- Speaker #0
Bienvenue dans mon Pas de Côté ! Ici, on raconte les vies qui prennent un autre chemin. Pas toujours par choix. mais toujours par nécessité intérieure. Je suis Andy, psychologue. Et je reçois celles et ceux qui ont osé. Belle écoute !
- Speaker #1
Bonjour Laurence ! Bonjour Andine ! Je suis ravie de t'accueillir dans mon pas de côté aujourd'hui. Moi aussi, merci.
- Speaker #0
Pour commencer, je te propose de te présenter si c'est ok pour toi.
- Speaker #1
Oui, bien sûr ! Alors, je suis franco-britannique, parce que maintenant ça fait... Plus de 10 ans que j'habite à Londres avec mon mari et mes deux enfants. qui ont 6 ans et bientôt 4 ans. Je suis... coach, exécutif, d'équipe. et conférencière et en parallèle je suis aussi impliquée en médecine périnatale dans plusieurs organisations. et plus précisément la partie de la médecine qui va s'occuper des enfants à haut risque de problèmes de neurodéveloppement. Donc des enfants qui ont eu des problèmes de santé. à la naissance ou née trop tôt ou trop malade.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ces deux axes qui peuvent... Tout de suite parler à certains et être un peu plus abstrait pour d'autres.
- Speaker #1
Oui ? Quand tu dis parler de ces deux axes, c'est le lien qu'il y a entre les deux ? ou le...
- Speaker #0
Non, vraiment ce que c'est qu'être coach exécutive. Bon, pour l'hôpital, c'est un peu plus clair, mais tu vois de... d'un peu mieux comprendre la posture dans les deux cas. pour Concon. Qu'on te rencontre un peu plus.
- Speaker #1
D'accord. Alors, du coup, coach exécutif, donc moi, j'ai un background qui est dans les ressources humaines. J'ai travaillé dans des groupes comme Danone et Thouy. J'ai toujours accompagné des équipes de direction. sur la partie comment on s'assure qu'on a les bons collaborateurs, comment on les développe. comment du coup on va augmenter la performance de l'entreprise. Donc il y avait déjà un côté humain. Et la partie coaching est arrivée assez naturellement parce que... qui est un mot et un terme qui est assez important pour moi. quand j'avais des discussions pour les aider à trouver leur propre solution. Donc pas uniquement quand moi j'apportais les réponses, mais quand j'accompagnais les personnes pour qu'elles trouvent les réponses. Et ça, c'est une posture de coach. Pas dire quoi faire. mais accompagner la personne pour qu'elle trouve ses propres solutions. Et donc, je me suis formée en coaching à ce moment-là, plutôt vers la fin de ma carrière RH. Et je me suis spécialisée dans le coaching qui est plutôt... des dirigeants, des professionnels. pour les accompagner sur des sujets comme gagner en leadership, en présence, accompagner mes équipes, accompagner la transformation. Gagner en confiance en soi. mieux parler en public, etc. et aussi en coaching d'équipe. Donc comment collectivement on va arriver à une performance dans le temps. comment on crée en fait une dynamique d'équipe, une intelligence collective. Et la partie conférence, c'est... également pour offrir des moments de respiration. des réunions d'équipe d'une journée où on se ressemble, parfois on fait venir des intervenants. Et ça va être des conférences qui vont parler de leadership. qui vont partager aussi, et je pense qu'on va y arriver, sur mon pas de côté. et aussi mon parcours. pour ce que j'ai vécu avec des enfants qui ont eu des problèmes de santé. Ce que j'ai appris... en médecine périnatale et je vais y revenir. Et du coup, les leçons ? qu'on peut tirer de la médecine. On fait beaucoup d'analogies entre le sport Et le business ? Et je pense qu'il y a beaucoup de leçons qu'on peut apprendre de la médecine. qui a des... qui a des défis qui sont assez similaires à ceux qu'ont les organisations corporelles. de nos jours, c'est-à-dire... peu de ressources. peu de budget et des risques qui sont importants, parce que quand on parle de médecine périnatale, de chirurgie, il y a quand même des risques de vie ou de mort aussi. Donc comment on prend des décisions sous pression ? comment on développe une résilience, comment on gère l'incertitude. comment on se focalise sur ce qu'on peut contrôler dans un environnement où il y a beaucoup d'incontrôlables. Donc ça, c'est la partie coaching. Et la partie médecine périnatale ? Donc j'y suis arrivée par accident quelque part. parce que mon premier enfant est né très prématuré, à cinq mois de grossesse. Donc il est venu à 25 semaines sur... 40. Et il a fait une hémorragie cérébrale trois jours après sa naissance. Et donc là, on m'a dit... Si jamais il survit, il est vraiment à risque de lourd handicap. Donc... Oui. pouvoir marcher ou parler, etc. On m'a dit... Il est à risque ? Et donc moi, en ayant été formée au coaching, en croyant aux possibilités, en fait, aux moyens qu'on se donne, je me suis dit, il est à risque, ce n'est pas du 100%. Donc, qu'est-ce qu'on fait, en fait, pour maximiser son potentiel ? Ce que je faisais déjà en coaching, Mais là, c'était vraiment pour la vie d'un enfant et le futur d'un enfant. Et en fait, je suis rentrée dans ce monde. déjà médicale. parce qu'il a eu des opérations compliquées, des opérations du cerveau, des voies respiratoires, de pointe, parce que quand un bébé fait la taille d'une main, évidemment, ce ne sont pas les mêmes techniques. pour opérer un tout petit cerveau. Donc j'ai en fait été plongée dans ce monde-là et après très rapidement sur l'intervention précoce. des enfants qui sont à risque justement de handicap, de développement, etc. Parce que plus on intervient tôt, Et plus on a de chances d'améliorer la santé et la qualité de vie des enfants. Parce que le cerveau est plastique. La bonne nouvelle, c'est qu'il est plastique toute notre vie, c'est pour ça que... Ça vaut le coup de faire du coaching, des formations, d'apprendre, etc. Mais plus on est petit, Et plus on a de plasticité, Donc plus la récupération est importante. Donc on peut créer des nouvelles connexions dans le cerveau. Et en fait, c'est ce que j'ai fait avec mon fils.
- Speaker #0
Je me permets de te couper. Qu'est-ce que ça veut dire, un cerveau ? plastique.
- Speaker #1
Un cerveau plastique, c'est un cerveau qui est capable de créer beaucoup de... de nouvelles connexions, Donc ça veut dire que si une personne fait un AVC, Il va avoir de la rééducation. Mettons qu'une personne n'arrive plus à... à parler ou à un problème moteur. Le cerveau est plastique, c'est-à-dire que si on le fait travailler, Si on l'aide à créer des nouvelles connexions, il peut se réparer. Et donc, du coup, il peut... Et si on prend, par exemple... l'exemple de mon fils, une partie de son cerveau a été détruite. Donc la partie est détruite. Mais en parallèle de ça, on peut créer d'autres connexions à côté.
- Speaker #0
Pour compenser.
- Speaker #1
pour compenser. Et donc du coup notre cerveau est plastique, c'est ce qui nous permet d'apprendre en continu. Et c'est quelque chose qui se développe. C'est pour ça qu'on dit aussi, quand on vieillit, qu'il faut continuer à simuler notre cerveau. Il y a un... Un proverbe en fait en médecine neurologique, en anglais c'est use it or lose it. Donc en gros, soit on utilise nos capacités, soit on les perd. et donc l'idée là c'est de les développer et pour que du coup on puisse étendre nos possibilités.
- Speaker #0
On va y revenir. Merci pour cette présentation plus que détaillée. plus clair. sur tes champs d'action. L'impact... que tu peux avoir à différents niveaux, en fait. Et le lien que tu fais entre les deux, c'est ça aussi qui est passionnant. Et du coup... Toi, tu viens d'où ?
- Speaker #1
Alors moi, je viens littéralement du sud-ouest et j'ai grandi dans le... dans le sud-ouest, entre Bordeaux et le bassin d'Arcachon.
- Speaker #0
Okay.
- Speaker #1
J'ai passé mon enfance là-bas. Je scanne et... 19 ans. Et à partir de mes 19 ans, là, j'ai commencé à partir à l'étranger, dans mes études, au sein de mon activité professionnelle et aller dans le... Plus de pays possible !
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça t'a apporté ? Ce développement dans le sud-ouest de la France en termes de valeurs, de structures ?
- Speaker #1
Euh, ça m'a... apporter beaucoup de stabilité. J'ai eu la chance de grandir dans un environnement qui m'a énormément apporté, où il y avait beaucoup d'amour, une famille. très unis. avec des valeurs fortes. Mes parents étaient entrepreneurs. le sont peut-être toujours, même s'ils sont retraités, on l'est toujours dans l'âme. Et donc du coup, il y avait des valeurs très fortes de... On crée sa destinée. on s'applique. dans ce qu'on fait. Ça veut dire que ce soit dans faire la vaisselle ou... lancer une entreprise ou aider quelqu'un. En fait, il y avait vraiment une... une intention de s'appliquer. de vraiment se donner à fond dans une tâche. évidemment, c'est lié avec le... cette culture de l'effort. qu'on a cette capacité à rebondir. que si on s'en donne les moyens, on peut y arriver. des valeurs très fortes autour du respect, que ce soit le respect des autres. le respect de la nature. Du coup, aussi dans le sud-ouest, on a la chance de... J'ai grandi dans un très bel endroit. que ce soit la ville de Bordeaux qui est magnifique ou le hausse en Arcachon vraiment qui est... qui est un lieu particulier ouvert sur l'océan. Donc je pense que ça, ça a été un environnement qui m'a donné beaucoup de force.
- Speaker #0
way Tu dirais que cette force, elle se situe. ou à l'intérieur de toi.
- Speaker #1
Je pense qu'elle se situe au niveau du... Oui, je pense qu'elle se situe vraiment au niveau du cœur.
- Speaker #0
J'entendais lorsque tu disais beaucoup d'applications et la culture de l'effort. Aussi quelque chose vraiment autour de l'implication. Parce que dans ce que tu décris, c'est aussi beaucoup dans le lien aux autres.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pas seulement moi j'y vais, je construis ma destinée, mais... dans une communauté, j'ai l'impression, est ouverte vers l'autre. C'est ça que j'entends très fort aussi dans les petites lignes.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, et c'est très juste. Mes parents étaient entrepreneurs et tout ce qu'ils ont créé, c'était pour répondre à un besoin de la société ou pour aider la société et créer du lien. Donc c'était vraiment... C'était soit dans des... créé par les expositions pour que des gens puissent exposer leurs produits. créer un journal pour créer du lien local, créer un festival de cinéma pour mettre en lumière les femmes et créer du lien aussi. Donc à chaque fois, c'était dans des industries très différentes. Mais il y avait toujours un point commun qui était de servir une communauté, de mettre les gens en lumière, de créer des connexions. Donc effectivement, quand tu dis implication... J'avais cet exemple professionnellement, je voyais toujours... du monde à la maison. Je pouvais être en pyjama à passer les petits plats pour l'apéritif. avec des gens d'univers très différents qui étaient là. On parlait beaucoup de ces... à table, on parlait beaucoup de ces discussions. autour de et du business et créer du lien. et Mes parents, surtout mon père aussi, venaient d'une famille d'entrepreneurs où son père n'était qu'un cahier d'un petit village dans le Berry aussi. Donc, c'était la quincaillerie, ce qui était sur la place du village. Donc, il y avait ce lien, en fait. Ça n'a jamais été le business pour... réussir ou revendre son entreprise, etc. Mais c'était vraiment pour créer du lien. Et ce qui d'ailleurs était intéressant, c'est que dès que ça commençait à devenir vraiment profitable et que c'était intégré... Mon père avait envie de passer à autre chose et construire autre chose. donc effectivement je pense que et Et ma mère aussi très impliquée, c'est-à-dire que c'était... Ils travaillaient ensemble. ce qui n'est pas toujours évident. Et donc, du coup, il y avait une implication. On était là, on se soutenait. Ils étaient quand même très présents pour nous aussi. et dans toutes les petites tâches du quotidien. Donc il y avait vraiment une implication et il y a une vraie présence. Je me souviens d'exemples où je pouvais être dans le jardin avec mes parents et mon père qui me disait « qu'est-ce que tu observes là ? » On bat un oiseau. Non, non. Mais regarde mieux, qu'est-ce que tu vois vraiment ? ou regarde comment fonctionne la marée. Qu'est-ce qui pourrait te faire penser ? Donc à chaque fois, il y avait toujours des questions un peu plus loin. On ne... on habite en fait son environnement quelque part. On n'est pas des passagers rapides, mais... On observe, on prend le temps et on s'implique dans tout ce qu'on fait.
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas juste la photo, c'est comment les éléments fonctionnent les uns avec les autres et comment l'environnement... Mettre l'environnement dans la photo.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
qu'il y ait une interdépendance en fait.
- Speaker #1
Bien sûr. Tout est lié.
- Speaker #0
Ça, comment tu t'es imprégné de tout ça ? Enfant, qu'est-ce que ça a généré chez toi ? en imprégnation de cet environnement. très riche. autant au niveau des fonctionnements professionnels. que culturel, j'entends. Les deux étaient très intriqués, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Alors je pense que ça m'a inculqué le sens de la passion, d'être passionnée par ce qu'on fait. Alors avec tous les côtés positifs, évidemment, parce que quand on commence, j'étais passionnée par tout ce que j'apprenais, ce que je faisais. Donc ça, c'est les côtés positifs en termes de carrière. qui sont liées à ça. aussi. C'est-à-dire que quand on est passionné et quand on... littéralement brûle de passion en fait on va on va Dépenser beaucoup d'énergie. Donc il y a eu des moments... Surtout à un moment où j'ai fait un switch entre la France et Londres. où j'étais en train de m'épuiser professionnellement dans un contexte qui ne me répondait plus. Et je pense que du coup, parce qu'il y a un investissement émotionnel qui est fort. dans tout ce qu'on fait. Donc quand c'est aligné, ça va. Mais le problème, c'est que quand c'est plus aligné, on a tendance à continuer à utiliser les mêmes forces. en disant on va pousser un peu plus, on va s'impliquer un peu plus et quand en fait il faut changer de braquet. et se dire, en fait, c'est peut-être ce qui va nous limiter maintenant. Il faut peut-être adopter un autre positionnement. Donc c'est tout le travail qu'on fait avec ces croyances, c'est-à-dire que ce qui m'a construit... et extrêmement positif. Au bout d'un moment, il faut aussi prendre du recul. ou réaligner, pour que ça reste juste à un moment donné.
- Speaker #0
Comment t'as fait ça ?
- Speaker #1
Euh... Bah je pense que la vie m'a aidée. donc déjà la maturité sans rendre compte ça veut dire que Je suis une personne qui est beaucoup d'énergie, donc je peux donner beaucoup. Donc il m'a fallu du temps pour m'en rendre compte. et surtout l'expérience qui m'a vraiment aidée à prendre du recul. avec ça, c'est mon expérience personnelle avec mon fils. Great. Là, en fait... Toute ma vie, je me suis dit, je vais redoubler d'efforts, je vais travailler encore. plus, ça va avoir plus d'impact. Et ça passait. Sauf que là, en fait... Quand on nous dit qu'il y a une opération du cerveau qui s'est mal passée, il va falloir attendre, qu'on attend. parce qu'il est dans le bloc opératoire, là il n'y a rien à faire. Donc, quand c'est une question de vie ou de mort, avant, je pense que j'avais vraiment cette philosophie de quand on veut, on peut. Il y a des moments où en fait on ne peut pas. parce qu'on n'a pas la main dessus. Je pense que là, du coup, c'est la première fois où j'ai pris du recul en disant en fait Mon énergie que je peux distribuer partout, là c'est complètement inutile. Je ne peux rien faire. Donc c'est là où je prends du recul. où j'observe et où je vais réfléchir à... Où est-ce que je vais mettre mon énergie ? C'est là la basse côté,
- Speaker #0
en fait. Oui, le pad.
- Speaker #1
Wait. Oui, oui.
- Speaker #0
Euh, qui ? Parce qu'on peut imaginer... Good. Quand tu... te retrouves à ce moment-là de ta vie. où tu n'as absolument aucune prise. on se rend compte que 1 Finalement, le « quand on veut, on peut » , c'est de la toute-puissance et que nous ne sommes pas. Et donc, ça peut générer... J'imagine. Aussi, beaucoup de frustration.
- Speaker #1
Oui, alors je n'ai pas vraiment ressenti la frustration parce que cette recalibration s'est faite assez rapidement sur le moment.
- Speaker #0
C'est ce qui permet de gérer la frustration, de faire ce pas de côté. à ce mur finalement.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Comment ça s'est opéré ce pas de côté justement pour toi ? Ce recul.
- Speaker #1
En fait, il est né extrêmement prématurément. Évidemment, ça a été un choc, mais c'est... C'était... C'était Gérard parce qu'il était vivant quelque part et ça arrivait très vite en quelques heures.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce qui s'est passé ? pour qu'il arrive à 5 mois comme ça.
- Speaker #1
Alors, aucune idée. Alors on pense que peut-être qu'il y a eu quelque chose d'un point de vue génétique, mais la grossesse s'est extrêmement bien passée, jusqu'à quelques heures avant sa naissance en fait. Okay. où je ne savais pas que c'était des contractions, mais je n'avais pas encore eu les cours antenatos. Et donc du coup, j'ai été à l'hôpital et là, on m'a dit, vous êtes en train d'accoucher. Donc ça a été assez soudain. Surtout que trois jours après, je devais prendre l'avion pour entrer en France pour Noël. Il devait naître fin mars et il est né mi-décembre. Et là, on m'a expliqué, on m'a laissé un choix aussi. Parce que dans ma tête, ça n'existait pas. Je ne savais pas qu'on pouvait être prématuré. Donc pour moi, c'était soit on a un enfant, soit on perd un enfant. Mais il n'y avait pas d'entre deux. Et on m'a dit, est-ce que vous êtes au courant de tous les risques avec les enfants prématurés ? Et est-ce que vous voulez qu'on fasse tout pour le ressusciter ? Donc ça, ça a été la première question. Bon, j'ai dit oui. Donc il n'y avait aucun doute par rapport à ça. Et du coup, on l'a ressuscité. et il est parti
- Speaker #0
Comment ? Qu'est-ce que ça signifie finalement, on l'a ressuscité ?
- Speaker #1
Alors, parce qu'en fait, à cet âge-là, ils naissent... poumons ne sont pas complètement formés, évidemment leur cerveau non plus. Et donc ça veut dire qu'ils ne sont pas capables au moment où ils naissent de respirer par eux-mêmes. Donc... Il faut qu'on les intube. pour qu'ils aient de l'oxygène. Avant la naissance, mais moi j'ai pas eu beaucoup de temps pour ça, on donne des médicaments. des stéroïdes pour essayer de développer les poumons le plus possible et du magnésium sulfate pour le cerveau. Normalement, idéalement, il faut au moins deux doses en 12 heures, mais moi, il est né en moins de 5 heures. Donc il n'a pas eu le temps d'avoir tout. Et donc en fait, dès que l'enfant naît, on sait qu'il y en a une... C'est une question de seconde pour arriver. à l'intuber pour pouvoir passer de l'oxygène. Sauf qu'en fait, c'est tout petit en plus. Donc c'est vraiment un travail d'orfait, il faut le faire en quelques secondes, évidemment. Il y a les parents qui sont là, donc moi je ne l'ai pas vue. Et on a éloigné mon mari en me disant, attendez, on s'occupe de ça. Et puis après, quand ils ont réussi à l'intuber... ils l'ont montré. À ce moment-là, en fait, c'est pas le pot à pot classique. C'est-à-dire que déjà, il était dans un sac plastique. pour essayer de garder le minimum de chaleur qu'il avait. Et donc, on m'a mis le sac plastique sur moi et on m'a dit, il faut qu'il parte tout de suite en soins intensifs. Et donc, du coup, il y avait des tubes partout et ça de plastique. pas voulu faire un bisou, et il avait un bonnet, donc j'ai fait un bisou sur le bonnet, et paf, il est parti en soins intensifs. où là il a continué à avoir des traitements et des antibiotiques, etc. Et donc du coup, je me suis retrouvée dans le... dans la salle d'accouchement dans les... Qu'est-ce qui s'est passé ? Parce que moi j'étais... sur mon téléphone en disant je vais peut-être faire du télétravail, aujourd'hui je suis à l'hôpital et puis là, ça y est. Congé maternité qui commence, en fait.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Quand, en plus, on avait prévu de déménager, en plus, après, c'était pas du tout... Pas du tout dans les plans. Et...
- Speaker #0
Comment toi, tu gères à ce moment-là ? T'es complètement dans l'urgence. En fait... plein de nouvelles informations que tu ne connais pas. que tu découvres. C'est comment pour toi à ce moment-là ?
