Speaker #0Bienvenue dans Murmure Atypique, le podcast qui explore la vie sous le prisme des neurodivergences. Je suis Adeline, créatrice de contenu culinaire et maman, et j'ai à cœur de partager ma vision du monde en tant que femme neuroatypique. Dans chaque épisode, vous découvrirez des réflexions et des récits qui vous invitent à plonger dans un univers où chaque voix compte. Hello, hello, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, on va continuer de parler de... burnout. J'ai déjà fait un premier épisode sur le burnout et ce que j'ai vécu durant cette phase de burnout, donc vraiment mon témoignage, mon expérience. Et aujourd'hui, on va reprendre les différentes étapes dont je vous avais parlé qui permettent de sortir d'un burnout qui, je le rappelle, peut être un processus long et qui demande une réelle prise de conscience et des ajustements en profondeur en tenant compte de notre manière. unique de vivre et de ressentir le monde. Il faut savoir que le burnout touche de nombreuses personnes et il peut être vraiment difficile pour les personnes neurodivergentes de le reconnaître et d'y faire face car souvent, on le confond avec une simple fatigue. Dans cet épisode, comme je le disais, vous allez comprendre les étapes essentielles pour en sortir ainsi que les outils adaptés à nos particularités neurodivergentes, en tout cas celles que j'ai pu lire, celles que j'ai pu expérimenter. Et à la fin de l'épisode, j'espère que vous aurez une meilleure compréhension de la manière de repérer un burn-out, de gérer le repos et de procéder petit à petit à un ajustement progressif de votre mode de vie pour retrouver un équilibre. Vous savez que je suis encore dans cette phase-là de recherche d'équilibre, d'ajustement. J'ai, je pense, fait le plus gros du chemin, mais je vais vivre cette dernière étape avec vous puisque je ne suis pas encore complètement sortie de l'épuisement. Je ne vais pas forcément reprendre dans cet épisode les différentes notions autour du burn-out, à savoir le burn-out, le burn-in, le surmenage, comment les différencier, quels sont les facteurs déclencheurs. Tout ça, je l'ai évoqué dans la première partie, donc le premier épisode sur le burn-out. Je vais quand même faire un petit point sur comment repérer les signes du burn-out chez les personnes neurodivergentes, parce que ça peut être plus complexe. Comme je vous le disais tout à l'heure, on le confond parfois, simplement. avec de la fatigue, alors qu'on peut déjà être dans une phase d'épuisement prolongée qui, elle, va mener au burn-out. Les symptômes peuvent être, chez les personnes neuroatypiques, plus discrets ou se mélanger à d'autres difficultés comme l'anxiété ou la surcharge sensorielle. Et c'est ce que je trouve vraiment difficile pour repérer ce moment où la coupe est pleine, comme on dit. Il faut s'imaginer que le cerveau, c'est comme une tasse d'eau. Au départ, on peut supporter un certain niveau d'eau, mais avec le temps, l'eau commence. complètement à déborder. Et en fait, le burn-out, c'est ça. C'est ce débordement qui n'est plus du tout contrôlable. Pour vous parler d'un exemple que j'ai pu repérer autour de moi, donc un exemple plutôt personnel, j'ai une amie qui jonglait entre son travail, sa vie de maman, en plus, elle venait d'avoir un deuxième enfant, et qui a commencé à sentir que chaque tâche du quotidien devenait plus difficile. Elle sentait qu'elle était quand même bien épuisée, mais je ne suis pas sûre qu'elle se soit rendue compte qu'il s'agissait d'un burn-out latent. qui s'installait progressivement. Et c'est seulement après avoir pris le temps de l'écouter qu'elle a pu voir qu'elle était vraiment bien plus épuisée que ce qu'elle croyait. Je pense qu'elle en avait peut-être conscience, mais que ce n'était tout simplement pas possible pour elle de l'accepter et de le reconnaître à cet instant-là, tout simplement parce qu'il y avait d'autres facteurs qui entraient en jeu. Ça peut être des facteurs divers, mais on ne peut pas pouvoir s'absenter de son travail. on peut ne pas être prête à faire ce... ce grand saut dans ce qui va être quand même un gros changement. Et précisons aussi que cette amie-là n'avait pas encore conscience de ses neuroatypies. Elle se posait peut-être déjà des questions, mais elle n'avait pas fait valider de diagnostic, elle n'avait pas fait d'autodiagnostic non plus. Donc je pense que ça pouvait être compliqué de se rendre compte de ce qui se jouait réellement à l'instant T. Alors arrêtons-nous deux minutes pour reparler quand même des signes qui permettent de voir que l'on peut être en burn-out. Donc il y a un épuisement extrême, physique, mental. Il peut y avoir des troubles du sommeil, une perte de motivation, une plus forte hypersensibilité aussi, des douleurs physiques, une forte anxiété. Bref, on sent que quelque chose en nous n'est pas normal. C'est vraiment important à ce moment-là de se poser pour écouter ce qui se passe à l'intérieur de nous, que ce soit psychologiquement, physiquement, et repérer ces signes-là. C'est pas toujours simple et c'est pour ça qu'il peut être vraiment très important de se faire accompagner. D'ailleurs, je le répète, je vais vous transmettre ce que je sais du burnout, les outils que j'ai pu découvrir. mais cela ne remplace en aucun cas un avis médical. N'hésitez pas, si vous pensez être en burn-out ou si vous êtes en burn-out, de vous faire accompagner par un professionnel de santé compétent. Une fois qu'on a identifié les signes, l'étape qui n'est pas simple, c'est d'accepter que l'on est en burn-out. Ce n'est pas simple parce que ça remet beaucoup de choses en question, et en même temps, c'est vraiment important de ne pas le minimiser et d'éviter de culpabiliser, même si, on ne va pas se mentir, ce n'est vraiment pas facile. Comme je vous le disais, on peut à ce moment-là... se faire accompagner par un médecin, un psychologue, un psychiatre, un thérapeute. L'idéal étant qu'ils soient spécialisés dans l'épuisement, dans le burn-out, afin que le suivi soit le plus adapté possible. Donc là, l'objectif, c'est poser un diagnostic clair et éviter que la situation empire. On peut aussi démarrer par une auto-évaluation. On peut utiliser des questionnaires qui sont souvent disponibles sur Internet. Il y a le MBA, il y a des questionnaires qui sont disponibles sur Internet pour mesurer le niveau d'épuisement. On peut faire un journal de bord, noter ses symptômes, ses émotions, au fil des