- Speaker #0
Hello, moi c'est Pauline et je suis convaincue qu'on peut entreprendre avec ambition, sans renoncer à une manière de faire plus humaine, consciente et soutenable. Ici, on questionne notre façon d'entreprendre, nos choix, notre façon d'être et de faire pour construire une entreprise qui fonctionne sans lui laisser toute la place. Bienvenue dans le podcast Mon Entreprise et Moi. le podcast des arborescentes. Déjà, merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation. Pour démarrer, j'aimerais te laisser te présenter rapidement.
- Speaker #1
Oui, merci beaucoup de m'avoir invitée surtout. Pour me présenter, je m'appelle Laura, je suis la fondatrice de Bien dans ta boîte. Mon travail avec Bien dans ta boîte, c'est d'accompagner des pros de l'accompagnement, donc j'accompagne des coachs, j'accompagne des thérapeutes, des sophrologues, des naturopathes, etc. A se former à des enjeux de posture, pour le dire de manière large. Le travail le plus spécifique, c'est d'articuler les visions, les lectures individuelles, relationnelles, sociaux et politiques. Voilà, qu'est-ce que je peux te dire d'autre ? Je fais ça depuis... Je ne sais pas en quelle année là. ça fera 7 ans en février. Voilà, donc moi, mon travail, c'est l'accompagnement à la base et puis c'est devenu la formation ensuite.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et puis c'est déjà pas mal.
- Speaker #0
Yes. Hum... T'as commencé à travailler avec plutôt une vision bien-être et préserver son énergie et petit à petit, ton approche, elle est devenue un peu plus systémique et politique. Qu'est-ce qui t'a amené en fait à cette évolution ? Je pense que c'était un peu la suite logique de mon parcours. Je viens d'une famille qui est très politisée. La question politique était là depuis que j'étais enfant. Elle ne sort pas complètement de nulle part. Mon parcours... universitaire à la base c'est médecine et puis de médecine je me suis dit en fait c'est pas ma vision de la santé donc bon bah où est ce que je vais et puis en fait j'ai atterri en psycho où je suis restée plusieurs années qui me convenait beaucoup plus mais bon on était loin d'une approche globalistique avec la psycho, qui reste encore une fois un seul axe de lecture. Donc ça me plaît davantage, mais je me sens quand même un peu limitée. Donc j'avais quand même assez rapidement dans mon parcours d'accompagnement, d'étudiante encore à ce moment-là, cette envie de travailler de manière holistique, de manière globalistique. Bon, à l'époque, ce n'est pas très à la mode. Donc les profs, ça les fait un peu rigoler quand même. Tu leur parles holistique, ils sont encore moins dur. oui oui bien sûr donc voilà tu vas courir dans l'herbe avec tes gourous puis tu nous laisses travailler quoi donc en fait je me dis bon je vais aller faire ma boîte à outils moi même donc après je suis parti faire une formation de psychose de yoga, de yoga thérapie, de micronutrition, de thérapie de coup je suis allée faire ma petite boîte à outils ce qui permettait d'avoir une approche déjà effectivement beaucoup plus globale des différents corps physiques énergétiques mentales l'émotionnel, etc. Mais après, il y a encore une autre... étape c'est de se retrouver dans la situation de dire bon bah je sers le mieux l'individu mais enfin sans individu il tombe pas du ciel il vit pas déconnecté des systèmes est évidemment que il est façonné par premier lieu par son système familial peu importe lequel mais il est façonné par ça et puis les façonner bien sûr par son système travail est ce qu'il est salarié est Est-ce qu'il est indépendant ? Est-ce que c'est de la CSP+, comme on dit, de la CSP- ? encore au dessus il ya encore d'autres structures c'est à dire après c'est évidemment qu'un individu qui grandit dans le bloc occidental c'est pas la même chose qu'un individu qui n'y grandit pas donc qui grandit plutôt dans le centre impérialiste ou dans la périphérie de l'impérialisme est ce qu'il y a une histoire x ou y avec laquelle il vit enfin bon bref et donc du coup petit à petit je suis arrivé au fait que l'approche systémique me convenait beaucoup mieux, mais c'est vrai que l'approche systématique en psycho elle est historiquement très cantonnée à la thérapie familiale et donc à la thérapie de couple qui est une sous branche de la thérapie familiale ce qui déjà me convenait davantage parce que ça replacer l'individu dans les contextes systémiques dans lesquels il a grandi mais malgré tout j'avais quand même la frustration d'accord mais d'où sortent ces familles parce que encore une fois ces modèles familiaux selon les systèmes dans lesquels ils évoluent ils produisent des choses différentes et donc des individus différents bref et donc je suis arrivé comme ça à une approche si systémiques, mais vraiment systémiques, c'est-à-dire pas juste le système familial, même si c'est déjà très important, mais également les systèmes politiques, le capitalisme, le patriarcat, le racisme d'État, etc., qui façonnent les individus.
- Speaker #1
Donc quand on est indépendant, en fait, on évolue et on entreprend dans un système, tu en as un petit peu parlé, qui finalement ne dépend pas complètement de nous. qu'est-ce qui selon toi dépend de l'individu et qu'est-ce qui dépend du système ? A quel moment une difficulté est uniquement individuelle ou elle est confrontée à une réalité qui est économique, politique ou autre ?
- Speaker #0
En fait, je pense que cette question-là, on se la pose souvent quand on est intéressé par ces sujets-là. En tout cas, on me la pose souvent en formation, en podcast ou quoi que ce soit. Et en fait, c'est la formulation de la question qui nous enquiquine parce qu'elle ne permet pas d'obtenir une réponse. C'est-à-dire que se demander ce qui est strictement individuel, rien, et ce qui est strictement systémique, rien non plus. Ou tout, ça dépend comment tu vois les choses. En fait, le sujet qu'il y a derrière, c'est un sujet épistémologique. Alors ça, c'est un gros mot pour dire que l'épistémologie, c'est comment tu sais ce que tu sais. C'est la question de la production de la connaissance. La question posée de telle manière, c'est-à-dire quelles sont les choses qui sont strictement individuelles et quelles sont les choses qui sont strictement systémiques, le sous-bassement, le sous-entendu épistémologique, il est relativiste, ça veut dire... la vérité elle est relative et donc soit les choses sont individuelles soit les choses sont systémiques et donc il faut savoir dans quelle colonne je les range. Moi mon épistémologie elle est dialectique et donc ma réponse allait de dire c'est tout le temps les deux et c'est tout le temps les deux en même temps parce que c'est tout le temps les deux reliés par un mouvement. Alors l'impasse, je vais prêcher pour ma paroisse, l'impasse pour moi d'une vision individualiste, Là on voit bien que c'est pas la mienne. Je ne fais pas de la systémique. Évidemment, l'impasse d'une vision strictement individualiste, de dire qu'en fait, il n'y a que l'individu, tout est individuel, tout est un choix individuel, les individus ont toujours le choix, etc. Bon, je veux dire, dès que tu t'intéresses, tu n'as pas besoin d'intéresser longtemps à la sociologie ou à la politique pour te rendre compte que ça ne tient pas bien la route comme affaire. Parce que tous les individus n'ont pas les mêmes choix et n'ont pas tous le choix, d'ailleurs. Maintenant, et donc... Et donc souvent on voit une bascule vers une vision très systémique. C'est-à-dire, ça c'est le patriarcat, puis ça c'est du capitalisme, puis ça, machin. Donc ça c'est un soubassement épistémologique que nous on va appeler structuraliste, c'est-à-dire de voir les structures et donc d'expliquer les comportements individuels par les structures qui produisent les individus. Ce qui est une vision qui me parle plus que la première, mais il me semble qu'il y a une impasse aussi. Parce que du coup, ils sont purement structuralistes dans l'incapacité d'expliquer pourquoi il y a, bien sûr, des différences individuelles. Et qu'en fait, il n'a pas complètement tort le neuneu qui te dit « Il me disait quand il veut, tu peux, on a toujours le choix. » Ok, ce n'est pas de la haute politique qui nous a fait l'air. Mais en fait, il a un peu du vrai dans l'erreur quand même. Quand il te dit « on a toujours le choix » . Oui, tu as toujours le choix, entre la peste et le choléra tu as toujours le choix sauf qu'en fait il n'a pas questionné quel individu a quel choix et quelle possibilité de les faire donc la question pour moi dans mon épistémologie dialectique c'est quel est le mouvement qui relie l'individu à la structure donc ma vision enfin notre vision ce n'est pas que la mienne, ça serait de dire les sujets, les individus transforment le monde qui les transforme en français ça veut dire on a des indiens qui se sont regroupés en ce qu'on appelle des sujets collectifs le sujet collectif homme le sujet collectif femme le sujet collectif blanc le sujet collectif patron le dsa ces sujets collectifs c'est du collectif agissant et ce collectif agissant lui transforme les structures et je pense que c'est quelque chose qu'il faut pas perdre de vue c'est oui ce sont bien les individus qui font les structures c'est vrai et c'est bien les individus qui sont aussi capables de les transformer par contre ces structures une fois mise en place elle façon des autres individus, à nouveau, qui peuvent à nouveau les conserver, chercher à revenir en arrière ou chercher à les transformer. Et donc, ces structures se modifient et donc créent de nouveaux individus. Donc, il y a toujours un mouvement dialectique entre individus et structures. Donc, pour répondre à la question, quand je vis une problématique X ou Y, par exemple, dans mon activité, est-ce que ma problématique, elle est liée à mon mindset ou est-ce qu'elle elle est liée à la politique de Macron, les deux en même temps.
