- Speaker #0
La France est un peu championne du monde des POCs. On veut une IA pragmatique. On ne veut pas des Pocs gadgets. On veut des Pocs qui ne soient pas des vitrines. On veut des choses qui soient basées sur les usages. En termes de partage, si je fais un Poc et qu'il est réussi, pourquoi pas dire aux copains, tiens, là, ça s'est bien passé. Faites la même chose. Des fois avec pas grand chose, on arrive à faire des coups de twing qui sont intéressants. Il est même allé jusqu'à montrer la reconnaissance faciale du patient. Alors on en est loin parce qu'en France, on ne peut pas trop le faire, ça va être compliqué. Mais on sait qu'il y a des gens qui travaillent sur le sujet, qui peuvent dégrossir le terrain. Et ça, c'est très rassurant et puis c'est enthousiasmant.
- Speaker #1
Ici à Limerick en Irlande, Dell Technologies. CATEL et SCC ont réuni des directrices, des directeurs de systèmes d'information d'établissement de santé pour trois jours d'immersion au CSC d'innovation Lab de Dell Technologies, au programme Intelligence Artificielle, Cyber Sécurité, Transformation des métiers hospitaliers, Workshop et différentes conversations entre membres directeurs de centres hospitaliers, mais aussi avec notre CTO Healthcare, Arshad. Trois jours pour échanger. entre pairs, découvrir d'autres pratiques et confronter leurs visions. Alors, comment voit-il l'avenir du numérique hospitalier ? Qu'ont-ils retenu de cette expérience ? Avec nous pour en parler, Sonia Rasle, directrice des systèmes d'information et de l'organisation au sein du GHT Savoie-Belay. Sonia, bonjour. Sonia, l'innovation, l'intelligence artificielle, sont-elles aujourd'hui des axes structurants de ta stratégie numérique au sein du GHT ?
- Speaker #0
Alors, bonjour. Alors effectivement, ce serait mentir que de dire que l'IA n'est pas structurante, ni fait partie des priorités du GHT. On va anticiper le futur, essayer d'anticiper les impacts de l'IA pour s'y préparer. On ne veut pas subir, on peut prévoir plutôt que guérir, c'est un peu notre philosophie. Et au-delà, l'IA est là pour augmenter le soignant, faire gagner du temps, diminuer un peu sa charge mentale. Nous, ce qu'on veut, c'est qu'elle soit un vrai levier au support du patient. Alors, le patient passe par les soignants, les soignants passent par les services numériques. Du coup, en fait, il y a toute la chaîne qui est impactée. On veut une IA pragmatique. On ne veut pas d'époque gadget. On veut des pocs qui ne soient pas des vitrines. On veut des choses qui soient basées sur les usages. Donc, si on prend des exemples un peu concrets. On a fait un POC par exemple sur le codage qui a été positif et du coup on le généralise tout de suite. Donc c'est vraiment un levier stratégique pour nous à l'intelligence artificielle.
- Speaker #1
Quand tu viens de parler de ce cas de visage, le codage, tu parlais du codage clinique ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
D'accord, ok, pour bien comprendre, ok d'accord.
- Speaker #0
L'intelligence artificielle va aller lire le contenu du dossier et proposer des codages qu'on aurait pu oublier parce qu'en fait beaucoup d'hôpitaux qui sont en difficulté financière, donc c'est une des priorités.
- Speaker #1
de l'établissement et nous on est là en support comment on amène une réponse aux questions qu'on se pose Mais avant ce codage avant qu'il soit là aujourd'hui chez toi automatisé et fait par l'IA avant c'était les médecins qui le faisaient donc du coup il y avait un délai ils ne peuvent pas le faire en temps réel Si on prend le
- Speaker #0
codage de l'activité il y a un bouquin qui est épais à peu près comme ça qui contient je crois 10 000 codes Merci. Donc le médecin, ça le barbe un peu de faire ce codage, ils n'ont pas forcément envie, considèrent que ce sont des tâches administratives, alors qu'en fait ça va nourrir les finances de l'hôpital. Sans codage, on n'a pas d'argent. Donc si le médecin code mal ou il ne code pas, ou il oublie ou il ne sait pas forcément quel est le bon code à appliquer pour telle ou telle pathologie, en fait c'est compliqué pour l'hôpital. C'est une IA qui va être là un peu sans que ça se voit trop, puisqu'elle va faire en plus de ce qu'il fait. Mais du coup, ça participe aux finances et c'est un vrai gain pour l'hôpital.