jours pour repérer les tendances et voir si quelque chose se dessine. On peut évidemment consulter un professionnel de santé. Et comme je vous le disais, quand on est neuroatypique, reconnaître l'épuisement, ça peut être compliqué, surtout si on est habitué à fonctionner en mode survie ou à masquer ses difficultés. Pour ça, on peut, comme je vous le disais, prendre note de ce qu'on ressent, de ce qu'on vit, des symptômes physiques, mentaux. Donc soit en créant un tableau de suivi des symptômes. Pour ma part, j'ai découvert l'application Dailyo. Je mettrai la référence en description qui permet vraiment d'annoter facilement les différents symptômes qu'on peut repérer dans la journée. Je l'avais utilisé dans un autre cadre lors d'un test de traitement TDAH, mais ça fonctionne très bien aussi pour repérer les symptômes par rapport au burn-out. Et si vous avez déjà conscience d'être neuroatypique, vous pouvez peut-être vous diriger vers un professionnel de santé qui est sensibilisé aux neurodivergences, voire qui est spécialisée dans les neurodivergences, ce qui permettra vraiment d'éviter... de se tromper dans le diagnostic. Ce qui peut être vraiment bien en amont de ce rendez-vous, c'est de préparer la liste des symptômes observés. C'est là où c'est important de s'observer, justement. Et ça facilitera la consultation, ça évitera que vous oubliez des choses. Je sais que moi, je suis vraiment la pro pour, une fois que je suis dans le cabinet du professionnel de santé, d'oublier toutes ces choses que je m'étais répétées mentalement X fois, mais de les oublier et de ne pas réussir à les restituer. Donc pour ça, généralement, je me fais une note et ça me permet de ne pas oublier l'essentiel. Ce qui a été aussi très utile pour moi, c'est de lister ce qui drainait mon énergie et lister ce qui rechargeait l'énergie chez moi. Ça, je l'ai fait du moment où je me suis questionnée sur le TSA, donc l'autisme, parce que je voyais bien que les outils que j'essayais d'appliquer, qui sont recommandés lors d'un burn-out non autistique, donc parental, professionnel, etc., ne fonctionnaient pas forcément chez moi, ou en tout cas... Pas suffisamment, puisque je continuais à être dans un état d'épuisement assez élevé. Et j'ai commencé à lister ce qui dénait vraiment mon énergie. Ça peut être le bruit, ça peut être les interactions sociales, la surcharge cognitive, la surstimulation, certaines activités en particulier qui demandent beaucoup de concentration. Bref, l'idée, c'est vraiment de s'observer sur une ou plusieurs journées et de voir comment on se sent après avoir effectué cette tâche, en fonction de la durée aussi. Et pour ce qui recharge l'énergie, ça peut être les intérêts spécifiques. quelque chose qui vous passionne, ça peut être une solitude qu'on choisit, ça peut être de s'isoler pour limiter toute stimulation et se recharger pendant quelques minutes, évidemment dans la mesure du possible. Mais voilà, listez ce qui vous recharge de mon côté par exemple. Ce qui me recharge ou en tout cas ce qui ne me demande pas trop d'énergie, ça va être de regarder une série qui me plaît, d'écouter de la musique, principalement de la musique douce. Apparemment, la musique classique me recharge énormément. La lecture, ça va aussi être quelque chose qui ne va pas être trop... coûteux en énergie à condition que ce ne soit pas des lectures qui soient trop cérébrales. Je vais plutôt favoriser dans ces cas-là des lectures légères. Et ces observations-là, j'ai pu les faire progressivement et très sincèrement aujourd'hui, j'ai peu d'activités qui me rechargent parce que dès que ça demande beaucoup de concentration ou une concentration prolongée, disons-voir, ça va très vite me drainer. Mais c'est aussi parce que, justement, je n'ai pas encore trouvé ce rythme de croisière. Donc ça, c'est pour cette première étape de reconnaître et accepter le burn-out, l'état de burn-out. S'en suit un temps de repos total. Quand on est maman, c'est vraiment difficile. Parce que notre enfant, qu'on soit en burn-out ou non, a besoin de nous. Alors évidemment, ce qui est primordial, c'est d'avoir du relais. Je vous invite à écouter mon premier épisode sur le burn-out pour connaître l'histoire complète. De mon côté, quand j'ai été en phase, disons, voire aiguë du burn-out, cet épuisement total et complet. C'est arrivé quand Sam a arrêté de travailler. À ce moment-là, comme je le disais, je ne fonctionnais plus et j'avais vraiment besoin de quelqu'un qui puisse gérer l'intendance de la maison. qui puisse s'occuper d'Alice. Moi, finalement, je l'allaitais, je passais des petits moments de qualité avec elle, mais je ne pouvais pas faire beaucoup plus. Il a été ce relais-là, il a fait plus que sa part, ce qui m'a permis de me reposer dans la mesure du possible. J'entends que ça peut être très difficile, voire impossible en fonction des situations, et c'est là qu'il est important de se faire accompagner pour trouver les solutions les plus adaptées à votre situation. Alors, il faut savoir que se reposer ne se résume pas à dormir. C'est vraiment un processus plus global. Chez les personnes neuroatypiques, ça va vraiment consister à réduire au maximum les stimulations parce que c'est quelque chose qui va souvent nous décharger et accepter qu'on ne peut pas tout faire en même temps. Il y a un repos qu'on oublie généralement, ou en tout cas que moi j'ai mis beaucoup de temps à voir et surtout à prendre conscience à quel point ce repos était aussi important que le repos physique, c'est le repos mental. Parce que c'est celui qui va permettre à notre système nerveux de se régénérer. Et vraiment, de base, une personne en burn-out, a besoin de ça, qu'elle soit neuro-typique ou neuro-atypique. Pour une personne neuro-atypique, c'est primordial, et on doit vraiment être attentif à ça. Finalement, c'est comme quand un téléphone est déchargé. Pour qu'il fonctionne à nouveau, il doit être branché. Si on le branche mais qu'on l'utilise en même temps, il ne va pas se recharger correctement, ou en tout cas, il va mettre beaucoup plus de temps à se recharger. C'est là qu'il est important pour nous de débrancher notre cerveau dans la mesure du possible, ou en tout cas, de le faire au moins quelques fois par jour. L'idée, ça va être de... se concentrer sur des activités qui nous font du bien, qui vont nous détendre. Ça peut être, comme je le disais, des lectures légères, ça peut être regarder une petite série qui nous