- Speaker #1
Et du coup pour toi quand quelqu'un dit qu'il souhaite travailler moins, donc je parle vraiment dans le cadre des indépendants, il souhaite travailler moins, il souhaite augmenter ses prix, il ou elle souhaite un peu plus poser ses limites avec des clients, pouvoir dire non à certains clients qui mettent inconfortable, etc. Donc dans les faits, finalement l'indépendant est libre de le faire et pour autant on voit bien que cette liberté peut être contrainte justement Par quoi est-ce que pour toi elle peut être contrainte ? On est libre sans vraiment l'être, ou peut-être que pour toi on est complètement libre de le faire.
- Speaker #0
Alors ça c'est effectivement un sujet épistémologique, c'est une réflexion philosophique sur la liberté, alors là ça va dépendre de la définition qu'on met à la liberté. Est-ce que la liberté c'est le libre arbitre ? Est-ce que la liberté c'est un des fois un truc qu'on a beaucoup entendu ces dernières années ? Je crois que c'est un peu moins la bonne, mais un truc qu'on entendait beaucoup c'était de dire quand t'es indépendant, t'es pas libre de tout mais t'es libre de choisir tes contraintes. Bon, c'est un truc... qu'on entendait souvent. Moi, mon rapport, il n'est pas celui-ci. Moi, mon rapport, c'est de dire... Je repars de notre tartampion fictif qui nous dit « Niña, on a toujours le choix. » Généralement, quand il dit « on a toujours le choix » , il y a toujours un gauchiste pour lui dire « Non, ce n'est pas vrai, on n'a pas toujours le choix, parce que les inégalités sociales, parce que... » En fait, les deux ont raison. Le gauchiste, il a un peu plus raison parce qu'il a un peu plus réfléchi. Il est quand même... Bon, il te parle d'inégalité sociale, je suis pas sympa avec les droits d'art, mais ça fera de surprise pour personne. Voilà, évidemment, il voit plus de choses. Il voit les inégalités sociales, il voit le fait que si, en fait, quand t'es blanc, quand t'es noir, quand t'es homme, quand t'es femme, quand t'es homosexuel, quand t'es... Non, évidemment, t'as pas les mêmes choix. Par contre, là où il fait une erreur, c'est qu'en fait, le droit d'art qui te dit « on a toujours le choix » , comme je disais tout à l'heure, en fait, il a quand même du vrai dans l'erreur. Parce qu'entre la peste et le choléra, effectivement, tu as toujours le choix. Lui, le truc à côté duquel il passe, volontairement ou pas, je ne sais pas, mais il passe à côté du fait que oui, en tant qu'individu, tu as toujours le choix, mais une fois que tu as dit ça, tu n'as pas parlé de quel choix. Et donc son erreur, à mon sens, L'expression épistémologique, c'est qu'il confond la liberté et le choix. Avoir le choix, c'est vrai, on a toujours le choix, ça ne veut pas dire qu'on est libre. Entre la peste et le choléra, tu as toujours le choix. Par contre, si je te dis, ah mais finalement je te propose une troisième option, c'est la santé, ce choix n'a aucun sens, qui va choisir la peste ou le choléra plutôt que la santé ? Donc, en fait, c'est une question de confondre la liberté avec le choix. Donc, pour en revenir à un truc, pour les indépendants par exemple, l'indépendant qui dit... je voudrais augmenter mes tarifs. Alors, tu as le coach 1 qui lui dit, ah, ben, tu fais ce que tu veux, de toute façon, tu as toujours le choix, tu prices ce que tu veux. Oui, alors, encore une fois, il n'a pas tort, dans les faits, si tu as envie de vendre 10 000 euros de l'heure, vend 10 000 euros de l'heure, personne ne t'en empêche, ça dépend des secteurs d'activité. Dans beaucoup de secteurs d'activité, en soi, personne ne t'en empêche. Maintenant, on voit bien que, évidemment, ça ne tient pas vraiment. vraiment la route parce que en fait si ton marché c'est 50 euros l'heure et que tu vends 10 000 va bien falloir trouver une justification et t'es quand même pas rendu de la trouver ou en tout cas t'es pas rendu d'avoir beaucoup de clients. Tu me diras un tarif pareil, t'as besoin de bons clients. C'est un autre sujet. Donc on voit bien que c'est limité. Et de l'autre côté, admettons, le coach 2 qui dit « Ah non, mais c'est impossible, il faut se caler au marché, on ne peut rien faire d'autre que le marché. » Ce qui n'est pas très vrai non plus, puisqu'on sait très bien. Sinon, comment tu m'expliques que Chanel ou Dior peuvent te vendre des fortunes, des sacs qui, sensiblement, ne valent pas ce prix-là à la production ? On voit bien que ça ne marche pas. Donc en fait, c'est plus de se dire quel est le concept clé, quelle est la variable qui permet... transformation est ce que dans ce cas là la question de mobiliser le choix ou la liberté ça va transformer quelque chose vraiment finalement parce que en fait on peut débattre pendant mille ans est ce que c'est indépendant il a le choix bon bah en fait on peut en débattre pendant mille ans lui il est toujours à la place et il sait toujours pas combien il vend sa prestation et il faut que c'est pas vrai la question finalement et qu'en plus bien entendu là où notre gauche est fictif du début a raison c'est que bien entendu nous ne serons pas tous égaux face aux... fois du tarif, parce que pas tous sur les mêmes marchés, parce que pas tous dans le même contexte, parce que pas tous sociabilisés pareil. On sait très bien que d'une manière générale, les femmes sont moins bien sociabilisées à la négociation, à l'affirmation de soi. On va moins les écouter, on va plus les remettre en question, on va plus leur poser des questions, etc. Parce qu'elles sont souvent plus précaires, donc elles sont souvent plus tentées de baisser les tarifs parce qu'il vaut mieux un tarif bas que zéro euro, etc. Je pourrais donner bien sûr d'autres exemples. Donc je pense que c'est plutôt ça qu'il faut se poser comme question, c'est-à-dire quand vous êtes dans une difficulté, je ne sais pas moi, vos tarifs, l'affirmation, machin, est-ce que c'est individuel ou systémique ? Les deux. La question de l'affirmation de soi, si je reprends l'exemple patriarcal, elle sera souvent beaucoup plus dure pour les femmes que pour les hommes, pour plein de raisons de sociabilisation patriarcale. Ça c'est un premier point. Deuxième point, c'est est-ce que je suis libre de le faire ou pas ? Je poserai une note. Et notre question c'est qu'est-ce que cette réponse va changer ? Très intéressante philosophiquement, moi j'adore. Mais je me dis attends, la vie concrète de celles et ceux qui nous écoutent, qu'est-ce que ça va changer ? Pas grand-chose. La question c'est, bon les questions pragmatiques, c'est-à-dire si je reprends l'exemple du tarif, j'ai besoin de gagner combien d'argent, je peux travailler combien d'heures, vos calculs de TGM, de machin, tout ça. Évidemment, c'est le côté fille de comptable qui parle. Et le deuxième point, c'est après... c'est de comprendre le mode de production et le mode de distribution dans lequel nous fonctionnons. Alors le mode de distribution, vous le connaissez bien, c'est le marché, normalement vous en entendez parler matin, midi et soir, l'offre, la demande, tout ça, le chien. Et le mode de production, c'est autre chose, c'est le capitalisme. Le capitalisme, c'est pas le marché. Et le capitalisme, souvent, c'est celui-ci qui est le moins bien connu, parce que souvent on le confond avec le marché, on dit oui, le capitalisme, c'est changer de l'argent, tout ça, c'est le marché, c'est la distribution, c'est pas la production. la production, comprendre comment... fonctionne le mode de production en l'occurrence capitaliste puisque c'est dans celui ci pour l'instant que nous évoluons sous celui ci que nous évoluons dans celui ci ça serait plus juste que nous évoluons et bien ça ça permet factuellement de dire ok ça c'est un avantage dans le capitalisme ça c'est un inconvénient pour les indépendants j'ai pas le temps de vous faire toute la démonstration ou on prendra le temps de la faire c'est toi qui décide si tu es chez toi mais Si on n'a pas le temps de la faire, je vous invite à croire la conclusion. Votre plus grande marge d'action, à mon grand désarroi, c'est de travailler vite. C'est la plus grosse marge d'action qu'a un travailleur indépendant. Parce que, pour la fin très simple, sur les autres variables, si vous êtes vraiment tout seul, je ne parle pas des indécis, Vous avez un peu des équipes et tout, ça c'est différent parce que vous avez une extension de plus-value, donc c'est différent. Mais si vous êtes vraiment tout seul, sincèrement, votre seul vrai levier d'action, c'est de travailler plus vite.