- Speaker #1
D'accord, je comprends. Mais je te rejoins quand tu dis que l'époque, c'est un peu des gadgets. Et souvent, c'est une des problématiques qu'on a constatées dans les sujets. Et ça n'impacte pas forcément que le domaine de la santé, mais même dans l'industrie, dans le secteur public également. Souvent, les POCs sont limités à un petit jeu de data, un petit cas d'usage. Donc, ça marche toujours un POC, entre guillemets. Mais une fois qu'on veut passer en production, c'est là que ça bloque souvent. Et je suis d'accord, parfois le POC est un peu gadget.
- Speaker #0
La France est un peu championne du monde des POC. Nous, on aimerait bien que les POC faits dans d'autres hôpitaux soient utiles à ceux qui ne l'ont pas fait. Et ça, on n'est quand même pas très fort au niveau des tutelles pour avancer. On a l'effet tunnel où tout le monde fait des POC. Et puis, au bout de plusieurs années, peut-être, des fois, on est toujours dans le POC. Et on n'a pas abouti. Donc, on aimerait vraiment dépasser ça. Et collectivement, en termes de partage, si je fais un puck et qu'il est réussi, pourquoi pas dire aux copains, tiens, là, ça s'est bien passé. La même chose, des fois avec pas grand chose, on arrive à faire des coups de twin qui sont intéressants.
- Speaker #1
Exactement, je partage tout à fait cette vision-là. Quand dans le GHT, il y a un cas d'usage, on parlait de codage, quelles sont les conditions de sécurité justement que vous devez réunir pour déployer cette innovation sans fragiliser le système d'information de l'hôpital et sans non plus forcément l'exposer ? à des menaces extérieures ou compromettent la sécurité du système du centre hospitalier ?
- Speaker #0
Alors c'est un petit peu compliqué, mais on a essayé de se baser un peu sur ce que connaissent les médecins. En gros, l'analyse bénéfice-risque, parce qu'ils sont habitués à ça dans la prise en charge des patients. Et donc on dit, on va appliquer un peu la même stratégie en amenant l'IA. On va dire, qu'est-ce que ça nous apporte ? Qu'est-ce que ça amène comme risque derrière ? Et qu'est-ce que ça amène aussi comme gain ? Alors, calculer les retours sur investissement, ce n'est pas toujours très simple, surtout avec des projets d'IA où on n'est quand même pas des spécialistes. Donc, on essaye un peu de faire un mix de tout ça pour aboutir à des solutions.
- Speaker #1
Une autre question qui n'a rien à voir avec la précédente, mais quels sont vos deux chantiers numériques majeurs aujourd'hui et qui sont en cours peut-être, les prochains grands chantiers d'innovation ? Et en quoi redéfinissent-ils votre rôle au sein de la DSI ?