fait du bien, ça peut être se promener aussi. Alors là, pour le coup, c'est pas un repos physique, mais ça va vraiment être un repos mental. C'est se promener à l'extérieur, sans avoir forcément des stimulations trop importantes autour. On évitera d'écouter un podcast en même temps, à moins, évidemment, que c'est ce qui vous recharge. On évitera de répondre à des messages, de faire des vocaux, bref, se concentrer sur une seule tâche à la fois. On parle beaucoup de double tasking quand il s'agit de neuroatypie, donc c'est le fait de faire deux choses en même temps. C'est quelque chose qu'on a tendance à faire quand on est neuroatypique, mais ce n'est pas ce qui est le mieux pour nous. Et en période d'épuisement, c'est quelque chose qu'il faudrait éviter de faire, même si c'est difficile. Et ce n'est pas toujours possible, mais en tout cas, on peut faire de son mieux et essayer, dans ces moments de détente, de faire une seule chose à la fois. Pour prendre ce temps de repos, ça va parfois demander de s'arrêter, de s'arrêter d'un point de vue professionnel. Là encore, parfois ce n'est pas possible. D'où l'importance d'aller consulter un professionnel de santé qui va estimer le temps de repos qu'il vous faudra pour vous remettre de cet état d'épuisement, de ce burn-out, et qui vous mettra finalement en arrêt de travail. Essayez de faire des pauses dans les obligations. ou en tout cas déléguer au plus possible ce qu'il est possible de déléguer. J'ai bien conscience que parfois, ce n'est tout simplement pas possible. Si on prend mon exemple, Sam s'est arrêté un certain nombre de mois durant lesquels il a, comme je vous l'ai expliqué, plus ou moins tout géré à la maison, même si je faisais certaines choses. En revanche, du moment où il a repris le travail, je n'étais pas complètement remise. Et Alice étant à la crèche trois jours par semaine, il me restait deux jours seule avec elle. Et sincèrement, ces deux journées-là étaient très énergivores pour moi. sont encore très énergivores pour moi. Et à ce moment-là, j'ai décidé d'aller chez ma mère une de ces deux journées pour pas forcément avoir un relais complet, mais avoir cette sécurité d'avoir un adulte près de moi qui pourrait prendre le relais si vraiment je n'y arrivais plus. J'ai eu la chance qu'à ce moment-là, ma mère était disponible. Mais comme vous le voyez, ça demande vraiment de se poser la question de ce qu'il est possible de faire pour mieux vivre les périodes durant lesquelles on ne peut pas forcément avoir ce temps de repos total et complet. J'en parlais avant, diminuer les stimulations, c'est vraiment important. Ça intègre beaucoup de notions, donc tout ce qui est sensoriel. Éviter le bruit a tendance à énormément décharger les personnes neuroatypiques. Donc n'hésitez pas à mettre des poules-quies ou un casque réducteur de bruit. Limiter les interactions trop intenses. On peut par exemple aménager des temps d'interaction sociale en fonction de ce qui nous recharge ou ce qui nous décharge, bien sûr, en fonction de ce qui vous fait du bien à vous. mais on peut dans un premier temps limiter ces temps d'interaction ou choisir des personnes avec qui on se sent vraiment bien, en confiance, avec qui on peut tout simplement, même si on se voit s'affaler sur le canapé sans avoir à culpabiliser, une personne avec qui on n'a pas besoin de masquer. Je pense que c'est vraiment important. On peut être soi-même. Généralement, c'est soit la famille, soit les amis très proches, vraiment ces personnes qui nous soutiennent et nous comprennent. Et puis, il y a aussi limiter les écrans. Alors c'est le cas de manière générale et c'est vraiment le cas pour les personnes neuroatypiques. Lorsqu'on est sur son téléphone ou sur son ordinateur d'ailleurs, on a énormément d'informations qui viennent à nous. On capte tout et ça peut être très énergivore. Donc voilà, limiter les temps d'écran. On peut utiliser, par exemple, des limiteurs d'écran. Moi, j'utilise l'application Forest qui, à l'époque, était gratuite. Maintenant, je crois qu'elle est devenue payante, même si le coût n'est pas très élevé, il me semble. Mais qui me permet d'être un peu plus disciplinée sur mon temps d'écran. J'ai aussi des limiteurs d'écran. J'utilise tout simplement le mode bien-être sur Android qui me permet de fixer des limites d'écran. Quand je les ai atteintes, l'application se ferme. Je ne vais pas vous mentir. « Parfois, j'ai envie ou j'ai besoin de prolonger ce temps d'écran et c'est possible. » Donc, c'est un peu la difficulté avec ces méthodes-là, c'est que les écrans apportent généralement beaucoup de dopamine en fonction de ce qu'on fait sur ces écrans-là. Et il peut être difficile de limiter le temps d'écran, mais on peut essayer de mettre ces stratégies en place et voir si ça fonctionne pour nous. Et voir peut-être d'avoir une personne près de nous, une personne qui vit avec nous, qui pourrait nous seconder dans cette mission de limiter les écrans. en nous rappelant pourquoi on le fait et pourquoi c'est important. Évidemment, prioriser le sommeil. Et évidemment, ce n'est pas du tout facile quand on est parent, surtout d'enfant en bas âge. Durant toute cette période de burn-out, Alice ne faisait pas ses nuits. Elle ne fait pas de nuit complète. Récemment, elle a fait 15 jours de nuit plus ou moins complète. Mais voilà, elle a deux ans et demi. Et jusqu'à présent, elle se réveillait chaque nuit, plusieurs fois par nuit. Et majoritairement, c'est moi qu'elle réclame. la nuit et c'est très compliqué si ce n'est pas moi qui viens l'aider à se rendormir ou répondre à son besoin la nuit. Donc il est clair que de mon côté le sommeil ça a été compliqué, c'est aussi certainement une des raisons pour lesquelles le burn-out a tiré vraiment en longueur. Mais par contre j'ai essayé de compenser en tout cas les jours de crèche par des siestes qui me permettaient de me ressourcer un petit peu, surtout quand les nuits avaient été vraiment difficiles. Se recharger sensoriellement, c'est aussi important. quand on est neuroatypique. Donc en évitant les environnements agressifs, en privilégiant les espaces sécurisants. Je vous en parlais déjà dans le premier épisode, ça permet vraiment au cerveau et au corps de récupérer. On peut essayer, par exemple, pour tenir ces temps de repos, de mettre une routine en place, une routine de récupération. Si on arrive à tenir les routines, ce n'est pas toujours facile quand on a, par exemple, un TDAH. C'est