- Speaker #1
Et ça veut dire quoi pour toi, travailler plus vite ?
- Speaker #0
Ça veut dire qu'il faut que tu sois... Ah, pour la faire simple. Le temps de travail moyen sur ton secteur d'activité. temps de travail moyen qui est nécessaire à produire ce que tu vends alors par exemple quelques qui sont et des auditeurices plutôt prestations de services donc admettons une heure si sur votre marché le temps de travail moyen nécessaire pour produire cette heure de coaching c'est 5 heures admettons l'heure de coaching plus la préparation plus après je sais pas moi envoyer le mail le récap je sais pas quoi je sais pas quoi d'accord ce temps de travail là est un temps de travail qui contient bien d'autres choses parce que pour être capable de faire votre heure de coaching de la délivrer vous l'avez préparé gnagnagna et vous vous êtes formé aussi en amont Donc en fait cette heure de travail, elle contient beaucoup. d'autres heures bien entendu en amont. Si le temps de travail moyen de votre secteur c'est 5 heures et que vous il vous faut 10 heures pour produire ça, évidemment que vous allez vous faire fracasser par le marché, par le marché là pour le coup, par la distribution parce que vous allez être trop cher ou alors vous ne serez pas rentable et du coup à un moment donné ça ne marche plus. Donc la seule solution, enfin c'est pas la seule mais la plus grosse variable d'action c'est qu'il faut que si la moyenne de votre secteur c'est 5 heures pour produire une heure de coaching il faut que vous soyez capable de le faire en deux heures. Ça c'est une manière de survivre quand on est indépendant. Il y a d'autres choses, il y a le fait d'augmenter son capital constant, je passe très vite là dessus, parce que capital constant quand on est indépendant, surtout presse état de service, pas grand chose le capital constant c'est les technologies, c'est les outils, c'est les machines, donc bon, nous on est un peu limité, vous pouvez, c'est sûr encore une fois, si vous avez un ordinateur qui rame, et bien forcément vous prenez plus de temps que celui qui a un ordinateur d'un écrit qui va très vite. Si vous faites tout à la main, vous prenez plus de temps que celui Oui. qui a déployé 45 agents d'intelligence artificielle qui vont 10 000 fois plus vite que vous. Mais bon, vous allez être un peu limité parce qu'en prestation de service, dans tous les cas, à moins peut-être sur certains secteurs spécifiques où il y a des gros bais technologiques, etc. La deuxième chose sur laquelle vous pouvez jouer, c'est ce qu'on appelle le capital variable dans le marxisme. Alors là, pour la faire courte, en gros, c'est qu'il faut que vous soyez capable de reproduire votre force de travail plus vite et moins cher que la concurrence. Alors là, c'est pareil, vous allez être un petit peu limité. Quand il y a plus de monde, c'est différent. Mais quand vous êtes tout seul, votre force de travail, il y a une quantité incompressible que vous n'allez pas pouvoir réduire. C'est-à-dire que vous pouvez rentrer dans le truc de « du coup, je vais travailler tous les jours, tous les matins, toutes les nuits » , mais au bout d'un moment, tu ne vas plus arriver à recourir à ta force de travail. Donc tu vas peut-être prendre de l'avance pendant trois semaines, trois mois, un an, au bout d'un moment, tu vas cramer ta force de travail. tu n'auras plus à la reproduire. Évidemment, plus vous êtes jeune, plus vous reproduisez votre temps de travail rapidement. Plus vous êtes valide, plus vous reproduisez votre temps de travail rapidement. Moins vous avez d'enfants... plus vous reproduisez votre force de travail rapidement puisque les enfants, les animaux également, mais surtout les enfants, sont des êtres qui ne peuvent pas se reproduire eux-mêmes et donc nécessairement vous passez beaucoup de temps, d'énergie à reproduire leur existence. Et qu'est-ce que je peux... et les femmes ? Bien sûr, la reproduction de la force de travail coûte plus cher de manière générale aux femmes, puisque c'est aux femmes qu'incombe la reproduction de la société toute entière. Et que la plupart du temps, c'est un travail gratuit. Le ménage, faire à manger, faire les lessives, s'occuper de tout le monde, appeler les copines, fêter les anniversaires, organiser le repas de famille le dimanche. Tout ça, c'est du travail de reproduction. La reproduction, ce n'est pas juste pour le mioche. Et c'est un travail gratuit qui n'est pas rémunéré par le capital. La plupart du temps, il incombe aux femmes. Et donc, votre force de travail coûte plus cher à reproduire que celle des hommes. Donc, effectivement, les indépendantes, c'est une raison qui explique le fait que les indépendantes gagnent moins leur vie que les indépendantes. Et troisième et dernière chose que je voulais vous dire, après, là, pour le coup, c'est jouer sur le marché, c'est-à-dire essayer de trouver des secteurs d'activité où la demande est plus importante que l'autre. Par définition. C'est pour ça que souvent les coachs business, qui ont souvent du vrai dans l'erreur, parce qu'il y a beaucoup d'erreurs, mais des fois ils n'ont pas faux au milieu, ils vous disent, il faut vous spécialiser, vous spécialiser. Oui, en fait, ce qu'il faut traduire en termes marxistes, c'est qu'il faut aller chercher des segments de marché. Au fur et à mesure que le marché grossit, qu'il se sature, et que du coup il se monopolise, parce que c'est la tendance du capital d'aller au monopole, je n'ai pas le temps de vous expliquer pourquoi, faites-moi confiance, la tendance du capital, c'est d'avancer vers le monopole. Donc le marché grossit, donc vous si vous êtes indépendant, vous êtes noyé dans la concurrence. Donc quand ils vous disent spécialisez-vous, notre traduction c'est de dire allez chercher des secteurs, des segments de marché, de moins en moins concurrentiels, ou en tout cas la concurrence elle est dans l'autre sens, c'est-à-dire que vous avez plus de demandes que d'offres. Voilà, ça c'est vos trois points et demi sur lesquels vous pouvez fonctionner. Mais vous avez bien compris, le capital constant, vous ne pouvez pas faire des miracles avant de vous soyez un industriel. non mais qu'est-ce que tu parles indépendant la force de travail la reproduction de la force de travail vous pouvez jouer dessus mais bon dans la limite qu'en fait à un moment donné si vous êtes prestataire de service de toute façon c'est votre force de travail donc vous allez taper sur des limites qu'à un moment donné vous allez avoir besoin de dormir vous allez avoir besoin de manger vous avez besoin de vous laver vous avez besoin de payer votre loyer vous avez besoin de vous chauffer l'hiver vous allez avoir des limites incompressibles. Et si vous avez quatre gamins, évidemment que vous n'avez pas les mêmes contraintes, si je fais ça comme ça, que si vous n'en avez pas. Si vous êtes une personne valide, vous avez beaucoup moins de contraintes, etc. Et le marché, ça dépend aussi du niveau de saturation, ça dépend de votre secteur, ça dépend de votre capacité à pivoter, ça dépend de la possibilité aussi de pivoter. Parce que c'est bien beau de dire, oui, spécialisez-vous, faites un pivot. Mais encore une fois, si tu as quatre gamins... le pivot s'y réfléchit deux minutes. Après, si t'as 25 ans et que tu vis tout seul d'amour à dos fraîche, ma foi, pivot. Mais s'il y a deux crédits et quatre gamins, le pivot, tu réfléchis deux minutes. Ouais,
- Speaker #1
carrément. Et du coup, est-ce que pour toi, on devrait parler justement plus souvent des conditions de départ lorsque l'on raconte nos réussites entrepreneuriales ? Parce que c'est vrai qu'avec les réseaux sociaux, on voit beaucoup de personnes qui nous disent « moi, j'ai quitté mon CDI, j'ai monté mon entreprise, j'ai travaillé dur, certes, pendant quelques temps, mais après, ça a flambé et là, je gagne des millions » . Qu'est-ce que tu aurais à dire sur ce sujet-là ?