- Speaker #1
pense que... Pour le moment, enfin, sur le moment, j'ai... Tout allait très vite, donc je pense que je réalisais pas... trop, j'imagine que j'étais un peu en phase de choc, mais je me sentais pas mal. En plus... De mon point de vue, tout s'était bien passé parce qu'il était vivant. Je me disais, c'est quand même bizarre parce que... Je suis la plus jeune, donc je n'ai jamais vu des bébés à côté de moi. Je me disais quand même, c'est un peu tôt. La première question, quand on m'a dit « Vous êtes en train d'accoucher » , j'aurais dit mais... C'est pas neuf mois de grossesse d'habitude, c'est un peu tôt. Donc je pense que j'étais complètement ignorante du sujet qui quelque part m'a sûrement protégée aussi. Et puis, bon, il était parti à l'hôpital. Je me souviens quand même, parfois on a des réflexes qui sont un peu étonnants parce que la seule chose que j'ai dit à mon mari, c'est « Suis-les ! » qu'on ne le perde pas. quand on ne se trompe pas de bébé. Donc j'ai dit que tu le suis pour voir où il est, et comme ça, dès que je suis en forme, je vais aller le voir, mais il faut qu'on reconnaisse notre bébé. Donc, c'était un peu ma crainte sur le moment en me disant, il est parti. J'ai vu un sac plastique et... et un bonnet, et je veux pas qu'on confonde qui c'est après dans la nonatalité.
- Speaker #0
Le pragmatisme.
- Speaker #1
Ah oui, mais c'était très pragmatique. Après, on est venu me voir en me disant, voilà une pipette, il faut sortir du lait parce que les prémats n'ont pas le droit aux formules de lait à cet âge-là. Donc il faut donner votre lait. Donc du coup, en fait, moi, j'étais vraiment concentrée, la pipette. Donc j'étais déjà en... en mode action. Et je me souviens qu'après le... Mon frère est venu et ma famille est arrivée assez rapidement après. Et puis tout le monde m'a dit... Et là, je leur ai dit... Non, je ne vais pas dormir tout de suite parce que j'ai besoin de processer quand même ce qui s'est passé. C'est pas ça y est, je donnais ça, puis maintenant je vais me reposer, mais souvent on dit ça. aux jeunes mamans, ben repose-toi. Et j'étais là, non, en fait, j'ai besoin de comprendre, là. donc j'ai besoin d'un... voilà J'ai besoin de penser. Et pareil, mon mari me disait, viens le voir en natalité. Et j'étais là, bah... laisse-moi au moins une ou deux heures, je vais prendre une douche déjà après l'accouchement. Et je vais simplement... processer ce qui s'est passé. Et après, j'irai aider. que je suis allée le voir quelques heures après.
- Speaker #0
Oui, t'as pris le temps. temps nécessaire pour pour ton corps de se remettre de ce qui venait de se passer. puisqu'en quelques heures... Il y a eu... tout ce bouleversement. T'es passé d'enceinte à maman aussi ? Mais... beaucoup trop tôt. avec énormément de nouvelles informations. Nouvelles connaissances sur ce qui existe, sur ce qui peut. se mettre en place. Donc là, il y avait en effet beaucoup trop d'informations pour tout de suite aller, hop, je dors, j'y vais. Il fallait que tu prennes le temps de reposer. tous ces mouvements, c'est un peu comme la boule de neige, là, tu sais. Laissez le temps que ça pose pour voir. avec à peu près de lucidité, parce qu'en plus, tu as toutes les hormones. ce qui se passe à ce moment-là. Bien sûr.
- Speaker #1
Et alors, j'ai eu beaucoup de chance aussi parce que... En fait... Donc ce qui est très important, c'est le lien entre la maman et le bébé.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
C'est encore plus important. avec ces bébés-là. Et en fait, ce qui a été montré scientifiquement... c'est que c'est dans le dernier trimestre que tout se prépare dans le cerveau de la maman pour accueillir l'enfant. Apparemment, ce qui se passe... et c'est pour ça qu'il y a souvent des mamans pas à créer de lien émotionnel avec les bébés prématurés. parce que ce n'est pas dans le processus en fait. Ça aussi, je pense que ça a été une chance pour moi parce que j'ai jamais aimé jouer à la poupée. B, j'ai jamais eu de poupée. B, non mais si c'est à mes... Je me doutais bien qu'il était petit. mais je n'avais pas vraiment de référentiel. et souvent j'ai des amis qui... Il dit « Ah, moi, j'imagine le petit poupon, mon enfant, il est comme ça, mon mari, voilà comment j'imagine. » Ça ne m'a jamais amusée d'imaginer mon enfant en fait. C'était, je verrai, il sera comme il sera. Donc en fait, je n'avais pas... projection Alors que ce qu'on voit souvent en médecine périnatale, c'est que les mamans ont des projections. d'un bébé en bonne santé, un poupon, etc. Et au fur et à mesure qu'on arrive en fait... qu'on progresse dans la grossesse, donc il y a un phénomène naturel. qui est que le cerveau se prépare à accepter l'enfant tel qu'il est. Donc plus forcément le petit poupon. Donc ça veut dire que si l'enfant arrive et qu'il ressemble pas à ce qu'on veut, ou que ce soit une fille ou un garçon ou autre... on est prêt à l'accepter. Sauf que ça, ça se passe dans le dernier trimestre de grossesse. Donc c'est... L'accouchement très prématuré, c'est pour ça que souvent il y a un choc. Parce que non seulement c'est pas le petit poupon, mais on a un petit qui fait la taille, enfin qui ressemble à une petite grenouille en fait. en termes de taille. de... couleurs, etc. Donc ça, ça peut être un choc pour certains et moi j'ai pas eu ce choc-là parce que je m'attendais pas à grand chose quelque part. Donc je pense que ça m'a aidée. Mais du coup, il n'y avait pas encore... Je n'avais pas eu le temps de faire cette connexion avec le fait que j'étais sa maman. Et en fait, j'ai eu cette connexion. au moment où je l'ai pris sur moi. Donc c'était... Quelques heures après, je pense moins de 24 heures après. Mais là, je suis arrivée en néonatalité, donc on m'a montré, donc là aussi, l'univers complètement différent, avec des machines partout en soins intensifs. Et il était dans sa couveuse et on m'a dit, est-ce que vous voulez lui faire un câlin ? Donc j'ai dit oui et donc là on m'a installé, on l'a sorti. Et donc là, il n'était plus dans un sac plastique, il était branché partout, mais plus dans un sac plastique. Et on l'a mis sur moi et là il a fait un petit bruit d'animal. Comme un petit bruit de... Je sais pas, un petit bruit de souris. en fait Et donc là, en fait, j'ai vu le vivant et il a... Vous savez ce petit bruit quand il sert à gripper avec moi avec des doigts minuscules ? Et là, en fait, c'est là où j'ai senti que j'étais sa maman. Vous étiez une maman. Et c'est là où... Avant, c'était très conceptuel. Et à partir de ce moment-là, j'ai dit, bah oui, c'est mon petit. Et donc du coup je le reconnais à ce moment là.
- Speaker #0
Là, il y a eu la connexion. I connect you, Mama, baby. Ça m'émeut beaucoup ce que tu décris, c'est très émouvant. la rencontre entre la maman et son bébé. Plus que la façon dont tu le décris. Moi je le vois ce tout petit bébé de la taille d'une main.
- Speaker #1
Bye.
- Speaker #0
Et tu as pu rester avec ce tout petit bébé dans cette première vraie rencontre, sans le sac plastique, combien de temps ?
- Speaker #1
Alors là aussi... On ne ferait pas les mêmes choses maintenant. D'ailleurs, maintenant, on ne serait plus autorisés aussi tôt parce qu'il a un risque d'hémorragie. Il a une hémorragie qu'il ne faut pas trop manipuler. Là aussi, je l'ai gardé. Pod. Si longtemps que ça, moins d'une heure, une demi-heure, et j'ai vu que ça embêtait en fait le personnel de l'hôpital, parce que... Comme c'est beaucoup de stress de les sortir, il faut rester normalement 3-4 heures. pour baisser le niveau de stress. moi je savais pas il y a des des Il y a des considérations pratiques, comme moi j'ai été le voir, on m'a proposé, je l'ai pris, mais en fait j'avais envie d'aller aux toilettes. Donc j'ai demandé à le reposer. Après, j'ai appris et je me suis dit, comme c'est 3 ou 4 heures, il faut manger, aller aux toilettes, etc. Avant, parce qu'après, on ne bouge plus. Mais je ne savais pas, pour moi c'était comme un câlin avec un bébé. classique où on le repose au bout d'un moment. Et donc, en fait, on l'a pris. Effectivement, il était très stressé, donc on voit la désaturation d'oxygène, etc. Donc ça, ce n'était pas bon pour son cerveau, il avait une hémorragie. c'était pas lié que à ça, mais... Et en fait, on me l'a mis. Et puis au bout d'un moment, moi, j'avais... envie d'aller aux toilettes et j'ai demandé à le reposer. Et j'ai vu en fait dans la réaction que... ça les embêtait et j'ai en fait appris qu'il fallait que ce soit plus long pour baisser le niveau de cortisol aussi avant de le remettre. Donc normalement, idéalement, c'est 3-4 heures où on le garde sur soi le plus longtemps possible. et du coup ça Ça régule, en fait, la respiration du bébé. Enfin, c'est très... Oui,
- Speaker #0
comme quand il est dans le ventre, en fait. Voilà,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Exactly. Okay. Là, d'en parler, t'es comment ?
- Speaker #1
J'en parle assez souvent. Parce que maintenant, je suis impliquée, je suis partie d'une association où on forme des professionnels de santé. D'ailleurs, avec toutes ces techniques d'intervention précoce, etc. Donc j'ai l'habitude de raconter des histoires et à chaque fois il y a des souvenirs différents qui me viennent. Il y a quand même toujours un lien émotionnel qui est fort.
- Speaker #0
Ce qui fait du coup la puissance de travailler avec des parents qui ont une expérience, c'est que l'émotion nous guide. J'étais à une conférence en Irlande justement pour l'Académie européenne de... pour le handicap des enfants. où je faisais une présentation là-bas, et je voyais parfois à certaines conférences mon cœur qui... battaient plus vite quand je n'étais pas alignée avec certaines choses. ou non Et c'est notre baromètre en fait. parce qu'on l'a vécu. les émotions sont très très fortes et restent en fait toute une vie C'est pour ça que c'est très important les mots qui sont utilisés avec les parents. le contexte parce qu'on s'en souvient tous. toute notre vie aussi. Et c'est très intéressant parce que ça aussi, j'ai les découvertes à ce moment-là. On découvre toute une palette d'émotions. Donc en fait, il y a... plein d'émotions qui se juxtaposent. au même moment, donc en fait c'est très riche.
- Speaker #1
Cette association ? Intégrée à quel moment ?