un peu plus facile quand on a un TSA. Et quand on a les deux, ma foi, ça dépend des personnes. Pour ma part, j'ai des difficultés à maintenir les routines. Ça peut être bien de pouvoir créer une bulle de repos chez soi en aménageant un espace apaisant, en limitant les stimulations, son, lumière, notifications, etc. Dans la mesure du possible, là encore. Je sais que moi, j'avais tendance à m'isoler dans la chambre quand j'avais besoin de ce long temps de repos. On ne va pas se mentir, Alice me rejoignait fréquemment et elle voulait soit que je lui dise une histoire, soit que je joue avec elle. C'était OK. Majoritairement, ça m'essayait de l'occuper autant que possible. mais ça reste un enfant bas âge qui a aussi besoin de sa maman. Et dans ces cas-là, en fait, moi, ça me permettait d'avoir quand même ce repos physique puisque j'étais allongée. Alors, c'est sûr, je n'avais pas le repos mental, mais voilà, j'essayais de favoriser les activités qui n'étaient pas trop énergivores pour moi. Par exemple, la lecture, c'est quelque chose que j'apprécie, c'est un de mes intérêts spécifiques. Donc, c'était OK pour moi, en fait, de lui lire des livres. Et comme elle adore lire des livres, vous pouvez passer plusieurs minutes à lire des livres. Donc ça, c'était plutôt cool. Le dessin aussi, c'est une activité qui me fait du bien. qui me reposent mentalement. Donc parfois, on décide juste de dessiner ensemble. Voilà, vous pouvez trouver finalement les activités à faire avec votre enfant qui ne sont pas trop épuisantes pour vous. Enfin, ce qui est souvent bénéfique, c'est la pleine conscience. Donc tout ce qui est technique de relaxation, méditation, respiration, yoga doux, balade en pleine nature. Là, idem, à vous de voir en fonction de ce que vous aimez, de ce qui vous fait du bien et de ce que vous pouvez faire. Je sais que moi, avec mon hyperactivité, c'est plutôt difficile de méditer, ça va dépendre de plein de facteurs. En fait, si j'ai envie de méditer, ça va être facile pour moi. Si je n'en ai pas envie, ça va être vraiment très difficile. Du coup, pendant cette période de burn-out, j'ai vraiment eu des difficultés à méditer. En revanche, ce que j'ai fait, si je n'avais par exemple pas la possibilité de faire une sieste ou pas l'envie de faire une sieste, je m'isolais dans la chambre, majoritairement quand Alice n'était pas là, mais parfois aussi quand Alice était là et que j'avais un relais, et j'utilisais une application de méditation guidée qui pouvait mener au sommeil. donc parfois je m'endormais, ça c'était plutôt cool, et parfois ça me faisait vraiment juste un temps de repos, avec quelque chose qui me permettait quand même de calmer mon esprit, parce que vu que c'était une méditation guidée, je l'écoutais et ça m'évitait de partir dans tous les sens. Il existe tout un tas d'applications pour les méditations guidées, le yoga, etc. Pour ma part, j'avais profité d'une super offre sur Down Dog, et du coup j'utilisais l'application méditation. Tout ce qui est respiration, vous pouvez pratiquer la cohérence cardiaque, qui est vraiment bénéfique. De mon côté, j'utilise l'application, je la cherche en même temps, Breathe, donc respire en anglais. Je mettrai également la référence en description et j'utilise la méthode 4-6, donc 4 inspirations. pour 6 expirations en 18 cycles. C'est ce qui est généralement recommandé pour réduire l'anxiété, calmer le mental, etc. Je vous invite d'ailleurs à lire le livre « Je suis épuisée » de Cathy Assenheim. J'en parlais déjà dans le premier épisode, c'est vraiment une pépite. Si vous n'êtes pas encore renseigné sur le burn-out, si vous avez envie d'apprendre plus sur le sujet, vraiment, je l'ai trouvé extrêmement complet. Elle parle d'ailleurs de toutes ces méthodes que je vous transmets ici. Et évidemment, n'oubliez pas d'écouter votre corps. On essaye de manger équilibré, même si ce n'est vraiment pas toujours simple. Pour ma part, pour celles et ceux qui ne le savent pas, j'ai un blog de recettes depuis 10 ans maintenant. Je mange de manière plutôt équilibrée, même si, comme tout le monde, j'aime aussi les plats comfort food. Mais c'est surtout quelque chose qui est très important pour moi, de manger équilibré. Du coup, ça n'a pas vraiment été un problème, car j'ai aussi un conjoint qui a appris à cuisiner à mes côtés et qui a... conscience de l'importance de l'équilibre alimentaire. Donc lui a pris le relais sur les repas en faisant des repas vraiment équilibrés comme ce que je faisais moi. Finalement, l'avantage, c'est qu'il a accès à toute ma base de données de recettes et que forcément, il a juste à préparer la liste de courses en fonction et à utiliser mes recettes. Donc ça, c'est plutôt cool parce que on va dire qu'il ne cuisine pas autant que moi de base, mais j'ai bien conscience que ça peut être difficile lorsqu'on est épuisé de cuisiner. et de cuisiner équilibré. Pour ça, des petites astuces, pensez aux légumes surgelés qui sont très rapides à cuisiner et qui, du coup, vous demanderont peu d'énergie, mais vous en donneront beaucoup. N'oubliez pas les protéines, que ce soit animales ou végétales, en fonction de votre régime alimentaire ou de vos préférences alimentaires. Je vous conseille généralement d'éviter tout ce qui est caféine, alcool, etc., de bien s'hydrater et de prendre soin de soi, tout simplement. Pour l'environnement sensoriel adapté, j'ai oublié de vous préciser quelque chose tout à l'heure, c'est que... La neuropsychologue m'avait conseillé la couverture lestée pour ses temps de repos, pas forcément pour dormir la nuit, je ne l'utilise pas la nuit, mais pour les temps de repos. Et j'avoue que ça a très bien fonctionné pour moi, c'est quelque chose qui m'apaise beaucoup. Donc pensez-y, ça peut être quelque chose d'utile pour vous. Et pour tout ce qui est de mise en place des routines, je vous disais que ça ne fonctionne pas trop chez moi, mais c'est vrai que j'ai mis quelques petites astuces en place. Par exemple, j'avais des alarmes sur mon téléphone pour la prise de tous les compléments alimentaires. que je devais prendre pour réguler mes carences. Et j'en avais aussi pour la cohérence cardiaque. Ça me permettait de ne pas oublier. Et de manière générale, j'ai plutôt privilégié le repos dit actif, puisque forcément, en étant hyperactive, c'est difficile de se reposer complètement parce que l'hyperactivité étant très forte chez moi, c'est vraiment un challenge pour moi de simplement être posée et de ne rien faire ou de faire peu. Donc, ça passait par l'écoute de podcasts sur un sujet qui me passionne, par du dessin. par quelques petites activités créatives et par le fait de regarder des séries parce que ça, je savais que ça reposait beaucoup mon corps qu'en regardant la série, j'étais tellement de toute façon épuisée que mon cerveau se... arrivait à focus sur la série, ce que j'arrive pas forcément toujours à faire, j'ai toujours... je suis souvent en double tasking, mais à ce moment-là en tout cas, j'arrivais à me focus sur la série et du coup, à éviter de penser à trop de choses en même temps, bon, faut dire j'étais dans un état d'épuisement extrême. Si le repos... passif et quelque chose qui est difficile pour vous, pensez au repos actif. Il faut savoir que sortir du burn-out, ça demande vraiment un réajustement progressif des habitudes de vie. C'est l'étape généralement qui suit cette phase de repos. Donc une fois qu'on commence à vraiment retrouver un peu d'énergie, il ne s'agit pas en fait de repartir direct, mais au contraire de se poser et de réfléchir à « qu'est-ce qui m'a mené au burn-out ? » pour déconstruire en fait les schémas épuisants. Donc l'idée, ce n'est pas de tout arrêter d'un coup, mais plutôt de réintégrer certaines activités de manière douce et réfléchie. Ça peut être un changement de priorité, ça peut être simplement le fait d'adopter un rythme plus slow, plus calme. Accepter de demander de l'aide aussi, et ça c'est super important. Ce n'est pas facile à faire, mais dans ce moment-là, on en a vraiment besoin. S'entourer des bonnes personnes qui pourront nous soutenir, nous accompagner, nous tirer vers le haut, sans jugement. Finalement, dans cette phase-là, c'est un peu lorsque vous remettez en place une pièce du puzzle qui a été un peu trop tordue. Il faut avancer étape par étape et prendre le temps de bien ajuster chaque morceau pour retrouver l'ensemble. Il faut savoir aussi que le temps de récupération, le temps de repos, va vraiment être différent et varier en fonction de chaque personne. Chaque personne est unique, chaque cheminement est unique. Et la récupération peut parfois être lente, mais elle est vraiment possible avec le bon accompagnement. Ça, il faut le savoir. Et l'objectif ensuite, c'est lorsqu'on est encore dans cette phase de repos, mais qu'on retrouve un peu d'énergie, c'est de ne pas, entre guillemets, juste se reposer. mais réfléchir à comment éviter que l'on reproduise les mêmes schémas. Donc l'idée, c'est vraiment d'analyser ce qui a mené au burn-out. Est-ce que c'est une surcharge de travail ? Est-ce que c'est une charge mentale trop importante ? Est-ce que c'est une hyperadaptation du masquage ? Est-ce que justement, ce serait les neuroatypies qui créent un déséquilibre ? Est-ce que c'est un gros changement qui serait arrivé dans votre vie ? Petit exemple, la parentalité, et qui aura créé un déséquilibre si grand que vous n'avez pas réussi à suivre le flot, on va dire. Bref, vraiment se questionner de qu'est-ce qui vous a mené là. Pour ma part, je sais que c'est multifactoriel. Il y a eu d'abord mon travail passion qui m'a demandé beaucoup d'énergie, et je sais que je me suis donnée peut-être un peu trop à fond. sans me reposer. Et même si j'en avais conscience, je n'arrivais pas à faire autrement. Mais en même temps, vous n'avez pas, je pense, conscience que mon hyperactivité était si dérangeante, si handicapante au quotidien. Et je n'avais pas non plus conscience de ce TSA. Je le dis parce que c'est vraiment important de ne pas culpabiliser. En fait, reconnaître ce qui nous a menés là, ce n'est pas se taper sur les doigts. C'est juste reconnaître ce qui a péché et comment on pourrait faire différemment. Je pense que c'est aussi super important de travailler sur ces croyances limitantes. Avoir conscience qu'on n'a pas besoin d'être performant tout le temps, qu'on n'a pas besoin de s'adapter à tout et à tout le monde, qu'on peut dire non. Bref, toutes ces choses qu'on ne s'autorise pas, toutes ces choses qu'on pensait être obligatoires. Bref, toutes ces choses vraiment qu'on se dit et qu'on fait depuis des années sans se poser vraiment de questions. Et justement, se poser les questions de pourquoi on fait ces choses-là et est-ce que c'est bon pour nous ou non. C'est aussi hyper important de repérer ses limites, justement, ses limites personnelles. Apprendre à ressentir les signaux de fatigue. avant qu'ils ne deviennent critiques. Et ça, ça a vraiment été un gros challenge pour moi. Finalement, quand je faisais une activité, c'est qu'à la fin de l'activité que je me rendais compte que j'étais épuisée. Alors qu'il y a plein de signaux avant-coureurs. Bon, quand on est neuroatypique, c'est un peu plus difficile de les repérer. Mais là aussi, on peut trouver des astuces, trouver des outils pour justement arriver à le faire et éviter de retomber dans les mêmes schémas. L'idée, c'est d'essayer de repérer ces petits signaux, justement, qui vous alertent que vous êtes en train de dépasser les limites. Ça demande... énormément d'observations, et c'est pas forcément toujours simple, mais pour l'avoir expérimenté, je trouve ça vraiment aidant. On peut aussi se poser la question de, quand on fait quelque chose, est-ce que c'est un besoin réel que l'on a ? Une envie réelle ? Ou est-ce que c'est une injonction sociale ? Et ça aussi, c'est important, parce que n'oublions pas que la société actuelle n'a pas été modelée pour les personnes neuroatypiques. Alors évidemment, on arrive à vivre dans cet environnement, mais il y a certaines choses qui ne sont pas du tout adaptées pour nous. Donc c'est là où c'est important. de se demander si telle injonction sociale est vraiment adaptée à mon fonctionnement. C'est aussi une étape durant laquelle je me suis beaucoup remise en question et durant laquelle je me suis rendue compte à quel point le camouflage social excessif pompait énormément d'énergie. Alors c'est avec l'aide de la neuropsychologue que je l'ai repérée, mais je me suis rendue compte à quel point, dans mes interactions sociales, je masquais énormément, ou en tout cas plutôt je compensais énormément avant, pendant et après l'interaction sociale. Et la première chose que la neuropsychologue m'a dit sur le sujet, c'est ça doit être épuisant pour vous. Et vraiment, je me suis rendu compte à quel point ça l'était. Et j'ai alors décidé à ce moment-là d'essayer de ne plus cacher ces