Speaker #0Mon dentier sur la commode Le podcast des retraités pétillants par Monique Chères auditrices, chers auditeurs, Bienvenue à mon dentier sur la commode que j'ai posé sur une commode aujourd'hui qui se trouve en Ardèche, à Cloux exactement, dans une grande domaine qui propose des stages d'improvisation théâtrale avec la compagnie Fractal. Une fois de plus, j'ai voulu continuer à m'initier à l'improvisation théâtrale, mais sous un angle que je ne connaissais pas, ou que je ne pensais ne pas connaître, à savoir celui qui se joue avec un rôle de méchant. Cette fois-ci, je ne peux pas dire que j'y étais toute seule, car je faisais du covoiturage avec deux personnes avec lesquelles j'avais déjà effectué des stages. Mais je ne connaissais pas le lieu, ni les organisateurs, ni les participants, et encore moins l'animateur de la thématique, donc je partais, une fois de plus, un peu à l'aventure. Je vous avoue que cette situation suscitait en moi une montée d'adrénaline qui ne me laissait pas sans effet. J'étais toute pétillante et excitée, ce qui me ramenait à la même situation que j'avais vécue quand j'étais enfant, quand j'entendais les cadeaux. de la venue du Papa Noël. Mon premier réflexe a été de préparer une pissaladière et d'amener une bouteille de rosée et une bouteille de jus d'orange pour ceux qui ne prenaient pas d'alcool. Sébastien, le formateur, avant même de se mettre en action, en réalisant des improvisations, nous rassembla pour nous faire réfléchir sur la notion de méchant. Et là, plusieurs connexions se réalisaient au fur et à mesure des échanges sur cette thématique. Non. Il n'y avait pas les gentils d'un côté et les méchants de l'autre. Non, le méchant ne pouvait agir tout seul. Souvent, il se servait des autres gentils pour réaliser sa méchanceté. Oh là là ! Pfff ! Tout se bousculait dans ma tête. Pour moi, les méchants étaient reliés à des personnes de comte contre lesquelles les héroïnes et les héros luttaient afin qu'ils cessent de les nuire. Mais je réalisais que cette notion très infantine des méchants l'était moins quand je parlais des personnages de films et ou de séries comme le Joker dans Batman ou Kesser dans Usual Suspect. Ces notions devenaient l'expression d'un jugement de sens commun pour distinguer les types de personnages. Ainsi, nous faisons de même quand nous jugeons le comportement et les personnes dans des actions. dont les actions nous avaient fait du mal. On les retrouvait aussi dans les discours politiques entre les adversaires et ennemis. Ça bouillonnait dans ma tête, et je commençais à réaliser que ce simple stage d'improvisation sur les méchants allait certainement m'entraîner dans des contrées inconnues qui ne seraient peut-être pas faciles à traverser. Tout commença quand il fallut se mettre dans une posture ou dans un premier temps. Je jouais à la gentille en écoutant une collègue de travail avec laquelle j'avais réalisé les mêmes études qui avait du mal à admettre qu'elle avait voulu prendre un projet architectural qui la mettrait en difficulté. Ma position en tant que copine gentille consistait à l'écouter, à l'encourager et à lui donner des conseils afin qu'elle parvienne à réaliser ce projet. Puis, j'allais voir une tierce personne qui travaillait dans notre société Et je lui donnais toutes les indications afin qu'elle puisse casser le projet de ma copine que je voulais récupérer. Ainsi, les matériaux dont elle aurait besoin arriveraient en retard, les bons de commande auraient des erreurs de métrage, les sous-traitants seraient convoqués à la mauvaise date, etc. Tout était calculé pour lui rendre sa vie la plus épouvantable possible afin qu'elle abdique et que j'arrive en vainqueur pour prendre la relève et me faire une place auprès de mes supérieurs et hiérarchiques. Je jouais cette scène avec tellement de facilité que je réalisais que dans la vraie vie, peut-être que j'aurais pu le faire. Mais quelles étaient les tensions sous-jacentes qui m'animaient à ce moment-là, et qui me permettaient de me transformer en méchante personne ? Certainement l'injustice de ne pas avoir été choisi pour réaliser ce projet et peut-être la jalousie. et la volonté de m'affirmer à travers ce stratagème qui devenait tortueux. Peut-on dire que la méchanceté, c'est pour être reconnu, une compréhension relative des actes des méchants, dévoiler l'obscur en soi, un effacement de la limite, ou le dépassement du bien et du mal ? Plusieurs théories en philosophie se croisent sur cette thématique pour Socrate. nul n'est méchant volontairement augustin quant à lui sait simplement de vouloir faire ce qui est défendu hobbes l'homme est un grand méchant loup pour l'homme et enfin kant pour lui l'être humain a un penchant pour le mal mais dans la vraie vie celle que tout le monde connaît nous avons certainement croisé des personnes qui n'étaient pas si gentilles qu'on l'aurait cru comme des manipulateurs, des agresseurs, des oppresseurs, des intolérants, des traîtres, des usurpateurs, des sadiques. Mais comment jouer ce personnage quand celui-ci n'est pas en accord avec nos convictions ? En lui accordant des circonstances particulières, y est soit à son enfance, à la situation qu'il traverse, à la non-maîtrise des événements, Tout cela est bien gentil, mais... Mais si les méchants avaient certainement de bonnes raisons de l'être, devrions-nous