Speaker #0Mon dentier sur la commode Le podcast des retraités pétillants par Monique Chères auditrices, chers auditeurs, Bienvenue à Mon dentier sur la commode. Aujourd'hui,mon dentier a décidé de quitter sa petite routine tranquille sur le meuble du salon. Oui madame, oui monsieur, sortie exceptionnelle. Il s'est retrouvé dans un lieu aussi mystérieux qu'imprévisible, les urgences d'un hôpital auvergnat. Alors non, rassurez-vous, je ne vais pas vous raconter mes aventures extraordinaires de retraité en quête d'un café buvable ou mon combat héroïque contre le coussin plat comme une galette bretonne. Même si entre nous, attendre aux urgences, c'est un peu comme partir en voyage. Sauf qu'on ne sait jamais quand on repart, qu'on dort habillé et qu'on n'a franchement pas choisi l'ambiance. Ah les urgences ! Ce lieu où le temps cesse d'obéir aux lois normales de l'univers. Vous arrivez à 14h, vous regardez votre montre, 20 minutes plus tard, il est toujours 14h03. Au bout d'un moment, on ne sait plus si on attend un médecin ou le retour des dinosaures. Et puis il y a cette drôle d'ambiance, des gens inquiets. fatigués, parfois silencieux. Certains regardent le plafond comme s'ils allaient leur révéler le sens de la vie. D'autres observent les portes automatiques avec l'espoir secret qu'un miracle surgisse. Et dans tout ça, nous voilà, nous, un peu fragiles, un peu perdus. Parce qu'il faut bien le dire, la maladie, même petite, ça nous remet vite les idées en place. On se découvre philosophe malgré soi. une douleur dans le genou et voilà qu'on se demande soudain si on a vraiment profité de son existence une prise de sang imprévue on repense à tous les desserts qu'on aurait dû refuser ou pas mais au milieu de cette étrange parenthèse où le temps s'étire comme un vieux chewing-gum oublié au soleil le personnel soignant ces femmes et ces hommes qui semblent parfois apparaître de nulle part comme des héros de l'ombre avec moins de musique dramatique qu'au cinéma, mais beaucoup plus de mérite. Parce qu'on le sait tous, ils courent partout, le service déborde, les couloirs débordent, parfois même les chaises semblent fatiguées. Et pourtant, malgré la fatigue, malgré les heures impossibles, malgré les journées où tout le monde arrive en même temps, parce qu'apparemment le corps humain adore tomber malade, Collectivement, un mardi à 18h. Ils sont là. Une infirmière qui prend 30 secondes de plus pour expliquer. Un infirmier qui glisse une petite plaisanterie au bon moment. Une aide-soignante qui replace une couverture avec cette délicatesse qui dit silencieusement « Vous comptez » . Et franchement, parfois ça change tout. Parce qu'on croit souvent qu'il faut des gestes immenses pour réconforter quelqu'un. Pas forcément. Parfois il suffit d'un regard qui dit « je vous vois » , d'une phrase simple « ne vous inquiétez pas, on se coupe de vous » ou même d'un sourire, oui, un sourire. Ce petit miracle gratuit qu'on oublie parfois de distribuer alors qu'il soigne presque autant qu'un médicament et c'est là que j'ai pensé à une bougie, oui, une bougie, pas un énorme projecteur hollywoodien. avec violons et effets spéciaux non juste une petite flamme une lumière discrète fragile parfois qui tremble un peu comme nous quand la vie décide de nous faire passer un contrôle surprise sans prévenir mais malgré tout elle reste allumée et c'est peut-être ça l'espoir pas quelque chose d'immense pas une promesse que tout ira parfaitement mais cette petite lumière qui dit bon C'est compliqué aujourd'hui, mais on continue quand même. Parce qu'au fond, la vie, elle est pleine d'obscurités. Il y a les inquiétudes, les injustices, les nouvelles à la télévision qui donnent parfois envie d'aller lever des chèvres dans le Larzac et de couper le Wi-Fi définitivement. Chaque jour, on nous raconte ce qui ne va pas, les disputes, les violences, les catastrophes. À force ? on finirait presque par croire que le monde entier est devenu grognon et pourtant ce n'est pas toute l'histoire parce qu'en coulisses Loin des gros titres, il y a autre chose. Des gens qui aident sans faire de bruit, des voisins qui prennent des nouvelles, des soignants qui rassurent, des proches qui restent, des inconnus qui tendent la main. Et souvent, c'est quand on est soi-même un peu cabossé qu'on le remarque enfin, quand on ralentit, quand on a peur, quand on se sent vulnérable. Là, soudainement, un geste simple devient immense on découvre quelque chose d'important la bonté ne fait pas toujours beaucoup de bruit elle ne poste pas forcément sur les réseaux sociaux elle n'arrive pas avec une fanfare non parfois elle arrive avec une blouse froissée des yeux fatigués et un immense coeur alors oui le monde peut sembler sombre très sombre parfois mais peut-être qu'on fait tous une petite erreur. On regarde tellement l'obscurité qu'on oublie de voir les bougies déjà allumées. Et si finalement, notre travail à tous, ce n'était pas d'attendre que quelqu'un vienne éclairer notre chemin, mais d'oser, chacun à notre manière, devenir une petite lumière pour quelqu'un d'autre. Pas besoin d'être un héros, pas besoin de sauver la planète avant mardi, parfois tenir une porte, écouter quelqu'un, faire rire, rassurer, être là, c'est déjà énorme. Parce qu'une simple bougie, ça paraît peu de choses. Mais dans une pièce sombre, ça change déjà complètement la façon de voir le monde. Et puis, entre nous, je crois qu'on a tous une petite bougie à l'intérieur. Parfois elle vacille, parfois elle râle un peu, comme moi avant le premier café du matin. mais elle existe alors peut-être que la vraie question aujourd'hui est celle-ci savons-nous encore nous autoriser à l'allumer même pendant nos nuits les plus compliquées prenez soin de vous et si vous croisez quelqu'un dans l'obscurité n'oubliez pas parfois un simple sourire suffit à faire office de lampe de poche voilà J'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. Vous pouvez me le faire parvenir à mon adresse mail mondentiersurlacommode.com Je m'en servirai pour publier de façon anonyme sur cette chronique qui est la vôtre. Prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !