Speaker #0Mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants par Monique. Chers auditeurs, chères auditrices, bienvenue à mon dentier sur la commode. Suite à une cousinade, je suis montée à l'étage supérieur pour chercher les toilettes et j'ai découvert un autre monde sur la commode de mes grands-parents. Bonjour à tous et à toutes, aujourd'hui je vais vous parler de quelque chose que vous connaissez bien, car tout le monde le côtoie ou l'a côtoyé un jour dans sa vie, j'ai nommé la famille. Effectivement, nous ne venons pas sur terre par magie, nous avons tous des géniteurs qui sont dans la plupart des cas des sexes opposés, j'ai nommé un père et une mère. Bien sûr, d'autres cas de figure existent, mais je vais rester dans la majorité des cas pour étayer mes propos. Il se trouve que je suis issue d'une famille nombreuse et que moi-même, j'ai reproduit également une famille nombreuse avec deux filles et un garçon au milieu. En tant que mère, je me suis arrêtée en congé parental pendant six ans, vu que mes trois enfants avaient simplement un an d'écart entre eux. Passer la plus grande partie de ma paie pour faire garder mes progénitures ne me semblait pas une situation convenable personnellement. Donc j'ai fait ça, je me suis arrêtée pendant six ans. Durant cette période, j'ai donné de mon temps bénévolement pour l'association des parents d'élèves et la création d'une association dans mon village qui donnait des cours de théâtre aux enfants. Au quotidien, nous avions de quoi faire. Aucune copine ne savait ce qu'était l'ennui. Il fallait s'occuper de la maison, des enfants, ménage, virer à l'école pour laisser nos progénitures, retour à la maison pour préparer le repas, virer à l'école pour rechercher nos progénitures, Repas partagés avec nos progénitures, transfert à l'école pour l'après-midi pour certains enfants et garderie à la maison pour d'autres plus petits, course à hypermarché du coin pour nourrir la famille, lavage du linge, repassage au passage, récupération de la tribu en fin de la journée et début du goûter, des devoirs pour finir avec la préparation du souper avant d'aller à la douche, au lit, sans avoir oublié de raconter des histoires individuellement. Et à chacun des membres de la famille, j'ai nommé les enfants. D'autre part, cette routine quotidienne se parsemait d'événements divers qui venaient s'ajouter à la liste commune, comme les rendez-vous chez l'ophtalmologue, le pédiatre ou les convocations par les maîtresses qui avaient donné des punitions à un des enfants de la tribu qui n'avait pas suivi les règles demandées en milieu scolaire. Alors, quand mon conjoint rentrait en fin de journée, il prenait la relève. Et c'est avec délectation que je prenais le large avec mes copines pour me changer les idées. Nous ne manquons pas d'imagination pour se distraire. Nous, le groupe d'amis-femmes, mariés et mères au foyer, nous réunissions et nous arrivions toujours à se trouver des échappatoires pour se divertir. C'est aller de la soirée ciné, ou à la soirée pizza, soirée balade, soirée apéro, ou d'autres soirées encore, pour égayer nos virées, au moins une fois par jour. par semaine. Nous nous échangeons nos anecdotes familiales et nous en rions à gorge déployée. Une d'entre elles nous a fait beaucoup rire, celle de ma fille aînée, qui à l'époque avait 9 ans, et qui réclamait qu'on la paye quand elle participait aux tâches de la maison. À l'écouter s'exprimer, les autres enfants recevaient de l'argent de leurs parents chaque fois qu'ils faisaient une tâche collective pour la famille, comme laver la voiture, laver la vaisselle, etc. Son argumentaire étant très louable, j'ai proposé de l'adopter à condition qu'il s'applique à toutes les tâches de chacun des membres de la famille, afin que cela soit plus juste pour tout le monde. La tribu ayant approuvé mon point de vue, nous avons réalisé un tableau à plusieurs entrées où chaque personne de la famille était identifiée. D'un côté et de l'autre, toutes les tâches étaient représentées. Puis... nous avons donné une valeur marchande à chaque tâche. Faire la vaisselle, 2 euros. Aller chercher les enfants à l'école et les ramener, 5 euros par exemple. Ainsi de suite pour chacune des tâches. Le résultat final fut surprenant. Quand nous additionnions toutes les tâches pour chacun des membres, grand fut notre surprise de réaliser que les enfants devaient donner des sous aux parents tellement ces derniers effectuaient des tâches plus nombreuses et plus chères comme aller faire des courses en voiture. faire faire les devoirs, raconter des histoires, participer aux réunions par un professeur, soigner les bobos, etc. Résultat Plus jamais la question d'argent et de paiement de tâches ménagères ne fut abordée dans la famille. Mais chers lecteurs, chères lectrices, vous avez tous au moins connu cela dans vos familles respectives, sans compter les chamailleries entre enfants qui se disputaient pour des broutilles à cause de leur caractère différent et de toute l'énergie qu'il fallait trouver pour calmer le jeu entre eux tout en arrivant à être le plus juste possible. Mais le temps de l'enfance s'est transformé en temps d'adolescence. Ils ont quitté l'école pour aller au collège et au lycée, entraînant une métamorphose de la cellule familiale. Plus de congés parentaux, mais un travail à temps plein, nécessitant une grande disponibilité, puisqu'il s'agissait d'insérer des jeunes en grande difficulté dans la vie active. Une autre organisation s'est mise en place, encore plus prenante. Les journées commençaient à 6h et se terminaient à minuit. tellement la charge des tâches à effectuer était