- Speaker #0
Je pense que c'est très très important de se situer quand on prend la parole. Après, on ne peut pas attendre que tout le monde le fasse. Par contre, ce que je peux vous recommander, c'est vous, quand vous écoutez un discours comme ça, « J'ai réussi » , tout est génial, tout est formidable, c'est de resituer la personne, après vous n'avez peut-être pas toutes les informations, mais en tout cas il faut garder ça en tête, parce que bien entendu que, évidemment, selon le capital avec lequel tu démarres, alors quand on parle de capital, on pense souvent au capital économique, C'est un très juste titre parce que c'est évidemment un acteur d'inégalité très très fort. Donc bien entendu que si tu démarres avec des parents en bonne santé, qui ont du capital économique, qui sont des CSP+, comme on dit, qui peut-être ont donné de l'argent pour que tu aies un capital de départ avec ta boîte, ou même s'ils n'ont pas mis du capital dans ta boîte, ils ont payé le loyer, ils ont payé les études, et tu sais que tu es un filet de sécurité, évidemment que ce n'est pas du tout dans les mêmes conditions que... l'indépendant d'un côté qui n'avait pas ça. Mais le capital, il peut être social aussi, des fois, c'est le fait que les parents ou la famille, tout du moins, peuvent donner accès à un réseau très important parce que c'est déjà une famille qui est dans ce secteur-là ou qui connaît du monde, etc. Et puis, bien sûr, dans le capital social, il y a aussi le fait de savoir, d'avoir les codes pour se comporter. Et le capital culturel, tout ça, c'est un peu plus de la sociologie, il faut que vous y aillez voir du côté de Bourdieu, vous y aillez voir entre des bébés, etc. Et le capital culturel, bien entendu. Donc voilà, évidemment, on ne part pas tous avec les mêmes capitaux. Bien entendu, on n'est pas situés de la même manière socialement, si on est un homme, si on est une femme, si on est racisé, si on ne l'est pas, si on a de l'argent, si on n'en a pas, etc. C'est encore une fois la question du sujet collectif auquel on appartient. Donc si on y pense, c'est bien de le dire, effectivement, quand on prend la parole. Ce n'est pas pour faire les wokies de service. Alors voilà, moi je m'appelle Laura, je suis une femme blanche, cis, hétéro, machin. Ce n'est pas juste une question de faire le wokies de service. C'est en fait de donner accès. Moi je suis située là et donc je vais parler avec cette parole-là. Et cette parole-là, il est évident qu'elle ne serait pas la même, dans mon cas, moi par exemple, Merci. si j'étais un homme, c'est évident, ou si j'étais racialisé, ou si j'étais une personne non maligne, etc. Qu'est-ce que je peux te dire d'autre ? Oui, voilà, et puis bon, après, il y en a plein qui ne le feront pas, de toute façon, ça, c'est certain. Donc, vous gardez à l'esprit, d'esprit critique, quand vous écoutez ça, de vous dire, ouais, mais attends, la personne, là, elle me parle d'où ? Des fois, vous n'aurez pas toutes les informations, bien sûr, mais des fois, vous repérez un... schéma mental quand même. C'est-à-dire que tu vas repérer quand même des façons de penser, des structures de pensée qui peuvent t'indiquer Le fait que, ouais, on n'a pas les mêmes schémas mentaux, c'est pas pour dire du coup on ne peut pas se parler, ou du coup on ne peut pas se comprendre, ou je ne sais pas quoi, mais c'est de dire nécessairement, on n'appartient pas nécessairement au même sujet collectif, ces sujets collectifs différents créent des schémas mentaux différents, et donc il y a des moments où on ne regarde pas la situation du même endroit, ça c'est clair.
- Speaker #1
Et j'ai parfois l'impression aussi qu'il y a une dimension qu'on n'aborde pas tellement, notamment dans ce cadre-là qui est... le modèle économique. Et selon toi, du coup, est-ce qu'on devrait regarder plus souvent les modèles économiques comme des éléments de créateurs de conditions de travail ?
- Speaker #0
Oui, alors moi clairement mon épistémologie est une épistémologie matérialiste dialectique. Et donc là j'ai déjà parlé un petit peu de dialectique tout à l'heure, le mot clé qui nous intéresse pour là c'est matérialiste. Alors le matérialisme dialectique pour la faire très simple il va considérer... que ce sont les conditions justement matérielles d'existence qui créent la conscience. Donc les conditions matérielles d'existence sont premières et la conscience elle découle de ça. Les schémas mentaux, pour faire simple, ils découlent de ça. Donc oui, bien sûr, moi je vais être très attentive à ça parce que bien entendu que le business model, bien sûr, il va créer... des choses différentes, mais le choix du business model, même si on se rappelle, a-t-on vraiment le choix, qui a quel choix, le choix du business model dépend lui aussi de certaines conditions matérielles, c'est-à-dire que pour choisir tout le monde ne peut pas... choisir tous les business. Parce que, je ne sais pas, encore une fois, je vais prendre un exemple, la mère célibataire, elle va dire, il est évident que son choix de business model est très évité, parce qu'en fait, elle a tellement de contraintes matérielles à gérer que le business model... il va se caler dans le fait que je ne peux pas travailler le mercredi, je ne peux pas travailler le week-end, je ne peux pas travailler le soir, je ne peux pas être là le matin parce que c'est les dépôts à la crèche, à l'école et machin. Donc en fait, la question, elle est vite répondue. Il n'y a pas 46 options. Donc voilà, là aussi, c'est une dialectique, ça se nourrit réciproquement, c'est-à-dire que bien sûr, ces business models vont créer des situations différentes, mais les situations impliquent que les business models ne sont pas toujours les mêmes. c'est-à-dire que... Évidemment que c'est un privilège pour un indépendant de passer trois mois à se dire qu'est-ce que je fais ici comme business model. Évidemment que si tu te poses cette question, c'est que tu fais déjà partie des privilégiés, tant mieux pour toi. Mais tu fais déjà partie des privilégiés parce que bien entendu que si tu es une personne, je ne sais pas moi, avec beaucoup de moraux à Tipeee, déjà il y a plein de business model que tu vas laisser tomber. Parce qu'en fait, ça ne va pas le faire. Si tu as cinq enfants et que tu es seule avec tes cinq enfants, ou même pas seule d'ailleurs, en fait il est évident qu'il y a plein de business models modèle, tu vas laisser tomber. Enfin, voilà. Dans les deux sens, quoi. Mais oui, par contre, c'est important, c'est ça.
- Speaker #1
Quelles sont les questions qui, selon toi, seraient intéressantes de se poser pour, justement, choisir un business model dans cette catégorie, dans cette idée de création de conditions de travail qui sont soutenables, durables et qui fonctionnent avec, justement, notre manière d'être et la réalité dans laquelle on est ?
