien accompagner, permettre un nouvel équilibre plus sain, plus stable, plus juste. Si vous ressentez le besoin d'être accompagné personnellement dans cette démarche, je suis à votre écoute. Je vous remercie de votre écoute. Prenez soin de vous et de vos liens. N'hésitez pas à transmettre. et à partager cet épisode avec des personnes qui pourraient en avoir besoin. Et n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes d'écoute. A très bientôt pour un nouvel épisode.