prenante. Installés en milieu rural, les trajets venaient à lourdir les tâches quotidiennes, car il fallait transporter les uns pour les cours de violon, les autres pour un cours de danse, et un autre jour ou un autre lieu pour jouer au foot, sans compter que, par moment, les diverses activités extracolaires se télescopaient. Tout cela menait à une charge mentale supplémentaire, celle de rester disponible et ouverte à tous les problèmes de ces jeunes qui se transformaient et qui devenaient des hommes et des femmes qui bientôt ne nous appartiendraient plus ainsi mal en valant le temps s'est écoulé tant sans qu'on se mesure sa force quand le jour arriva où les uns après les autres ils prirent leur envol pour des études dans un premier temps puis une autre étape est survenue celle de la qui les a menés à changer de région. Sur nos trois enfants, deux sont partis à plus de 600 km de notre domicile. Comme deux êtres qui n'arrivions plus à nous reconnaître, nous, le père et la mère, restant seuls dans cette maison familiale qui était vide de sens, puisque le vide avait pris le dessus des cris, des éclats de rire et des disputes, nous restions sans voix. Après, il y a eu l'étape des amoureux. des compagnons de voyage, de nos filles et de notre fils, qui ont été nombreux pour certains, tumultueux pour d'autres, avec des déchirements et des séparations, et la naissance de notre petit-fils. En tant que grands-parents, nous avons eu la chance de pouvoir s'en occuper durant une partie des vacances scolaires et les mercredis après-midi. Nous avons pu partager beaucoup de choses jusqu'à l'âge de ses dix ans. Après, le temps a pris le dessus, et lui aussi est devenu à son tour adolescent. le temps a suivi son chemin et à notre tour nous fêtions notre retraite bien méritée nous nous retrouvions une fois de plus seuls face à face sans enfants à la maison pour mettre de la vie entre nous chacun avait sa vie et les retrouva et s'estompait de plus en plus nos parents étant décédés c'est nous qui prenions la relève pour réunir la famille à noël chère lectrice chère lecteur vous avez certainement vécu vous-même Ses sensations et ce désolement de se dire, au décès de ses propres parents, « Mince, le temps est passé trop vite, et je n'ai pas profité d'eux, je ne suis pas allé les voir suffisamment. » Et le scénario se répéta avec nos propres enfants. Effectivement, les sorties familiales ne pouvaient se faire au vu de l'emploi du temps chargé de chacun des membres de la famille. Certes, il y avait bien le téléphone pour se donner des nouvelles, mais le partage d'activités, qui ancrent les souvenirs s'estompaient dangereusement. Et un grand moment de solitude s'installa à nouveau, avec des questionnements immenses sur le sens de la vie que je venais de vivre au niveau familial depuis tant d'années passées. J'étais en attente continuelle d'une rencontre avec mes enfants, avec mon petit-fils et d'eux. Je devenais triste car je me sentais délaissée. Puis j'ai compris, j'ai compris que cela faisait partie de la vie. Que j'avais levé une famille avec mon conjoint, que j'avais semé des graines, que je les avais arrosées, bichonnées pour qu'elles grandissent, épanouissent, et que je devais maintenant les laisser se développer et se nourrir différemment pour pouvoir pleinement exister et avoir ses propres fleurs personnelles. Inutile d'avoir des ressentiments négatifs, inutile de juger de leur choix de vie, même s'il n'était pas comme j'aurais imaginé pour eux, c'était le leur et je n'avais pas à intervenir dans leur vie car ils étaient majeurs et vaccinés et responsables de leur propre existence alors chères lectrices et chers lecteurs les j'ai laissées sur la table de nuit toutes mes peines Et j'ai commencé à vivre pour moi. Je sais que ce n'est pas facile car nous n'avons pas été levés dans ce cadre-là. Nous, les mères de famille, nous devons nous sacrifier pour notre famille. Nous devons nous oublier. Eh bien, j'ai enfin passé le cap de cet adage chrétien. Je réalise que le temps n'était compté et que ce que je désirais, c'était faire mes propres expériences et vivre les choses que je n'avais pas pu vivre avant. J'ai fait mon carnet de désirs et je vis, V-I-E en lettres majuscules. Je vais au spectacle, je voyage, je participe à des activités, je m'engage bénévolement. Je n'attends plus rien de personne, mais de ce fait, je suis une femme libre et heureuse. Inutile de se sentir obligée de se rendre service sans cesse, même quand on ne peut pas. Inutile d'avoir peur de nous dire non à nos propres enfants. peur de les perdre. Inutile d'attendre sans cesse que le téléphone sonne dans l'espoir de les entendre ou de les voir. Il faut savoir casser la chaîne bien ancrée depuis des décennies et se donner le droit, en tant que retraités et personnes âgées, de s'épanouir et de faire plein de choses tant que la santé nous permet de le faire. Quelques citations pour finir. André Gide, des nourritures terrestres. Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de la appel de la vie à elle-même. Et Simone de Beauvoir qui écrit « Les enfants commencent par aimer leurs parents, en grandissant, ils les jugent, parfois, et ils leur pardonnent. » Et le Daïli Lama, « Ce que vous semez dans votre famille, vous le récolterez dans la société. » Voilà, c'était mon dentier sur la pomme commode, le podcast des retraités pétillants. Vous pourrez me joindre sur mon mail, mon dentier sur la commode, arrobageml.com et sur les différentes plateformes audio et sur YouTube. Je vous souhaite de vivre toutes les expériences que vous désirez et n'oubliez pas, continuez à faire du buis ! Je vous embrasse !