- Speaker #0
Je pense que, déjà, il faut que vous de vos conditions matérielles d'existence puisque comme on vient de le dire selon la situation dans laquelle vous êtes vous n'aurez de toute façon pas tous les choix en tout cas ils seront pas tous à votre portée où ils seront pas tous tenables sur le long terme ils seront pas tous pourront pas tous les mettre en oeuvre donc évidemment encore une fois selon que si vous avez de l'argent si vous en avez pas si vous avez de la vente si vous en avez pas si vous avez la santé je voulais pas donc ça c'est une première chose après La question à se poser, c'est parmi les choix qui restent, je veux choisir le business model qui est le plus durable et soutenable. On reprend le témoin. Donc là, il faut vous poser la question de ça veut dire quoi durable et soutenable, concrètement. Puisqu'on est en train de parler de conditions concrètes, de conditions matérielles, ça veut dire quoi dans les faits ? Parce que si votre priorité, c'est par exemple d'avoir un business model qui consomme le moins de ressources planétaires possible, ça n'implique pas les mêmes choix et les mêmes... conditions que si vous dites durable c'est durable dans le sens qui va durer le plus longtemps humainement parlant les deux options évidemment ne s'excluent pas mutuellement ce que pour donner un exemple Voilà donc moi je vous dirais ça c'est à dire repartez de vos conditions matérielles d'existence actuelle qu'est ce qui est vraiment possible qu'est ce qui est vraiment faisable qu'est ce qui est conciliable avec vous pour pas être trop idéaliste, c'est à dire voilà genre ah mais oui mais moi j'aimerais que... que si tu te crames dans deux mois, on n'aura rien gagné. Et ensuite effectivement se dire savoir sembler à quoi le quotidien, qu'est-ce qui va être possible, qu'est-ce qui risque d'être un petit peu compliqué. Je ne sais pas, moi si par exemple vous dites je veux travailler en collectif, mais par contre moi je ne veux pas un collectif vertical, descendant, je veux de l'horizontalité et tout. Bon, super, c'est super. Maintenant ça pose deux trois questions, c'est-à-dire concrètement qui est là ? Qui décide ? Comment sont prises les décisions ? à quel rythme ? Toutes les semaines, tous les mois ? Qu'est-ce qui se passe quand il y a des désaccords ? Est-ce que c'est un vote à main levée ? Est-ce que c'est un vote en secret ? Est-ce que c'est un vote majoritaire ? Est-ce que tout le monde a la même voix ? Est-ce que toutes les voix sont pareilles ? Qu'est-ce qui se passe quand on a des 50-50 ? Si c'est quand même vous le chef ou la chef, au sens juridique de la chose, est-ce que c'est quand même vous qui avez le dernier mot ? Après, ça pose plein de questions d'organisation. Merci. Et donc, dernière chose, pensez du coup aux conditions de matériel concrètes que ça va créer par la suite, puisqu'il faudra penser sur tout ce qu'on s'est dit avant. Est-ce que ce business model va permettre de l'investissement ? Parce qu'il faudra qu'on investisse dans notre capital constant, vous rappelez les machines, les outils, machin, sinon on se ferait dépasser par la concurrence. Et là, ça peut poser d'autres problèmes. Qu'est-ce qui est en phase avec nos valeurs ? Qu'est-ce qui est dans le point d'envie d'investir, etc. le capitalisme. variable comment on s'assure de reproduire la force de travail de tout le monde et notamment puisque tu as beaucoup de prestataires de service il y a quelque chose que vous savez au moins intuitivement c'est que une des particularités que vous avez vous n'êtes pas les seuls bien sûr les artisans aussi etc c'est la formation elle fait partie de la reproduction de votre force de travail parce que si vous vous formez plus parce que vous êtes pris par le quotidien des liens à un moment donné vous allez vous faire rattraper par la concurrence parce que vous allez avoir des jeunes qui sortent de l'école et qui sont mieux formés que vous quoi donc ils vont vous passer de bord Voilà, il y a tous ces... sujets là à penser donc ça vaut le coup de se poser de manière très très concrète et puis de toute façon comme on disait pour la majorité des gens tout le monde n'a pas tous les choix possibles déjà quand vous aurez éliminé tous ceux qui sont pas possibles déjà vous y verrez plus clair et pour celles et ceux parmi vous qui ont tous les choix possibles vous avez des problèmes de riche alors ça reste des problèmes j'en conviens bien mais bon du coup si vous avez tous les choix c'est un bon problème tu vois de
- Speaker #1
dans le milieu dans lequel j'évolue j'entends quand même beaucoup parler de la question de l'alignement et que quand tout est aligné forcément ça va marcher que cette question un peu de place un peu plus spirituelle et que du coup je trouve qu'il peut être un peu dangereuse avec cette idée que « J'ai envie de faire ça, je ne prends pas en considération le marché ou les différentes contraintes et simplement je me sens alignée avec cette idée que j'ai envie de développer. Qu'est-ce que toi tu as à dire sur ce sujet-là ? »
- Speaker #0
Ce que je pourrais vous dire, c'est plusieurs choses. Le premier point, c'est que le soubassement épistémologique qui est à ça, c'est l'idéalisme. C'est-à-dire, l'idée est première et la matière arrive en deuxième. Oui, ce n'est pas mon épistémologie. Donc moi, le problème que j'ai avec ça, c'est de dire, d'abord, tu as l'idée, tu as le ressenti, tu as l'alignement, et puis le marché s'adaptera. Une position privilégiée. Enfin privilégié, soit délu, soit privilégié. C'est-à-dire qu'en fait, je ne dis pas qu'il n'y a pas des indépendants qui peuvent faire ça. En fait, si tu peux faire ça, c'est soit quand tu es vraiment dans une position très confortable sur ton marché. Ça arrive, des fois, on est dans les premiers, on est sur un marché qui n'est pas si saturé, etc. Soit on a... Le temps est là très haut de dire je m'aligne. Si à la fin du mois il n'y a pas à bouffer, je te garantis que pour en avoir accompagné plein d'indépendants, l'alignement ce n'est pas leur problème. Leur problème c'est là, il faut trouver des clients à tout prix. sinon c'est la merde. Bon, ça c'est un premier point. Après, au demeurant, bon la dimension spirituelle elle est propre à chacun, donc ça, laisser chacun voir avec soi-même. Au demeurant, il y a du vrai dans l'erreur, il me semble. quand même là-dedans parce que ce que j'aime bien quand même dans ce concept-là, pour moi, tu l'as compris, c'est pas trop mon truc, les trucs mindset, alignement, machin, en première instance, je glace un peu dedans. Mais, comme j'aime beaucoup la dialectique, ce qui m'intéresse, c'est le vrai dans l'erreur qu'il y a dans ce genre de pensée. Et il me semble que le vrai dans l'erreur qu'il y a dans ce genre de pensée, c'est la perception sensible. C'est l'intuition de je sens qu'il y a un truc. Ça, ça m'intéresse beaucoup parce que Pour nous, ça va être le point de départ de la transformation, c'est-à-dire j'ai la perception, j'ai l'expérience sensible qu'il se passe un truc, il y a quelque chose, ou à l'inverse, il y a quelque chose qui me dérange. Ça, ça m'intéresse beaucoup parce que ça, c'est le vécu sensible qui