- Speaker #0
Alors en fait, quand on est... On est resté trois mois en néonatalité. les... Trois dernières semaines, on était dans un hôpital, dans une unité de neurochirurgie, où il avait sa deuxième opération du cerveau. Et on aurait dû, je pense, rester un mois de plus, mais en fait, c'était le début du... de la pandémie. Et en fait, ça a tout bousculé et accéléré parce que là, on nous a dit que finalement, l'hôpital, c'était l'endroit le moins sûr. Pour lui. et qu'il fallait mieux qu'il soit à la maison. Et donc là, ça a été assez... On a paniqué sur le moment parce qu'on était dans des AirBnB à ce moment-là, parce qu'on devait... déménagé avant sa naissance qui était prévue fin mars mais il est né Comme on voulait rester à côté de l'hôpital, on était dans des Airbnb tout le temps. Et on nous avait dit n'achetez rien pour lui au cas où il ne survive pas. Donc on n'avait rien. Et un jour, on nous a dit, vous devez sortir dans 24 heures, le premier confinement va être prononcé. Les patients du Covid vont arriver ici, donc il faut qu'ils partent. Il avait des problèmes respiratoires. Et on leur a dit mais 24 heures... Heureusement, trois jours avant, j'avais une intuition, j'avais acheté une voiture. parce qu'ils ne pouvaient pas prendre les transports en commun, heureusement. Et je leur ai dit, mais 24h, en fait, c'est pas possible, parce que... On n'a pas de séjour tôt. On n'a pas de lit. On n'a pas de vêtements pour lui. parce qu'évidemment comme ils naissent prématurés ils n'ont pas de vêtements Pour le nourrir, en plus, il se nourrissait encore avec une sonde. Il attendait une troisième opération du cerveau. Il lui avait juste retiré l'oxygène depuis 24 heures et je savais que toutes les ambulances étaient prises par le... les malades du Covid. Et donc, j'aurais dit, tout de suite, j'aurais dit, vous me formez immédiatement en ressuscitation. Parce que moi j'ai besoin de pouvoir le faire.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
Et puis, il faut m'expliquer comment on le nourrit avec sa sonde. Donc ça, ça a été... On s'est mis en mode action, on s'est regardé, on s'est dit... Et après, du coup, comme tous les magasins commençaient à être fermés, j'ai dû appeler, en fait. L'équivalent des galeries Lafayette en France en disant il me faut un lit pour bébé, ils disaient ah non c'est fermé, passez-moi votre manager. Et j'avais raconté de l'histoire en disant cet enfant il a survécu. Donc vous allez lui donner un lit maintenant. Il a besoin d'un livre. J'ai envoyé mon mari partout pendant que... En plus, il était vraiment pas bien, il pleurait tout le temps, il fallait tout le temps être à côté de lui, donc... On essayait de gérer la logistique, de gérer ça. de prévenir nos proches en disant, ben là on va rentrer dans un tunnel, donc si vous n'entendez plus parler de nous pendant quelques jours... C'est simplement qu'on est en mode survie. et qu'on essaie de faire pour ça. Et donc en fait... On est rentrés, on savait qu'il avait eu évidemment une hémorragie importante, qu'il était à haut risque de tous les handicaps. Et donc là, on sait... kuh uh la partie intervention précoce est clé pour ces enfants-là. Donc avoir de la thérapie, physiothérapie. orthophoniste en français, donc tout ce qui va être aussi à la fois pour la nourriture et le langage, etc. En anglais, c'est Occupational Therapy, mais tout ce qui est avec la motricité fine. Donc tous ces professionnels de santé. Sauf qu'en fait, en Angleterre, Au départ, au moment du confinement, ils n'avaient pas le droit, les premières semaines, de venir à la maison. Donc en fait, on n'a pas pu y avoir accès tout de suite. Ils sont venus quelques semaines après avec des blouses, des masques, etc. Mais au départ, non. Et moi, je savais qu'il y avait cette fenêtre de plasticité importante. Donc, c'était un peu... Bien sûr.
- Speaker #1
Est-ce que là, à ce moment-là... il mesure... Combien ? Il pèse combien ? pour se faire à peu près une idée.
- Speaker #0
Parce que là,
- Speaker #1
il a grandi.
- Speaker #0
Oui, il a grandi. Je pense qu'il... Pèseux ! De 2 kilos ou 2 ou 3 kilos. En fait, il pèse à peu près comme un nouveau-né, mais vraiment un nouveau-né plus petit. C'est ça, ouais. Beaucoup plus fin.
- Speaker #1
Un petit nouveau-né.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il est sorti, il était quasiment à terme. au moment où il est sorti, parce qu'on est sortis fin mars. en fait 2020. Donc à peu près un petit gabarit, petit bébé. Petit pois.
- Speaker #1
Donc la deuxième grosse urgence à gérer pour vous.
- Speaker #0
Oui, grosse urgence. Et en fait, c'est encore plus... plus compliqué que l'hôpital. Souvent, les gens se disent « Ah super, il est rentré à la maison » . Mais là, en fait, on n'a plus de médecin. On n'a plus d'infirmiers, on n'a personne, donc on ne peut pas poser nos questions. Là, on peut se déranger. Là, en plus, c'était confinement. qui n'y avait que nous. Heureusement on était deux, mon mari et moi, parce que... Comme il pleurait tout le temps, etc., des choses toutes simples comme aller aux toilettes, etc., on ne peut pas le poser. en fait, parce qu'il pleurait tellement qu'il était en train de s'étouffer, donc il faut tout le temps qu'il soit dans les bras d'une personne. Donc on passait beaucoup de temps au téléphone. On a été aux urgences quand même quasiment toutes les deux nuits parce qu'il y avait des problèmes. Ou sinon, ils se retiraient le fil pour manger, donc ils ne pouvaient plus manger, c'est toutes les deux heures. Donc là, j'ai demandé à ce qu'on me forme. Normalement, c'est des médecins qui mettent ça. parce qu'il y a un risque de performat. de perforation d'estomac. Mais j'aurais dit on va pas faire une heure de route. toutes les 3 heures parce qu'il s'est tiré le câble. Donc en fait, je pense que, heureusement qu'ils m'ont formée, j'ai dû le faire à peu près 200 fois. dans les mois qui ont suivi. Et puis, il avait du reflux et il vomissait. Donc, en fait, il était tout le temps contre nous. Et je pense que pendant 7 mois, on a dormi à peu près 30 minutes toutes les 24 heures. Donc là, il y a aussi les... Il y a aussi une grande fatigue physique. avec en plus une fatigue émotionnelle parce que non seulement on ne dort pas mais c'est des cris un peu tout le temps et c'est tout le temps dans l'urgence etc Du coup, pour revenir à ta question de comment j'ai rencontré l'association. Au bout de... de quelques semaines ou quelques mois. un consultant. Consultant, c'est le niveau le plus élevé dans la hiérarchie des docteurs, des juniors, docteurs, consultants. qui le suivait, m'a dit il y a une association qui s'appelle EI Smart. Donc pour Early Intervention. Et après, c'est sensory, donc sensoriel, moteur, attention, régulation, relation. qui... propose en fait des fascicules pour les parents. sur des activités qu'on peut faire avec les enfants, justement. pour développer ces nouvelles connexions. Donc comment on joue avec mon enfant, comment on développe la communication, etc. Et en fait, je me suis dit, les thérapeutes ne peuvent pas venir, moi je vais faire ça à fond. Et donc... À 4 heures par jour, j'ai besoin de faire de la gym. On m'avait dit que le côté gauche serait beaucoup plus impliqué. Donc tous les jouets, je mettais du côté gauche. en tenant un peu le bras droit justement pour développer des nouvelles connexions. C'est-à-dire que s'il ne peut pas utiliser le bras préférentiel, Il va utiliser l'autre. donc j'ai fait ça en fait Et c'est comme ça que j'ai fait connaissance de l'association. Et en fait après il a fait des très beaux progrès et on m'a proposé de rejoindre du coup le... le COMEX de l'Association Britannique de Médecine Périnatale pour représenter le... la voix des parents. Et après j'ai rejoint le comité de direction de cette association pour m'occuper de toute la partie éducation. Donc comment on forme les professionnels de santé ? partout dans le monde. sur... changer leur pratique en fait en ayant une vue plus holistique. d'un enfant. Parce que souvent, c'est par... spécialité Soit on est psychothérapeute, soit on est physiothérapeute, soit on est orthophoniste. Mais on sait que le développement ne se fait pas de manière isolée, c'est un ensemble. Les enfants qui ont des problèmes moteurs vont avoir des problèmes sensoriels. Et donc cette association en fait est assez unique. au monde où elle propose... pose une version, une vision holistique de l'enfant. et comment on peut l'accompagner, en plaçant les parents au... C'est-à-dire qu'en fait, c'est prouver que c'est plus efficace plutôt que d'avoir cinq sessions de thérapie dans une semaine. avec bien sûr les conseils des thérapeutes, on n'en fait pas des thérapeutes. qui va appliquer tous ces concepts-là en changeant la couche huit fois par jour. Ça veut dire que tous les gestes du quotidien... Soit on se dit, oh là là, il va pleurer vite, vite, vite, la couche, etc. ou soit on voit ça comme une opportunité de développer des choses. La communication Ah oui, je vois que tu pleures. Tiens, on va faire la couche. Coucou, je tiens mes seins. How's it going? C'est bon, je peux commencer. Donc ça, tout ça, 8 fois par jour, on change une couche. Et on a créé des vidéos d'ailleurs là-dessus. C'est des opportunités. Les repas, c'est des opportunités d'interaction, c'est des opportunités de toucher des choses. d'un point de vue sensoriel, d'un point de vue moteur. Donc c'est comment en fait on intègre avec les activités du quotidien. Ces principes-là. Surtout avec des parents qui sont complètement sous l'eau en fait. Donc on ne va pas rajouter des choses en plus. Mais c'est vraiment avoir des lunettes différentes. et avoir une perception de la réalité différente. C'est pas quelque chose...
- Speaker #1
Comment s'appelle cette association ?
- Speaker #0
et à Espart, donc Et après, Smart. A-R-D.
- Speaker #1
et c'est un chœur anglophone
- Speaker #0
Alors, c'est une association qui est inscrite... au Royaume-Uni. Mais en fait, on est présent dans les différents pays du monde parce qu'on a tous les professionnels de santé. On a déjà eu un impact dans une vingtaine de pays qui viennent nous voir. qui nous demandent de traduire nos fascicules dans leur langue. On fait, on organise des formations, des journées de formation. On forme du coup les médecins, les infirmiers, les thérapeutes. toutes ces pratiques-là. Ça, c'est la partie professionnelle de santé. Et c'est pour ça qu'on était à une conférence la semaine dernière. Et il y a la partie parents, où là, on donne des ressources qui sont gratuites. Et ça, c'est très important pour nous. pour les parents aussi.