- Speaker #0
Alors notre chantier majeur c'est le dossier patient informatisé à l'échelle du GHT. D'accord. Parce qu'on l'a choisi en 2025 et là on est en pleine phase d'implémentation. Donc c'est des transformations qui sont majeures. Avant on avait plusieurs dossiers patients, on en a six différents, on va aller vers un seul dossier. Donc ça c'est vraiment un des gros dossiers majeurs qu'on a. On travaille aussi sur la partie, on veut créer une identité numérique professionnelle. En lien avec les programmes nationaux, on entend beaucoup parler au SPI Connect, les PCRA, l'export au DMP, mais tout ça est conditionné par beaucoup de facteurs, donc on travaille là-dessus. Et en fait, si je reviens un petit peu sur le dossier patient, on a intégré dès l'appel d'offres tout un volet à l'intelligence artificielle. On s'est aperçu que ça bougeait énormément, c'est-à-dire entre la phase où on exprime le besoin, la phase où on reçoit l'offre du fournisseur, et même là quand on démarre. Il y a eu des explosions, donc on a eu la chance de travailler avec un éditeur qui intègre ces données. Et dans la feuille de route qu'on s'est mise par rapport au dossier patient, on a mis la prédiction des flux aux urgences, par exemple, qui va être intégrée avec la saisie des données en temps réel, tout ce qu'on entend autour de la prédiction des flux. On a intégré une notion de scoring de patients à risque pour la pharmacie, c'est-à-dire si un patient a plus de risques qu'un autre de faire un problème avec les médicaments, ben Ça va alerter le pharmacien qui va poser une interaction avec le médecin pour aller corriger le médicament. Et on va être aussi expérimentateur et coporteur d'une synthèse du dossier patient avec un prompt et une espèce de chatbot à l'intérieur du dossier patient. Donc ça, c'est quand même une vraie révolution. Et là, on est en train de travailler avec les médecins, avec des porteurs de projets pour amener ce changement, avec les secrétaires pour leur dire, ben non, ça va pas... enlever votre travail quotidien et ça c'est nécessaire d'apporter toute la conduite du changement qui va autour de ça. En parallèle on fait aussi un autre POC sur l'intelligence artificielle conversationnelle donc c'est la consultation bonjour monsieur vous venez pour quoi etc etc à la fin ça va générer un compte rendu qui est structuré et l'idée ultime c'est d'aller l'encapsuler dans le dossier patient et notre travail qui est important actuellement c'est d'aller convaincre les éditeurs que tout ça doit tout à fait. chaînés en fait. On a des éditeurs qui ne sont pas forcément portés là-dessus, donc il y a un gros boulot en disant, on veut reprendre aussi la souveraineté pour que les usages collent à la réalité. Pas que les éditeurs choisissent en disant je vais faire la priorité sur ça. On les alerte en disant, attention, et la lettre de sortie ? Tu l'as oublié la lettre de sortie ? Elle est super importante, parce qu'en plus elle est demandée par les tutelles pour la qualification, pour la certification. On a besoin donc. On veut être co-acteurs en fait de tous ces développements-là.
- Speaker #1
L'opportunité d'avoir l'intervention de notre CTO E-Scare ici à l'IMRIC, donc Arshad. Je voulais savoir ce que tu as pensé de ces différentes interventions. Il nous a fait un peu de démo, mais il a beaucoup parlé d'innovation et de vision. Et je voulais avoir un petit peu ton sentiment des interventions de notre CTO E-Scare.