va être le début du processus conscient qui dit, ouh là, il y a un truc qui ne va pas, ou ça va très bien, mais prenons l'exemple de il y a un truc qui ne va pas. Moi dans mon épistémologie, c'est la contradiction qui est motrice d'oeuvre. transformation. Donc, j'aime bien quand on me dit « je me sens pas alignée » , quand t'as dit ça, t'as pas dit grand-chose. Mais par contre, c'est quand même le point de départ de dire « il y a un truc qui va pas, il y a un truc qui me dérange, il y a une contradiction » . Ça, ça tombe très bien, parce que c'est cette contradiction qui va pousser l'individu à se mettre en mouvement soit vers un choix réactionnaire, c'est-à-dire je veux revenir à la situation avant, soit un choix conservateur, je touche plus à rien, je conserve la situation telle qu'elle est, soit un choix progressiste. que nous on appellerait le choix du dépassement, d'aller dépasser la contradiction. Et donc, en fait, c'est un mouvement un petit peu en cloche, c'est-à-dire partir de l'expérience sensible. Après, le problème, c'est que souvent, ce qui n'est pas fait, c'est la suite, c'est-à-dire une montée en abstraction. Cette montée en abstraction doit nous permettre de comprendre qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui est en jeu, c'est quoi les conditions matérielles, c'est quoi le sujet collectif, c'est quoi le sujet mental, etc. Et une fois que j'ai fait ma montée en abstraction, je redescends à l'expérience sensible en disant maintenant que j'ai compris les tenants et les aboutissants, je vois quel est l'endroit de dépassement. Donc c'est ça qui me vient quand il est question de cette histoire d'alignement. Je pense qu'il y a un peu du vrai dans l'erreur quand même. Il y a quelque chose d'intéressant. Et sur beaucoup de sujets d'ailleurs, en passant. souvent il y a du vrai dans l'erreur parce qu'il y a une intuition, il y a une perception. Généralement le problème que j'ai avec ces visions, c'est qu'ils se contentent de ça. Et du coup ça semble comme ça, tomber du ciel... voilà c'est une loi universelle tu as je te prends notre exemple à la fois j'entendais coach business qui prenait la métaphore très très bonne métaphore de dire le marché c'est comme un gâteau et il ya des barres de gâteau et donc plus il ya d'acteurs plus faut se partager les parts du gâteau extra est ce que la métaphore est bonne super elle est super mais ce qui est dommage c'est qu'il n'y a pas la montée en abstraction qui suit c'est à dire de quoi tu es en train de nous parler tu es en train de nous parler de la pénurie la pénurie c'est un fonctionnement normal du capital c'est Merci. le marché sous le capitalisme, a un fonctionnement pénurique. Pas sur tout. Nous, par exemple, en France, l'eau, on l'a sortie de la pénurie. Tout le monde s'enrobinait quasiment et a de l'eau et elle est quasiment gratuite. Mais effectivement, sur nos secteurs, oui, il y a un fonctionnement pénurique. Donc ça, déjà, on ne l'a pas. Et puis même une fois qu'on a dit ça, on a fait un constat. C'est très bien, mais on n'a toujours pas expliqué pourquoi il y a de la pénurie. Qui organise la pénurie ? Qui gagne ? Qui perd ? Blablabla. Et que... Et ça, c'est le problème, à mon sens, des épistémologies idéalistes, même s'il vaut toujours mieux un idéaliste intelligent qu'un matérialiste stupide. C'est que les choses tombent du ciel. C'est comme ça. Ce sont des lois universelles. Ça, c'est aussi la pensée libérale qui est comme ça. Et comme nous, on vit dans des mondes libéraux, dans le centre impérialiste, on bène la... Voilà, c'est comme ça. Tu sais, c'est comme quand ils te disent « Ah, il y a de l'inflation, les prix s'envolent. » Rappelez-vous d'ailleurs... le vent souffle et puis s'envole quoi c'est le mot naturel non non c'est pas les prix s'envolent il y a des mécanismes économiques des prises de décisions politiques qui montrent les prix c'est ça qui est en train de se passer et donc c'est toujours des formulations bien sûr des fois elles sont volontaires elles sont de manipulation bien sûr mais des fois c'est même pas ça c'est juste que c'est ce que nous on appellerait la fausse conscience dans le marxisme c'est à dire on ne voit pas on voit pas la production on voit pas les rapports sociaux on voit pas les rapports de production qui ont produit ces choses. Et donc, ces choses semblent magiques, elles tombent du ciel, c'est comme ça. Et c'est un peu le cas, tu vois, avec l'alignement. C'est, ah, des fois, t'es alignée, puis des fois, t'as l'hypothèse. Mais ça veut dire quoi, alignée ? Comment tu sais que tu l'es ? Pourquoi il y a des gens alignés et pourquoi il y a des gens qui ne le sont pas ? Qui a le choix d'être alignée ou pas ? Est-ce que c'est un choix d'être alignée ? Tu vois ? Pareil, c'est le côté idéaliste, genre, bravo, ça tombe du ciel, quoi.
- Speaker #1
Du coup, on en a un peu parlé, mais...
- Speaker #0
Qu'est-ce qui dépend quand on est indépendant ? Qu'est-ce qui dépend vraiment de nous finalement si on revient à cette question-là ? Qu'est-ce qui dépend de nous ? Qu'est-ce qui dépend du... J'ai bien compris au début que tu disais que c'était vraiment l'entremêlement des deux et une question de mouvement, mais du coup... J'aimerais que les auditeurs qui écoutent repartent un peu avec des billes et se disent « j'ai quand même mon pouvoir d'agir, où se trouve mon pouvoir d'agir ? »
- Speaker #1
C'est une très bonne question et en tant que marxiste je trouve que c'est la plus importante en fait. C'est d'identifier effectivement où est votre pouvoir d'agir pour ne pas vous le faire confisquer par des visions systémiques qui seraient purement structuralistes. Genre bon ben voilà c'est comme ça je suis écrasé par le capital. je suis tracée par le patriarcat, je suis tracée par le racisme. Bon, non, ça ne marche pas. On voit bien qu'effectivement, vous avez un pouvoir d'action. Maintenant, se dire j'ai toutes les possibilités, ça paraît peu probable. Donc, je ne peux pas répondre à votre place. ça va dépendre de votre situation, ça va dépendre de vos sujets collectifs. La question qu'il faut se poser, c'est plutôt, quelles sont les contradictions que je vis aujourd'hui ? Alors, si par exemple, c'est dans votre activité d'indépendant, peut-être que vous écoutez cet épisode avec un truc qui vous tracasse souvent dans votre activité, c'est quoi la contradiction ? Déjà, il faut l'identifier, il faut la nommer. Déjà, j'ai envie de te dire, quand on a fait ça, c'est bon, tu as fait beaucoup plus que le reste du programme, mais déjà, il faut la nommer. Par exemple, la contradiction que je vis, c'est qu'en fait, moi voudrais, je sais pas moi, tu as peut-être mon 2D1, tu vas remarquer, j'allais inventer une contradiction, mais peut-être que tu sais une contradiction qui vive souvent, que ça serait intéressant de mettre en pratique. Tu pensais à, soit, augmenter les tarifs, mais c'est en dehors, mais j'ai peur de...
- Speaker #0
Oui, il y a beaucoup ça. Il y a beaucoup... Je sens que, voilà, je travaille beaucoup, mais finalement, je suis pas hyper rentable, j'ai envie d'augmenter mes tarifs, mais j'ai très peur de perdre, du coup, la clientèle, de perdre, voilà.