- Speaker #1
Et cette association, toi, tu l'as intégrée à combien de... À quel... Lorsque ton fils avait quel âge ?
- Speaker #0
C'était vraiment au tout début, quand il avait quelques mois.
- Speaker #1
Quelques mois.
- Speaker #0
Bye.
- Speaker #1
J'imagine que quelque part, ça t'a permis de retrouver ta place en tant que... qu'individu aussi, d'intégrer cette association, parce que cette association avait du sens. Pour le parent. que tu étais à ce moment-là. en lien avec ton fils. quasi 100% dédié à lui. Mais d'avoir cette opportunité-là, Tu as permis aussi d'exister en tant qu'individu, en tant que toi. et pas que maman J'ai l'impression. Parce que je me demande... Justement, quand on a un enfant... Petit bébé, un petit... un petit nourrisson. Déjà... Quand il est en bonne santé, complètement dépendant de sa maman, mais là encore. Plus some. C'est là la difficulté en tant que mère, en tant que femme. où est-ce que je trouve ma place en dormant une demi-heure. jour.
- Speaker #0
Alors, je pense que... Je me suis jamais mise dans une case, soit maman, professionnelle ou autre, mais tout est lié, d'ailleurs j'ai jamais arrêté de travailler. J'ai réduit mon activité. Mais alors... Évidemment, je savais que des postes RH, la responsabilité avec des déplacements, ça, c'était fini au moins à court terme. mais j'avais créé ma société de coaching. Et en fait, c'était important pour moi de continuer. J'ai vraiment réduit, mais ce que j'ai fait... C'est qu'à ce moment-là, comme je n'avais pas le temps de faire des contrats pour des nouveaux clients, j'ai rejoint des plateformes. de coaching en ligne. Donc les gants en gros. qui font ça. Et donc, du coup, tu mets tes disponibilités et puis après, l'algorithme te matche avec des clients. Et en fait, ce que je faisais quand il était en néonatalité, c'est qu'à 5h du matin, je pouvais coacher quelqu'un au Japon. En plus, je parle trois langues, donc ça permet de couvrir pas mal de continents. Donc à 5h du matin, je faisais une heure de coaching, je passais la journée à l'hôpital et le soir, en rentrant à 21h ou 22h, j'allais coacher quelqu'un en Amérique latine. Donc, en fait, j'ai jamais arrêté, donc je n'étais pas... que maman, c'est-à-dire que j'étais maman, et puis moi, Laurence, et puis une professionnelle. Et puis après, moi, Laurent, c'est impliqué en médecine périnatale. Donc, j'ai toujours... cru à... plein de facettes. Donc je ne me suis jamais réduite à quelque chose. Pour revenir à ton point, Je suis une obsédée par l'impact et donc l'implication. Et en fait, quand je touche quelque chose, je le fais à fond. Donc en fait, on m'a montré ça. Au départ, c'était juste pour me donner un leaflet. J'ai reçu un comité de direction. Et donc... Et après, pareil, mon neurochirurgien, je lui ai dit, je suis éternellement... reconnaissante si je peux faire quelque chose. Il m'a dit, on va lancer une recherche mondiale. Est-ce que tu veux faire partie ? représenter la société civile et j'ai dit oui. Donc en fait, à chaque fois, c'est... Ça s'est fait comme ça et... surtout Déjà, j'étais intéressée. Donc c'est un milieu que j'ai trouvé passionnant. Je voulais évidemment le meilleur résultat pour mon enfant. Et après, je suis quelqu'un qui suis... qui aient des valeurs très fortes autour de l'égalité de la justice. avant de faire l'école de commerce, j'avais plutôt envie de faire des études politiques. À l'époque, je voulais travailler dans des organisations comme l'ONU, parce que je pensais... que c'est ce qui allait apporter la paix dans le monde. Bon, et puis après, je me suis dit qu'il y avait peut-être d'autres moyens. Mais en fait, je me suis rendue compte de la chance que j'avais eue. Ça veut dire qu'il est né au meilleur endroit. Il est né... près du meilleur hôpital européen. Et l'hôpital où il a eu toutes ces opérations, selon les années, c'est le premier ou le deuxième meilleur au monde. Donc, il a eu le niveau d'hémorragie le plus sévère qu'il soit. Aujourd'hui, il marche, il va dans une école normale. Il a une petite paralysie cérébrale, mais si on voit son IRM... et le petit garçon. On ne peut pas les relier. Et tout ça grâce aux soins absolument incroyables qu'il a eus. Et je me suis dit, en fait, ça, c'est encore une loterie du code postal. Ça dépend d'où on habite. Et pour moi, en fait, quand je voyais, donc c'est vrai en Europe, mais c'est encore plus vrai dans des pays qui n'ont pas ces moyens-là. où d'ailleurs on ne va pas ressusciter des enfants. À moins de 26 semaines. Je discutais avec... avec une dame à une conférence qui vient de... Je me souviens plus de quel pays elle vient. Congo peut-être ou Ghana. Un pays africain où... comme ils n'ont pas assez de moyens, en fait... Au niveau de la médecine, ils ne ressuscitent pas les enfants avant 28 semaines. Donc ça veut dire que selon l'endroit où on vit... France est plutôt 24 semaines, en Angleterre 21-22, ils s'occupent d'eux. Donc selon l'endroit où on est, déjà notre enfant n'a pas la même chance. Et donc du coup, pour moi, EI Smart, c'est quelque chose qui est gratuit. Je vois des parents qui vont... lever des cagnottes, courir plein de semi-marathons pour lever des fonds, pour pouvoir aller aux États-Unis. suivre un programme qui n'est pas forcément scientifiquement prouvé et qui coûte cher. temps, en ressources, etc. Et il y a des associations comme IASmart où c'est gratuit. où c'est une évidence. ou changer la couche Ça coûte rien. quelque part. Et donc du coup pour moi c'est comment on fait ? que chaque famille Chaque bébé ait accès à ces choses-là qui soient gratuites. Et en fait, c'est vraiment comment on arrive à... partager le message. On a été à House of Lords fin avril, justement, pour dire, voilà, il faut vraiment que ce soit... intégrée même dans les parcours. cours de formation des médecins, etc. Et donc, c'est quelque chose qui est très fort pour moi. Tu me demandais tout à l'heure où est-ce que je sens les valeurs. C'est dans le cœur, mais là, je le sens dans le ventre, en fait, où ça brûle et c'est de se dire, mais en fait, il faut qu'on aille plus loin. Et donc, c'est un moteur. Donc c'était moins pour trouver ma place, mais ça a beaucoup... une grande partie de ce que je fais part de conviction. Et pour moi, c'est une confiction. Je vois ce qui s'est passé avec mon fils. On m'a dit qu'il ne marcherait pas, etc. et j'en ai décidé entremont. Et après, je me suis donné les moyens pour avoir toute l'équipe qu'il fallait pour le faire. Et c'est possible pour d'autres. en fait. et comment aussi on redonne de l'espoir aux parents. comment... Alors là, c'est vraiment mon coaching mindset, mais... Comment en fait, au lieu de... d'écouter ce qu'on nous dit aussi, on reprend le contrôle et... On parlait de mon pas de côté. Je pense que J'ai toujours été plutôt bonne élève. jusqu'à ce moment là. Ça veut dire que... J'avais un côté challenging toujours un peu fort. pas toujours très politique dans certaines organisations, je disais ce que je pensais. Mais ça restait dans un cadre. Alors que là, en fait, souvent, il y a quand même un déséquilibre de pouvoir entre le corps médical et les parents. évidemment Et en fait, ça, j'ai fait voler ça en éclats. Ça veut dire que, je me suis dit, c'est pas... eux qui vont me dire que mon enfant va marcher ou pas. Il n'y a pas un 100%, c'est impossible. On me dit que c'est très peu probable, il y a peut-être 0,00% de chance. Il a été du mauvais côté des statistiques pour la naissance, il sera du bon côté des statistiques. Et donc du coup c'est ça qui est important. C'est de... de redonner de l'espoir aussi aux parents. Alors, on n'y pas laissé. J'ai bien vu toutes les parties du cerveau qui étaient endommagées. Mais je me suis engouffrée dans ce que m'a dit un des consultants. Il m'a dit, voilà les dommages. On ne peut pas prédire les conséquences. Et donc du coup, ma question, ça a été « qu'est-ce qu'on fait ? » pour optimiser son potentiel. Et après, je me suis engagée dedans à 500%. Donc, c'est ça, en fait, cette fenêtre d'espoir qui est importante de garder. Et c'est ça aussi qui permet de réduire l'anxiété parce que Tu me demandais tout à l'heure... Comment t'as fait pour... pour changer et prendre du repos. cul, etc. En fait, c'est que... Je me suis rendue compte quand on m'a dit, voilà ce que ça veut dire une hémorragie, il ne marchera sûrement pas, il sera très handicapé. Je me suis dit, mais en fait... Pour savoir si ça va se passer ou pas, il va falloir attendre un an et demi, deux ans. André. Parce qu'il ne va pas marcher à trois mois. Et je me suis dit, mais... Je ne peux pas vivre un an et demi ou deux ans avec cette boule au ventre de ne pas savoir cette incertitude. Donc en fait, ça a pris quelques minutes. Je me suis dit, ça, non. Donc du coup... Pendant cette année et demie ou les deux ans, moi, je vais faire tout ce que je peux dans la petite fenêtre que je peux. Et en fait, c'est ça. ce que je vais faire, c'est remuer ces létères, c'est quand je vais demander un rendez-vous qu'on va me dire dans deux mois « Ah, je fais un desclandre et je viens là et je... Et j'appelle tout le temps pour qu'il y ait une annulation. Donc, c'est là. où je peux mettre mon énergie. c'est pour qu'il ait toute l'aide dont il a besoin au début.
- Speaker #1
Comment t'as fait pour garder ? L'espoir.