- Speaker #0
Alors, je l'ai trouvé génial. Je pense qu'il a une façon de présenter l'IA et de la démocratiser. J'ai bien aimé en disant, d'ailleurs je pourrais la reprendre par exemple auprès des directeurs ou même auprès des médecins, en disant l'exemple qu'il a pris sur le diabète, c'était, alors hier on dit au patient, imagine je suis le médecin, t'es le patient, bonjour monsieur, vous avez le diabète, ça fait peut-être des mois, peut-être des années que tu l'as, et c'est peut-être trop tard. Ça c'était hier. Aujourd'hui on sait que vous risquez d'avoir le diabète. C'est aussi un petit peu tard, même si on commence à avoir des algorithmes, on va voir dans le dossier patient, t'as une glycémie, attends, etc. C'est plus facile qu'avant. Et demain c'est un peu faire de la santé populationnelle, on va aller te repérer avant même que tu viennes à l'hôpital. Et là il y avait un super rapport en disant, là l'intelligence artificielle elle va exploser, elle va nous aider. à faire des espèces de cordes de patients. Alors ça peut marcher sur les problèmes cardiaques et tout un tas d'autres domaines. C'est très intéressant. Un autre truc qui m'a super plu, c'est qu'il a montré les travaux de recherche qu'ils font sur le jumeau numérique. Donc en fait, c'est une espèce de double du patient, mais avec des données augmentées qui peuvent arriver d'une montre connectée ou de tout un tas d'autres systèmes. En disant, par exemple, l'air qui respire en corrélation avec d'autres trucs. Tout ça, ça va aller aider le praticien. à faire des meilleurs diagnostics et on sent qu'il y a un potentiel. Il est même allé jusqu'à montrer la reconnaissance faciale du patient. On en est loin parce qu'en France, on ne peut pas trop le faire, ça va être compliqué. On sait qu'il y a des gens qui travaillent sur le sujet, qui peuvent dégrossir le terrain. Je trouve que c'est enthousiasmant parce qu'on se dit que c'est une cible qui peut paraître lointaine pour les Français. Mais par contre, on sait qu'il y a des gens qui travaillent. On sait qu'on peut se baser sur des partenaires qui sont vraiment au cœur du système. Et ça, c'est très rassurant. Et puis, c'est enthousiasmant.
- Speaker #1
En tout cas, je transmettrai ton enthousiasme.
- Speaker #0
Je lui ai dit à midi.
- Speaker #1
Écoute, c'est parfait. En tout cas, merci encore. Et comme en dernière question, pour finaliser cet entretien, si tu devais donner ton avis sur ce voyage d'études qu'on a fait avec plusieurs GHT, Quel est ton avis que tu pourrais partager pour... encourager la participation de tes homologues ?
- Speaker #0
Je reviens un peu sur le futur. Qu'est-ce qu'on peut anticiper ? J'étais allée à HIMSS il y a deux ans et j'avais découvert un peu l'IA conversationnelle, la responsabilité populationnelle, des choses comme ça. Et là, deux ans après, il nous a fallu deux ans pour débuter les travaux sur l'IA conversationnelle. Et en fait, c'est intéressant parce qu'on est au cœur du système. On est acteur de l'IA, on est là pour aider les praticiens, on leur a fait découvrir, même si certains en ont déjà entendu parler, la majorité n'en ont pas entendu parler. Et même des fois quand on leur fait des démos, c'est difficile à imaginer le changement que ça fait derrière. Par rapport à ça, c'est intéressant de dire, il y a ça qui se passe dans le monde, je suis prête à y aller. Ce que j'ai beaucoup aimé aussi, c'est tout ce qui est partage entre pairs, soit avec les autres des SEO, Soit même avec les éditeurs, soit avec les intégrateurs, soit avec les partenaires, les constructeurs, voire les centrales d'achat. On a eu des petits débats intéressants sur le sujet. Donc c'est toujours intéressant. Tout à fait. Franchement, ça fait du bien aussi de sortir un peu la tête du guidon, de lever un peu la tête en disant « Allez, qu'est-ce qui se passe à côté ? Qu'est-ce qui se passe en Europe ? Qu'est-ce qui se passe peut-être aux États-Unis ? » Parce que souvent, on suit derrière. On a des bonnes idées. Aussi, il faut les valoriser parce qu'on n'est pas plus mauvais que les autres, même à l'hôpital, même les petits hôpitaux. Et l'idée, c'est de partager en disant, si on peut faire des trucs qui ont bien marché, je les partage avec, je dis les copains, mais c'est les autres délicis ou les autres directions. Vraiment d'avoir cette envie d'avancer, d'aller plus loin pour apporter la bonne parole, entre guillemets.
- Speaker #1
En tout cas, merci Sonia pour ce regard. Concrètes. Et vous, êtes-vous prêts à nous rejoindre pour la prochaine édition ? En tout cas, merci Sonia, merci à SCC, merci Catel. Et rendez-vous au prochain voyage chez Dell Technologies à Limerick en Irlande.
- Speaker #0
Allez-y, c'est très bien.