- Speaker #1
Par exemple, ça c'est une contradiction. Je veux augmenter mes tarifs pour être plus rentable, mais j'ai peur de perdre des clients. Moi, il me semble que réponse A, si tu fais ça, tu vas perdre tous tes clients, n'augmente pas tes tarifs. Déjà, c'est un peu déprimant comme réponse. Et puis surtout, on n'a pas à demander la question. Du coup, tu n'es toujours pas rentable. Et si tu finis par devoir fermer ta boîte, tu les auras tous perdus pour de bon. Merci. on n'a rien réglé à la question. L'option B qui est de dire non mais c'est bon t'inquiète on s'en fout si tu le sens comme ça, fais le comme ça, augmente tes tarifs, un peu périlleux encore une fois. Alors celles et ceux parmi vous qui ont les moyens de tester parce que vous avez que ça à faire de vos journées, bah testez. Pour celles et ceux qui sont un peu en mode ouais enfin bon moi j'ai le banquier, le mari, la femme, les gosses, les parents, je sais pas quoi. Ça peut être périlleux. Donc la troisième option, ça va être justement de, maintenant que vous avez posé cette contradiction, ça va être d'identifier le choix réactionnaire, le choix conservateur et le choix progressiste. Alors le choix conservateur, c'est pas si... c'est que je touche à rien, je garde les tarifs. Le choix réactionnaire, ça serait de revenir à la situation avant que cette contradiction vous ait été posée. Alors bon, là ça dépend de vos situations, peut-être que vous allez chercher une autre cible, vous allez baisser vos tarifs, en disant bon bah c'est pas grave je baisse mes tarifs mais du coup je prends plus de monde, en espérant avoir plus de monde, puis je travaillerai plus d'heures. Mauvaise idée. Enfin, mauvaise idée. En tout cas, si vous êtes obligé de faire ça, conseil d'ami, changez de marchez ou si vous allez vous faire... tué par la concurrence. Si vous êtes obligé de le faire, c'est-à-dire si vous vous dites là, vraiment je n'ai plus d'autres options, c'est ce que je vous racontais tout à l'heure, désolé pour les termes techniques, c'est un peu chiant, c'est que votre temps de travail nécessaire est beaucoup trop important, c'est que vous êtes déjà accueilli. Donc là, il faut changer de secteur. Ou il faut vous former pour accélérer ou que sais-je. Et donc la troisième option, c'est le choix progressiste. Alors le choix progressiste, c'est il faut que je gagne en rentabilité. Après, gagner en rentabilité ne pas forcément dire au monde. ses tarifs. Ça, ça peut aussi être un dépassement. Peut-être que vous allez dire que je n'augmente pas mes tarifs, mais par contre, je ne sais pas moi, je prends plus de monde, je fais plus de collectifs, je prends plus de monde dans ma session de formation. Donc ça, ça peut être un axe de dépassement. L'autre axe de dépassement, ça va être de se dire, en fait, j'augmente mes tarifs, soit je ne perds pas mission Bon, j'ai tout gagné. Soit je perds des clients et du coup, c'est qu'en fait, on est peut-être aussi en train de changer de segment de clientèle. Donc en fait, un dépassement, c'est peut-être qu'il faut repositionner la clientèle. Peut-être que le problème il est là en fait c'est que aujourd'hui on est sur un segment qui est pas rentable parce que la cible n'a pas les moyens et donc en fait il faut changer de cible ou il faut changer d'offre. Et donc vous voyez en fait vous allez après vous allez arriver sur une autre contradiction et en fait c'est ça pour nous ce qui va être mon doigt de la transformation c'est que vous allez vous déplacer de contradiction en contradiction. Peut-être qu'il y en a parmi vous qui vont dire non mais en vrai je le sais que ma cible elle est capable de payer plus parce qu'en fait... je l'ai déjà fait, ou j'ai des collègues qui le font. Donc je le sais qu'en fait ma cible à les gamins, c'est qu'en fait ça me fait peur, parce que je me sens pas légitime, parce que je me dis que j'ai pas de valeur, etc. Donc là vous arrivez sur une autre contradiction. En fait la contradiction c'est pas si j'augmente mes tarifs, mes clients vont foutre le camp, c'est si j'augmente mes tarifs, je tape sur une autre contradiction qui est je ne me sens pas légitime à assumer ça. Et donc là vous avez un dépassement, c'est-à-dire que le travail, C'est le travail sur... ce que nous on appelle les constructions du monde, c'est-à-dire vos filtres. Je n'ai pas de valeur, je ne suis pas importante, je ne suis pas suffisante, je ne mérite pas. Alors, vous arrivez sur une nouvelle contradiction. Et cette contradiction, de nouveau, va vous offrir des axes de dépassement, etc. Mais du coup, c'est ça le truc pratico-pratique que je vous dirais. Sur la question de votre pouvoir d'agir, il me semble que faire ça, c'est beaucoup plus pratico-pratique, c'est beaucoup plus mobilisable et c'est beaucoup plus utile je vous le dis avec provocation parce qu'on est dans la même équipe politique mais je vous le dis avec provocation, arrêtez de faire les gauchistes passez 5 mois à vous dire est-ce que c'est parce que je suis une femme, est-ce que c'est parce que je suis SP+, est-ce que c'est éthique, dommage amusez-vous, pourquoi pas, c'est très intéressant mais dans les faits, ça ne va pas vous faire bouffer à la fin du mois de faire un truc comme ça donc la question, elle n'est pas là la question c'est si vous dites, moi, l'écologie par exemple C'est très très important pour moi et vraiment c'est impossible pour moi d'utiliser de l'intelligence artificielle vraiment je ne peux pas s'endormir malheur ok et mais bon en même temps je suis en train d'écouter bien dans ta boîte là et la dame elle me raconte qu'il faut travailler plus vite et oui là là vous êtes dans une contradiction massive les amis parce que nécessairement vous allez vous faire dépasser par les concurrents qui travaillent avec l'intelligence artificielle c'est évident sur la partie temps donc vous avez une contradiction ça arrive à des gens bien. Après, vous allez vous poser la même question. Est-ce que je fais le choix réactionnaire ? Est-ce que je fais le choix conservateur ? Est-ce que je fais le choix progressiste ? Quels sont les choix progressistes ? Et là encore, de nouveau, tout le monde n'a pas les mêmes choix progressistes. Parce que peut-être, alors là, je m'embarque sur l'IA, moi, j'y connais rien, l'IA, mais peut-être qu'il y a des intelligences artificielles qui sont plus écologiques que d'autres, je ne sais pas, ne vous insurgez pas, les écolos, je ne maîtrise pas l'IA, mais peut-être que cette IA écologique, elle coûte très très cher. Et que donc, tout le monde, encore une fois, le choix c'est pas la liberté, donc vous n'aurez pas tous le choix de le faire, voilà.
- Speaker #0
Et là,
- Speaker #1
pour le coup, quand vous n'avez pas le choix, parce que, je reprends cet exemple là, là, pour le coup, le fait que vous, précisément, n'ayez pas le choix, c'est politique, souvent. Là, pour le coup, l'explication, elle est souvent systémique. Comme par exemple, le fait de celles et ceux parmi vous... Je me doute que cette contradiction doit exister parce que comme... tu es sur des questions de business model, du rap, des antillas, j'imagine qu'il y en a qui nous écoutent. Donc j'imagine qu'il y en a parmi vous qui nous écoutez qui ont ce problème-là de « éthiquement ça ne me va pas, ça ne me convient pas, c'est contre mes valeurs, mais est-ce que je vais pouvoir survivre sur le marché sans m'en servir de ce truc-là ? » Le fait est que si vous êtes dans la situation de devoir choisir entre la peste et le choléra, C'est-à-dire polluer un max avec votre intelligence. en temps artificiel ou travailler très lentement et donc vous faire dépasser par la concurrence, cette contradiction que vous vivez, effectivement, elle est politique. C'est parce que vous vivez sous le capitalisme et que quand on est dans le capitalisme, il faut travailler vite.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi, quand on est indépendant, il y a forcément un lien avec le dépassement de soi, le développement personnel, venir un peu justement questionner tout ça, ou pas forcément ?