- Speaker #0
Je pense que... Je pense qu'il est... C'est une bonne question. Et ça, je pense qu'en fait, c'est... C'est quelque chose qui est vraiment profondément inné. Ça veut dire que... Et ça vient, je pense, aussi de l'enfance et de quand on veut, on peut. Je dirais quand on veut... et que c'est possible. On trouve un moyen. Donc c'est le bémol que j'ajouterai, parce que des fois c'est impossible. Je pense qu'en fait, c'était... Je savais que je pouvais avoir un impact. Je savais que je pouvais faire une différence. Je ne savais pas forcément à quel point, mais je savais que de toute façon, si je m'occupais de lui comme ça... Ça allait améliorer de toute façon les conséquences. Donc... Donc en fait, je me suis réfugiée beaucoup dans l'action et ce qui était très valorisant, en fait, c'est que je voyais. les améliorations. Donc du coup, c'est... On parlait tout à l'heure de dépuisement. Rolla ! objectivement de ne pas dormir. Ça fait six ans où je n'ai pas eu vraiment de pause. Après, j'ai eu un deuxième enfant où ça a été compliqué, qu'on a failli perdre. Donc, je suis repartie pour un autre... tour aussi avec le deuxième enfant. Pendant les six dernières années, je ne me suis pas levée après 5h du matin une fois, pas eu de vacances, avec des enfants qui ont des besoins additionnels, qui sont prenants, une activité professionnelle, etc. Mais jamais ! je n'ai été au bord de l'épuisement comme je l'avais été à la fin de ma première expérience professionnelle. Et la différence, c'est qu'il y avait du sens. Donc tout était aligné. Donc oui, en fait, et c'est là où, en fait, je trouve... que ça donne beaucoup d'espoir, c'est que nos ressources sont illimitées. Elles sont illimitées. quand il y a un alignement, quand on sait ce qu'on fait. et que le corps est capable de choses incroyables, parce que j'ai quand même fonctionné. avec très très peu de sommeil. Je me souviens que parfois, j'avais les mains qui partaient comme ça. On commençait à avoir des sortes de tics. Mon mari aussi une fois avait halluciné littéralement. ou parfois on se... taper pour ne pas s'endormir quand il était sur nous, etc. Donc c'était vraiment d'un point de vue de ressources. On n'est jamais tombé malade. On n'a jamais eu le Covid. alors qu'on était dans un environnement où là, en termes de santé, il n'y avait pas de sommeil, il n'y avait pas d'activité physique, il y avait du stress en permanent. Et moi, je ne me suis jamais sentie aussi vivante que dans ces moments-là.
- Speaker #1
Et justement, tu parles de ton mari, il était sur la même longueur d'onde ?
- Speaker #0
Je pense qu'on a des fonctionnements qui sont très différents. Donc on l'a vécu de manière assez différente. Mais je pense que ce qu'on avait en commun, c'était le... Et ce qu'on a toujours en commun, en fait, c'est de faire le mieux pour nos enfants. Donc je pense que c'est ça qui... qui... qui nous a été utile.
- Speaker #1
Et ton deuxième enfant, qu'est-ce... farm. Aujourd'hui, les deux vont bien, je crois.
- Speaker #0
Oui, alors les deux vont bien. Les deux vont bien. Évidemment, on surveille toujours beaucoup au niveau santé. Il y a toujours quelques petits pépins de santé. Maintenant, c'est plus au niveau du développement. Donc, je pense que... Mon aîné doit avoir le TDAH aussi. Maintenant, on commence plus à un peu suivre. Il a des traumatismes, évidemment. Donc il y en a beaucoup avec le temps qu'on a réussi. à résoudre, mais il y en a aussi encore. Donc là, on est... plus aussi dans l'accompagnement. Il a 6 ans, donc maintenant, il a aussi plus de conscience de soi. de... de ce qui est plus difficile pour lui par rapport à d'autres, donc il y a aussi de la comparaison, donc maintenant c'est plus vraiment un... d'accompagnement aussi psychologique dans le développement et puis... Et puis, comme je pense qu'il est neurodivergent, il y a plus de difficultés aussi parfois à l'école dans la façon de voir les choses. Donc il y a la partie médicale, mais maintenant sur le devant, c'est plutôt la partie développement. Et mon deuxième, en fait... Donc on ne sait pas pourquoi les nez étaient nés aussi prématurément, mais j'ai une grossesse très suivie pour le deuxième. Et donc, au scan des... 20 semaines. C'est ça, je pense que c'est à peu près pareil en France. Là où on fait le détail, en fait, on regarde tout à l'échographie. Le matin... Le matin de ce scan-là, mon aîné avait une opération des yeux. Et donc moi, je faisais l'aller-retour entre l'autre hôpital où il avait l'opération, où était mon mari. et l'autre hôpital à côté où il y avait mon échographie. Et je leur ai demandé de tout bien vérifier. Et là, ils m'ont dit... Il y a eu des contractions. Donc avant semaine. L'aîné était né avant 5 semaines. Ah, il y a eu des contractions, j'ai vu qu'il devenait livide, et ils m'ont dit, soit vous allez le perdre rapidement, ou il va naître extrêmement prématuré. Et moi, je me disais... Ouf ! Il faut que je revienne à l'hôpital en récupérant un enfant qui va avoir les yeux... en sang, en pleuré, etc. à mon mari et annoncer qu'en plus, là, on est peut-être en train de perdre le deuxième. bien pour accueillir les émotions de mon aîné qui n'est pas bien, qui a deux ans et demi, qui sort d'une opération, anesthésie, etc. Et là, en fait, je pense que... LÊN 24 heures après, on va dire 10 heures sur les 24, ont été les plus stressantes de ma vie. Donc en fait, je n'ai jamais vraiment paniqué avant. J'ai eu du chagrin, j'ai eu peur, etc. Je crois que c'est la seule fois de ma vie où j'ai paniqué. Déjà, je savais ce que ça voulait dire, extrêmement prématuré. Je me suis dit, il y en a déjà un qui a besoin encore. de beaucoup d'attention comment je vais faire. Et surtout, c'est que là, j'avais encore moins le contrôle parce qu'on m'a dit, on peut vous faire un cerclage pour essayer de refermer, qu'il reste le plus longtemps possible votre col de l'utérus. Mais on ne veut pas le faire dans les 24 prochaines heures parce que c'est dangereux pour vous. S'il veut sortir, il faut qu'il puisse sortir. Et donc on m'a dit, vous attendez 24 heures, vous revenez dans 24 heures et on parle d'un plan. En plus, on était à une heure de route, donc dans la voiture, je me disais, oh là là, ça bouge la voiture, je vais peut-être le perdre dans la voiture. Et là, en fait... On m'a dit d'attendre. c'est comme quand on m'avait dit pour le handicap mais là je pourrais rien faire à part essayer de pas trop bouger pour pas le perdre Je me suis dit comment je vais faire ? Il faut que je m'occupe de mon deuxième. Il veut des câlins, mais je ne veux pas trop qu'il me touche, je ne veux pas porter, etc. Et là, je me souviens d'avoir eu des pleurs, des sanglots incontrôlés. Et ça ne m'était jamais arrivé de peur. de panique de panique et après je me disais mais... On vit là, on n'a pas vraiment de famille en Angleterre pour nous soutenir, on est dans un petit appart, il va falloir qu'on fasse venir du monde. Donc comment on va faire ? Parce que je ne peux pas porter l'autre. non plus. Mon mari travaille. Bon, moi, je vais peut-être à nouveau m'arrêter, mais bon, c'est compliqué. Il y a aussi la question des finances. Enfin, il y a toutes ces... Passons là. Et je suis revenue au bout de 24 heures, il m'a dit « Bon, on va vous faire l'opération » . Là aussi, il y a des discussions qui sont difficiles avec des médecins qui n'ont pas vécu ça et qui parfois disent mais... Est-ce que vous êtes sûr ? que vous voulez le garder. Parce que vous savez ce que c'est maintenant ? où il faut aussi se battre en disant « Mais si, j'ai envie qu'il vive, cet enfant. » Et on va y arriver. Et donc, réavoir le... Mais ce n'est pas vous qui allez me dire ça. Mon enfant, il va naître, il va être en bonne santé, etc. Comme c'est en plus un risque, souvent. On appelle tous les juniors, donc on est dans une salle face à une dizaine de personnes parce qu'ils apprennent. Comment on annonce ces nouvelles-là, etc. Et en fait, du coup, j'ai cette opération-là. On a appelé... mon beau-père et ma mère en disant mais il va falloir que vous nous relayez. en fait auprès de nous pour nous aider. Donc ce qui n'était pas évident. Et en fait, du coup, là, j'ai dû être... quasiment halité, pas complètement, mais donc j'ai dû aussi, moi, interrompre toutes mes activités professionnelles. Et on ne savait pas non plus. qu'est-ce qu'il y avait, le problème de ce bébé. Et puis finalement, on avait prévu une césarienne. parce qu'il était dans le sens inverse. Normalement, on peut le manipuler pour le remettre dans le bon sens, mais on s'est dit qu'il y a peut-être des problèmes au cerveau aussi, on ne sait pas, donc on ne peut pas manipuler, donc ce serait une césarienne. Et c'est drôle quand même l'effet du psychologique sur le physique, c'est que le jour... où on a défini la date de la césarienne, donc c'était... plus près de la fin. Je pense qu'il est né six semaines prématurément. Pas... Au moins que... l'aîné qui n'est qu'un semaine en avance. Mais... À partir du moment où on a fixé la date de la césarienne, j'ai perdu mes os. Et donc du coup, je suis partie. à nouveau à l'hôpital. Et donc du coup, là j'ai fait un accouchement normal parce que le but c'est qu'il reste le plus longtemps possible pour encore... une fois avoir les stéroïdes, etc. On m'a décousue, j'ai eu toutes les contractions et après... Dernier moment. là je suis partie en césarienne d'urgence et il est arrivé comme ça Et il a fait un peu de... quelques semaines en néonatalité. Il n'a pas eu d'hémorragie cérébrale. compliqué pour lui les 7 premiers mois aussi. Et je pense que... Il a une... Il est arrivé dans un environnement où il y avait aussi beaucoup de stress. où je pense que même pendant la grossesse, il a dû sentir qu'il y avait beaucoup de choses. Et donc, en fait, même s'il n'avait pas des conséquences médicales aussi importantes qu'une hémorragie... Il a eu besoin de beaucoup d'accompagnement aussi pendant les premiers mois.
- Speaker #1
Et aujourd'hui... Tous ces éléments simples. s'imbriquent comment dans votre quotidien ?
- Speaker #0
Euh, c'est euh... C'est intense. C'est intense. Alors, c'est deux enfants qui ont une joie de vivre incroyable. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de joie ! Malheureusement pour nos voisins, dès 5h du matin, la vie est une fête. pour eux.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est là où je pense que leur expérience, en fait... Il y a un instinct de survie qui est très fort, mais la vie est une fête. Donc du coup, dès 5h du matin jusqu'à ce qu'il s'effondre d'épuisement à 19h. Maintenant, il y a la crèche et l'école, donc on travaille de maintenant jusqu'à la fin de l'école et puis après quand ils sont au lit. C'est des caractères qui sont très différents. Donc il y en a un qui est hyper actif, une bulle de champagne qui fait beaucoup de bruit, et un autre qui est hyper sensible. Et donc du coup, ce qui motiverait le premier qui, je pense, a un TDAH, parfois il faut lui donner une petite injection de dopamine en disant « t'as trois secondes pour ranger ta chambre » . Si on fait ça avec le deuxième qui est hypersensible, il part dans une colère en disant « tu mets la pression, je suis fatigué » . Donc en fait c'est deux manières différentes, ils s'adorent et en même temps voilà, et puis nous... On a quand même une fatigue accumulée depuis ces années-là. On essaie aussi de faire avancer nos carrières, de tout organiser. Donc c'est assez intense. Mais je pense qu'il y a toutes les valeurs importantes de le sol, il y a beaucoup d'amour. Il y a eu beaucoup d'amour, il y a beaucoup de joie aussi. Il y a aussi beaucoup parfois d'éclats, de colère, de fatigue, etc. C'est intense d'un point de vue émotionnel.