différences, de les montrer et de respecter certains de mes besoins. Je n'ai plus aucune difficulté à mettre mon casque anti-bruit ou mes boules qui est dans un environnement qui serait trop bruyant pour moi. Avant, je pouvais me dire, par exemple, que ça ne se faisait pas, que les personnes pourraient peut-être être vexées, que c'était impoli finalement. Tu t'isoles alors qu'il y a des personnes à côté. et en même temps, c'est... respecter son besoin pour mieux revenir après. C'est un unique exemple, mais c'est vraiment pour vous illustrer mon propos. Et il y a aussi une méthode que j'ai découvert qui était assez intéressante et qui est plutôt adaptée aux personnes neuroatypiques. C'est cette méthode des cuillères, donc la Spoon Theory. L'idée, c'est de visualiser l'énergie comme un nombre limité de cuillères par jour et apprendre à les répartir, disons, voire intelligemment, en fonction de ses besoins. Par exemple, admettons que j'ai 12 cuillères par jour, le fait de préparer ma fille déjà le matin, ça va me demander un certain nombre de cuillères. Le fait de conduire, de faire un trajet de plus d'une demi-heure, ça va me demander un certain nombre de cuillères. Le fait d'interagir avec la personne que je suis allée voir, ça va me demander un certain nombre de cuillères. Il est possible que faire ces trois choses, en comptant le trajet retour et le fait, par exemple, de cuisiner le soir, dépasse déjà le nombre de cuillères que j'aurais eues dans la journée. Donc si vous êtes vraiment en période aiguë du burn-out, donc cette période où vraiment vous ne fonctionnez plus, ça peut être intéressant de regarder. à l'heure actuelle, parce qu'évidemment, le nombre de cuillères associées à chaque tâche peut évoluer en fonction de votre énergie, d'évaluer ce qui vous demande de l'énergie et d'essayer d'adapter l'ensemble des choses que vous ferez dans la journée en fonction de ça. Il ne faut pas oublier que tous ces outils-là sont comme des béquilles temporaires. Ça aide à reprendre l'équilibre en douceur. Ça ne veut pas dire que vous en aurez besoin toute la vie, mais à l'instant T, vous en avez besoin. Donc autorisez-vous à utiliser toutes ces stratégies, tous ces outils, et ayez bien en tête que c'est temporaire. Donc une fois que vous avez compris un peu ce qui vous a mené ici, ce qui a pu déclencher cela, que vous avez conscience de votre énergie actuelle, une fois que vous avez pris conscience de tout ça, de ce qui vous a mené au burn-out, que vous avez travaillé un peu sur toutes ces choses qui vous demandent de l'énergie, que vous avez ajusté progressivement votre vie, en tout cas à l'instant T, par rapport à votre niveau d'énergie, la prochaine étape, ce n'est pas de foncer tête baissée et de retourner dans votre ancien schéma de vie, à moins qu'il était finalement adapté pour vous. Mais généralement, il y a forcément un élément qu'il faut... un petit peu modifié en tout cas, commencez par réintégrer les activités agréables. C'est généralement ce qui permet de retrouver du plaisir, de la joie, sans culpabilité, de reprendre confiance en soi aussi. Donc des choses qui sont vraiment agréables pour vous. On continue de réduire les obligations non essentielles, on simplifie son emploi du temps au maximum, on délègue, on lâche prise sur la perfection, même si c'est très difficile. On garde en place ses routines de récupération en faisant des pauses, en s'accordant des petits moments seuls, en gérant au mieux les surstimulations. N'hésitez pas à utiliser des timers, par exemple. Moi, j'ai acheté un timer pour Alice, donc ça fonctionne très bien pour elle, mais ça fonctionne super bien pour moi aussi. Et vous avez également la méthode Pomodoro, qui peut vous permettre de bien réguler des pauses si ça fonctionne pour vous. C'est toujours pareil, il faut tester et vous verrez. Pour ma part, c'est un peu difficile, car j'ai énormément du mal à transitionner d'une tâche à l'autre. Dans ce cas d'hyperfocus, le timer ne va pas forcément marcher pour moi, mais dans d'autres circonstances, il marchera. Donc voilà, c'est vraiment à vous de tester. l'idée là, ça va vraiment être de construire un quotidien qui respecte votre énergie et vos limites. Si vous avez un peu perdu cette envie, ce plaisir que vous ne savez plus que vous aimez faire, je sais que moi, j'ai eu une période, comme mon métier était ma passion, c'est quelque chose qui occupait énormément de place dans ma vie, on va dire les trois quarts de la place. Et je me suis retrouvée dans une situation où je ne pouvais plus faire ce que j'aimais. Et du coup, j'ai perdu mon métier et ma passion en même temps. Et c'est encore le cas aujourd'hui. Et du coup, ça a été vraiment difficile pour moi de... me reconnecter au plaisir et à la joie parce que je m'accrochais vraiment à cette chose qui était, je l'ai découvert après, un intérêt spécifique, que je ne pouvais plus faire. Et je n'arrivais pas à trouver autre chose qui me faisait du bien parce que déjà, j'avais peu d'énergie pour y réfléchir et que je ne m'étais jamais vraiment posé la question. Et c'est là que finalement, j'ai redécouvert par exemple l'aquarelle, j'ai découvert la poterie. Bref, chez moi, finalement, c'était beaucoup de loisirs créatifs. Je pense parce que c'est ce qui m'aide aussi à déconnecter mon mental. Et dites-vous que si vous n'arrivez pas pas à retrouver cette joie et ce plaisir, c'est OK. Une de mes meilleures amies m'avait recommandé de faire une liste de joie et d'y réfléchir, en fait, qu'est-ce qui peut m'apporter de la joie. Et quand j'allais un peu mieux, c'est ce que j'ai fait. Et du coup, maintenant, quand je ne sais pas trop quoi faire, que j'ai peu d'énergie, j'ouvre ma liste de joie et je pioche dedans quelque chose. Cette liste, elle peut évoluer, bien sûr, en fonction des périodes de sa vie, en fonction de plein de choses. Mais ça peut être intéressant pour vous d'y réfléchir si vous avez des difficultés à vous reconnecter à cette joie et ce plaisir. Ce que j'ai aussi constaté, c'est que pour ma part, j'ai eu du mal à ajuster mon mode de vie pour éviter la rechute. Aussi parce que tout est arrivé un peu en même temps. J'ai eu ces phases de surmenage, ce burn-in, que je n'ai pas forcément écouté, entendu. Et puis ensuite, il y a eu la grossesse, que je n'ai pas forcément apprécié, cet état de grossesse. Puis il y a eu le postpartum. Et c'est assez classique d'avoir parfois envie de retrouver sa vie d'avant, surtout