- Speaker #1
Ouuuuuuh ! Alors, je dirais oui. Alors, pas forcément... Je ne fais pas forcément référence à du développement personnel en mode américanoïde, là,
- Speaker #0
tu vois. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Mais je dirais oui dans le sens... Parce que ce n'est pas juste notre condition d'humain, tout court. De toute façon, tu vois. Et donc, en tant que travailleur et travailleuse, nécessairement tous, mais que ce soit aussi pour nos camarades salariés, de la même manière, eux aussi, ils passent leur vie à se poser des questions. Est-ce que je suis assez légitime ? Est-ce qu'il faut que je l'amène la négoce ? Est-ce que je vais passer mes enfants ou ma carrière en priorité ? ma carrière ici est ce que j'ai eu raison d'envoyer chez le patron est ce que tu vois voilà donc oui après il y a souvent du vrai dans l'erreur je pense qu'il y a eu une phase où c'était très très à la mode et des persos tout ça après on a eu une phase un peu de contre réaction plutôt très anti-Desperso, qui je pense était tout à fait souhaitable, louable, qu'il y ait tous ces contre-discours pour dire « deux minutes les libéraux méritent tout pratique là » parce que justement, en ce côté de Desperso, quand je dis américanoïde... c'est ça les sous-bassements, c'est souvent une vision très très très libérale, très méritocratique, très capitaliste donc, très validiste, tout le monde peut tout quand tu veux tu peux... Et donc, heureusement, on a eu une phase un peu avec le contre discours pour leur dire oui, les gars on est deux mignons mais enfin bon, c'est quand même pas si simple que ça l'a dit quoi, parce que, en effet, mais c'est ce que je disais un peu plus tôt dans l'épisode, c'est-à-dire chercher quand même le vrai dans l'erreur qu'ils ont, je vous ai donné un exemple avec On a toujours le choix, Merci. Mais il faut chercher le vrai dans l'erreur qu'ils ont. Par exemple, le truc de dire « c'est ton mindset » . Insupportable, cette phrase. Insupportable parce que personne ne comprend rien de ce que ça nous dit, ce truc. Il n'y a pas de définition, on ne sait pas trop où on se parle. C'est individualisant, c'est psychologisant, c'est culpabilisant, c'est sur-responsabilisant, c'est insupportable. Mais... Il y a un peu du vrai dans l'erreur quand même. C'est que, bien sûr que tu es un individu unique. Et donc, bien sûr que ta vie psychique et que tes structures mentales ne sont pas exactement les mêmes que l'indépendant d'à côté. Et donc, bien sûr que ça ne crée pas du tout les mêmes activités. Donc, il a un peu du vrai dans l'erreur. Mais c'est juste que, comme d'habitude, il mobilise. Cet problème, tu vois, du côté trop idéaliste, c'est de mobiliser des concepts qui tombent du ciel. Donc, comme rien n'est défini... On manipule des concepts comme ça, on ne sait pas vraiment de quoi on se parle. Et donc, tu arrives à des conclusions qui, des fois, ne sont pas nécessairement très fausses, mais qui veulent un peu rien dire. En fait, si tu n'arrives pas à monter tes tarifs, c'est parce qu'il faut que tu bosses ton mindset. Oui, ce n'est pas tout à fait faux, dans le sens qu'effectivement, si tu es convaincu que ton travail est pourri... Tu vas avoir du mal à monter tes tarifs, effectivement. Mais bon, il faut que tu aies cette petite bonne chose. Tu n'as pas dit le fait que, en fait, je ne vais pas redonner les exemples, mais que si tu es une femme, tu as des chances que ce soit plus difficile. Et puis qu'en fait, là, en ce moment, en 2026, au moment où on se parle, on est dans une crise. massive du mode de production, qui fait que si, en fait, bien sûr, il y a des fermetures d'entreprises partout, tout le temps, le contexte économique est difficile, le capitalisme est en crise, les petits indépendants, ils sont voués à mourir dans le capitalisme, de toute façon. C'est le fonctionnement du capitalisme. des mots de politique il n'y a pas de place pour les petits indépendants les petits indépendants mais j'en fais partie c'est un fonctionnement précapitaliste sa fonctionnement archaïque du capital de fonctionner avec des travailleurs comme ça donc de toute façon nous nous sommes voués à disparaître dans ce mode de production donc il est évident que si tu veux survivre en tant que travailleur indépendant soit un peu de bol et tu rases les murs le temps de la crise est un un peu de bol et la crise est passée et tu as survécu et tu... Excusez-moi la... métaphore mais tu vas marcher sur les cadavres des copains et puis ça va redémarrer puisque de toute façon c'est un mode de production dont la crise est tout à fait normal dans ce mode là quand je dis normal c'est au sens elle a déjà été là elle reviendra vous faites pas de division la crise du mode de production capitaliste n'est pas du tout signe de la faute du capital à londres il se régénère d'ailleurs souvent dans ces crises bref c'est un autre sujet c'est que le taux de profit est trop bas bref pourquoi je te raconte ça moi Ou alors notre option c'est que tu vas chercher des segments plus petits, plus petits, plus petits, plus petits, plus petits, plus petits, pour être sur des tout petits secteurs. sur lesquelles tu peux survivre le temps que la crise passe et que peut-être après tu puisses réouvrir un petit peu. Et donc tout ça pour dire que quand tu comprends tout ça, quand tu vois tout ça, quand tu vois tous les rapports de production, la place des indépendants dans le monde de production capitaliste, etc. etc., bah t'as quand même une réponse un peu plus complexe dans le qu'on vient de dire, mais quand même un peu plus complète que dire c'est ton mindset qui bloque,
- Speaker #0
quoi.
- Speaker #1
Qui est pas tout à fait faux, mais qui est franchement pas très complet parce qu'une fois que t'as dit ça, t'as quand même pas dit grand-chose, quoi. Par contre, lui, il s'est payé très cher pour te le dire.
- Speaker #0
Oui, souvent, oui. OK, merci Laura. On arrive à la fin de cet épisode. Est-ce que t'as un mot de... Je dirais une... conclusion ou quelque chose que t'aimerais dire ou ressouligner avec lequel t'aimerais que les auditeurs puissent repartir ?
- Speaker #1
Ce que tu as évoqué, toi, dans ta dernière ou avant-dernière question, c'est-à-dire vous avez du pouvoir d'agir. Ce n'est pas parce que plein de choses dans vos vies s'expliquent par les systèmes, par la politique, etc. Voir que certaines choses sont rendues nécessaires, c'est-à-dire obligées par... Le système par exemple, on vit dans le capitalisme, vous avez bien compris, c'est pas mon choix, c'est pas le choix que j'aurais fait, clairement, mais voilà, je n'ai pas le choix, puisqu'on s'en est parlé tout l'épisode. Donc oui, bien sûr, vous pouvez pas tout... tout en machin mais par contre vous avez quand même du pouvoir d'agir et de ne ne vivez pas les contradictions comme même si c'est pas très agréable on revient mais ne vivez pas les contradictions comme des impasses comme des murs ou au contraire elles sont motrices de la transformation si vous êtes dans votre activité depuis quelques mois quelques années et que vous n'avez aucune contradiction à un moment vous allez à un moment donné vous en ramassez une sévère parce que c'est que vous allez vous faire rattraper à un moment donné et quand vous vous ferez rattraper et bien vous serez dans la contradiction et à ce moment là plutôt que de vous dire ah mon dieu c'est la catastrophe vous allez vous dire ah là il y a une opportunité de transformation. C'est pas, je conclue là-dessus, une borne dont soit c'est vrai ici, soit c'est vrai là-bas. Soyez pas relativistes à vous dire la vérité est ici ou la vérité elle est là-bas. Non. La vérité, elle est dans la totalité. Et donc, dans le dépassement. Et vos solutions de dépassement se trouvent dans le fait de trouver des formulations, des finalités communes qui englobent les deux bornes de la dialectique. Pour le dire en termes théoriques, en français, je vous donne un exemple très concret. Votre couple, par exemple, s'il y en a qui sont en couple au sens amoureux de la chose, vous pouvez passer toute votre vie de couple, comme la majorité des couples, c'est-à-dire l'un face à l'autre avec un rapport de compétence. toi t'as fait ça, et moi j'ai fait ça, et blablabla vous pouvez, il y a plein de couples qui font comme ça une fois pourquoi pas, je veux dire, ils se débrouillent avec trois techniques de communication pour éviter de se taper sur la gueule mais il y a un rapport de concurrence quand même où vous pouvez tous les deux vous êtes les deux bords de la dialectique, vous soumettre à une finalité commune qui vous soumet tous les deux. Vous êtes tous les deux soumis au mariage, à vos enfants, à Dieu, à la famille, je ne sais rien, le voyage autour du monde, ce qui vous tient à cœur. Mais du coup, vous avez dépassé l'affrontement face à face parce que vous avez tous les deux fait le choix de vous soumettre à une finalité commune. Avec votre activité indépendante ou toute autre chose de votre vie, Eh bien, ce serait ça mon mot de fin, essayer d'être moins relativiste. Parce que ça, ça nous fout dans la sauce de toujours voir que la moitié du problème, voir que la moitié de la dialectique. Et parce qu'on ne veut pas la contradiction. Et du coup, on passe à côté d'une formulation complète de la situation. Et même la formulation complète fait tenir au même endroit des choses qui sont antagonistes. Sauf que c'est à partir de cette formulation que vous allez trouver un axe de dépassement. Et donc que vous avez bien entendu du pouvoir d'agir sur vos situations. Pas toutes les possibilités, mais pas zéro non plus.
- Speaker #0
Yes. Ok, trop bien. Si les auditeurs, ils ont envie de te retrouver, tu aimerais qu'ils te retrouvent où ?
- Speaker #1
moi ils vont me retrouver à bien dans ta boîte donc ça c'est facile c'est à dire Instagram c'est bien dans ta boîte le podcast c'est bien dans ta boîte le site internet c'est bien dans ta boîte.fr voilà facile à retrouver ok ça marche merci
- Speaker #0
encore infiniment Laura merci à toi en tout cas merci infiniment d'avoir partagé ce moment avec moi je te souhaite un beau chemin entrepreneurial et je te dis à très bientôt