- Speaker #1
Et c'est moteur aussi, c'est ça que j'entends.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Oui oui !
- Speaker #1
Pour des... des parents, des personnes qui nous écoutent Hey ! et qui pourrait traverser d'équivalent dans... Une pathologie pour leur enfant ? sans vraiment de réponse. Claire. Je pense en fait à une de mes patientes. Il y a beaucoup de personnes dans ces cas-là. Avec la médecine qui ne sait pas forcément. qui n'a pas de réponse. qui nous envoie dans un service, un autre, et puis finalement... non seulement on a ce job de nouveau parent et tous ces éléments avec un vrai étayage, un vrai soutien à l'extérieur, parce qu'il y a aussi ça. Souvent. comme recommandation. pour ces parents-là, ces jeunes, tout jeunes parents-là.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, ils savent. Ils savent mieux que n'importe qui ce qui est le mieux. pour eux. dans leur contexte. C'est-à-dire que oui, c'est intéressant et c'est important de savoir... Tout à l'heure. ce que nous dit la médecine, etc. Mais chaque environnement, chaque contexte est différent. Et donc c'est de se faire confiance par rapport à ça et de se revenir... de revenir à se poser la question de... Qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Avec ce que je sais. Tu vois, tout à l'heure, tu me disais, ça me faisait sourire, pendant que j'étais en train de te répondre, tu me disais d'où tu viens, et je t'ai répondu littéralement du sud-ouest. Moi, je crois... croit vraiment à l'importance d'habiter. le moment présent, que ce soit le lieu. et le temps. Ça veut dire qu'on ne le subit pas, on n'attend pas qu'il passe pour avoir un résultat. C'est mais qu'est-ce que je veux faire maintenant ? Tout de suite ! Parce que c'est le seul moment où on peut faire quelque chose, en fait. Et donc si, par exemple, certaines personnes qui nous écoutent sont dans l'attente d'un diagnostic ou sont en train de perdre. un proche ou se disent qu'il n'y a peut-être plus que deux ou trois mois. c'est de se dire, j'ai... deux ou trois mois, j'ai aujourd'hui, j'ai cette heure-là. Et qu'est-ce que je vais en faire ? Et en fait, c'est ça qui réduit aussi l'anxiété, parce qu'on retrouve contrôle sur quelque chose. en fait, même si c'est tout petit. J'étais en train de discuter avec un client de coaching qui... qui... que j'ai accompagné quand sa maman avait une maladie dégénérative. Et c'était aussi changer cet état d'esprit-là. en disant, oui, soit on voit, il ne reste pas... 5 mois. où il reste... et qu'est-ce que j'ai envie d'en faire. Quels sont les messages que j'ai envie de passer ? Quel est le... ce que j'ai envie de communiquer. en fait. Et je pense que ça, c'est important. Et c'est des questions aussi que... que je posais à mon mari, il y a des fois, on a dû prendre des décisions qui avaient vraiment un impact. Est-ce qu'on fait cette chirurgie ? Et souvent, j'ai posé la question, imagine que dans les deux cas de figure, qu'on dise oui ou non. Ça se passe mal ? Quelle décision tu pourrais vivre ? Donc, on n'est pas en train de dire que ça va bien se passer. tu serais à l'aise. en fait. Donc c'est toujours de vivre dans le moment. de rep... d'essayer de se projeter dans le futur en disant mais... J'aurais un regret si j'ai fait... et qu'est-ce qui va me permettre Quelle décision aujourd'hui va me permettre d'être à l'aise avec ce qui va se passer ? peu importe ce qui se passe. Donc c'est toujours cette réflexion en revenant dans le moment présent.
- Speaker #1
Et puis il y a quelque chose de l'ordre de l'existentialisme. dans ce que tu décris, c'est aussi intégrer la possibilité de la mort en fait bien sûr et donc d'en faire jaillir cette pulsion de vie. Avec... l'instant.
- Speaker #0
Oui. Et c'est très drôle parce qu'on parlait au départ de l'implication, quelque chose qui est fort chez moi, quand je regarde mon fils aîné. absolument pas et parfois je me dis mais c'est pour ça qu'après tu t'es trop fatigué etc mais c'est ce Et je pense que c'est né en lui parce qu'il a failli mourir. En fait, il habite complètement sa vie et chaque moment est vécu intensément. peu importe après ou comment il s'en tira dans 5 heures, mais il vit intensément chaque moment. On sort dans la rue, il parle à tout le monde. Chaque interaction est importante, en fait. Donc, il utilise, en fait, il habite vraiment ce temps, ce lieu, ce moment, ce présent. Les enfants, naturellement, ont cette tendance à le faire, mais lui, c'est un degré qui est très important. Donc revenir en fait vraiment à... Il y a beaucoup d'incertitudes, il y a beaucoup de difficultés, mais là en fait, c'est quoi la prochaine action ? prochaine minute. Souvent, les psychologues en néonatalité ne réfléchissaient pas à ça, mais réfléchissaient à... en fait. et c'est à force de... pas que ça va vous apporter. Mais là, c'est qu'est-ce que vous voulez faire en fait ? Qu'est-ce qui va vous apporter quelque chose ? Et ça, c'est très personnel. Et personne ne peut le dire à votre place.
- Speaker #1
Merci pour... Ce message de... and J'aurais envie aussi de recommander d'aller sur les ressources. permettre de faire cet aller-retour entre Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de moi là ? traverser la minute qui vient. L'heure qui vient. la demi-journée et aussi les ressources extérieures qui viennent comme un étayage. quand il en manque, parce qu'on a besoin aussi. de cet aller-retour.
- Speaker #0
Yes, sir.
- Speaker #1
Ça me fait penser... à mes cours de conduite à l'époque. Mon prof me disait Si tu veux avancer sur la route, Avec ton environnement. et pouvoir partir d'un point A. à un point B. il est important que tu vois ce qui est proche de la voiture et que dans ton regard, tu vois en même temps loin et proche. Et je trouve qu'il y a quelque chose aussi de cet ordre-là, d'aller... prendre conscience qu'il y a cet intérieur et cette vie intérieure. Tu veux nourrir ? et donc voir mon besoin dans l'heure qui vient. et aussi d'aller voir un peu plus loin ce qu'il y a à l'extérieur et on parle toujours de... des interactions Soi et son environnement.
- Speaker #0
C'est des ajustements perpétuels.
- Speaker #1
C'est ça. Okay. Merci pour tous ces éléments. qui m'ont fait aussi cheminer énormément j'ai... J'ai été traversée d'un bouleversement tout à l'heure. Peut-être que tu l'as vu. pendant que tu partageais parce que forcément ça touche tout être humain et tout moment Évidemment, et tout papa. Parce que là, on n'a pas vu la place beaucoup. Il n'est pas là, on ne va pas parler à sa place. Oui. Bien sûr, du papa dans cette histoire qui est... qui a dû lui aussi être profondément chamboulé. Et du coup, c'est...
- Speaker #0
Excuse-moi, il y avait autre chose que je voulais partager aussi. Donc, tu parlais du lien avec l'extérieur aussi. Mais... de regarder, par exemple là on parle d'enfant, de regarder son enfant. ou de regarder la personne Parce qu'il y a beaucoup de choses qu'on peut puiser. Quand on regarde là, c'est... facile parce qu'à l'innocence d'un enfant Mais jamais mon enfant s'est senti malade. ou handicapé ou autre. Et Yannick Une anecdote que j'avais partagée sur LinkedIn il y a quelques mois. Il rit tout le temps, il sourit tout le temps. Et je vais faire une photo... Pour son passeport, on n'a pas le droit de sourire sur les photos. Et donc... C'était une catastrophe. Puis au bout de 20 minutes, j'ai commencé à m'énerver en disant « Mais il ne faut pas que tu souris pour le passeport. » Et il s'est mis à fondre en larmes. Et il m'a dit, mais maman... Je ne sais pas. ne pas sourire. Et en fait, ça m'a mis une claque en me disant, mais... Ce petit garçon qui a traversé plus que la majorité des personnes traversent dans une vie. Il est en train de dire qu'il ne sait pas ne pas sourire. Et je me suis dit, quand on regarde ça, en fait, c'est un sourire à la vie. Peu importe. Et je me suis dit, mais c'est un choix. Et c'est le même conseil que je donnerai, en fait, vous avez le choix. Vous avez le choix d'aller voir votre enfant ou pas. de prendre une pause ou pas. de dire oui à ça ou pas. Peu importe ce qu'on vous dit, en fait, comme moi, j'ai eu le choix, enfin, j'ai fait le choix de croire. très profond de dire qu'il a fait le choix en fait de... de vivre en fait. de profiter de la vie, de sourire, etc. Et je pense que... Aussi, regarder les gens, regarder les malades qu'on a autour de nous, les personnes qu'on accompagne. de regarder ce qu'il y a. Parce que souvent, on a tendance à montrer ce qu'il y a. ou le risque, ou la mort qui se rapproche. Mais regardez que, ben non, on a encore 5 mois. On a encore une journée ensemble. Et le nombre de personnes qui diraient « Oh, j'aurais tellement aimé profiter encore une semaine de cette personne ou autre. » Mais là, on l'a. Donc lui il sourit maintenant parce qu'il n'y a pas de raison de pleurer maintenant, à cet instant-là. Donc c'est ce choix-là, en fait, de regarder ce qu'il y a, en fait, plutôt que ce qui nous manque.
- Speaker #1
La question du libre-arbitre.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
qui est vraiment placé au centre en fait. Merci. Et maintenant, si c'est ok pour toi, c'est le moment rituel de mon pas de côté avec la visualisation. tu disais tout à l'heure qu'il y avait des moments dans ta vie projeter Du tout. présenté à l'avenir en disant que tu allais accueillir ce qui tel que c'est. tel que ça allait être. proposer cet exercice de te projeter. et on va voir ce qui émerge ça te va ?
- Speaker #0
Très bien. Avec plaisir.