quand, par exemple, on exerçait un métier qui nous faisait vibrer. On avait un semblant d'équilibre, même si les phases de surmenage, le burning, etc. étaient bien la preuve que le mode de vie n'était pas forcément adapté à mon fonctionnement, à notre fonctionnement. Et l'objectif, c'est vraiment d'éviter les rechutes. Et pour ma part, j'en ai fait quelques-unes parce que justement, j'ai eu énormément de difficultés à ajuster mon mode de vie à mon énergie. C'est normal, ça passait par des stratégies d'adaptation. Et comme j'avais conscience que d'une neuroatypiste sur les deux, j'avais pas en fait les bonnes. stratégie d'adaptation. Aujourd'hui, c'est différent et je pense que je suis plus ou moins capable aujourd'hui de lister mes limites et mes besoins. Par exemple, je sais que sur un week-end, pour que je ne sois pas épuisée à la fin du week-end, il faudrait que l'on ait prévu quelque chose le samedi ou le dimanche, mais pas les deux. Je ne peux pas non plus prévoir deux activités très énergivores par jour. C'est quelque chose que j'ai du mal à appliquer quand mon énergie remonte, mais j'ai en tout cas conscience de mes limites. et de mes besoins. Ça peut être pertinent pour vous, peut-être, de lister ces limites, ces besoins, et peut-être de les rendre visuels pour ne pas les oublier. Ça peut être dans un cahier, ça peut être dans un carnet, ça peut être sous forme de tableau. Bref, vraiment faites ce qui est le plus parlant pour vous. Et ce qu'on a fait aussi, c'est qu'on a essayé d'automatiser les tâches qui étaient épuisantes. Soit on a délégué, soit on a simplifié. Par exemple, on a dû accepter d'avoir des menus qui revenaient souvent dans le mois. Je suis quelqu'un qui aime bien manger souvent des choses différentes. J'ai des difficultés à manger la même chose le midi, le soir, d'un jour sur l'autre. Bref, ça va dépendre de ce que j'ai envie de manger. Bref, on en reparlera probablement, ou pas. Mais du coup, ça passait par accepter d'avoir des menus tournants, donc des plats qui reviennent. Accepter que le rangement ne soit pas la priorité aussi. C'est revenu après, mais à l'instant T, quand Samuel avait toute cette charge pour lui tout seul, c'était impossible de tout faire. Tout comme c'est impossible de base qu'une personne fasse tout. Quand c'est le cas, généralement, cette personne-là n'est pas bien psychologiquement ou physiquement, ou les deux. Mais voilà, c'est vraiment simplifier, déléguer dans la mesure du possible, et peut-être utiliser des outils adaptés, s'aider par exemple de calendrier pour planifier, s'aider de petits rappels sur le téléphone, mettre des routines en place. Bref, faites ce qui est vraiment le plus pratique pour vous, mais essayer de simplifier tout ça. Donc j'ai beaucoup lu sur le burn-out, ça je pense que vous l'avez compris. J'ai également écouté beaucoup de podcasts et notamment je cherchais plutôt des podcasts de mamans qui avaient vécu un burn-out. Et c'est assez rigolo si on peut dire parce que bien souvent, c'était des mamans qui avaient eu un bébé à PLV ou avec un RGO. Souvent avec un RGO, donc un reflux gastro-œsophagien. La PLV c'est allergie aux protéines de lait de vache. Et ce sont deux choses qu'avait ma fille Alice. et plus des bébés qui ne dormaient pas. Je sais très bien que pour ma part, ce n'est pas le simple facteur, mais c'était assez fou de voir à quel point ça pouvait impacter. Je peux vous conseiller d'écouter plusieurs témoignages qui pourront peut-être vous aider dans tout ce qui est acceptation de votre situation. Ça peut aussi vous montrer que vous n'êtes pas seule. Moi, j'ai pu me sentir très seule et c'est vrai que d'entendre que des personnes vivaient parfois des situations plus ou moins similaires, ou en tout cas, une partie. étaient similaires, ça m'aidait quand même à me dire « Ok, bon, il y a d'autres personnes qui le vivent. » Et puis, la dernière étape, c'est, comme je le disais, se réadapter sans replonger. Donc, en reprenant une activité progressivement, on peut, par exemple, commencer par un temps thérapeutique ou un temps partiel, si on est salarié. On peut aussi s'accorder, si on le peut, évidemment, parce que financièrement, quand on est à son compte, ça peut être très difficile. Mais si on le peut, c'est accorder une reprise en douceur quand on est à son compte, adapter son rythme de travail, en fait, à son énergie. On peut tester et ajuster aussi, voir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, accepter de modifier ce qui ne convient pas. Et ça peut être vraiment difficile par moments d'accepter, de devoir changer ces méthodes. Je pense aussi que c'est ça qui fait que j'ai du mal à me remettre dans mon ancien travail. C'est que je sais que la méthode de travail que j'avais avant ne fonctionnait pas pour moi. Pour autant, je n'ai connu que ça et j'ai énormément de mal à me dire que ça peut changer, que je peux faire les choses différemment. Je sais que c'est vraiment un blocage que j'ai et que c'est... qui a toute une étape encore d'acceptation sur ce point précis, mais je sais aussi que ça peut être très salvateur de le faire. Continuez aussi de garder des espaces de récupération, intégrer durablement le repos et les activités ressourçantes dans votre quotidien. C'est quelque chose que j'ai tendance à oublier de faire quand je gagne en énergie. Et là, pour le coup, je sais très bien que l'hyperactivité joue beaucoup. Donc, idem, si c'est votre cas, ne culpabilisez pas, observez et faites-vous accompagner. Moi, là, je suis en plein accompagnement justement sur ce sujet-là. Quand j'ai vu que l'énergie remontait un peu, je suis tout de suite allée voir ma neuropsychologue et je lui ai dit « Bon, là, l'énergie remonte, ça veut dire qu'on peut mettre en place des stratégies. Et là, l'objectif, c'est que vous m'aidiez à ce que cette énergie, elle reste. » je lui ai expliqué que là, j'étais peut-être à 30, 40 %. mais que je ne veux pas en fait rebaisser à zéro. Et je sais que pour l'avoir fait plusieurs fois, c'est ce qu'il risque d'arriver si je ne trouve pas les stratégies adaptées. Donc je lui disais que mon objectif, c'était d'arriver à 80 pour pouvoir monter parfois à 100 et rebaisser parfois peut-être à 60 mais ne plus descendre trop bas. C'est vraiment, je pense, qui peut favoriser l'équilibre à long terme et justement éviter une rechute. Là aussi, je pense que c'est important de se dire qu'un accompagnement ne doit pas forcément s'arrêter