pour autant accepter tout, et devrions-nous se faire entraîner malgré nous, dans des situations que nous ne désirons pas ? Chères auditrices et chers auditeurs, je vous le demande, vous avez certainement connu des situations semblables, dans la vie bien sûr, et comment avez-vous réagi ? Et là, une fois de plus... Le formateur nous parle de consentement. C'est bien la deuxième fois que je fais un stage dans ces domaines très différents et que j'entends parler de consentement. Et le code est clair. Levez la main et la tenir bien en face de la personne pour dire stop. Ou levez le doigt pour dire attention, donne-moi un instant pour réfléchir. ou bien regarder une autre personne de l'autre côté pour dire aidez-moi cette façon de faire je vous la livre aujourd'hui chères auditrices chers auditeurs car en dehors de la scène de spectacle en dehors de vouloir improviser des scènes qui n'existent pas elle peut vous servir dans la vraie vie c'est dans les temps informels pendant les repas ou durant les temps de pause que les langues se sont déliées j'étais entourée de jeunes femmes je dis de jeunes Car comme j'ai 69 ans, tous celles qui ont entre 30 et 40 ans sont indubitablement plus jeunes que moi, et certaines auraient pu même être mes filles. Et là, suite aux exercices sur le consentement, des révélations arrivèrent. Moi, dit B, pour garder son anonyme, j'étais mariée depuis des années avec des enfants, un travail d'éducatrice, et l'avait défilée devant moi sans que je ne puisse l'arrêter. car tout était cadré, orchestré, et je n'avais pas le temps de me poser des questions sur mon bien-être. Et un jour, je rencontre un homme qui me regarde, qui me respecte, avec qui je peux échanger, communiquer, comme si je l'avais connu depuis des années. Un simple regard, et nous étions déjà sur la même longueur d'onde. Toutes les années que j'avais passé à m'occuper de tout le monde, toutes ces années où je devenais transparente, Car de toutes les manières, la mère que j'étais serait toujours là, pour faire la lessive, faire faire les devoirs, soigner les blessures, les emmener au foot ou à la danse. Toutes ces années se sont réduites en poussière, emmenées par une tornade d'amour démesurée qui a jailli à travers mes bras ouverts. Alors, j'ai eu le courage de dire non, j'ai eu le courage d'annoncer mon divorce, j'ai eu le courage de dire oui à la vie, et là... Comme par enchantement, tout s'est écroulé. Ma tornade d'amour avait tellement brassé d'air qu'un tourbillon magique provoqua un cancer dans le corps de mon conjoint. Je me retrouvais face à un dilemme affreux. Faire un choix. Ou rester auprès de mon mari pour l'aider et l'accompagner dans sa maladie et devenir aux yeux des autres la femme, la mère, l'épouse extraordinaire qui se sacrifie pour sa famille. ou partir avec mon amoureux et le laisser avec ses préoccupations médicales pour vivre enfin en tant que femme sans pour autant abandonner mes enfants et devenir aux yeux des autres la femme épouvantable qui ne pense qu'à elle et je n'ai pas hésité une seule minute j'ai dit stop oui pour la première fois de ma vie j'ai dit stop et j'ai pensé à moi je me suis affirmée sans me sentir coupable je n'ai jamais rien regretté malgré les moments difficiles pareil à un jour j'ai poyé mais je n'ai pas cédé et mon déterminisme Malgré toutes les difficultés, à payer, puisque je suis arrivée à avoir de bonnes relations avec mon ex-mari. Nous étions en accord pour l'éducation de nos enfants et je l'ai accompagnée jusqu'à son décès, à ma manière, sans me laisser étouffer. Aujourd'hui, je suis une femme épanouie, je me suis remariée, j'ai changé de travail, je suis auto-entrepreneuse et je donne des cours d'improvisation théâtrale et ma vie est belle et douce. Ce témoignage, je vous le livre. Car il vient éclairer mes propos sur les méchants et sur le consentement. Effectivement, nous pouvons tous être ou devenir des méchants selon les personnes qui nous entourent et selon l'angle dans lequel elles prennent part à la situation. La méchanceté peut apparaître alors comme une libération, mais faut-il encore la maîtriser et l'utiliser à bon escient ? Le consentement exige une réelle prise de conscience qu'il va falloir assumer. Cet exemple nous montre qu'il faut avoir une ouverture d'esprit assez grande pour admettre que tout n'est pas blanc d'un côté et noir de l'autre, et que d'autres choses se vivent à travers cette situation-là. Cet exemple nous montre que tout est possible à n'importe quel âge, et que l'essentiel est bien et bien d'être en accord avec soi-même. Il faut savoir s'écouter, se respecter, dans n'importe quelle situation, afin de vivre aligné avec nos idées et nos valeurs. Alors, chères auditrices et chers auditeurs, pensons à cette expérience de vie et donnons-nous le droit d'être ce que nous sommes à tout âge. Richard Bach écrit « Tu n'existes pas pour impressionner le monde, tu existes pour faire ta vie d'une façon qui fera ton bonheur. » C'était mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants. Nous nous retrouverons une fois par mois. sur le net et sur les différentes plateformes vous pouvez me joindre sur facebook ou sur mon dentier sur la commode arrobage gmail point com le dentier se repose mais l'élan reste vivant je vous embrasse tendrement et surtout n'oubliez pas Continuez à faire du bruit !