- Speaker #1
À la chouette ! Du coup, je... Je t'invite à t'installer confortablement dans ton siège. Et puis, poser tes pieds bien ancrés dans le sol, bien à... Et puis de n'avoir aucun croisement si possible. pour laisser circuler l'énergie. Et puis... D'avoir le bas du dos bien calé, bien soutenu. Moi je regarde toujours à côté pendant ce temps là Pour tout te dire, je regarde mes rosiers. Yeah. Et toi, je t'invite soit à fixer quelque chose, soit à fermer les yeux si c'est possible. Et puis à prendre... Des respirations un peu plus... plus lent. de gonfler le ventre à l'inspire. d'expirer lentement. afin de justement laisser se déposer tout ce qu'on... Tous ceux... Tout ce par quoi... On a été traversé depuis le début de notre échange. Et puis de revenir à toi. dans cette respiration. Toi dans l'instant. Puis je te propose de te projeter dans cinq ans. Tout est possible, c'est un futur idéal. Il n'y a aucune contrainte. Tu peux être où tu veux, comme tu le veux. Est-ce que tu pourrais me dire ce que tu vois et où tu es ? Wait.
- Speaker #0
Je suis sur une plage.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je suis debout sur le sable. Et il y a la mer en face de moi. C'est une plage qui est plutôt exotique.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu vois précisément ?
- Speaker #0
Il y a du... Il y a du monde sur la plage. Je crois que c'est... Oui, je crois que c'est ma famille qui est là aussi, puis il y a d'autres personnes. Derrière moi... Donc ça va se passer dans mon dos. Il y a comme une sorte de résidence, un hôtel.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Un resort, plutôt.
- Speaker #1
Mecca.
- Speaker #0
Donc il y a des palmiers, en fait dans le resort il y a des palmiers, les palmiers sont derrière moi, je suis sur la plage, et à la plage devant je vois des enfants qui jouent avec un ballon.
- Speaker #1
okay Est-ce qu'il y a des bruits ?
- Speaker #0
Oui, il y a des rires. Il y a le clapotis des vagues. Tout doux. C'est des petites vaguelettes. Une brise ?
- Speaker #1
Et cette brise, est-ce que tu la ressens corporellement ? Est-ce qu'il y a d'autres sensations aussi peut-être ? Oui,
- Speaker #0
oui. Elle passe sur mon corps, je suis en maillot de bain. et du coup je sens Le vent, mais de la chaleur en même temps. C'est une brise qui est chaude. Je ne sais pas si elle y est, mais j'aimerais qu'il y ait l'odeur de l'iode. C'est plutôt le l'ordre de l'avenir. Peut-être qu'il faudrait que je m'approche un peu plus de l'eau, mais en tout cas... Je sais que si je m'approche, il y aurait une odeur d'iode.
- Speaker #1
Je t'invite à te rapprocher pour sentir cette odeur-là.
- Speaker #0
Et du coup, là, je sens le frais de mes pieds qui sont arrivés à l'eau. et qui s'enfoncent un peu dans le sable.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe autour de toi ? Tu parlais de tes enfants, d'enfants qui jouent au foot, c'est ça ? qui joue avec un ballon. Il se passe d'autres choses autour de toi ?
- Speaker #0
Non, je pense que mon mari est sur une serviette. Il s'allie tranquillement, il regarde aussi.
- Speaker #1
Et toi qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #0
Alors moi, je profite du moment. Déjà, je suis dans un lieu que j'aime beaucoup. J'adore la mer, c'est beau, il y a du soleil, tout ce que j'aime. Je suis heureuse aussi de voir que mon mari est bien sur sa serviette, que mes enfants jouent, qu'ils ne sont pas en train de se taper dessus. Là, il y a plutôt de l'harmonie. Et du coup, je sens aussi un... Je suis contente parce que je n'ai pas à intervenir et donc du coup il y a une forme de liberté et de lâcher prise. pas en train de leur courir, les séparer ? on ne peut pas taper ou autre. C'est qu'en fait, c'est autonome. Donc, je fais partie de l'environnement, mais... Mais là, pour une fois, je peux prendre du recul et du coup profiter. Je suis en train de me tâter, est-ce que je vais me baigner ou pas ? Donc c'est mes préoccupations du moment qui sont très agréables comme préoccupations.
- Speaker #1
Je reconnais. Et donc là, tout le monde... Ton rôle à ce moment-là, c'est quoi ?
- Speaker #0
Tu veux dire professionnellement ?
- Speaker #1
Non, juste dans l'instant, ta mission à ce moment-là... Ah,
- Speaker #0
c'est de passer du bon temps.
- Speaker #1
Passez du bon temps. Et si on regarde un peu plus... haut, un peu plus loin. Ta mission plus globale sur ce pourquoi t'es... this T'es sur Terre. Ta mission de vie, comme certains l'appellent, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Tu vois, c'est drôle parce que tu disais tout à l'heure que ça donnait de l'espoir. Il y a quelque chose autour de la transmission et d'accompagner des gens, mais c'est la philosophie du coaching en fait. pour qu'ils retrouvent espoir, qu'ils aient confiance en eux pour... Donc en fait, ce serait vraiment comme... L'image qui me vient, c'est un bâton de relais où j'arrive avec un bâton et je le... Je le passe à des gens et du coup ils continuent à courir. Le bâton de relais, je pense que c'est toujours une philosophie que j'ai eue tout au long de ma carrière. sur mes posts J'ai toujours fait en sorte que mes posts puissent être supprimables. C'est-à-dire que quand j'étais RH, je me disais, j'ai bien fait mon travail, quand on n'a plus besoin de moi, on n'a plus besoin de RH, parce que les managers ont été tellement bien développés qu'ils s'occupent de tous les aspects humains. Je sais que j'ai bien fait mon coaching quand à la fin du coaching, on n'a plus besoin de moi. Et parce que les personnes ont cette confiance en eux qui vont pouvoir... même s'ils ont d'autres problématiques, ils vont pouvoir les adresser par eux-mêmes. Donc en fait... impacté le plus. plus de gens possible. pour qu'ils aient confiance dans leurs capacités. confiant dans l'avenir et que tu parlais du libre-apprentissage qui se... prennent en main et qu'ils puissent avancer vers eux aussi leur mission. Je pense que je dirais quelque chose autour de ça.
- Speaker #1
Je t'invite à respirer. dans cette mission-là. depuis tes orteils sur cette plage. jusqu'au sommet de ton crâne. afin de bien imprégner. toutes les cellules de ton corps par la respiration. de cette mission. Quelle est tienne ? Et puis... Quand c'est OK, je t'invite à prendre des... Respiration un peu plus prononcée. Je t'ai tiré. de paillettes si c'est ce dont tu as besoin dans l'instant. Et puis de revenir avec moi en ouvrant les yeux quand c'est bon. Comment tu te sens ?
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Si là, dans la semaine qui vient, tu pouvais... mettre en place une petite action, quelque chose pour tendre vers cette plage. Dans 5 ans, c'est un tout petit pas, mais ça est fait de plein de petits pas. Qu'est-ce que tu pourrais mettre en place cette semaine ? Faire.
- Speaker #0
Alors je pense que ça va être dans la continuité. Parce que c'est le... C'est le travail que je fais en tant que... coach, conférencière ou... ou en médecine périnatale. Mais l'idée qui me vient tout de suite... qui est plus personnel. En plus, ça tombe bien parce que cette semaine, je vais faire du solo parenting parce que mon mari est en déplacement. Donc, je vais être seule avec les enfants. Et je pense qu'en fait, j'ai envie de les responsabiliser un peu plus eux aussi. Parce que le rôle... que j'ai avec mes clients, qui évidemment sont adultes, est très différent de celui que j'ai avec mes enfants. C'est-à-dire que je suis très... présente et un cadre qui est très présent avec mes enfants. Mais du coup, j'ai envie d'utiliser cette semaine-là pour les responsabiliser un peu plus et qu'ils fassent aussi un peu plus. dans la maison et pour... Retrouver cette sensation où je peux les regarder faire des choses. Et pas moi qui est forcément... Ouah, Roran. ou à faire des choses, mais de les impliquer. pour que je sente un peu moins de... de... tension dans l'action mais que je puisse me mettre un peu plus en recul et qu'il fasse un petit peu plus aussi Ils ont trois ans. 6 ans, donc ça... Ça a des limites, mais déjà pour cet âge-là, et avec ce qui est possible, prendre un petit peu plus... leur laisser un peu plus d'espace pour qu'eux aussi prennent plus.
- Speaker #1
Et quoi ?
- Speaker #0
Alors très concrètement... Je pense que je vais leur demander de m'aider à mettre le couvert, au lieu de moi aérer leur lit par exemple qu'ils le fassent. qui s'habille tout seul et peu importe si ça prend trois quarts d'heure au lieu de dix minutes. Voilà, ça, des exemples comme ça. De ne pas forcément intervenir s'ils sont en train de se disputer ou... se taper dessus, il faut voir jusqu'à quel point Mais essayer de les laisser régler ça eux-mêmes. Quelque part.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
des choses très pratiques
- Speaker #1
Très bien. que peut-être tu pourrais le noter.
- Speaker #0
Oui ?
- Speaker #1
Super ! Parce que là, il ne s'agit pas d'une action, il s'agit de quelque chose de plus étendu. Mais si tu le notes... Tu le sais, en tant que coach, ça... implique davantage Ça ancre. dans les deux sens du terme.
- Speaker #0
Right.
- Speaker #1
Eh bien écoute, on arrive à la fin de ce temps partagé. de notre conversation de ce matin Si tu pouvais garder trois mots ? de notre conversation, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Respiration. Je pense que pour moi, ça a été... bon moment. Connexion Donc le... Connexion et joie. Parce que je vois d'avoir passé ce moment avec toi. de m'être connectée à toi connecté à moi aussi d'avoir pris le temps donc pour moi c'est un cadeau que je me suis fait et que tu m'as fait et connexion aussi avec toutes les personnes qui nous écoutent ou qui vont nous regarder. avec cette idée de vouloir transmettre ça. aussi et qu'eux aussi puissent être plus connectés. à leur environnement.
- Speaker #1
Merci. très reconnaissante du temps que tu nous as accordé. ce matin. et je te dis à très bientôt
- Speaker #0
Merci pour ton temps, ton écoute et de... d'avoir... inviter ce partage-là. cette connexion-là. Merci.
- Speaker #1
Merci Laurence. A bientôt !
- Speaker #0
A bientôt ! Au revoir !
- Speaker #1
Tu écoutais mon pas de côté. Si cet épisode t'a touché, peut le noter T'abonner ? et le partager à quelqu'un. C'est ce qui permet à la communauté de se développer. et au podcast de continuer. Tu peux aussi retrouver la newsletter mensuelle, les ateliers d'écriture thérapeutique du lundi et les outils de recherche. et tout l'écosystème sur Je suis Andine. Et je te dis à très vite. pour un nouveau pas de côté.