pile au moment où on se sent un peu bien, surtout chez les personnes neuroatypiques, parce que... Si tout n'est pas correctement assimilé, on peut vite rechuter. Je précise aussi que ce n'est pas une injonction ici à se faire accompagner. Sachez juste que parfois c'est nécessaire, mais je sais aussi que tout ça, ça a un coût. Les neuropsychologues, les psychologues ne sont souvent pas remboursés, surtout quand ils sont spécialisés en neuroatypie. C'est le cas aussi des psychiatres qui ne sont pas forcément intégralement remboursés. Donc vraiment, je vous souhaite de pouvoir le faire, mais je sais aussi à quel point ça peut être difficile, voire impossible. Et c'est aussi... Là, ma volonté de partager ce que je sais, ce que j'ai appris, ce que j'ai expérimenté, pour pouvoir vous donner quelques pistes pour déjà commencer à avancer. Je le redis, certaines personnes ont besoin de plus de temps lors de la phase de repos. D'autres doivent faire un travail profond sur leur croyance, la gestion du stress, etc. L'important, c'est vraiment de respecter son propre rythme. Lorsque vous êtes dans cette phase de reprise, je trouve qu'il y a quelque chose qui fonctionne plutôt bien. C'est vraiment de fractionner les tâches en mini-objectifs. Donc, quand vous reprenez, vous pouvez vous dire « Ok, aujourd'hui, je vais juste… » entre guillemets juste, répondre à... Je vais juste répondre à mes emails. S'il y en a beaucoup, admettons que vous avez 50 emails en retard, vous pouvez vous dire « Ok, aujourd'hui, je réponds à 10 d'entre eux. J'ai encore de l'énergie à la fin de cette tâche ? Ok, je poursuis. J'ai encore de l'énergie ? Ok, je poursuis. Ah, il n'y a plus d'énergie ? Ok, le reste sera fait demain. » Parfois, c'est super dur de se dire que le reste sera fait demain. Parfois, on n'y arrive pas et c'est ok, on apprend. Parfois, on y arrive, on n'oublie pas se féliciter, c'est quelque chose que je ne fais jamais, ou très peu, mais je pense que c'est important, vraiment fractionner les tâches. Par exemple, pour les épisodes de podcast, ce qui fait que c'est possible aujourd'hui, c'est que j'ai un temps de préparation des épisodes, un autre jour, je vais enregistrer l'épisode, encore un autre jour, je vais faire le montage. Aujourd'hui, je n'ai pas du tout trouvé l'équilibre parce que d'une, quand je m'occupe du podcast, je n'arrive pas à gérer le quotidien, et vice-versa. Du coup, on voit bien que ce n'est pas encore équilibré. Et de deux, quand je fais par exemple le montage, je vais être en hyper-focus, et ça va m'épuiser parce que je vais vouloir monter tout d'un coup, et à la fin du montage, je ne vais plus avoir d'énergie pour... Rien du tout. Ce que je ne peux pas du tout me permettre, puisque le soir, Alice rentre à la maison. Je fais ça sur les jours de crèche. Alice rentre à la maison, elle a besoin de moi, même si son papa est là. Il faut quand même que je conserve de l'énergie pour elle et pour moi aussi. C'est là où j'apprends encore à fractionner les tâches, mais surtout à transitionner entre différentes tâches. C'est tout l'objet de mon accompagnement actuel et je n'hésiterai pas à vous transmettre ce qui a fonctionné pour moi. Essayez aussi de planifier des journées que j'appelle de repos. mais ce n'est pas une vraie journée de repos. C'est-à-dire que j'ai mis en place que sur les trois jours de crèche, je gardais une journée, c'est le mercredi, où je restais à la maison, où en tout cas, je faisais des choses pour moi sans interaction sociale. Parfois, mais très rarement, je déroge à la règle, mais assez régulièrement, je garde ce temps-là et ça me fait du bien, ça me permet de me ressourcer, même si je fais des choses à la maison. L'idée, ce n'est pas de rien faire, en tout cas, pour ma part, ce n'est pas de rien faire, mais c'est de prendre ce temps pour faire des choses. Pour moi, parce que malheureusement, si j'ai un rendez-vous, même chez un psy, un neuropsy, entre le trajet, etc., ou alors si je vais voir une copine, ça va tellement m'épuiser qu'en rentrant, je ne pourrais rien faire ou pas grand-chose. Donc voilà, j'ai cette petite journée au calme, on va dire, qui me permet d'équilibrer un peu tout ça. Surtout avant les deux jours où je vais être solo avec Alice. N'hésitez pas aussi à demander des aménagements au travail si vous êtes salarié. Il y a des choses qui sont possibles. Je ne sais pas si ça se voit avec la médecine du travail ou autre, mais en tout cas... Si vous avez besoin d'aménagement spécifique, vous y avez le droit et c'est important de le faire pour justement éviter la rechute. Ça sera bénéfique pour vous et ça sera bénéfique pour votre employeur. Là encore, en fonction de la tolérance de chacun, ça ne va pas forcément être rendu possible dans le monde du salariat. Si ce n'est pas le cas et si on ne prend pas du tout en compte vos besoins, malheureusement, ça voudrait dire qu'il faudra peut-être envisager une reconversion professionnelle ou alors de trouver un autre travail ailleurs. Évidemment, tout ça, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ça prend du temps, on y va progressivement. quand vous vous sentez prêt aussi, prêt ou prête. Mais si c'est le travail qui vous a mis en état de burn-out, ça va être important de faire des modifications pour ne plus vous retrouver dans cette situation. Je pense avoir tout dit sur le sujet, ou en tout cas tout ce que je souhaitais vous dire. Donc aujourd'hui, on a vu qu'il était essentiel de prendre un vrai temps de repos, d'abord d'accepter cet état de burn-out, d'en prendre conscience, de prendre un vrai temps de repos, d'ajuster progressivement son mode de vie, mais aussi d'utiliser des outils adaptés aux neuroatypiques pour sortir du burn-out. Ce n'est pas un chemin facile, mais chaque petit pas compte. Je suis la preuve vivante qu'il existe une lumière. au bout du tunnel si ce n'était pas le cas. Je ne serai pas là en train d'enregistrer cet épisode. Donc vraiment, je vous souhaite d'aller bien, d'aller mieux. N'oubliez pas que vous faites de votre mieux jour après jour et c'est vraiment ce qui compte. J'espère que cet épisode vous a plu et qu'il vous aura inspiré. Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un avis ou à le partager avec vos proches. Si vous avez des questions, vous pouvez les poser en commentaire ou m'envoyer un message sur le compte Instagram de Murmure Atypique. Prenez soin de vous et à bientôt pour de nouvelles réflexions atypiques.